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jeudi 9 décembre 2021

Nouméa - Bruxelles

Dans les vingt, trente jours qui viennent, il y a deux choses qui marqueront notre avenir, le résultat du référendum en Nouvelle Calédonie dimanche prochain et la présidence par la France du Conseil de l'Union européenne à partir du 2 janvier 2022. La campagne électorale pour la présidentielle d'avril, si elle est indispensable à la bonne santé financière des chaînes d'information qui en font tout un fromage avec le soutien des instituts de sondage, n'est pas déterminante pour l'avenir de notre pays trop profondément blessé pour être réhabilité en moins de dix ans comme certains nous l'annoncent. Le déterminisme socio-politique nous tire vers l'abîme, lentement, sûrement, parce que le peuple a été drogué à l'assistance publique depuis quarante ans, ce qui lui ôte tout ressort au-delà de grogner. Au milieu des dettes et des déficits, un peuple sain aurait lanterné ses dirigeants sur l'air guilleret de la Carmagnole.

Nouméa : le Conseil d'Etat a rejeté hier la demande de report du troisième référendum déposée par les indépendantistes à des motifs coutumiers. En parallèle, il a été saisi par quelques personnalités pour interdire la diffusion d'un dessin animé vantant le "non" à l'indépendance avec un humour que d'aucuns transforment en racisme, c'est à la mode. Des chercheurs anticipent un boycot du scrutin par la moitié "aborigène" de la population, ce qui enlèverait toute valeur au résultat. On avait bien compris, et ce depuis longtemps, que tout résultat qui ne donnerait pas l'indépendance à la Nouvelle Calédonie serait contestable. Le problème est qu'en l'espèce, plus de la moitié des habitants est française (métropolitaine, d'outremer ou walisienne) et que cette moitié, qui va au charbon chaque jour, n'entend pas nourrir longtemps des communautés contemplatives au niveau où elles sont assistées jusqu'ici. Il n'y a aucun suspense. Par le retrait du FLNKS, la grande île restera française... et l'agitation larvée d'une partie de la population canaque persistera, de manière plus ou moins violente selon le savoir-faire des agitateurs qui nous veulent du bien. Il est fort probable que la demande de report ait été motivée chez les indépendantistes par une prévision d'échec (ce serait la troisième fois). Ne doutons pas non plus que la fin de ce projet de rupture renverrait dans leur case les chefs du FLNKS qui n'ont que ça comme métier. On devra donc s'attendre à une sorte d'insécurité que le pouvoir local devra gérer.
Lévina Napoléon

Les grands déçus, outre la poignée de Canaques qu'on a convaincus d'un bonheur indépassable seuls au monde, seront l'Australie et la Chine populaire, toujours en recherche de minerai coté au London Metal Exchange et qui, pour la première, avait montré son intérêt à l'époque des "Evènements" (Ouvéa), en soutenant en sous-main l'insurrection de Tjibaou par ses agents de terrain. Notre souveraineté à Nouméa est la clef de toute influence française dans le Pacifique Sud. Aurions-nous perdu la Nouvelle Calédonie que la Polynésie française nous quittait à son tour sous les efforts conjugués de nos alliés de l'anglosphère et de l'Assemblée générale des Nations Unies qui a toujours cette "libération" à son agenda. C'est en fait du "grand jeu".

