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jeudi 4 avril 2024

L'Europe mûrit.

#2255 - Hésitant d'un pied sur l'autre sur l'implication plus ou moins soutenue des Etats-Unis dans la guerre d'Ukraine, l'Europe a finalement décidé de prendre ce qu'ils lui donnent et de ne plus compter sur eux à l'étage stratégique. La boussole éponyme lui montre la seule queue de trajectoire probable, la nucléarisation de ses armées pour faire contrepoids aux appétits déclarés de l'empire russe revenu sur le limes occidental.

Mais comme une dissuation nucléaire ne fonctionne pleinement que si elle est adossée à des armées conventionnelles bâties sur la peur qu'elles inspirent, les pays européens ont décidé de les remettre déjà à niveau, la question d'une bombe européenne qui, à mon avis n'en est plus une, sera débattue en son temps.
Dès lors que les arsenaux européens se sortent les doigts et prennent les contrats que leur passent les Etats, le délai du réarmement devrait être raccourci - sauf si l'Allemagne se liquéfie, bien sûr.

J'avoue ne pas comprendre les admirateurs chez nous de Vladimir Poutine qui est l'Hégémon le plus con que la terre ait porté :
Pour matérialiser son rêve impérial en capturant les fameuses terres noires, il se coupe de la première puissance commerciale mondiale qui n'avait que des indulgences à son endroit ; il perd la Mer baltique et le tampon stratégique de deux pays neutres entre la Russie et la frontière atlantique ; il ruine sa balance commerciale en vendant ses matières premières au rabais contre des devises non convertibles ou pourries ; il stoppe définitivement le développement des territoires non métropolitains de l'immense Russie en créant les conditions d'une instabilité sociale d'ampleur. A quoi s'ajoute l'exode des cerveaux.

Si le Kremlin compte se refaire par un maximum de saloperies dans l'espace informationnel, il tombe maintenant sur des Etats occidentaux avertis qui le guettent partout. S'il est probable que les peuples russes conditionnés du berceau à la tombe continuent de participer à la guerre patriotique "imposée à la Russie par l'Occident", ses élites ont déjà fait le tour de la propagande éhontée des services intérieurs de sécurité. A la première occasion favorable, elles lâcheront le pouvoir, le temps de se mettre en sûreté. Le "monde libre" n'aura jamais si bien porté son nom !

Avion F-16 en alerte la nuit
Il n'en demeure pas moins que les capacités de pure destruction mises en œuvre par l'état-major russe se maintiennent à un niveau élevé, même si elles n'ont pas une grande influence sur la conduite de la guerre, ne touchant que des infrastructures civiles. Pour cette raison, priorité est donnée aux moyens ukrainiens d'atteindre les positions de départ des coups ou les vecteurs des armes. Plus la logistique énergétique de guerre en cassant les raffineries ! Nous ne sommes pas loin d'une no-fly zone décrétée par l'OTAN à l'ouest du Dniepr. Il serait utile de la compléter d'un droit de suite inversé permettant d'attaquer les vecteurs russes en avant de la zone. Sera-ce une escalade ? De toute façon il y aura escalade !

lundi 18 décembre 2023

La grande stratégie empêchée

On sait l'ambition du président chinois à monter sur un trône impérial virtuel par l'accomplissement du China Dream qui consiste à faire revenir partout la République populaire sur les marches de l'empire défunt. C'est dans cet esprit que sa pensée a été "constitutionnalisée" et fait partie des programmes scolaires et universitaires. Mais cela, les lecteurs de Canon Gaillon le savent depuis longtemps. Ce qui est moins connu est l'effritement actuel de l'économie chinoise adossée d'une part à la mondialisation jadis heureuse qui ne l'est plus et d'autre part, à une capitalisation sauvage de l'économie privée qui correspond tout à fait au goût chinois du lucre.

