Affichage des articles dont le libellé est Humour. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Humour. Afficher tous les articles

mercredi 27 septembre 2023

Des boucles d'oreille, avec du tweed !!

Allô quoi ! Lors du classico OM-PSG, le kop parisien a déclenché un tsunami d'insultes à l'endroit de ses adversaires prouvant à qui en doutait que les supporteurs de foot se tenaient loin de la faculté de lettres.
« Les Marseillais, c'est des pédés, des fils de putes, des enculés… et par les couilles, on les pendra ; hélas des couilles, ils n'en ont pas. » (Merci à Têtu pour l'intégrale).
Bronca chez la bienpensance aux manettes qui dénonce l'homophobie des spectateurs du match de foot et prévoit des mesures blablabla et cétéra. Sauf qu'il n'y a pas plus d'homophobie dans cette strophe d'insultes bien rimée que de beurre à la roulante des tirailleurs. Les mots sont juste choisis pour percuter le plus fort possible, mais ça, la jaquette aux affaires ne l'acceptera jamais. Il faut protéger la minorité électorale promue sous les ors de la république et quoi de plus utile que de la prétendre attaquée. Les sanctions tomberont, le club ne peut pas y échapper mais on croise des doigts pour que la marque d'autorité des pouvoirs publics ne déporte pas le chahut vers les quartiers gays de la capitale comme un monôme estudiantin qui déciderait de se venger sur la communauté spéciale, visée non par les fouteux sans cervelle mais par la ministre des sports sortie de la boîte tel un diable et par le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah). Si, si, ça existe !

boucles d'oreille Konov crânes
Le titre de ce billet d'humeur est une chute de Fernand Raynaud dans son fabuleux sketch Le Tweed. Je vous la remets avec une affiche de Dubout. Aux jours d'aujourd'hui ce serait la lettre de cachet direct ! On a oublié aussi Jean Roucas à qui l'on demandait dans une émission enregistrée à la télé pourquoi certains portaient une queue de cheval, répondre que c'était "pour se tenir à quelque chose". Il n'a pas été coupé, mais le lobby gay, assez bien représenté dans le showbiz, s'est chargé de terminer sa carrière.

La semaine est riche en scoops.

Itté missa est a dit le Quai d'Orsay. A trois heures du matin l'ambassadeur de France a été exfiltré en catimini vers notre base projetée de Niamey à destination de N'Djamena. Il ne reste plus qu'à organiser les convois de conteneurs vers le port de Cotonou pour vider le pays de notre présence que les foules jugent inutiles. Enfin, si les conseillers en soupente de l'Elysée ont bien compris qu'il était inutile de sauver l'honneur de Barkhane en nous déportant au Tchad où nous ne ferions que précipiter la chute du fils Déby, mal assuré déjà dans son emploi d'autocrate Zaghawah-Gorane. Si, si, ils ont ça aussi là-bas.

Malgré cet échec retentissant - qu'en pensent les Canaques ? - le vibrionnant Monsieur Macron ne tient pas en place et déjà nous projetons un accord de défense avec (je vous le donne en mille) la Moldavie. Si vous faites des mots-croisés, vous savez que le pays est au-delà du Prout, un tributaire du Danube. Quelle mouche a piqué notre président pour aller faire le coquet dans un pays sans le sou, entre Prout et Dniestr, directement menacé par la Fédération de Russie qui y a déjà planté ses dents ? Apparemment ce grand jeune homme n'a jamais envisagé de passer une accord de défense avec la municipalité de Marseille. Balayer devant sa porte est sans gloire mais tant utile ! Ce président veut écrire sa page d'histoire comme leader du monde libre, euhhh de l'Europe occidentale, euhhh de la Méditerranée, euhhh de l'Eurogroupe, euhhh de la rive gauche du Rhin. Un vrai crèvecœur que ce rétrécissement !

A l'autre bout du monde, la Chine populaire amorce la racialisation des conflits. Et connaissant le racisme endémique chinois comme le chauvinisme explosif des masses Han, il m'étonne que les médiats français n'en aient pas fait des caisses dès la réunion tripartite de juillet 2023 à Qindao. A l'annonce de manoeuvres conjointes USA-Japon-Corée, le ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi, avait répondu de façon très surprenante que les Sud-Coréens et les Japonais auraient beau se blondir les cheveux ou affûter leur nez, ils n'en deviendraient pas pour autant des Européens et qu'ils devraient savoir où sont leurs racines, coopérer avec les Chinois et cesser de favoriser une logique de guerre froide. Le verbatim est par ici : “Americans take all visitors from China, South Korea and Japan as Asians. They cannot tell the differences and it’s the same in Europe. No matter how yellow you dye your hair, or how sharp you make your nose, you’ll never turn into a European or American, you’ll never turn into a Westerner.”
C'est l'histoire du commissaire vietminh faisant le tour des villages d'Indochine en cassant un œuf pour montrer au niah-koué que le jaune reste dans sa main et le blanc s'écoule et disparaît. En même temps la coopération reste intense entre la Chine populaire et la Corée du Sud, une façon pour Séoul de conjurer le sort sous la menace permanente du sociopathe atomique de Pyongyang.

Nous croyons ici être criblés de problèmes ; il suffirait d'imaginer le stress subi par la Corée du Sud pour prendre des résolutions de bon sens, à commencer par une politique sociale raisonnée qui ne bouffe pas toute la valeur ajoutée par la production des hommes, une remise au travail des oisifs éternellement secourus, un réarmement sérieux à hauteur des menaces venant de l'Est et de plus loin sur nos outremers, et un zeste de sens moral contre les dérives sociétales qui drainent nos énergies.

On ne peut quitter l'écran sans parler de l'affaire arménienne. Il y a quelques semaines le premier ministre Pachinian a déclaré commencer les démarches pour intégrer la Cour Pénale Internationale de La Haye. L'inculpation de Vladimir Poutine par la CPI est sans doute aucun une blessure douloureuse pour l'ego du Petit Csar qui s'est cru un moment le roi du monde. Et voila que son vassal, très obligé par les forces d'interposition russes dans le couloir de Latchine, lui pète à la gueule ! Un coup de fil à Bakou qui retransmet à Ankara, c'est le moment, c'est l'instant ; les Azerbaïdjanais purgent le Haut-Karabagh de sa population arménienne, et personne, la Russie d'abord, ne bouge ! Fin de l'enclave stalinienne. Réfléchir ne peut nuire !
Une satisfaction pour finir ?

Les embauches publiques ouvertes pour les Jeux olympiques de Paris 2024 ciblent des emplois non qualifiés et c'est une excellente façon d'éviter la soustraitance esclavagiste ultérieure des soumissionnaires au moins-disant. A part ça, j'ai deux centaines d'abeilles dans le colza.

samedi 18 février 2023

On a trouvé un bâtard royal

Le Landerneau royaliste bruisse de la nouvelle du mois, quelque inconnu qu'on ne connaissait pas, un bâtard agnatique du Bien-Aimé, est parmi nous. Qu'attend-il, nom de dieu, pour reprendre ce qui lui appartient ? Quatre mille lances sont dressées à ses côtés pour lui ouvrir les portes de Paris. La Maison de la Radio est à peine conquise (en fait ils ont tous fui) qu'arrivent déjà les Bleus du 1er escadron de la Garde qui veulent défendre le quai, en vain. Matignon est investi, L'Elysée déserté, l'état-major du coup d'Etat s'était réuni à l'Hôtel de la Marine. L'affaire est dans le sac des Grands Magasins par les manants du roi. Gare de l'Est, le train pour Reims.

Point de Vue et Images du monde nous la baille par le menu en clair et en totalité dans le lien ci-dessous :
Une branche aînée inconnue des Bourbons découverte ?
Reste à remonter l'arbre généalogique de l'impétrant, ce qui ne va pas tarder, au grand déplaisir des dynasties installées dans les rédactions sur papier glacé, spécialistes de la captation d'héritage. Mais en attendant Heredis ou Filae.com, on peut "descendre" la liste scientifique des coupables dans l'haplogroupe R-Z381* des Bourbons, après Louis le Grand :

  • (1) Le Grand Dauphin Louis (1661-1711)
  • (2) Louis-Auguste de Bourbon, duc du Maine (1670-1736), bâtard légitimé du Roi Soleil
  • (3) Louis-Auguste, prince des Dombes, fils du précédent (1700-1755)
  • (4) Louis-Charles, comte d’Eu (1701-1775), fils du même
  • (5) Louis-Alexandre, comte de Toulouse (1678-1737), bâtard légitimé du Roi Soleil
  • (6) Louis-Jean Marie, duc de Penthièvre (1725-1793), fils du précédent
  • (7) Louis-Alexandre, prince de Lamballe (1747-1768), fils du précédent
  • (8) Louis, duc de Bourgogne, le Petit Dauphin (1682-1712)
  • (9) Charles, duc de Berry (1686-1714), fils du précédent
  • (10) Louis XV, roi de France (1710-1774)
  • (11) Louis, dauphin de France (1729-1765)
  • (12) Louis XVI, roi de France et des Français (1754-1793)
  • (13) Louis XVIII, roi de France (1755-1824)
  • (14) Charles X, roi de France (1757-1836)
  • (15) Louis-Antoine, duc d’Angoulême (1775-1844), fils du précédent
  • (16) Charles-Ferdinand, duc de Berry (1778-1820) fils du même
  • (17) Henri-Dieudonné, duc de Bordeaux et comte de Chambord (1820-1883), fils posthume du duc de Berry
    (source Philippe Delorme/Point de Vue)
Desquels il serait bienvenu de retirer le pieux dauphin de Louis XV, Louis XVI et son aiguillette nouée, Louis XVIII non conforme au type et sans doute le très sérieux comte de Chambord qui fut quand même un duc de Bordeaux célibataire. Et Louis XVII, a-t-il survécu à la Révolution ? A cette liste, on ne peut pas ajouter les fils naturels ordinaires et non reconnus que d'aucuns produisirent à jet continu. L'analyse des correspondances par les experts disqualifierait la branche espagnole issue du Grand Dauphin et tout autant les cadets d'Orléans. A jouer, nous miserions sur le n°10 qui a déjà produit Valéry Giscard d'Estaing par les soupentes.

