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vendredi 7 juillet 2023

La bavure et l'émeute

bouteille d'essence catapultée

Dans un article ravageur du Figaro qu'on lira ici, Jean-Loup Bonnamy (normalien, agrégé de philo) fait la liste des émeutes de banlieue (nous l'avons un peu complétée) :
- La Grappinière de Vaulx-en-Velin en 1979 - il y a 44 ans ;
- Le Mas du Taureau à Vaulx-en-Velin en 1980 ;
- Les Minguettes de Venissieux et "les rodéos de la colère" en 1981 ;
- La Noé de Chanteloup-les-Vignes et Achères en 1990 ;
- Vaulx-en-Velin bis-repetita en 1990 ;
- Les Indes de Sartrouville en 1991 ;
- Garges-lès-Gonesse et Aulnay-sous-Bois en 1991 ;
- Le Val Fourré de Mantes-la-Jolie en 1991 ;
- Insurrection des banlieues de 2005 partie de Clichy-sous-Bois (trois semaines) ;
- Villiers-le-Bel, Sarcelles et Garges-les-Gonesses en 2007 ;
- Insurrection générale de juin 2023 partie de Nanterre ;
Le plus souvent le déclencheur est un mort parmi les populations concernées.

La Marche des Beurs, née à Monmousseau, arrive triomphalement à Paris en 1983.
Le film La Haine de Kassovitz écrit après la séquence d'émeutes de 1991 comme une autopsie des quartiers, sort en 1995 !
Tout ceci pour dire que la problématique des banlieues chaudes n'est pas une question récente. La fréquence porteuse qui les relie toutes, c'est l'ostracisation des bronzés les moins doués. La réponse des autorités (en 1979 on est sous Giscard d'Estaing et en 1981 sous Mitterrand... puis Chirac etc) est la réhabilitation de l'habitat. Or, tous les insurgés d'alors le confirment aujourd'hui : « Ce n’était pas ce que nous demandions. Nous voulions simplement être traités comme n’importe quel citoyen. Marcel Houël (le maire jadis de Venissieux) a vécu ces violences comme une attaque personnelle ; d’ailleurs, notre principal interlocuteur, c’était son premier adjoint, Guy Fischer, et pas le maire lui-même, que l’on a peu rencontré.» (dixit Mokrane Kessi, actuellement conseiller municipal de Venissieux). Depuis lors, on n'a pas avancé d'un mètre !

Paradoxalement, les pouvoirs publics ont une excuse qui les accuse : ils ont été submergés par leur propre laxisme dans la gestion des flux d'immigration, à commencer par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 sur la circulation et l'établissement des ressortissants de l'ancienne colonie, et pour faire bon poids, le regroupement familial de Giscard d'Estaing en 1976, sans l'encadrer dans les capacités d'accueil. Comme le décrit très bien Jean-Loup Bonnamy, la pression migratoire a interdit toute décompression des problèmes endurés par les cités, les mesures arrivant toujours après et trop tard, en situation de crise permanente.

Qui veut réfléchir à une solution, forcément incomplète ?
Pas de chance, j'ai piscine justement ; mais je suggère qu'on mette un peu plus d'intelligence dans l'analyse fouillée du vrai pays réel. Et cette *jeunesse* en fait indéniablement partie, que ça nous plaise ou non. Voyant que l'inondation des ZUP par les crédits de la politique de la ville comme la répression policière n'aboutissent pas, il faudra remettre à plat tout le modèle socio-politique de la République française, tout absolument jusques et y compris la nuée fumeuse de la sainte laïcité, avant de passer à autre chose. Les Français devraient s'y coller une bonne fois sans idées préconçues mais à l'aune des réalités constatées. Ce serait par exemple une convention citoyenne, utile certainement si on en barre l'accès aux professionnels et sociologues de l'excuse et à ceux de l'intolérance-réflexe, surtout les "patriotes" qui ont soigneusement évité leur service militaire avant de battre l'estrade. Un Grenelle du bon sens en fait, sans les politocards habitués des plateaux qui ont presque tous échoué.

Pour s'y préparer sérieusement et bien comprendre la mécanique de l'émeute afin de la séparer du modèle social à rechercher, relire absolument La bavure et l’émeute - Genèse d’un signe déclencheur type dans le Rhône (1979-2000) d'Alessio Motta, paru dans la Revue française de science politique 2016/6 (Vol. 66) en cliquant ici, et en commençant par cet avertissement de l'auteur : « La recherche sur les émeutes de banlieue en France est traversée par un paradoxe qui a survécu aux nombreux travaux publiés dans le sillage de l’automne 2005. Elle est généralement une "sociologie des émeutes" qui ignore lesdites émeutes et leurs logiques propres (leur déroulement en venant parfois à apparaître comme un objet) préférant y voir un symptôme des problèmes des banlieues et des relations tendues entre jeunes et police, ou encore une occasion d’étudier la construction de catégories d’action publique ou de stratégies politiques.» On y trouve aussi, avant même la généralisation des chaînes d'info en continu, une stigmatisation de la presse, oscillant comme à son habitude entre panique et hystérie, qui fait monter la sauce alors qu'il ne se passe rien. Il dit : « Parmi les crimes évoqués plus haut, on trouve ceux de nombreux « tireurs fous » ayant abattu de jeunes voisins dans diverses cités de France pendant l’été 1983. Cette année-là et plus généralement au milieu des années 1980, comme dans le reste du pays, on observe plusieurs fois dans l’Est lyonnais des "maladresses" policières ou des tirs meurtriers commis par des voisins, suivis du même paradoxe dans la presse : aucun fait de violence particulier n’est relaté dans les jours qui suivent, sauf dans certains cas où les actes se limitent à des représailles ciblées contre le meurtrier évacué par la police, contre son logement ou sa voiture, quelques projectiles jetés d’une fenêtre, une fois des échauffourées dans un bar entre quelques jeunes et des CRS. Pourtant, l’imaginaire d’un "climat d’émeutes" est inspiré des "émeutes" passées du département du Rhône qui étaient sans rapport avec un décès, et de précédents étrangers comme celui de décembre 1982 à la suite d’une bavure policière en Floride ; est entretenue une rhétorique sensationnelle sur la "grande tension" et les risques omniprésents que les choses tournent à l’explosion. Notons que cela ne signifie pas que les "tensions" sont forcément une invention journalistique pure. L’expression s’accompagne généralement d’un défaut de description de faits concrets, mais ces tensions peuvent recouvrir selon les cas des échanges d’insultes entre des jeunes et des agents de police postés sur place, éventuellement le jet de quelques projectiles, parfois seulement des plaisanteries.» Le reste est passionnant, les complications de la montre sont toutes démontées et on comprend comment prend la mayonnaise de l'émeute ; à lire crayon en main (appareil critique de 82 notes), et c'est bien écrit.

Pour terminer, qu'est-ce donc ce "vrai pays réel" dans le champ socio-politique ? En deux mots ?
* Un pays qui déjà ne fournit pas suffisamment de travail à sa population active, mais qui importe encore des bras ! Les talents, passe encore !
* Un pays qui redistribue plus que la richesse produite disponible et emprunte donc à l'étranger pour faire l'échéance des prestations sociales (tout patron agissant de la sorte va en prison).
* Un pays fourvoyé dans l'égalitarisme et l'uniformisation qui stérilisent une grande partie de la créativité des courageux ou des capables.
* Un système à la Ponzi qui reporte la charge des crédits sociaux sur les générations futures dès lors que les générations bénéficiaires refusent de ponter (retraites...) et en demandent toujours plus.
* Un régime politique qui marche aux slogans (les fameuses valeurs républicaines) et les piétine comme une république soviétique.

Qu'en resterait-il à la fin de ce Grenelle du bon sens ? Pas grand chose sans doute. Verra-t-on dans la prochaine décennie l'insurrection générale des jeunes actifs contre les rentiers du hamac national d'aujourd'hui qui bouffent tout le capital du pays ? On ne parlera plus des "djeunes" parce qu'alors la révolte sera organisée et menée par des gens intelligents et capables d'aboutir. Bon, je suis en retard pour la piscine.


Liens de cet articles en clair :
- Cairn : https://www.cairn.info/revue-francaise-de-science-politique-2016-6-page-937.htm
- Bonnamy : https://www.jesuisfrancais.blog/2023/07/01/actualite-insurrectionnelle-ou-le-philosophe-jean-loup-bonnamy-tente-de-poser-un-diagnostic-global-du-mal-qui-frappe-la-france-le-vrai-probleme-nest-pas-dans-les-cites-il-est-en-nous/?fbclid=IwAR2RxeYYzkeuKYv7avJ3rmknBhynwnQtM2aEULH8zE_YXPQsjwGlmH2L3KU
- Accord franco-algérien : https://www.immigration.interieur.gouv.fr/Europe-et-International/Les-accords-bilateraux/Les-accords-bilateraux-en-matiere-de-circulation-de-sejour-et-d-emploi/L-accord-franco-algerien

vendredi 30 juin 2023

Et le petit ange devint papillon !

Chacun connaît L'Aile du papillon de Pierre Schoendoerffer, à défaut cliquez là.

