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samedi 29 mars 2014

Libérer les communes d'abord !

Billet paru hier sur La Faute à Rousseau dans la rubrique La Patte à Catoneo (n°8). Archivé !

Plage de Mancinu à Propriano

« Propriano a quenellé » le Conseil Constitutionnel, dit-on à la paillote U Mancinu de la plage. Qu'on se souvienne de Madame Bartoli le mois dernier sur FR3-Corse, ânonnant trois mots écrits par son mari empêché pour comptes de campagne, qui fit le buzz sur la toile. C'était à se tordre¹.
Elle est élue maire dès le premier tour avec un score de 69,49% par la grâce d'une participation de 91% de ses concitoyens ! Elue pour deux mois : « En acceptant de conduire la liste qu'aurait dû diriger mon époux, je n'ai qu'une seule ambition : permettre la poursuite d'une politique menée depuis douze ans au service exclusif de l'intérêt général. Les Proprianais ont bien compris qu'en raison des circonstances, j'assumerai un intérim qui n'excédera pas deux mois ».

Le mari-maire, rad-soc tentaculaire - il s'appelle Paul comme le poulpe - président de l'Office des Transports insulaires, président de l'intercommunalité du Sartenais-Valinco, membre du Conseil exécutif de la Corse, ancien conseiller général, inéligible pour un an, emporta la mairie en 2008 sur un score balkanique de 96% ! Même le cimetière en était tout retourné, c'est dire s'il est aimé, et si les juges parisiens sont méchants.

Justement, les Français aiment bien faire la nique au Système qu'ils considèrent intrusif dans leurs affaires municipales, se sachant capables d'y mettre de l'ordre par eux-mêmes en prenant la voie démocratique, sans qu'il soit nécessaire de clouer l'indélicat à la porte de la grange. Les piloris ont été démontés partout, l'urne les remplace.

Il suffit de voir la masse de condamnés remis en selle par le peuple agacé : André Santini (2 ans sous appel) est réélu à Issy-les-Moulineaux ; Patrick Balkany qu'on ne présente plus, est réélu à Levallois-Perret ; Manuel Aeschliman (18 mois avec sursis) est en ballotage favorable à Asnières ; et Eric Woerth, non condamné mais malmené par la Justice et les médias collaborants, est réélu triomphalement à Chantilly (75%). Il y en a bien d'autres, mais l'inventaire des crapules avérées ou désignées n'est pas le but de ce petit billet trop court. C'est de la fronde gauloise qu'il s'agit.

Même si l'on explique que le Midi réélit facilement ses "parrains" pour tout le "bien" qu'ils font autour d'eux et qu'il les enterre sous des tonnes de fleurs comme Lucky Luciano à Naples ou Georges Frêche à Montpellier, on perçoit quand même, du nord au sud, le mauvais esprit d'un peuple amusé à jouer des tours pendables à la puissance publique. Leçon bien apprise par leurs édiles. Combien de fois a-t-on entendu un politicien condamné sortir du tribunal tout faraud annonçant l'appel prochain au corps électoral : "mon seul juge est le peuple !" ; à croire qu'il ne suffit pas d'être intègre, si on a de l'allure et du bagout, on s'en sortira toujours en pays de connaissances. C'est la démocratie après tout.

Envisage-t-on un jour de réformer nos institutions qu'il sera indispensable de conserver nos trente six mille républiques de proximité quand on voudra faire accepter le démembrement du "mille-feuille" territorial, parce que le pays est construit comme ça, fondé sur l'anarchie gauloise de ses origines. C'est un trait de caractère comme le fromage au lait cru ou le gavage des oies.

