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mercredi 20 juin 2012

G20, la France seule


Avant le G20 de Los Cabos, le président de la Banque mondiale Robert Zoellick avait sévèrement critiqué l'Europe dans The Observer et Der Spiegel sur la question de savoir non pas quel modèle choisiraient les responsables européens que toute la planète observe, mais s'il allaient finir par en choisir un, et quand ! C'est une façon détournée de néantiser le vingtième membre du G20, le quartet incompétent qui préside à l'UE, Barroso, Van Rompuy, Ashford et Schulz. Ces super-employés de maison n'ont aucune épaisseur et n'ont pas su profiter de leur permanence dans les institutions européennes pour faire les remontrances nécessaires et offrir aux Etats membres des pistes d'action.
Ces derniers sont coupables tout autant en ayant délaissé à nul effet la plateforme européenne pour débattre de leur avenir commun et le "grand jeu" est réouvert entre les trois espaces continentaux, latin, germanique et slave sur le choix fédéral ; les britanniques s'avançant, eux, au balcon du Mupper Show pour critiquer la scène en tirant sur ceux qui ne lui plaisent pas, comme Cameron appelant les entrepreneurs français à passer la Manche pour contribuer aux dépenses publiques britanniques à meilleur prix.
Se dessinent déjà des lignes de fractures entre les espaces précités, les clients de l'espace germanique (et son cousin scandinave) étant au seuil de former le noyau dur d'une Europe intégrée derrière Berlin pour échapper à l'enlisement actuel qui leur fait peur, comme le pense l'ex-patron du Crédit agricole. Cette année sera bonne pour les journalistes.

La France est en mauvaise posture car elle exerçait jusqu'ici sa politique européenne au niveau de Bruxelles, même si elle donnait l'impression d'un huis-clos avec l'Allemagne. C'était faux. Les discussions franco-allemandes ne valaient que par l'impact qu'elle avaient sur les sphères européennes. La France hors-champ – on le devine dans le communiqué final - est en situation aujourd'hui de se faire dicter la loi. La maison Europe parle allemand désormais.


- M. Hollande est à la droite de la belle présidente argentine, hors champ -

Il n'est rien sorti d'extraordinaire du G20 mexicain, on le savait d'avance. Le plus important était de faire concrétiser par les BRICs leur souscription à l'augmentation de capital du FMI dans l'enveloppe de 430 milliards de dollars approuvée à Cannes et augmentée à 450 hier. Ils achètent ainsi une influence accrue au détriment de la vieille Europe qui ne vient que pour 165 milliards, les Etats-Unis et le Canada s'abstenant. L'autre point crucial était la gestion des dettes souveraines de l'Euroland qui commence à jouer le rôle de l'homme malade du monde dans un registre créé jadis par l'Empire ottoman.
Une lecture minutieuse des termes du communiqué nous indique que notre président normal n'a pas impressionné son auditoire. Extraits (merci Les Echos) :

« les membres de la zone euro du G20 prendront des mesures de politiques nécessaire pour sauvegarder l'intégrité et la stabilité de la zone, améliorer le fonctionnement de leurs marchés financiers »... donc :
- casser la spirale négative qui s'est instaurée entre les banques et les Etats souverains en recapitalisant les établissements financiers et en améliorant les finances publiques ;
- appliquer le traité budgétaire (allemand) et favoriser une meilleure intégration économique et budgétaire pour la réduction des coûts d'emprunts des Etats ; le préalable de la Chancellerie est sauf ;
- utiliser les fonds structurels européens non engagés par Bruxelles ;
- déployer les prêts de la Banque Européenne d'Investissement ;
- lancer des project bonds pour financer des travaux d'infrastructure (rentables pour Berlin qui a la signature).

Aucun appel à mutualiser les dettes souveraines par les fameux eurobonds de M. Hollande. La France continuera à servir sa dette (en hausse) par appel au marché sur sa propre crédibilité et non pas sur celle du grand voisin qui là-dessus a gagné.

Les médicastres du G20 au chevet de la vieille Europe préconisent une fédération du modèle courant (américain ou russe) à côté d'une relance de la demande intérieure des pays ayant des soldes excédentaires d'échanges comme l'Allemagne, et la Chine pour faire bon poids puisque Mme Merkel avait dit que son pays ne pouvait tout faire seul.

Reste que les recommandations internationales devraient être appliquées au niveau de chacun des Etats participants avec les moyens politiques disponibles. Personne de sensé ne peut approuver aujourd'hui en Europe un programme qui remonte l'âge de la retraite à 60 ans, engage des dépenses publiques idéologiques et proclame la justice sociale au détriment des générations à naître, belle justice. Ce programme est ridicule, dangereux et flagorneur. Nous passons pour des nœuds et deviennent rares ceux qui pensent que nous parviendrons un jour à résorber nos trois déficits structurels. Donc nous ressortons affaiblis malgré le communiqué triomphant que l'Elysée est en train de rédiger comme une motion de synthèse socialiste.


Déclaration finale officielle en 85 points !
Le prochain sommet se tiendra à Saint-Petersbourg

mercredi 2 novembre 2011

Nos temps viennent

Les temps sont proches où le capitalisme occidental va être mis en cause par toute la Planète, du moins jusqu'à la fin de la cicatrisation du système à plaie ouverte que nous voyons se déchirer aujourd'hui. Cette période sera celle d'un grand brassage d'idées autour des modèles sociaux les plus à même de protéger l'espèce humaine. Les royalistes ont quelque chose à dire, s'ils osent se libérer de leur propre gangue doctrinale pour revaloriser un concept éternel qui a fait ses preuves, celui de la monarchie, mais qui exige de nombreux réglages pour être utile au monde actuel, monde tellement différent de tous ceux que l'histoire a accumulés dans la mémoire des hommes (RA-30.09.2008).

Le recours au peuple du Premier grec par référendum semble très mal perçu par tous les "démocrates" en poste de l'Union européenne, qui s'en méfient comme de la peste. Un peu de peuple, ça va, beaucoup de peuple, bonjour les dégâts. La démocratie est un principe, pas un mode réaliste de gouvernement, semblent-ils nous dire. Et bien c'est justement ce que nous nous tuons à vous expliquer, chers démocrates, quand nous réfutons la pertinence d'une démocratie d'opinions pour conduire un grand pays. Que les gens soient consultés sur toutes les questions de proximité est la vraie base de la démocratie, et en France, nous en sommes très loin à voir comment naissent et perdurent toutes nos satrapies locales, mais dans le domaine régalien c'est bien plus délicat. Que veulent dire les 51% approuvant Maastricht le 20 septembre 1992 ? Que 49% des votants plus les abstentionnistes (31%) ne sont pas pour. Et que bien peu de choses va faire bouger dans le futur le un-pour-cent qui fait la balance. Comment maintenir le cap à ce compte ? Elémentaire, mon cher Watson. En sortant le domaine régalien de la Dispute démocratique et en revenant au régime qui a fait ses preuves dans la construction de ce pays : l'autorité en haut, les libertés en bas. Comment faire ?

Œuvrer à l'acclimatation du roi en France revient à ensemencer l'Opinion car le peuple a un grand rôle à jouer dans le modèle monarchique. Lorsque le lien consensuel est créé entre le roi et son peuple, celui-là devient inexpugnable. Les dangers pour le roi sont l'entourage et les puissances économiques. Qui n'a jamais entendu ce cri "avec un roi, nous aurions au moins quelqu'un à aimer" ne comprendra jamais que l'affect puisse primer bien des arrangements compliqués. Pourquoi parler de ça aujourd’hui ? Simplement parce que la crise systémique qui nous menace va balayer la classe politique dès les élections passées, et des deux bords. Le caravansérail du G20 de demain à Cannes va tourner à la bouffonnerie selon Jacques Attali qui ne savait pas encore le référendum grec (Slate), et sans être polytechnicien, on peut abonder dans son sens. La ruine de l'Etat se profile derrière la théorie des dominos. Restera le peuple. Et M. Papandréou l'a parfaitement compris. D'ici qu'il rappelle le roi !

Revenons au 30 septembre 2008 : Notre modèle [royaliste] présente les avantages recherchés désormais : stabilité des axes politiques par la pérennisation de grands référents, sobriété des états qui doivent être remusclés dans leurs domaines régaliens, libertés populaires vraies dans les Etats subordonnés, comptes sincères, justice minutieuse et partage plus fraternel par la DSE.. Nous y sommes en plein. C'est quasiment le programme imposé au candidat à la présidentielle de quelque bord qu'il soit, sauf peut-être Jean-Luc Mélenchon. Nous devons prendre date publiquement.

Battons-nous donc sur le domaine régalien, sur une vraie Justice et sur une réforme fiscale généreuse mais intransigeante, battons-nous contre la dette et nos trois déficits et donc contre l’usine à gaz sociale qui l'a creusée. Evitons d’un autre côté les sujets sociétaux où toute la presse de progrès nous attend, ne soyons que politique, et donc novateur dans le domaine institutionnel !

Refondre l'Etat sur son noyau dur et réduire son périmètre et ses moeurs financières commence par le rétablissement des comptes publics quoiqu’il en coûte, jusques et non comprise la réduction de la consommation qui est pour quelque temps encore le dernier carburant de la croissance française. A périmètres comparables, le think tank socialiste Terra Nova¹ nous dit que notre Etat nous coûte deux cent quarante milliards de plus que celui des Allemands, et cent milliards de plus que celui des Suédois, le plus égalitaire au monde ! Il n'y aurait rien à faire, rien à voir, circulez ? Rapportées au déficit courant 2011 de 90-92 milliards, les marges de progression sont carrément énormes. Aussi énormes que la responsabilité de la classe politique qui a voté et fait voter d’année en année les termes de cette effarante gabegie. En réaction de quoi les gens aux affaires seront discrédités dans l’Opinion, si ce n'est pas plus grave aux becs de gaz de nos avenues éteintes, sans qu’elle ne veuille substituer au pouvoir chassé une opposition grosse de promesses infaisables. L’espace politique peut se libérer. Des partis marginaux s’y préparent. Le Front y croit.