Bien qu'il joue régulièrement au rugby dans l'association Ovale Citoyen à la satisfaction de tous, le jeune apache des fortifs de Nanterre, qui se faisait un nom dans la provocation récurrente des policiers de quartier, a fini plus tôt que prévu dans une rencontre fatale avec deux flics fébriles qui ont loupé la tête mais pas le cœur. Une carrière brisée net mais une carrière de quoi ? qui met le feu à la France entière. Pourquoi ?

Feu Nahel M.
Nahel Merzouk (2006-2023)
Parce qu'il n'est pas acceptable qu'un gosse soit tué à bout portant par l'Etat dans un contrôle routier, surtout en ville et quoiqu'il ait fait. Que le lecteur n'attende pas dans ce court billet d'actualité la genèse du chaos sauf à comprendre un jour que tout est parti du quinquennat de Nicolas Sarkozy, mandat gangréné par son irrépressible envie de saccager le domaine régalien. Restons-en au constat de dècès du "vivre-ensemble". Il y a aujourd'hui en France plusieurs communautés qui se reconnaissent concurrentes dans l'occupation de l'espace public. Sans les citer toutes, on connaît la bourgeoisie dans tous ses états, le lumpen-prolétariat écrasé de travail-trajet et de précarité, les rentiers du savoir non impliqués sauf dans les bavardages académiques, et les oisifs souvent allocataires nets. On notera qu'aucune des communautés précitées n'est fondamentalement racisée, même si dans celle des oisifs on trouve en voirie beaucoup de citoyens de couleur, mais c'est un leurre en fait, quand on va au fond ; il suffit de voir la colorimétrie des black-blocs.
Comme dans les temps médiévaux, la sûreté de chaque communauté est recherchée dans une certaine "normalisation" de certains quartiers, dans la gentrification d'autres et dans l'extension de ghettos standardisés souvent rénovés à grand frais. Quand une communauté est agressée par une autre dans le mouvement de la lutte des classes revenue, elle précipite en un bloc défensif d'abord, puis offensif. L'émeute est une défense, les lois de sûreté sont offensives, c'est normal. L'adaptation des réactions réciproques est la plus sûre escalade de la violence, nous y sommes en plein. Faudra assumer sans chercher noise aux lampistes !

Le pouvoir actuel, tout de la gueule, va donc monter le niveau de la réponse à l'issue du Conseil des Amateurs qui se tient en ce moment à Beauvau. Etat d'urgence ou état de siège (clic) ? Inévitablement, il va cimenter une solidarité intra-cité jusqu'à faire sortir les kalash des caves si on pénètre les zones de non-droit avec des blindés. Est-ce ce que cherche notre grand impulsif de l'Elysée ? Il aurait tort parce qu'il n'a pas mesuré ou compris le niveau de colère qui traverse ces espaces ghettoïsés et, sans doute aucun, n'a jamais vu la tour entière descendre dans la rue (femmes, enfants, hommes et vieux) pour attaquer la colonne de gendarmerie mobile qui stationne au pied des immeubles. Les participants à ces réunions ministérielles n'ont jamais vu non plus tomber à leur pied ou sur le kangoo de service les plaques d'égout depuis les toits d'immeuble. Ne parlons même pas de mort parmi les émeutiers du quartier considéré. Chaos total. Que faire ?

D'abord arrêter de parler au niveau des pouvoirs publics et de la sphère politique complètement déconsidérée. Mettre au bloc les souffleurs de braise comme J.L. Mélenchon sans s'inquiéter des réactions de leur parti peuplé de rhéteurs de pissotière qui n'ont pas les baloches pour refaire la Commune de Paris ; aller au contact des noyaux durs et les rafler en nombre au filet épervier, ce qui va obliger à les concenter en camp fermé faute de place dans les commissariats pour procéder aux gardes à vue, montre arrêtée ; confiner les cités chaudes avec des sas d'accès contrôlé ; ne pas faire d'exemple, ne pas collectiviser les peines, laisser le pistolet dans l'étui en toute circonstance, le tonfa suffit ; couper les réseaux sociaux si nécessaire, voire même le courant de secteur ; rassurer les forces de l'ordre qui ont bien compris le défi créé par l'instance judiciaire et qui démissionnent en masse, en reprenant en main la Justice. Le temps de réaction des grands naïfs de l'establishment et ceux de la Cour européenne laissera largement celui de la mise au pas ; facultatif : casser la dynamique des fours à coke.

Rien de plus facile dans ce dernier cas : on photographie et on publie les plaques d'immatriculation des acheteurs et on fait pareil de la pièce d'identité de l'acheteur piéton pris en flag. Le bourgeois va cesser rapidement d'aller refaire le plein. Problème avec le droit ? On le change et on traite convenablement les têtes de serpent des réseaux narcotiques ! En passant, on récuse tous les passe-droits des "fils de..." et autres célébrités sans mollir. Bon ! Ça marchera ?
Pas sûr. Le poisson pourrit par la tête et la République aussi.

Il restera ensuite, plus tard, à prendre en compte au niveau de l'Etat les réalités vraies de la société française d'aujourd'hui, fatalement communautarisée, et foutre la paix aux gens dans leurs mœurs et leur vêture par exemple. Cesser l'arrogance des "valeurs républicaines" qui n'en sont pas puisqu'aucun autre pays avancé ne les brandit ni les applique. Un peu de modestie dans l'approche du problème franco-français ne nuira pas, si elle s'accompagne d'une fermeté évidente.
Stop aux grands mots !

samedi 27 février 2021

Discrimination, réalité ou argument ?

Ramzy Bedia
- Ramzy Habib El Haq Bedia -

C'est une mise au point définitive d'un certain Ismaël Saïdi, invité de Léa Salamé sur France Inter, qui m'a décidé de sortir du bois sur la prétendue discrimination à l'embauche des Arabes. M. Saïdi est d'origine tangéroise (comme JL Mélenchon mais lui est espagnol), belge et ancien policier. Après un master de sociologie, il écrit, filme et débat sur les milieux de l'immigration. C'est une pointure, une fois !

A Léa Salamé qui insiste pour lui faire dire qu'il est difficile de trouver un travail ou un logement pour un petit jeune de dix-huit ans quand on se prénomme Mohammed, il répond que ce n'est pas la norme, après avoir beaucoup ri de la question précédente tirée du même tonneau. Effectivement, les penseurs du calife en chemise de nuit et les sociologues payés au mois qui vivent sur la misère des gens, bourrent le mou de la jeunesse des cités pour accroître la revendication identitaire de certains jeunes en désarroi. Et ceux du programme de victimisation qui en réchappent - les plus nombreux finalement - sont systématiquement ignorés par les éditocrates officiels qui pontifient sur les ondes. Toujours réticent à m'insérer dans le débat sociétal, je fais une exception cette fois dans le cadre général de la réconciliation franco-algérienne en chemin, même si le bout du tunnel m'apparaît diablement obscur.

Ces derniers vingt ans de métier entre la France et l'Asie m'ont fait côtoyer des Arabes partout et surtout dans les services comme la banque et les transports, moins dans la fabrication, du moins au contact de la clientèle. Avant d'avoir entendu les récriminations habituelles sur les plateaux de télévision, je n'avais jamais pris conscience d'aucune discrimination des Arabes à l'embauche ; d'autant que la mode de franciser son prénom avait largement disparu dans les années 90 pour afficher fièrement ses origines. Combien d'artisans arabes ai-je rencontré en dehors de ma profession ? Pléthore ! Garagistes, chauffagistes, taxis, peintres, carreleurs et moins souvent des terrassiers ou des jardiniers ; allez savoir pourquoi. En ville, des mitrons, garçons-bouchers, épiciers, préparatrices en pharmacie, des radiologues et mon ophtalmo. Beaucoup d'entrepreneurs individuels dans la réparation informatique ou téléphonique et dans les services à la personne, et aussi beaucoup de journalistes des deux sexes que tout le monde connaît. Combien d'acteurs, d'actrices originaires du Maghreb dans le cinéma français ? Des tonnes. La discrimination ethnique est une absurdité qui se nourrit d'exception confirmant la règle. Madame Salamé est un joli perroquet.

