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samedi 22 janvier 2011

Rencontres Royalistes /1

Ce court billet est le condensé et le prolongement d'un article de Royal-Artillerie publié le 20 novembre 2010 sous le titre Assises... ce que nous en ferons. Il a paru sur La Toile n°9, trimestriel électronique de la Conférence Monarchiste Internationale, édité et diffusé par SYLM. Il entre en archives RA.

Les Premières Rencontres Royalistes (PRR) — anciennement Assises — pourraient être l’occasion de définir un but commun pour les chapelles et les royalistes inorganisés, qui serait de mettre un jour un roi dans le domaine régalien, sans définir voies et moyens d’y parvenir, et surtout sans l’impliquer dans le débat social si nous ne voulons pas le « diviser » entre nous.

Comme avait dit Anna de Noailles à propos du Martégal : « Qu’importe que l’on diffère d’opinion sur les hommes, les événements, les idées, si l’on est d’accord sur les dieux ». Mais chacun de nous a ses « dieux » ; sa voie exclusive d’accès au trône, en plus d’avoir « son » prince indiscutable. Guidons-nous alors sur un phare loin en mer mais balisé sur la carte et laissons à chaque bateau le choix de sa route, la prise de ris, les virements de bord. En fin de course, les circonstances dramatiques de l’aubaine auront éclairci l’alternative et le choix n’en sera plus un. Reste la question du nerf ! Il n’est pas de propagande aboutie sans moyens préalables, de gros moyens aujourd’hui.

Vers un appel de fonds
Les nouvelles structures d’influence sont des montages capitalistiques même quand elles combattent le Capital. A la louche et pour commencer, un million d’euros est à trouver pour créer quelque chose qui se voit, qui travaille l’Opinion et qui dure. On pourrait détailler l’assiette de « taxation » lors des PRR de printemps et mettre en concurrence des projets neufs, ou lancer un appel d’offres de structure.


L’offre de Royal-Artillerie est connue : un portail web royaliste en libre-service pour les producteurs de contenu, une « agence de presse » pure player et assez vite ensuite, un quotidien sur tablettes Internet avec en option un mensuel papier de réflexion (style Les Epées en moins rural comme maquette). A vous les studios !

Ces Premières Rencontres Royalistes seront ce que nous en ferons, mais n’anticipons pas les travaux accomplis. Au niveau individuel déjà, nous pouvons dire que, même en notre absence physique, si nous traduisons dans notre comportement quotidien de royaliste les recommandations auxquelles elles auront abouti, la situation du mouvement s’améliorera par capillarité.
Pour nous mettre chacun dans l’axe d’une aimantation commune, convergeons simplement vers un roi dans un schéma institutionnel un peu plus précis, et quelque soit le résultat de ce consensus, nous pourrons chacun nous dire, j’ai fait de mon mieux.

Retrouvez ce billet dans La Toile n°9 en cliquant ici (page 29).

Postscriptum du 28.03.2011
Par lettre à Sylvain Roussillon (CMI), le Groupe de Liaison Royaliste annonce l'abandon du projet de Rencontre Royalistes 2011, par défaut de moyens humains et financiers.

samedi 20 novembre 2010

Assises royalistes... ce que nous en ferons

Le Groupe de Liaison Royaliste peaufine son programme pour les Assises printanières à venir. Après un débat qui s'est déroulé sur le forum de SYLM pour savoir de quoi il retournait depuis tout ce temps où l'on parle d'Assises, un communiqué est annoncé par un responsable du GLR, qui sera édité en décembre si tout va bien, par les Manants du Roi, organe officiel du groupe. On espère que la "convocation" sera la plus large possible, sans exclusive, jusqu'aux sensibilités légitimistes et providentialistes, et que les royalistes inorganisés seront nombreux à venir - ils sont et de loin les plus nombreux !
Il sera utile à tous les intervenants que l'enquête produite par SYLM à ses frais, L'Etat des Lieux du Royalisme en France, soit versée au débat dès le départ afin d'ancrer les discussions dans les réalités présentes. On peut espérer aussi que nous ferons l'économie de conférences "historicisantes" - grande spécialité d'un microcosme à rétroviseurs - c'est le futur devant le pare-brise, la vie, qui nous inquiète, la Chronique de la Maison des Morts pourra attendre un peu. On lira avec profit le communiqué de SYLM du 6 novembre 2010 (pour ceux qui ont le code).

Si les Assises concluaient à une queue de trajectoire commune, quels que soient voies et moyens d'y parvenir, le mouvement royaliste aurait fait un pas en avant historique. Nous ne nous entendrons jamais sur ces voies et moyens - il y en a tant -, mais nous pouvons converger sur un PPCD (plus petit commun dénominateur) qui pourrait être à mon sens le retour d'un roi dans le domaine régalien, investi d'un, de deux, trois, quatre ou cinq pouvoirs du dit-domaine. Le type de régime d'habillage importe moins que le but ultime, et chacun promouvra le meilleur, tout en respectant la "solution" d'autrui dès lors qu'elle converge. Comme avait-dit Anna de Noailles à propos du Martégal : «Qu’importe que l’on diffère d’opinion sur les hommes, les événements, les idées, si l’on est d’accord sur les dieux».

C'est un peu comme la sphère bouddhique. La bouddhéité est cachée au centre de la sphère et chaque point d'entrée à l'extérieur de l'enveloppe est légitime si l'on décide de ne suivre que le rayon droit qui va au centre. Il est réputé inutile de sauter d'un point à l'autre sur la sphère, il faut entrer. D'où la signification de "pagode" dans le lexique bouddhique comme "lieu de passage" (way place ou Stargate :)

Un roi dans le domaine régalien ne choquerait pas le vulgum pecus, littéralement abruti par les délires du culte démocratique de la personnalité. Michel de Poncins a sorti un article remarquable (entre autres tout autant remarquables) sur la vacance du pouvoir, qui devrait être affiché comme un dazibao sur la porte des mairies ! Suffit-il de démontrer ces délires en évitant au début de prononcer le mot tabou ? La farce démocratique ?  Il y a une thématique à créer pour ramener le bois flotté de la démocratie en faillite, nos concitoyens, vers la rive royaliste. Cette thématique active serait plus utile que les rouspétances éternelles qui n'intéressent plus personne au-delà d'un cercle de ronchons.
Elle consiste à adapter le discours à notre époque, prendre en compte les connotations défavorables, se couper du passif - sorry, le Maréchal n'est pas vendeur - , et à enchasser les principes moteurs du royalisme dans la société multiculturelle française d'aujourd'hui. Cela fait beaucoup de mises à jour à créer, car les penseurs de jadis sont trop souvent inassimilables par les lecteurs ou les auditeurs de maintenant.
Il faut donc créer. En attendant que nos penseurs de demain éditent la nouvelle doctrine, quel est-il ce domaine régalien ? Quel est le niveau d'implication attendu du chef permanent de l'Etat ?

