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dimanche 5 février 2023

6-février en 2023

bouton antiparlementaire
Ayant eu le privilège de bien connaître l'un des camelots du roi qui avancèrent vers le pont de la Concorde en ce funeste jour du 6 février, j'en appris qu'il n'y avait aucune insurrection qui vaille sans chef décidé à vaincre. Relire aussi Lucien Rebatet qui s'y battit et à l'occasion, Robert Brasillach qui fut tué le même jour onze ans plus tard, ce jour même où naissait Bob Marley. Il est de ces collisions !

On a dit beaucoup (trop) contre le colonel de La Rocque, on a dit beaucoup moins contre les chefs absents de l'Action française qui avaient arpenté les tréteaux en appelant le peuple à renverser la Gueuse, sans qu'on les retrouve le jour venu sur le pavé parisien. Maurice Pujo se fendit d'une longue analyse justifiant l'échec de cette journée par le déroulé prévisible des événements du lendemain qui en annuleraient tous les fruits.
Dit en plus court, l'insurrection n'avait pas téléphoné avant son entrée en gare !

Ce blogue a chaque année commémoré le 6-février-34. Nous n'ajouterons pas de révélations inédites ou moins sues, mais profitons de cette méditation annuelle pour prévenir les jeunes militants de ne pas s'engager à corps perdu dans une manifestation si leurs chefs ne l'ont pas préparée, ne sont pas devant, et si le nombre critique n'est pas atteint. Certes ce n'est pas un métier que la révolte, mais ça y ressemble.
Benito l'ancien était plus affûté à l'ouvrage que nos penseurs au marbre.

bouquet
PSAUME VII
J'ai passé cette nuit au mont des Oliviers.
Etais-je auprès de vous, bien indigne, Seigneur ?
Je ne sais, mais la chaîne était lourde à mes pieds,
Et je suais aussi, comme vous, ma sueur.

Ce n'est pas sans grand mal, voyez-vous qu'on arrache
Notre cœur aux seuls biens auxquels il fut voué
Et l'ange vient trancher plutôt qu'il ne détache
Le fil de ce bateau que vous aviez noué.

Vous avez trop connu cette terre où nous sommes,
Vous avez trop aimé l'air que nous respirions,
Pour n'avoir pas souffert ce que souffrent les hommes
Et n'avoir pas gémi dans votre passion.

Ah ! si demain, Seigneur, du jardin des Olives,
Je pouvais repartir vers le monde qu'on voit,
Laissez-moi boire encor aux fontaines d'eau vive,
Et laissez s'éloigner cette coupe de moi.

Mais s'il vous faut encor mon attente, Seigneur,
S'il vous faut l'aube noire et la plus dure peine,
Prenez l'arrachement et prenez la douleur,
Que votre volonté soit faite et non la mienne.
(Robert Brasillach, Fresnes, 5 février 1945)

samedi 5 février 2022

L'âne du jour

F. de La Rocque
Lt-colonel François de La Rocque
Président des Croix de Feu
Le 6 février tombe un dimanche cette année. En 1934, c'était un mardi de vent froid, ce qui n'avait privé les ligues patriotiques de marcher sur le Palais Bourbon pour dénoncer une fois encore une classe politique pourrie jusqu'à l'os. Chaque année ou presque, Royal-Artillerie fait un "petit quelque chose" pour le 6 février 34 où nous eûmes des morts.
On aurait de quoi démontrer que ce funeste jour fut le jour zéro du déclin de l'Action française qui avait conduit l'insurrection, et, partant, celui du royalisme populaire. Chauffés à blanc, les sections de camelots s'avèreront impuissantes à franchir le rempart des gardes mobiles et républicains dont on fit donner la cavalerie. Sera établi pour longtemps que tout combat contre la Gueuse devra se faire en alliance, voire en coalition. Et les premiers surpris au soir de l'émeute furent peut-être les camelots invincibles qui surestimaient l'effet d'entraînement et apprirent que les autres mouvements "dégagistes", Croix-de-Feu en tête, n'étaient pas royalistes, eux. Ils surent aussi que les grands noms de l'AF étaient absents, Charles Maurras écrivant son article au vitriol au siège du journal. Pour faire plus court encore, l'Action française est devenue le 7 février 34 un journal d'opinion, des lecteurs, et c'est tout ! Peu à peu, les "activistes" s'adressèrent en nombre aux mouvements fascisants qui naissaient en Europe pour régénérer par l'esthétique païenne une civilisation avachie, sans faire confiance aux princes moins encore aux rois.

Aujourd'hui, l'Ecole de pensée pense et distribue les bons points en maître d'école, mais elle ne sera pas au moulin tant occupée qu'elle est au four, à cuire son pain de presse. Les masses mécontentes de la Vè République, que les partis politiques ont détournée à leur profit, ne cherchent qu'à chasser la canaille des hémicycles comme elles attendent que d'autres chassent la racaille des cités. Le dégagisme fut le ressort de l'élection d'Emmanuel Macron et l'arrivée en force à l'Assemblée nationale d'une députation de puceaux leva bien des espoirs d'un renouveau, d'un rajeunissement. Mais au lieu d'apporter la fraîcheur attendue en ces lieux moisis par l'histoire, ceux-là se sont laissées circonvenir par les vieilles crapules politocardes qui, elles, en avaient gardé sous le pied et surent les contenir à coup d'arcanes et de réglements.
Si elles aspirent à une république propre, intègre et juste, les masses mécontentes ne considèrent pas (encore) qu'une monarchie soit une clef de résolution du problème. Demandez-leur. On est dans la même configuration qu'en 1934 : un mécontentement général dans le pays, mesuré à 84% par les sondeurs avant la grande manifestation des Gilets jaunes du 24 novembre 2018 : pas d'appel au roi ! Se pose la question des moyens de conviction de ces masses puisque jusqu'à plus ample informé nous vivons encore et pour longtemps sous la loi du Nombre. Après avoir bien pensé, où faut-il aller ensuite pour renverser ce régime une bonne fois ? J'allais répondre "aux armureries", mais c'est plutôt ma langue au chat !