Fille d'un haut-fonctionnaire international archi-connu et d'une mère riche à millions, Léa Salamé, qui a fait un beau parcours académique dans la ouate, n'a jamais "bossé" en vrai. La télévision n'est pas la vraie vie. Aussi voit-elle le monde à travers des articles de presse vite lus ou des résumés qu'on lui fait de traités de sociologie orientés. Sinon, comme Ismaël Saïdi et bien modestement le Piéton du roi, aurait-elle croisé au-dehors des centaines d'Arabes ayant réussi dans leur vie professionnelle, peut-être même des millionnaires montés à la force du poignet comme Mohed Altrad. Et si Forbes France n'en trouve pas dans le Top 50 des patrons français les plus influents sur les réseaux sociaux, c'est tout simplement parce qu'ils ont construit leur carrière en s'arrachant du rang et qu'ils n'ont pas le temps de lâcher le business pour venir faire les paons ; tandis que les vedettes de la bourse descendent de l'olympe des grandes écoles et croient devoir dire. Les Saadé de la CMA-CGM n'y sont pas, Iskandar Safa non plus. La liste des patrons arabes serait longue mais pour marquer le coup nous allons citer avec Capital.fr (clic) : Abdelkrim Benamar, algérien de Montfermeil, vice-président d'Alcatel-Lucent ; maître Haïba Ouaissi, marocain de Longwy, avocat au barreau de Paris , il n'est pas le seul ; Anissa Djaadi-Mezhoud, algérienne de Saint-Etienne, chargée de communication senior chez JC Decaux ; auxquels s'ajoute Fatiha Gas, algéroise, directrice de L'École supérieure d'informatique électronique automatique (ESIEA Paris) qui met son échec en ingénierie dans le privé sur le compte de sa féminité mais pas sur celui de son arabité... Tous ont à dire que le chemin du succès est celui de l'effort, pas celui des excuses. Et pour faire bon poids, faut-il donner la liste des élus arabes ou kabyles ? Au Palais Bourbon, El Guerrab, Hammouche, Khattabi, Laabid, Lakrafi, Laqhila, Mahjoubi ; et ma préférée, Samia Ghali au Sénat jusqu'à l'an dernier (d'accord elle est Chaouie) ; des centaines de conseillers régionaux, des milliers de conseillers municipaux, tous cheminent dans le mille-feuille politique français. On vit des Maghrébins dans les allées du pouvoir dès le quinquennat de Nicolas Sarkozy avec Abderrahmane Dahmane, Fadela Amara, Azouz Beggag, Nora Berra, Jeannette Bougrab et Rachida Dati. Gérald Moussa Darmanin est d'origine algéro-maltaise. Ce sont des gens comme eux qu'il faut inviter sur les plateaux de télévision quand on parle "banlieue" en prime time pour y distiller les recettes du succès, le travail et la persévérance, plutôt que des requérants de discrimination positive comme Belattar, Bouteldja ou Blanchard, autrefois Ramadan. C'est la vraie méthode pour ne pas désespérer les jeunes les plus fragiles des cités qui, le cerveau lavé, ne voient d'autre avenir que dans le trading de came, le rap, l'humour ou le foot, même si Mahrez, Salah, Benzéma et... le dieu Zidane y sont pour quelque chose. Aucune porte n'est fermée si l'on veut quitter cette prison mentale du fantasme de la discrimination ; et pour ce faire, il faut s'adapter au marché du travail et aux mœurs de l'entreprise, petite ou grande. Un peu de courage y aide, un soupçon d'opiniâtreté ne nuit pas !

Sabrina Ouazani

Pour compléter ce billet, il est utile de revenir sur l'affaire de l'enseignement de l'arabe à l'école. Ayant assez d'amis pour en perdre, je dis tout de suite que je suis pour. C'est Boutros Boutros-Ghali, alors directeur général de la Francophonie, qui suggérait que l'expansion de la langue française dans les pays arabes pour y contrer le globish était conditionnée par une certaine réciprocité, l'enseignement de l'arabe en France. Outre le fait qu'il y a environ trois cent cinquante millions d'arabophones dans le monde et que c'est donc une langue commerciale (même s'il existe des variants dialectaux), c'est une belle langue littéraire à la bibliothèque très fournie. L'apprentissage sérieux de l'arabe dans le système scolaire est un atout supplémentaire pour l'éducation de la jeunesse aux civilisations extra-européennes et pour la formation professionnelle des futurs commerciaux, à une condition : que la langue arabe soit incluse dans le circuit LV1, LV2 et ne soit pas une option ludique ouvrant la porte aux dérives communautaristes que l'on peut craindre. On sait depuis toujours que le monde arabe représente un potentiel considérable pour la France qui y jouit d'un préjugé favorable. Certes l'arabe est le latin du Coran mais ce n'est pas sa pratique qui va démultiplier les adeptes de la terre plate et ceux des houris toujours vierges à la fontaine murmurante du paradis. Dit en passant, le jardin islamique est insurpassable de beauté, de parfums, de silence et de chant d'oiseaux. Aller au jardin du Generalife de Grenade n'oblige pas à la circoncision à la sortie. Accessoirement l'enseignement de l'arabe en milieu scolaire, de plein pied avec les autres langues vivantes déjà au programme, marginaliserait les prêcheurs islamiques qui sont souvent de piètres locuteurs, à moins que les islamogauchistes de l'Education nationale ne les infiltrent dans le process, ce qui reste possible si le côté ludique est privilégié. Dernier coup de pied de l'âne, bien des profs de l'université médiévale de Montpellier furent au début de l'Ecole de médecine la plus réputée d'Europe des lettrés arabes sous l'autorité de l'évêque de Maguelone. On n'invente rien.

Ismaël Saïdi aura le dernier mot. Pour lui l’humour est un vecteur puissant pour faire passer des messages de cohésion et de fraternité indispensables à emprunter le droit chemin : « Le point fondamental, c’est de s’accorder sur un horizon commun ; non pas ce que l’on est ensemble, mais ce que l’on souhaite faire ensemble ».

Réussir sa vie ? Action !




- Julia Boutros in Ana Betnafas Horiya/Je ne peux respirer que la liberté -

lundi 11 mai 2020

Bagnoles de Paris

Le déconfinement sanitaire de Paris relance la dispute entre voitures, vélos, piétons et transports en commun. L'infestation probable des transports massifiés et réduits tout à la fois risque de reporter le flux alternatif quotidien sur la voiture individuelle. L'Hôtel de Ville menace les automobilistes d'appliquer la circulation alternée par numéro de plaque au motif du surcroît de pollution, après avoir décidé certaines mesures restreignant la circulation - il reste un second tour électoral à franchir pour continuer à vivre sur la mairie.
S'élèvent ci et là les clameurs dénonçant les caprices pédalos-bourgeois de la clique en charge des affaires municipales, renforcées par celles des représentants informels des banlieusards qui forment une grande partie de la circulation à l'intérieur du périphérique. Tout le monde à vélo ! Stupide.

Il n'en demeure pas moins que la circulation dans Paris tourne chaque jour au cauchemar en temps ordinaires et qu'il faudra bien prendre le problème à bras le corps. L'équipe municipale au volant compte pourrir la circulation au moyen de moult aménagements dissuasifs de la voirie et en déployant partout des pistes cyclables. De leur côté, les oppositions veulent fluidifier le trafic par une gestion numérique des feux de circulation et un réaménagement des grandes places, tout en soutenant vélos et transports en commun : on essaie de ratisser large.
Ceci étant dit, il ne faut pas perdre de vue que l'industrie automobile est une des dernières grandes industries françaises et que les améliorations de la circulation générale ne doivent pas la brimer. De ce point de vue, il est contre-productif de pénaliser la circulation routière - c'est l'histoire lamentable du 80km/h de M. Philippe - et de restreindre en même temps le trafic urbain pour de bonnes raisons. Quand chassera-t-on le Salon de l'Auto de la Porte de Versailles ?


Le temps est venu de mettre sur la table un plan de circulation drastique pour Paris, qui va soulager la ville de ses encombrements. C'est ce que nous proposons ci-dessous pour meubler une semaine qui s'annonce riche en ratés, couacs et foutoir.



Projet de réforme de la circulation parisienne intra-muros ?!



Préambule
La codification est destinée à ceux qui veulent faire un Powerpoint

Le trafic a deux origines : la circulation intérieure (C1) et la circulation de transit (C2).

Il y a trois types de trafics en surface : (T1) les déplacements des services publics de l'Etat (y compris celui des régies de transport), (T2) les déplacements des professionnels assurant des services à la population (artisans et livreurs), (T3) les déplacements individuels à titre professionnel ou privé.

Le trafic est assuré par cinq vecteurs : (V1) les flottes automobiles des services publics, (V2) les flottes commerciales et artisanales des professionnels, (V3) les flottes de taxis et transport à la demande (Uber), (V4) la circulation générale de voitures non dédiée, (V5) les une-roue et les deux-roues.

Le territoire parisien est formé de quatre zones : (Z1) la voirie de grande circulation (boulevards, grandes avenues et périphérique), (Z2) le fleuve et les canaux, (Z3) la voirie haussmannienne, (Z4) la voirie médiévale.

Un projet

(A) Sérier les trafics selon leur origine :

Le transit doit être détourné de Paris en améliorant les conditions de son contournement. En ce sens la neutralisation bienvenue des voies sur berges aurait dû être précédée d'un renforcement du périphérique (surtout au sud), dont le trafic de transit provincial et international aurait dû être déporté sur l'A86 et l'A104 depuis longtemps... si ce pays était gouverné. Mais clientélisme oblige, les grands travaux routiers ont souvent succombé à la préservation du confort de gens bien placés. Le bouclage de l'A86 ouest (de La Jonchère à Marnes-la-Coquette) et celui de l'A104 ouest (Ile de Migneaux) sont exemplaires à cet égard.

On ne doit pas confondre le transit et l'accès depuis l'extérieur. La banlieue doit continuer à entrer dans Paris parce qu'elle est en assure le fonctionnement quotidien.

