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mardi 5 décembre 2023

Vol au-dessus du Roycoland depuis l'ermitage

Spécial royco - certains passages peuvent choquer les âmes simples.
Vous seriez surpris de savoir que beaucoup de royalistes connaissent le prieur du Refuge Notre Dame de Compassion, un ermitage niché au cœur du Haut Vivarais, qui maintient à bout de bras une foi incandescente en la diffusant au sein de la Confrérie royale par le moyen du blogue de feu son chat Lully.
les toits du refuge
Frère Maximilien Marie du Sacré Cœur, prieur du Mesnil-Marie et moine de la Visitation, a commis récemment une analyse panoramique du roycoland qui vaut sa banasta de castanhas pour la première raison qu'il n'est ni chapelain en exercice ou de réserve, ni communicant d'aucun parti, école, cercle savant ou crypte royaliste. Il a son propre angle de pénétration des réalités qu'il connaît bien, et cela mérite de le lire d'abord. En voici déjà l'entame :
« Les diverses rencontres et conversations auxquelles – en particulier en ma qualité de Prieur de la Confrérie Royale – je suis fréquemment exposé, m’amènent à penser qu’il n’est jamais inutile de rappeler des notions essentielles et fondamentales : beaucoup trop de personnes, même dans nos rangs, s’engagent dans des discussions à n’en plus finir, qui ne sont en réalité que de vaines et infructueuses discutailleries où s’affrontent et s’empilent des opinions personnelles et des sentiments, sans référence à des notions clairement définies, et surtout sans rappel des principes fondamentaux ; en définitive cela ne revient à rien d’autre qu’à édifier une maison sur du sable, sans fondations, pour renvoyer à la comparaison établie par Notre-Seigneur Jésus-Christ (cf. Matth. VII, 26-27) : la pluie descendra, les fleuves déborderont, les vents souffleront et fondront sur cette construction faite de subjectivité, qui s’écroulera inexorablement et dont la ruine sera la démonstration par les faits de ce que valent opinions et sentiments ! Après ces quelques mots d’introduction (et d’avertissement), j’entrerai tout de go dans mon propos, qui veut s’attacher à redonner quelques notions claires et rigoureuses au sujet.»


Le corps du texte est fait de quatre chapitres qu'on doit lire d'abord en cliquant par ici.
  • A.- Légitimisme
  • B.- Orléanisme
  • C.- Survivantisme
  • D.- Providentialisme
cul de lampe

(Re A.) Affirmer que le légitimisme est par essence l'unique doctrine monarchique officielle de notre pays, doctrine qui a présidé aux destinées du royaume pendant plus de treize siècles ne se discute même pas. Que ce royaume ait été plus que grand non plus. C'est l'histoire qui le veut. En décrire l'articulation que l'on va voir ci-dessous comme un système équilibré conforme aux exigences du droit positif et à celle de la foi catholique, c'est le plus souvent vrai mais l'équilibre fut parfois rompu par l'inclination naturelle de chacun des pouvoirs concurrents à vouloir dominer l'autre. La caténation qui en résulte entre le Trône et l'Autel associés et la production progressive des lois fondamentales du royaume s'approche quand même du parti pris. Ces lois furent toutes de circonstances et leur rédaction fut chaque fois débattue entre la casuistique des docteurs de l'université et les besoins politiques imminents du pouvoir temporel. A titre d'exemple, exhumer en 1316 une loi barbare du Vè siècle pour dégager une femme du couloir des héréditaires en dit plus long que bien des thèses sacralisant ces lois. Bien qu'il faille admettre qu'elles furent maintenues jusqu'à la fin, quoi qu'il en coûte d'ailleurs à la dynastie qui se les appliquait, et si elles définissent parfaitement l'esprit des légitimistes qui y trouvent une charpente commode et facile à promulguer en soutien à leurs espérances, comme toute construction humaine, elles ne sont pas sacrées et jamais ne le furent. Qu'on se souvienne de la déclaration de Louis XV gravement malade et sans postérité mâle au moment, appelant en cas d'urgente nécessité à réunir la nation pour continuer l'aventure capétienne avec un successeur non issu des lois.

Le texte du prieur promeut de nos jours la validité des anciennes lois fondamentales au titre desquelles le duc d'Anjou, Louis de Bourbon, aîné des Capétiens, hérite de la couronne des lys sous le nom de Louis XX. D'autres princes (comme Mgr Sixte Henri) soutiennent qu'à la mort du dernier roi de tradition (Charles X) la royauté légitime et ses lois disparurent, faute pour le défunt de n'avoir saisi aucun "vif". Quoi qu'il en soit, la désignation du prince Louis automatisée par les lois n'emporte aucune "obéissance aux principes de la royauté capétienne traditionnelle dont l'esprit s'opposerait fondamentalement à tout ce qui s'impose dans nos société contemporaines revendiquées de la révolution qui les entraîne vers leur ruine". C'est à ce stade du discours qu'on voit surgir le "nihil obstat" incontournable de l'Eglise catholique sur la royauté. Or dans la monarchie disparue, on ne peut pas fusionner la royauté et le premier ordre puisque ces deux entités furent de tout temps séparées et que la seconde fut le fossoyeur de la première. C'est aussi l'histoire qui nous le montre. Instituteur monopolistique du pays, le clergé de la Renaissance, hypnotisé par l'Antiquité, n'eut de cesse à vanter les mérites des héros des républiques athénienne et romaine à des adolescents destinés à l'emploi d'avocats du roi ou de mousquetaires. Et que dire du Deposuit potentes de sede et exaltavit humiles que toutes les assemblées paroissiales chantaient debout à la messe, même à la cour du roi ! La statuaire du domaine de Versailles est toute d'inspiration antique ; cherchez-moi une statue de saint. Le clergé des Lumières prit plus que sa part dans la Révolution, à bon escient parfois comme avec l'abbé Raynal ou l'abbé Grégoire ; mais des diocèses entiers jurèrent ! On pourrait aussi faire une page sur la persécution hystérique des protestants par le clergé catholique après la révocation de l'édit de Nantes, qui redivisait le peuple français. L'histoire, il faut la prendre toute.

Le prieur termine ce chapitre par une citation de Pie X : « on n’édifiera pas la société, si l’Eglise n’en jette les bases et ne dirige les travaux ; non, la civilisation n’est plus à inventer, ni la cité nouvelle à bâtir dans les nuées. Elle a été, elle est ; c’est la civilisation chrétienne, c’est la cité catholique ». Les légitimistes sont les "serviteurs de la tradition spirituelle et politique du royaume dont les principes et les institutions sont le rempart nécessaire d'une société de droit naturel et chrétien". En ce sens, leur action ne peut se limiter à la résurrection de la monarchie mais porter ensemble le Trône et l'Autel. Oui mais : qu'en avait pensé Léon XIII et toutes les saintetés qui succédèrent à saint Pie X ? Les épiscopes français sont-ils de la veine légitimiste et prêts à imposer au trône le carcan contre le sacre ? Permettez-moi d'en douter.