Aux royalistes, qui d'ailleurs prônent une monarchie catholique et française toujours, on ne saurait trop conseiller de la cantonner au régalien, de ne pas convoquer trop souvent la prélature et de ne pas s'immiscer ni dans les mœurs, ni dans les affaires locales. Laisser vivre la foire d'empoigne des municipalités en accroissant dans la foulée leur autonomie par une sage déréglementation ; en allant même jusqu'aux fueros consulaires s'il y a de la demande. La France c'est, outre le pinard et l'opinel, le café du commerce, le bar-tabac-loto. La démocratie directe locale est le meilleur abcès de fixation du prurit conceptuel qui refait le monde zinc par zinc, tournée après tournée. Le pouvoir serait avisé de favoriser la dispute démocratique locale dans la grande tradition de la pissotière de Clochemerle.
Cela donnera de l'air aux grands projets, aux grandes réformes. Et en plus, cette liberté retrouvée, confisquée par les étatistes, pourrait être échangée contre la pérennisation de l'espace essentiel d'une gouvernance en toiture, indépendante des lobbies et calculs partisans. Nous en avons déjà parlé ici.

Réinventer, creuser, réfléchir, innover. Le projet avancera plus vite en construction neuve qu'en ressassant les plans oubliés d'un modèle ruiné par le temps et la nostalgie. Malgré ses mérites intellectuels, l'empirisme organisateur a peut-être montré ses limites, du moins n'a-t-il produit jusqu'ici rien à vendre sur le marché politique.
Pensons, pour bientôt faire une offre lisible par tous qui coiffera la concurrence ! Soixante-deux ans après la mort de Charles Maurras, il serait temps d'y réussir.


(1) la vidéo de FR3-Corse en prime (5 minutes) :





samedi 30 octobre 2010

Intérêts général et particuliers - scrutins

Il était une fois...
... un chemin royal qui montait de la plaine de Languedoc vers le Vigan jusqu'au Rouergue par la vallée du Rieutord de Sumène, sur l'empreinte d'une voie romaine, sans autre choix de passage qu'un col malcommode dont l'approche était si escarpée qu'elle faisait la fortune du cabaret installé au sommet, quand elle ne rompait pas les jambes des chevaux. Plusieurs fois les services de l'intendant avaient proposé d'élargir la voie pour avoir au moins douze pans¹ utiles, construire en pied de côte un pont de trois cannes afin d'allonger le trajet et diminuer la pente, et plus tard, d'abaisser le cap de côte lui-même de quinze toises, ce qui était considérable mais nécessaire. Sans le terrassement final, il y en avait pour 1330 livres, mais les riverains qui céderaient du terrain étaient contre, et la qualité des mis en cause était telle qu'on avait dû reculer, d'autant que la guerre des camisards était dans tous les esprits malgré l'apaisement.

Le Subdélégué, lassé d'une dispute plus que centenaire sur cette route, stratégique à tous points de vue, fit ramasser un beau matin les traîne-savates du quartier que l'on mit au travail contre des bols de soupe et quelques étrennes. Hurlements des riverains qui connaissaient les lois mieux que quiconque et mandèrent le premier notaire venu pour un transport judiciaire sur le chantier : " Il n'y a pas de Corvée dans les Etats de Languedoc, point-barre !". Tous travaux publics étaient donnés à des entreprises, à prix faits ou en régie. Vaincus, les services durent débander leurs équipes de volontaires désignés. La contestation rusée n'est pas de notre siècle comme on le voit, mais la vengeance administrative non plus :

L'intendant agacé lança alors un relevé de profils dans la vallée même de l'Hérault parallèle à la vallée du Rieutord pour s'affranchir de cette maudite côte. On disait le passage impossible dans les gorges, même les Romains avaient reculé. Mais que sait-on d'un ingénieur en colère !
Les études achevées, un pont fut jeté à Ganges - les travaux durèrent sept ans car on manquait de crédits - puis la voie à Pont-d'Hérault fut décaissée directement dans la paroi qui contenait le fleuve. C'est aujourd'hui la départementale 999 ; on peut encore admirer le travail. En 1725, le nouveau chemin royal fut ouvert au roulage et l'intendant, ayant appris que Monsieur de Sumène dont l'enclos aurait été entamé par le projet refusé, avait quand même perdu 20.000 livres au jeu, au carnaval de Montpellier, taxa la communauté de Sumène de 5400 livres pour lui apprendre à vivre, ce malgré la peste de 1721 ! Ça mais !