Armes des Bourbon-Busset
Que se rassurent les maîtres d'écuries royalistes, la bâtardise emporte nullité d'espérances dynastiques, sauf en cas d'urgente extrémité où le sang primerait le légitime anneau. Mais n'est-ce pas le cas aujourd'hui ? Une configuration révolutionnaire d'une opinion confrontée aux graves échecs du régime en place qui n'écoute plus personne et gouverne à sa raison sur un socle électoral moindre que le quart des inscrits est le bain de culture d'une restauration possible. Les maisons royales en piste sont possiblement contestables tant par les alcôves que dans les arcanes et leurs déviations. En ce cas, nous avons déja un bâtard prestigieux en rayon, sans attendre le fils naturel caché : la famille de Bourbon-Busset, issue du Grand Bâtard de Liège, Pierre de Bourbon (1464-1530), still going strong les enterre tous ! A la mort du dernier Condé en 1830, les Busset relevèrent ses armes "De France au bâton péri en barre de gueules en abîme". C'est l'occasion de reprendre ses classiques par ici et remarquer qu'à plusieurs reprises cette famille fut déclarée membre légitime de la maison de Bourbon. Aux jours d'aujourd'hui où la branche aînée des quarante rois a disparu corps et biens sur la terre de France, de savants docteurs de la loi pourraient, comme ils le firent en son temps de la loi salique, déterrer dans les anciens codex l'article nécessaire à satisfaire leur revendication. S'ils en ont une, évidemment !


enfant à l'étendard
L'enfant à l'étendard d'Antoine de Pienne, 1660

Postscriptum : Si le lecteur souhaite lire une étude fouillée de la question, il lui faut entrer avec papier et crayon dans l'article de Nicolas Fontaine publié le 4 février sur le site Histoires Royales (clic)

lundi 26 septembre 2022

Faccetta Nera


Se or dall'altipiano guardi il mare
Moretta che sei schiava fra li schiavi
Vedrai come in un sogno tante navi
E un tricolore sventolar per te
Faccetta nera, bell'abissina
Aspetta e spera che già l'ora si avvicina!
Quando staremo vicino a te
Noi te daremo un'altra legge e un altro Re

La legge nostra è schiavitù d'amore
Ma è libertà di vita e di pensieri
Vendicheremo noi Camicie Nere
Gli eroi caduti e liberiamo te
Faccetta nera, bell'abissina
Aspetta e spera che già l'ora si avvicina!
Quando staremo vicino a te
Noi te daremo un'altra legge e un altro Re

Faccetta nera, piccola abissina
Ti porteremo a Roma, liberata
Dal sole nostro tu sarai baciata
Sarai in Camicia Nera pure te
Faccetta nera, sarai romana
La tua bandiera sarà sol quella italiana!
Noi marceremo insieme a te
E sfileremo avanti al Duce e avanti al Re

Noi marceremo insieme a te
E sfileremo avanti al Duce e avanti al Re


contorsionnistes du cirque abyssin

vendredi 22 juillet 2022

Le vent fraîchit au grau

Roman de gare estival - chapitre 3
Comme signalé déjà, le blogue du Piéton du roi profite de l'été pour publier une séquence musicale de divertissement "païen", célébrant la mer, le sexe et le soleil. Des pharisiens s'en sont émus, qui considèrent la cause qu'ils s'approprient sans titres, écornée par l'écriture strictement ludique d'une nouvelle de plage, mais la caravane passe. Donc, Alf et Med avaient précédemment conclu avec leurs voisines teutoniques et les jours s'écoulaient entre le sable et l'eau dans la pinède de la Tamarissière...

Une semaine déjà que le ménage à quatre tournait rond. Vous étiez même allés jusqu'à Narbonne voir la capitale successivement romaine, gothe et arabe de la Septimanie : un sujet épais comme le bras qui tenait la journée, facile ! Savaient-elles que Narbonne fut le Poitiers-732 puissance 2, puiqu'on y massacra toute l'armée sarrazine et les milliers de colons arabo-berbères coincés sur la plage au pied de La Clape sans pouvoir embarquer. Ce fut inscrit dans l'histoire comme la bataille de la Berre-737 mais puisque les Annales sont écrites au nord, on n'en parle jamais, bien que l'issue de ces combats soit le vrai marqueur du reflux arabe. Alexia et Marie ouvraient de grands et si beaux yeux qu'on leur en aurait conté des heures, et la région recelait tout ce dont on avait besoin pour distraire les dames, jusqu'au mystère de l'abbé Saunière à Rennes-le-Château*.
Himmler jeune
Savaient-elle qu'Heinrich Himmler, le mec sévère avec les petites lunettes de Brasillach, avait commandé une mission spéciale pour rechercher le secret de Rennes-le-Château que les plus allumés des archéologues disaient n'être rien moins que l'Arche d'alliance pillée par Rome à Jérusalem et rapporté du sac de Rome par Alaric. D'ailleurs, puisqu'on en parle, le papa d'Alexia et Marie avait été un collaborateur des troupes française d'occupation. Chacun son tour mais comme il était Sarrois, c'était à moitié pardonné. Les jours passant, on entrait moins dans le réchauffement climatique et plus dans le water-polo. A quatre c'est plus simple. Bref, tout laissait comprendre qu'il y aurait une suite au roman de plage.
* Royal-Artillerie a déjà parlé de Rennes-le-Château ici.

Ce matin-là, Med prit la Onze pour aller en Agde faire des courses et ce jour-là Alf l'accompagna pour acheter des fruits frais chez des gitans de sa connaissance sur la vieille route de Vias et rapporter de l'agneau à prix coùtant. De retour à midi...
Elles s'étaient tirées !
L'emplacement était vide, nettoyé, les sacs poubelles enlevés, mais les vélos toujours enchaînés au pin.
Med gara la voiture avec précaution. Ils restèrent là, dans la voiture, un peu hébétés, sans oser demander au voisinage. Un gosse qui répondait au joli nom de Mouloud sortit de sous les pins derrière le bungalow attenant et s'avança, déjà prêt à leur raconter l'épisode. Il avait forcément tout vu puisqu'il badait les filles du matin au soir en cachette dans toutes leurs activités. Il s'arrêta à six mètres et attendit. Au bout de deux minutes, Alf leva la main, il vint et raconta en acceptant un coca frais.

La Mercedes était venue vers 10 heures. Une grosse bagnole gris foncé badgée 500 sur le coffre. Elle s'arrêta devant la tente des filles et deux mecs ouvrirent les quatre portes et la malle. Ils démontèrent la tente avec soin, la plièrent et chargèrent tous les sacs. Les deux filles montèrent derrière sans broncher, ni un mot, ni un refus, ni un battement de cil. Ni les uns ni les autres ne disaient mot, comme s'ils vivaient la fin de quelque chose d'attendu.
- C'est dommage, ne put s'empêcher de dire Mouloud.
- C'étaient quoi ces types, Mouloud ?
- A mon avis des Turcs, et probablement les maris. Ils n'ont même pas eu à parler.
- Comment ça ?
- S'avaient pas l'air de types à qui tu demandes cent balles. Les polos Ralph Laurens, les gourmettes, les bagouses en pierres de couleur, les futals à revers à quatre cent balles. Ils serraient pas des écrous chez Volkswagen.

Alf lui donna un paquet de Speculos qui était sur le dessus du panier, et ils déchargèrent la voiture. Mouloud ne partait plus, compatissant en un sens, ou curieux de voir comment ils allaient encaisser la gifle. Car il n'y avait pire gifle dans son imagination que de se faire larguer par une meuf. Heureusement qu'ils avaient la décapotable pour lever des filles et suffisamment de blé apparemment pour n'avoir pas à faire la cuisine chaque jour sur le petit réchaud ; ce qui aurait fait Mimile, avouons-le !

Port Mahon

Elles avaient passé une douzaine de jours de totale liberté, avait vécu l'idylle qu'elles étaient venues chercher avec des gars sympa, de vrais frenchies en décapotable - que demandent les Huns ? - elles avaient chacune inventé un personnage sans doute un peu plus jeune qu'elles, très tendance dans la mouvance écologiste, tout en ne parlant pratiquement jamais de leur vie quotidienne à Mannheim ; et elles étaient montées en ballon presque chaque nuit sans faire auparavant une heure de danse du ventre. Tiens, puisqu'on en parle, en blond caucasien, ça le fait aussi :


Vous n'aviez aucun élément pour remonter la piste et savoir ce qu'il adviendrait d'elles. Elles ne s'étaient pas comportées en professionnelles à la mer et probablement n'avaient-elles d'enfant ni l'une ni l'autre. Elles en auraient parlé et le sachant maintenant, pareils maris n'auraient pas lâché les deux sœurs sans surveillance avec une progéniture à couver. Peut-être avaient-elles laissé les cailloux du Petit Poucet d'ici au bureau de sortie du camping ; mais ils n'y croyaient pas vraiment. Avant d'aller à la paillotte de Daniel, il firent le tour par le bureau en demandant s'ils avaient vu passer Alexia et Marie qui de notoriété publique allaient et venaient avec eux depuis dix jours, au point de faire croire qu'il y avait un semblant de sérieux dans leur double liaison.
- Ah bon, c'est ça ! C'étaient elles dans la Mercedes fumée ?
Un type avait payé leur note en entrant. Il a fait salut de la main par la vitre en sortant. Elles, elles n'ont rien dit.