promotion de l'université des sciences de Pékin

C'est la masse des candidats à la fonction publique qui a fait tilt cette année. Les Chinois parlent de ruée vers "le bol de riz en fer" comme on nomme l'emploi sous statut public. Quelques chiffres pour comprendre : selon le Global Times du parti, il y a 77 postulants pour chaque emploi offert par l'administration. Chaque année, le troisième cycle déverse plus de dix millions de diplômés sur le marché du travail (11,6 millions en 2023) et le chômage des jeunes diplômés atteignait 21,3% en juin dernier avant que le service du Travail n'arrête la publication du chiffre. Plus de trois millions de diplômés sont allés cette année aux examens d'entrée dans la fonction publique, du jamais vu. Certes, l'emploi public paie mal et y progresser n'est possible que par obéissance à la ligne imposée par le Parti omniprésent, mais on s'arrête à 17h et le week-end est libre. Une couverture sociale correcte plus des primes pour les fêtes et divers petits passe-droits sont appréciés des parents d'étudiants qui les poussent à postuler. Sans ambition personnelle ou pour toute autre raison, c'est un refuge, mais auquel n'accèdent que quelques dizaines de milliers de candidats ! Que faire des autres ? Facile, puisque le président Xi y a passé sa jeunesse, on va "revitaliser" les campagnes et malgré le fumet de Révolution culturelle qui s'en dégage, vont renaître les chantiers de jeunesse chinois dans certaines provinces surchargées. Aussi la course au job, même un petit boulot, est devenue l'autre ruée afin de ne pas être appelé par la Nature.

Qu'y a-t-il de stratégique là-dedans ?

L'économie chinoise est en difficulté (le désinvestissement étranger dépasse les nouveaux investissements) et s'y ajoute une grave crise de la promotion immobilière qui a pompé l'épargne de millions de primo-accédants-sur-plan issus des classes populaires, lesquels forment d'immenses cohortes de mécontents qu'on mate par des gangs aux ordres de la police locale. L'instabilité relativement normale dans un pays en développement rapide mute doucement en insécurité, même pour les comptes bancaires des particuliers, et le marché du travail est précarisé. Le gouvernement central n'a pas encore de réponse adaptée hors des slogans convenus, sauf à incanter pour une croissance libératrice des énergies, et il laisse faire les gouvernements provinciaux qui bricolent chacun dans leur coin. Les dirigeants sont assez éduqués pour comprendre qu'ils se sont laissé asservir par la mondialisation des économies et que sa déstabilisation peut entraîner des retours de flamme catastrophiques sur la société chinoise elle-même. Mais acceptent-ils que parmi les faiblesses de l'économie, la pire soit de tourner sur un schéma complètement archaïque où règne "une collusion totale entre les objectifs politiques et le pilotage de la sphère économique et financière (source Les Echos)"? On en peut douter ! Tous les chiffres compilés par le gouvernement central dans les comptes régionaux sont faux, mais on est à peu près sûrs que la dette souveraine globale a dépassé le produit national brut¹ déclaré, sans compter celles des collectivités régionales et locales qui n'y sont pas incluses (9200 milliards de dollars selon le FMI - pour référence PIB France = 3000 Mds$). L'agence Moody's ne voit pas d'embellie, la croissance est atone, et donne une perspective négative à sa note A1. Il est maintenant visible que les usines sans commandes de l'étranger ont débarqué pas mal d'ouvriers désœuvrés qui font autant de mécontents après des carrières en 996 (de 9h à 21h, six jours sur sept) et nous sommes encore en temps de paix.
(1) Pib nominal 2022 de la RPC : 18000 milliards de dollars US (source Banque mondiale 2023).


Est-ce le moment pour allumer la mèche de Taïwan en profitant de l'élection présidentielle sur l'île rebelle comme certains instituts payés au drame le supputent ? Certainement pas, même si la fureur patriotique convenablement gérée pourrait occuper un temps les esprits continentaux ; mais l'effondrement des exportations de biens qui en découlerait jetterait à la rue ceux qui travaillent encore. Soutenir par ailleurs les délires grotesques de Vladimir Poutine dans sa "guerre" à l'Occident pourrait avoir le même effet dévastateur sur la société chinoise si la mondialisation se grippe. Avez-vous observé que depuis les proclamations à la vie à la mort des présidents respectifs, les entrepreneurs chinois ne sont pas venus nombreux en Russie et commencent même à surveiller les canaux de contournement des sanctions du G7. Insécurité domestique, instabilité dans l'étranger voisin, bruits de guerre s'approchant mettant en péril la confiance des marchés de consommation solvables, le taïpan de base se méfie et attend. Tous ces gens ont appris à l'école la formidable aventure de la révolution communiste. Ça pourrait donner des idées aux masses laborieuses et démocratiques laissées en plan. Le communisme même capitalistique n'est pas le régime adapté aux sauts de carre, et si la jeunesse arrivant aux affaires voit son inventivité châtrée par la caporalisation des comportements aux ordres du commissaire politique de service, c'est une économie de moutons qui s'annonce. Cette économie ne performera pas. La Chine ne rattrapera pas les Etats-Unis d'Amérique.