La ruine de Sumène était en marche, ses pises² qui jadis tenait toute l'huile d'olive exportée au Rouergue étaient vides. Ses cinq notaires dépérissaient et les tonneaux qui faisaient sa réputation depuis l'âge des Gaules s'empilaient sous les clèdes. Pour sauver ce qui restait d'économie locale, la communauté décida d'élargir "sa" côte à vingt pans et d'abaisser "son" col autant que faire se pouvait. La dépense fut considérable puisque il fut demandé un dégrèvement de 5800 livres au roi.
Les impôts communaux qui les écrasaient tous n'enrayèrent pas le déclin. Ce n'est que lorsque la voie ferrée de Sommières à Tournemire reprit en 1868 son axe naturel mais en passant sous le col escarpé par un tunnel de 1400 mètres, que l'injustice du XVIII° siècle fut réparée. Effectivement, Sumène reprit alors son rang économique traditionnel. Des usines de bas de soie s'installèrent et quelques tonneliers se remirent à cueillir des douves de châtaignier. Les riverains de 1714 ne savaient pas que leur ruse légale stériliserait le pays pour 150 ans !
Fin de l'histoire³.


Des scrutins et des hommes
La démocratie locale a ses limites et les intérêts particuliers sont rarement surmontés au niveau de gouvernement où leur pouvoir s'exerce. La contrainte administrative doit aussi être finement réglée par des compétences et de bonnes anticipations. L'intendant capable de lancer une route impossible était tout à fait capable de prévoir la ruine probable de la ville contournée. Sumène n'était pas chef-lieu de la baronnie d'Hierle mais son poumon économique, l'impact de la décision était bien plus large que l'accélération de la Poste Royale. Cette petite histoire pourrait servir d'argument à ceux qui préfèrent voir le Bien Commun géré par des esprits éclairés et désintéressés, loin des disputes locales. Or on sait bien la force d'exécution des choix obtenus par le vote des administrés concernés, et les esprits éclairés et désintéressés ne sont malheureusement pas en nombre. Y aurait-il un moyen de s'affranchir de la "bêtise" humaine ? Vaste programme, mais allons-y voir :

(a) La première sélection des expressions est le cens. Ne parlent que ceux qui contribuent. On sait que la frustration des non-inscrits est redoublée par la stigmatisation de leur pauvreté relative et que les autres sont d'avance désignés à la vindicte publique en période difficile. En plus la liste ploutocratique est passée de mode.

(b) On peut imaginer une pondération des voix par points civiques. Chacun a dix points, puis les chefs de famille ont un point supplémentaire par enfant, les bacheliers deux points, les diplômés de l'université quatre, les rastacouères zéro, les pupilles de la Nation cinq etc... La commission parlementaire chargée de la grille tarifaire n'en verra jamais l'issue.

(c) Pourquoi pas le QI ? Au niveau de la troisième, on passe l'examen de quotient intellectuel à la place du Brevet des collèges et le chiffre obtenu (divisé par dix) donne autant de voix lors du scrutin au suffrage universel. Sauf que la prolifération des Giscard d'Estaing par exemple n'augure pas nécessairement des bons choix. La liste est longue des bêtises du pharaon le plus doué d'Auvergne, disait Antoine Pinay parlant du pharaon pas des bêtises.

(d) La tentation est grande localement d'ancrer les suffrages au sol s'il s'agit d'y toucher. Ne parlent de la route que les propriétaires fonciers quelle que soit leur taille. Dans notre petite histoire, les artisans directement impactés par le détournement du chemin royal n'auraient eu rien à dire alors qu'ils étaient bien plus les victimes de cette décision que les agriculteurs qui nourrissaient le pays. Ca n'est pas bon.