Alexia ressemblait un peu à Amber Heard et Marie plutôt à Léa Seydoux. Non, bien sûr, pas exactement mais vous comprenez. C'était juste pour mesurer la perte. On savait en revanche pourquoi les "maris" avaient fait le voyage pour venir les récupérer. Ils n'en avaient pas des tonnes de ce calibre dans leur communauté orientale. Au repas, Alf et Med convirent de lever le camp. Pour changer d'air et de souvenirs quotidiens mais peut-être et surtout pour ne pas subir les regards en-dessous et rigolards du voisinage qui avant l'apéro de ce soir serait tous au courant. Ils plièrent les affaires, donnèrent les provisions à Mouloud pour ses parents et chargèrent la Traction.
- Vous partez à leur poursuite ?
Alf sourit en hochant la tête.
- Je peux vous passez le canon scié que mon père tient dans la caravane.
- Il n'y en aura pas besoin, Mouloud. T'es un gentil garcon. Fais gaffe à toi, et où tu mets ton nez. Bye !
Et c'est comme ça qu'ils partirent finir la semaine qui leur restait dans une cure d'altitude par la A75. Ils en eurent pour quatre heures jusqu'au village d'Aubrac, et établirent leurs quartiers à l'auberge de jeunesse du Royal. Ils étaient sur la draille, c'était bon signe en un sens. Le monde allait et venait. La gérante leur fit l'avantage du garage fermé après avoir admiré la Traction de collection chocolat.
- Vous pouvez manger au village.

Ce fut mieux que bien et moitié moins cher qu'au Grau d'Agde.
Rentrés à l'auberge, les étages bruissaient déjà de jeux de société et de guitares. Mais Alf et Med avaient prévu de monter à cheval au bon air à Nasbinals dans un centre équestre qu'ils avaient réservé à la réception. Quel plaisir eurent-il à dormir au frais la fenêtre ouverte sans moustiques ! Il suffisait dès maintenant de laisser venir les rêves et leurs créatures. Med eut plus de mal qu'Alf à s'endormir, les créatures semblaient empêchées.

(la suite au prochain numéro)

samedi 16 juillet 2022

Été première !

Traction décapotable
Demain commence l'été des plages. Après huit heures de décapotable de collection sous un soleil oxyacétylénique, et deux pleins, vous voilà rouge sang faisant la queue à la pharmacie pour un tube de combo vaseline-paraffine-glycérol marqué "Pierre-Fabre" de Castres (méfiez-vous des imitations américaines). Avec un pot de crème à bronzer siouplait ! Mais si vous êtes malin vous aurez acheté deux kilos de graisse à traire dans un store agricole en chemin.

...... La nuit tombe déjà ; il est temps de sortir boire en paillotte des mojitos en bouffant des tapas au citron, des churros pour caler et des trucs indéfinissables mais "in" que vous aura proposés la barmaid vénale et teinte. Les doigts pleins d'huile, pas facile d'amorcer les timides mais ce n'est que le premier jour !
J'ai eu du mal à trouver un tube de qualité, la production de plage 2022 est un vrai shitstorm. Donc il faut revenir aux valeurs sûres, un clip cubain par exemple. Oui, c'est un clip de propagande, une façon d'avoir les crédits de tournage (faut tout leur dire):



Savez-vous pourquoi les Cubaines sont si belles ? C'est la faute à la souche ancienne de métissage. Ces enfoirés d'Espagnols y débarquaient le premier choix, comme nous-mêmes le faisions à Port-au-Prince. Rassurez-vous pour nos autres Antilles, le fond de cale était laissé à Charleston. Bon, c'est la première nuit au camping de La Tamarissière. Demain sera un autre jour sans coup de soleil. On se fait un petit corps-à-corps virtuel avec la reine réunionaise du zouk caraïbe, pour huiler les articulations avant d'aller au page. Et ça commence par une splendide Indian Chieftain Dark Horse noir mat !




Indian motorcycle
Ne pas choisir !

mardi 22 mars 2022

Présidentielle, on entre dans la ligne droite

le démagogue de Daumier
Les chroniqueurs ont bien du mérite à vouloir nous intéresser à la campagne électorale. Macron dans un fauteuil et le reste dégage ! Hâbleur comme les aime un peuple politiquement immature, fan de promesses et vessies, Emmanuel Macron est pour ce peuple le menteur archétypal de l'exercice démocratique : promettez, promettez, il en restera bien quelque chose au soir du 24 avril. Lire sa liste de courses au Carrefour du coin achèvera de vous sentir pris pour un con, par un candidat qui a passé cinq ans à ignorer ses promesses de la campagne précédente et à mépriser qui n'est pas lui. Ils sont onze à concourir. Les voyez-vous, les houzards, les dragons, la garde ? Humour :

Nathalie Artaud (1,5%) déroule l'insurrection qui vient comme en 2017 avec une abnégation qui force l'estime, à se demander si finalement il ne serait pas plus court d'en passer par là et de foutre en l'air les bourgeois ! c'est comme les cochons.

Philippe Poutou (1,5%) n'en démord pas et parle plus vite que Besancenot. Fin dialecticien, tout le monde le comprend. Une analyse plus fine distinguerait ce qui le sépare de Mme Artaud à part le sigle du parti révolutionnaire. Sachant qu'il n'a comme elle aucune chance en l'affaire, il se lâche et y va carrément. Ce n'est pas pour me déplaire même si je ne roule pas en Ford automatique. Et Jean Lassale lui a donné son parrainage de député, quand même !

Nicolas Dupont-Aignan (2%) obtient le renfort symbolique mais ô combien médiatique de Brigitte Bardot qui fait une infidélité au Front national. Je n'ai jamais compris son rôle de maraudeur gaulliste à totem d'immunité sur ses terres, et pour quelqu'un qui aspire à être remboursé - ce coup-là Charles Gave s'est méfié - je le trouve courageux d'avancer des propositions irréalisables sur les "dépendances" françaises chez un pays en faillite générale ; sans doute sait-il qu'il ne risquera jamais de les mettre en œuvre et que ce qui compte c'est de gagner la chaufferette parlementaire au mois de juin avec la pension de retraite qui va bien ensuite.

Anne Hidalgo (2%) force l'admiration pour la pugnacité de sa campagne dans les bas-fonds des sondages. Elle ne lâche rien, absolument rien, à croire qu'elle envisage de reprendre le parti socialiste en main au mois de juin prochain pour sauver encore ce qui peut l'être. Formera-t-elle un arc rédempteur avec François Hollande, Bernard Cazeneuve et quelques autres pointures de Solférino - il leur en reste quand même ? Le mal de chien qu'elle se donne la qualifie pour ce poste de rénovateur de la vieille SFIO.

Fabien Roussel (2,5%) a la bonne tête sympathique qui devrait lui permettre le remboursement. Certes il est plombé à mort par le parti des cent millions, mais il fait avec, avec le sourire. Personne n'écoute ce gentil camarage, il est là pour sauver le groupe de députés communistes à l'Assemblée nationale.

Jean Lassalle (3%) : je voterai pour lui afin qu'il soit remboursé et pour saluer sa juste obsession rurale et la clarté de son programme compréhensible par tous.

Yannick Jadot (5%) n'imprime pas. Même s'il a traîné le boulet Rousseau trop longtemps (comme Ciotti chez Pécresse), il devait avoir un boulevard "climatisé" devant lui, et il n'a pas fait d'erreur sur l'Ukraine. Il exige la rupture immédiate des contrats de gaz russe, s'estimant en guerre contre Poutine et donc en capacité de souffrir un peu du froid sans gémir, quand les Ukrainiens sont en train de tout perdre et la vie parfois. Est-ce le refus de l'option nucléaire dans le mix énergétique français ? La classe laborieuse a viré sa cuti sur l'atome qui jusqu'ici procurait du travail et il ne faut pas de si longs développements pour lui faire choisir l'uranium.

Valérie Pécresse (10,5%) est en vrille, et ce n'est pas son programme qui est en cause mais sa personnalité qui ne correspond pas au profil du poste. Au lendemain de sa victoire des qualifications, elle aurait dû s'imposer comme patronne indiscutable, et pour bien le montrer, virer Eric Ciotti de l'équipe. Point barre. Retourne à Nice avec ta pelle et ton seau. De toutes façons, elle aurait dû comprendre là que les 40% de militants qui s'étaient portés contre elle voteraient Zemmour. Pourquoi faire semblant, perdre du temps et laisser l'autre lui pourrir le programme ? Mystère. Dans la foulée, il fallait aussi jeter Stéfanini complètement dépassé, comme le faisait remarquer Rachida Dati. Serait-elle restée seul maître à bord avec son équipe de campagne rapprochée comme Florence Portelli, Agnès Evren et Christelle Morançais, qu'elle aurait propulsé une présidentialité qui lui fait gravement défaut, même si elle améliore chaque fois son image en débat en retrouvant son naturel. Zemmour en a fait les frais récemment.

Eric Zemmour (11%) a accumulé les bévues, à moins qu'il n'ait exposé son moi profond. Confondant lecteurs et électeurs, il s'est cru immunisé de tout délire sans voir deux brisants particulièrement dangereux sur la mer des sarcasmes, à savoir les enfants d'Ozar Hatorah (l'histoire des os est impardonnable) et l'admiration à peine amoindrie de Vladimir Poutine dont il se retient d'en expliquer le ressort, mais pas assez. Il n'est pas le seul, mais "comprendre" Poutine ne lui va pas au teint. Refuser les réfugiés ukrainiens en France est une erreur colossale, même si des explications filandreuses ont suivi, le mal est fait ! Le renfort magique de Marion Maréchal n'a eu rien de magique. Juste un frémissement comme avec Gilbert Collard et encore !