(A) Il y a cinq pouvoirs régaliens dont quatre sont aujourd'hui disponibles :
- Justice haute
- Armées
- Police nationale
- Diplomatie

Le cinquième est de battre monnaie.

(B) L'implication du chef permanent de l'Etat est simple à définir : il nomme les présidents des cours et tout ou partie des ministres "régaliens", et il s'arroge le droit de remontrance et de veto. Il ne s'implique jamais dans les affaires courantes pour préserver sa dignité, son statut de référence au dessus de la mêlée partisane et celui de juge du dernier ressort.
Reste à mettre l'équation en image avant de décider l'opinion à laisser passer le roi. Le schéma politique de l'Alliance Royale est le seul qui ait osé faire cela. A mon avis il est trop compliqué mais c'est une base unique en son genre.

La création de cette image du pouvoir suprême doit tenir compte des tabous en vigueur, ce que le GLR appelle "la réalité que constituent nos concitoyens". Mais c'est à partir de là que les divergences de notre bord prennent des proportions insurmontables. Du régime théocratique des ultrabrites du légitimisme incandescent à la souveraineté gaullo-marxiste de la NAR, rien n'est miscible, tout est groupusculaire, frôlant le ridicule. En plus, la petite forêt des théories s'est pétrifiée, faute d'exploitation concrète. Moins a-t'on de monde à convaincre, plus raide est l'intransigence.

Une solution hunnique serait d'éradiquer les sources d'émission de ces divergences, c'est-à-dire les chapelles créées par la parthénogenèse des grosses têtes, chapelles qui ne représentent plus qu'elles-mêmes, à ce que nous montre le sondage préalable de SYLM, et que confirment les effectifs¹ squelettiques réunis aux diverses universités d'été et dans bien des manifestations "limitées" à cinquante - c'est magique ce chiffre indépassable.
Un projet monarchique minimum commun serait alors proposé aux fidèles inorganisés, sans passer par le crible des pharisiens qui n'y chercheront que le diable, et la concrétisation de leur assentiment serait recherché dans une cotisation à une structure constituante neuve chargée d'encaisser, et d'aboutir sur une construction de structure permanente oecuménique abritant les outils de communication du projet précité.

Maintenant la question à dix dollars taïwanais : celle que pose immédiatement l'Opinion convoquée à bader notre génie naturel de physique sociale : qui est le prince ?
Si je chausse les lunettes de l'Opinion, je ne vois personne, hormis pour certains lecteurs de Point de Vue l'éternel prétendant d'Orléans qui meuble de péripéties familiales l'ennui de sa "fonction". Les Assises 2011 du royalisme français ne trancheront pas la question dynastique car la Querelle est un moteur puissant pour faire tourner les chapelles. Eradiquez l'orléanisme et Orléans, et les chapelles légitimistes s'abîmeront dans les psaumes de la Transcendance et de la Révélation jusqu'à disparaître de la scène publique par l'attrition naturelle de ses cotisants. Retirez le Bourbon franquiste de l'échiquier virtuel et les gaullo-marxistes bien en cour - on comprend pourquoi dans notre beau pays soviétisé - prendront tout l'espace AF derrière le "prince rouge" revenu (hilarant). Gaz !

Les efforts (toujours méritoires) qui suivront la première session des Assises pourraient rester donc vains, car s'ils aboutissent même à une pacification du territoire royco, la sacralisation du préciput d'aînesse demeurera et les revendications concurrentes resteront appuyées sur des arguties d'autant plus intouchables qu'elles seront moins fondées. Chacun creusera un peu plus sa tranchée, et l'Alliance Royale, qui veut zapper le choix dynastique au motif de ratisser plus large sur les seuls principes, se brisera sur cette question préalable. Elle a miné la pré-campagne présidentielle de Yves-Marie Adeline, avant qu'il ne déraille sur les parrainages.

La Querelle pourrit tout.
Mais une monarchie "dogmatique", portée uniquement par ses principes, sans visage et donc sans affect, n'a jamais existé nulle part. C'est le régime le plus personnalisé qui soit, carrément voué au culte de la personnalité, ce qui soulève de bien difficiles questions de la part des sceptiques non abonnés à nos revues. Toutes les dynasties françaises ont été créées par l'ambition d'un homme ou d'une famille capable de gouverner, en position d'accéder à l'instant T et y réussissant. A l'inverse des Républiques, aucune dynastie ne fut numérotée, elles n'étaient pas portées par un dogme immanent qui les aurait laissées se succéder au fil des accidents de l'Histoire, puisqu'on ajustait les Lois² à chaque rupture. De Mérovée à Capet, elles portent toutes le nom de leur fondateur. Le roi tire le char ou disparaît. Le scalp de Childéric III, la décapitation de Louis XVI, la berline de Gand et le cortège de Cherbourg, sont là pour nous en faire souvenir. Un chef, des fidèles. Aujourd'hui c'est pareil.

Bien que le principe prime le prince et se suffise à lui-même selon le "dogme", le prince qui a l'ambition d'accéder doit avoir une attitude volontaire, une créativité innée et l'autorité naturelle pour la faire aboutir. Il doit être un homme de demain sinon même d'après-demain. C'est du moins le minimum syndical pour les premier et deuxième accédants (les suivants pourront être moins "doués"). Avis sans frais à leurs thuriféraires, les "observateurs" du temps qui passe n'auront pas d'avenir dans le nouveau métier de roi, moins encore que les prosateurs inlassables de leur autobiographie. C'est un volontaire et pas un velléitaire qui sera convoqué, un athlète politique, pas un Chambord.