- le Mur des Fermiers Généraux en bleu, la Barrière de Thiers en rouge -

(B) Associer les zones et les types de trafic :

Si les services publics et au public (T1 et T2) doivent aller partout sans restrictions, tout comme les deux-roues qui n'encombrent pas l'espace (V5), les déplacements individuels (T3) ne devrait pas permettre d'accéder à la voirie médiévale (Z4). Comme on ne peut trier rue par rue, il serait logique d'interdire le centre historique de Paris à la circulation générale (V4) et pour faire simple, sortir les six premiers arrondissements et la moitié est du VIIè du plan de circulation de la Préfecture, à l'exception des grands boulevards (l'ancienne enceinte Philippe-Auguste) permettant de le contourner et des quatre axes traversant à grand débit que sont le boulevard Raspail, les boulevards Saint-Michel-Sébastopol, le boulevard Saint-Germain et la Rue de Rivoli-Saint-Antoine. Les modalités d'accès et de stationnement seraient à définir, sans doute sur la base d'une gestion des plaques d'immatriculation.
La séparation du trafic professionnel et du trafic privé obligera à spécialiser les plaques d'immatriculation des artisans et commerçants en ajoutant par exemple un "SP" comme Services au Public). De même sera-t-il plus facile de contrôler les taxis identifiables par une couleur unique comme dans beaucoup de villes étrangères : le vert-wagon à toit blanc irait bien à Paris.

Il existe une zone concentrique à ce centre historique qui est délimitée par l'ancien Mur des Fermiers Généraux érigé jadis pour percevoir l'octroi. Des boulevards le remplacent aujourd'hui. Ils délimitent les arrondissements 8, 9, 10, 11, 12-ouest, 13-nord, 14-nord, et un peu du 15è et 16è-nord. Cette zone devrait être d'accès réglementé pour la circulation générale (V4) par le biais d'un péage modéré, exception faite des flottes de taxis et assimilés. Le reste du territoire qui représente plus de la moitié de la superficie de Paris serait libre d'accès comme aujourd'hui et le trafic fluidifié par tout moyen intelligent comme la synchronisation des feux en fonction de la charge de la voie.

(C) Régler le problème du stationnement en voirie :

Outre l'occupation plus ou moins illicite de l'espace public, le stationnement des automobiles en surface est une pollution. Comme dans certaines villes étrangères, il serait avisé de lier l'immatriculation d'un véhicule à Paris à la possession d'une place de garage. Il existe encore de la place pour construire des garages à voitures dans Paris ; il existe aussi des parkings-silos qui correspondent bien à l'utilisation sporadique d'un véhicule. Pour le reste, le stationnement resterait payant en journée avec relevé de la vignette Crit'air comme aujourd'hui.


Conclusion

Tout le monde ne peut pas se déplacer à vélo, de même que chacun n'a pas son véhicule qui l'attend en bas de l'immeuble. Mais tout le monde doit aller et venir librement en sûreté. Tout projet de circulation en surface convoque une franche amélioration des transports en commun. Non pas tant pour le maillage qui est excellent à Paris, que pour les conditions de leur utilisation. Sécurité, propreté, amplitudes horaires, il y a beaucoup de travail - c'est un euphémisme - car il ne suffira pas d'en parler mais de téléphoner à Hercule quand il en aura fini aux écuries du roi. On ne va pas rentrer dans la polémique Paris vs. Calcutta qui serait bien trop cruelle pour une équipe municipale à l'emblème du rat.

mardi 8 janvier 2019

Gilets jaunes - rapport d'étape 8½

Du karaté-dansant au fromage républicain
à 14 plaques par mois !
Même si je ne crois pas à la sincérité des gnomes du Château dans l'organisation et l'issue du Grand Débat national, j'ai participé au niveau communal pour saluer la montée en ligne du maire qui a décidé de jouer le jeu démocratique. C'est du travail et je l'en félicite en inscrivant mes doléances dans le cahier municipal.

Comme dit et répété sur ce blogue, le président pouvait rafler la blinde en étalant les cartes que lui offre la Constitution de la Vè République. Pour résumer, faire lui-même le coup d'Etat. Dissoudre la chambre basse, appeler un référendum constitutionnel pour remettre le paysage politique d'équerre, et décentraliser le domaine public non régalien afin de le rapprocher du citoyen, consultable par des "RIC".

Resterait à choisir la circonscription consultative et exécutive. Il doit bien y avoir un énarque à 15000 euros par mois capable de distraire deux jours de son oisiveté à trouver ce territoire.

S'il faut désamorcer l'insurrection mentale des Gilets jaunes avec des mesures appropriées, il faut aussi aller à la racine du problème sans attendre. C'est pour ça qu'il faut pousser les feux de la réforme en se départant de cette gestion de tapis-roulant qui règle un problème et attend le suivant qu'on règlera à son tour au vu des réactions obtenues sur le précédent. C'est stupide mais bien dans les cordes des pieds nickelés aux manettes. Aucune vista.

Je pense que l'équipe actuelle a fait le tour de ses compétences limitées et devrait être débarquée, quitte à ce que le Château reprenne les rênes le temps de l'apaisement. Entendre chaque jour la litanie d'âneries proférées par les Schiappa, Griveaux, Damartin, Pénicaud est le plus sûr moyen de transformer l'insurrection mentale en insurrection sanglante. Ces gens et leurs relais médiatiques n'ont aucune perception des réalités. Ils s'offusquent de réactions parfaitement naturelles comme la cagnotte Dettinger, alors qu'ils devraient analyser à fond les raisons profondes de ces réactions inédites et cesser leur jérémiades indignes d'un "pouvoir".

Le spectacle des violences policières abondamment documentées sur les chaînes d'infox et sur les réseaux sociaux ont suscité un grand émoi en faveur d'un gitan qui a pété les plombs au bout de huit samedis de manifestation et s'en est pris avec brutalité à ceux qu'il a jugé pour brutes. Que valent les coups portés rapportés au trombinoscope des éborgnés, gueules cassées et autres mutilés des manifestations ? Il n'y a pas de réponses officielles. Sauf à seriner que les manifestations n'étant pas déclarées, chacun y allait à ses risques et périls, risques et périls instrumentalisés par les forces de l'ordre comme en Amérique centrale.

Quand au coup de menton du premier ministre hier soir sur TF1, on aurait aimé l'entendre pour le rétablissement de l'ordre dans les quartiers de non-droit qui enserrent toutes nos villes maintenant. S'il veut des idées, qu'il demande. C'est François Pupponi (député de Sarcelles) qui expliquait hier également que si le renseignement marche bien dans son département, la prise en compte des données et la mise en action sont complètement déficientes. En fait il ne se passe rien du tout ! Il n'a pas prononcé le mot "complicité" mais tout un chacun l'a entendu. Alors qu'on cesse les violons à Beauvau et à Matignon et qu'on vide ces putains de tours de toute la vermine accumulée ! On me dit dans l'oreillette qu'ils sont armés. Qui est armé ? Les autres ? Ah merde alors. Je comprends tout.

Un Premier ministre inquiet qui s'abandonne au flicage des mécontents

Pour terminer, je reprendrais deux formules d'Alain Duhamel chez Apolline de Malherbe (ce ne sont pas les mots exacts) : (1) la nouveauté sociale de la situation actuelle est la diffusion de la haine de tous les bords, dans toutes les classes. (2) l'intelligence du candidat Macron n'augurait pas de son savoir-faire, le président élu est nul en "politique".

Et Bernard Tapie de conclure : « qu'il démissionne et se représente, il gagnera au premier tour tant les autres sont mauvais !» M. Macron n'aura jamais l'estomac de jeter les dés de sa réélection.

Postscriptum de ce jour 21h : Chantal Jouanno, éreintée par les réseaux sociaux pour sa cupidité, a démissionné de son poste de direction du Grand Débat national. Dont acte.


lundi 23 novembre 2015

FLVCTVATNECMERGITVR

La communauté citoyenne dans toute sa diversité est condamnée à vivre ensemble ou à périr dans la sauvagerie d'une guerre civile de tous contre tous. Bien que la France ne soit pas le pays de la mesure - les dévastations de nos révolutions sont explicites - elle n'a pas vécu cette douloureuse expérience depuis les guerres de Vendée, même si certaines périodes y ressemblaient fort, comme la Commune de Paris ou la seconde moitié du régime de Vichy. Une guerre civile est carrément atroce et doit être évitée ; relire pour s'en convaincre Les grands cimetières sous la lune de Georges Bernanos, récit de proximité écrit en 1937 à Palma de Majorque.

Les contradictions sociales du pays réel d'aujourd'hui sont les antagonismes de demain matin, qui seront proclamés légitimes par les factions. Ces contradictions de tous ordres ne sont pas réparables ni par décret ni par incitation morale. Elles sont trop anciennes, profondes et racialisées pour être contenues par autre chose que la force du pays légal. Qu'on me démontre le contraire par le raisonnement en évitant la citation des grands érudits morts ! Un état des lieux le plus réaliste possible est à faire avant que de vouloir réorganiser nos territoires, et les statistiques ethniques y aideront beaucoup. Avant de conjurer la guerre civile il en faut connaître les ressorts parce que ce n'est pas qu'une affaire dialectique : il ne suffit pas de la condamner du haut des pupitres, il ne suffit pas de faire l'inventaire des partis présumés vouloir en découdre ; il en faut comprendre la chimie de base et trouver les détonateurs. Je soupçonne l'Administration de disposer de données fiables permettant une photographie fidèle de notre société, données traitées à l'insu des aboyeurs d'hémicycles. On verra bien, en attendant, il faut freiner des quatre fers dans la pente.