Les Français savent que la barque coule d’après les sondages qui tombent ces jours-ci et qui placent en haut de la liste de leurs soucis, la Dette (IFOP octobre 2011). Veulent-ils couler dedans au chant de "Plus près de Toi mon Dieu" ? Bien sûr que non, les Français, latins de mauvaise humeur, ne sont quand même pas titaniciens. Aussi œuvrons à séparer déjà dans les esprits l'Etat et la Nation - l'Etat est en faillite, pas la Nation - pour responsabiliser les citoyens en proposant des solutions où ils deviendront parties prenantes directes. Par exemple, la flat tax de Vauban est une excellente idée (clic) puisque dans un pays moderne et "démocratique" tout le monde et chacun devraient payer l'impôt direct, même d'une faible cotisation. C'est ce geste civique explicite qui fait le contribuable citoyen, celui qui finalement pose les bonnes questions au pouvoir et ne se laisse pas enfumer par une redistribution sociale de préaux. Remettons à plat les budgets municipaux pour commencer et faisons-les approuver par référendum local. Rapprochons les rôles fiscaux des circonscriptions de dépenses, etc... Les gens ont le droit de dire leur mot sur ce qu'ils paient.

L'inculture économique populaire est telle qu'on peut faire avaler aux contribuables qu'un budget en déficit de 3% de notre Pib finira par rembourser une dette souveraine de 90% du même Pib ! Terra Nova n’est d'ailleurs pas très explicite, car passer de zéro (leur but en 2017) à plus-trois est encore aujourd'hui impolitique. Ils (les mitterrandiens) ont vendu le déficit de moins-trois à Maastricht, ce serait se déjuger d’avouer maintenant aux gens qu’il fallait lire plus-trois. Si nous pouvons dérouler sous leurs yeux le film de la reconquête de nos équilibres, nous pouvons provoquer une adhésion de bon sens. La quantifier aujourd’hui est difficile mais en sortant du diptyque « mémoire et récriminations » pour entrer dans la « technique de gouvernement » nous pouvons gagner en visibilité au niveau déjà des pourcentages et naître sur le marché politique. Quel horrible destin, diront les jeunes scouts légitimistes.

Le candidat de l’Alliance royale empruntera-t-il la voie d’une propagande technique, assorti d'un schéma institutionnel simple et crédible ? c’est tout le mal que je nous souhaite.

M. de Villenoisy a été présenté dans un billet du 24 octobre 2011 (cliquer ici).

(1) On lira avec grand profit la synthèse et la note intégrale publiées par Olivier Ferrand et Thomas Chalumeau sur le site du think tank (CLIC)

jeudi 11 août 2011

Vérité du Nombre

La rupture estivale en zone de connaissance a ceci de productif qu'elle ne subit pas l'éblouissement de la nouveauté ni le ravissement du spectacle inédit de la Nature, et laisse donc l'esprit critique à la contemplation de nos concitoyens et de quelques autres qui aspirent à se civiliser chez nous, parfois à la poursuite d'un rêve de liberté qu'ils finiront en cauchemar. Non pas que la partie "professionnelle" de l'année nous prive de cet exercice d'analyse, mais les contingences trépidantes de la vie active accroissent l'esprit de géométrie aux dépens de ce qu'on pourrait prendre pour de l'esprit de finesse.
Cet exercice n'étant bridé par aucun rédacteur en chef, j'avertis notre distingué lectorat que le pensum est sans frein.

Que ce soit dans les lieux de célébration de la Consommation - ces indispensables centres commerciaux où chacun mesure et polit son barreau de l'échelle sociale voire son timon straussien, que ce soit dans les espaces publics de distraction où l'on crée une empathie d'autant plus sûre que l'assistance est nombreuse et que l'on moque quelque chose ou quelqu'un, on constate les effets du conditionnement des individus amassés en foule, et à la réflexion, la quantité incroyable de moyens divers et variés engagés pour parvenir à "faire du chiffre", entendez cumuler de l'audience et la marchandiser, soit immédiatement soit en espérances comme on le fait pour les élections. Parce que le Nombre est vrai, mec !
Combien de fois entendons-nous les cuistres médiatiques nous livrer des sondages d'opinion prouvant le bien-fondé ou le mal-fondé d'une mesure gouvernementale. Une majorité de gens refuse-t-elle le retrait des panneaux avertisseurs de radars ? même si la mesure est bien la seule à policer la conduite des "pistards" de la route, que le nombre a parlé et l'on fera la dépense de panneaux pédagogiques pour enfants niais au lieu d'obliger à équiper de dispositifs de cruise control les voitures. On s'en méfie aussi de ces majorités d'opinion, et symétriquement se refuse-t-on à sonder sur des sujets tabous comme le sort à réserver aux pédophiles ou celui des tueurs de femmes. Surtout si le pouvoir est enclin à sévir. De même à l'opposé de l'échelle d'inquiétudes, pour le combat en coalition dans l'affaire afghane, on sonde après les pertes militaires sur la justesse de notre engagement, sans compassion pour le sacrifice de nos soldats ni énoncé des tenants et aboutissants, afin de faire éclore une vérité majoritaire qui satisfasse les faiseurs de rois, les médias et leur anti-américanisme à la mode.


Cette dictature recherchée du Nombre implique des techniques de communications massives en constant perfectionnement. Si pour leur rentabilité elles visent d'abord l'excitation du consommateur solvable, elles peuvent être fourbies bien sûr aussi pour favoriser les canaux d'endoctrinement "cérébraux". Il est plus aisé que jadis d'endoctriner les masses, mais moins que demain qui s'annonce comme un véritable bombardement cybernétique par le développement de l'Internet mobile. Or les endoctrineurs multipliés, les faiseurs d'opinion précités, les cons terribles des matinales radiophoniques, empruntent ces voies nouvelles de propagande massifiée à l'intention de populations ciblées ou pas, dans un large ensemencement ininterrompu pour influencer par le Nombre les pouvoirs en place. Ils savent depuis les démonstrations de Konrad Lorentz que « la puissance de suggestion d'une doctrine progresse en proportion géométrique du nombre de ses adhérents »¹ et la soupe idéologique est meilleure plus encore si le chaudron est grand. Le marché de masse ouvert par ces techniques devient parallèlement un marché de civilisations prêtes à mettre, où se promeut inlassablement la nôtre bien sûr, malgré sa décadence. Pédagogie imparable dans sa perversité, toute erreur fondamentale de notre système peut être purgée par une opinion majoritaire et devenir une "directive", puisque la vérité est devenue l'acceptation d'un concept par le nombre le plus grand. C'est l'histoire des crapules civiques blanchies par leurs électeurs stupides qui osent tout. Minoritaires vous avez tort par construction idéologique, circulez ! Si l'on ajoute à cette incongruité le nouveau syndrome d'immédiateté, cette propension infantile des gens à satisfaire à l'instant leurs désirs primitifs - les marchandiseurs visent l'achat compulsif - et leur incapacité à se sentir responsables d'un avenir éloigné, savoir le temps d'après leur mort, on atteint là l'os de l'escroquerie démocratique. Le Nombre peut être puéril, idiot, ou fou mais... vrai. L'insulte à l'intelligence de l'espèce est complète. Les gens ne l'ont pas encore compris mais le soupçon s'éveille.

Charrie-t-on ou pas l'Erreur dans les voies nouvelles de communication ?
Comme tout le reste évidemment, du mauvais et du bon avec l'encyclopédie participative Wikipedia, les liaisons hyper-rapides entre abonnés, l'accès aux bibliothèques du monde, et la pornographie ! Mais plus insidieusement sont diffusées une certaine "façon de voir" dominante, une certaine "éducation" globalisée et un ton convenu pour exprimer l'inégalabilité de la démocratie, la doxa. Sur ces réseaux de moins en moins informels puisqu'ils ont muté en gigantesques banques de données personnelles, se crée une culture transversale homogénéisée, fondée, pour faire court, sur le libéralisme capitalistique occidental et ses moeurs débridées, que ça nous plaise ou pas. Cette culture est accessible aujourd'hui de partout et déteint.
Les révoltes arabes, mais l'urticaire libertaire de la classe moyenne chinoise aussi, démontrent une convergence mondiale des expressions individuelles vers ce modèle social réputé qu'est le modèle libéral occidental, un peu fantasmé d'ailleurs, grosso modo celui de la liberté la plus large dont les contours pour chacun se limitent à la liberté d'autrui et ne composent avec aucune morale, le fameux Empire du bien de Philippe Muray. Avec en prime un mot magique complètement détourné de son sens premier : dé-mo-cra-tie.
Comme derrière le Rideau de Fer de jadis, les gens d'outre-occident voient dans le mot "démocratie" la liberté de penser, parler et circuler. Après la révolution de jasmin, les gens tapaient sur Twitter comme des fous "Ben Ali est un con" parce jusque là c'était la prison assurée ! En seconde couche, le voeu est de participer à la mondialisation transformant leur société en une société banale, automobile, "conforme" et à l'aise. Ne vient qu'en troisième couche, mais elle est celle qu'exaltent les thuriféraires de la Libération qui ne nous parlent que de ça, une vraie citoyenneté politique. Les taux de participation aux élections dans les pays de l'Est montrent que l'impatience civique est de plus en plus refoulée, les gens s'en foutent, leur liberté d'abord et un bien-être le plus proche possible du rêve antérieur. Le citoyen est devenu presque partout un consommateur d'idées politiques si l'emballage le captive, jusqu'à zapper pour rire aux jours de scrutin. Nous allons revivre ces nouveaux jeux du cirque en avril prochain.