Les Assises du royalisme français se tiendront donc au printemps 2011, si tout va bien. Il faut saluer la persévérance des organisateurs, le Groupe de Liaison Royaliste, les Manants du Roi, la CMI/SYLM et quelques autres plus discrets. Elles seront ce que nous en ferons. N'anticipons pas les travaux qui s'y tiendront, mais au niveau individuel déjà nous pouvons dire que, même en notre absence physique, si nous traduisons dans notre comportement quotidien de royaliste les recommandations auxquelles elles auront abouti, la situation du mouvement s'améliorera par capillarité. Pour nous mettre chacun dans l'axe d'une aimantation commune, il ne faudra pas attendre la fusion des chapelles, trop d'ego, trop d'histoires, pas non plus que les princes arrangent leurs affaires, ce qui ferait un bien fou à la Cause. Convergeons simplement vers un roi et quel que soit le résultat de ce consensus, nous pourrons chacun nous dire, j'ai fait de mon mieux, c'est ma part du succès, ou bien, j'ai fait de mon mieux, cet échec me dépasse.

Reste l'in cauda.
Nous avons gardé l'important pour la fin. Les royalistes ne feront de pas décisif vers la notoriété que s'ils assument les aspects triviaux de la politique au quotidien. Il n'est pas de propagande aboutie sans moyens préalables, de gros moyens. On ne fait rien avec cent cotisations et la quête du dimanche ! D'où le choix d'illustration de ce billet fait de huit nouvelles pièces régionales de 10 euros en argent massif !
Tout projet politique d'envergure nationale convoque beaucoup d'argent à sa réalisation. A titre d'exemple, les budgets des sites de réinformation comme Médiapart, Bakchich ou Rue89³ sont des affaires à plusieurs centaines de milliers d'euros. Leur audience est large, efficace et progresse. Faire plus petit ne sert qu'à faire reluire les idées entre soi. Nous le savons tous mais nous faisons l'autruche par respect pour les vieux chefs, par lâcheté un peu aussi, par pingrerie. Quelle que soit l'affection que l'on porte aux chapelles du royalisme, il faut convenir que leur modèle scout (...la bite et le couteau) est obsolète et ne produira jamais plus de fruits, si tant est qu'il ait beaucoup fleuri un jour.

Ou bien le mouvement royaliste mobilise les fonds nécessaires à sa propagande - c'est un objectif autour d'un million d'euros pour démarrer quelque chose qui se voit - ou bien nous nous replions vers la commémoration, l'exemple donné aux tiers de nos moeurs impeccables, une fierté gratuite, la qualité de nos relations ducales ou comtales, une orthographe irréprochable et la diction pointue de reconnaissance à la nuit tombée sous le chèche et le loden, en entretenant la mémoire enjolivée d'un âge d'or disparu, quelque sorte de religion civile avec son clergé, son droit canon, voire des cercles pleureurs endogames et cooptés. C'est bien aussi, pour le quatrième âge, mais il faudra cesser d'embrigader la jeunesse dans un petit projet impossible, car on lui fait perdre son temps, elle qui a tant à préparer de bagage et de courage pour des lendemains qui ne chanteront pas.
Donnerez-vous une pièce, deux pièces, cinq pièces... ?
(à suivre).
Note (1): A ce que nous montrent photos et comptes-rendus, les universités d'été n'ont aucune réuni plus de 50 personnes à un moment donné, ce qui est très faible rapporté à la "ressource" trouvée par le sondage SYLM. Mais si l'on sait que le Bloc Zids n'a fait que 75 campeurs à la Ti-Breizh, on peut arguer que le vecteur UDT est désuet au plan quantitatif.
Note (2): Lois fondamentales du royaume qui régissent la permanence de l'autorité.
Note (3): On trouvera sur ce lien quelques indications sur le modèle économique de Rue89, qui va sortir son mensuel en kiosque bientôt.

Une faute d'orthographe, de grammaire, une erreur à signaler ? Contactez le piéton du roi à l'adresse donnée en bas de page et proposez votre correction en indiquant le titre ou l'url du billet incriminé. Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

vendredi 17 septembre 2010

Assises Seconde Chance


« Il est temps que les royalistes, désireux d’affronter le monde contemporain en vue d’adapter leur projet politique aux aspirations de leurs concitoyens, soient également capables de se confronter à la réalité qu’ils constituent ».
La formule en dit plus que l'aphorisme de Bernanos qui orne la page d'accueil du site des Manants du Roi qui appelle à cultiver l'affect populaire : "Que la Monarchie Française soit utile ou même nécessaire, cela se prouve et ne convainc personne. Il faut d'abord qu'elle soit aimée !" Ce sont les mêmes qui parlent dans les deux cas, réunis au sein du Groupe de Liaison Royaliste, pour relancer les Assises du royalisme tombées en déshérence par suite de l'inappétence des chapelles à se remettre en cause, mais aussi de l'errance un peu désespérée des royalistes isolés. Mais qui a vu jamais quelqu'un mener un troupeau de chats ? C'est l'incroyable défi des gens du roi regroupés à Sommières cet été. Voici le texte intégral du communiqué de ce GLR de juillet 2010, simplement compacté :

COMMUNIQUÉ DU GROUPE DE LIAISON ROYALISTE SUR LES PREMIÈRES RENCONTRES ROYALISTES AU PRINTEMPS 2011
Le projet de la tenue de premières Assises du Royalisme français est né lors de la session d’été 2008 du Groupe de Liaison Royaliste à la suite d’une interrogation posée par l’un de ses membres :
« Le temps n’est-il pas venu de voir les royalistes se rencontrer et être capables de débattre sur le monde contemporain ? Le temps n’est-il pas venu, compte tenu de l’état du royalisme en France, de solder les comptes et de dégager ensemble une prospective politique ?»
Ce débat devant intéresser le public royaliste le plus large - militants politiques et royalistes isolés -, l’idée d’une enquête auprès des royalistes est aussitôt née, enquête à laquelle SYLM s’est attelé, ce qui a donné à la fin de l’automne 2009 ce document irremplaçable : « Le royalisme en France, État des lieux, 2009 ».
Initialement, l'idée fut d'associer à l'organisation de ce projet les royalistes organisés, à savoir les états-majors des mouvements politiques, les Assises ayant pour objectif de réunir, sur deux jours, aux côtés des militants politiques, les royalistes isolés, des intellectuels et des représentants de la société civile. Il s'agissait de débattre sur une thématique contemporaine intéressant au premier chef les Français en vue de replacer les royalistes dans le paysage politique français et de poser le royalisme dans la perspective de la France actuelle. Il est temps en effet que les royalistes, désireux d’affronter le monde contemporain en vue d’adapter leur projet politique aux aspirations de leurs concitoyens, soient également capables de se confronter à la réalité qu’ils constituent.
Or, c’est un fait : le projet des Assises du royalisme n’a pas, en tant que tel, rencontré l’écho espéré auprès de certains états-majors politiques, même si les organisations se sont rencontrées et ont dialogué entre elles.