Le petit jeu est le semestre français au Conseil européen. Bruxelles : on nous y attend, n'en doutez pas. En fait, nos partenaires attendent surtout les déclamations de notre donneur de leçon national qui va se prendre pour Napoléon pendant quatre ou six mois. L'Europe rieuse (le Club Med) bizarrement ne rit pas, car elle sait déjà qu'elle va être sollicitée jour et nuit par les gens de M. Macron en renfort des objurgations françaises à défaire les contraintes et seuils qui brident la gabegie de Paris. L'Europe sérieuse par contre, se marre, parce qu'elle sait déjà qu'elle va mettre le nez du fringant jeune homme dans l'état de calamités financières de son pays après cinq ans de son gouvernement. Les coups les plus durs viendront des pays dont la balance commerciale est excédentaire. A faire en revanche la liste des pays en déficits sur ce plan*, nous comprenons que jamais ne fut mieux porté par la France son titre de Reine des Gitans. Il ne confère aucune autorité plus loin qu'aux Saintes-Maries-de-la-Mer. S'il ne le sait, il va l'apprendre.
* Roumanie, Grèce, Espagne, Portugal, Croatie, Chypre et Bulgarie (source)
.
M. Macron arrive à Bruxelles en même temps que MM. Scholz et Lindner qui ont pour cible la restauration progressive d'une rigueur budgétaire à laquelle devront se plier les grands programmes européens initiés par les Français. Ils viennent à Paris cette semaine pour serrer des mains et donner leurs limites, n'attendant de notre pays qu'un plan Shröder/Hatz de réparation des comptes sociaux, comme notre Miquet à la Houppe l'avait promis à la chancelière quand il accéda à l'Elysée. Il ne pourra pas leur faire le coup deux fois. Lindner, ministre FDP des finances est droit dans ses bottes libérales, Scholz, ancien roi de Hambourg, n'a pas la souplesse du roseau et ricane plus souvent qu'il ne sourit. Quelqu'un va dire enfin les quatre vérités à notre convoi de bateleurs incapables.
En attendant le nouvel an, lire l'article de Jacques Fayette sur Le Moment allemand de l'Europe dans Telos.


[1990°]

dimanche 11 novembre 2018

Centenaire de l'Armistice

C'est aujourd'hui à 11h. L'Europe commémore la fin de la guerre civile de 14-18 appelée autrement guerre européenne de suprématie. Il y en avait eues d'autres sous les rois, sous l'Empire mais aucune encore n'avait été gagnée acier contre acier. C'est l'occasion pour tous de réfléchir aux causes de l'affrontement franco-allemand qui dura trois quarts de siècle (1870-1945): le militarisme prussien repoussant les frontières de son "espace vital" trouva suffisamment d'écho dans les certitudes de l'état-major français, qu'il devenait plus qu'urgent de vérifier sur le terrain qui des deux avait trouvé la formule gagnante, et chez nous, la revanche sur l'humiliation de 1870. De grands penseurs sur l'art et la manière de s'entretuer convainquirent les politiques que des nuées de paysans formés hâtivement à l'ordre serré écraseraient les Huns avec une consommation raisonnable des effectifs. La théorie s'appelait l'offensive à outrance, elle fut développée et appliquée par le général Robert Nivelle et les généraux anglais qu'il avait séduits, avec les résultats que l'on sait : la guerre se fit toute entière chez nous et les consommations furent décuplées. C'est à la fin l'acier français et la qualité de l'ingénierie française dont les usines étaient protégées par une armée de terre franco-anglaise pétrie de courage et bien commandée, qui vainquirent, on ne le dira jamais assez. La levée en masse ne vint à bout de l'invasion qu'à la fin d'une guerre mécanique terrible.

La presse bruisse d'une commémoration low cost décidée par le Château où seront glorifiés les soldats de première ligne quel que soit leur camp. Les généraux et maréchaux seront cités incidemment mais sans appuyer car il faudrait sinon "revaloriser" les casques à pointe de la Prusse vaincue où naquit Angela Merkel. Quant aux soldats, ils auraient été victimes des contraintes et menaces afin de se maintenir dans les tranchées sous l'orage. A ces explicateurs "petite bite" on devrait poser la question simple : « Pourquoi lorsque un chef d'unité demandait des volontaires vers l'avant, il y avait la plupart du temps malgré le péril plus de doigts levés que de postes à pourvoir ?» Ayant eu le privilège de parler à de véritables poilus et pas à des chercheurs de l'université, j'en ai retiré une histoire de peur et de gloire, de pleurs et de rires, de morts et de crasse, de gueules cassées et surtout de ce courage mâtiné de bonne humeur qui faisait accepter l'impossible, l'indicible. On insulterait leur mémoire à les considérer comme des veaux partant à l'abattoir. On ne peut pas les rapetisser à la toise qui les ferait ressembler à ce que nous sommes devenus, nous : des moutons !