Jean-Luc Mélenchon (12%) est le meilleur débatteur et animateur de meeting politique. Son programme est cent pour cent collectiviste, anticapitaliste, bolivarien, qui annonce une nouvelle dictature du prolétariat, mais c'est bien dit, articulé, cohérent. Sauf de la gueule, il plaît. Il ne créera pas la surprise à cause de la guerre en Ukraine dont il est un explicateur intarissable, côté manche, normal ! Le prolétaire voit chaque soir les images de la destruction terroriste d'un pays dont on apprécie les femmes et il n'acceptera aucun biais entre deux à faire la part égale. Nul n'est neutre en l'affaire, sauf les abrutis, il en reste encore, tel un conférencier de profession prisé par l'extême droite, mais on y reviendra à ses dépens.

Marine Le Pen (18%) reste sur son couloir, bien derrière Emmanuel Macron, mais n'est-ce pas la rançon de l'ADN de la gestion Le Pen d'un parti qui aurait pu fédérer toutes les droites dures si elle avait sû s'y prendre. On éjecte beaucoup au Rassemblement National, même la blonde nièce coqueluche des fachistes qui cartonne au sud de la Loire ; et pour cette troisième cuvée, tout espoir s'évanouit alors qu'on pouvait faire jeu égal avec le sortant à 31% (MLP18 + EZ11 + NDA2 + LR-epsilon). Je sais, nous sommes en Gaule, la République des présidents de tout et de n'importe quoi (de pétanque mais pas que).

les pêcheurs à la ligne (50%?) qui détiennent la clé de la légitimité de l'impétrant, et sans doute entre leurs mains la pérennité du régime. Les motifs de s'abstenir sont divers et variés et on estime les non-inscrits à douze millions d'électeurs potentiels. Mais il est un motif qui domine les autres, c'est le trucage du scrutin législatif au motif hypocrite de majorité, qui barre l'entrée de l'hémicycle à de larges fractions de l'électorat. Qui ignore un scrutin majeur comme les législatives ne participera à aucun autre. La seule certitude entourant ce problème est que les syndicats de sortants n'y veulent rien changer. Un résultat sous cinquante pour cent de participation sera le détonnateur d'un changement de paradigme. Attendons !

lundi 17 janvier 2022

La fatigue des ducatures

Un des premiers billets de 2005, qui faisait une large part à l'émotion d'Emmanuelle de Dampierre, grand-mère de Louis-Alphonse de Bourbon, fut écrit sur la titulature d'Anjou de Charles-Philippe d'Orléans par son oncle Henri VII d'Orléans. Il fut repris en référence sous la cote 26 dans la notice Wikipedia du précité.

C'est de la dispute d'Anjou qu'il s'agit à nouveau, pour la venue à Paris de Louis de Bourbon cette semaine, et ce billet-ci n'est que la revendication d'une certaine crédibilité à soigner chez nos princes pour faciliter la tâche du mouvement royaliste. D'Albufera à Uzès, il y a trente-trois ducs réguliers héréditaires français, plus quatre non patentés chez les d'Arenberg, les Riquet de Caraman, les Pérusse des Cars et ceux de La Rochefoucaud (source). Tous les autres sont purement décoratifs.

Charles-Philippe d'Orléans
Charles-Philippe d'Orléans
Tous les titres créés après l'extinction de la monarchie sont réputés de courtoisie, sinon "en attente", une façon élégante de dire "de fantaisie". Aussi est-il convenu d'en prendre son parti et d'en sourire, sauf à voir se lever une querelle de ducs qui empoisonne le microcosme royaliste déjà partagé entre deux dynasties concurrentes, sinon trois quand on met dans la crécelle la maison de Parme. Dans la querelle d'Anjou, on peut regretter que le feu comte de Paris ait manqué à l'étiquette qui veut qu'on ne reprenne pas un titre déjà porté dans la grande famille du vivant de son titulaire, comme on le fait des prénoms dans toute famille roturière. Elémentaire, mon cher Watson. Cette faute de carre, après bien d'autres, a créé quelques difficultés mondaines au prétendant d'alors qui s'est attiré les ricanements de branches adjacentes à la maison de Bourbon. Entretemps, c'est le duc d'Anjou Louis-Alphonse de Bourbon de la branche aînée qui présidera samedi prochain la messe de requiem pour Louis XVI à Saint-Denis et le lendemain à la Chapelle expiatoire de Paris, et pas le neveu d'Orléans à qui personne n'a pensé.

C'est aussi une forme d'orgueil à peu de frais qui avait poussé Henri VII d'O. à créer pour lui-même un titre de "duc de France" évoquant le duc des Francs mérovingiens Pépin (645-714), France voulant dire à cette époque "la plaine de France", un vaste territoire plat s'étendant au nord de Paris où est implanté aujourd'hui le premier complexe aéroportuaire continental. D'ailleurs "Stade de France" veut-dire la même chose. Donc le duc de la Plaine a adoubé son neveu du titre de duc d'Anjou, déjà porté depuis l'entre-deux-guerres par la branche déposée de la maison d'Espagne dans l'intention de renouer avec ses racines. Le manque d'à-propos n'a surpris personne pour qui le connaissait, et le titre conféré n'est pas reconnu au Bottin et je doute fort qu'il soit inscrit dans l'annuaire de la noblesse française. Pour enfoncer le clou et le neveu, il le nomma Grand maître de l'Ordre équestre et latéral de Saint-Lazare de Jérusalem pour le prestige d'un bel uniforme et la position sociale à compte d'autrui. Dur dur !

Il eut été préférable, pour la prestance avantageuse de Mgr Charles-Philippe, qu'il garde sa titulature dans un tiroir comme un Laï See de nouvel an et évite de la promener partout, jusqu'à en affubler sa chère et tendre Diane, déjà duchesse de Cadaval au Portugal. Mais de ce côté, les choses pourraient changer si la duchesse en vient à raccourcir son titre, comme le disent les tricoteuses de Noblesse&Royautés.

Pour les royalistes de mon âge et ceux de la génération précédente pour laquelle il était sourd-muet, le duc d'Anjou était l'aîné de la maison de Bourbon, espagnol certes, mais héritier présomptif de plein droit de la couronne disparue, par Philippe V d'Espagne, duc d'Anjou et cadet du Grand Dauphin de France. J'insiste sur "disparue", ce qui signale quand même la vanité de la posture. Autrement dit, le titre de courtoisie d'Anjou, revenu en France par la branche d'Orléans sans historicité, en manque singulièrement ! Ne pourrait-on suggérer à ces messieurs déposés qu'il serait cent fois plus simple que le prétendant d'Orléans prenne le titre de "duc d'Orléans" et le prétendant légitimiste prenne celui de "duc de Bourbon". D'autant que le titre de Paris n'a pas survécu au comte Othon (†1032), pas plus que celui de duc de France qui lui n'a jamais existé. Que les princes redeviennent sérieux et nous étudierons avec la meilleure bienveillance leurs qualifications dans l'emploi. Qu'ils cessent le trafic de décorations, les ordres de chevalerie sans monture, les titres ronflants cotisés qui cachent mal leur impécuniosité chronique. L'autorité naturelle n'a besoin d'aucun titre ; à croire qu'ils en manqueraient. En attendant qu'ils se posent sur terre, revoyons dans la lucarne Le Petit Duc (1878) de Meilhac, Halévy et Lecocq qui, aux dires des critiques de la Belle Epoque, fut un enchantement d'opérette.

Catoneo dit LeGrand
Duc de Kardaillac et des Chats
Mestre de Camp au Royal-Artillerie
Capitaine de l'Infanterie de Marine
Abonné au Gaz et à l'Eau
Propriétaire

chat Rayban

vendredi 21 mai 2021

Meghan au pays des merveilles

Un billet people ne peut nuire à la santé quand on n'en abuse pas. C'est le jour de la duchesse. Miss Meghan Markle, duchesse de Sussex par son mariage avec le fils cadet du prince Charles d'Angleterre, est d'abord un châssis. Et quel châssis ! Celui de Diane chasseresse, enfin, une chasseuse de pigeon !

profil de Meghan Markle


La légende - certains la commence plus tôt que d'autres - la dit capricieuse, autoritaire avec le petit personnel, racunière, mais c'est sa gentille famille qui a ouvert le feu bien avant son mariage la traitant d'égoïste et d'ambitieuse sans scrupules ; son père, qui fit tout pour elle dans ses jeunes années, étant celui qui montra publiquement le plus d'amertume à se voir rejeté au fossé du chemin qui menait sa fille adorée à la ducature, parce qu'il avait une dégaine d'ivrogne. Quelle idée !

Meghan fut une actrice de série B qui passait sur le câble et sut tout de suite sortir du script pour jouer de son joli minois et d'un corps à deviner, mais ne fut connue qu'à partir de la série judiciaire Suits (costards), Avocats sur mesure. Elle épousa son compagnon du métier en attendant de trouver mieux ; et le trouva : un faraud de prince roux qu'il n'était pas besoin d'attendrir tant il chouinait sur ses conditions de vie au royaume de Grande Bretagne et sur les contraintes insupportables que le protocole de sa grand-mère de reine lui imposait. Une vraie pâte à modeler. Elle y prit goût dès le premier jour.

Pour partir du bon pied et faire bon poids sur la balance, la duchesse à titrer invita à la noce royale le gratin du showbiz californien, ou presque. Et d'aucuns, étonnés et ravis, avouèrent ne pas la connaître autrement que sur leur écran de télévision. C'est vache !