Conclusion. Il n'y a pas de conclusion. Nous faisons une recension en espérant que ce commentaire éclairera une relecture du travail de Frère Maximilien Marie qui reste, lui, indispensable pour comprendre le légitimisme.

cul de lampe

(Re B.) Il est vrai, comme le dit le prieur, que lors de l'extinction d'une branche aînée (Capétiens directs, Valois, Bourbon) ce fut chaque fois le plus proche parent du défunt dans l'ordre de primogéniture mâle qui hérita de la couronne. Ainsi à la mort du comte de Chambord, le sceptre virtuel passa aux descendants de Louis XIV devant ceux de Louis XIII. D'Orléans n'en était pas. Mais racolant les "lois" les plus échevelées comme au bon vieux temps des lois fondamentales de circonstance, les docteurs du jour brandirent le vice de pérégrinité et la loi de nationalité pour barrer la route à l'Espagnol. Bien qu'elle ait voulu endosser le long manteau semé de lys de la monarchie ancestrale, les héritiers de cette dynastie restent marqués par la rupture du continuum dynastique par le régicide et par l'essence ploutocratique de la monarchie de Juillet, régime d'usurpation en droit mais de sauvetage en fait. A tel point que le concept, entendu maintes fois qui porte leur revendication, se résume à royaliser la constitution française de 1958, la restauration s'opérant (comme prévu en 1875) par les chambres réunies en congrès à Versailles.

Mais l'orléanisme se distingue de la maison d'Orléans, que le prieur voue aux gémonies pour crime de lèse-majesté et frérisme trois-points. Il descend de l'olympe des grands principes éprouvés dans une monarchie de treize siècles qui, à la fin, a lamentablement échoué, pour analyser rationnellement les réalités du terrain d'exercice. En 1830, la couronne retombe au ruisseau et le roi père et fils passe la Manche. Le cousin maléfique ne la ramasse pas comme Bonaparte mais c'est la Chambre qui la lui tend. Le roi juge mal son peuple et les fermentations socialistes qu'il entend réprimer d'ordre et pour compte de la banque et de la forge. Il passera la Manche à son tour, mais de manière piteuse. Viendra une république éphémère (IIè) mais diablement au point, puis une resucée de l'empire qui laissera de belles traces dans son sillage comme le premier d'ailleurs qui construisit l'Etat moderne. Nous dépassons la séquence hors-sol de 1875. Quand à la suite de l'Enquête sur la monarchie de Charles Maurras en 1900, l'idée royaliste reprend des couleurs et commence à recruter des cotisants, ceux qui se tournent vers les princes ne voient pas grand chose. La branche espagnole, dévastée par les guerres carlistes, n'évoque rien en France, affairée qu'elle est à survivre à Madrid. Alphonse XIII n'abdiquera qu'en 1931 mais l'intention pour eux de revenir vainqueurs persistera jusqu'à ce que Franco tranche le débat en choisissant le rameau de Barcelone. Alors naîtra une revendication claire et fondée par la voix du prince Alphonse, le meilleur champion que le légitimisme n'ait jamais eu, qui tentera d'organiser l'inertie légitimiste. Mais la maison d'Orléans, exilée dans ses fastueuses propriétés, n'est alors pas la première préoccupation des cadres et des troupes royalistes. Il faudra passer la Grande Guerre pour que Maurras et ses amis la ressorte du placard. Ceci n'empêchera pas l'ingratitude légendaire des princes de cette maison puisqu'aux obsèques du Martégal nul représentant de la famille n'y montra son chagrin. Le comte de Paris, Henri l'Ancien, prendra même ses "distances" avec l'Action française qui avait pourtant tout inventé (au sens premier) du concept de monarchie héréditaire, fédérative et sociale. Le reste est à l'avenant ou plutôt en pente douce. Le dernier prétendant, bien que confit en dévotions dans la sphère de la Frat, ne fait pas la toise de l'emploi.

Conclusion. Les imprécations ne servent à rien d'utile pour comprendre de quoi est fait le microcosme royaliste. Et s'il en faut une ici, je dirais que l'orléanisme n'existe qu'à travers l'Action française, une école de pensée en action, fort différente des cercles légitimistes d'étude des chartes et grimoires ! Sans l'Action française (CRAF) et la Restauration nationale, la maison d'Orléans, détruite de l'intérieur par Henri l'Ancien, serait à la rue. Mais avant de passer à la défense passive de la monarchie, le prieur du refuge nous invite à considérer une fraction assez petite du royalisme français, le survivantisme.

cul de lampe

(Re C.) Comme le dit si bien le prieur du refuge Notre Dame de Compassion, la double porteuse du survivantisme est le romantisme et le sentimentalisme qui coururent tout le long du XIXè siècle et ressurgiront au XXè par l'agitation-propagande du prince Charles-Edmond Naundorff dit de Bourbon (1929-2008), lequel parviendra à faire partager à de nombreus fidèles sa profonde conviction de descendre de Louis XVII. Il en aura d'autant plus de mérite que les analyses ADN qui tranchent et coupent tout de nos jours ne lui furent pas favorables. La mouvance survivantiste a d'autres champions que les Naundorff (Louvel, Richemont...) mais généralement elle participe du syndrome du "roi caché" que l'on retrouvera chez les providentialistes. Ce syndrome fait feu de tout bois pour prouver ses dires et on pourra légitimement s'émerveiller des ressources contortionistes des cerveaux qui s'y abandonnent. Mais ce n'est rien en comparaison de ceux qui font l'objet du chapitre suivant. Frère Maximilien Marie fait un sort aux "dauphins" de légende en se fondant sur les écrouelles de Charles X qui prouvent sa légitimité devant la puissance céleste (le roi te touche, Dieu te guérit). Chou d'amour est donc bien mort au Temple ou quelque part ailleurs sans descendance... à moins que les éventuels descendants ignorent tout de leur ascendance. C'est encore possible, peut-être en Amérique du nord (clic).

cul de lampe

(Re D.) Dans ce quatrième chapitre on dépasse l'analyse, fouillée quand même parce que les providentialistes donnent beaucoup de bâtons à se faire battre, pour en venir à la charge sans frein. Frère Maximilien Marie qui semblent bien les connaître pourfend les gnostiques, les qualifiant de "fléaux" et "d'obstacles". Oui, le providentialisme est éminemment "subjectif" et les théories les plus folles donnent chair à une doctrine passivante qui remet tout avenir entre les mains de la puissance divine. Mais tout comme le prieur qui les soupçonne de mille travers pseudo-prophétiques fondés sur des révélations qu'il faut bien arranger à sa façon, (ndlr) un peu comme les quatrains de Nostradamus, le Piéton du roi fait sienne la formule de "royalistes providentialistes, drapés dans leur certitude d’être les dépositaires des secrets de la révélation de « l’Elu », seuls dépositaires du discernement des « signes précurseurs » et intermédiaires privilégiés d’une espèce de gnose néo-messianique, finissent par remettre en cause toutes les hiérarchies légitimes". Ils n'étaient pas comme ça au départ mais ont lentement dérivé vers leur Da Vinci Code à eux, se rapprochant du sédévacantisme et amenant au jour la faiblesse du concept d'origine.