IL APPARTENAIT DONC AU GROUPE DE LIAISON ROYALISTE DE REPRENDRE LA MAIN.
C’est ce qu’il a décidé de faire lors de sa session d’été 2010, réunie à Sommières du 29 juillet au 1er août, afin de répondre à l’attente réelle des royalistes, impliqués ou non dans une action militante au sein d’une organisation.
À l’heure où nos princes posent les jalons d’une renaissance face aux incertitudes pesant sur l’avenir du pays, les royalistes ne peuvent se contenter de déplorer la situation inquiétante à laquelle le régime républicain paraît condamner le peuple français.
C’est pourquoi le Groupe de Liaison Royaliste appelle à la tenue des

PREMIÈRES RENCONTRES ROYALISTES qui se tiendront sur un week-end, au printemps 2011, à Paris, sur le thème « POURQUOI AIMER LA FRANCE ? LES ROYALISTES PRENNENT LA PAROLE. »
Ces premières rencontres seront librement ouvertes à tous les royalistes, organisés ou isolés, et, par-delà, à tous les Français soucieux de l’avenir de leur pays. Les organisations royalistes y sont d’ores et déjà cordialement invitées. Des forums, tables rondes et débats ponctueront les deux journées. De nombreux stands permettront à l’assistance de mieux faire connaissance avec les royalistes français dans toute leur diversité.

D’ICI QUELQUES JOURS, nos lecteurs [ndlr : ceux du site des Manants] seront informés de la date choisie et des détails pratiques relatifs à ces premières rencontres, auxquelles un site en ligne sera dédié. Ce site permettra à chacun de connaître le programme et de s’inscrire.
À très bientôt, donc,
Pour le Groupe de Liaison Royaliste,
Blandine Dejouy, Portemont, Axel Tisserand

Partir du réel, du pays réel, est une démarche assez innovante pour la mouvante royaliste car rien ne se construit sur les mirages et le sable. Et du sable, il y a pléthore ! Quant aux mirages...
Il existe de belles études récentes de la société française (cf. EHESS) mais elles la décrivent à un instant T d'un passé récent ou moins récent. Il nous faudra faire l'effort de la prospective, qui est celui de tout think tank voire parti politique ayant vocation à gouverner, afin de mettre en perspective les réalités du moment où nous serons susceptibles d'accéder aux affaires. En l'état, ce moment est assez éloigné (quinte de toux) et cette distance justifie une démarche professionnelle de qualité. Mais nous pouvons nous aider du travail d'autrui. Si les recettes d'un Jacques Attali pour notre Risorgimento sont discutables, les éclairages en avant qui les fondent sont utiles. Il y en a d'autres.

Qui des royalistes peut s'inscrire dans cette démarche d'analyses et synthèse unique ? Tous ceux qui accepteront de mettre dans la boîte à bijoux leur nostalgie d'un monde disparu qui ne renaîtra jamais par le chagrin de son évocation pathologique, mais dont nous pourrions avoir un jour l'avatar moderne : une société juste, simplement juste, et aimable en prime comme s'en plaignait le Diable boîteux : "Ceux qui n'ont pas vécu avant 1789 ne connaissent pas la douceur de vivre".

Démarche que je me suis permis de marquer d'une formule provocante à souhait, qui a déclenché la fureur de certains docteurs de la légitimité : Se salir les idées !
Descendons de l'Aventin confortable de nos dénonciations inaudibles, de nos certitudes anachroniques, de nos postures inaperçues et salissons-nous un peu les idées, mais bien plus encore les mains.

PS : taper "Assises" dans la barre de recherche vous ouvre une quinzaine de billets sur ce même sujet.
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jeudi 14 mai 2009

La loi du lion

logo assisesLes Assises du royalisme français, repoussées à l'an prochain, seraient le bon moment pour au moins discuter l'agenda d'une rénovation monarchiste, si l'on s'accordait d'abord (?hum...) sur les quatre points suivants, sachant qu'à défaut il n'est jamais inutile de se rencontrer pour diffuser un peu d'humanité dans les relations internes au Roycoland :

(aa)- le retour du roi, probablement dans des circonstances dramatiques, ne pourra être obtenu durablement sans l'accord au moins tacite des peuples de France, à peine de les voir secourir les profiteurs du système aux abois qui tiendront jusqu'au bout les médias principaux pour appeler aux révoltes urbaines.

(bb)- une certaine "indifférence" populaire aux cris d'orfraies de la nomenklatura en péril ne peut être que l'aboutissement d'une démarche de "dénigrement raisonné¹" équilibrée par la vulgarisation d'une offre politique monarchiste lisible et applicable (du modèle présenté ici dans "le jeu du roi"? pourquoi pas?).

(cc)- l'énergie royaliste se dissout dans la division des chapelles et la dérive de militants émiettés sur tout le spectre royco, qui passent assez vite au stade de sympathisants pour finir dans le camp des nostalgiques flous. Cette situation découle de la loi de tolérance qui fait droit à toute opinion même néfaste dès lors qu'elle ne contrevient pas aux bonnes moeurs, et qui maintient donc dans des situations précaires mais semble-t-il éternelles, les sous-structures très endommagées survivant dans un décorum vide de sens et de gens.

lion bas-relief(dd)- l'union faisant partout la force sauf en Belgique, seule la loi du lion² permettrait de concentrer les moyens du succès en appliquant la substitution totale des cadres et moyens du vainqueur aux cadres et moyens des vaincus.
Aux Etats-Unis cette loi est qualifiée de "loi des dépouilles³". Elle est parfaitement légitime car elle garantit l'efficacité de la gouvernance.
Mais pas chez nous. Cent quatre-vingt ans de légitimisme, cent soixante ans d'orléanisme et un bon siècle d'Action française et de providentialisme mêlés, n'ont produit que des vaincus si l'on en reste au plan de la société politique. La seule accession d'un ersatz maurrassien au pouvoir dans l'histoire (1940-1945) est "controversée", la seule imitation (Salazar), inaboutie faute d'avoir transformé l'essai par une restauration.
Lequel trouvera l'agressivité nécessaire pour convaincre à défaut démolir ses contempteurs ? Aucun ! C'est sans se noyer dans le cristal de la boule le résultat que l'on peut prédire des Assises 2010, en espérant quelque part se tromper.