Harry, le pigeon, est le cadet contrarié. Après la naissance du fils de son frère aîné, il perdit la qualité de spare wheel du char royal. Secoué d'abord par la mort tragique de sa mère hystérique, abandonnée par son futur roi pour une fée Clochette passablement usée (et moche), il fut bridé ensuite dans son engoûment pour la chose militaire à la fois par la modestie de ses études, sa qualité de spare part, et en Afghanistan, par le danger qu'il représentait pour ses camarades de combat dès lors qu'il était lui-même une prise de choix pour l'ennemi. Finalement il s'en dégoûta et se mit à errer dans le quotidien d'un prince sans emploi mais avenant et bon camarade.

Meghan a su voir les possibilités de développement de son union. Elle rompit les ponts avec la vieille firme qui aurait - mais je ne le crois pas - un problème avec les génitrices à la peau mate et lui imposait un protocole désuet qu'elle ne comprenait pas, des voyages épuisants dans des pays pauvres sans avenir - quelle corvée ! le Commonwealth qui les accueillit appréciera ! L'autre faraud a tout gobé et elle lui a montré comment on savait faire de la monnaie en Amérique, après avoir tapé son beau-père de quelques millions de livres sterling pour s'établir au niveau attendu par le milieu du cinéma. De cadet de William, il est devenu le mari de Meghan, toujours le second de quelqu'un. Dans un deuxième entretien mélo-psychanalytique (après celui que Meghan avait accordé à Oprah Winfrey), Harry prend une heure et demie à expliquer son malheur d'être né dans le zoo Windsor et combien il se sent libre maintenant hors des fers de la monarchie (clic).

Il est ce qu'il ressent et nul n'est à sa place. D'aucuns dont je suis ont pensé que des responsabilités entrepreneuriales dans le seul domaine où il est diplômé, celui des hélicoptères, libèreraient le prince Harry de ses cauchemars, du moins en changerait-il pour découvrir ceux du compte d'exploitation, du bilan, de l'inquisition fiscale. Au lieu de quoi, il a essayé de dupliquer son association Invictus dans une fondation qui fera le bien, nommée Archewell, Compassion in action (clac) ; plus quelques cachets ou jetons ci et là. Mais ce sont des activités qui vous convoquent dans les magazines et sur les plateaux télé, pas vraiment l'ermitage qu'on a pu deviner au soir de la rupture avec son père.

Pour le moment, l'affaire tient la route même si le train de vie au château appelle beaucoup de monnaie. Mais il est quand même difficile de comprendre pourquoi les ducs de Sussex, fuyant les tabloïds anglais et le corset de Buckingham Palace qui attirait les paparazzi, se jettent au devant des caméras et micros californiens à première demande, en dehors de leur trip humanitaire. N'anticipons rien de la vie du couple ducal, Harry peut très bien accepter de commander en second et l'affaire durer jusqu'à ce que la mort les sépare. Il n'en demeure pas moins qu'un châssis prend de l'âge, les amortisseurs perdent de l'air et les ressorts s'affaissent. Que restera-t-il de la duchesse de Sussex dans vingt ans ? Comme pour tout le monde... ses défauts !
Harry Mountbatten aura-t-il été libéré entretemps de ses obsessions maternelles qui sont le prisme déformant de sa vie ? Il semblerait que la publication du rapport Dyson sur l'interview de sa mère et de Charles Spencer chez le journaliste-voyou Martin Bashir dans l'émission Panorama de la BBC en 1995, remette une pièce dans le juke-box et ravive sa propension au délire de traque qui le bouffe littéralement.

les ducs de Suissex

lundi 26 avril 2021

Le Réveil de Dilsey

Qui, s'abandonnant au plaisir de lire et d'écrire, n'a jamais eu la folle ambition de structurer son passe-temps dans la publication de son imaginaire sous la forme d'un roman, forcément autobiographique un peu sur les bords, quitte à la fin à donner "son" bouquin invendable, imprimé à compte d'auteur, à la famille et le reste à l'héritage ? Retiré des affaires, le Piéton s'est laissé convaincre par le démon de l'écriture au moins trois fois, un roman de triade entre la rivère des Perles et le phare d'Agincourt, un scénario de road-movie entre Châteauroux et Poissy, et les aventures immorales de deux sicarios d'une entreprise internationale de prêts bonifiés sans confirmations. Ce troisième est en cours, les mecs sont en fuite à Port-Moresby et ne veulent toujours pas mourir ! Qu'importe, à défaut d'entendre dire un jour que vous êtes bien l'auteur-qu'on-cause-pour-le-prix-qu'on-court, vous vous rabattrez sur un fanzine littéraire ou sur un blogue, en vous appliquant un peu. Jusqu'au jour du réveil de Dilsey ! Là, toute vanité qui aurait survécu aux réalités sera purgée bien plus sûrement que dans l'Ecclesiaste, et vous vous contenterez d'écrire de petits billets, laissant Marcel Proust dormir tranquille.

Mama noire fumant

« 8 avril 1928 - Le jour se levait, triste et froid, mur mouvant de lumière grise qui sortait du nord-est et semblait se fondre en vapeurs humides, se désagréger en atomes tenus et vénéneux, comme de la poussière, précipitant moins une humidité qu'une substance voisine de l'huile légère, incomplètement congelée. Quand Dilsey, ayant ouvert la porte de sa case, apparut sur le seuil, elle eut l'impression que des aiguilles lui transperçaient la chair latéralement. Elle portait un chapeau de paille noire, perché sur son madras,et, sur une robe de soie violette, une cape en velours lie de vin, bordée d'une fourrure anonyme et pelée. Elle resta un moment sur le seuil, son visage creux insondable levé vers le temps, et une main décharnée, plate et flasque comme un ventre de poisson, puis elle écarta sa cape et examina son corsage.
Sa robe, de teinte royale et moribonde, lui tombait des épaules en plis mous, recouvrait les seins affaissés, se tendait sur le ventre pour retomber ensuite légèrement ballonnée par-dessus les jupons qu'elle enlevait un à un suivant la marche du printemps et des jours chauds. Elle avait été corpulente autrefois, mais, aujourd'hui, son squelette se dressait sous les plis lâches d'une peau vidée qui se tendait encore sur un ventre presque hydropique. On eût dit que muscles et tissus avaient été courage et énergie consumés par les jours, par les ans, au point que, seul, le squelette invincible était resté debout, comme une ruine ou une borne, au-dessus de l'imperméabilité des entrailles dormantes. Ce corps était surmonté d'un visage affaissé où les os eux-mêmes semblaient se trouver en dehors de la chair, visage qu'elle levait vers le jour commençant avec une expression fataliste et surprise à la fois, comme un visage d'enfant désappointé, jusqu'au moment où, s'étant retournée, elle rentra dans sa case dont elle ferma la porte.»
(Le Bruit et la Fureur de William Faulkner dans la traduction de Maurice-Edgard Coindreau, moulée à la main sur l'original avec la précision mathématique du français)


Et en direct de Yoknapatawpha, l'immortel Mississipi John Hurt :


jeudi 7 janvier 2021

Le Carnaval de Washington

Mais c'est une révolte ? Non, sire, une révolution, reprit le chœur des Vierges. Et c'est ainsi que fut commenté le Carnaval du Capitole sur les réseaux sociaux en peine d'émotions. Jusqu'à Joe Biden qui, dans un très bon discours impromptu, a usé du mot "insurrection" pour bien marquer la page d'histoire. Car l'émeute aura sa page, c'est sûr !

La profanation du Temple de la Démocratie (desecration en anglais) a secoué l'Amérique mais rien ne dit qu'aucun ne l'ait approuvée, outre les milliers de supporters en colère venus à Washington DC le jour de la Certification, pour dénoncer une fraude gigantesque dans les dépouillements des votes à l'élection présidentielle. Quoiqu'il en soit réellement, c'est ce qu'ils pensent au tréfonds d'eux-mêmes. Les quelques magouilles documentées sur les réseaux sociaux ne m'ont pas convaincu, même s'il est probable que de nombreuses irrégularités aient été attachées aux opérations électorales comme dans tout scrutin universel. Alors quand il y a cinquante procédures ! Le problème est que le président sortant n'a pas su se hisser au top de la fonction suprême jusqu'à l'étage constitutionnel. Il en est resté au plan électoral, candidat, volé peut-être, mais POTUS-45 pas vraiment. Les tweets de ces trois derniers jours en font foi. Il est toujours exécrable d'avoir la conviction de s'être fait baiser dans les grandes largeurs mais c'est à ce moment-là que l'on juge le titulaire de la charge. Celui-ci a la trempe, il n'a pas d'élégance, il n'a pas la vista.