Selon Maurice La Châtre*, bon communiste de la première race, la guerre civile, "la plus affreuse de toutes", est fomentée par les intérêts des puissants qui parviennent à rallier un fraction importante du peuple à leur cause et le fait combattre à leur profit. Pour un Rousseauiste tel que lui, tout le mal vient d'en haut : "Les guerres commencent par l'ambition des princes et finissent par le malheur des peuples".

La situation au début de ce XXI° siècle a ceci d'inédit que la menace de guerre intestine est actionnée depuis l'étranger sous couvert d'une purification des mœurs décadentes d'une civilisation en déclin**, la nôtre. Au principe de rédemption des masses guidées par le démon, une secte puissante s'arroge le droit d'intervention dans notre avachissement avec un règlement de campagne écrit au Moyen Age qu'il faut appliquer ici aujourd'hui pour nous "sauver". La guerre civile, si elle éclate en France, sera pour eux une guerre sacrée justifiant toutes les abominations. Ils les ont déjà échantillonnées à la face du monde contre les non-musulmans de Syrie et d'Irak (et les Coptes) afin de nous montrer combien tout devient clair et simple pour un djihadiste, dès lors que le statut d'humain est refusé à leurs captifs.


la Gorgone tranchée


Une guerre civile commence à deux. Si le parti de l'étranger est facilement désigné depuis qu'il nous attaque ouvertement, qui représente le parti de France ? Et là nous sommes assez mal. Toute la classe politique aux affaires a négocié la paix sociale et civique des quartiers contre des empiétements tolérés sur nos us et coutumes qui font ce que nous sommes nous-mêmes et comment nous nous reconnaissons entre nous. La liste est longue, des jours de piscine aux moukhères à la cantine hallal. Je vous l'épargne.

Pour la guerre annoncée on serait tenté de mettre sur le pavois le Front national, parti vierge de compromissions rédhibitoires. Malheureusement, outre le fait que ses dénonciations récurrentes ne sont pas transformables en mesures efficaces - il verse de plus en plus dans l'incantation - son logiciel va boguer en 2017 comme nous l'avons pressenti dans un billet de la semaine dernière (Roucasseries frontistes). Il va donc falloir faire avec l'establishment que l'Opinion essayera de retourner à son secours. Ce sera moins difficile qu'il n'y paraît puisque par définition l'establishment se gouverne par intérêts et défendra donc les "siens" à "nos" risques et périls. La bourgeoisie fera tout pour sauver ses biens nationaux et mettra un mouchoir sur le nez pour le bruit et les odeurs d'éventration.

Reste quand même l'hypothèse valide de pouvoir passer à côté de la guerre civile :

La Châtre n'a pas tellement tort dans sa dénonciation des puissants. Les musulmans qui sont entrés sur le territoire de la république après guerre nourrissaient l'économie de reconstruction du pays qui les faisait vivre en retour, et malgré les soubresauts de la guerre d'Algérie, faisaient chez nous leur pelote ou s'intégraient plus ou moins bien s'ils ne voulaient pas retourner au bled. Les générations suivantes, nées ici ou importées à divers titres dont celui du regroupement familial de Giscard d'Estaing, commencèrent à saturer les structures d'accueil jusqu'à envahir tout l'immobilier de reconstruction, ces futurs bidonvilles de béton appelés cités ! Déverser des milliards sur ces territoires soviétisés économiquement insalubres n'a pu tarir les ferments du désordre ni l'exaltation du repentir chez nous et chez nos zélites, quand nous fûmes déclarés coupables de leur propre misère. Et les descendants des anciens combattants si ce n'est ceux des esclaves noirs, d'enchérir sur les revendications de compensations pour des situations abolies ou éteintes dont ils n'ont pas souffert eux-mêmes. L'impéritie des pouvoirs publics, président en tête, a laissé monter dans tout le pays l'odeur pestilentielle d'un remord qui lui a coupé les jambes.

Et pourtant, les jeunes générations n'ont pas partout baissé les bras comme leurs aînés. Par exemple en zone grise, ceux qui veulent s'arracher à la stigmatisation s'arrachent d'abord aux cités et beaucoup réussissent leur vie chez nous ou chez nos voisins. Les autres se laissent couler dans la facilité de la haine de nous, haine qui se cultive tel un champ de patates dont on retire de l'argent comme le font certains groupes de rap et d'autres maisons de production audio-visuelle, sans compter les ligues morales collées au bouchot qui les engraisse. Détectant une terre fertile, sont intervenues de puissantes sociétés islamiques (que l'on doit distinguer des Etats hôtes pour être honnête) : les prêcheurs islamistes sont financés à bourse ouverte par les fondations missionnaires dont les caisses sont abondées par de riches familles arabes qui gagnent ainsi des indulgences pour leurs pêchés parisiens auprès des dispensateurs de justice immanente. Après une quinzaine de décadence à Paris, il faut revenir aux valeurs domestiques et que ça se voit ! Bien outillés pour reformater les esprits jusqu'à la radicalisation, les imams étrangers parviennent à transformer des esprits faibles en soldats disciplinés, jusqu'à l'abrutissement parfois ; la bêtise coagule dans les sociétés humaines, elle est souvent le meilleur moteur des conquêtes.
Il n'y a pas cent façons d'éviter la guerre civile*** mais une seule : couper d'abord les liens de la nation avec le parti de l'étranger, couper ne veut pas dire distendre mais trancher :

- expulsion des prêcheurs wahhabites et assimilés (on pourrait rêver que le CFCM se charge de les désigner) ;
- contrôle des zones de chalandise des mosquées salafistes et fermeture des locaux en évitant le phénomène de la ratière ouverte ;
- contrôle physique des nationaux radicalisés pour déradicalisation et expulsion des non-nationaux ;
- reprise en main de l'espace public partout ;
- rompre la solidarité presque instinctive qui unit toutes les fractions musulmanes face aux "mécréants" en condamnant les excuses aux déviants pour apologie du crime ;
- négocier un traité de non-ingérence réciproque avec la péninsule arabique dont les Etats se chargeraient de faire la police chez eux et n'interviendraient plus chez nous.
- Reste à la population à manifester publiquement sa défense des coutumes françaises et accepter le réarmement moral qui lui rendra sa fierté malgré les jappements des pourrisseurs qui ont conquis les tréteaux médiatiques. Si la classe politique ne parvient pas à nettoyer le pays, quoique le bon démagogue sache très bien suivre le mouvement d'opinion, il faut s'en débarrasser et passer à la démocratie directe qui élira, n'en doutons pas, un dictateur à la romaine pour faire le travail de vidangeur. Les Français aiment bien l'homme providentiel mais le système est verrouillé jusqu'ici par les partis politiques qui ont chacun le leur. Seule la haute administration de l'Etat régalien, dégoûtée de la pusillanimité des politiques peureux qui la met en danger, pourrait se charger de préparer cette substitution...

On ne manquera pas non plus d'inciter lourdement les théologiens musulmans à mettre à jour en France le Coran et réviser la Sunna - il y a de l'écho dans la société musulmane sur ce point - mais la Sunna est la base de toutes leurs divisions, divisions sanglantes, il faut le rappeler. L'affaire prendra quelques années du fait des combats internes entre les hérésies mais la pression devra être maintenue jusqu'au bout.


A partir de là et pour consolider la paix acquise à l'intérieur, la majorité silencieuse, nous tous, doit signaler son acceptation des différences par ce qu'on appelait jadis l'urbanité des comportements sociaux. Vivre ensemble plus que jamais, mais sans eux, ceux qui nous détestent en tant que nation, ceux qui non seulement veulent notre mort mais nous tuent. Soyons aimables avec autrui qui vient en paix, et particulièrement curieux des mœurs culinaires et chorégraphiques qu'apportent chez nous les invités depuis leurs lointains ailleurs. Mais pas avant que les dispositions ci-avant n'aient été appliquées complètement. A défaut de quoi, le futur sera particulièrement bruyant en France. En attendant...




So, ring the bells that still can ring
Forget your perfect offering
There is a crack in everything
That's how the light gets in

The birds they sang at the break of day
"Start again", I seem to hear them say
Do not dwell on what has passed away
Or what is yet to be

Ah, the wars, they will be fought again
The holy dove, she will be caught again
Bought and sold and bought again
The dove is never free

Ring the bells that still can ring
Forget your perfect offering
There is a crack, a crack in everything
That's how the light gets in

We asked for signs, and the signs were sent
The birth betrayed, the marriage spent
Yeah, the widowhood of every single government
Signs for all to see

I can't run no more with that lawless crowd
While the killers in high places say their prayers out loud
But they've summoned, they've summoned up a thundercloud
And they're going to hear from me

Ring the bells that still can ring
Forget your perfect offering
There is a crack, say crack in everything
That's how the light gets in

You can add up the parts, but you won't have the sum
You can strike up the march, on your little broken drum
Every heart, every heart to love will come
But like a refugee

Ring the bells that still can ring
Forget your perfect offering
There is a crack, a crack in everything
That's how the light gets in

Ring the bells that still can ring
Forget your perfect offering
There is a crack, a crack in everything
That's how the light gets in
That's how the light gets in
That's how the light, gets in.
............................