vendredi 1 décembre 2023

La crécelle aux deux états

J'ai lu ce matin chez Michel Goya que la libération de prisonniers cisjordaniens en nombre par le Hamas via Netanyahou allait favoriser grandement les candidats de l'organisation terroriste aux élections palestiniennes, celles que tout le monde demande pour arracher l'Autorité palestinienne à sa torpeur coupable. Les Jordaniens, qui restent malgré tout les spectateurs les plus impliqués dans le conflit, nous rappellent que le Hamas (acronyme de résistance islamique) est un idée et qu'on ne tue pas les idées. Facile à comprendre en plus puisqu'elle se résume à un slogan très simple : « du fleuve à la mer ! ».

Le slogan symétrique du sionisme l'est tout autant puisqu'on le résume de manière inversée « de la mer jusqu'au fleuve ! ». C'est une idée qu'on ne tue pas non plus. Si les partis de la droite israélienne expansioniste ne cachent pas que le but à atteindre dans leurs actions est la totalité de la Palestine biblique, déjà plus grande que la Palestine mandataire, on se doute moins que la majorité silencieuse en Israël partage en elle-même cet objectif, quand seule une fraction plus petite du peuple juif s'abandonne à la chimère du partage.

photo d'Yitzhak Rabin
Yitzhak Rabin 1922-1995
Les forces en présence dans l'action sont totalement antagonistes. Brandir une "solution" qui contrecarre la volonté essentielle des belligérants est pure agitation médiatique. Quand vous croisez un politicien qui affirme de manière péremptoire qu'il n'y a que la "solution à deux états" qui vaille, comprenez qu'il n'en sait foutre rien et récite le mantra imposé par la conscience internationale dans les enceintes de bavardage. En plus ça pose le discours car la proposition fait l'équilibre entre les deux entités. C'est le miracle des accords d'Oslo (1993) qui a fait croire à cette issue raisonnable, sans prendre en compte la fermentation des haines recuites de part et d'autre soutenant des intentions très différentes. Yitzhak Rabin en mourut, tué par l'un des siens. Ce jour se fête par endroit en Israël.

Depuis lors, l'eau n'a pas coulé sous les ponts du Jourdain car l'agriculture coloniale a pompé toute l'eau, mais les positions se sont durcies de part et d'autre et ce billet n'a pas vocation à dérouler les événements de Palestine le long de ces trente dernières années, de grands journaux s'y consacrent. Juste dirons-nous que l'attaque ignoble du 7 octobre et la riposte disproportionnée qu'elle a provoquée ont bétonné les positions de principe fondateur dans chaque camp. La Haine règne et a tué jusqu'à la Bêtise. Il faut être Joe Biden ou Emmanuel Macron pour ne pas le voir et rester scotché au mantra onusien des deux états. Si les Etats arabes de la région ne sont pas contre une normalisation israélo-arabe, quoiqu'il en coûte aux pouilleux palestiniens, la Rue arabe n'y consent pas.
Nous allons vers un combat à mort à défaut de guerre ouverte, une troisième intifada de la dernière chance dans laquelle les Européens n'ont plus rien à faire selon certains. Soixante-quinze ans d'attentions diverses et beaucoup de milliards n'ont rien donné. C'est vrai. Faut-il pour autant laisser les fils d'Abraham entre eux, au risque peu probable de les voir un jour s'entendre ? Rien n'est moins sûr. Lequel lâchera le premier la cueillère de la grenade dégoupillée ? La déflagration en Palestine convoquera à son spectacle les Etats les plus mal intentionnés de la planète, et puisqu'il faut bien la commencer un jour quelque part, cette troisième guerre mondiale, que le Sud global réchauffe en son sein pour anéantir son déclassement, détendra les ressorts sur-bandés du stress diplomatique international. Nous serons revenus à l'époque des empires ivres de sang. Sauf que l'Europe actuelle n'en est plus un !