Oui, on charrie de l'erreur, grave.
Les libertés essentielles recherchées par les peuples révoltés et ceux qui en Asie vont les imiter, sont des acquits obtenus d'une certaine organisation des sociétés, qui priorise l'instruction publique et valorise les connaissances apprises sur un espace de temps moyen à long afin d'exalter les vertus civiques indispensables au fonctionnement du modèle occidental. Charles Maurras liait la rareté des comportements humains vertueux à l'inhumanité du modèle démocratique qui en attend tout. De fait, les libertés essentielles ne sont pas vendues dans le kit "démocratie totale" ; seulement annoncées par l'endoctrineur qui n'insiste pas sur cet effort collectif d'apprentissage ; c'est la seule vérité vraie qui ne soit pas contredite : il faut non pas les conquérir mais les faire pousser comme de l'herbe. On ne peut se satisfaire d'une règle commune abrégée qu'on pourrait appeler droit naturel universel² et en avant ! Le fonctionnement politique d'une société convoque une certaine complexité des mécanismes sociaux qui reste à construire sur la base consolidée du droit naturel². Mais les "nouvelles" sociétés qui organisent leurs pouvoirs d'administration générale, secrètent en même temps le ferment de leur asservissement par les corps constitués qu'elles laissent métastaser, puis se bunkeriser dans le futur. C'est la dérive des raïs arabes, de quelque nom qu'on les appelle dans les républiques orientales. Egypte, Syrie, Irak, furent des républiques construites sur le modèle parlementaire de Westminster adapté par Michel Aflak (Baas) ; elles devinrent des dictatures, certaines sanglantes mais toutes légales. Le Nombre peut enfanter aussi son propre camp de concentration mentale !
Pour obtenir ces libertés qui font rêver la Rue arabe, il faut donc que l'expérimentation éprouve leurs fondations au socle de la société considérée, et c'est un long cheminement du groupe social quand il y parvient. Penser tous les compartiments du jeu social et mettre en application leur réfutation jusqu'à ce qu'ils tiennent debout par eux-mêmes, les assembler. Ne pas faire une confiance aveugle aux professeurs de droit ; ne pas dénombrer les essais ; les faire ! La procédure détaillée est trop longue pour être vendue dans le "kit", elle en diminuerait le côté sexy. Alors d'aucuns présomptueux ou mal conseillés font le grand bond de la barbarie à la civilisation sans étapes générationnelles, en déduisant leurs règles sociales du droit naturel commentées de l'extérieur et importent de l'étranger les règles de fonctionnement de leurs institutions modernisées, et la première de toutes, la décision majoritaire. Et ça ne marche pas. Cf. l'Afghanistan en plein désarroi, mais le Pakistan britannique n'est pas mieux ; la liste est longue des démocraties-foutoirs finalement administrées par la force brutale récupérée du stade antérieur.

Si le besoin de connaissances et d'instruction publique générale s'avère impérieux pour continuer l'ouvrage d'une société juste et pérenne, les dépenses budgétaires correspondantes deviennent prioritaires, bien avant tous autres postes du domaine public. Ceux du domaine régalien doivent être mesurés à leur stricte nécessité, et les vanités diplomatiques remises à plus tard. Suffit-il d'analyser les sociétés démocratiques occidentales pour en comprendre le mode d'emploi et les imiter pour accéder au paradis promis par les textes ? Oui, ça aide. C'est un exercice auquel devraient s'astreindre les équipes gouvernementales des sociétés nouvellement libérées s'il est fait sérieusement. Elles sauront bientôt que le modèle est en toc ! Et que le Nombre qui le dit vrai se trompe lourdement. Il n'y a pas de prêt-à-penser qui tienne la route longtemps en physique sociale, l'échauffement des populations administrées à travers ces grilles de lecture théorique en donne vite les limites. La pratique de la théorie est toujours un arrachement des convictions. Aparté : les royalistes la redoutent pour cette raison.
Chaque société doit créer son propre modèle social, l'éprouver et le pérenniser par ses propres retour d'expérience. A mon avis, le farà da sè est le seul intérêt du nationalisme et les pays qui s'y prêtent réellement voient se répandre doucement l'idée que dans le modèle acclamé par les otaries médiatiques, le volet social-démocratie qui vise à la satisfaction de la sécurité et du confort du Nombre, est en faillite accomplie, ruinant le reste de l'ouvrage qui mériterait d'être défendu. C'est un réel bond en avant des idées car le sujet était jusqu'ici tabou. Le modèle quand il est mesuré par les chiffres est pourri. Le train fou de la banqueroute accourt vers nous de plus en plus vite, nous en avons déjà évoqué les effets dévastateurs et n'y reviendrons pas. On me dit que la Bourse panique. Il y a de quoi : des nations prospères ont enfanté des Etats promoteurs d'un humanime débridé qui finissent leur carrière avec des comptes publics de temps de guerre en pleine paix.

Ce blogue de petit calibre continuera de tirer à boulets rouges sur la solidarité à compte d'autrui qui gouverne tous les pays occidentaux. Le principe de "Providence" qui est généreux par essence est vite fatal si la redistribution de richesses excède d'une part la quantité de richesses produites et si elle bénéficie d'autre part à des individus qui ne la méritent en rien, aggravant l'oisiveté endémique du genre humain. Les tribus indiennes de la Grande Plaine n'exemptaient de la production mais les gardaient à l'ordinaire que les fous. Ils n'en avaient pas beaucoup et les sorciers assuraient la tranquilité de ces êtres différents en les faisant toucher par un rayon cosmique. En revanche, à ce petit groupe de ravis, nos sociétés, éblouies par la charité chrétienne malgré les lois Combes, ont ajouté de grandes cohortes de fainéants, assez rusés pour faire croire à leur malchance et ne jamais montrer que plus ils sont aidés moins ils en font, pervertissant le système qui ne tient debout que par l'emprunt d'argent aux étrangers (70% de la Dette française). Les caves à vin sont-elles vides ? Cocagne, on vendra la vigne pour boire !

Les candidats à la "démocratie" qui souhaitent construire chez eux une société juste et libre doivent diriger leurs observations sur les pays bien gérés, aux comptes publics équilibrés par principe (malgré quelques dérapages conjoncturels), ils sont peu nombreux mais exemplaires, ce qui rend le tri plus facile. Hors de l'épure les pays latins, gitans et braillards gouvernés par des saltimbanques addictés au moteur diesel du déficit budgétaire. Hors de l'épure la démocratie américaine raciste qui laisse attaquer son président noir sans vergogne bien que perfusée par la nouvelle Chine qui la soutient comme la corde le pendu. Hors de l'épure la Fédération russe et son substrat mafieux qui prospère sur le fumier de la misère.
Le modèle imitable, bon d'importation, est au Nord de l'Europe, et en petit format à Hong Kong. Bizarre ! Ces pays ont chacun une forte identité nationale. C'est la Scandinavie (Danemark, Norvège, Suède, Finlande, Estonie), les Pays-Bas, le Luxembourg, la Confédération helvétique et quand on avantage le paramètre identitaire, l'Autriche. Pas plus ! On y ajoutera demain la nouvelle Flandre, toutes griffes dehors. Que nous disent ces pays ? Qu'ils ont longtemps dérivé dans le tiersmondisme tiède, mais sont revenus à leurs fondamentaux. Ils nous disent des banalités pour une gouvernance de bon père de famille. Rien d'exaltant, pas de quoi meubler les amphis de SciencesPo. En gros, ne pas dépenser plus que l'on gagne, faire mériter l'aide strictement mesurée, mettre des moyens de côté quand c'est possible (voir le fonds souverain norvégien), ne pas punir le succès des entreprenants en les ostracisant, et ne pas se prendre pour le leader du monde, impatient d'adouber ou condamner tout évènement politique de la Terre de Feu au Kamptchaka . Tout le contraire de l'endoctrinement idéologique que nous subissons au milieu de l'exaltation de nos gloires enfuies, sous la protection d'un ridicule gaullien qui ne tue plus. La teneur et le niveau de la campagne pour les primaires socialistes sont lamentables. Qui pis est, ils sont totalement hors-sol, les Français, selon l'Insolent, privilégiant la réduction de la dépense publique en attendant l'Anschluss qui les sauvera ! Quel camouflet !

Selon les penseurs socialistes qui ont survécu à l'effondrement du Mur - on en a raté beaucoup et partout³ - il faudrait ré-étatiser notre société gravement dénationalisée, restaurer les solidarités forcées du Conseil national de la Résistance (je dors, tu bosses, je m'indigne), pondérer la disette budgétaire entre les strates et entités politiques, surtaxer les possédants captifs de leur patrimoine intransportable, niveler l'accès de tous aux guichets sociaux, relever les barrières douanières pour protéger la production nationale (laquelle et où?) et ne plus subventionner l'exportation pour récupérer de la TVA, dévaster les niches fiscales, revenir à une monnaie de singe dévaluable à l'envi le dimanche, établir de nouveaux catalogues de dépenses populaires, mettre en cage la finance internationale impure qui ne nous obéit pas, dire son fait au G20 qui n'attend que l'oracle de Paris, et amorcer la démondialisation ; du grand n'importe quoi mais facilement compréhensible par les masses automatiques à bas QI dont le nombre validera en principe le concept.
De tous bords, convergent les "savants" sur cet endoctrinement létal pour notre nation, à se demander ce qu'ils y cherchent réellement, la victoire de leurs idées ? Mourir pour des idées ? On ne célèbre rien sur les ruines fumantes d'un Etat grec, par exemple, sauf l'aurore de l'Anarchie ! Sommes-nous au printemps de l'Anarchie ? L'insurrection qui vient, disaient les épiciers de Tarnac.