* M. de la Châtre (1814-1900), Dictionnaire universel, Paris 1856
** C'est un peu vrai...
*** Le danger de guerre civile doit être prévenu en dehors des opérations de guerre extérieure contre l'Organisation Etat islamique en Syrie et en Irak. Les deux sont nécessaires mais le nettoyage du terrain national doit assécher les facilités d'accueil du terrorisme en France.

dimanche 30 janvier 2011

Af-Pak, finir le job !

Nous entrerons cette semaine dans l'année du Lapin d'Or (le 3 février). Normalement, c'était jusqu'ici un signe de tranquillité pour une année diplomatique. Mais la règle zodiacale est de métal ; attention les doigts. Les natifs de ce signe sont dits offenser le Ciel de l'Est et doivent s'approcher de trois signes favorisés que sont le chien (comme wardog), le cochon (de lait du méchoui pas hallal) et la chèvre (du légionnaire). Les pythisses taoïstes prédisent aux natifs des autres signes une année barbante ! Pourquoi devrons-nous alors combattre encore en Afghanistan si sous de tels auspices il ne se passe rien ? Nous l'allons montrer tout à l'heure.
Fin du chapeau gai.

Avertissement sans frais : Ce billet n'a pas l'outrecuidance d'être un renfort pour la politique offensive du président Sarkozy, qui nous lit chaque matin bien sûr, mais la convergence d'idées ne peut nous épargner un certain effort d'analyse, au moment où se lèvent ci et là les clameurs munichoises du renoncement, même dans la sphère royaliste. On pourra lire avec quelque effarement le billet pacifiste et désinformé de M. Renouvin en cliquant ici.

Recadrage

Cette guerre n'est pas américaine même si Dominique de Villepin et Ségolène Royal en débat à Grenoble vendredi dernier (28.01.11) nous l'affirment. Elle n'a pas été déclarée par le président des Etats-Unis un lendemain de cuite, mais par une puissance étrangère de la manière la plus spectaculaire possible, en détruisant avec fracas deux gratte-ciel emblématiques de la capitale de l'Occident, New York. Seuls les Japonais à Pearl Harbor avaient fait mieux, mais pas en terme de victimes ! 2605 sans les avions en 2001 contre 2403 en 1941. Dire que la guerre est américaine signifie qu'ils l'ont bien cherché ! A qui le tour ? La France ? Qui l'aura bien cherché aussi ? Cette puissance étrangère était al-Qaïda, et personne d'autre - désolé pour les paranoïaques du complot maison -, al-Qaïda alliée au régime taliban afghan d'alors et à quelques autres services secrets islamiques parce qu'on sait déjà tout. L'émoi fut planétaire mais pas dans le même sens partout. Deux constatations du rédacteur : dans les immeubles bourgeois du Caire, on a ci et là sabré le champagne la nuit du 11 septembre. Dans le quartier du Panier à Marseille, chaque "Onze" c'est nuit blanche et musique à fond !

La réaction la plus saine à l'attentat gigantesque était d'aller éradiquer le nid de freux qui avaient organisé ça, et le président Chirac, un des premiers sur le tas de ruines fumantes, joignit nos forces spéciales à l'expédition punitive. Rappelons qu'elles furent les seules à avoir vu Oussama ben Laden dans l'alidade mais n'ont pas reçu l'ordre de stop (?).

Que l'Administration Bush ait foiré la suite, n'est pas discutable. Voulant finir la guerre que son père avait d'une certaine façon perdue, et sous les pressions du lobby pétrolier dont il était issu, le président Bush junior laissa courir la désinformation propagée par le Pentagone, son vice-président et les services, pour attaquer préemptivement l'Irak arrogant et d'une certaine façon "tuer le père". Ce faisant, il sauvait al-Qaïda de l'incinération finale en reportant tous ses efforts entre Tigre et Euphrate. Il finit par le comprendre et se débarrassa des faucons mouillés¹ pour son second mandat.

Son successeur a abandonné la démocratisation forcée d'un pays qui n'existe pas en temps de paix pour rétrécir ses ambitions, afin qu'elles tiennent dans un calendrier électoral. Paradoxalement c'est du côté de la démocratisation rustique et de la libération des femmes et des fillettes (elles vont à l'école, enfin !) que l'empreinte sera la plus durable, quelle que soit la fin de l'histoire.

La stratégie de l'Administration Obama en Afghanistan est limpide si elle n'est pas simple : finir l'état-major central d'al-Qaïda et sécuriser les fusées nucléaires pakistanaises. La méthode ne l'est pas moins : nettoyer, tenir la position, construire de l'infrastructure, transférer la position aux autorités afghanes (clear - hold - build - transfer). A quoi s'ajoute, la destruction systématique par les drones de la CIA des talibans et alqaïdistes réfugiés aux Warziristans. Le score monte chaque jour et la ressource en moudjahidine d'un certain niveau n'est pas inépuisable.

Nul ne sait si la Coalition aboutira sur son projet, les certitudes se dévoilant toujours après coup quand on écrit l'histoire. Mais déjà il y a une majorité dubitative chez les analystes-experts quant au succès de l'entreprise, ce qui pour moi ne veut pas dire plus que quantifier le flux d'informations, et sans doute pas établir la bonne solution par la loi du nombre. Il n'en reste pas moins vrai que le pays recèle de grandes zones d'insécurité qu'il ne semble pas possible en l'état de réduire.

Demain

Le reproche de guerre américaine va de pair avec celui de l'otanisation. Faisons un sort à la vassalité consécutive à l'otanisation de nos forces armées. Combien de fois faudra-t-il répéter que la charte atlantique et sa pratique n'obligent pas à suivre aveuglément la puissance dominante de l'Alliance. En mars 2003, des pays essentiels à l'OTAN ont refusé leur concours aux anglo-américains. Il faut les citer à nouveau pour les malentendants : La Turquie en charge des intérêts de l'Alliance au Moyen-Orient, l'Allemagne au centre du dispositif atlantique continental, la Belgique pays hôte des sièges OTAN les plus importants, le Canada pays frère des Etats-Unis. La France, non impliquée alors dans le commandement intégré, pouvait refuser elle aussi sans problème l'aventure Bush II. Le Setter fou du Quai d'Orsay en décida autrement pour passer à la postérité, en organisant une guerilla extravagante au siège de l'ONU à New York contre notre allié de référence qui versait dans la fabrication la plus douteuse ! C'était son problème ! Nous en fîmes le nôtre², incapables de peser d'aucune façon sur l'issue inéluctable, la guerre.

Depuis, beaucoup d'eau est passée dans les oueds du désert ! Le Croissant vert dont les situations conflictuelles étaient paradoxalement calmes est depuis quelques semaines secoué par les révoltes arabes. A l'exception des sujets des émirats du Golfe persique, ces peuples ne furent jamais gouvernés gentiment puisqu'on leur prêtait un tempérament d'amadou. Ils affrontent la Trique dans une hystérisation traditionnelle mais peuvent obtenir une démocratie. Si ces pays obtiennent des démocraties à l'occidentale (pas d'autre modèle en rayon), le contrecoup sera rapide hors du monde arabe. On pense à l'Iran en quasi-faillite économique et à ses voisins afghans, lassés de la guerre des clans. Même si d'expérience on en sait l'issue, tout prurit démocratique dans ces contrées nous sera favorable car il désagrègera les pyramides féodales corrompues jusqu'à l'os, et ouvrira le vide créé à celui capable de mettre le paquet. Espérons que Barack Hussein Obama soit à l'heure !

Quoiqu'il advienne, en Afghanistan, nous sommes engagés avec tout le monde atlantique, et d'au-delà, pour faire aboutir le choix stratégique américain précité (al-Q et bombe A pakistanaise). Comme tout le monde, nous programmons le retrait de nos forces en fonction des acquis, à commencer par la capacité de l'ANA à pacifier ses territoires. Le job fini, bien ou moins bien, nous partirons tous ensemble. Qu'adviendra-t-il si la Coalition échoue et reflue ?

Après-demain

Gouverner c'est prévoir, et ceux qui réclament notre départ rapide sans expliquer la suite donnée se disqualifient des fonctions gouvernementales. C'est triste d'en trouver chez nous.

Si la Coalition échoue et reflue, l'islamisme mais pas seulement lui, beaucoup de gens dans le monde musulman, jusqu'à une certaine bourgeoisie, fêteront la victoire des pouilleux de la montagne sur les Croisés hyper-équipés et en surnombre qui les ont défiés. Tous les partis islamistes seront submergés d'adhésions et de militants enthousiastes. L'Islam radical sortira partout vainqueur, sauf en Chine peut-être. Au Pakistan, les foules surchauffées feront le lit des fondamentalistes et les vibrations déstabiliseront l'Inde. Les deux puissances sont nucléaires, en guerre larvée et n'ont pas confiance en la parole donnée par l'autre. En Iran, le pouvoir des mollahs qui nous détestent n'aura plus de craintes et les freins du programme de bombe atomique seront desserrés. On égorgera un caricaturiste danois au prochain Aïd pour le fun.