Si les grands noms de l'Action française (à part Maxime Real del Sarte) étaient aux abonnés absents, Drieu La Rochelle, lui, était à la Concorde, comme Brasillach d'ailleurs. Il en dit long et aussi :
« Un énorme flot noir, luisant de bourguignottes, qui depuis un moment s’amassait un peu à droite du pont s’enveloppe d’un léger nuage… Les revolvers partent… Le flot noir s’élance, craquant de cent coups de pétards, et s’élance furieusement, dirigeant tout sur les Champs-Elysées ; serrant de près, je vois l’escadron brandissant ses sabres qui s’élance aussi. C’est une course gémissante à travers pelouses et bosquets. Les paquets de mobiles bondissent partout, tiraillent. Ils tirent bas ; je ne vois que deux blessés et deux ou trois balles claquent sur le bitume autour de moi. Je suis dans les allées, je crois que les chevaux n’iront pas entre les arbres. Je souffle. Mais une troupe de chevaux arrive du côté de Boissy-d’Anglas. Je me planque derrière un arbre, à genoux. Des cavaliers m’arrivent à droite et à gauche et me lancent leurs sabres. Je reçois un léger coup sur l’épaule, de très loin. Le type à casque me hurle son cri. Je repars jusqu’au Rond-Point. Les masses de mobiles suivent. Au Rond-Point, les fuyards furieux brûlent un autobus. La nuit, les espaces déserts dévorent peu à peu la foule qui s’en va, haineuse et revancharde.»


violettes
in memoriam Robert Brasillach
† 6 février 1945
R.I.P.

vendredi 5 février 2021

6 février 2021

Pont de la Concorde vers le Palais Bourbon


L'émeute du 6-février-34 est un marronnier nationaliste, plus particulièrement commémoré chez l'Action française, à tort peut-être. Nous avons déjà fait le tour de la question toutes ces années passées (clic) et en avons conclu, comme le Groupement d'Action Royaliste, que Charles Maurras était un immense maître à penser et jamais l'organisateur d'aucun coup de force. L'aurait-il voulu quand même, qu'il ne disposait pas des cadres capables d'aboutir. Maurice Pujo dans une explication ultérieure le disait autrement (clac) mais cela revenait au même : l'Action française n'était pas dans l'action !

Aujourd'hui, le mouvement royaliste de référence, la Vieille Maison, s'est reconvertie en "école de pensée" tout en faisant sortir dans la rue ses sections de militants ci et là en France pour coller, défiler parfois et vendre le journal. L'impact est pour l'instant modéré.

Dans un entretien donné à Romain Ducoulombier par Olivier Dard pour la revue ANR PAPRIK@2F en 2015*, on peut lire en réponse à la question d'actualité de l'émeute :
Pensez-vous que la France soit aujourd’hui dans une situation analogue à celle du 6 février 1934 ?
« [...] On peut sans doute voir au moins deux points communs. Le premier est un pessimisme profond associé à l’idée de déclin voire de décadence et qui résonne comme en écho entre les années trente et aujourd’hui. Il y a bien une crise d’identité même si elle est formulée différemment.
J’y ajouterai, en m’excusant de me citer, la question du « choix impossible », sous-titre que j’ai donné il y a quinze ans à l’ouvrage que vous mentionnez. J’entendais signifier par là que les décideurs avaient une meilleure connaissance des enjeux et des mesures à prendre pour redresser le pays que la mémoire, très négative sur cette période, en avait retenu. Pourtant, un mélange de fatalisme et d’impuissance qui n’excluait pas chez certains les rodomontades régnait sur le pays et se traduisait par une crise de la décision. Je vous avoue qu’en observant l’actualité, je ne suis pas sans y penser.»
*source : Le 6 février 1934 n’est nullement un coup d’État fasciste.

En février 2021, nous découvrons une société divisée entre jouisseurs et trimeurs, matée par la pandémie du coronavirus chinois, une crise relativement mal gérée par les équipes en place (la France est 73è sur 98 pays classés de la Nouvelle-Zélande au Brésil selon Lowy Institute, Sydney). Les handicaps français ont explosé et l'enflure de l'Etat est masquée par la mise en œuvre du collectivisme invasif qui prétend régler la santé de tous et de chacun au débit de la peur de la mort, à partir de la grille de décision jacobine. Les décisions d'autorité suintent d'un empilage incroyable de strates administratives dont les responsabilités s'annulent, mais qui sont typiques de l'usine à gaz socialiste montée en quarante ans pour nourrir le plus de militants possible. On trouve sur Internet des organigrammes de ce foutoir unique au monde, qui font doucement marrer tous nos voisins et au-delà ! Nous allons finir par être le contre-exemple académique de la performance administrative qu'on enseignera dans les universités. Il restera à stopper l'ENA et en raser les bâtiments jusqu'aux fondations pour que reste en mémoire sa nocivité. On ne gardera que le mur du quai, le portail principal, et ça se visitera !

Organigramme Santé France


Bien que nous ayons un Etat profond encrassé, un exécutif pagnolesque, une chambre basse de godillots complètement déconsidérés et un sénat aussi inutile qu'idiot utile des pédomanes (la chambre des 13 ans), la peur est trop grande pour que se lève la révolte populaire (dixit Machiavel). On a écrit beaucoup d'ouvrages sur la gestion des foules et de l'opinion dont l'application est mesurable aujourd'hui et dont on ne doute pas que le pouvoir les ait lus. Ce six-février sera un mauvais souvenir et pas plus, mais ne disparaîtra pas. Nous le terminons par ce mot de Brasillach dans Notre Avant-guerre :
« Si le 6 fut un mauvais complot, ce fut une nuit de sacrifices, qui reste dans notre souvenir avec son odeur, son vent froid, ses pâles figures courantes, ses groupes humains au bord des trottoirs, son espérance invincible d’une Révolution nationale, la naissance exacte du nationalisme social de notre pays. Qu’importe si, plus tard, tout a été exploité, par la droite et par la gauche, de ce feu brûlant, de ces morts qui ont été purs. On n’empêchera pas ce qui a été d’avoir été.»

la garde mobile à cheval en rang sur le pont de la Concorde

mardi 6 février 2018

Hommage à Claude Érignac

 

- Hommage au préfet Erignac abattu par des pleutres le 6 février 1998 à Ajaccio -




L'histoire d'une lâcheté collective, c'est par ici !