Note (1): Les Huit péchés capitaux de notre civilisation (Flammarion 1973)
Note (2): Il s'agit de la ligne de partage spontané tracée par les gens du groupe social observé, séparant entre bien et mal les actes de chacun, à l'abri des commandements religieux qui partout vicient le concept de droit inné pour le remplacer par un droit transcendé avec l'imparable facilité de l'autorité invisible et inaccessible au commun, qui dicte une loi irréfragable. La souffrance ou le meurtre d'enfants, le viol des femmes, la fatalité de la famine, l'assassinat des vieux inutiles, le vol des gains péniblement obtenus, etc. sont d'instinct insupportables absolument et n'ont pas besoin de code pénal pour être réprimés.
Note (3): même chez les royalistes... ;)

mercredi 6 avril 2011

Démondialisation ?

La démondialisation devrait être le nouveau concept vendeur de la campagne électorale qui a été lancée lundi dernier par M. Strauss-Kahn, directeur général du FMI devant les étudiants de la George Washington University. Le Marché doit le céder aux Etats. On peut cliquer ici pour lire l'original : "Le schéma ancien de la mondialisation a beaucoup apporté, en sortant des centaines de millions de gens de la pauvreté, mais a aussi un côté obscur, qui est un écart vaste et croissant entre les riches et les pauvres". Et M. Strauss-Kahn sait de quoi il parle, il ne reconnaît plus personne, place des Vosges !

Dans l'expression "démondialisation" vous avez "démon" et "mona lisa", autrement dit le Diable au sourire niais. C'est ce que vient vendre aux Mercredis¹ de la NAr le doux mélenchonien Sapir : le libéralisme est un désordre, la revanche des bureaux d'ordre est en marche, vive le Plan revenu avec sa cohorte de médiocres aux doigts gourds qui tranchent et coupent pour tous. Cent types pour diriger la France, fermez les frontières, le rêve soviétique accompli !

Il est des gens très diplômés qui refusent que la globalisation de la planète soit le vecteur d'une nécessaire entropie, à défaut de quoi le choc intercontinental sera encaissé sous forme d'une guerre mondiale. Plutôt que d'affronter les empires émergents par notre inventivité, notre créativité, notre intelligence, les économistes au petit pied qui jugent celle d'autrui à l'aune de la leur, préfèrent au foisonnement des libertés économiques seules créatrices de richesses pérennes, les schémas simples facilement compréhensibles et surtout explicables par l'histoire. Or l'entropie des conditions socio-économiques des pays du monde est un phénomène nouveau. Tout le monde y passe, c'est au tour de la nation arabe ces temps-ci d'avoir ce fol espoir.

Le Yoda de Chongqing qui connaissait l'âme humaine, avait parfaitement compris en reprenant les rênes derrière les gérontes calcifiés de la Longue Marche qu'il valait mieux faire droit à la fortune contre la justice pour enrayer le déclin de l'Empire. Il a réussi, la Chine est sur les rails d'un premier prix d'économie, la justice arrive tranquillement derrière. La fortune ? Elle est en France ciblée, le succès puni, la confiscation va de soi. La presse fait ses choux gras de l'argent des autres et les partis ont enfin accès à un discours simplifié au niveau de l'entendement de l'électeur moyen, musulman ou juif. Le bouclier fiscal est une honte, l'ISF un principe, le chômage un complot. Merci madame Le Pen, vous leur facilitez la tâche, ils n'ont plus à se creuser les méninges pour organiser la complexité de nos dépendances et révéler la vitalité résiduelle de la race qui peut encore tout sauver. Il leur suffit de vous répondre, de vous parler, c'est nul ! Le programme économique du FN est nul. Et c'est pour cela que M. Sapir l'a compris et le promeut en revenant à l'Etat ermitique dont on ne peut donner d'exemple sur terre sans frémir.
Le futur est-il ailleurs ?
Pas encore. Il faut faire un sort d'abord à la science molle² pour couilles éponymes.

La mondialisation heureuse n'est pas un mensonge, le doux commerce se substituant aux conflits guerriers n'est pas un mythe, mais pour voir cela il faut poser les bésicles doctrinales et demander ce qu'en pensent les pays qui y ont réussi et non pas ceux qui l'ont subie. Que disent le Brésil, l'Inde, la Chine et les dragons asiatiques, la Malaisie... de la mondialisation ?
Elle les a sauvés du pronostic fatal répandu à longueur d'année scolaire dans les classes de géographie des années cinquante où il n'y avait d'avenir que pour les pays communistes stricts à démographie contrôlée et dans les pays neufs et vides ! On n'intégrait pas le fantasque humain, sa résilience par l'imagination et le travail et les tendances lourdes de l'espèce à s'enrichir ; on comptait l'humain, comme du steak, au poids ! Les masses laborieuses.

L'insuccès du programme académique fut si éclatant qu'il a fait le lit d'une énième théorie du complot, c'est la faute aux gros cigares, et les économistes en chambre de construire aussitôt les digues contre la subversion libérale en chargeant de tous les maux les... entrepreneurs, sale race qui n'obéit à personne. Les initiatives dérèglementées avaient donc ruiné les cadres d'une société policée, convenablement fliquée, docile et raisonnablement consommatrice. Quel mal se donne un Chavez à remonter le paradis bolivarien !
Au lieu d'accumuler les thèses et les "honoris causae", ces économistes coupés du monde auraient été bien inspirés de faire quatre ou cinq ans dans une maison de commerce extérieur pour apprendre et comprendre avant de théoriser. Par exemple, il ne leur serait pas venu l'idée de sortir de l'Eurogroupe, mais ils se seraient battus pour forcer la convergence vertueuse des politiques publiques, et l'ensemble avec leur concours aurait été assez fort pour affronter la créativité financière de la City.

Les puissances dominantes (celles du début de la globalisation, pas les Sages de Sion !) ont-elles usé de leur force pour s'ouvrir des marchés et modifier comme il leur convenait les termes de l'échange ? A part la guerre de l'Opium sino-britannique et la guerre du Soja Franco-américaine, je ne connais pas d'échanges de force. Les flux commerciaux et leurs retours financiers ont été modifiés et continuent de l'être au fur et à mesure de la modernisation des productions humaines par tout le globe, qui ne sont figées dans aucun schéma simple. Le tourbillon ne s'arrêtera pas, le défi chinois sera demain le défi indien et -je le leur souhaite - le défi africain plus tard, pour faire place à un autre. Les moles de résistance se scléroseront et verront fuir leurs élites entrepreneuriales. Oui, cette idée est carément fatiguante et ne nous resteront que les "penseurs" qui ne nourrissent personne.
Le GATT était-il un fétichisme ou plutôt la facilitation des échanges entre les continents par l'abaissement concerté des droits et quotas douaniers ? Quand le GATT est devenu OMC, tous les pays du monde ont posé leur candidature ! Même des pays malades comme la Russie. A preuve donc qu'ils en attendent une amélioration de leur sort. Mais bien sûr ils n'ont pas lu nos avertissements protectionnistes.

La condamnation récurrente de la Ploutocratie cosmopolite est lassante. Ces gens existent et mangent certes plus que leur part et on peut brider leurs intentions en évitant d'abord de les mettre au pouvoir par le jeu électoral débile auquel nous sommes conviés ; mais trois milliards de gens ont accédé à l'espérance par le démon de la mondialisation ! Non pas l'espérance en bondieuseries - ils l'avaient déjà - mais plus prosaïquement aux catalogues de voitures, aux magazines de décoration, aux cours de bourse et à la presse féminine ! On commence par ça. Teillard de Chardin, c'est juste après car ce bas-monde est imparfait !

Faut-il nourrir les laboratoires d'idées en leur commandant un bilan de la mondialisation comme on l'exige aujourd'hui à gauche afin d'en exemplifier les méfaits, et s'en extraire ? Je pense que la Chine ou l'Inde ont les moyens d'aller au fond des choses et de synthétiser ce travail utile d'analyses. Seront-ils de parti-pris ? Pas plus que nous. Que le Parti communiste chinois qui ne nous a pas attendu, s'investisse dans cette étude, ne devrait pas déplaire à M. Sapir et à ses amis d'extrême-gauche.

A temps perdu, on parcourra avec bénéfice le rapport du Guangming Daily "Comprendre et évaluer correctement le modèle chinois" (Beijing’s Research Center for Theories of Socialism with Chinese Characteristics) - 10 Jan 2011. C'est le canard intellectuel de Zhongnanhai.
On y apprend des trucs côté vainqueur qui ne laissent de surprendre de ce côté-ci du Rhin. Comme par exemple, There are multiple formats for income distribution, with the main mode being distribution according to work performed. Factors of production including labor, capital, technology, and management receive returns according to their contribution. Some people and people in some regions are encouraged to become wealthy first. They, in turn, lead the entire society to become affluent. Besancenot, Chavez et Mélenchon au seuil de l'AVC. Deuxième couche : Ideological education focuses on patriotism, socialism, and collectivism, and also cares about personal interests, so as to bring initiative and creativity into full play. A quoi a-t-il servi que Chou-En-Laï ait été OS chez Renault Frères ? Troisième couche, le modèle "global" chinois prévaut : Through different forms of struggle, most developing countries became liberated after World War II. For these countries, because they are economically and culturally backward, their primary task is to develop. Recently, the economic globalization led by the Western countries has widened the North-South gap, prompting these countries to seek a good development model and path. Many developing countries have said that the China model is an inspiration.

La mise en autarcie de la France qui perd du terrain les fait bien rire, mais ils ne nous le montrent pas toujours depuis qu'ils savent que ça nous blesse. En revanche, la régulation sarkozienne même soft les blesse, eux. Qui aura gain de cause au G20 ? A suivre...