En France, ce sera moins dramatique ...au début.
Où nos caves d'immeubles en cité sont taguées aux pochoirs Ben Laden et AQMI, les fondamentalistes recruteront facilement et auront sous la main des masses malléables qui pourront être plus tard ordonnées en cohortes. La charia et l'engagement moudjahid se diffuseront dans les cités et nous verrons naître de petits émirats particulièrement vénéneux et quasiment blindés dans toutes nos conurbations. Les musulmans sincères se tairont, à moins d'être les premières victimes de la radicalisation. Des voix plus fortes que d'habitude s'élèvent de leurs rangs ces jours-ci pour dénoncer la prise en otage de l'islam par les terroristes. La persécution des chrétiens d'orient leur est insupportable puisqu'ils sont ici dans une position symétrique aux coptes d'Egypte. Cliquer ici sur l'entretien donné au Progrès de Lyon par le président du conseil régional du culte musulman en Rhône-Alpes. Cela suffira-t-il à contenir les salafistes des cités et leurs supplétifs de droit commun ? Bien sûr que non.

On se doute qu'il en sera de même en Angleterre et dans d'autres pays infectés par l'islamisme. Ne parlons pas de l'Afrique du Nord qui passera rapidement sous la coupe des fondamentalistes, soit brutalement, soit sur le modèle turc par le détour d'une conversion des campagnes.

Qui les affrontera ici ? Nos CRS sont-elles aguerries(4) ?De qui sont composées nos compagnies d'infanterie ? Qui se fraiera un chemin à travers leurs défenses faites de femmes et d'enfants, comme à Gaza ou... à Chanteloup-les-Vignes tel que je l'ai de mes yeux vu ? Qui ouvrira le feu à deux cents mètres pour économiser la voltige ? Qui décrètera le couvre-feu général et le fera respecter ? La patrie-des-droits-de-l'homme et ses religionnaires de la tolérance communautarisée lèveront-ils d'immenses cortèges pacifistes et violents à la fois comme on en vit durant la crise des Pershing, lorsque Mitterrand disait au Bundestag en 1983 : "les SS-20 sont à l'est mais les pacifistes sont à l'ouest"; et comme on le revit à Strasbourg lors du 60° sommet de l'OTAN en avril 2009 ?

Nous pourrons "tenir" trois ou quatre cités embrasées, mais pas toutes. Et ceux qui veulent subvertir notre société décadente le savent bien. Le désordre appelle immanquablement l'ordre. L'offre viendra tout naturellement des boutefeus, on l'a déjà vu lors des émeutes dites de Clichy-sous-Bois en 2005. Il faudra négocier des avantages et leur vendre pas cher quelques chameaux d'apaisement³. Mais sur la crémaillière de la Conquête, l'islam fondamentaliste aura gagné un ou deux crans, jusqu'à la prochaine fois. Et ainsi de suite.

Aussi devons-nous déjà faire front à la source de la menace et rester en Afghanistan jusqu'au bout pour ne pas perdre la face. Et en cas d'échec, improbable mais quand même, nous rentrerons avec tous les coalisés, ayant tous le même problème à résoudre au retour dans nos pays respectifs, ce qui suscitera cette fois une autre forme de solidarité, sur le maintien de l'ordre et le renseignement, solidarité sans laquelle l'avenir sera très sombre pour notre civilisation.

Dès ce moment nous saurons aussi que la vitrification préalable des républiques fondamentalistes d'Iran ou du Pakistan sera une option stratégique ouverte ! Mais ceci est une autre affaire dont nous espérons n'avoir jamais à parler.

A quelque chose malheur est bon, notre armée de terre a fait un saut qualitatif important par sa participation à la guerre coalisée, les opérations de gendarmerie débonnaire africaine l'avaient entièrement rouillée. La lame brille hors du fourreau.

Notes :
(1) expression traduite de celle créée par The New Hampshire Gazette qui englobait tous les va-t-en-guerre de la première Administration Bush Jr qui surent dans leur jeunesse échapper à l'expédition du Vietnam et se déclarèrent experts contre les officiers généraux. Voir leur « chickenhawk hall of shame ». En français nous les appellerions les planqués de l'arrière.
(2) surtout lorsque en conférence de presse, à la question de savoir qui de Saddam Hussein ou des Etats-Unis la France voulait le succès, Villepin refusa explicitement de répondre. Le discours de Villepin à l'ONU est ici.
(3) il suffit de connaître le catalogue de revendications en Angleterre pour savoir de quoi il retourne. On va jusqu'à l'entrée de la charia dans les prétoires, au motif du droit coutumier anglais !
(4) ces temps-ci des pelotons entiers de CRS (Lyon, Marseille, Perpignan) se font porter pâles pour contourner la loi d'astreinte permanente et d'une certaine manière, faire grève.

Soutenons le soldat français

C'est donc bien contre les effets induits sur notre propre sol d'une éventuelle capitulation que se battent avec courage et talent nos soldats, et pas pour le triomphe de la Pax americana. Soutenons-les ! Le soutien de l'arrière est plus nécessaire encore quand la situation au front est difficile. Ne les décevons pas comme nous le fîmes à leurs aînés d'Indochine et d'Algérie. Et surtout de notre bord ! « France, mère des arts, des armes et des lois ». Il faudrait que le sonnet patriotique de Joachim du Bellay se vérifie de temps en temps. Ce ne sera pas drôle tous les jours, mais c'est par mauvais temps qu'on reconnaît les âmes sures.



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samedi 26 septembre 2009

Banlieue fantasmes et réalités

affiche TechnoparadeLa Technoparade de Jack Lang et Frédéric Mitterrand - quel attelage - avançant ses chars sous la bannière "Paris Mix CITY" a été attaquée par la Diversité. Gag !
Il y a dix ans, Maurice sévissait sur Skyrock en appelant un chat un chat. La manière n'était pas politiquement rentable puisque nous étions alors en pleine cohabitation entre un hareng-saur à l'Elysée et le charismatique lavabo de Matignon qui avouera plus tard son angélisme. Depuis lors, on a brûlé plus de 300.000 "caisses" en banlieue et saccagé des quartiers entiers à Clichy sous bois, Montfermeil, Villiers-Le-Bel... et en province. Sont venus avec quelques dizaines de millions d'euros, les matamores du kärcher, les explicatrices insoumises, les imans du vendredi, les socialos du dimanche et les brigades volantes de la nuit, à nul effet. On se demande même qui va protéger la police, injustement attaquée ! L'enregistrement de 17 minutes ci-après est frappé au coin du bon sens, c'est de cela dont on manque le plus en France. Tournez la page...


Maurice à Skyrock : Les banlieues
envoyé par -Gavroche-


Maurice sévit aujourd'hui le soir sur Oui FM à 21h et par là aussi.
PostScriptum : cet enregistrement a été signalé par Quentin sur le forum ViveLeRoy






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jeudi 4 décembre 2008

Tartagueule à la récré

bébé ninjaSi la mise en musique génétique des racailles-en-devenir n'a pas eu le succès escompté dans les allées parlementaires où passent beaucoup de pères de famille, la mise au pas de la société n'en poursuit pas moins sa marche en avant. Le chef de la police qui nous gouverne ordonne à la chancellerie d'incarcérer les gosses de douze ans. Son porte-parole et garde-enceinte qui travaille pour l'empire, ne se fait aucun souci, le gène de la délinquance n'ayant pas été dépisté lors de l'échographie de l'inconnu.
Le rapport ad hoc transformable en projet de loi a été remis hier au ministre de la Justice par M. Varinard. Il ne s'agit que de le vendre à l'Opinion. Ce contre quoi proteste les experts et les juges, outre la transgression éthique, tient à la faiblesse numérique des populations visées : Au 1er octobre 2008, on détenait dans les prisons et centres français 673 mineurs. Les condamnations au pénal concernent chaque année une poignée d'adolescents de moins de 13 ans et quelques centaines de jeunes âgés de 13 à 18 ans. Ce n'est donc pas cette mesure qui va pacifier le peuple immense des enfants ...