 


lundi 5 février 2018

En 34 avec Céline

Gallimard ayant fait un refus à l'obstacle devant les cris d'orfraie des ligues "anti-anti" et des Klarsfeld, nous publions du Céline en relation avec l'émeute du 6 février 34. Il s'agit d'une lettre à Elie Faure écrite le 18 mars sur un bloc du Pigall's Tabac, répondant à la demande d'engagement de l'auteur auprès des Surréalistes pour contrer la montée du péril fasciste en France. Elie Faure est un médecin comme Destouches, et écrivain comme lui, avec lequel il entretiendra une correspondance suivie et spontanée.
On verra que s'il est réquisitionné par ses pairs, il n'est pas aisément disponible et réfractaire à l'embrigadement. C'est moins l'idée à défendre que la compagnie qui le rebute, le Voyage au bout de la nuit ayant été reçu diversement par les littérateurs du temps. L'émeute dont tout le monde parle ne l'a pas impressionné. Près du peuple qu'il soigne au dispensaire de Clichy, il a fait le tour de la question du personnel politique mais aussi des chefs des ligues offensives que l'on a peu vus sous la mitraille. Le ton est direct, sincère, c'est un anarchiste de talent.

Dans cette lettre Céline ne parle pas de juifs ? Comment se fait-ce ? Qu'allons-nous devenir dans nos petits commerces à l'encaustique si le Céline honni ne bave plus sur nous ? C'était de l'humour. Les pamphlets "Gallimard" sont vraiment dégueulasses et dépassent la haine ordinaire des Juifs sous la IIIè République. On les gardera pour des études universitaires car diffusés dans les Cités de la Peur, ils feraient un sacré carton. On fait quoi au fait de la haine arabo-musulmane des Juifs en banlieue ?
On en parle, on en débat, on fait des plateaux télé. Avec qui ? Des mecs payés au cachet qui font vendre plus de Nutella que d'autres ! D'où vient cette haine viscérale soixante-quinze ans après la vaporisation de la moitié de la nation israélite en Europe ? De nulle part ! Ex-nihilo ! C'est interdit, nazi, tabou, verboten, les Juifs sont des saints depuis 1945. Et les autres... bon ! des goyim, des khmar, nakes chouia, la vie continue quoi !



Bien cher Ami,

Vous savez combien j'admire, je m'enthousiasme, je vénère tout ce que vous avez pensé, donné, écrit. Je me suis servi énormément de votre œuvre. J'ai pillé, appris, épelé dans votre texte. Je le fais encore, je le ferai toujours. Vous êtes un de mes rares maîtres – et sans doute le plus intime, le plus direct. Alors ? La question n'est pas là, quand je m'insurge contre vos directives actuelles. Je me refuse absolument, tout à fait à me ranger ici ou là. Je suis anarchiste, jusqu'aux poils. Je l'ai toujours été, je ne serai jamais rien d'autre. Tous m'ont vomi, depuis les Inveszias jusqu'aux nazis officiels.

Mr de Régnier, Comœdia, Stavinsky, le président Dullin, tous m'ont déclaré imbuvable, immonde, et dans des termes à peu près identiques. Je ne l'ai pas fait exprès mais c'est un fait. Je me trouve bien ainsi parce que j'ai raison.

Tout système politique est une entreprise de narcissisme hypocrite qui consiste à rejeter l'ignominie personnelle de ses adhérents sur un système ou sur les "autres". Je vis très bien, j'avoue, je proclame haut, émotivement et fort toute notre dégueulasserie commune, de droite et de gauche d'Homme. Cela, on ne me le pardonnera jamais. Depuis que les curés sont morts, le monde n'est plus que démagogie, on flagorne la merde sans arrêt. On repousse la responsabilité par un artifice d'idéologie et de phrases. Il n'y a plus de contrition, il n'y a plus que des chants de révolte et d'espérances? Espérer quoi? Que la merde va se mettre à sentir bon ? Mon bon ami, je ne trahis personne, je ne demande rien à personne. On me fusillera peut-être (on prendra des numéros, alors !).

Lénine aussi bien que Napoléon ont raté leur affaire. Ils ont fait des pointes de feu et hurlent à la guérison. Nenni. Tout ce système révolutionnaire (pas le vôtre) n'est que vulgaire, éternel égoïsme, armé de nouveaux subterfuges. Qu'il s'organise dans le communisme vous en avez de belles ! Plus sordide que l'ancien, vous dis-je ! Je les connais bien les apôtres et les héros, de droite, de gauche. Depuis 30 ans je vis jour et nuit avec eux. Révolution. Tout de suite. Mais d'eux-mêmes d'abord. Pas ces fainéants d'âmes et d'esprits, cocktail ou Picon ? Pourquoi choisir.

Bien affectueusement...

LF Céline
(in "Lettres" Ed. de La Pléiade 2009)


L'ami Céline est un personnage complexe qu'une simple lettre au premier jet (l'autographe est passé en salle des ventes) ne peut pas cerner. On doit le prendre dans sa totalité avec ses haines et son génie sémantique, sa misère affective et ses obsessions, ses erreurs graves, ses injures, ses faiblesses alimentaires (il a beaucoup écrit des trucs inintéressants pour vivre).
Je peux aussi bémoliser mon enthousiasme au plan littéraire et avouer que pour moi, un bon auteur est toujours bon. Prenez Marcel Proust - je l'ai fait cent fois - ouvrez un livre n'importe où, lisez à haute voix sans précipitation, c'est toujours excellent, la magie fonctionne à tout coup ! C'est lui le grand génie du siècle. Je n'ai pas cette révélation en ouvrant un Céline, même si le choc est toujours possible. Ecrire est-il choquer ? C'est pourquoi j'aime bien D'un Château l'autre où il économise les effets rhétoriques dans la partie narrative de l'exode, pour nous raconter en toute verdeur la cocasserie du quotidien des "pouvoirs" français déportés par les Boches à Sigmaringen. Faire "voir" au lecteur les symboles* pitoyables de l'agonie grotesque d'un gouvernement de théâtre courant jusqu'à l'absurde, convoque un indéniable talent.