Mais nous divergeons quand il affirme qu'ils ne font rien à part de prier. Conscient que le concept gazeux de la "Providence-à-son-heure" ne le porterait pas très loin, le fondateur de la Charte de Fontevrault puisque c'est d'elle qu'il s'agit dans ce chapitre D, avait eu la riche idée de réunir tous les deux ans les différentes chapelles royalistes pour une journée à Paris, afin de partager brochures et programmes, quelques poignées de main et lever ensemble le verre de l'amitié. L'affaire avait besoin d'augmenter sa matérialité pour en faire doucement une vitrine royaliste accessible au public - un peu comme au Jardin d'acclimatation - et rien ne s'y opposait jusqu'à ce que le succès, pourtant d'estime, ne conduise les organisateurs à déporter en province la Biennale Blanche - c'était son nom - sur le refrain de "ceux qui m'aiment prendront le train". Ce fut un four retentissant qui tua le match ! Ne reste de visible comme "action" qu'une manifestation mensuelle de piété, la Supplique à Dieu pour le retour du Roi à Pontmain. Le reste du temps est pris par l'exploration du même syndrome que celui des survivantistes, le "roi caché" ; à travers les théories fumeuses d'André Lesage dit de la Franquerie et marquis de fantaisie pour faire bon poids, qui asséna ses élucubrations à des lecteurs inquiets qu'il parvint à convertir au Grand Monarque. Pour les providentialistes il s'appelle Henri de la Croix ou quelque chose d'approchant. J'ignore si tous y croient vraiment, mais c'est ce nom qui fait le plus de bruit, enfin... tout est relatif.

Ce brûlot de Lully le chat rejoint les réflexions de Guy Augé : « le providentialisme "littéral" n’est pas sans présenter quelque danger pour la cause qu’il sous-entend, car si Dieu fait des rois, comme naguère il faisait l’Empire romain, il les défait aussi. En admettant que la Providence seule légitime les rois, elle conserve aussi bien les révolutions : là est sans doute la grande aporie de Joseph de Maistre, lointain héritier, au XIXe siècle, de cet augustinisme politique. La Révolution est satanique, fléau de Dieu pour le châtiment des hommes, soit ; cela est une explication consolante pour autant que la Restauration se fasse et dure ; mais quand c’est la Révolution qui l’emporte, quand l’Histoire paraît changer de cap, n’est-il pas plus délicat de ramener la légitimité monarchique à la volonté providentielle, et, surtout, de continuer à défendre la légitimité monarchique ? » (source - nous avons laissé dans ce texte les capitalisations abusives). Ce dévoiement de la Providence s'accentue lorsque le gouverneur de la Charte sus-dite lui confie un calcul d'attrition des dauphins au bénéfice de l'élu de Dieu qui survivra pour lui servir de lieutenant sur terre (ça va loin !).


cul de lampe

Qu'en retenir à la fin ?

Cette lettre mensuelle à la Confrérie royale a pour intention de déblayer le camp clos du débat en écartant pour demain les fausses solutions. Mais est-ce apporter plus à la démonstration que de charger à bride abattue et sans discrimination les fidèles d'autres obédiences. Il s'y rencontre des royalistes sincères, tout aussi dévôts que les légitimistes et que la situation d'un microcosme politique en attente perpétuelle de quelque chose a poussé dans les chapelles concurrentes de celle de la monarchie traditionnelle, chapelles qui proposaient une approche différente que cette ligne droite infinie dont la destination recule comme un horizon à mesure qu'on progresse. La dramaturgie royaliste est tributaire d'effectifs faméliques ; d'aucuns n'y voient aucun poids socio-politique, aucun momentum capable de faire bouger les lignes de fracture du régime en place afin de le remplacer. Donc chacun dans son coin étudie le passé sans trop imaginer l'avenir plutôt que d'agir, puisqu'à si peu on sait l'affaire perdue d'avance. Ainsi certains appellent le renfort de la puissance divine pour les aider remonter ce rocher de Sisyphe qui va les écraser. Ils ne sont coupables de rien ; sauf du prodigieux ennui qu'ils diffusent parfois. Mais cela est l'affaire de chacun, et le prieur du refuge de Notre Dame de Compassion s'avance beaucoup dans son offensive pour ne pas révulser les susceptibilités de ses cibles, en quoi il diminue la portée de sa brillante démonstration du légitimisme primordial. Mais nous avons passé un bon et long moment en compagnie d'un chat mort et ressuscité dans la grande tradition quantique de Schrödinger. Il vaut mieux sourire un peu à la fin ; nous sommes quatre mille en tout.



Liens en clair pouvant expliquer certaines obscurités de ce billet :
- le prieur : *http://leblogdumesnil.unblog.fr/2011/02/24/2011-24-origine-du-refuge-notre-dame-de-compassion/
- le légitimisme : *https://viveleroy.net/
- l'Action française : *https://www.actionfrancaise.net/le-mouvement/manifeste/
- le survivantisme : *https://journals.openedition.org/rh19/4142
- la Charte de F. : *https://charte-fontevrault-providentialisme.fr/
- le Grand Monarque : *https://www.academia.edu/33985488/_Le_Grand_monarque_dans_le_catholicisme_fran%C3%A7ais_XIXe_XXe_si%C3%A8cles_Politica_hermetica_n_13_1999_pdf
- vous faire moine : *https://www.net1901.org/association/REFUGE-NOTRE-DAME-DE-COMPASSION,1268290.html

lundi 18 septembre 2017

Réponse à Charles Barbanes

Le blogue Royal-Artillerie a quelquefois nourri les réflexions de l'honorable webmestre de la CRIL17. Pour cela nous nous sommes senti convoqué par son appel à phosphorer ensemble (brain storming dans le texte) sur l'absence dans l'actualité des descendants de Louis XVI. Son appel est rédigé en ces termes :
Comment serait-il possible qu’il existe aujourd’hui encore, quelque part dans le monde, un Bourbon-Habsbourg, descendant de Louis XVII, exfiltré du Temple après le 3 juillet 1793, qui soit resté inconnu de tous et/ou qui pourrait même ignorer sa propre identité, comme nous avons pu parfois le lire ou l’entendre dire, ici ou là ? C’est la question à laquelle nous nous proposerons d’esquisser d’une réponse, au cours des prochains jours, avec le concours de tous ceux qui souhaiteront nous apporter le concours de leurs réflexions, de quelque nature que ce soit, en utilisant même la méthode américaine de management du brainstorming (source)