Ceci étant dit, nous commencerons cet ultime billet du Centenaire par un hommage aux cadres des unités de combat, sergents, adjudants et officiers qui commandaient à la voix des gens qu'ils connaissaient par leur nom. La guerre en consomma beaucoup et on ne parle que rarement des postes très difficiles qu'ils ont occupés. Garder la tête froide, l'autorité, la capacité d'analyse sous la mitraille, dans le vacarme des bombes et les gaz, entre les geysers de cailloux et de boue jusqu'à l'élan d'un assaut libérateur. Tous les jours ! Ils assumaient deux responsabilités, celle de leurs hommes qu'il fallait "gérer" au quotidien et soutenir moralement, celle de la mission dans une bataille de mêlée où tout fléchissement pouvait être fatal à la ligne de front. Sans eux, les unités élémentaires se transformeraient en troupeau de chats, la combativité disparaitrait avec le relâchement de la discipline, la défaite serait sûre. Les cadres étaient le principe catalyseur d'une section, d'une compagnie qu'ils transformaient en unité combattante. Rien sans eux n'aurait été possible. Parmi eux figurent des célébrités. Si chacun connaît les écrivains et les artistes morts pour la France, moins nombreux sont ceux qui savent que des députés (assez peu finalement) ont combattu. Parmi eux nous choisirons un royaliste (normal!) : le duc de Rohan.

Né le 4 avril 1879 à Paris, Josselin de Rohan-Chabot, douzième duc de Rohan (en photo), embrasse la carrière militaire dès ses dix-huit ans et part en 1900 combattre en Chine les Boxers avec le 6è Dragons. Conservateur, catholique et anti-maçons, il succède naturellement à son père comme député du Morbihan en 1914. Mobilisé dès la déclaration de guerre comme lieutenant de réserve, cet officier de cavalerie est versé au 27è Dragons puis après la Marne, il est promu capitaine au 15è Dragons en 1915. Le régiment devant tirer à la courte-paille un officier qui rejoindra l'infanterie pour y commander une compagnie de combat, le capitaine de Rohan refuse de faire tirer au sort ses lieutenants, estimant qu’à lui seul revenait cet honneur périlleux. Il rejoindra le 4è Bataillon de Chasseurs à pied, jusqu'à Verdun. Blessé à deux reprises, il rejoint chaque fois le front. Dans la nuit du 13 au 14 juillet 1916, le capitaine de Rohan part avec son ordonnance en reconnaissance sur le terrain de chasse de son château de Manancourt dans la Somme, vers le calvaire d'Hardecourt-aux-Bois où une semaine auparavant le capitaine Augustin Cochin du 146e RI a été tué devant sa compagnie alors qu'il contre-attaquait. Son ouïe affaiblie par une blessure aux tympans du mois de mars, il tombe, à deux heures du matin, sous les balles d'une mitrailleuse du 182/16.Royal-Saxon qui ne dormait pas. Il est enterré le 15 juillet dans le cimetière militaire de Cerisy-Gailly. Il avait 37 ans.






Les émissions commémoratives du centenaire vous en apprendront bien plus sur la "fin de l'histoire" qu'un modeste blogue comme celui-ci. Pour vous offrir un épisode inédit comme ce blogue aime le faire, nous allons parler aujourd'hui des renforts océaniens au sein de l'Empire français, et particulièrement de ceux levés en Nouvelle Calédonie, territoire d'outremer qui a renouvelé ses vœux français dimanche dernier. Précisons que dans les territoires du Pacifique seuls les citoyens français étaient mobilisables dans les mêmes classes d'âge que les métropolitains. Les sujets sous statut de l'indigénat n'étaient pas incorporables. Mais la consommation de troupes sur le front de l'Est obligea le gouverneur Jules Repiquet (1874-1960) à contourner la règle en proposant le volontariat. Ces recrues passeront par la même filière que les Français, conseil de révision, vaccinations, instruction militaire, aguerrissement, versement en division combattante mais sans dispersion. A l'époque, toute la guerre était conduite par divisions: pour le Bataillon mixte du Pacifique ce fut la 72è du général Ferrandini.