Demain, c'est la Saint-Austerlitz! Vous la voyez la chute !

lundi 16 janvier 2023

Un vieux couple sans affect

Le 22 janvier prochain se fêtera à Paris le Traité de l'Elysée signé entre Charles de Gaulle et Konrad Adenauer pour réconcilier définitivement deux nations qui se firent trois guerres en seulement soixante dix ans.
Il est intéressant de voir comment l'Allemagne voit (ou ne voit pas) cette commémoration, et le plus simple n'est-il pas de lire l'article du Spiegel consacré à l'événement. Vous pouvez y accéder gratuitement en cliquant ici. Il est en anglais sur original allemand payant, titré lui, L'Aliénation (Die Entfremdung), ce qui est déjà un signe fort. La photo assez incroyable illustrant ce billet vient aussi du Spiegel.

Sholz et Macron

Il ne fait aucun doute qu'après les grands amours Giscard-Schmidt et Mitterrand-Kohl, le "couple" s'est passablement désuni, au point que le divorce n'est évité maintenant que par souci des convenances européennes. La collaboration cœur à cœur cessa dès le premier mandat de Jacques Chirac qui supprima la conscription militaire sans en débattre avec la République fédérale. Puis viendra le temps des sauteurs et des ectoplasmes entre gémissements budgétaires et avanies en tout genre, jusqu'à ce que le chancelier Scholz applique la devise garibaldienne : Germania farà da sé. Il prend ses distances du projet franco-européen de défense intégrée, laisse le Bundestag patauger dans le soutien blindé à l'Ukraine, oublie la dispute industrielle entre nos deux pays dans les affaires de char franco-allemand et d'avion du futur, relance le charbon, ne ménage pas sa peine pour soutenir les entreprises allemandes en Chine populaire avec un voyage éclair à Pékin sans consulter ses partenaires européens, et finalement ne parle qu'avec Washington parce que la Deutsche AG y a des intérêts colossaux.

Face à lui, le sémillant Emmanuel Macron saute sans arrêt d'un nénuphar à l'autre pour faire oublier qu'il est perclus de dettes et incapable de financer quoique ce soit sans aller au Golfe comme d'autres vont aux dames. C'est sans doute cette arrogance juvénile de l'impécunieux radoteur qui horripile le plus les Allemands. Ils sont dans la barque de l'Eurogroupe que l'impéritie française pourrait bien faire couler, et ça, c'est pour eux péché mortel.

Il est plus que temps que la France mette de l'ordre chez elle, rétablisse ses comptes publics et s'occupe de son propre avenir, sans reporter la solution de ses nombreux défis à l'étage européen. Car là aussi, nous commençons à fatiguer les autres par nos recommandations incessantes sur tout et rien. Cahin-caha le Traité de l'Elysée aura tenu soixante ans.

samedi 28 mai 2022

E la nave va...

Caravelle de Colomb
...comme disait Fellini... enfin, la nave ! plutôt la nef des fous. La quête d'un bonheur possible appliqué à la plus large humanité, qui avait été pour les nations rescapées de deux guerres mondiales la nouvelle règle de gouvernance, est en train de disparaître sous les nuages noirs d'une volonté de puissance déchaînée sous la menace du feu nucléaire. Légitimées par l'histoire, recomposée souvent, les nouveaux tyrans remontent le curseur des causes à chérir aux prémices des deux conflagrations majeures de l'histoire humaine. Après avoir capturé leurs peuples, ils stérilisent le limes de leur empire afin de les protéger d'un réveil dangereux pour leur pouvoir. La Connerie en bottes de fer a beaucoup appris des échecs du passé. Malgré un logiciel d'asservissement des âmes éprouvé durant des millénaires dont on avait monté le son au maximum, il avait manqué aux tyrans modernes un moyen de terreur imparable qui plierait les nations de raison. La Chine populaire et la Fédération de Russie en disposent maintenant. On peut donc rejouer la pièce géostratégique de la Belle Epoque avec de nouveaux instruments à l'orchestre, et que crèvent les mécontents du réchauffement climatique ! C'est pas le moment, hein ? On se sort la plus grosse.