Donald Trump est un showman doublé d'un businessman. Il a moissonné plus de gains à la téléréalité que dans la promotion immobilière - c'est du moins ce que disait sa feuille d'impôts. C'est un homme de bon sens, sûr de lui par tempérament, un peu cynique et vantard. Ces qualités lui ont été utiles pour contenir tous ceux qui pissaient à la raie de l'Oncle Sam, à commencer par les Communistes chinois. Dans un esprit "bizness" il a su hiérarchiser les menaces dirigées contre les Etats-Unis sans en oublier aucune (même le fringant Macron a fini par déplaire). Ainsi a-t-il donné sa chance au régime Kim de Corée qui ne pourra s'en prendre qu'à lui-même quand commencera sa liquéfaction. Il n'a pas cru un mot des assurances chinoises qui d'une main promeuvent la liberté de commerce et de l'autre veulent transformer toute la Mer de Chine méridionale en lac intérieur. Il ne croit pas les proclamations pacifiques des uns et des autres à commencer par celles de la Russie, il juge aux faits et ne se laisse pas distraire par l'absence des plaques d'immatriculation et d'insignes sur les transports de troupe. Les incursions quotidiennes russes en Mer baltique signent une volonté de capture d'espace qui oblige la Suède et la Finlande à réarmer, et Trump les y encourage. Il a donné blanc seing à son gendre Kushner, qui n'a pas dix pouces, pour démerder les affaires du Proche Orient dans lesquelles Obama s'était enlisé jusqu'à consentir la bombe atomique à l'Iran. Face au régime, ridicule, des mollahs, Kushner a réussi l'impensable dans aucune chancellerie, déplacer l'ambassade à Jérusalem, abandonner l'Autorité palestinienne bloquée sur ses lubies, rallier les pays arabes les plus importants à Israël et accélérer l'économie du Golfe persique. En résumé, on ne la lui fait pas ! Mais cette politique d'instinct, assez sûr, lui obscurcit la vue chez lui. Il n'a aucune culture politique - qu'a-t-il lu dans sa vie ? - et n'a jamais dépassé le niveau "meetings". Donc, à la fin, le Système le rejette comme un greffon non compatible. Certes, le Système peut lui-même être pourri mais le fait est qu'ils se séparent !

affiche Sarah Palin


L'avenir de Donald Trump est imprévisible. Quatre ans, c'est long à 75 ans. Mais la veine populaire (ou populiste) est riche de promesses pour qui saura y faire. Les électeurs de Trump n'ont pas voté par résignation mais par adhésion. Le mouvement de quasi-insurrection dans le pays est une réplique sismique du Tea Party de Sarah Palin. Il vaudrait mieux que les Trumpistes s'organisent en parti politique tranversal plutôt que par la création partout de milices citoyennes dans l'esprit de l'Ouest sauvage. L'avenir du Parti républicain se joue là. Mais le Parti démocrate va être impacté à son tour par le glissement de la classe laborieuse durement touchée par la pandémie et plus tard par l'arrêt des effets intérieurs d'une politique patriotique d'échanges extérieurs promue par Donald Trump. A terme mais avant quatre ans, il est possible que les deux grands partis traditionnels subissent une parthénogenèse et que l'espace politique américain soit occupé par quatre grands partis : un parti socialiste de revendicateurs col ouvert (Sanders, AOC, Klobuchar, Inslee...), un parti du marais, démocrates-sociaux en cravate espérant perpétuer le vivier où se choisissent les présidents démocrates, un parti conservateur du marais, attaché à l'effort et au capital, où se choisiront les présidents sérieux, un Tea Party Reloaded pouvant mimer le Rassemblement national français, avec des ténors (McConnell, Fischer, Fortenberry, Cruz, Smith...) et un gourou célébrant l'office à Mar-a-Lago. Autant dire que les élections de novembre 2024 seront une vraie boucherie politique.

Terminons par une courte réflexion. Ce qu'il s'est passé au Capitole de Washington mercredi 6 janvier 2021, peut donner des idées ailleurs et spécialement en France où la mobilisation des mécontents, si elle a bien diminué, ne s'est jamais éteinte malgré tous les artifices et contre-mesures du pouvoir. Ce genre de grand carnaval réjouirait les foules à Paris et ces messieurs de l'ordre seraient bien avisés d'écouter un peu la revendication de base qui court l'opinion : justice et propreté. C'est un vieux slogan qui marche encore !

mercredi 2 décembre 2020

Coronaviral ! Mon cousin.

Vous avez dit "coronaviral" ? Quand M. Pozzo di Borgo tweeta hier que les Français revenant des stations de ski étrangères seraient mis au lazaret, j'ai répondu aussitôt que c'était un gag de la twittosphère comme on en voit tant. Jusqu'à ce que ce midi dans ma lucarne bleue, je vois M. Castex de Prades chez M. Bourdin du Vigan affirmer sans rire que la police de l'air, des frontières et la gendarmerie alpine allait chopper les évadés du confinement pour une mise en quarantaine de sept jours ! Après avoir bu un verre d'eau, je me suis dit que la sonnerie s'entendait de loin, c'est même à ça qu'on la reconnaît. Dans la même fenêtre de propagande, j'entendis le présentateur nous affirmer que M. Macron allait demander à nos voisins de fermer leurs stations de ski pour le solstice d'hiver au seul motif que les stations françaises ne seront pas praticables autrement qu'à raquettes, et qu'il est inadmissible au nom de la concurrence non faussée qu'ils promeuvent leurs pistes de ski. Sans limites, vous dis-je, même géographiques !

M. Jean Castex


Nous avons eu l'attestation obligatoire dérogatoire de confinement pour sortir le Youki dans le cas où la BAC en maraude ne verrait pas la laisse et le fauve attaché ; l'interdiction d'accès aux rayons non essentiels du supermarché pour ne pas désespérer le petit commerce parfaitement non essentiel ; la "jauge" des trente orants de cathédrale obligeant les curés à de multiples fournées ; voici qu'aujourd'hui on va patrouiller cols et chemins creux comme de vulgaires patriotes de la Génération Identitaire ! Skis aux pieds, à l'épaule, sans skis ? Le pandore des neiges n'a pas fini de demander des instructions à la base sur le talkie-walkie. Duel à mort entre Kafka et Ubu ! Cela me fait penser aux films en noir et blanc où la colonne de fuyards juifs est repérée dans le blizzard par la section de Gebirgsjägers autrichiens à cinq cent mètres de la Suisse. Tirera, tirera pas ? Ma question de contribuable : M. Castex va-t-il débloquer des crédits exceptionnels d'essence pour les hélicoptères ?

La tentation est grande dans ce billet d'asséner quelques vérités bien que d'autres plus talentueux s'en chargent déjà. M. Castex n'est pas issu de la génération spontanée, mais du lent mûrissement politique de la Classe aux affaires qui s'acharne à produire du second choix, un peu comme dans le secteur automobile. Et pourtant, tout le prédisposait sur le papier aux plus hautes fonctions : Gersois de souche depuis le temps des Wisigoths, maire en pays catalan bien qu'énarque (mais promotion "Victor-Hugo"), administrateur minutieux et éprouvé dégageant une certaine autorité, on s'étonne que Matignon l'ait si vite transformé en Fernandel de Brescello, ses apparitions les plus pénétrées déclenchant immanquablement les rires ! La faute sans doute aux coaches de communication du Château qui ont voulu faire du paysan madré, à la Chirac un peu, un bourgeois gentilhomme. Il n'en rate pas une, à moins que ce ne soit un rôle convenu avec la professeure de théâtre qui gouverne l'Elysée !
Il restera dans les Annales de l'an 2020, (Quand la France s'effondra), les stations de ski françaises ouvertes pour leur bon air, sans bars, sans restaurants ni remontées mécaniques pour des raisons que la raison ne connaît pas.
Mais l'année n'est pas terminée ! Attachez vos ceintures !

samedi 29 février 2020

À la Saint-Oswald !


Pour franchir l'épidémie de Coronavirus chinois, il serait avisé d'apprendre à marcher sur la Lune puisque c'est la dernière station sur la route du paradis de Bételgeuse où nous allons arriver tous un jour, demain, dans quatorze, vingt-huit, cinquante-six jours ? jamais ? non ! la langue des mortels ne connaît pas "jamais". Ça nous fera un peu de rythme car, pour passer la Saint-Oswald une fois chaque quatre ans il faut, déjanter le pneu des conventions bourgeoises, des bagnoles impossibles, de la musique, même électronique, du malt à défaut de Coca qui fait grossir, des bikers revenus des enfers et Ladyva aux ivoires pour finir.


Après cette mise en jambe, nous évoquons la "bagnole ultime" - combien de temps encore ? - la voiture de la NASCAR, plus de 3 heures à 300km/h sur un V8 culbuté et boîte 4 manuelle. J'entends les evzones de l'Auto-Journal débiner une technique obsolète ! Le choix d'une technique ayant motorisé soixante années de production automobile américaine vise à limiter la course à l'armement et permettre ainsi à des écuries locales de concourir. Le moteur standard est un V8 aspiré de 5,9 litres à arbre à cames central qui envoie 800 chevaux et pousse jusqu'à 320 km/h (200mi/h) dans les 9000 tours/minute. On comprend que tenir 3h40 à cette cadence convoque une métallurgie de qualité et les moteurs ne sont pas stock contrairement à ce que dit la lettre "S" de Nascar ! Il s'agit aujourd'hui de la course victorieuse de Chase Elliot sur la Chevrolet ECR N°9 de Hendrick Motorsports au Superspeedway de Talladega en 2019. La prise, qui fait plus de trois heures, commence par un drapeau jaune et un passage au stand. Enjoy !


On finit la journée à l'apéritif. Français, nous tuons plus de deux cents millions de bouteilles de whisky par an. Le mieux n'est-il pas de le boire avec un connaisseur ? Il sait tout, de l'évaporation jusqu'aux trois gouttes d'eau qui développent l'arôme. C'est sérieux. Cheers !






Le 29 février on fête aussi saint Oswald de Worcester. C'est à l'origine un Danois né en 925, éduqué en Angleterre dans une famille d'ecclésiastiques, formé à l'abbaye de Fleury (Loiret). Abbé de Ramsey (Bénédictins), évêque de Worcester, il obtint l'archevêché d'York en 972 et rejoignit son créateur ce même jour de l'an de grâce 992. On lui attribue d'importantes réformes de la règle de saint Benoît, sous la férule de l'archevêque et conseiller du roi Edgar, le grand Dunstan de Cantorbéry.










ET VOILÀ, C'EST FINI !
À DANS QUATRE ANS...

jeudi 20 février 2020

Des souris et des ânes

Les soupentes du Palais Bourbon : au suivant... au suivant !