(e) Quotient familial
: l'Alliance Royale, sous l'impulsion de son fondateur, père de huit enfants, a caressé l'idée de privilégier les familles par une pondération des voix. A y regarder de plus près, la mesure ferait le lit des tradi-cathos d'un côté et des animistes maliens de l'autre. Mais après tout favoriser les enfants c'est favoriser le futur, et si l'incitation civique redresse la barre démographique, pourquoi pas.

(f) Finalement, comme disait Churchill de la démocratie dans son fameux "le pire régime à l'exception de tout autre", le suffrage universel, un homme une voix, simplifie bien les choses. On devrait quand même le civiliser en le subordonnant à la délivrance automatique d'un quitus fiscal. Votent les résidents qui sont en règle avec l'administration des Impôts ; et au niveau local, quelle que soit leur nationalité s'ils sont établis durablement et contribuent. Ce n'est pas nouveau, mais ça peut ressortir.


Note (1) : Le pan de Montpellier fait 25cm ; la canne de Montpellier a 8 pans et fait 2m ; la toise du roi fait 1,95m.
Note (2): Grand vaisseau intransportable creusé d'une seule pierre dédié uniquement à l'huile d'olive. Chaque maison de négoce de la Grande Rue avait la sienne.
Note (3): Un blog personnel dédié à la ville : Je t'M Sumène.
Une faute d'orthographe, de grammaire, une erreur à signaler ? Contactez le piéton du roi à l'adresse donnée en bas de page et proposez votre correction en indiquant le titre ou l'url du billet incriminé. Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

samedi 15 mars 2008

Démocratie sincère

le Rieutord à SumèneLe scrutin municipal est sans doute le plus vieux de France. Si l'urbanisation romaine suscita l'émergence d'une classe de patriciens des provinces qui décidaient entre eux, c'est la création des communautés* (villes et bourgs) au sein des paroisses médiévales (territoire plus large alors qu'aujourd'hui qui découpait l'espace comme nos cantons ruraux actuels) qui recréa la démocratie locale. Et ceci dès l'octroi des Franchises Municipales arrachées au Seigneur Justicier entre le onzième et le treizième siècle.
Nota * : Les "communautés", héritières des "universités", devinrent des "municipalités".

Sous l'Ancien régime, on votait plus souvent qu'aujourd'hui dans les villes, pour une raison toute simple déjà : les syndics, plus tard consuls, étaient renouvelés chaque année. Sans entrer dans le détail de l'organisation municipale, voyons en quelques traits le fonctionnement démocratique d'alors, sur la base de la paroisse de Sumène en baronnie d'Hièrle.

Corps électoral : tout chef de famille résidant et propriétaire avait droit de vote sans distinction de sa position sociale ou de son sexe. En fait, les électeurs étaient dans leur grande majorité taillables, capitulés et frappés de la dîme, plus les indirectes ; aussi se sentaient-ils concernés par la chose publique.
Seul le Seigneur Justicier, même résident, et ses officiers, ne votaient pas. Mais ses biens roturiers dans la commune participaient à l'assiette fiscale de la communauté.

Votation : le corps électoral était convoqué au son de la cloche sur la place publique. Quand on estimait le quorum de la plus grande partie possible des habitants atteint, on procédait à l'élection de deux magistrats municipaux à main levée. C'étaient les Syndics qui devinrent plus tard Consuls. Pourquoi deux ? On en prenait un en agglomération (syndic de la ville), l'autre en campagne (syndic de la paroisse).
Au soir du régime, la procédure s'était raffinée. Sumène avait opté pour un Conseil Général de la Communauté dont les membres, ainsi que l'adjectif l'indique, étaient tous élus par les habitants et les manants. Il s'occupait de renouveler les consuls chaque année selon la procédure de "conseil politique" sur laquelle nous reviendrons un jour.
Intéressant : ces fonctions de consuls étaient obligatoires, et les biens des titulaires hypothéqués au profit de la communauté ! Imaginons une seconde le tollé général dans le landerneau politique des coeurs purs d'aujourd'hui !