MAIS ! A supposer que surgisse la "divine surprise" d'un parti leader incontestable, - on pense bien sûr à un prince volontaire, formé à la physique sociale, porteur d'idées politiques et en fonds - on pourrait dérouler l'agenda politique ci-dessous :

Sept étapes :...

2010 ...
demi lis brodé1.- Promotion
la plus large du renouveau monarchiste au sein de la mouvance royaliste sur la base d'une plateforme politique simplifiée pour aider à sa propagande, par tous moyens de diffusion pendant un an.

2011 ...
demi lis brodé2.- Inventaire
des structures et organismes militants, y compris les cercles discrets de province. Le refus d'éditer les comptes sera qualifié de banqueroute de facto et les cotisants prévenus. Sinon on peut continuer à agoniser deux cents ans de plus.

2012 :
demi lis brodé3.- Destruction
complète des structures déficitaires afin que leurs vestiges n'encombrent la voie du renouveau et ne continuent à siphonner des subsides par charité chrétienne en souvenir du confort de l'échec inévitable. Option : mise en route du projet raspalien "Nous irons tous aux Kerguelen".

2012 :
demi lis brodé4.- Récupération
d'une structure viable avec sa propre équipe remotivée, ajout d'un attaché de presse expérimenté et insémination artificielle de la structure par la plateforme politique retenue aux Assises.

2013 ...
demi lis brodé5.- Construction
d'un portail médiatique et d'une agence de presse professionnelle sur crédit-relais privé. A défaut, on peut s'inspirer du portail Royal-Artillerie expliqué en long et en large au début de cette année.

2013 :
demi lis brodé6.- Appel général
exceptionnel à doubles cotisations sur la structure unique et abonnement groupé à sa presse par le moyen du portail. Sept ans de travail de propagande.

2020 :
demi lis brodé7.- Pèlerinage à Chartres
pour ouvrir le résultat de l'appel d'offres en direction des princes, après deux ans de palier de la rénovation monarchiste. Si ce palier n'est pas atteint en 2018-2019, jeter l'éponge et gagner la Patagonie.

demi lis brodé7bis.- Catoneo, en passe de ne pouvoir lire Tintin plus longtemps, passe commande aux Ets Kuhn-Blanchard de la même charrue que celle fournie par leurs fondateurs à Chinchinatus, et saborde enfin Royal-Artillerie avant de se retirer au Castanet !
A moins que ce ne soit à l'étape n°1...





Note (1): les professionnels de la propagande trouveront un terme plus heureux.
Note (2): le lion superbe et généreux qui a vaincu son adversaire lion, le tue ou le force à l'exil, et tue toute la progéniture de son prédécesseur avant que de le remplacer dans les faveurs de la lionne. C'est une loi naturelle de préservation de l'espèce que l'on peut transposer dans la perpétuation d'une idée meilleure parce que efficace, sur un espace libéré des saboteurs, au moins pour le temps de la reconquête politique. Y parvenir est moins important que d'en avoir parlé !
Note (3): succédané de l'antique loi des Opimes.

soldats
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mercredi 18 février 2009

Portail - suite & fin

troisième portailCe billet est le troisième et dernier de la série "portail royaliste". Pour les retardataires, le premier billet (#1) exposait les motifs de ce vecteur d'idées ainsi que les services proposés à ses contributeurs ; le second (#2) cherchait à démontrer l'avantage d'une approche généraliste de la communication et comment articuler le portail de presse et le site d'actualités. Celui-ci propose un programme de réalisation.

Note liminaire : Dans cette affaire de stricte communication, Royal-Artillerie travaille comme un mini-laboratoire d'idées et son rédacteur principal, du modèle one-foot-take, n'y recherche aucune position avantageuse pour sa gloire, ni flatteuse pour son ego, sa misanthropie largement reconnue l'en prévenant. C'est donc une approche tout à fait suisse (honneur à la garde) qui est développée ci-dessous. Ceinture ! Un petit clic vaut mieux ...

Si les chefs chouans et leurs adjudants-majors ne veulent se réunir pour convenir de participer à un portail de presse et utiliser ses services de communication dédiée (voir le #1), ils ne peuvent brider l'initiative de quelques motivés sur le site d'actualités qui échappe à l'establishment. A noter que ce site, pain quotidien du portail royaliste, ne requiert que les autorisations professionnelles d'usage et les déclarations légales.
Ceci ne veut aucunement dire que le projet doive se faire en dehors des responsables d'organes de presse royalistes, bien au contraire ; mais que leur réticence manifeste à converger laisse augurer d'un échec si l'on veut démarrer par un tour de table, d'autant que la parthénogenèse du mouvement ne semble pas devoir s'arrêter ; tous les mois naît une sous-structure dans la mouvance d'Action française.

les 3 singes sages
A l'image de ce qui s'est fait avec succès dans la presse électronique, il faut réunir une équipe motivée par le seul vecteur de communication, c-à-d. qui résistera à la tentation de s'impliquer dans le rédactionnel ou dans les affaires de famille, et comportant dès le départ au moins...
- un professionnel "com" ;
- un chef de projet expérimenté "méthodes" ;
- deux bénévoles mordus ;
- un peu d'argent.

Le tandem dirigeant doit trouver des compétences en lui, et autour de lui pour les réunir dans une structure souple d'échanges énergisants. L'un des deux doit être à l'aise avec les sites web même s'il ne se charge pas de la construction des sites du portail.

Quand l'outil en projet aura été ébauché, sera venu le moment de cerner l'objectif général et les objectifs particuliers de chaque ateliers de l'usine à services afin d'achever le dessin et de distribuer le travail de construction. Les péripéties de la construction influeront sur les objectifs, aussi est-il inutile de se précipiter d'emblée dans la théorie.

crieur de journauxLa mise en ligne d'une version beta d'un premier site permettrait d'affiner avant de lancer sur la Toile le projet complet. Il serait avisé de lancer le site quotidien d'actualités généralistes en premier.
Dans le même élan, seront construites une par une les bases de services "com" que l'équipe aura décider d'offrir aux abonnés du portail. Mieux vaut un seul service qui marche impeccablement, qu'une brassée de possibilités bricolées et fatalement éphémères car elles dégouteront tout le monde et d'abord les détracteurs primaires.