La grande majorité du contingent océanien sera incorporé au BMP formé à Nouméa puis basé à Marseille sous l'autorité du capitaine Montagne pour incorporer les autres recrues d'Océanie comme les Tahitiens. Il fit une belle guerre, d'abord sous les ordres du chef de bataillon Trouilh en Champagne, puis fut remonté au front sous les ordres du chef de bataillon Gondy, et toujours au contact dans les pires moments ; ce n'était pas une unité supplétive ou de coolies charriant du ballast même s'ils participèrent comme tout le monde à l'entretien des ouvrages militaires, mais des soldats dans la bonne moyenne à l'issue de leur formation. Ces troupes qui passèrent au Chemin des Dames, terminèrent la guerre dans l'honneur et le bataillon fut cité à l'ordre de la Xème Armée le 10 décembre 1918 (voir l'historique du BMP en cliquant ici ou bien en original sur le document de Vincennes, en cliquant là). Les pertes furent d'un cinquième des effectifs français (et créoles) et un tiers des effectifs canaques. Eh quand même !

La motivation des Canaques qui s'enrôlèrent reste en débat d'autant qu'une révolte éclata en 1917 sur la grande île. Si on comprend que la pression des autorités indigènes et des missions ait pu pousser le jeune Canaque à signer, on sait par des témoignages que la double curiosité de découvrir et la France et la guerre moderne en décida beaucoup. Il n'est pas correct de dire que la vie tribale pouvait être chiante à mourir pour certains esprits aventureux, mais on peut le penser très fort. Quoiqu'il en soit, la bonne tenue au feu de ces troupes coloniales primitives créa pour la première fois chez les autochtones une véritable identité dépassant le maillage tribal par le sentiment d'une fierté acquise chèrement sur le territoire même du colonisateur. Cette conscience collective valut aux indigènes une nouvelle politique d'assimilation mise en œuvre par le gouverneur Guyon dès 1925. Elle n'aboutira quand même pas à faire du Canaque un citoyen français. Dommage ! Mais les anciens tirailleurs à qui fut proposé la citoyenneté en 1925, la refusèrent majoritairement, ce qui signalait la solidité de leur attachement à leur terre ancestrale.


Pour mémoire, les possessions océaniennes engagées furent, outre la Nouvelle Calédonie et les Nouvelles Hébrides sous condominium franco-anglais, les archipels polynésiens (Société surtout, les quatre autres étant vides) et les protectorats de Wallis et Futuna. Les indigènes de ces territoires étaient considérés avant-guerre comme peu employables dans les affaires militaires voire inaptes à l'instruction nécessaire à la formation d'un soldat. Les pertes au front firent reconsidérer les talents sans doute cachés de cette ressource dès 1915. Pour bien cadrer l'histoire, au plus fort de son engagement, le BMP comptait 1222 rationnaires, 91 chevaux et 44 voitures répartis en un état-major de bataillon, une section hors-rang, quatre compagnies de combat et une compagnie de mitrailleuses. D'autres Océaniens français s'engagèrent dans les troupes impériales de l'ANZAC (Australian and New Zealand Army Corps).






Terminons ce centenaire en saluant la dernière composante de l'histoire de 14-18 : l'arrière qui a "tenu", comme on disait alors ; nos usines ont tourné à fond tout au long de la guerre grâce aux femmes. Les femmes de France furent admirables dans les hôpitaux, les fermes, les ateliers. L'économie de guerre leur doit beaucoup.
Tant les combats dantesques que l'ampleur des dévastations constatées partout ont fait crier « Plus jamais ça !» aux survivants de l'apocalypse. Hélas, la dureté des circonstances avait pour le moins affaibli leur perception de l'avenir même si leur connaissance de l'espèce humaine avait terriblement progressé. Le pire nous était promis, il l'est encore ! Après plusieurs ouvrages relatant ses campagnes, l'ancien chef d'état-major général allemand, Erich Ludendorff, publiera en 1935 Der totale Krieg, une doctrine mobilisant toutes les forces matérielles et morales de l'empire disparu pour l'éradication de l'ennemi, doctrine qui annonçait une guerre plus effroyable encore !