Dimanche prochain, toutes les communes de France et d'outremer auront renouvelé leur conseil municipal. Les habitants convoqués un ou deux jours chaque six ans, auront choisi leurs édiles sur des listes mâtinées d'idéologies qui auront porté dans leurs villes des confrontations partisanes, souvent éloignées des enjeux locaux. La fenêtre démocratique se refermera ensuite, à moins de considérer les comités d'usagers ou de quartiers comme décisionnaires, ce qu'ils ne sont nullement. Ce sont des alibis consultatifs. Tous les partis en créent ; ça fait ... "peuple".

Cette démocratie locale n'est en rien sincère du moment qu'elle ne s'exerce que 2 jours sur 2191 et qu'elle est discutée par le pouvoir qui la modèle au gré de ses intérêts partisans, puisque issu par définition d'une fraction de la Nation. Ainsi à l'usage, son principe s'est-il avéré inefficace assez, pour qu'on promulgue une loi de fabrication du conseil municipal qui s'affranchisse du vote simple. Seuils de "représentativité", classes de recensement, deux tours pour valider les ententes et les combines aussi ; plus une prime exorbitante au premier arrivé, afin de lui garantir la mainmise indiscutable sur le gouvernement de la localité. La démocratie c'est bien, mais en abuser peut conduire à la foire d'empoigne ou à la banqueroute, surtout avec des citoyens maintenus dans une puberté politique par tous moyens, surtout médiatiques.
Le résultat du scrutin au suffrage universel est donc interprété d'autorité : la moitié des sièges va à la liste gagnante quelque soit son résultat, et celle-ci prend aussi le nombre de sièges dans la seconde moitié correspondant au pourcentage de voix obtenu. Pour coller à la réalité de la "politique", les règles changent au-dessus de 2500 habitants, puis de 3500 habitants, et changent encore pour Paris, Lyon et Marseille dont les conseils d'arrondissements députent au Conseil municipal de la grande ville.

Ennemi du caporalisme napoléonien par le souci d'une saine anarchie, ces disparités ne me gênent pas, sauf quand elles sont organisées par le pouvoir central au lieu de refléter le génie local.
Qu'est-ce une vraie démocratie sincère ?

Celle où l'on remet le choix politique entre les mains de ceux qui subissent le poids des décisions ; celle où l'on considère que le citoyen est parvenu au stade adulte pour oser agréger aux premiers également ceux qui en profitent. Celle où lorsque un blocage apparaît dans l'expression d'un choix par les édiles, il soit naturel sans grandes déclamations de préaux de faire trancher le différent par le peuple assemblé ou par référendum. Celle où la responsabilité du corps électoral soit au moins aussi grande que celle des édiles temporaires, jusqu'à faire remontrance aux uns comme aux autres. Celle où l'on consulte souvent. Démocratie directe ? Oui. Pagaille ! Pourquoi ? Education civique ? Certainement.

Le corollaire immédiat de la démocratie sincère est la nécessaire primauté du corps électoral sur l'administration. Celle-là capte naturellement le pouvoir par mille canaux de son fonctionnement quotidien. Elle est pire encore si elle est étrangère à la communauté et bénéficie d'un statut d'inexpugnabilité. C'est en 1692 que le roi vint s'immiscer dans les affaires communales en y créant d'autorité dans un but fiscal des charges vénales de maire, assesseur et procureur. Ce faisant, il pourrit le débat politique de premier échelon. Au niveau de suffisance dans l'insuffisance atteint ensuite par l'administration communale et d'échelon - on pourrait parler de tsarisation de la bureaucratie - il ne peut s'agir maintenant que d'abaisser son pouvoir, progressivement, pour laisser vivre la démocratie locale. Les rouages sociaux ne doivent pas l'emporter sur le moteur de la société qui leur permet de tourner, j'entends la production au sens le plus large. Qui sera assez fort pour mettre au pas les employés du corps électoral ?

mairie en campagne de haute Garonne
Maître Isidore Boiffils de Massanne, à la fin d’une longue vie d'observation des moeurs politiques de la nation concluait ainsi sur la fonction publique, sous Napoléon III :