Aux dires des résidents (Rebatet, Bonnard, son épouse Lucette Almansor, le Dr Schillemans), Destouches y fut d'abord et surtout l'excellent médecin de dispensaire que l'on savait, adroit, attentif, bon ami. Il y distribuait les arrêts de complaisance aux gosses de la Légion Charlemagne qui perdaient ainsi la chance de mourir sur le front russe. Mais il restait quand bien même le pamphlétaire explosif qui n'avait plus rien à foutre des funérailles de l'Etat Français et s'inquiétait du tomber de rideau, au point de demander un visa aux autorités suisses ; qu'il n'eut pas ! C'est le Royaume de Danemark où tout n'était pas si pourri, qui l'accueillit dans un autre château, d'où le titre du bouquin.







A partir de 1934 les six-février sont devenus des jours remarquables dans l'histoire de France, comme le quatorze-juillet, le quinze-août ou le onze-novembre. Le six-février, c'est aussi l'exécution en 1945 de Robert Brasillach au fort de Montrouge ; en 1951, naissait ce jour-là Jacques Villeret, comédien exquis qui marquera pour toujours le Dîner de Con ; mais on ne peut éviter de citer le décès à Rome en ce même jour de 726 du roi Ine de Wessex, grand législateur saxon devant l'Éternel. Avec lui s'achève pour cette année le devoir du 6-Février sur Royal-Artillerie.

lundi 6 février 2017

Monarchistes ou royalistes

Nous ne commémorerons pas l'échec du 6 février 34 cette année. Qui était l'âne, où étaient les lions ? Mais nous prenons prétexte du marronnier pour relancer le doute sur les cibles et moyens de la revendication monarchiste en France. La Méthode de Raisonnement Tactique de l'unité élémentaire d'infanterie (MRT) commence par exprimer le résultat attendu et se termine par la déclaration de deux exigences : un chef, des moyens.
Je ne connais aucun des résultats attendus d'aucune structure royaliste sauf une, l'Alliance royale. Mais l'utopie exprimée semble si disproportionnée aux yeux des gens qu'elle n'invite pas assez de parrains électoraux à se compromettre à son soutien. Les autres acteurs du microcosme n'ont pas une exigence de résultat, ce qui leur évite d'en mesurer l'éloignement à l'heure des bilans, bilans qu'ils détestent.
A l'instar des princes de hamac qui nous encouragent du bout des doigts, nos présidents de cercles, clubs et chapelles sucent leur rente de position dans sa gloire éphémère comme une glace à fondre, à nul effet pour la cause royaliste. Mais il s'agit d'un malentendu. Il y a deux motivations dans le monde royaliste : l'exaltation d'un passé glorieux et le souci du salut des trépassés d'un côté, l'activisme pour une restauration monarchique de l'autre. Il serait plus clair d'appeler par convention les premiers, royalistes et les seconds, monarchistes. Si les deux activités peuvent mutuellement se renforcer, leur séparation libérerait sans doute des énergies nouvelles.

Oui, les deux se renforcent : la commémoration, la mise en scène de l'Ancien régime, de nos rois, de leurs travaux, ensemencent l'opinion à l'idée de temps anciens où la France était grande naturellement par son génie propre qui tient à la convergence d'avantages géographiques, démographiques et structurels dont le projet capétien était la colonne vertébrale. Au moment de la rupture de paradigme que tout annonce, y aura-t-il un projet de même nature permettant d'aimanter toute la limaille populaire vers un avenir commun ? Les royalistes doivent diffuser ça. Le concours des princes est assez facile à obtenir puisqu'il n'y a rien à inventer (au sens premier de redécouvrir) et tout à vendre.

Les monarchistes de leur côté ont un but éminemment politique : rétablir la monarchie. Ils savent que les commémorations ne feront pas avancer le schmilblick autant que la mise en œuvre d'une physique sociale élaborée dans leur meilleure école de pensée, celle de l'Action française, pour autant qu'on se prépare quand même à reprendre le pouvoir. Ceci implique que le projet technique soit analysé, synthétisé, écrit et assimilé par tous ses acteurs comme le font très tranquillement les factions subversives de l'Etat bourgeois actuel, trotskystes et autres anars. Que celui de mes lecteurs qui sait décrire le régime promu par les monarchistes français lève le doigt et passe à la section Commentaires. Merci.
Cet activisme éclaire d'un jour nouveau les activités des royalistes et les renforce au sens où il montre à leur public que le modèle n'est pas mort pour la France. En revanche il n'est pas performant de faire cohabiter les deux axes dans une même organisation, ils se gênent.

On ne peut pas tout faire, les requiem et l'agit'prop ! Si l'exploitation patrimoniale est assez facile (une liste des organisations est donnée en bas de page), la propagande politique est une autre affaire. La priorité serait de définir le projet constitutionnel, soit par le raisonnement de vrais sages en conclave, soit par le débat en Assises. Une fois le projet dressé, il serait mis en développement avec la méthode d'une gestion par objectifs à choisir dans un bon programme de management, et les responsables en demanderaient quitus à la fin de leur mandat. Parce qu'il devrait y avoir mandat. Fini de mourir debout à la tâche comme les escargots, au milieu des toiles d'araignée.