Voilà ! C'est terminé. La Grande Guerre, en ressortant des commémorations de son centenaire, entre dans la nuit de l'histoire. Royal-Artillerie pourrait s'arrêter maintenant, nous en avons beaucoup fait. Ce billet est le quinzième de la série "14-18". Merci aux lecteurs fidèles. A plus !



Postscriptum :
Outre les études de Jacques Frémeaux sur l'empire colonial, nous signalons qu'une étude sur la Nouvelle Calédonie en guerre a été publiée en ligne par Mme Boubin-Boyer, dont on peut lire le travail en cliquant ici.



Tous les billets Royal-Artillerie du Onze-Novembre sont libellés "1111"






Buona notte amore
Ti vedro nei miei sogni
Buona notte a te che sei lontano




Postscriptum du 12
RFi, Radio-France internationale, a monté un gros dossier sur la Guerre de 14 en Afrique. On peut y accéder en cliquant ici.

vendredi 29 mai 2009

Européennes d'outremer

miss MartiniqueLes élections au parlement de Strasbourg impactent directement l'outremer français, en ce que la majorité des dispositions qui les visent sont co-décidées¹ par le Conseil de l'Union européenne (les gouvernements nationaux) et le Parlement des élus de tous les pays.
Se souvenir aussi que la nouvelle Commission doit être adoubée par ce parlement et qu'il serait souhaitable de débarquer le président Barroso dans le projet d'annuler le monopole de proposition de lois de la Commission. Malgré les dispositions réglementaires, on s'aperçoit que la technocratie usant de son expertise arrive très bien à tordre le bras des pays au bénéfice de sa propre hégémonie. Et si le "gouvernement professionnel" n'est pas pour déplaire aux royalistes, faut-il encore qu'il exerce son pouvoir dans le souci du bien commun des peuples. Les résultats constatés jusqu'ici ont privilégié une idée fédéraliste qui ne fait pas l'unanimité, au détriment des peuples que l'on craint !

D'autre pays européens que la France agrègent à eux des souverainetés ultramarines, le plus directement étant le royaume des Pays-Bas et Caraïbes². Le Royaume-Uni est souverain sur de beaux restes³, le plus souvent des paradis fiscaux ! Et le plus gros morceau est au Danemark avec le Gröenland. Plus bas, le Portugal et l'Espagne considèrent leurs îles atlantiques autonomes comme quasi-métropolitaines, mais l'Union les a classées "ultrapériphériques", ce qui ne s'explique pas pour les Canaries puisque le méridien "zéro" de l'Europe impériale fut depuis Charles-Quint celui passant au droit de l'île de Fer (Hierro). D'autres pays européens possèdent des territoires outremer, comme la Norvège (Bouvet, Jan Mayen, Pierre Ier, Terre Reine-Maud et Svalbard) ou des curiosités comme les îles anglo-normandes ou les allemandes de la Frise.

navire dans la tempêteMais ces élections ont aussi une influence sur les pays du Tiers monde extérieurs à la Communauté européenne quand ils participent aux accords de Cotonou (ex-convention de Lomé). Ils sont aujourd'hui 79 qui peuvent bénéficier de systèmes techniques de stabilisation des marchés de denrées assez puissants, d'une aide au secteur minier et d'un accès plus rapide à la BERD (Banque européenne pour la reconstruction et le développement). Les Français qui vivent dans ces pays sont donc concernés par les élections européennes autant que leurs compatriotes des DOM-TOM. Il est de leur intérêt bien compris de se présenter à leur consulat dès aujourd'hui pour faire établir les procurations qu'ils adresseront à l'électeur de leur choix inscrit en France sur les mêmes listes qu'eux.

lys alliance royale
Appel de l'Alliance Royale aux Français d’outre-mer


Français d’outre-mer, le parti royaliste qu’est l’Alliance royale a formé une liste de candidats, afin de vous proposer de choisir parmi eux vos prochains représentants à l’assemblée européenne.