« Les dignités, places et emplois publics ont été jusqu'ici la plaie de la France ; leur nombre et leurs avantages doivent être réduits au strict nécessaire tellement qu'ils ne puissent tenter la capacité de personne ; ce sera un travail occupant le moins possible de citoyens avec une rétribution juste mais modique. »
Que ne fut-il entendu alors, nous n'aurions pas le poids du mammouth étatique sur la poitrine des coeurs vaillants, ni une dette trillionaire qui prive les jeunes générations d'avenir.
Ce point est essentiel car le premier obstacle à la démocratie directe sont les "bureaux" que nous dénoncions dans un billet précédent.

Démocratie locale directe et sincère, voilà ce que le retour du roi doit promettre. Les "libertés en bas" ne doit pas être un slogan creux qui équilibre "l'autorité en haut", dans l'esprit de celui qui le proclame.
Si nous ne retrouvons pas nos libertés essentielles, à quoi bon ?


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samedi 8 mars 2008

Municipales

Royaliste et Français toujours, j'irai voter dimanche à l'élection municipale de ma commune. La démocratie de proximité est le mode de choix politique le plus adapté au monde gaulois, même si elle lève aussitôt un pavois pratiquement inaccessible. Au moins, les choix sont-ils exprimés en connaissance de causes.

Comment voter ?
Je n'ai aucun regard pour l'idéologie portée en bandouillère par telle ou telle liste sauf si elle composée à l'évidence de branquignoles, pour une raison simple : Les conseils municipaux ont aujourd'hui les mains liées par la dette communale, les lois et règlements qui pullulent et dictent la gestion municipale, les difficultés de refinancement auprès d'organismes soupçonneux et pour finir, des dotations d'équilibre en peau de chagrin, le pays étant au seuil de la banqueroute.
Ainsi passée la première réunion tonitruante du nouveau conseil municipal, on se calme et on sort la calculatrice ...

Critère n°1. Le réalisme.
Je fais plus attention au programme, y cherchant de traces de sérieux sans verser dans la compoction tout de même, comme certaines listes de droite diverse s'y complaisent. Il faut souvent creuser un peu plus loin que la profession de foi qui de niaiseries en banalités vous tombe des mains. Elle est écrite pour aguicher le gogo, c'est normal, basique en démocratie. Et ce n'est pas si difficile, si vous vivez depuis quelques années sur la commune et ne faites pas qu'y revenir coucher le soir.
Gardez à l'esprit par exemple que des aménagements ronflants sous-entendent souvent des créations ou détournements de substructures ou réseaux existants qui exploseront le budget. De même posez-vous la question de savoir si certains projets de développement rencontreront un besoin réel ou s'ils sont un simple affichage politicien ? Tout est question de bon sens, c'est vous qui payez la taxe d'habitation et la taxe foncière, plus les parcmètres.

Critère n°2. La gestion de la dette.
Une question très importante est l'état des finances municipales. Les "bilans" publiés dans le mensuel du maire sont en général expurgés de détails intéressants et édités à travers le crible de rubriques inodores ; il faut en ce cas faire confiance à un conseiller municipal qui dispose lui du vrai bilan en clair.
Dans ma commune, un candidat à la mairie, conseiller d'opposition sortant, a détecté que les garanties que la ville a données à des organismes publics de logement social intervenant sur la commune, dépassaient son niveau d'endettement constaté au même moment, niveau déjà préoccupant. Ce qui veut dire - parce que si on ne l'explique pas, personne ne comprend - qu'en cas de faillite d'un organisme immobilier, comme à Mantes la Ville par exemple, c'est la commune qui se substitue à lui pour éponger ses dettes, ainsi qu'en dispose la loi.
Or la dette de ma commune - accumulée à l'époque de l'Union de la Gauche sur des infrastructures démesurées du modèle soviétique - est aujourd'hui servie (paiement de ses intérêts) par l'emprunt, comme le fait chaque semaine le gouvernement de la République qui donne à tous le mauvais exemple. Ainsi puis-je comprendre que la résorption de la dette soit une priorité et que des aménagements lourds ne seront possibles que plus tard. Tous les programmes électoraux qui lancent de "grands projets" ne sont ici que de l'affichage. Je trie ainsi facilement parmi les professions de foi.