A ce stade, le projet sera bien avancé et concrétisé sur la Toile, même en accès momentanément restreint.
Viendra l'heure d'insérer une gestion d'objectif de marché par résultats.
Ce qui demande de calibrer des moyens de financement et de démarcher les structures royalistes pour les abonner à l'usine et nourrir le vantail royaliste du portail de presse (deuxième jambe du projet à côté du site quotidien). Dit en passant, la gestion centralisée des lecteurs abonnés à chaque organe de presse serait un service utile et rentable pour tous. Un carnet mondain aussi.
La même démarche est à faire auprès d'autres producteurs non royalistes d'informations dès que la chose approchera de son format définitif.

Enumérer les ressources possibles indique les actions à entreprendre : publicité, abonnements, services à la carte, sponsors, donateurs.

clavier PSPLe royalisme français n'a pas tant besoin de réflexion que d'action. Encore faut-il la placer au niveau rentable en terme de résultats par rapport à un objectif choisi. A-t-on chez nous la culture d'objectif ? Le portail, tel du moins qu'il a été décrit dans les billets #1 et #2, doit renforcer l'audience des organes y participant en toute indépendance. Sa fonction essentielle est celle de moteur de valeur ajoutée. Ce surcroît d'audience est l'objectif.

A partir d'ici, doit se créer la première équipe. Il m'est revenu que les animateurs de la Conférence Monarchiste Internationale pouvaient être compétents. Qu'ils viennent au soleil et se saisissent du bébé, il n'est pas prématuré, se nourrit au lait maternel de l'empirisme organisateur, et leur est offert gracieusement.

Quelques exemples de portails réussis que j'ai détectés en passant sur Google News (c'est subjectif) :
*Actualité française
*Afrik.com
*Agoravox
*Aujourd'hui la Chine
*Eitb.com
*Eucharistie miséricordieuse (un peu lent à charger cause KTO)
*Grioo.com
*Journal Chrétien
*Journal du Net
*Le Post
*Médi-arabe.info
*Rue89
*Swissinfo




Articles précédents :
- 1.- Convergeons au portail
- 2.- Portail royaliste - deuxième

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vendredi 13 février 2009

Assises royalistes

L'équipe de la Conférence Monarchiste Internationale relance l'organisation des premières Assises du Royalisme français. Souhaitons-leur d'y parvenir, tant la dispersion actuelle agace de monde dans ce pays où le ridicule ne tue pas.
La première démarche qui est demandée à chacun d'entre nous est de répondre au questionnaire qu'ils ont mis en ligne et auquel on accède par la bannière ci-dessous.

bannière des Assises du Royalisme Français


Choisissez un pseudonyme et la CMI vous envoie un mot de passe dans la boîte e-mail de votre choix. Attendez dix minutes que le logiciel vous reconnaisse et cochez vos réponses dans le questionnaire. Vous pouvez aussi donner vos commentaires ou vos idées sur cette démarche et sur le rassemblement des royalistes ; ne vous en privez pas... le moulinage des réponses est complètement anonyme puisque déconnecté des identifiants.

Reste que les Assises ne vaudront que par les résultats produits, aussi veulent-ils privilégier le plus grand pragmatisme, ce dont on peut les féliciter tant l'efficacité est exotique au Roycoland.
Voici le mot de présentation du secrétaire général Roussillon :

Les Premières Assises du Royalisme Français ne sont pas le bébé d’un mouvement ou d’un autre, elles ne sont pas organisées par un mouvement ou un autre, elles ne sont pas dirigées contre un mouvement ou un autre…

Nous souhaitons associer à cette initiative les royalistes indépendants, inorganisés qui, nous en sommes convaincus, sont nombreux et ont aussi des choses à exprimer. Nous avons pris la peine d’avertir de la tenue de ces Assises l’ensemble des mouvements, groupes et organisations qui nous semblent représentatifs du royalisme français, car nous sommes aussi soucieux de lire leurs contributions. Nous tenons à toucher aussi bien les intellectuels que les opérationnels, aussi bien les anciens que les jeunes, aussi bien les mouvements que la diaspora…

Il y a en effet urgence, non pas à refonder quoi que ce soit, mais bien à clarifier ce qu’est le royalisme aujourd’hui pour savoir ce qu’il sera demain.

Parviendrons-nous demain à endiguer notre lent déclin en posant les bonnes questions et en apportant des réponses ? Demeurerons-nous demain dans le champ de l’action politique ? Ou glisserons nous, toujours un peu plus, sur la pente de la nostalgie historique ? Le royalisme sera t-il encore demain une force de proposition et d’action politique ou est-il condamné à une lente fossilisation ?

Les objectifs de ces Assises sont ouverts.

C’est pour cela que les organisateurs des Assises ont jugé qu’il était important que la voix du peuple royaliste soit tout autant entendue et écoutée que celle des mouvements, associations et groupes.

Si vous avez des avis à donner, des suggestions à faire au sujet des prochaines Assises du Royalisme Français, merci de remplir le questionnaire anonyme que nous mettons à votre disposition.


Sauf à répondre positivement à l'appel de la CMI, il y a peu de choses à rajouter. Enfin..., que la dispersion actuelle pour ne pas dire le désordre qui menace ce genre d'initiative, naît d'abord de la contemption réciproque des princes. C'est cette lutte pour le pavois qui fait le lit des divergences que nous connaissons chez nous, manants et gueux de la Cause, convoqués aux louanges, aux révérences, puis renvoyés d'un haussement de sourcils à nos vaines études, autocs et tracts, blogues et vidéos, flambeaux qui marchent. L'interpellation est taboue, ce qui m'incite évidemment à la faire.
Si des circonstances heureuses renouvelaient un jour la possibilité de retour du roi comme le pays la rencontra pour la dernière fois en 1873, l'échec éventuel, s'il nous était imputable à nouveau devant l'Histoire, conduirait à en rechercher les causes, non peut-être chez les d'Haussonville ou Decazes d'aujourd'hui, mais à la racine du problème, pour une bonne fois, le résoudre.