Une fois le projet publié dans ses tenants et aboutissants, la Méthode de Raisonnement Tactique demande à la fin de déclarer UN chef, des moyens. Pour le chef c'est très facile puisqu'il n'y en a aucun au moment. On ne fera de peine ni de tort à personne à s'en choisir un, parmi ceux qui savent commander avec une autorité naturelle. Pour les moyens c'est une autre paire de manche car il s'agit d'abord et avant tout d'argent, puis d'argent et enfin d'argent. Cela fait soixante ans qu'on recrute des jeunes formidables et pleins de courage sans disposer des moyens financiers nécessaires à leur plein engagement qui leur permettraient de réussir à chaque niveau du projet ; ceux qui font cela sont des fumistes - et je suis dans un bon jour. Il ne viendrait à l'idée d'aucun entrepreneur de start-up d'embaucher en précisant que les employés ne seront payés que lorsque la société entrera en bourse, même si certains aimeraient bien ! Donc tout chapelain futur devrait d'abord être riche et disposer du carnet d'adresses ad hoc en capacité de venir sur un business plan avec leurs chéquiers. Les vieux scouts impécunieux nous font perdre du temps dans la section activisme et épuisent les jeunes énergies qui, arrivées à l'âge adulte, désertent le mouvement. On peut sur ce chapitre des moyens faire un tour sur le site du Million du Roi ou pas.


Ne pas négocier - propriété de Audrius Tomonis & Banknotes.com.

Postscriptum : lire aussi dans ce domaine le raisonnement exquis de Paul de Beaulias subordonnant le régime monarchique à la royauté transcendantale sur le site Vexilla Regis.
C'est parfait et malheureusement inutilisable dans le champ politique : «Monarchie ou Royauté ?» (clic).


Liste des organisations royalistes - cénacles

Union des cercles légitimistes (22 clubs)
Institut de la Maison de Bourbon
Institut de la Maison royale de France
Présence du Souvenir Bourbonien
Association de l'Unité capétienne
Fédération légitimiste bretonne
Charte de Fontevraut
Gens de France
Les Lys de France

Liste des organisations monarchistes actives

Centre royaliste d'Action française
Alliance royale
Restauration nationale
Nouvelle action royaliste
Groupe Action Royaliste
Union royaliste Bretagne Vendée militaire

Information monarchiste (par cadence)

Conseil dans l'espérance du roi (quotidien numérique)
La Faute à Rousseau (quotidien numérique)
Vexilla Galliae (quotidien numérique)
Action française 2000 (bimensuel)
Royaliste (bimensuel)
Politique magazine (mensuel)
Le Lien légitimiste (bimestriel)
La Blanche Hermine (bimestriel)
La Gazette royale (trimestriel)

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lundi 8 février 2016

La dépression mentale de l'Europe est allemande

 

Jusqu'à l'affaire de la grande migration arabe, l'Allemagne, conduite par la chancelière de Prusse, servait à tout. Modèle socio-économique, père-fouettard des gouvernements de danseuses impécunieuses, ultime recours contre les appétits russes, partenaire massif des Etats-Unis jusqu'à midi, refuge des diplômés européens sans travail ! Sans même trop comprendre le fond de son raisonnement, on avait pris l'habitude de suivre l'Allemagne. Dans tous les ministères du continent on savait promettre tout et n'importe quoi aux mécontents en sachant qu'in fine, il faudrait rechercher le nihil obstat de Berlin, avec l'arrière-pensée parfois d'obtenir son refus. Le centre de gravité des décisions communautaires s'était peu à peu déplacé de Bruxelles à Berlin - l'affaire du GREXIT le démontra.

Certains, lassés de voir les pays latins patauger avec plaisir dans leur gabegie endémique, votaient pour une fédération économique germanique autour d'un euromarc délesté des dettes nationales impayables du Sud ! Sur cet axe inédit, et au prétexte d'harmonisation fiscale, il s'était même tenu une réunion importante des ministres des finances de la zone euro germanophone, le 13 mars 2013 à Berlin. Mais d'autres s'étaient tenues plus discrètement les années précédentes à Luxembourg, Bâle, Vaduz et Vienne. Une sorte de fédération germanique commençait à se dessiner qui pourrait agréger des pays d'arrière-cour comme la Tchéco-Slovaquie et jusques aussi loin que la Finlande.

2016 : nous sommes loin de l'anschluss économique. La décision irréfléchie et minoritaire de la Chancelière d'ouvrir sans aucune limite ses guichets aux requérants d'asile politique et économique a braqué contre elle tous ses voisins. Voir la Scandinavie fermer ses portes au flux migratoire arabe en dit plus long qu'un grand discours au Parlement européen. L'Allemagne merkélienne a dynamité l'Europe dans son logiciel de soft-power. Amis récents ou adversaires historiques, tous comptaient sur Berlin pour maintenir une cohésion des nations vers une fédération puissante, prospère et pacifique. Ils déchantent. Effrayées de se voir dépossédées de leurs façons de vivre, se mettent en congé de consensus la Hongrie, la Pologne, la Slovaquie et même l'Autriche complètement débordée. Se taisent les pays sous perfusion chronique comme les quatre nations balkaniques (GR, RO, BG, HR) mais le ton monte aux Pays-Bas aussi ! Et comble de malheur pour l'Union se désunit le Royaume-Uni ! Le BREXIT est la grande affaire de l'année. La licence d'importation en aveugle de migrants en masse par l'Allemagne a rechargé jusqu'à rabord les chaudières de l'euroscepticisme anglais.





Le continent désaimanté risque de voir se rompre les amarres britanniques, avant peut-être la désintégration du Royaume-Uni lui-même. Souvenons-nous que la Grande Bretagne accéda au Marché commun en compagnie de ses meilleurs clients apportant un renfort certain. S'agrégeaient ainsi à l'Europe continentale : la Norvège pétrolifère, le Royaume-Uni avec la City de Londres et l'Ecosse pétrolifère, le Danemark avec les zones de pêche des Féroë et du Gröenland, et la colonie financière anglaise qu'est l'Irlande républicaine.