Critère n°3. La disponibilité intellectuelle.
C'est la question du cumul des mandats. Est-il préférable que le maire soit député ou sénateur ? La députation ou son lot de consolation gérontologique, le Sénat, n'est pas une promesse de simplicité, ni d'accessibilité de l'édile. Certains installent en mairie un vrai "cabinet politique" qui sert de paravent chinois et de lampe à mouches tout à la fois, et passent la gestion "locale" au premier adjoint. On ne peut savoir si la confrontation des intérêts communaux et nationaux aboutit à sauvegarder les premiers. Des exemples précis m'indiquent que non. A la rigueur, que le maire soit conseiller général, voire conseiller régional, peut être utile. Dans les étages supérieurs il y a doute.

Critère n°4. La prise de risque personnel
Mon dernier critère est ultra-simple. Principalement pour le risque financier couru par les habitants d'une commune endettée, je demande à "mon" candidat, non seulement d'habiter sur ma commune mais aussi d'y être propriétaire. Or on s'aperçoit vite en posant quelques questions que la plupart des têtes de liste ne vivent pas ici, sauf à disposer d'une modeste garçonnière en location pour la boîte à lettres et plus si le démon de midi ... Sans doute se prévoient-ils des destins nationaux. Je soutiens donc un candidat foncièrement attaché à sa propre gouvernance.

Ainsi ma sélection sur quatre critères laisse-t-elle devant moi la liste conduite par un conseiller régional FN. J'aurai pu tomber sur un PCF, un centriste ou un Vert ou tout autre animal de la ménagerie politique. Dont acte !

En, attendant lisez l'Action Française ...



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vendredi 1 février 2008

Des royalistes en campagne

Des royalistes en campagne sous leurs couleurs, il y avait bien longtemps que nous n'en avions vus. La démarche est initiée par l'Alliance royale qui déroule un programme municipal en quatre axes principaux, adapté ensuite à chaque circonscription électorale :

logo AR1.- Favoriser le commerce de quartier, car il renforce le lien social, facilite la vie des familles et des personnes seules, car il est créateur d’emplois ; attirer les entreprises, pour que nos communes rurales ou de banlieue ne soient plus des cités-dortoirs et que les salariés puissent travailler plus près de chez eux ;

logo AR2.- Aider les familles, en reconnaissant leur contribution irremplaçable à l’éducation, à la transmission des valeurs et à la solidarité, en leur redonnant un rôle politique et notamment une participation aux décisions sur les sujets locaux ;

logo AR3.- Promouvoir le patrimoine culturel, qui est à la fois le fruit et le fondement de la vie en société. Cela passera nécessairement par l’amélioration du cadre urbain, en particulier l’environnement, la circulation et le stationnement...

Mais cela passera aussi et surtout par une vraie démocratie de proximité, par l’amélioration du dialogue entre les habitants et la mairie, à travers une véritable mesure institutionnelle locale :

logo AR4.- Donner aux quartiers et aux villages des conseils vraiment représentatifs. Une telle réforme a pour but de renforcer le rôle des quartiers dans la définition de la politique municipale des villes grandes et moyennes.

Se sont lancés aux municipales, des courageux, puisqu’on sait qu’il faut chaque fois constituer une liste :

Auroux à VersaillesJulien AUROUX attaque Versailles bille en tête avec le courage des innocents, mais il n'y a qu'eux à sortir de la tranchée en criant pour vaincre !
Sa profession de foi est cliquable ici et le programme détaillé cliquable là. Nous y avons relevé des propositions tout à fait intéressantes et particulièrement celle visant à revitaliser le centre qui souffre de la géographie versaillaise dictée par le château et son parc qui coupe la ville en deux, de part et d'autre de l'avenue de Paris.
C'est vrai qu'à Versailles il n'y a pas de place centrale, avec une belle fontaine, et quelques terrasses de cafés chics ; il y a pourtant une clientèle locale et de passage suffisante. Le programme ne se limite pas à cela puisqu'il est parfaitement calibré aux besoins et au prestige de la cité du roi-soleil.