Il est courant de dire : les Rois ont fait la France ; il faudrait ajouter que ce sont eux qui ont ajouté l’outre-mer à notre pays, plusieurs départements de métropole étant français depuis moins longtemps que vous.

Aujourd’hui, la république semble parfois bien empruntée quand il s’agit de vos territoires, de vos départements, de votre vie, de votre économie.

Au contraire, pour nous, royalistes, ce n’est pas vous qui êtes loin de nous au point qu’on vous oublie, c’est nous qui sommes loin de vous, nous qui comptons sur vous.

A l’heure d’une construction européenne laissée à la libre initiative de grands partis mondialistes, nous avons besoin que vous réaffirmiez à nos concitoyens qu’avant d’être Européens, vous êtes d’abord Français.

L’Europe est une réalité, l’Europe est une chance, l’Europe doit progresser pour être forte face au reste du monde. Mais pour y parvenir, l’Europe doit être composée de nations dont l’identité est claire, sans état d’âme.

Les Français, quel que soit l’endroit du monde où ils vivent, doivent être solidaires de notre pays France, comme la France doit s’occuper de ses enfants, partout dans le monde.

A l’occasion de cette échéance, élisez des représentants qui ne sont pas otages du régime des partis, mais conscients de la France dans sa diversité.

Téléchargez et imprimez votre bulletin de vote sur notre site.


carte UE des PTOM

Note (1): Les domaines en co-décision sont trop nombreux pour être listés ici. Nous vous adressons à la wikipedia. De cette liste on peut noter les transports, la coopération douanière, la libre circulation des travailleurs, l'environnement et le fonds de développement régional.
Note (2): Aruba, Bonaire*, Curaçao, Saba*, Saint Eustache*, Sint Maarten (*)= communes néerlandaises de plein droit
Note (3): Anguilla, les Bermudes, les îles Caïmans, la Géorgie du Sud-et-les îles Sandwich du Sud, les Falklands, Montserrat, les îles Pitcairn, Sainte-Hélène, le Territoire britannique antarctique, le Territoire britannique de l'océan Indien, les îles Turks-and-Caicos et les îles vierges britanniques.



polynésienne
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samedi 21 février 2009

Hystérix et les Etats

armesLe petit reître n'a pas l'étoffe pour des Etats généraux sur la réforme du Code Noir.
Le peuple en rut libéral avait convoqué Maggie Thatcher pour kärchériser les écuries d'Augias, le Ciel nous a envoyé Joséphine de Beauharnais ! Nous avons élu un communicateur né, un camelot, et c'est bien logique en démocratie.
Son problème d'insuffisance est aussi le nôtre : le président n'a pas d'architecture politique propre sauf à partager certaines valeurs dont l'instrumentalisation partisane lui a réussi. Alors il met en scène avec talent le livret que produisent les Mignon, Guaino et consort, sans aucune cohérence dans le temps puisque la république se gouverne au jour le jour en Démagogie. Quand il aura achevé son quinquennat il aurait tout dit et son contraire. Dit ... et fait ! Et nous appellerons le suivant puisque nous le devons. Quel gag, la démocratie d'étage régalien !

Ces derniers mois, il distribue l'argent des contribuables français aux plus bruyants d'entre nous et les porte cautions indivises de prêts monstrueux aux banques et aux constructeurs automobiles quand ses caisses sont vides. Mais il n'y a pas que "ses" caisses creuses, il y a aussi l'épargne populaire, fort bienvenue dès lors que la caste possédante a garé le fruit des produits de sa fortune, quand elle n'a pas émigré.
D'entrée de jeu, il avait exempté la classe aisée de la surtaxe inique du système socialiste sans compenser le manque à gagner par des économies dans l'Etat soviétique truffé des mêmes socialistes. N'ayant plus rien, il jongle aujourd'hui avec l'argent des autres dans le concours mondial keynésien qui va certainement nous couler bas ; mais c'est une autre question car il ne sera plus là pour prendre le radeau de la Méduse.