batterie d'artillerie royale




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mercredi 11 février 2009

Portail royaliste - deuxième

portail n°2Le billet précédent (Convergeons au portail) exposait les motifs conduisant à une "usine" royaliste de communication. Dans celui-ci nous voulons expliquer comment s'articulent le portail de presse et le site d'actualités et pourquoi ils doivent apparaître "généralistes" pour susciter l'intérêt d'un lectorat le plus large possible. Parce qu'on a bien compris que si l'objectif est de réacclimater l'idée du roi en France, il ne sert à rien de conforter dans leur choix politique quelques milliers de royalistes convaincus. Il faut élargir.
A ce sujet, le tarifs d'abonnement prohibitif de certain de nos journaux démontre clairement sa vocation à devenir un bulletin amicaliste, voire une cotisation syndicale. Si l'on veut conquérir un lectorat et lui infuser ses idées, on lui offre déjà le support au prix du marché. Apparemment son tarif est plombé par des engagements antérieurs non soldés, mais que nous ne jugerons pas. Celui du trimestriel intellectuel accéléré (5 numéros par ans) est également très onéreux rapporté au marbre. Peut-être que la dévolution de certains services accessoires au portail projeté permettrait de serrer les coûts et tasser ces tarifs. Non ?...

Etre de son temps, c'est aujourd'hui être d'abord électronique, du moins tant que l'on vise un marché de masse. Si l'on vise un marché de niche, tous les supports peuvent s'adapter, mais le problème du royalisme est justement de sortir des marchés de niches. Généraliste donc tu seras ! Ugh Yoda !
Au slogan du Figaro emprunté à Beaumarchais "Sans la liberté de blâmer il n'est pas d'éloge flatteur" je préfère intégrer dans notre raisonnement : "On n'attrape par les mouches avec du vinaigre". Saviez-vous par exemple que le quotidien L'Action Française avait une chronique hippique réputée ?
renard rouxEn revenant de Longchamp, le turfiste pouvait aussi lire une ou deux pages du journal dans l'autobus. Les concepteurs du portail royaliste doivent évacuer le vinaigre et bien saisir les hypothèques du passé dont la main-levée tarde à venir malgré les efforts de nos meilleures plumes pour une honnête réhabilitation de la monarchie. Nous avons trop souvent confondu royalisme et action violente, jusqu'à même l'incorporer au service exclusif de la nation et n'en faire qu'un chapitre du "nationalisme intégral".
Cessons de charger la barque du roi de gueuses de fonte qui n'ont rien à y faire d'essentiel. La promotion de la royauté est déjà bien assez difficile dans les esprits de nos concitoyens qui classent ce régime sur l'étagère des pouvoirs révolus, autoritaires et aveugles. Les "fontes" ne se reconnaitront pas.

Un site généraliste d'actualités n'a rien à défendre visiblement. Il expose quotidiennement les travaux des champs et des jours de ce bas monde en les choisissant pour convaincre son lectorat de sa pertinence, c'est tout dire s'il doit plaire à beaucoup de gens différents. Il n'a pas à afficher de préférences, ce qui ne le prive pas d'en avoir. Ainsi travaille-t-il la hiérarchisation des nouvelles affichées, l'espace qu'il y consacre, les hauteurs de titres, etc. selon sa charte éditoriale, mais ne monte pas à l'assaut de l'opinion. Il cherche plutôt à la noyer. Observez certains journaux de la presse nationale, il y arrivent très bien.
La proportion d'un quart pour la Cause, et trois quarts hors-de-cause me semble raisonnable. Dans ce quart serait à faire le travail de compte-rendu que ne font pas les grands médias nationaux. Le site d'actualités peut s'y risquer et mesurer la variation d'audience.
A noter que le mouvement royaliste n'a aujourd'hui aucun organe quotidien de référence, mis à part le compilateur des Manants et deux blogues, celui de l'AFE (CRAF) et celui de La Faute à Rousseau (RN). Le site quotidien du portail satisferait en partie ce manque.

journeaux pliésLe portail de presse est plus susceptible de "trahir" les opinions des propriétaires car il met en avant le traitement de nouvelles ou de dossiers appliqué par d'autres à la même matière première que celle que mouline leur site d'actualités. Parmi les idées présentées figureraient - s'ils le veulent - les éditoriaux des Epées, de Royaliste, AF2000, Politique Magazine, du Lien légitimiste, de la Gazette, la Blanche Hermine, France catholique, SymbOle et beaucoup d'autres... comme les articles de blogues, les quatrièmes de couverture de livres, les amorces de dossiers historiques, les annonces de conférences, sans oublier les communications des secrétariats princiers ; tout cela mélangé dans une revue de presse (et d'édition) plus générale, à la proportion de 40-60 pour les "banaliser".
En passant, il est intéressant de noter que tous les sites de news, agrégateurs (Yahoo...) ou originateurs (Libé, l'Obs, le Figaro...) ont développé un réseau de blogues de lecteurs (vrais ou faux) pour nourrir le buzz Internet à partir de leur racine Web. Des articles de ces blogues sont propulsés chez les agrégateurs pour augmenter l'audience de telle ou telle marque de presse.

Arrivé ici, il est clair que le projet marcherait sur deux jambes, portail de presse et site quotidien. Une troisième est indispensable au dahu : les services rendus aux abonnés par l'équipe résidente, qui ont été évoqués dans le premier billet, ne méritent pas vraiment un nouveau développement, mais demeurent un volet important du dispositif. Ainsi, la centralisation de abonnements par un kiosque commun aux organes royalistes est à creuser ; le carnet mondain, le mass-mailing, le forum flooding aussi.
Si vous avez une proposition de services intéressants, ne vous privez pas de l'indiquer en commentaire de ce billet ou sur le forum VLR (en cliquant sur la barre de navigation de tête).

Royal-Artillerie distribuera la semaine prochaine le programme dans un troisième et dernier article. Par quel bout prendre le schmilblick ; que réunir et à quel moment ; comment transformer l'idée de portail royaliste en réalité visible sur cet écran.

Toujours à vous lire !



stylo d'or
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mercredi 4 février 2009

Convergeons au portail

portail n°1Les Assises du Royalisme semblent reportées pour cause d'incompatibilité de trajectoires des participants pressentis, si j'en crois le poulet de Gérard de Villèle en commentaire du billet "Ponter la Querelle dynastique". Si le résultat des Assises annoncées par Les Manants du Roi dans leur communiqué du 9 novembre dernier, est une déclaration fondamentale, je n'en suis qu'à demi surpris ; car rien ne coïncide, tout est disparate dans la mouvance royaliste, comme sous l'Ancien régime d'ailleurs.
Nous subissons "l'anarchie fondamentale" gauloise. Gallia, patrie des présidents et des petits fromages ! La myriade de cercles royalistes ne précipitera jamais dans une fédération unique comme on pourrait en rêver après moult libations. Par contre, ...ils peuvent être appâtés par un outil professionnel en accès libre (ce qui ne veut pas dire gratuit) destiné à  booster leur agit'prop. Cet outil fonctionnerait comme une usine de communication, implantée de préférence dans le secteur marchand tant je me méfie du bricolage associatif. Les divers acteurs communicants pourraient s'y abonner ou venir à la carte quand ils y auraient intérêt.