Les ruptures de paradigme (ou catastrophes nationales) ont été sévères dans notre pays qui s'est toujours mêlé de ses voisins à temps et contretemps, et ni Louis XVII ni ses descendants éventuels n'ont jamais apparu. Nous pouvons en citer trois ci-dessous. Nous n'avons pas retenu d'autres passages douloureux car ils ne pouvaient pas créer de réelles opportunités : émeutes parisiennes de 1830 et de 1848, guerre atroce de 1914-18 acceptée par la Nation en armes, fin de la deuxième guerre mondiale avec une France supplétive. Restent :

*1814 Campagne de France perdue et occupation de Paris par les cosaques russes, changement brutal de régime politique atténué par le retour des deux frères de Bourbon

*1870 Défaite de Sedan et occupation prussienne, détachement de l'Alsace-Moselle, énorme tribut de guerre imposé par Bismarck, changement de régime après une guerre civile à Paris, démonstration ultérieure de l'inanité des positions royalistes

*1940 Capitulation générale et occupation allemande, effondrement du régime, avachissement du pays soulagé par l'armistice, le déshonneur, pillage sans retenue de l'économie française au bénéfice du III° Reich

*La quatrième est à venir, si nous passons sous la tutelle européenne pour banqueroute.

Aucune de ces tragédies nationales n'a suscité le surgissement d'un recours salvateur en la personne soit du dauphin, soit de son fils ou petit-fils etc. Aujourd'hui nous avons peine à imaginer le choc d'un Louis XVII revenu. Pourquoi cette absence des Descendants du Temple® ? Je reprends mes trois réponses laissées sur la Charte de Fontevrault :
Il n’est que trois motifs à cette absence :
(1) ils n’existent pas ;
(2) ils ne savent pas qu’ils existent ;
(3) ils ont décidé de rester cachés pour une raison que nous ignorons.

Inutile d'épiloguer si le dauphin est mort avant de procréer. Resterait la piste Louvel (clic) de notre ami Pilayrou, mais les coïncidences fortuites sont pour moi trop sollicitées (désolé et on sortirait du sujet du jour).

La deuxième hypothèse conviendrait très bien si le dauphin avait été arraché à la fureur révolutionnaire et expatrié en Amérique à la condition de se taire. Eut-il tenu parole qu'il n'en aurait pas parlé à ses enfants s'il en eut (se souvenant de la terrible phrase du testament de son père : Je recommande à mon fils, s'il avait le malheur de devenir roi...). Il y aurait peut-être encore une descendance inconsciente aux Etats-Unis ou ailleurs.

La troisième assertion relève de la spéculation pure, et nous laissons aux romanciers les hypothèses les plus échevelées, autour de Fersen... par exemple.

Quant aux dauphins qui firent la fortune des imprimeurs, on comprendra facilement qu'il étaient détectés immédiatement par la famille de Bourbon, les trois frères, leurs familles et leur entourage ayant vécu tous ensemble au château de Versailles et pouvant trier facilement le vrai du faux.

En résumé (provisoire, comme tout ce qui touche à l'énigme du Temple), les tenants de la survivance devraient creuser la question d'outremer, en se souvenant qu'il n'était pas si difficile de traverser l'Atlantique à cette époque, les échanges étant nombreux et fréquents. Un coup de lampe gratuit : les îles françaises de la Mer des Caraïbes étaient trop petites pour cacher un dauphin de France, les plantations de la côte étaient infestées de Français des deux camps, mais le Sud-Dakota auquel on accède facilement en remontant le Missouri et où les Indiens comprenaient le français aurait pu convenir.

lundi 6 mars 2017

Il a survécu !

Terrible nouvelle dans les cours princières qui se réchauffent à l'âtre des dynastes, le feu s'éteint, les bûches sont trempées, la fumée âcre est irrespirable. Dieu a versé sa tonne d'eau par le conduit de la cheminée ! Et la volaille de décamper emportant à Coblence, faux écus, médailles d'ordres, titres d'attente et courtoisie, marquis poudrés, comtes ossus et gras eunuques. On vient de fracasser la double porte d'entrée à la masse d'armes. Sauve qui peut ! Le Mérovingien revient !

Note liminaire

Combien de fois ai-je écrit dans ma tête l'amorce de ce récit pour traverser mes insomnies ? Et s'il revenait ? L'affaire est de longue mèche pour ce qui concerne le piéton du roi puisque Emma Calvet était une amie de son grand-père, en tout bien tout honneur, la belle cantatrice étant par ailleurs soupçonnée d'indulgences privées envers l'abbé Saunière, curé de Rennes-le-Château (Aude), embringué dans de curieuses histoires de fouilles à la charnière du siècle dernier... Vous suivez ? Non ! Je dois donc vous parler de L'Enigme sacrée, thèses et synthèse de Lincoln, Baigent et Leigh (le Graal) qui donna matière plus tard au Da Vinci Code ? Que ces mecs soient des fondus du New Age et des Druides ne doit pas dissimuler la réalité de l'excavation historique, le reste est attraction :

De tous temps, les natifs du Razès, pays dépendant de Limoux, ont cru que sous la montagne avait été caché par les vieux rois un trésor important. Des procès documentés existent qui attestent de recherches fébriles au XIV°siècle, et même du faux-monnayage en quantité à partir de métal local.
L'abbé Saunière exilé à Rennes-le-Château tout près de son village natal par l'évêque qui voulait brider sa carrière ecclésiastique en le dotant d'une paroisse misérable pourvue d'un presbytère inhabitable, était comme tous les gens du cru, imprégné de cette légende. Venait de paraître en 1880 un ouvrage de référence sur l'histoire locale "le Comté du Razés et le diocèse d'Alet – Notices historiques" par l'historien Louis Fédié qui parle du camp fort monté à Rhedæ par la horde wisigothe dès l'invasion de la Narbonaise, un verrou militaire qui prendra autant d'importance que Carcassonne au fil des guerres. Or en retapant son église délabrée au milieu de l'ancien oppidum avec l'aide de paroissiens affligés de l'état de décrépitude du lieu, il découvre quelque chose en 1887 en rénovant l'autel sur un don de 700 francs-or de Marie Cavailhé de Coursan. Fondit-il sa trouvaille en bel argent sonnant et trébuchant comme les neveux du pape Benoît XII l'avaient fait en 1340 dans le comté, ou bien y avait-il autre chose ? La réponse est oui.