Malgré tout, le paradis de la mondialisation n'existe pas

Restons sur terre. Il y a des problèmes à régler quant à la financiarisation de l'économie et à la responsabilisation des économies dominantes dans des secteurs stratégiques pour l'homme, mais les émergents commencent juste à goûter à leur souveraineté et la limiter leur est désagréable. Laissons-leur le temps de s'habituer. Ils viendront à collaborer plus rapidement qu'ils ne le pensent car ils vont affronter à brève échéance les mêmes problèmes que nous, à savoir la concurrence sauvage de pays cherchant à leur tour à émerger sur financements internationaux et commandes industrielles délocalisées. Dongguang a tué les maquiladoras mexicaines, mais les zones industrielles de Saïgon, de Manille l'attaquent à leur tour. La spirale tourne indéfiniment. Il faut être niais pour croire mettre un doigt qui la stoppera. L'indienne Hopi attend beaucoup de la globalisation.


Note (1): aujourd'hui mercredi 6 avril à 20h
Note (2): Science molle : l'économie politique est une science molle, manière de dire qu'elle n'est pas du club. Une science peut être définie comme une complexité formulée et prédictive. Prédictifs les économistes ? c'est justement cette carence qui leur est le plus souvent reprochée. Formulée ? L'enfumage était si évident que l'Ordre Distingué a inventé l'économétrie pour faire sérieux, le bons sens n'étant pas assez complexe. Complexité ? oui, artificielle. Revenir à Bastiat et ses harmoniques.

vendredi 18 février 2011

La bourse du monde ②

Avant-propos
Royal-Artillerie donne une série de six billets sur la stratégie chinoise des années à venir. Ce travail s'appuie sur un dossier publié le 10 décembre 2010 par le Qiu Shi Journal, organe doctrinal officiel du Comité Central du Parti communiste chinois. L'original est accessible en cliquant ici.
Chaque billet traite un des six points stratégiques recencés, sous une forme identique : évaluation chinoise de la menace américaine (en rouge), contre-mesures chinoises, analyse du piéton du roi (en bleu). Dans l'ordre, il s'agit de :
① la guerre économique
② la guerre monétaire
③ la guerre médiatique
④ la campagne anti-chinoise
⑤ les bruits de sabres
⑥ l'encerclement

LA GUERRE FINANCIERE

La Chine est le créancier des Etats-Unis le plus important. Cependant, les Etats-Unis, l'emprunteur, est de toutes manières plus arrogant que la Chine, le prêteur. Au lieu de discuter de la façon de rembourser la dette et de stabiliser le dollar américain, le gouvernement des Etats-Unis et le public américain réclament de la Chine une révaluation du RenMinBi (RMBYuan). Depuis que le Congrès américain a adopté un projet de loi sur le taux de change du RMB, les médias américains ont continué de plaider pour sa réévaluation. D'un autre côté, la Réserve Fédérale américaine a déclaré que "afin de favoriser la reprise économique et la création d'emplois, l'on a besoin que l'inflation revienne à un niveau approprié". Pour ce faire, la Fed imprimera cent milliards de dollars supplémentaires chaque mois. Cependant, le but réel est de forcer les devises des économies émergentes à s'apprécier. Les Etats-Unis encouragent aussi leurs disciples comme le Japon et l'Union européenne à se joindre à eux pour mettre la pression sur la Chine afin de révaluer le RMB. La Banque du Japon est déjà intervenue activement sur le marché des changes.
Du fait que les Etats-Unis veulent voir le dollar américain se déprécier, ils sont en train d'imprimer de plus en plus de dollars afin que les autres pays deviennent parties prenantes et tous impliqués dans la guerre monétaire. Il est évident que l'intention des Etats-Unis est de contenir la Chine en lançant une guerre des taux de change de sorte qu'ils puissent contrôler complètement la situation de la zone Asie-Pacifique.

Rétorsions chinoises
Le fait que le dollar américain soit la monnaie de réserve du monde donne aux Etats-Unis une surpuissance financière. Actuellement, la part accrue de la Chine au Fonds monétaire international et l'augmentation de ses droits de vote sont un grand pas en avant. Le problème n'est pas que cette part soit exprimée en dollars américains, mais qu'il serait bien mieux que cette part soit exprimée en RenMinBi (RMB Yuan). En conséquence, pour contester la position du dollar américain, la Chine doit prendre le chemin de l'internationalisation, et se confronter directement au dollar. L'internationalisation peut suivre quatre voies :
La première, utiliser Hong Kong comme tremplin pour augmenter les règlements et les émissions de bons en RMB ; Il y a déjà du progrès mais pas assez ; nous devons croire à la popularité du RMB dans la communauté internationale.
La seconde, en utilisant nos énormes réserves de change comme garantie, nous pouvons émettre globalement des bons en RMB, donnant la possibilité aux autres pays de prendre des RMB dans leurs réserves de change ; nous pouvons considérer l'établissement d'une banque centrale de réserves de change spécialisée dans la prise en pension et le prêt de réserves et dans les services financiers associés. Les énormes réserves de change jouent le même rôle que l'or en assurant que le RMB en circulation offshore pourra être échangé en devise étrangère à tout moment.
La troisième, créer la version internationale du marché chinois de valeurs mobilières pour attirer les compagnies étrangères. Les participants pourront acheter ces valeurs en RMB ou en devise. Les sociétés d'outremer (ndlr:chinoises et non chinoises) qui seront cotées en bourse pourront lever des fonds en yuans ou dans d'autres devises. Par la suite, les sociétés cotées ou bien l'organisme de contrôle des changes pourront déterminer la proportion réciproque de RMB et des autres devises.
La quatrième, établir une bourse internationale de devises permettant de négocier les monnaies du monde entier, et constituant un marché financier international et un marché des changes. Des règles de négociation spécifiques et le volume de la masse monétaire nationale pourront être ajustés à la demande du marché.
L'histoire de trente ans de réformes et d'ouverture montrent que le gouvernement et le peuple chinois auront une maîtrise des mécanismes de marché et de libre échange du même niveau que les Etats-Unis et les autres pays occidentaux. Les mécanismes de marché peuvent propulser l'internationalisation du RMB plus sûrement que des négociations gouvernementales. Nous ne doutons pas des capacités du gouvernement chinois à administrer le marché et ses règlementations. Si les quatre actions suggérées peuvent être menées à bien en douceur, en utilisant les mécanismes de marché, le RMB deviendra la monnaie de réserve mondiale, mettant le dollar américain sous pression et minant la puissance financière des Etats-Unis.

Copyright : le texte français est traduit d'un original anglais produit par Chinascope.org avec leur permission explicite à Royal-Artillerie en date du 11 février 2011. L'original chinois sur Qiu Shi a été lu pour chaque billet de la série afin de dénicher tout contresens.

Analyse du piéton du roi

On sait que la Chine veut créer une zone "Yuan" sur toute sa sphère d'influence. Cette zone engloberait l'ASEAN¹ et les états steppiques du groupe de Shanghaï. Si les nations du nord-ouest ne sont pas déterminantes sauf par leurs gisements d'hydrocarbures, celles de l'ASEAN cumulent un PIB (en parité de pouvoir d'achat) de 3 trillions de dollars et une population de 600 millions d'habitants.
Mais le Japon et la Corée du Sud ont mis un pied dans la porte en 1997, puis s'invitèrent la Russie et les Etats-Unis pour surveiller et contenir.
Il n'empêche que la force du marché de biens et service sur toute la zone Corée-Chine-ASEAN peut créer naturellement une monnaie commune de règlement des échanges. Par ses énormes réserves (3 trillions de dollars) la Chine a un rôle à jouer qui ne trouve de limites que dans son intention évidente d'hégémonie régionale. D'où l'idée de surmonter les préventions asiatiques en mondialisant le dispositif financier destiné à contenir les Etats-Unis sur le méridien d'Hawaï.

On aboutit alors à la situation soulignée lors du précédent billet ① que le RMB protégé jusqu'ici par sa non-convertibilité apparaîtra sur le marché international des changes et y sera traité comme toute devise par les cambistes, les hedge funds, les George Soros et autres draculas du FOREX, de quoi meubler les nuits blanches du ministre chinois des finances.
Si les mécanismes des marchés financiers adossés à des opérations commerciales sont du niveau de SAFE, il faudra un certain délai (comme le temps de refroidir le canon) pour que les administrateurs chinois intègrent les réflexes exigés par les mécanismes de futures et les positions non commerciales purement spéculatives. Est-ce dire qu'on ne trouverait pas de super-cerveau en Chine ? Päs du tout, mais simplement que les ordres ne peuvent être abandonnés à des génies célestes non encadrés, car la génétique chinoise du jeu emportera le patriotisme s'ils peuvent gagner gros en jouant contre le yuan !
Créer en Chine un marché international de devises et une bourse de valeurs mondiale est faisable dans l'avenir, mais ces marchés s'accomodent mal du pointillisme des fonctionnaires de l'argent. Et je doute qu'un cadre du PCC aussi haut qu'il soit placé arrive à intégrer cette exigence de débridage. Ce n'est pas dans sa culture. Aparté : nous sommes, Français, sortis du même moule marxiste-léniniste, qui voulons tout contrôler.
Reste la question du temps qui passe. La crise américaine est gérée par l'administration Obama à la latina : on injecte de la dette, mais le pouls économique de l'Amérique est toujours faible. Les Républicains craignent l'hydropisie. Les fondamentaux du pays indiquent une dépréciation du dollar mollement consentie par Washington pour donner l'illusion d'une reprise d'activité, mais si la situation profite à Boeing ou Ford, les autres industries ne verront pas d'embellie car elles n'ont pas les réseaux ad hoc pour accroître leurs exportations. Nous sommes dans le même cas. Faut-il encore produire des biens désirés par les clients pour en faciliter l'exportation par la dévaluation.
Donc, mécaniquement le yuan va révaluer sur le marché extérieur malgré une inflation dangereuse sur le marché domestique. Les pays d'Asie concurrents qui trafiquent en dollars s'en trouveront bien et peu tentés d'abandonner la devise américaine qui les soulage ; par contre ils s'aviseront d'engranger en réserves du yuan, de l'euro et du yen qui à moyen terme sont plus sûrs.
La théorie du Qiu Shi Journal est séduisante pour les cadres du parti dont on flatte le nationalisme, mais appliquée dans le monde réel, elle sera difficile à mettre en oeuvre. Je remarque aussi que la position de la place de Hong Kong est diminuée par rapport à ses capacités propres, mais si vous savez que le successeur du président Hu Jintao, monsieur Xi Jinping, était maire de Shanghaï et que la place de Shanghaï caresse le rêve de redevenir la capitale du Pacifique Nord qu'elle fut jusqu'en 1937, en diminuant le rôle de Hong Kong, vous comprendrez que le groupe de rédaction du Qiu Shi n'ait pas poussé le raisonnement. La Bourse du monde sera à Shanghaï.