Le départ éventuel du Royaume-Uni ou BREXIT peut disloquer toute la zone de la Mer du Nord. La Norvège ne ratifia pas jadis mais s'intégra dans l'Espace économique européen comme la Suisse ; elle n'aura pas à en partir formellement ; l'Islande a claqué la porte en 2013 ; les Danois votent régulièrement contre l'immixion des lois européennes chez eux ; seule l'Irlande ne peut pas arracher la perf, quoique les investisseurs de poids y soient plutôt nord-américains ! Nul ne sait ce qu'adviendront les relations déjà tumultueuses entre l'Angleterre et l'Ecosse (républicaine). De ce désordre ne naîtra rien de bon pour nous, sauf à faire battre des nageoires les otaries souverainistes. Le BENELUX collera plus solidement encore à l'Allemagne rhénane dont il assure les débouchés par ses ports du Range Nord. Les trois pays baltes et la Pologne rechercheront la protection des Etats-Unis, la Suède et la Finlande chercheront à s'accommoder de la nouvelle donne géostratégique et revivifieront peut-être leur neutralité. Il est difficile de prévoir. Si l'on excepte les pays de l'Est de peu de poids, on en revient à la définition de départ de la Communauté européenne avec les six pays fondateurs auquel s'agrégeraient la Tchéquie, l'Autriche, la Slovénie et la Croatie et la péninsule ibérique qui n'a pas de solution de rechange, sauf si l'évolution climatique la soudait au Maroc : douze en tout.

La France pourra-t-elle en retirer quelque avantage ? De par sa position centrale en Europe occidentale et son ouverture sur quatre mers, elle aurait un coup à jouer. Mais elle n'a plus les moyens de faire fructifier aucun rebattage des cartes et ne saurait comment mettre au pot. Après 35 ans de socialisme, elle est devenue un pays moyen aux semelles de plomb, stipendié par les preneurs de bons du Trésor et gouverné par le principe de précaution. Elle n'a de marge de manœuvre que celle concédée par les super-puissances en rémunération de son alignement ou de son silence. Finalement, la main française dans le gant européen fut un essai intelligent, trop intelligent pour la classe politique aux affaires. Repliée aujourd'hui sur ses défis domestiques, incapable d'affronter le mammouth le plus gros d'Europe qu'elle est obligée de nourrir, elle est désormais à la merci de tiers. Ira-t-on jusqu'à dire avec Michel Onfray qu'elle est à la merci de la bombe islamique (clic)? Doit-on craindre en réaction une Saint-Barthélémy géante d'un peuple affolé par les reculades et la démission de tous les pouvoirs. C'est le premier souci de MM. Hollande, Valls et Cazeneuve : un pogrom islamique français ! Un incommensurable bond en arrière dans la-patrie-des-droits-de-l'homme, qui ferait tache d'huile dans toute l'Europe !

Le projet européen (le seul finalement que nous avions) s'estompe dans des complications inextricables ; comme le disait Christian Vanneste la semaine dernière : « L’Europe ne fait plus l’Histoire, elle la subit » ; le couple franco-allemand a divorcé dès que l'Allemagne a acquis sa majorité le 3 octobre 1990 ; nos propositions européennes ne sont écoutées par personne ; notre modèle socio-économique français est la risée du monde ; nos comptes publics sont exécrables et le gouvernement s'en fiche qui ne regarde que sa perpétuation ; en plein état d'urgence, le pouvoir supprime l'accent circonflexe !

Il aura suffit que l'Allemagne ne soit plus le "grand frère" qu'on imitera à la fin pour nous sauver, pour que le mental du pays s'effondre. Des réactions xénophobes prennent le pas sur le coup de balai politique nécessaire. La classe politique à la ramasse croit-elle tenir le haut du pavé jusqu'en avril 2017 ?


Danger ! Il y a danger



(rédigé à Paris, le 6 février 2016, jour du PEGIDA)

samedi 6 février 2016

Flash - Capture du général Piquemal à Calais


BEAKING NEWS : General**** Christian Piquemal, French Foreign Legion ex-boss, has been arrested by French riot police in Calais today among protesters against muslim invasion.


Ou comment le pouvoir peut-il perdre les pédales à ce point contre une manifestation pacifique même non autorisée !











mardi 5 février 2013

6 février 2013

Il n'y a rien à changer au billet du 6 février 2012. Le IV° Reich avance comme au Sahel le désert, sans murmures ni reproches, sans bruit. Mais un blogue monarchiste ne peut se contenter de recopier un texte d'occasion, il doit témoigner. Témoignons ! L'émeute du 6 février 34 fut un assaut antiparlementaire contre la démocratie de représentation qui avait basculé dans la prévarication, la concussion et tous les synonymes de la corruption. Le "tous-pourris" déjà. Si le 79ème anniversaire ne verra pas l'assaut des colonnades du Palais Bourbon, le 80ème pourrait être moins calme, à voir à quelle vitesse la spirale de la République perfore les réalités d'un déclin maintenant sûr avec les mêmes. Si notre économie a de gros problèmes qui ne sont pas tous politiques, notre Etat réclamé en faillite pour la deuxième fois par un ministre important n'assure plus ses fonctions régaliennes, et le régime qui le commande cache son impéritie derrière des disputes clivantes sur le sexe des anges, le trou des démons, l'élevage des foetus, le recyclage des vieux en biscuits protéinés et la liberté de chacun d'enculer ses chèvres avant de les épouser. Au motif d'un abrutissement décadent, le pays qui se brandit valeur morale illuminant le monde, patrie des droits, empire de la loi (en chinois), argue d'avancées sociétales chez ses voisins pour abolir deux millénaires d'une civilisation construite patiemment sur le droit naturel. Quel progrès !