Deux jours après le happening élyséen destiné à regonfler la troupe des marcheurs qui doutent, en exaltatant un sain amateurisme ringardisant le "professionnalisme" des vieux routiers de la Chambre, apparaît sur l'écran noir de nos nuits blanches le chibre turgescent de Benjamin-Blaise Griveaux, astiqué poli-miroir par son détenteur pour séduire une belle à distance à travers l'œil de son smartphone ! Elu député de Paris dans la XVè législature, secrétaire d'Etat dans le gouvernement Philippe, le porte-parole de Matignon transportait son plus roide argument à travers Internet comme un adolescent de quatrième ! Accessoirement candidat à la succession de Radis-Noir à l'Hôtel de Ville, BBG l'arrogant a dû annoncer son retrait à cause de l'impossibilité de faire sereinement les marchés de plein vent, couverts et forains, ni les préaux d'écoles ou les salles municipales. Quelqu'un d'entre vous voudrait-il me poser une question sur mon programme de déménagement de la gare de l'Est et la création du Central Park parisien ? Fou-rire ! Le mec est dead ! Avec la nomination de la ministre Buzyn qui a remisé le projet municipal antérieur sur l'étagère à conneries, l'affaire de Paris reprend des couleurs et LaREM rattrape les furies de tête ; il faut dire qu'il n'y a pas photo entre l'apparatchik socialiste à jeun de toute valeur ajoutée et la parisienne de souche qui a déjà réussi sa vie, même si la fonction publique hospitalière la déteste. Se posera un jour la question de savoir pourquoi fut fait le plus mauvais choix chez les marcheurs, sans connaître bien sûr les dérapages de l'impétrant. Tout le monde détestait les ondes négatives émises par M. Griveaux. Le soulagement est général.

Image en cheongsam créée par Dieu et Milanoo

Pour l'amateurisme glorifié par monsieur Macron nous sommes servis, pour la pornographie aussi, mais nous n'épiloguerons pas puisque la France entière a vu la "bite à machin". Ce qui nous intéresse aujourd'hui est la crasse mentale de notre beau parlement, qui crie au viol comme une performeuse de pole-dance coincée dans les toilettes de la boîte, en réclamant le flicage chinois d'Internet plus l'interdiction de l'anonymat des contributeurs aux divers canaux et plateformes du Web. Bien secondée par des médiatiseurs comme Christophe Barbier ou Alain Duhamel qui réclame des peines en millions de dollars, la représentation nationale derrière Bruno Bonnell, Eric Woerth et quelques autres (Questel...) court aux abris avant l'averse de leurs turpitudes réelles ou supposées.

Leur problème est qu'en l'affaire, la coercition légale est sans effet - le scandale BBG aurait existé avec ou sans Internet et le faux anonymat des réseaux sociaux (voir les FAI)- mais surtout, d'anonymes on n'en a vu aucun : Alexandra de Taddeo a reçu l'enfer matutinal du secrétaire d'Etat, objectivement nommé dans la transmission de l'exploit (nom, prénom PTDR). Probablement en a-t-elle fait part plus tard à son nouveau compagnon russe, l'artiste encloué Piotr Pavlenski, pour lui confirmer le niveau de ses relations ; lequel avec l'aide d'amis ne lui voulant que du bien, a ouvert un site au Canada pour héberger du matériel de revenge porn ; et ce, afin de défendre la liberté d'expression dans le pays des droits de l'homme ! Le conseil de l'artiste russe, maître Juan Branco, a levé le doute sur la légalité de l'entreprise de diffusion de la séquence sur Internet, lui donnant en quelque sorte un blanc seing, ce qui le discréditera ensuite pour prendre en charge la défense du fada vis à vis du Parquet et du bâtonnier de Paris. Après l'alerte lancée par Zoé Sagan, le relais par les gros comptes Twitter fut le fait du député Joachim Son-Forget et du doctissime Laurent Alexandre sous leur vrai nom. La comparution de M. Pavlenski au fond, qui aura lieu le 3 mars prochain, lèvera d'autres noms puisqu'il est établi que le Russe n'a pas les capacités numériques de son ambition - son plus grand exploit fut de foutre le feu à la Banque de France - et ces noms nous seront communiqués par le secret habituel de l'instruction. D'anonymes, point ! Arrêtez de rire, vous allez vous étouffer. Pause ! Convertissez-vous plutôt au créationnisme :

Une autre image créée par Dieu et le soleil

A écouter les députés de la majorité à laquelle appartenait BBG, la loi de 2016 contre le revenge porn n'est pas dissuasive. Sommes-nous au seuil du rétablissement de la peine capitale pour crime de lèse-intimité, jusqu'à nous faire croire - mais ce n'est pas vrai bien sûr - qu'il s'y passerait des choses absolument inavouables. Le séisme parlementaire a touché la présidence du Sénat qui a diffusé sa réprobation de procédés intrusifs dans la vie privée, même si dans ce cas les "torrents de boue" qu'elle dénonce ne charrient que la boue produite par des responsables politiques. Ne revenons pas sur les histoires de mœurs qui ont défrayé la chronique, l'élection crée l'orgasme. Normalement le brouillon de ce billet faisait la liste des pourris de la République toujours aux affaires, mais il faut distinguer entre courage et témérité et bien regarder avant de traverser aux clous, comme l'apprenait jadis la république gaullienne aux dissidents.
Un seul politique semble être resté lucide, c'est le secrétaire d'Etat au Numérique, Cédric O, qui prévoit plein d'embûches à légiférer dans la panique des trouillards, même s'il penche pour un contrôle plus serré de la Toile.

Il reste pour finir à se préparer sans doute pour la levée de l'anonymat qui éteindra l'ire parlementaire, même si aucun pseudonyme n'a été mis en cause. Seront évacués des canaux internétiques ceux qui sont faibles en français et passent par l'insulte au lieu de peaufiner l'injure, la suggestion médisante jamais calomnieuse, les second et troisième degrés, l'ad hominem huileux à sobriquet, la rumeur innocente d'Orléans, bref tout ce que la bonne société française utilisaient jadis. J'ai hâte. Au fait qu'en sera-t-il du pseudonymat littéraire ?


Quand le mélomane entend Ornella chanter sous la douche il approche son oreille du trou de la serrure (W. Allen)

dimanche 9 février 2020

Dac !

En ces jours de grand tumulte où chacun renvoie son prochain à ses racines, il est rassurant d'écouter pour le quarante-cinquième anniversaire de sa mort, la reprise de volée de Pierre Dac au micro de Radio-Londres contre l'orateur vedette du régime de Vichy, Philippe Henriot, qui lui déniait tout patriotisme au seul nom de son nom.
Sans être aborigènes comme les Celtes de nos forêts, les Juifs sont une ancienne race de France héritée de l'Empire romain et qui prospéra avec des hauts et des bas dans le royaume pendant des siècles, puis sous l'Empire et la République, effaçant à jamais l'idée qu'ils puissent venir d'ailleurs, même si l'Eglise catholique ne manquait aucune occasion de leur imputer le Cruxifié du Golgotha, sans le supplice duquel elle n'aurait jamais existé !
Mais le sionisme du vingtième siècle ayant rattaché les communautés israélites (et les juifs hors-communauté) au projet israélien, les fils de Sem se sont retrouvés ensouchés en Palestine, et contre leur gré pour certains. Le retour aux sources a recréé des amarres qui avaient disparu depuis vingt siècles même si Jérusalem est toujours restée la cité mythique ! S'il avait vécu jusqu'à nous, Pierre Dac aurait fait un sketch excellent sur le sionisme obligatoire sous peine de poursuites !

A la fin de l'envoi, Dac souhaitait une bonne fusillade à Henriot. Six semaines plus tard, en juin 1944, il était tué dans les locaux du Ministère de l'Information à Paris par un commando FFI. Le régime lui fit des funérailles nationales très courues sans que l'on sut pourquoi tant de monde était venu, saluer l'orateur lâchement assassiné ou féliciter les FFI de leur audace. Des messes d'anniversaire seront dites à Paris chaque 28 juin jusqu'aux années 70 et une plaque orne sa tombe avec des mots dont l'ironie a échappé à ses amis : Passi Pro Veritate Patriaque. Les cendres d'André Isaac nous attendent au colombarium du Père-Lachaise depuis 1975. Passez-y rire un peu !

vendredi 22 novembre 2019

On ne peut laisser passer ça !



Qu'en termes choisis ces choses-là sont dites. La République des partis en guerre les uns contre les autres ne redressera pas ce qui fut le plus beau pays du monde. Le logiciel dit Loi du Nombre continuera de jeter la moitié majoritaire sur la moitié minoritaire sachant qu'aucune des deux moitiés ne fait la moitié.
Mieux que la dictature à la romaine qui brise les os et les cœurs pour atteindre au silence de la paix contrainte, un roi sera l'arbitre exécutif des intérêts catégoriels dans le souci du bien commun et l'affection des peuples.
Il y a une composante affective dans l'alchimie royale qui doit être utilisée en même temps qu'on rassemble le puzzle de la nation dispersée. Papacito, le Wisigoth caché, n'expose pas sa candidature au trône mais promeut celle d'un hâbleur d'expérience qui a déjà fait à pied le tour de son "royaume". C'est bien vu. A défaut, on reviendra à l'imprécateur.
Quand je vous disais que du chaos naîtrait le roi, je ne vous avais pas dit qui !
(Merci à Camisard)

mardi 9 octobre 2018

Climat et euthanasie

Il y a quarante ans, partait pour les îles Marquises Jacques Brel. Il fait partie des quelques-uns qui manquent, comme Serge Gainsbourg, Alain Bashung, Leonard Cohen ou Lou Reed. Nous finirons ce billet sur "J'arrive" en version studio 1967. Noir et désespérant ! Pourquoi déjà et où aller ?
Mais le Piéton ne s'est pas levé du pied gauche pour verser une larme : il s'agit de vous parler en urgence du réchauffement climatique. Le GIEC a dit, Canfin a dit, Jacques a dit, tout le monde a dit... que c'était foutu pour la planète si nous ne renversions pas les termes de l'équation climatique, tant nous aurons de coraux morts, de récifs submergés, de vertébrés disparus et les insectes... les mouches, les moustiques, les punaises, les frelons, disparus aussi, la vigne et l'olivier se rapprocheront sans bruit du cercle polaire, précédant le palmier-dattier en retard comme toujours.
Oui, mais quoi ?
Sans faire de la philo de zinc, mais un peu quand même, la planète croulant sous des milliards d'hommes qui ne lui apportent rien mais lui prennent beaucoup, la planète se secoue pour en faire tomber le plus possible dans le néant cosmique. Elle n'en peut plus des prédations humaines, elle va nous rendre la vie impossible pour que nous partions en détruire une autre ailleurs. La démographie mondiale est la première cause de notre rejet par la Terre, on peut la mesurer sur le site Worldometers. Bizarrement les projections au-delà de 2050 sont rares, à croire qu'elles ne serviront pas ! Garçon ? remettez-nous ça !