Des parchemins extraits par les maçons d'un pilier wisigothique et communiqués en calques à la mairie par le curé-archéologue, déroulent la généalogie mérovingienne après le roi Dagobert II, l'un de ceux-ci portant le sceau de Blanche de Castille, princesse de sang wisigothique mêlé au sang noir des Maures, devenue reine de France en 1223. S'y trouve aussi le testament d'un seigneur d'Hautpoul baron de Rennes, sur un acte authentique rédigé par un notaire d'Espéraza donnant la suite de la généalogie mérovingienne de 1200 à 1644. Et d'autres papiers disparus depuis dans l'incendie des archives municipales. Ceux-ci¹ continuent-ils la descendance mérovingienne jusqu'à l'époque de Bérenger Saunière ?


PRESOMPTIONS

L'abbé Saunière (1852-1917)
De convictions légitimistes mais de mœurs dissolues qui lui vaudront sa suspension a divinis en 1911, Saunière captait des dons de la noblesse ancienne par l'entremise de son frère Alfred bien plus impliqué que lui dans l'agitation royaliste du Languedoc, qui avait ses entrées chez la marquise du Bourg de Bozas et chez le vénérable marquis de Chefdebien qui était lui-même reçu à Frohsdorf. Lors des procès Saunière de 1910 et 1911 à l'officialité de Carcassonne, on avancera une estimation des sommes recueillies par Alfred à cinquante-cinq mille francs-or. On notera un don de trois mille francs-or de la comtesse de Chambord apporté en 1886 à Rennes par l'archiduc d'Autriche-Hongrie Johann de Habsbourg. Que produit-il donc ce petit curé d'un village paumé, ignoré du monde, pour convaincre quelqu'un d'aussi sérieux que la Princesse de Modène ?

Les fouilles à succès confirmaient-elles une hypothèse discrète diffusée antérieurement à la haute société légitimiste, qui dès lors confirmée, allait débonder subitement les bourses de ces messieurs-dames ? La fortune conséquente de Saunière - il n'en finit plus de bâtir (675000 Frs-or de travaux) - ne peut venir seulement d'intentions de messe détournées, de pillage de sépultures dans le cimetière communal, de creusements en rase campagne au su de tous, sauf... sauf s'il était aussi médium et faisait revenir les morts, mais on ne dispose pas d'éléments le prouvant, mises à part des accointances spirites bien à la mode du temps. Ce temps était aux sociétés secrètes, à l'ésotérisme, aux tarots, à l'occultisme, aux vapeurs d'éther. Emma Calvé fit partie un moment de l'Ordre martiniste qui dégénéra plus tard en Rose-Croix. Elle vint à Rennes. On invoquait les esprits, on croyait aux prophéties et apparitions, on fouillait la gnose en tous sens, on tournait les guéridons. Bien que sincèrement croyant, Bérenger Saunière partit sans les derniers sacrements que son confesseur lui refusa. Ce fait, très grave pour un prêtre, n'est pas souvent relevé. Beaucoup d'argent circulait dans les sphères hermétiques : Saunière parvint-il à détourner le ruisseau de la crédulité humaine vers la roue du moulin par des invocations inappropriées ? Je le crois. Je ne le prouve pas. Quoique !


AU-DELÀ DES ETOILES

Rhedae - Rennes-le-Château
A la suite de l'invention des parchemins du pilier, Bérenger Saunière monte à Paris en 1891 pour les faire déchiffrer (certains disent que c'est son frère Alfred qui s'en chargea). C'est d'ailleurs lors de ce voyage qu'il aurait rencontré Emma Calvé et son amant Jules Bois, érudit hermétiste de renom. Lui ou son frère revient de la capitale avec une reproduction du tableau de Nicolas Poussin, Les Bergers d'Arcadie, dans sa seconde facture. La tombe arcadienne porte une inscription énigmatique que Saunière avait déjà trouvée sur une dalle du cimetière couvrant la tombe de la marquise de Blanchefort : ET IN ARCADIA EGO. Ce tableau se déchiffre savamment et dévoile en fait une porte du Ciel dans une topographie précise (voir le complément n°4 en note) si on est capable de situer la tombe du tableau dans le pays. Bérenger est né à Montazels tout à côté et connaît ce pays comme sa poche. Justement, l'emplacement qui correspond le mieux au tableau se situe aux Pontils (près de Serres). Si parfaitement qu'il fut occupé plus tard par un gros cénotaphe de pierre ressemblant à la tombe arcadienne de Poussin, ouvrage construit au début des années 1930 par le propriétaire des lieux, un Américain un peu allumé du nom de Louis Lawrence, sous lequel un caveau creusé en 1903 et libéré ensuite lui permit d'y déposer la momie de sa propre mère faite maison et deux chats. Envahi de curieux venus faire les géomètres-experts et d'égyptologues au petit pied, le successeur des Lawrence rasa l'ouvrage en 1988 et bétonna. Au lieu de ça, j'aurais ouvert une buvette !

A côté de ce mystère, un dessin de Léonard de Vinci, esprit universel et initié s'il en fut, trouvé dans un de ses carnets (Codex Madrid II), donne aussi précisément le même passage entre Ciel et Terre (voir le complément n°6 en note). Ce lieu, marqué d'un trait vertical sur le dessin, est dans la chaîne du Bugarach qui fait face à Rennes-le-Château. C'est le passage des âmes montantes dans un sens, la visite des revenants dans l'autre. Que vous ne le croyiez pas n'est pas important, mais à l'époque citée, les gens y croyaient, autant que jadis le peintre Nicolas Poussin qui multiplie les énigmes sur la toile en jouant par exemple des ombres portées. L'abbé sut-il tirer partie de ses découvertes auprès d'esprits torturés ou simplement malheureux... mais à l'aise ? Le deuil peut rendre fou. C'est encore une piste de sa fortune, même si elle ne nous avance pas dans la quête du roi perdu.