Note (1): Birmanie, Brunei, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Thaïlande, Philippines, Singapour et Vietnam (les pays qui comptent sont en gras).

Digest
L'égoïsme des Etats-Unis qui abandonnent leur monnaie au gré des vagues pour un soulagement à court terme de leurs positions commerciales est bien perçu par le parti. Mais créer de toutes pièces en Chine une place financière internationale de premier rang en voulant l'administrer au bénéfice de la mère patrie ne correspond pas aux codes du marché libre. Les ambitions déployées par cet article seront ramenées aux justes proportions d'un marché monétaire et financier régional, en donnant des gages de non-ingérence aux voisins de la Chine. Hong Kong a un rôle éminent à jouer dans cette affaire, c'est la troisième place mondiale de la galaxie Nylonkong (clic).

Billet précédent ① de la série : CLIC
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mardi 15 février 2011

Justice & diplomatie

Notre diplomatie a son Ingrid Bétancourt 2. « On va enlever la blanche colombe à la barbe de ces p... de rastacouères et venger Camerone ! Brice sera chargé de positionner un Noratlas tout vert dans la forêt guatémaltèque pour recueillir le commando et voler jusqu'à Cayenne, où l'on construit l'arc de triomphe fleuri sous lequel ils passeront tous. Où sont les caméras ?» (Zebulo in pectore).

Le dossier Berton que j'ai lu en son temps dénonce les contradictions de la procédure, les "ratures", le foutoir judiciaire mexicain et le reportage en conserve de l'arrestation de la fiancée et de son pirate au bénéfice du chef du FBI local qui voulait faire carrière, et se retrouve aujourd'hui ministre de l'Intérieur. Ça nous rappelle aussi des opérations coup de poing en France d'un autre ministre de l'Intérieur. Mais sur les "faits jugés" il est sec, Me Berton. D'ailleurs, les attendus dissipés ci et là par les autorités françaises ne les nient pas mais les oublient.

Le gang des Zodiaco n'est pas l'Île aux Enfants, et plus largement la République du Mexique non plus. Rapt, viol et meurtre étaient monnaie courante et ordinaire chez les Zodiaco. Il est établi que Mlle Cassez vivait au ranch de Las Chinitas où d'ailleurs ils reçurent, son fiancé et elle, les beaux parents de France (on a la photo). Il est établi que des otages de ce gang ont été "recrutés" à l'hôtel tenu par son frère, où le pirate trinquait de bonne humeur avec son "beauf". Mais jusque-là, la prévenue pouvait faire l'idiote transie, aveuglée par l'amour tropical. Après tout !

Le témoignage accablant est celui des derniers otages secourus, dont nous avons parlé dans un billet resté fameux (humour :) Cassez le doute. Ce témoignage a paru dans La Jordana (clic). Il est renforcé par le témoignage de M. David Orozco Hernández, gangster, qui soutient que Mlle Cassez partageait la direction des Zodiaco avec son fiancé Israel Vallarta (clac).
Fermez le ban !

Il est ahurissant qu'un gouvernement en arrive à couler sa diplomatie parce que le président gère le pays comme un fan club ! Il ne voit aucune priorité ni hiérarchisation des questions. Le tapis roulant apporte Ben Ali - on gère en direct au jour le jour par tête-à-queue -, Laetitia - on gère en direct la souffrance des parents en l'instrumentalisant -, puis Moubarak - on gère en direct mais en retrait des Etats-Unis dès fois qu'ils se retourneraient -, Florence Cassez - on gère en direct la vexation de n'avoir pas été obéi par un pays jusque-là ami, malgré les promesses... trouvez-moi quelque chose pour la semaine prochaine, ce que vous voulez, une buraliste égorgée par un JAP en cavale, le dynamitage de la villa d'un pote en Corse avec au moins six morts, la fin tragique des pieds nickelés de FR3 en Afghanistan, la vidéo de DSK en situation dans les vestiaires du FMI, ce que vous voudrez.

On comprend que le président Felipe Calderón en soit littéralement tombé sur le cul. Un Etat gère des intérêts pas des émotions. Devrait-il déjuger sa propre Cour de cassation, perdre la face vis à vis de son opinion publique en pleine guerre des cartels de la drogue (les journaux classent l'affaire Cassez à la rubrique Política), cela pour plaire à notre hyperprésident qui veut faire l'avocat à la place de l'avocat ? Qui pis est dans la crise d'énurésie, il devrait se sentir menacé de boycott de l'Année du Mexique en France par le Quai d'Orsay (MAM 11.02.11)? Mais chacun sait que les "années" sont l'enveloppe culturelle des exportations françaises ciblées vers le pays mis en vedette, la locomotive Alstom peinte par Matisse. Et que le Mexique n'a pas d'intérêts vitaux engagés dans l'affaire. Il annule donc la participation de son gouvernement à la foire !
Et démerdez-vous les génies !

L'arrogance de roquet de notre diplomatie fait son chemin pour détruire le peu de considération que nous avions encore. Dans les derniers temps nous avons fait fort : après avoir proposé le savoir-faire français dans le maintien de l'ordre en Tunisie pour sauver notre ami Ben Ali déconsidéré par sa propre police, nous gelons ses avoirs dès son expulsion sans attendre la demande officielle du nouveau gouvernement de Dar el-Bey. Un diaporama de cent photos d'embrassades franco-tunisennes circule sur la Toile. Après avoir laissé le Premier ministre passer ses vacances de Noël en famille au frais de la République égyptienne, nous gelons de la même façon les avoirs français d'Hosni Moubarak au motif qu'il a démissionné, sans attendre non plus la demande officielle de la junte. Lui n'a pas fui, il est en résidence surveillée à Charm el-Cheikh, à disposition des nouvelles autorités égyptiennes. Un diaporama de cent photos d'embrassades franco-égyptiennes circule sur la Toile. De quoi se mêle la France ? L'attitude du Quai oscille entre peigne-cul et faux-jeton. Ces choses-là se font dans l'ordre et sans dire. Notre diplomatie est carbonisée par l'embrasement médiatique de nos pas de clerc. Khouchner était un moindre mal, c'est dire où nous sommes venus.


Il est des gens de haut niveau au ministère des Affaires étrangères, des agents compétents souvent dévoués. Mais la qualité de la réflexion et du service ne peut lutter contre la politique des coups décidés par les spinning doctors de l'Elysée ! Excitée par le souvenir des lentes réactions de la présidence Chirac, la présidence actuelle précède toujours la réflexion des cabinets ministériels, on parle d'abord, on gère ensuite, on ne rattrape que rarement et souvent on en laisse le soin au télescopage des nouvelles qui favorise l'oubli. C'est de l'éjaculation précoce ! De mémoire d'Etat, nous n'avions jamais connu cela ! La présidence du G20 s'annonce mal car les reproches de nos pairs seront sousjacents. Au fait, c'est le Mexique qui nous y succède !!!

Postscriptum :
Notre arrogance met en péril la vente de 36 Rafales au Brésil qui se solidarisera du Mexique en cas d'aggravation de la crise diplomatique. D'ailleurs l'armée de l'air brésilienne préfère le Grippen suédois (sous licence yankee).
Post-postcriptum (16.2.11):
L'avocat général près la Cour d'appel de Paris, Philippe Bilger, dit la même chose que nous dans un registre bien plus élégant mais avec des mots plus sévères. Extrait ...
J'ose soutenir que l'apothéose dans l'imprudence a été proposée par le président de la République quand il a manifesté l'intention de dédier cette Année du Mexique en France - dont le Mexique, et ce n'était pas inattendu, s'est retiré - à Florence Cassez !
Le billet complet par ici ne vous décevra pas.
Une faute d'orthographe, de grammaire, une erreur à signaler ? Contactez le piéton du roi à l'adresse donnée en bas de page et proposez votre correction en indiquant le titre ou l'url du billet incriminé. Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

jeudi 1 juillet 2010

Le Reich en pente douce

Ce billet en version intégrale est paru dans l'Action Française 2000 du 17 juin 2010, sous le titre "Face à la crise, Berlin fait cavalier seul". Les illustrations ont été ajoutées. Il entre en archives RA.


Merkel by Chappatte, ©GlobeCarton
[] Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ne se quittaient plus à en croire l'Elysée. Ensemble ils réprimandaient les mauvais élèves, écrivaient aux commissaires de M. Barroso, proclamaient au Conseil des gouvernements, riaient au dîner protocolaire, montaient en ballon, mais lundi soir 7 juin, avaient acté leur séparation de biens. A l'heure de son bouillon, Madame le chancelier avait en effet éconduit notre gentil président pour ne manger qu'un sandwich au bureau ! Il est revenu à Berlin lundi dernier 14 juin sur convocation, pour entendre les mesures de gouvernance de l'Euroland retenue par la Chancellerie. Entretemps M. Fillon avait récité dimanche à la presse son plan de rigueur pour mettre un peu de sérieux dans les bagages présidentiels.