Nous serons dix milliards d'hommes à échéance d'une génération, en 2050, et nous n'arrivons pas à faire vivre convenablement 7,66 milliards aujourd'hui. Le progrès résoudra-t-il le défi démographique, sinon sera-ce la guerre atomique mondiale ?

Alarmiste ? Pas une seconde ! Prenons un gros globe terrestre de la classe de géographie. Je le lance fort et vite, les yeux fermés, et du doigt je l'arrête : ça merde là ! La page n'y suffirait pas à énumérer les points de conflits ouverts et potentiels sur le globe, et ce serait tomber dans la facilité que de le faire. Tous les ingrédients des précurseurs de l'explosion s'amassent pour une conflagration, si tant qu'il peut être léger de croire que les puissances économiques et financières sauront éviter le désastre pour préserver la plus grande partie de leurs intérêts : cette idée du "stop" ultime s'est répandue avant chaque guerre importante, surtout parmi les peuples non informés. Mais les chevaux fous de la guerre échappent toujours aux puissants. L'enchaînement des circonstances défavorables, les hésitations d'acteurs-clés, l'incrédulité des politiques, la naïveté des princes au moment, la nature humaine tout simplement qui aujourd'hui se prend pour Dieu sans en avoir les "capacités", tout ne concourt-il pas à l'holocauste ?
Le réchauffement climatique de la Terre est une réaction de survie de la planète, et comme elle ne pense pas jusqu'à plus ample informé, c'est son Créateur qui la chauffe pour nous dégager d'un problème insoluble !
Alors nous (pas moi) repartirons de zéro. Le Jardin, la vie à poil, la chaleur, le serpent, la pomme... Imagine ! Caïn tuant Abel, c'est reparti comme en 40.





♪ J'arrive ♪

De chrysanthèmes en chrysanthèmes
Nos amitiés sont en partance
De chrysanthèmes en chrysanthèmes
La mort potence nos dulcinées
De chrysanthèmes en chrysanthèmes
Les autres fleurs font ce qu'elles peuvent
De chrysanthèmes en chrysanthèmes
Les hommes pleurent, les femmes pleuvent

J'arrive, j'arrive
Mais qu'est-ce que j'aurais bien aimé
Encore une fois traîner mes os
Jusqu'au soleil, jusqu'à l'été
Jusqu'au printemps, jusqu'à demain
J'arrive, j'arrive
Mais qu'est-ce que j'aurais bien aimé
Encore une fois voir si le fleuve
Est encore fleuve, voir si le port
Est encore port, m'y voir encore
J'arrive, j'arrive
Mais pourquoi moi, pourquoi maintenant
Pourquoi déjà et où aller
J'arrive bien sûr, j'arrive
Mais ai-je jamais rien fait d'autre qu'arriver

De chrysanthèmes en chrysanthèmes
À chaque fois plus solitaire
De chrysanthèmes en chrysanthèmes
À chaque fois surnuméraire

J'arrive, j'arrive
Mais qu'est-ce que j'aurais bien aimé
Encore une fois prendre un amour
Comme on prend le train pour plus être seul
Pour être ailleurs, pour être bien
J'arrive, j'arrive
Mais qu'est-ce que j'aurais bien aimé
Encore une fois remplir d'étoiles
Un corps qui tremble et tomber mort
Brûlé d'amour, le cœur en cendres
J'arrive, j'arrive
C'est même pas toi qui es en avance
C'est déjà moi qui suis en retard
J'arrive, bien sûr j'arrive
Mais ai-je jamais rien fait d'autre qu'arriver

vendredi 21 septembre 2018

Pornographie du Brexit

Teresa M. in the Mirror
La crémière s'appelle Angela Kasner pour les repentis communistes, Merkel pour les croyants. Theresa Brasier, à ne pas confondre avec Teresa May qui est une pompeuse de nœuds recherchée dans les nuits londoniennes, s'appelle aussi May. Theresa est plus grande qu'Angela même sans talons, mais ne l'impressionne pas, ça la voûte. A vouloir le beurre et l'argent du beurre, elle a eu le dessous lors du sommet informel de Salzbourg. Pourquoi vous parlé-je de ça ? Parce que notre avenir se joue entre elles-deux. Si elles ne s'entendent pas (ce qui est pour moi improbable vu l'imbrication des industries) nous perdrons beaucoup dans le commerce trans-Manche depuis que les Anglais ne produisent plus grand chose et que nous leur fournissons beaucoup. Si elles s'entendent, ce sera sur notre dos, je veux dire le dos des gitans européens du Club Med. C'est nous !
Ce qui est en jeu, au-delà des incantations de messieurs Macron et Juncker qui ne veulent pas pervertir les "valeurs" du marché unique par un accord à la con avec le Royaume-Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord, c'est la zone de libre-échange ouest-européenne. Des pays que finalement nous connaissons mal (entendre Mélénchon parler de l'Allemagne nous signale le bougnoule qui n'est jamais sorti de chez lui) tiennent à cette ZLE comme à la prunelle de leurs yeux, parce que d'expérience et non par idéologie, elle représente la construction économique la plus florissante. Elle induit en outre des États à budget maîtrisé pour détourner le moins possible de flux et alléger le ballast sous l'activité marchande. De cette zone, nous n'en sommes pas !

Il est à parier que les intérêts bien compris des Pays-Bas, du Danemark, de l'Allemagne et de la République d'Irlande vont inventer les moyens inédits d'un accord avec la Première britannique parce que le commerce domine tout, l'expression des "valeurs" n'étant que son explication pour les demeurés. Business first ! laissons aux Latins l'émotion !

Le marché de la zone libre-échangiste précitée (on ne parle plus de Teresa là) représente 184 millions de consommateurs, hautement solvables. Autour de ce noyau mercantile, tournent les sous-traitants de la République fédérale (Tchéquie et Hongrie) et le groupe scandino-balte aux mœurs libre-échangistes. Avec la Norvège pétrolière, ces pays rajoutent 64 millions au bloc de départ.

La contestation du dogme macronien de solidarité radioactive regroupe donc 248 millions de consommateurs, soit presque la moitié la plus riche de l'Union européenne élargie, ensemble contigu que nous avons appelé plusieurs fois "l'Europe sérieuse". Etonnez-vous de ce que le Premier ministre néerlandais ait refusé le majorat français lors du dernier sommet de Bruxelles ! Commencez par réparer votre pays de cigales avant d'appeler les fourmis à contribution, a-t-il dit en dialecte !

Premier néerlandais Mark Rutte

Macron, Barnier, Tusk, Juncker et Moscovici peuvent aller se rhabiller, le Nord ne va pas se couper du marché britannique, non plus que de la City. Le désaccord intra-continental n'est pas intervenu tant que les négociations euro-britannique avançaient. Theresa May vient de déclarer au retour de Salzbourg qu'elle est dans une impasse. Faute d'accord dans un délai proche, elle va donc normalement vers un Brexit dur. L'Europe sérieuse, quoiqu'en disent ses représentants devant les objectifs, n'en veut pas, et de l'Endive de Savoie (Barnier) non plus. La crise possible dégagerait l'horizon en créant deux zones, l'Europe sérieuse et l'Europe rieuse, sans transferts compensatoires entre elles comme on le fait dans une vraie fédération. Chacun nettoie sa merde !

La France est incapable de se réformer pour toutes les raisons que l'on sait. Mais l'Italie si, qui dispose d'un excédent primaire avant service de sa dette et d'un gouvernement pugnace. L'autre gitane est l'Espagne dont le déficit rapporté au PIB est inférieur au nôtre et qui a des marges de progression en l'absence de contestation du camp retranché des "spéciaux". Ce qui nous pend au nez, c'est de nous retrouver seuls. La France seule disait Charles Maurras, mais jusqu'ici c'est l'Europe et l'euromark allemand qui servent de cache-misère. Nous sommes en déficit dans absolument tous les compartiments du jeu*. Notre classe politique est un ramas de couards et la technocratie n'a aucun poids politique. On va bouffer des rutabagas... à crédit !


Note (*): Dans le rapport Rapport 2017 de la Banque de France on lit : « La position extérieure de la France, qui reflète le patrimoine financier net de la Nation vis-à-vis de l’étranger, est débitrice à hauteur de 461 milliards d’euros à fin 2017, soit 20,1 % du PIB. C’est en-deçà de la limite européenne (35 % du PIB)». On doit donc être contents !

Postscriptum du 24.09.2018
Ceux des lecteurs, qui préfèrent un commentaire autorisé de la réunion de Salzbourg, feront leur profit des lumières d'Elie Cohen en cliquant ici sur Telos.


Articles les plus consultés