La jolie bonne du curé
Quoiqu'il en soit, il avait capté, outre quelque magot en numéraire déterré qui permit de signer des traites pour travaux - les ouvriers ont témoigné d'une oule remplie de vieilles pièces d'or dans le sol de l'église - un secret valant très cher, et ce secret avait bien un rapport avec la descendance mérovingienne et l'occultisme contemporain, les monumens précités et ses fréquentations y convergent.
On a pu penser un moment que le parchemin perdu n'était pas autre chose que la Charte d'Alaon de Charles le Chauve qui passait par les femmes le sang de Mérovée chez les ducs d'Aquitaine, les ducs de Vasconie, les princes d'Aragon et deux rois wisigoths d'Espagne, Blanche de Castille remontant ce sang en France. Il s'avéra que la charte était une fabrication du XVII° siècle au bénéfice des ducs d'Aquitaine, dans quel but je l'ignore, mais démontée par l'historien Joseph-François Rabanis sous le Second Empire. Saunière et ses clients s'intéressaient-ils aux vieilles dynasties revenues dans l'actualité ? Chambord, mort en 1883, n'était-il pas né duc de Bordeaux ? "Un signe qui ne trompe pas" ? Etc. Des escrocs comme Plantard ne s'y sont pas trompés eux, qui montèrent l'affaire du Prieuré de Sion en amalgamant le sangreal (ou graal), la famille de Jésus et Marie-Madeleine, l'Arche d'alliance pillée au sac de Rome en 410 et tout ce qui pouvait plaire et intriguer. Ils crurent en vivre grassement ; mais tout ce monde n'a pas eu le génie de l'abbé Saunière ou de Dan Brown.

Marie Dénarnaud, sa jolie bonne et maîtresse analphabète, une fois veuve, accueillit sa famille à la villa Béthania mais partagea l'héritage Saunière² à sa façon en disant à ses paroissiens que "de l'or à Rennes, ils marchaient dessus sans le savoir". Par cette confirmation, on n'imagine pas la fièvre qui s'empara du lieu, à coup de pioches mais aussi de triangulations savantes, déchiffrage d'épitaphes, anamorphose des paysages... Il n'empêche que le Haut Razès fut effectivement une Justice wisigothe d'importance, surplombée par l'oppidum de Rhedæ, l'actuelle Rennes-le-Château (voir dans le complément n°8 en note), où l'on pouvait défendre des biens de valeur enfouis à dessein. Rosa Noémie Emma Calvet n'eut rien, qui mourut dans le dénuement à Millau (Aveyron) entre les bras de mon grand-père - ce qui n'est pas vrai mais aurait fait drôlement bien dans cet article. Revenons à nos moutons dynastiques.


SYNTHESE

Terribilis Est Locus Iste
Quand on prend de la hauteur, en gravissant le Pech de Bugarach pour s'aérer l'esprit par exemple, on peut partir de l'hypothèse crédible (et que les parchemins perdus allaient vérifier) que la dynastie mérovingienne aurait perduré jusqu'à la fin du Second Empire assez visiblement pour un œil exercé jusqu'à pouvoir dresser une généalogie acceptable, ce qui expliquerait l'engouement légitimiste pour Rennes-le-Château dès 1886 et le don important cette année-là de la comtesse de Chambord (l'invention du trésor et de la preuve étant de 1887). Chambord n'ayant pas eu d'enfant, la veine légitimiste renaissait à côté de l'usurpation latente des D'Orléans. Allons-y, Saunière vendait des espérances³ comme d'autres avant lui le firent en indulgences. Mais quelles sont-elles ? Et pourquoi les Mérovingiens ?

Cette première race des rois fut toujours à son époque reliée à la dynastie du roi David pour des raisons qu'il serait trop long d'expliquer ici ; ses princes portaient les cheveux longs comme l'Absalom de l'Ancien Testament. Seule cette race apparaît dans les fouilles de l'abbé Saunière et si l'oppidum est bien loin du pays franc, il en est ainsi relativement protégé. La connexion est très possible, et il y a la pierre tombale dont nous parlons ensuite. Les Mérovingiens comme d'autres familles régnantes ont eu un grand nombre d'enfants légitimes ou pas - la distinction n'était importante que pour la loi d'héritage - et il est plus que probable que leurs descendants soient nombreux encore aujourd'hui, même si le sang s'est considérablement dilué. Jusqu'à l'avènement des Capétiens, le sang des rois chevelus réputé davidique fut soigneusement préservé en faisant épouser leurs femmes par les puissants de la cour. Hugues Capet a du sang mérovingien par les deux voies : son ancêtre Robert le Fort a lui-même pour ascendant établi un référendaire du roi Dagobert de Neustrie au VIIe siècle du nom de Lambert.

Jusqu'aux Capétiens c'est donc limpide : Clovis 1er -> Clotaire 1er -> Chilpéric 1er -> Clotaire II -> Dagobert 1er -> Clovis II -> Thierry III -> Berthe, épouse Caribert, comte de Laon -> Caribert de Laon -> Berthe de Laon, épouse Pépin le Bref -> Carloman II -> Cunégonde, épouse Guillaume de Géllonnne -> Cunégonde, épouse Bernard 1er, Roi d'Italie -> Pépin le Bref -> Herbert 1er, comte de Vermandois -> Béatrice de Vermandois, épouse le roi de France Robert 1er -> Hugues le Grand -> Hugues Capet...

On voit que la déviation n'attend pas la déposition de Childéric III et son fils Thierry disparu et tondu, dit-on, par saint Wandon au monastère de Fontenelle (plus tard Saint-Wandrille en Basse Seine). La Providence ou le Hasard aurait-elle sauvé la lignée mâle des rois chevelus bien avant que Pépin le Bref ne l'éteigne. Peut-être la dalle des chevaliers (ci-contre) que l'abbé Saunière retourna devant l'autel, transcrit-elle pour les générations futures ce sauvetage d'un enfant mérovingien apporté au Razès par deux cavaliers chevauchant le même destrier, comme le firent plus tard les Templiers au combat... On ne voit aucun motif à transporter l'enfant d'aucune autre race non éteinte à l'époque carolingienne (celle de la dalle). Alors que Thierry de Childéric III est réputé le dernier scion de la dynastie perdue, il est possible qu'une branche antérieure se soit échappée des palais dangereux du Nord. Les descendances ducales entrent aussi en ligne de compte et les possibilités sont infinies.
Toute prétention actuelle de l'un des descendants devrait être raccord avec une généalogie confirmée dans le codex salique (le vrai), ce qui n'est pas du domaine de l'impossible, d'autant que les Carolingiens s'en prévalaient par leurs épousailles et ne détruisaient pas ces preuves. Donc le Mérovingien-qui-vient est une possibilité parmi les rois cachés de légende qui voudraient bien se laisser découvrir. Il s'appellera Thierry V puisque depuis la séquestration du fils de Childéric III à Fontenelle, ils se passent ce nom ainsi que le font les anti-papes d'Avignon depuis le concile de Constance en s'appelant tous Benoît, si Jean Raspail a bien compris le grand schisme d'Occident. Peut-être ce roi souterrain est-il l'un des lecteurs de Royal-Artillerie. Les lois de la généalogie (3,5 générations par siècle et 2 enfants procréant par génération en progression arithmétique) donnent une multitude de Mérovingiens, et comme le dicton nous l'assure : nous descendons chacun d'un roi et d'un pendu.