Dans la presse internationale, il est rarement question des actions d'un couple franco-allemand. C'est dommage. On y parle d'abord de la relance américaine dans la douleur d'un chômage inhabituel là-bas ; du plan britannique de rigueur drastique motivé par l'inflation de la fonction publique ; de l'impressionnant plan prussien de destructions budgétaires pour quatrevingt-six milliards d'euros calculés à la virgule du million près ; et parfois, concurremment avec le problème espagnol de défaut à l'échéance, on évoque sans s'y attarder le flou artistique des mesures françaises qui tardent à prendre effet et font monter le taux des CDS (1). A l'instar de nos politiques (hors-micros), nul ne croit à notre capacité d'économiser une partie seulement des cent milliards déclarés par M. Fillon, surtout avec vingt-deux mois de campagne électorale présidentielle.
La France, tout entière dévouée au verbe – l'Elysée est envahi de "rédacteurs" -, joue les utilités à Bruxelles, se vante d'être le môle fédérateur, passe au pupitre plus qu'à son tour dès qu'un projecteur s'allume, mais l'auditoire consulte sur l'iPhone les dernières nouvelles de Berlin.
Que veut faire l'Allemagne ?
Disons tout de suite qu'à l'exception de leur balance commerciale, leurs chiffres sont arithmétiquement presque aussi mauvais que les nôtres, mais ne résultent pas des mêmes causes. Surinvestissement là, surconsommation ici. Puisque c'est un billet économique, deux données comparées entre la RFA, la France et le Royaume-Uni dans l'ordre : déficits publics respectifs pour 2010 de 145mds€ ou 5,5% pib, 174mds€ ou 8% pib et 189mds€ ou 11% pib ; dette publique au 1er janvier 2010 : 1700 mds€ ou 73% pib, 1500mds€ ou 78% pib et 930mds€ ou 68% pib ! Trois grands malades donc. On ne pronostique au moment que la guérison d'un seul.

Wolfgang SchaubleL'approche luthérienne de la crise est certes égoïste mais surtout intraitable. Aucune des solutions avancées par Paris n'est retenue par Berlin et quand elle doit s'y plier, l'Allemagne ajoute le codicille qui en coupe les effets. La dernière en date est la garantie demandée aux Trésors nationaux sur les prêts octroyés aux malades par le FESF (Fonds européen de stabilité financière) de 440 milliards. La France généreuse demandait la garantie solidaire illimitée de tous et la pérénisation du fonds. L'Allemagne ne garantit les fonds levés qu'à hauteur de sa propre contribution et limite ce dispositif à trois ans. Quand la France demande à mollir sur le pacte de stabilité actuel (le fameux 3-60(4) pour ne pas enrayer la reprise, l'Allemagne exige son durcissement et l'obtient, même si la déchéance automatique du pécheur est reportée. Et lorsque M. Sarkozy veut marquer son passage d'une pierre blanche en institutionnalisant les sommets des chefs d'Etat de l'Eurogroupe, la chancellerie y voit une perte de temps, d'argent et se contente d'exiger la déclaration de banqueroute des Etats incapables de redresser leurs comptes ! On ne peut pas s'opposer plus ! La posture de "couple" que cultive les responsables français et la presse à reluire en est d'autant plus ridicule que chacun sait que nos cousins sont agacés de ce concubinage prétendu.

Quand nous reprochons à nos cousins germains le coût exorbitant de leurs tergiversations - Bercy diffusait le message à Bruxelles le 7 juin qu'en « janvier, ça nous aurait coûté 15 milliards, aujourd’hui 750 milliards » - ceux-ci laissent comprendre ne pas vouloir perdre leur belle jeunesse à écouter les "sentiments" des uns et des autres traduits en douze langues de réunions en réunions. Pendant les travaux, la vente continue ; ils prennent chez eux les mesures non-concertées qu'ils jugent appropriées. Le divorce est-il consommé ? Peut-être pas comme cela, mais la communauté d'intérêts a fondu. Nous ne jouons plus dans la même cour. Nous avons la grandeur, ils ont l'industrie.

François BaroinAvons-nous donc si tort que cela dans notre critique du provincialisme teuton ?
Les économistes les plus affûtés de la place jugent que le raidissement allemand est une approche primaire de la crise et que la purge décidée à Berlin ressortit aux médicastres de Molière. Le réglage d'une reprise attelée au redémarrage des pays émergents sur fond de crise de confiance monétaire doit être minutieux, et d'autant plus qu'il s'applique à seize pays différents dont trois mourants. Nul ne doute que les services allemands soient à la hauteur des analyses exigées par une situation complexe, mais la tétanisation de la chancellerie traduit-elle une émotion confinant à la panique ? Les pires scenarii ont été passés en revue à Berlin en partant du constat que l'économie à réparer ressemblait à une économie de type post-guerre-perdue. Déficits étatiques et sociaux géants, dette abyssale en boule de neige, activité ralentie. La social-démocratie a dévoré les pays d'Europe, mais dans le coeur de Merkel, c'est bien la Soziale Marktwitschaft(2) qui est en cause, malgré l'Agenda 2010 lancé par le chancelier socialiste Gerhard Schröder. L'Allemagne travailleuse et déjà reformée vit encore au-dessus de ses moyens. C'est la Deutschland AG über alles qui est menacée dans ses fondamentaux même si elle travaille bien. Il n'est donc plus temps d'affiner les dosages avec des voisins, et si le débat est virulent au sein de la nouvelle coalition du pouvoir, le consensus est large dans le pays que cette fois sera celle de l'Allemagne première servie. Le monde repart-il sans l'Europe, que l'Allemagne achète cette opportunité. D'où le désintérêt manifeste pour les solutions communautaires qui traînent en longueur, sans parler de l'exaspération à subir la morgue française et sa personnalisation un peu vulgaire.

Finalement la locomotive rhénane a décroché du train européen, ou bien c'est nous. Elle avance aujourd'hui sur des marchés planétaires quand la France vit ses chances en Europe, un compartiment parmi d'autres du jeu stratégique allemand. La charge émotive de premiers partenaires réciproques a fusé, l'avenir est aux BRICs. Notre désindustrialisation – provoquée pour partie par l'Agenda 2010 précité qui contractait notre marché extérieur de prédilection - ne nous permet pas de suivre.

gerhard SchroederEn 2003, Gerhard Schröder (en photo) décida d'enrayer le déclin en fédérant toutes les forces vives dans un pacte national de combat pour gagner la mondialisation. Il impliquait le patronat, les syndicats, la fonction publique, le Bundesrat représentant des länder, le Bundestag et le gouvernement. Décapage à l'acide du code du travail, fusion et alignement des allocations chômage et sociales sur la moins élevée, assurance maladie réformée et suppression des indemnités journalières maladie, chasse aux niches fiscales, modération des taux d'impôts directs, refonte de la taxe professionnelle, taxation des opérations de bourse, amnistie fiscale des repentis... du déjà dit chez nous mais aujourd'hui seulement. En écho, l'industrie est revenue progressivement aux quarante heures et le défi fut accepté par tous bon gré mal gré³. En juin 2008, avec un budget exécuté en excédent, deux Allemands sur trois demandaient une plus grande protection sociale. C'est finalement la crise grecque qui a stoppé la revendication. Le gouffre qui s'est ouvert en une nuit sous les pieds de ce beau pays où beaucoup d'Allemands vont en vacances, a rameuté au rempart. Le pacte Agenda 2010 a porté fruits. Le commerce extérieur allemand approchera bientôt le trillion d'euros à l'export avec un solde positif de vingt pour cent ! Avec de tels résultats, vous obligez les autres à vous écouter ! Avec les nôtres, vous restez seul.
Ainsi certains pays du Nord sont-ils prêts à s'accrocher à la locomotive et une réunion des ministres des finances germanophones (exit les interprètes indiscrets) s'est tenue officiellement sur les questions de transparence bancaire le 14 février 2010 à Luxembourg, réunion à laquelle assistaient autour de Wolfgang Schäuble, le Grand Duché, l'Autriche, le Liechtenstein et la Suisse. Certains y ont vu les prémices d'un Euromark réservé aux peuples tristes et besogneux, mais la sécession n'est pas encore mûre, si d'aucune manière exclue. Seraient intéressés, les Pays-Bas, la Finlande et la Slovénie.


l'euro est un mark
Quoiqu'il en soit, les choix allemands nous regardent-ils ? Eux nous ignorent, mais nos économies sont encore imbriquées au dixième et la répercussion sera immédiate en France. Nous pouvons regretter mais un peu tard d'avoir dépensé tant de moyens et d'énergie à conserver un statut grandiloquent de "grande puissance" au lieu de mettre le paquet sur l'économique. Avoir les moyens de sa politique est un préalable incontournable de nos jours où l'Intendance ne suit jamais mais précède. Notre Etat est comme une tunique de Nessus qui traînerait par terre ; la France industrielle est un fantôme.

Notes :
(1)Credit Default Swap, valorisation du risque souverain sur les marchés
(2)Une économie de marché sociale
(3)Les lois Hartz durcissant des conditions d'embauche et d'indemnisation ont créé de nouveaux mots : Prekariat, Unterschicht que l'on traduirait par "lumpenprolétariat".
(4)Déficit budgétaire limité à 3% de Pib et dette publique sous les 60% de Pib




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samedi 8 mai 2010

Le temps venu des idées simples

Expliquer la condition d'honnête homme tient en dix lignes, comprendre la vocation d'un pédophile tient en dix pages. Ainsi des tonnes de livres keynésiens furent-elles nécessaires pour théoriser la perversité des déficits publics. De grands esprits s'y sont mis, de moins grands aussi, mais au bout du tuyau à confiture c'est le gogo citoyen qui choppe le diabète.