De l'autre main, on crée des effectifs pour la loi Varinard (clic !) en pénalisant certains délits par la prise en compte de circonstances aggravantes, la plus commune étant les violences à représentant de l'autorité publique, la question étant toujours la même : "qui protègera la police ?". Dans la foulée, dès fois que le rapport passe en bloc à l'Assemblée, on instaure une garde à vue de 6 heures extensible à 12 heures pour les enfants de 11 ans (onze).
Vivant au voisinage des bandes, je ne tomberai pas dans l'angélisme jospinien parce que je mesure le danger pour notre société de cette formation en creux des voyous dès la sortie de la petite enfance. Mais quand l'Etat dans ses deux pouvoirs régaliens¹ franchit l'obstacle de l'âge sans circonscrire son assaut aux cas spécifiquement visés - la morale républicaine de l'universalité des lois le lui interdit -, je dis qu'il menace abusivement tout ce qui pourrait ressembler à la promesse de menaces en herbe, quelle que soit la couleur et texture des cheveux que l'on tire. C'est de la guerre préventive ; il ne s'agit plus que de créer ses motifs à l'envi pour la faire. Edvige plus Varinard, ça fait beaucoup, mais le gouvernement est serein in petto puisqu'il rassure le peuple immense des couards, ceux qui baissent les yeux ou détournent la tête quand surgit la violence dans un wagon du RER.

borsalino haute époque
En fait nous ne vivons pas sous la dictature de quelques fidéicommis des cent familles maçonnes ou autres billevesées de comptoir, mais tout bonnement sous la dictature de nous-mêmes assemblés en peuple de la trouille. Nous créons en continu les instruments de notre propre asservissement, remettant nos réactions éventuelles aux périodes de consultations truquées que nous offre l'Etat.
Que faire sinon, me diront les supporters de la force ? Rien d'efficace tant que notre société hyper-urbanisée sera malade d'elle-même. Les lemmings résolvent le stress de l'agoraphobie en sautant la falaise. Nous choisissons de nous dévorer. C'est l'essence même de la démocratie, le peuple est souverain même con !
La social-démocratie pétrie de leurres et de fausses bonnes intentions a échoué. Il serait simplement avantageux de la remplacer par une société naturellement hiérarchisée, mais d'abord juste, avec sa contrepartie, le hérissement des libertés comme "autrefois". On ne peut y atteindre sans cesser le régime actuel qui est prouvé irréformable avec un pronostic tyrannique.

couronne de roi
Les "hommes de la Liberté" (pauvre Manceron) ne sont pas les révolutionnaires et leurs descendants, qui n'eurent de vergogne à accaparer ce concept éminemment racoleur, et juteux pour eux en terme d'élévation sociale, mais ceux qu'il raccourcirent pour les passer à la toise égalitaire. Partis des motifs rousseauistes de l'Île enchantée, ils aboutirent au casernement de la pensée et des corps, et aujourd'hui dès l'âge de onze ans !
Pouce ! Au roi, vite !

Note (1) : pouvoir de justice et pouvoir de police



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lundi 31 mars 2008

RAP 3

Kery James
En attendant que les Sarkozy s'inquiètent du sort peu reluisant des Français (j'allais dire leurs concitoyens) qui au 1er juillet prochain seront la risée de l'Europe, parce que banqueroutiers de leur modèle social, lisez du rap d'entrepreneur !
Instructif sur l'état d'esprit des banlieues et complètement français !

Seconde et dernière piqure de rappel : Kery James.
Extrait de son nouvel album dans les bacs aujourd'hui sous le titre : Banlieusards :
L'écran page suivante ...



Partition de Kery James

Son site officiel en cliquant ici

On n'est pas condamné à l'échec,
Voilà le chant des combattants,
Banlieusard et fier de l'être, j'ai écrit l'hymne des battants,
Ceux qui ne font pas toujours ce qu'on attend d'eux,
Qui ne disent pas toujours ce que l'on veut entendre d'eux,
Parce que la vie est un combat
pour ceux d'en haut comme pour ceux d'en bas.
Si tu n'acceptes pas ça c'est que t'es qu'un lâche,
Ecoute ce morceau, lève toi et marche.

C'est 1) pour les miens, arabes et noirs pour la plupart
Et pour mes babtous (blancs), prolétaires et banlieusards.
Le 2) ce sera pour ceux qui rêvent d'une France unifiée
Parce qu'à ce jour y'a deux France, qui peut le nier ?
Et moi je serai de la 2ème France, celle de l'insécurité
Des terroristes potentiels, des assistés.
C'est ce qu'ils attendent de nous, mais j'ai d'autres projets, qu'ils retiennent ça,
Je ne suis pas une victime mais un soldat,
Regarde moi, je suis noir et fier de l'être,
Je manie la langue de Molière, j'en maîtrise les lettres,
Français parce que la France a colonisé mes ancêtres,
Mais mon esprit est libre et mon Afrique n'a aucune dette.

Je suis parti de rien, les pieds entravés.
Le système ne m'a rien donné, j'ai dû le braver.
Depuis la ligne de départ, ils ont piégé ma course
Pendant que les keufs me coursaient, eux investissaient en bourse.
J'étais sensé échouer, finir écroué,
La peau trouée, et si j'en parle la gorge nouée,
C'est que j'ai nagé dans des eaux profondes sans bouée.
J'ai le ghetto tatoué, dans la peau, j'suis Rebel comme ekoué
Mais l'espoir ne m'a jamais quitté
En attendant des jours meilleurs, j'ai résisté
Et je continue encore.

Je suis le capitaine dans le bateau de mes efforts
Je n’attends rien du système, je suis indépendant.
J'aspire à être un gagnant donné perdant,
Parce qu'on vient de la banlieue, c'est vrai, qu'on a grandi, non
Les yeux dans les bleus mais des bleus dans les yeux.
Pourquoi nous, dans les ghettos, eux à L'ENA,
Nous derrière les barreaux, eux au Sénat,
Ils défendent leurs intérêts, éludent nos problèmes,
Mais une question reste en suspens : qu'a-t-on fait pour nous même ?
Qu'a-t-on fait pour protéger les nôtres
des mêmes erreurs que les nôtres ?
Regarde ce que deviennent nos petits frères :
D'abord c'est l'échec scolaire, l'exclusion donc la colère,
La violence et les civières, la prison ou le cimetière,
On n'est pas condamnés à l'échec.

Pour nous c'est dur, mais ça ne doit pas devenir un prétexte
Par honneur pour ce qu'ont accompli nos parents
On n'peut pas baisser les bras.
Malgré les déceptions et les dépressions
Suite à la pression, que chacun d'entre nous ressent,
Malgré la répression et les oppressions
Les discriminations, puis les arrestations,
Malgré les provocations, les incarcérations,
Le manque de compréhension, les peurs et les pulsions,
Leur désir, de nous maintenir la tête sous l'eau
Transcende ma motivation,
Nourrit mon ambition.

Il est temps que la 2ème France s'éveille.
J'ai envie d'être plus direct, il est temps qu'on fasse de l'oseille (argent)
Ce que la France ne nous donne pas on va lui prendre.
Je veux pas brûler des voitures, mais en construire, puis en vendre
Si on est livré à nous même, le combat faut qu'on le livre nous même
Il ne suffit pas de chanter, « regarde comme il nous malmène »
Il faut que tu apprennes, que tu comprennes et que t'entreprennes.
Avant de crier « c'est pas la peine ! quoi qu'il advienne, le système nous freine ! »
A toi de voir ! T'es un lâche ou un soldat ?
Brandis l'épée du courage, entreprends et bats toi !

Banlieusard et fier de l'être,
On n'est pas condamné à l'échec, diplômés, éclairés ou paumés
En 4x4 en tromé (métro), gentils ou chantmé (méchant)
La banlieue a trop chômé, je sais ce que la France promet
Mais que c'est un crime contre notre avenir que la France commet
C'est pour les discriminés, souvent incriminés,
Les innocents, qu'ils traîtent comme de vrais criminels.
On a l'image des prédateurs, mais on n’est que des proies
Capables mais coupables et exclus de l'emploi.

Si je rugis comme un lion c'est que je n’compte pas me laisser faire,
Je n'suis pas un mendiant, je suis venu prendre ce qu'ils m'ont promis hier,
Même s'il me faut 2 fois plus de courage, 2 fois plus de rage,
Car il y a 2 fois plus d'obstacles et 2 fois moins d'avantages,
Et alors ?! Ma victoire aura 2 fois plus de goût.
Avant de pouvoir la savourer, j'prendrai 2 fois plus de coups,
Les pièges sont nombreux, il faut que je sois 2 fois plus attentif,
2 fois plus qualifié et 2 fois plus motivé.

Si t'aimes pleurer sur ton sort, reste pas à côté de moi
Je te le répète, je n'suis pas une victime mais un soldat,
Banlieusard et fier de l'être
On n'est pas condamné à l'échec !

On est condamné à réussir,
A franchir les barrières, construire des carrières.
Regarde ce qu'ont accompli nos parents,
Ce qu'ils ont subi pour qu'on accède à l'éducation.
Où serait-on sans leurs sacrifices ?
Comme Mahmoud pour Thays.....
Bien sûr que le travail a du mérite
Ô combien j'admire nos pères,
Manutentionnaires mais fiers,
Si on gâche tout, où est le respect ?
Si on échoue, où est le progrès ?
Chaque fils d'immigré est en mission,
Chaque fils de pauvre doit avoir de l'ambition,
Tu peux pas laisser s'évaporer tes rêves en fumée
Dans un hall enfumé,
A fumer des substances qui brisent ta volonté,
Anesthésient tes désirs et noient tes capacités.
Arrête, on vaut mieux que ça !
Rien n'arrête un banlieusard qui se bat.
On est jeunes, forts et nos sœurs sont belles,
Immense est le talent qu'elles portent en elle.
Vois-tu des faibles ici ?
Je ne vois que des hommes qui portent le glaive ici.
Banlieusards et fiers de l’être,
On est pas condamné à l’échec !

Ce texte je vous le devais,
Même si je l’écris le cœur serré,
Et si tu pleures, pleure des larmes de détermination,
Car ceci n'est pas une plainte, c'est une révolution !

[choral]

Kery James


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