Le comte de VILLENOISY se jette à l'eau sur Paris. Rappelons qu'il y a une élection municipale dans chacun des 20 arrondissements de la capitale, et que c'est la réunion du conseil élu qui forme une majorité désignant ensuite le maire de Paris. M. le comte a choisi le XVII°. Il faut savoir passer le pont, disait Brassens, Patrick de Villenoisy n'a pas hésité, et nous vous invitons à partager son enthousiasme sur son clip, avec Didier Barbevilien d'ailleurs.



Le président de l'Alliance royale que l'envie démangeait sans doute, a choisi de sévir sur le VII° arrondissement. Sa liste promeut la démocratie équitable, un des grands thèmes de sa campagne présidentielle. « ; Entre des candidats imposés et d’autres qui ne leur conviennent pas, je propose à mes concitoyens de relever la tête pour prendre de la hauteur. Je serai sur les marchés » ;. Connaissant la pugnacité d'Yves-Marie ADELINE, le VII° se souviendra !

Mais les cantonales ne sont pas oubliées. Le programme national de l'Alliance royale vise à redistribuer les moyens de gouvernement local entre des entités mieux adaptées aux réalités. Les cantons actuels semblent destinés à devenir les circonscriptions administratives de base, les 36000 communes étant à bout de souffle comme le confient 76% des édiles municipaux. Il est donc logique de s'intéresser à ces cantons, même si le questionnement du département en tant que première circonscription du pouvoir national reste posé.

Pico à WittenheimC'est dans le canton de Wittenheim (Ht Rhin) que Sandrine PICO se présente pour la première fois. Programme ambitieux cliquable ici. Réussir la décentralisation comme nous le dit la candidate n'est pas une mince affaire si l'on connaît le foutoir que les lois Raffarin ont créé. "Nous estimons que la réforme territoriale est cruciale et urgente. La République nous donne le spectacle d’une organisation politique territoriale désastreuse qui a ressuscité des féodalités contre lesquelles les rois ont toujours combattu. Nous voulons renverser la logique de la décentralisation républicaine, repartir du bas, des corps sociaux, des démocraties locales, et bâtir un édifice qui soit cohérent et homogène". Nous pensons que ce regard neuf est indispensable dans des structures d'administration ossifiées comme les conseils généraux.

affiche ARChantal de THOURY se lance sur le canton de Châtillon en Bazois (Nièvre). Ses préoccupations sont plus concentrées sut la question environnementale où l'on devine des compétences aiguisées, étang de Baye, canal du Nivernais, nappe phréatique, chasse et pêche, filière carbochimique du bois. Programme intéressant cliquable ici, qui n'oublie pas de donner plus de chances aux enfants à naître en développant l'aide aux mères en détresse. Moi, ça m'a plu !

Dans le 3è canton de Poitiers, on va retrouver le président ADELINE chez lui. L'avanie subie à l'IEP de Poitiers qui lui a refusé un amphi, l'a convaincu que la Connerie ne chausse pas tout de suite ses bottes de fer. Elle progresse d'abord en chaussons. « "En effet j’ai découvert qu’il existe certains lieux à Poitiers qui se sont voués aux idéologies totalitaires. Ce n’est pas une affaire de droite ou de gauche, mais de principe. Je n’oublie pas que mon père à l’âge de 17ans ainsi que mes grands-parents ont été emprisonnés à la Pierre Levée à l’époque où les Fascistes occupaient notre ville. Or le totalitarisme commence par des comportements symboliques apparemment anodins, et c’est cela qu’il faut guérir, tant que le serpent est encore dans l’œuf ».

Adeline
Nous serons avec lui.
D'autres candidats vont-ils surgir du mouvement royaliste ?


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