La mission (voir ci-dessous) de l'Usine royaliste n'empièterait pas sur les objectifs des diverses structures clientes, pas plus d'ailleurs qu'elle en assumerait de responsabilité sur leurs résultats, si elles décidaient une politique de résultats (gros mot au Roycoland). Elle se cantonnerait à  leur fournir l'outil de communication le plus performant du moment. On continue ?

Cette mission se résume à sortir la communication du mouvement royaliste des ghettos et cryptes où elle s'étiole pour la monter au soleil de mainstreet¹, en adaptant son accessibilité à une consommation grand public, sans intervenir sur le niveau de communication de chacun.

arch linux au lys
Voulez-vous faire un large mailing annonçant une grande manifestation, une conférence de haut niveau, un simple café politique, une excursion à Dreux ou à Goritz ?
L'Usine prend votre texte, le diffuse par ses logiciels de mailing électronique sur les populations destinataires ciblées. Elle l'inscrit en même temps sur l'agenda public de son site. Elle l'affiche en première page si vous en convenez.

Voulez-vous faire du buzz médiatique par un débat Internet sur une question de société qui vous semble incontournable ?
L'Usine ouvre un forum temporaire dédié à  cette question et lance les convocations, place les filtres et modère le forum par un administrateur neutre qui n'intervient pas dans la discussion.

Voulez-vous peser sur un débat extérieur ou sur un sondage décisif ?
L'Usine bat le rappel des royalistes intéressés sur ses listes, contrôle le niveau d'interventions sur la cible, et rend compte.

Publiez-vous un bulletin, un journal, une revue ? Souhaitez-vous accroître vos abonnés ?
L'Usine publie en bonne place sur son site pendant un temps convenu votre éditorial ou le billet important de votre livraison, et fait une campagne d'abonnements. Vous pouvez acheter aussi un encart publicitaire à prix modéré.

Désirez-vous connaître l'actualité du jour, dans les aspects intéressants sous un angle royaliste ?
L'Usine tient à  jour en continu un portail d'actualités générales qui crible la masse des nouvelles en fonction de leur intérêt royaliste. Elle référence son portail sur les moteurs de news comme Google et Yahoo.

Avez-vous besoin rapidement d'un texte impliquant l'érudition, l'inquiétude ou la sérénité royaliste ?
L'Usine active son moteur recherche en bases de données et vous affiche le texte à  l'écran.

Voulez-vous monter un dossier complet en accès libre sur votre programme politique pour soutenir votre communication ?
L'Usine dérive et gère pour vous un site ad hoc qui va recevoir les articles construisant le dossier et elle administrera vos archives correspondant à ce dossier.

Souhaitez-vous diffuser sur Internet tout ou partie de votre journal papier ?
L'Usine dérive et gère pour vous le site ad hoc, sous votre propre titre de publication.


radeau de la cohabitation

Comment cela se présenterait-il à  l'écran ?
Comme un site de presse avec une cascade de pages, les exemples abondent.
Le squelette de Rue89 est à  étudier.

Qui accède ?
- Tout le monde lit les articles, les actualités, l'agenda, voit les affiches, etc...
- Un accès restreint (e-mail + MDP) permet de naviguer dans les archives, dossiers, forums, etc...
- Un accès pour les abonnés payants (ID + MDP) ouvre les outils de communication dédiées, dont on a parlé au début de ce billet.

Moyens ?
- Un professionnel d'Internet ayant une expérience "presse", rémunéré.
- Une équipe de quelques permanents bénévoles défrayés au départ, rémunérés plus tard.
- Des équipes éphémères appartenant aux "clients", convoquées au coup par coup pour des missions calibrées.

Ressources ?
- publicité Internet
- abonnements des clients
- prestations ponctuelles pour les non-abonnés
- carnet mondain
- sponsors (IMRF, IMB, GDF, UCLF, l'Oréal, BOD, BNP, Hugo Boss, Hugo Chavez, etc...)
- goodies (montres à logo, tee-shirts, bijouterie, chèches, casquettes, nunchakus, cartes et faire-part...)
- commissions de relais de librairie sur rue (Pélican Noir, Seycher), ou en ligne, comme le système Amazon
- dons & legs :)

Format médiatique ?
- Trouver un nom qui claque, plutôt court, non connoté : ABAQUE, ADMONT, CAROUSEL, CROWN, ESTORS, FEELINGS, GRU, ISSUE ... (Les mordus d'ancien français se plairont à consulter ce vieux dictionnaire).
- portail d'actualités générales quotidiennes et criblées
- abonnement agence ou pas ?
- volet "portail de presse" orienté vers le royalisme grand angle
- rachat des archives Vexilla Regis :)

Format juridique ?
A débattre. Site immatriculé au RCS de Paris. Une déclaration CNIL est obligatoire pour les listings.


Remarque : Qu'importera dès lors la couleur du chèche de chacun, les motivations discrètes ou publiques des participants, leurs ambitions ou l'absence d'ambition, ils convergeront sans se voir à  un guichet commun ouvert au seul bénéfice du service rendu (en aveugle). Peut-être qu'un jour naîtra de cette "collusion" indolore une certaine complicité de démarches positives qui pourraient bien être dévoyées de leur azimut originel vers des axes parallèles, avant que la Providence qui ne dit rien mais qui voit tout, ne déclare avant le XXIIè siècle la fusion nucléaire des royalistes, pour le 21 janvier 2093 par exemple.

chèches
Souhaitez-vous apporter de meilleures idées ?
N'hésitez surtout pas à  le faire, c'est la première ambition du présent billet.
N'hésitez donc pas à  critiquer cette proposition, dans le bloc de "commentaires" ci-dessous, ou à  envoyer des messages sur royalartilleriearobasefreepointfr.

A vous lire donc !

Vive le roi, quand même !





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