Entre Dimitri Medvedev dans la nouvelle salle de contrôle que Vladimir Poutine a fait enterrer au Kremlin :
- Viens voir Dima, le nouveau joystick que j'ai trouvé :
ON - lumière verte 🟢 : les nègres mangent !
OFF - voyant rouge 🔴 : les nègres jeûnent !
- Vache, Volodia, t'as trouvé ça où ?
- C'est Huawei qui m'a envoyé le prototype.
Ça commande directement la base de Sébastopol :
Vert, la flotte laisse passer le convoi de blé.
Rouge, la flotte stoppe le convoi de blé.
- Super, Volodia, mais ce ne sont pas les nègres qui nous font une guerre totale, mais la race dégénérée d'Occident !
- D'accord, Dima, mais c'est irrésistible quand même ! Et au billard à trois bandes, les nègres forceront les Américains à libérer les comptes bancaires russes.
- Tu es un génie, Volodia. Que Dieu te prête vie !


cul de lampe

De quoi sont menacés les empires russe et chinois ? De rien de plus que la libération des mœurs de leurs peuples et du risque de les voir penser par eux-mêmes en se fondant sur la philosophie naturelle qui fut développée il y a bien longtemps par les penseurs grecs et les penseurs chinois, lesquels n'y ont pas pris une ride. D'un côté, une coterie oligarchique venue de nulle part a confisqué tout un pays à son seul bénéfice (le taux d'attrition par concussion des crédits militaires russes est phénoménal) ; de l'autre, un parti historique et largement obsolète a encagé l'économie nationale et la pensée des gens pour garantir sa perpétuation par tous moyens orwelliens ; et dans les deux cas, quoiqu'il en coûte aux rétifs ! Ce qui reste étonnant quand même est que les pouvoirs russes et chinois ont décidé de ne pas se passer du théâtre démocratique pour légitimer leur étreinte sur les sociétés qu'ils exploitent ! Poutine fait des scores ajustés dans des scrutins largement truqués ; Xi veut faire voter le prochain congrès au knout, même si les ambitions concurrentes sont de plus en plus fortes au sein même des palais politiques. Ils ne savent ni l'un ni l'autre esquiver des pourcentages et c'est bien là qu'on mesure ô combien cons sont-ils !

Enivré de son pouvoir parce qu'il commande au Grand Jeu, Poutine, un ancien employé aux tampons du KGB mais rusé comme un singe des fortifications, a établi son empire éphémère sur onze fuseaux horaires au seul motif présentable de résister à l'esprit missionnaire qui règle et pourrit les relations humaines depuis Rahan ! Endémique à l'espèce humaine, cette impatience irrépressible des sachants du monde entier à faire partager leurs croyances et leur science à leurs voisins est à l'origine de toutes les guerres, alors qu'elle aurait dû n'être qu'un facteur de développement et de progrès par transmission des savoir-faire. Nous, occidentaux, découvrons que la "liberté chérie" est un souci très secondaire chez des peuples immenses s'ils obtiennent contre elle la sécurité du quotidien et une perspective d'amélioration future pour leur enfant. Un peu d'aisance matérielle en plus noiera liberté et démocratie associée dans le doute des complications. Cessons pour commencer de porter partout la sainte parole et à ne juger fréquentables que les peuples qui l'acceptent. Participons à l'enrichissement global par l'entraide économique, nos intérêts bien compris y étant sauvegardés, mais sachons aussi résister aux tentatives hégémoniques de tyrans qui avancent masqués derrière la dénonciation de notre modèle occidental et derrière une offre sécuritaire prémunissant leurs cibles contre notre coopération intéressée ; alors bien sûr que c'est pure philantropie de leur part. C'est ainsi que débrancher la Russie de l'économie globale en l'autarcisant et contrer les manœuvres chinoises de colonisation des nations insulaires du Pacifique-nord sont des réactions parfaitement légitimes avec ou sans exportation contractuelle de notre "modèle".
Une condition ? Réarmer, aussi longtemps que la force primera le droit, et ne se faire pas plus de soucis que nécessaires.
L'espèce est perfectible, à l'infini, et vogue la galère !

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