François Fillon
Que de fois nous entendîmes le "ça ne peut pas durer" des responsables offusqués par le service dévorant d'une dette abyssale, pour le lendemain voir les mêmes signer un nouvel apaisement des souffrances individuelles à compte public. Il aura fallu que les charognards de la Spéculation, les inquiets des "futures¹", fassent des cercles au-dessus des plus malades pour que nous nous rendions compte que dans ce désert de la soif budgétaire, nous marchions à la mort. Fillon a dit : trois pour cent, max !
Il en manque.

henri emmanuelliLes déficits publics doivent se balancer à zéro. Savez-vous qu'il y a des pays qui vivent sans déficit, parfois même avec de petits excédents budgétaires. Ce sont des pays bizarres où on n'applaudit pas à la "cagnotte" quand un imprévu diminue la perte au contraire d'ici. Ici, des gens cultivés comme le Groucho landais qui sert de lest à la Montgolfière du Nord, se déboutonnent sur les plateaux médiatiques en expliquant l'air avisé qu'il "faut du déficit" pour faire tourner un Etat social-démocrate. Nous le savions bien puisque c'est le régime des clientèles. Mais heureusement, d'autres que nous, éternels contempteurs de la République d'affrontement, viennent vous dire que tout ces billevesées socialistes ou socialisantes sont des conneries. Il était temps.

Alos que faut-il faire ? Ecoutons ces maudits libertariens qui agacent à force d'avoir raison :

Ne pas dépenser plus qu'on ne récolte !

Le taux de prélèvement fiscal des différents Etats qui administrent la France est à un niveau tel qu'on ne peut l'augmenter sans déclarer la soviétisation qui va faire monter les loyers à Coblence, et Fillon a tort de laisser dire que +2% seront nécessaires. Dans une enveloppe globale bloquée, il faut redistribuer l'assiette avec justice. La réforme fiscale tant promise doit être lancée avec des experts étrangers aux intérêts partisans ; mais on ne pourra pas attendre ses décisions, les vautours me semblent un peu plus nombreux déjà dans le ciel que quand j'ai commencé cet article.

La dépense publique doit être réduite, ce qui veut dire en clair que l'Etat doit sonner la retraite sur une ligne régalienne de résistance et rendre aux citoyens l'initiative de s'organiser. Ce ne se fera pas en un an, ni en deux, mais telle est bien la queue de trajectoire, même si beaucoup ne veulent pas croire à la fin de la social-démocratie à crédit et prévoient déjà de nombreuses rogations syndicales.

Toute réforme budgétaire doit commencer par la réduction de gaspillages qui sont toujours un prétexte pour différer les mesures de redressement par les catégories soumises à un audit fiscal. Si l'on veut s'en tenir aux rapports de la Cour des Comptes, on aura du travail pour la décennie.

hotel du département 13
Puis on tape dans la graisse institutionnelle, celle qui ne provient pas d'un affaissement de l'activité de services "payés au mois" mais qui résulte d'un empilage bureaucratique parfois involontaire. C'est de cette réforme institutionnelle qu'un gouvernement tirerait le plus de gloire, mais ses adversaires retranchés dans des emplois surfacturés au contribuable - je pense d'abord aux parlementaires et à l'armée de valets qui les sert - ne pourront être réduits par un assaut frontal, comprenez législatif. Il faudra les attaquer de flanc, en y revenant à plusieurs fois, comme la mer use la digue.

Vient ensuite la réduction du périmètre des prestations sociales, qui sera plus facile à resserrer si on a réussi le travail anti-gaspillage et le dégraissage institutionnel. Faire l'inverse n'a jamais marché. Les quinze dernières années en apportent la preuve tant la situation a empiré à proportion des proclamations de réformes.

les trois petits cochons rosesCommençons par la fraude. Les services contentieux des CAF, par exemple, ont les tiroirs bourrés de dossiers litigieux (polygamie, fraude à l'identité, faux ayant-droits, parfois double inscription, ...) sur lesquels l'ordre est tombé un jour des étages directoriaux de "payer !".
Rouvrons et soldons les dossiers sans mollir, publions-les si ça chouine. Le "pilori" n'est pas inconstitutionnel.

Cessons les allocations aux étrangers non-contribuables sans emploi, et perdons notre vocation universelle à relever la veuve, l'orphelin et les cousins au fond du camion. Tant pis pour notre prestige qui a depuis longtemps disparu. Le pays d'asile est bourré de la cave au grenier jusqu'à ne plus savoir combien nous sommes. Stop ! Travaillons sur l'émigration de départ en même temps que nous canalisons l'immigration d'arrivée. Et, sans rouvrir le chapitre offensif², il y a une guerre de développement à conduire dans les régions du monde les plus pauvres. Pas plus que "ça ne pouvait pas durer" pour la Dette, on ne peut pas les laisser comme ça !

Djamel DebouzzeGénéraliser l'IRPP (impôt direct sur le revenu des personnes physiques) même pour les cotisations modestes, au titre d'impôt civique. Je fais le même aparté qu'il y a deux ans : Djamel Debouzze racontait que ses premiers succès de scène forcément déclarés avaient provoqué un avis d'imposition annuel. Cet avis, le premier jamais tombé dans la boîte à lettres à Trappes, fut fêté dans sa famille comme un ticket gagnant du Loto ; ils émergeaient tous au niveau des contribuables reconnus et quittaient le monde anonyme des zombies. Il ne faut pas avoir peur du civisme fiscal, ça existe.

Restera la Dette, les dettes.
Elle ne se paieront pas par les économies ci-dessus parce chacune d'elles règle un solde, et que l'excédent nécessaire à son remboursement ne sera peut-être jamais obtenu sauf en de rares compartiments budgétaires et pas chaque année.

arrêt-amazoneElles se paieront par un surcroît de travail des producteurs. La glandouille socialiste c'est fini - les condors qui planent - je me disais aussi qu'ils sont plus grands que tout à l'heure - nous font comprendre que nous risquons d'être en défaut sur la dette souveraine si notre environnement économique craque. Mais si nous montrons notre vitalité en affichant un retour aux valeurs du travail (40 heures et 65 ans), alors le message envoyé anticipera un rallye vers un pays enfin gagnant, le nôtre.
Avec plus de charbon en chaudière, nous obtiendrons une croissance durablement maîtrisée sous réserve que ce monde globalisé devienne équitable. Et cette équité est le point important à discuter au G20 ou dans tout autre cercle décisionnel de gouvernements responsables, ceux de pays gérés, par ceux de bouffons³.

En effet, on ne peut retrousser les manches, débarquer le lest du navire, et se faire avoir par plus malin. Il faut des compensations en frontières contre les imports de biens à prix asymétriques, originaires de pays où les producteurs trichent éhontément. Et ne faisons pas une fixation sur la Chine ou la Turquie, mais plutôt sur le staff bruxellois qui a bloqué ces protections à des motifs dogmatiques désuets. Barroso dehors !

chauffe du four sidérurgique

Et l'investissement ?
A la question des investissements publics, on peut répondre que l'Etat ayant réduit son périmètre et sa graisse institutionnelle, ils seront en conséquence moindres et ne devraient être décidés par un futur retour, le ROI. Quel est le ROI (Return On Investment) d'une extension d'un hôtel de ville ? Nul ! Il faut se priver des surnuméraires qui ne peuvent être logés dans les murs actuels. C'est tout un conditionnement mental.
Mais il est des investissements "rentables" même sur invisibles. Une crèche bien tenue libère du temps pour les parents, qui peut être mis à profit (littéralement) et donc taxé. Une digue en Camargue protègera un espace naturel de haute valeur ornithologique qui fera la joie de nombreux visiteurs-consommateurs-contributeurs à la TVA. Etc... et on n'est pas obligé de faire des ponts sans route pour épuiser des crédits annuels d'équipement.

voteuse irlandaiseDans deux ans ou dix ans. Le jour où la situation financière du pays sera rétablie, certes avec des imperfections dues aux complications d'un pays sophistiqué, mais supportables, on pourra faire évoluer le niveau de protection à la demande générale. La voie parlementaire ayant prouvé sa nocivité puisque les titulaires ne travaillent qu'à leur réélection et sont irresponsables des conséquences globales des facilités votées à leur clientèle, on saisira le pays par référendum sur un paquet social de nouvelles mesures qui, si elles accroissent la dépense totale, seront financées par une taxe spécifique inscrite dans le même texte mis au vote des citoyens :
« Il est juste et bon que telle catégorie moins favorisée par la naissance ou le sort soit aidée spécifiquement... La mesure coûtera au budget national tant de millions. Il vous en coûtera personnellement 1% d'augmentation de la CSG. Votez !»

Ainsi les "pourfendeurs de l'ultralibéralisme" peuvent comprendre maintenant à quoi sert la Spéculation internationale. Elle remplace la crainte du diable et ses marmites fumantes. Sans elle il n'y a pas de vertu. Au final, c'est assez terrible de devoir corriger les Etats comme des gamins polissons.

On fera son profit des études publiées sur les sites suivants :
. Cercle Frédéric Bastiat
. Institut Turgot
. Le Québécois Libre
. Taking Hayek Seriously
. Ludwig von Mises Institute



Note (1): les futures sont les contrats marchandises ou valeurs débouclés à terme qui anticipent un besoin ou un écart de prix. Les plus gros marchés de "futures" sont le NYMEX de New York, propriété du Chicago Mercantile Exchange, le London Metal Exchange et le TOCOM, Tokyo Mercantile Exchange.
Note (2): la TICAD, les EUA et "forcer l'Afrique". Plus en cliquant sur le tag "Afrique" en sidebar.
Note (3): que fait le 20ème, la Commission bruxelloise, dans le schmilblick ?

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