Mais la royauté n'est pas un haras. Si la monarchie héréditaire encadrée de lois spécifiques de succession est le meilleur modèle à long terme en France, le redémarrage du logiciel convoque plus que la force au tournoi de chevalerie, l'intelligence, l'éducation, la formation à l'emploi et un doigt de grâce divine. Ce qui laisse ouvertes toutes les opportunités, même non-LOF.


BOURBONS

Chou d'Amour
On ne peut conclure un article survivantiste sans évoquer la survie hypothétique du fils de Louis XVI qui aurait été exfiltré du Temple à Paris pour servir de gage à ses ravisseurs. L'énigme de Rennes-le-Château ne croise pas celle du petit dauphin. De nombreuses études ont été consacrées aux traces de cette survivance, dont la plus sûre est celle de Charles Barbanes* ; mais aucune n'a abouti à la production d'une preuve irréfutable même si les faisceaux de présomptions sont étayés. Ce qui est finalement mineur pour la raison suivante :

Si l'on veut bien resserrer l'hypothèse autour de son intérêt dynastique et oublier la révélation historique qui ferait gagner beaucoup d'argent aux inventeurs, la branche bourbonienne de Louis XVII n'a pas d'utilité pour le moment et ce pour trois raisons :
- soit ces gens existent bien, mais ne savent pas qui ils sont ;
- soit ils ne désirent aucunement manifester leur état depuis deux siècles pour diverses raisons personnelles ;
- soit leur branche est maintenant éteinte (la génétique très consanguine antérieure n'aurait pas favorisé leur perpétuation).


Epilogue

En l'an 966 de notre ère, l'abbé Maynard quitte Saint-Wandrille de Fontenelle pour prendre ses fonctions de premier abbé au Mont-Saint-Michel. Ce signe ne trompe pas. Le roi Thierry V devrait y être normalement sacré comme nous le proposait Rodolphe Crevelle** dans un de ses délires fameux, et y résider sans doute si la monarchie se départissait de son caractère héréditaire familial au bénéfice d'une monarchie thaumaturgique élective et cloîtrée. Mais nous n'y sommes pas rendus. Reste que le Mérovingien caché serait le plus sûr élan vers une restauration puisqu'il n'aurait pas à nous vendre le bilan contesté d'une dynastie déposée par son propre peuple, trois fois en France, deux fois en Espagne.

Suffira-t-il d'y croire ?


Pour creuser la question en passant un bon moment, nous suggérons les liens suivants (mais il y en a cent autres):
1.- La vie extraordinaire de l'abbé Saunière
2.- La bibliothèque de Béranger Saunière dans la Tour Magdala
3.- Alfred Saunière et Chefdebien de la Société Perillos
4.- Les bergers d'Arcadie de Nicolas Poussin (tableau acheté par Louis XIV pour être placé dans sa chambre)
5.- Vrais et faux mystères de Rennes-le-Château
6.- Le site "gothique" de la légende RLC qu'il faut cribler
7.- Le voyage caché de Vinci au Pech de Bugarach
8.- Rennes-le-Château, une affaire paradoxale, l'analyse ultime


Avertissement : Ce billet a été rédigé par amitié pour nos lecteurs survivantistes qui pourraient résoudre bien des tracas en enterrant la Querelle dynastique si leurs travaux aboutissaient. Ce n'est pas un travail d'historien et il ne sera donc pas développé plus en détails parce qu'il n'est pas dans la ligne de propagande monarchiste du blogue Royal-Artillerie, et que le temps nous est compté. À eux de prendre ce billet comme il vient. Merci.


Notes :
(1) On cite souvent le "grand parchemin" et le "petit parchemin" rédigés en langue cryptée
(2) Marie Dénarnaud disposa à son gré de la succession Saunière que la famille de l'abbé avait refusée
(3) Les Bourbons d'Espagne régnaient alors à Madrid et y étaient confinés par la Paix d'Utrecht
(*) Louis XVII - Autopsie d'une fausse vérité par Charles Barbanes, chez Chiré 2017
(**) Lys Noir n°13, page 16 sinon texte en secours (clic)



lundi 20 février 2017

Monarchistes ou Royalistes - rebond

Avis au distingué lectorat de Royal-Artillerie : ce billet est réservé aux royalistes en ce sens qu'il ne peut être compris entièrement si l'on n'a pas bu la potion magique ou tombé dans la marmite, petit. Le vulgariser étendrait bien trop sa rédaction jusqu'à en faire une soupe indigeste et prendrait à son rédacteur un temps qu'il n'a pas ces jours-ci. Mais tout le monde peut bien sûr le lire...

Le billet "Monarchistes ou Royalistes" a suscité deux types de réactions chez les abonnés au blogue. Nous y répondons tout en regrettant que ces réactions n'aient pas donné lieu à commentaires ici, afin d'enrichir publiquement la discussion et favoriser l'audience ; mais bon, c'est la vie du blogueur. Il s'agit d'une part d'appels à compléments sur la liste de sites impliqués dans le mouvement royaliste, liste donnée en pied de billet le 6 février dernier ; d'autre part, de critiques du "projet monarchiste" préalable à la restauration qui, aux yeux de beaucoup, enfermerait le prince accédant dans une idéologie qu'il ne partagerait pas forcément.

Liste des sites

Il y a dix fois plus de sites oubliés que de sites inscrits dans l'article. Pour se faire une idée, nous engageons le lecteur à parcourir en ligne l'AROM (Annuaire Royaliste des Organisations et Mouvements - clic), s'il trouve la clé d'entrée. Cette bible représente un travail titanesque de la Charte de Fontevrault mais elle est publiée en version imprimée sur papier. En ligne, l'AROM n'est pas facilement consultable et rarement mis à jour (c'est la limite d'une version papier) car il lui manque peut-être une méthode de construction maniable. [note d'ordre - ghost draft]. Pour les fans d'encyclopédies il y a aussi la SYLMPEDIA, un autre monstre de compilations avec 476 entrées. Et après tout ça, la République nous traitera de factieux alors que nous mâchons le travail de documentation des bureaux.