livreQuelle est la société sarkozienne idéale ? Celle sans doute où quiconque d'adroit voire rusé peut "parvenir" à condition de ne faire que "ça". Une société d'obsédés. Celle où la récompense du succès s'affiche au poignet ou en semelles. Certainement pas en lisant les grands classiques français, ni à l'issue d'une construction patiente de l'honnête homme. La culture bidonnée fait rage à l'étage du pouvoir, et ne peut avoir d'échos que dans un certain milieu de gosses de riches dispensés très tôt d'interro si papa paie.
On pouffe à l'idée qu'il ait pu lire plus que la quatrième de couverture de La princesse de Clèves. Quelque part, la barbarie ancienne du houzard a muté en vulgarité. Les poses content de soi, les gesticulations oratoires dont Medvedev se moque en public, le phrasé des fortifs qui met en pétard l'Alliance française, la démarche chaloupée sans capuche pour passer les troupes en revue, l'addiction aux sms chez le pape comme à Zhongnanhai, tout révèle l'extraction. Basse malgré les armes de famille.

De bons communicants sans grand bagage, il y en eut d'autres. Mais au moins avaient-ils le ressort mental de s'identifier à de grandes figures de l'histoire et cette tension les soutenaient dans les difficultés, lissait les imperfections involontaires de leur propre image, leur servait en fait de colonne vertébrale politique, ou de colonne vertébrale tout court. Obama est un fan de Lincoln. Il y pense certainement quand il doute et cherche une réponse dans la chronique de ce temps.

Reagan, acteur de cinéma western, pouvait imaginer le pas martial du général Custer, et ainsi entrer sur ses jambes à l'hôpital en saluant la caméra, avec deux balles dans le buffet. Il avait fait restaurer deux cuirassés auparavant pour remonter le moral de la nation. Le rôle joué jusqu'au bout finit pas faire imploser l'URSS.
Jean Gabin racontait avoir vaincu sa peur lors d'une mission à la mer au début de la guerre, en se jouant Humphrey Bogart sur le pont de l'USS Levianthan sous le feu des canons impériaux !

tank de cartierLe petit reître rêve-t-il au pont d'Arcole ?
Jamais de la vie, n'en déplaise à ses thuriféraires intéressés et à ses hagiographes si bien rémunérés. Plutôt à la Dolce Vita qui l'attend dans trois ans avec sa belle italienne ; plus surement, aux conférences à cent mille dollars le bout, le pupitre à Davos, l'oracle du capo di tutti capi que l'on viendra consulter du fond des crises. Comment fera-t-il sans les disques durs externes précités est faire du mauvais esprit. Qu'importent les Guaino, on improvisera comme au prétoire, tu oua.
L'irrépressible envie de dominer la présidence tchèque de l'Union européenne - ces salauds ont signalé nos déficits aux gnomes de Bruxelles - trahit une ambition proprement démesurée. La Commission libérée du matraquage médiatique, proclame sans détours par la bouche de Joaquín Almunia que "le roi est nu", sans un, raide !

Lancer dans ces conditions les Etats généraux de l'Outremer est très présomptueux. Le mille-feuilles colonial est si complexe qu'il ne convoque pas une solution évidente mais un faisceau de choix différents dans des domaines antagonistes que sont l'économique, le structurel, l'administratif et le financier, autant d'arbitrages que chaque DOM-TOM exigera pour lui-même sans chercher de cohésion d'ensemble, ouvrant ce faisant la porte aux surenchères. Les conseillers du prince ne trancheront pas à sa place s'il veulent continuer leur carrière après lui, car le bâton des DOM-TOM est réputé merdeux, plus facile à prendre qu'à lâcher.

Si l'idée n'est pas mauvaise en soi, elle précède normalement une émancipation définitive travaillée sur une longue période. Le dernier qui s'est mêlé d'Etats généraux n'avait pas au début vu l'issue de l'affaire plus que ne la voit aujourd'hui le président, et in fine y perdit la boule.
A moins qu'on ne multiplie simplement les accords d'Evian.

Royal Hotel Evian




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