La représentation nationale est utilisée aujourd'hui pour parer le coup décisif que serait un référendum populaire sur la question de l'homoparentalité ; et bien que les dispositions projetées convoquent la liberté de conscience, le groupe majoritaire demande la discipline de vote au péril d'investiture. L'apparatchik Le Roux, chef des godillots socialistes, n'y va pas par quatre chemins : Quand on a été élu avec le soutien du Parti socialiste, on respecte les promesses de la campagne présidentielle. Il faut assumer et être cohérent. Que les pouvoirs exécutifs et législatifs soient séparés ne l'impressionne pas ; pas plus que les râleurs de la chiourme. On dit que le suppléant de Benoît Hamon ne votera pas l'homofolie. Un homme.
En face de quoi, les arguments de l'opposition ne sont pas d'un niveau qui tranche vraiment ; mais on savait déjà, pour avoir suivi la bagarre de cour de récréation entre MM. Fillon et Copé, qu'élever le débat aurait été surhumain. Alors, je suis allé chercher de l'intelligence comme on va à la pêche avec une bouteille à bouidelles. Elle s'appelle Sylviane Agacinski, agrégée de philosophie, intéressée par le rapport des sexes, épouse d'un premier ministre au teint de lavabo qui n'avait pas trop démérité sachant d'où il procédait. L'homoparentalité pour elle, c'est niet. Il faut revenir à un article qu'elle avait donné au Monde le 21 janvier 2007 ; c'est du lourd :

Sylviane Agacinski
Déjà homoparentalité et mariage homosexuel c'est du pareil au même, un mot-valise où se nichent plusieurs questions différentes qui toutes s'affrontent à l'éthique de la race humaine. Pour bâtir ce concept il faut lui créer une opposition, d'où la naissance des hétérosexuels auxquels on va rapporter les droits existants. L'institution du mariage n'est pas une construction étrangère à la sexuation et à la génération mais complètement dédiée à la bilatéralité de la création. "En résumé, si l'ordre humain, social et symbolique, donne aux individus une filiation double, mâle et femelle, ce n'est pas en raison des sentiments qui peuvent lier les parents entre eux, des désirs qui les animent ou des plaisirs qu'ils se donnent, c'est en raison de la condition sexuée de l'existence humaine et de l'hétérogénéité de toute génération dont la culture a jusqu'ici voulu garder le modèle".

Dans le doute permis, je préfère suivre l'avis de Mme Agacinski ou M. Gilles Bernheim que celui d'un type comme Pierre Bergé qui, avec juste un baccalauréat de couturière, loue du ventre comme une chambre de bonne. Il se vante d'en avoir tous les moyens, il devrait monter un gynécée pour homos durs avec les poules en batterie.

Mais passer le débat de la rue au parlement produit l'effet inverse de celui prévu par le modèle. On s'attendrait à y trouver plus de sagesse et un niveau plus élevé d'arguments. Au lieu de quoi, l'opposition dépose plus de cinq mille amendements de pilonnage qui n'expliquent rien, et la majorité édicte une règle de présence obligatoire pour conserver plus de voix que les autres en hémicycle. Facile, plus de la moitié des députés de l'opposition ne prendront même pas la peine de siéger en séance plénière. Le "grand" débat sociétal tourne à la foire d'empoigne politicienne, CQFD : ce parlement est inutile et cher. Les privilèges parlementaires sont devenus insupportables à l'aune du travail rendu. Quant à "justifier" un projet par le pourcentage de soutien qu'il reçoit de l'Opinion, ce n'est pas exactement le profil de ce blogue qui se méfie de la loi du Nombre. A refaire un six-février, il ne faut pas s'arrêter en chemin.

Il n'y a plus de races !

Cette commémoration de l'émeute de la Concorde est le troisième marronnier royaliste (galette, messe, 6-février) et il nous faudra attendre le quatrième pour dire à nouveau quelque chose d'utile (enfin, j'essaie !) : le CMRDS du mois d'août. Puis nous patienterons jusqu'à la galette des rois 2014. Ceci pour suggérer affectueusement qu'à ce rythme, le roi d'au-delà des mers peut faire la planche et dériver jusqu'au Gulf Stream, nous ne sommes pas pressés. Nos chapelles se "battent" courageusement contre des avancées sociétales qui confirment le pourrissement général, mais le peuple, lassé de la logorrhée extravagante d'un pouvoir hystérisé par son renouvellement aux prébendes juteuses, s'est choisi un gouvernement normal qui lui ressemble. Médiocre donc ! Et si d'aventure, l'emploi et un peu d'argent à dépenser se trouvaient sous un caillou, il le laisserait gouverner comme bon lui semble. Ce qu'il fait finalement. Téléphonez-moi si des préfectures brûlent.

Pour le mouvement royaliste, la participation à ces batailles de société, si elle occupe les militants, ne fait pas propagande des principes monarchistes qui pourraient sauver le pays, noyés que nous sommes dans le Nombre et la tonitruance ambiante. Les réformes de société passeront au parlement puisque le gouvernement a les deux majorités, aussi est-il revenu le temps de s'occuper d'autre chose, de revenir à nos "fondamentaux".
Par "chance" ces fondamentaux sont attaqués. Il s'agit des pouvoirs régaliens de l'Etat laissés aux ambitieux, aux lobbies, aux circonstances électorales quand ce n'est pas aux étrangers prétendument européens. Passons un pacte avec la nation de restaurer nos pouvoirs régaliens à l'excellence afin de libérer et décentraliser les pouvoirs publics. Quelle belle réputation ce beau pays retrouverait-il avec une police inflexible et formée, une justice démaotisée, juste et sévère, une armée indépendante des soutiens alliés, une diplomatie ramassée sur l'essentiel, une politique monétaire de bon sens, et un chef d'Etat détaché de toute coterie, parti, loge ou ligue, qui promènerait ses gosses au jardin du Luxembourg ! Il ne resterait qu'à le faire savoir ! Vous souvenez-vous du Million du Roi (clic) ?