Revenons à nos moutons. Les deux demandes d'inclusion précitées recouvrent une même réalité. Il s'agit de plateformes d'information et réflexion qui n'ont pas le référencement Internet suffisant pour déclencher les moteurs de recherche et les robots de consultation-notation, et qui en plus divisent leur travail sur plusieurs supports, ce qui freine beaucoup la navigation jusqu'à décourager l'internaute. Je ne vais pas les citer mais ils s'y retrouveront.
La nouvelle communication de masse oblige à faire masse.
Donc il faudrait à chaque site d'information-réflexion un portail d'entrée unique pour tous les supports dérivés et un mode de navigation facile. Je pense que le système d'onglet-page développé par Blogger avec ses pages fixes et sa barre de navigation est supérieur à tous autres car outre sa simplicité il fait panorama dès la première seconde. Faire monter Royal-Artillerie dans votre navigateur vous donne, outre la page courante dite d'accueil, un choix instantané, entre Bienvenue/Roycoland/A-propos/Le Million du Roi/ Changing The Guard/Syndication/Liens/Contact/ et le traducteur industriel en n'importe quelle langue. Si l'onglet ne permet pas d'entrer sur le support annoncé directement (cliquer sur Le Million pour comprendre) on peut y mettre un clic réactif y conduisant, dans une image, un titre ou une courte présentation.

S'il faut aller un peu plus loin aujourd'hui, je recommanderais ce dispositif au mouvement survivantiste¹ qui s'est aussi manifesté. Ce mouvement très actif est éclaté également en plusieurs blogues intéressants, mais non liés entre eux en plus. Les propriétaires de blogues survivantistes sont-ils capables de lancer une plateforme commune avec un système d'onglets ? Cela ne coûterait pas cher à plusieurs. A la retraite, je me laisserais peut-être même tenter par un site sur le Mérovingien caché à mettre sur cette plateforme (en souvenir d'Emma Calvet) :) Dit en passant, creusez Léon Bloy, messieurs du Temple, qui écrivait dans La Chevalière de la mort (p.202-Ed.Gallica), quatre ans après le refus à l'obstacle du comte de Chambord :
« la race fleurdelysée des anciens Bourbons s'était éteinte en la personne errante et phantasmatique de Louis XVII. Après ceux-là, silence et ténèbres. C'est fini de la Tradition. La table est rase et la place est nette pour Celui qui doit venir à la façon d'un nocturne spoliateur, quand l'ineffable Trinité l'appellera par son nom. Jusqu'à ce jour plus ou moins prochain, la France est décapitée et probablement damnée. »
Après trente-deux semaines d'années, Pharamond, je te vois !

Pour un référencement professionnel abordable, je citerais Webrankinfo (clic) qui peut prendre en charge le travail ou vous former à le faire vous-mêmes.

(1) URL de quelques sites survivantistes :
* http://cril17.org/ (Bourbon-Habsbourg)
* http://louisxvii.canalblog.com/ (Louvel)
* http://cerclederichemont.centerblog.net/ (branche américaine)
* https://www.louis17.com/ (Naundorff)
* .....


Critique du projet préalable

C'est un vrai dilemme chez les royalistes, moins chez les monarchistes. Les premiers prêtent au prince les capacités de construire ex-nihilo l'échafaudage politique du pays tout sorti de son crâne. Il y a de quoi lui faire peur. Pour tout dire, les trois intentions que nous avons entendues ces dix dernières années sont toutes de même nature : copions ce qui marche. Le duc d'Anjou réplique peu ou prou la monarchie espagnole (si différente de celle que nous eûmes), le comte de Paris et le duc de Vendôme rhabillent la V° République, avec une certaine nostalgie de la monarchie de Juillet pour le second. Les D'Orléans ont raison. La monarchie des Cortes et des Partidas est propre à l'Espagne. La France dispose déjà d'une constitution, monarchique dans son essence (plus que dans son intention), surtout dans la version originale de 1958. Les pouvoirs du Premier ministre responsable devant la Chambre basse sont explicitement étendus (ce qui protège le caractère démocratique du régime) et deux fonctions régaliennes sont implicitement confiées au chef de l'Etat par la pratique gaullienne : la diplomatie et la guerre. Le chef d'Etat est de tous ses alter ego du monde libre celui qui a le plus de pouvoirs. On ne pourrait le comparer qu'à Napoléon Ier. Donc ça marche, pour autant que l'impétrant ait la carrure. Inutile de compliquer comme Yves-Marie Adeline voulut le faire avec les plus louables intentions pour disjoindre le régalien et le public. Il aboutit à la plateforme institutionnelle de l'Alliance royale qui demande une attention soutenue pour bien l'assimiler, tant le dispositif institutionnel est loin de ce que nous avons connu depuis la chute de l'Ancien régime. J'avoue n'avoir pas encore compris le scrutin législatif par collèges².

(2) Au moment de la pré-campagne présidentielle de 2007, Royal-Artillerie a fait une présentation illustrée de la plateforme institutionnelle d'Yves-Marie Adeline. On peut s'y référer en cliquant sur les billets ci-dessous :
- Législatif
- Exécutif
Il existe en tout une quarantaine de billets "Alliance royale", accessibles par le libellé AR.

Resterait donc à reprendre la rédaction de quelques articles de cette constitution et raboter les angles qui a l'usage sont apparus néfastes à sa bonne marche. Qu'en disent les docteurs de la loi ? Horreur ! Vade retro S... ! Et bien tant pis. On fera sans eux ! Pour leur répondre de manière ramassée, je recycle un commentaire donné au blogue de La Couronne pour lequel Guy Adain m'avait remercié. Il résume la pensée du Piéton du roi sur ce sujet au mois de janvier 2017 :

Les réglages d’une monarchie constitutionnelle, seule acceptable au XXIè siècle, sont extrêmement fins, et guère connus des élites françaises : qui comprend vraiment la monarchie anglaise ? tous en restent à l’écume visible du non-gouvernement du quotidien par le palais de Buckingham, mais il y a tout le reste à commencer par la corvée hebdomadaire du Premier ministre venant expliquer au monarque ce qu’il a fait ou va faire, exercice difficile parfois éprouvant d’un chef de la majorité parlementaire devant présenter ses devoirs d’écolier à sa maîtresse et accepter sa notation et ses conseils.
Mais plus grave, ces réglages me semblent hors de portée des responsables royalistes français, pour ceux du moins que je connais, carrément obsédés par les Lois fondamentales (indisponibilité, catholicité, pérégrinité, loi salique etc.). Observant la queue de trajectoire de l’histoire capétienne depuis Sirius, on s’aperçoit vite que ce sont les lois elles-mêmes qui ont pu enterrer la dynastie en bloquant l’initiative, l’imagination, au bénéfice d’une rente mortifère de situation, sans parler de la stérilisation génétique (relire Capefigue, qui en plus écrit bien).
Les « héritiers » actuels ne donnent à voir pour l’instant aucun gage d’initiative ou d’imagination et s’inscrivent encore dans les facilités de la rente dynastique. Ils suivent, alors qu’ils devraient tirer le char. [commentaire sur La Couronne le 19 janvier 2017 - (clic) ]


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