AVIS DE MESSE

L'Action française fera dire une messe
à l'intention des victimes du 6 février 1934
en la chapelle de la Crypte de la Madeleine à Paris,
ce mercredi 6 février 2013 à 18h30
(entrée latérale)

lundi 2 février 2009

"L'insurrection qui vient"

garde mobile à chevalCette semaine approche la commémoration du 6 février 34, ou l'histoire royaliste des rendez-vous manqués. Les anciens combattants du colonel de la Rocque, s'ils détestaient la République concussionnaire et la destruction allopathique du fonds traditionnel français, n'allèrent pas jusqu'à ruiner le gouvernement de Paris de peur que son effondrement n'emportât aussi l'Etat et la République vertueuse qu'ils souhaitaient voir revenir.
L'analyse de Maurice Pujo reste pour moi la meilleure ; j'invite ceux qui ne la connaissent pas à la découvrir ici...
D'aucuns ne se priveront pas de réchauffer le plat, même si l'Histoire n'en repasse aucun, disent les experts qui veulent garder leur job, réchauffer l'émeute comme d'autres eurent la tentation de refaire mai en 2008.
La crise n'est pas assez profonde encore pour jeter dans la rue des cohortes de mécontents à l'assaut du Palais Bourbon, d'autant...qu'il n'a plus de pouvoirs réels sauf celui d'aquiescer aux caprices du satrape, en prenant des poses effarouchées.
Par contre dans dix mois, les laissés sur place du capitalisme financier renfloué par les gogos supporteront mal leurs cornes à la Montespan, et cocus un jour cocus toujours, caresseront le rêve de faire le plein des jerrycans à l'intention des symboles bureaucratiques que je me garderais bien d'énumérer.

manifestation pour coupat
La manifestation "vieille France"¹ du 29 janvier et celle plus modeste mais très musclée pour l'épicier Coupat de samedi dernier à Paris, ont mis l'eau à la bouche des salariés bloqués dans les impasses du déclin industriel français, et surtout à celles de tous les assistés de bonne ou moins bonne foi qui craignent de manquer : retraités, chômeurs assédiqués, érémistes, sans famille sans le sou, sans logis, tous voient poindre les tickets de la soupe populaire après les derniers feux anarchistes de bagnoles... Aussi pourrait-il advenir que la commémoration in vivo du grand happening soixantehuitard, quelque sorte de vafanculo day² géant, n'ait pris qu'une seule année de retard, et que l'insurrection attendue par l'ultra-gauche en gare, vienne au joli mois de mai nous apporter des feuilles...

C'est là que nous verrons de quel bois est fait le petit reître quand les objurgations de pupitre ne suffiront plus, quand les mutations-punitions de la préfectorale deviendront sans effet, quand la fausse sincérité pointera le bout d'un long nez. Il est remarquable aux pupitres, divin aux prétoires politiques, vachement populaire à la barre médiatique ; que sera-t-il hors du palais ? Les reculades récentes mais bégnines (lycées, dimanches, service minimum, Grenelle) laissent craindre qu'on n'ouvre de peur la vanne des apaisements, sous forme de baume numéraire à compte de déficit pour sauver la Prébende, accélérant la spirale meurtrière dont la queue de trajectoire fatale n'est atteinte qu'à terme, alors que le soulagement est en l'espèce immédiat.
Ce serait alors l'amorce de notre africanisation - on s'y préparait, me dit-on en riant dans l'oreillette - avec comme premier accélérateur de banqueroute, notre expulsion de la zone euro et l'effondrement de la piastre française qui ruinerait l'épargne sans relancer notre moteur industriel déjà éteint.

feux de voitures
Royal-Artillerie a passé plusieurs fois le message quant à l'irrésistible tentation du pouvoir d'avancer les doigts vers l'épargne des ménages s'il a du moins la volonté d'en maintenir la valeur au bénéfice de sa propre perpétuation, avant que tout ne soit perdu.
A bon entendeur, salut.

Il est des gens sérieux dans les allées du pouvoir, mais privés d'audience par l'ardente exigence électoraliste. Les remèdes à la crise sont difficiles à cerner, encore plus leur interaction. Mais un pays bien géré encaisse mieux le choc que celui qui est gouverné aux sondages. La forme démocratique dégénérée de la république connue sous le nom de démagogie, consume les atouts du pays après avoir dévoré son capital. Les termites républicains ne laisseront rien !

Note (1): c'est une expression d'Ivan Rioufol
Note (2): initiative de Beppe Grillo





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mardi 5 février 2008

Six-Février par Brasillach

Robert Brasillach
R.B.: « Il y avait plusieurs jours que l'on attendait la fin de cette fièvre parisienne, l'explosion. Des mesures ministérielles hâtives avaient remué l'opinion. Les uns criaient à la dictature, les autres à l'imbécillité. Quand on sut que l'administrateur de la Comédie française, coupable d'avoir monté une pièce fasciste, le Coriolan d'un dénommé Shakespeare, était remplacé par un policier, Laurent déclara que c'était très grave ....
Le 6 février, qui était un mardi, une manifestation d'anciens combattants devait avoir lieu au Cours-la-Reine. La Chambre s'était réunie, elle discutait non avec inquiétude, mais avec gravité. On savait qu'elle allait voter la confiance au nouveau ministère. Mais c'était ailleurs que les dieux préparaient leur journée. Gilbert était passé place de la Concorde à la fin de l'après-midi. Il y avait de sombres masses noires de gardes mobiles un peu partout. Des gens désœuvrés. Des passants rapides. Aussi, ça et là de drôles de figures qu'on ne voit point d'habitude, même dans les quartiers les plus malfamés : pâles escarpes, inquiétantes démarches souples, grosses pattes de tueurs ! Gilbert songea qu'une certaine écume commençait sans doute à monter, et la griserie l'envahit...

... [il] se mit à marcher dans Paris, essaya d'approcher du Palais Bourbon encerclé par la police. Il faisait frais, sans faire froid. Il n'avait pas de chapeau, suivant son habitude, seulement un imperméable bleu foncé serré à la taille, et il ressemblait à n'importe quel jeune homme d'alors, humant le vent des futures révolutions. Il ne savait plus si le soir tombait, s'il était jour ou nuit, quelle heure marquaient les horloges des carrefours. A un moment il vit les anciens combattants. Il aperçut de longues files d'hommes en pardessus mouchetés de vert ou de rouge à la boutonnière, d'hommes un peu fanés, un peu gros, tous mêlés, tous pareils comme ils l'avaient été vingt ans auparavant. Et il les regardait avec curiosité, avec un peu de pitié aussi : - Voilà ceux qui ont perdu la paix, pensait-il. Voilà ceux que l'on a trompés, ceux à qui l'on a menti. Ceux qui se sont laissé faire et à qui on ne peut pas en vouloir. Voilà ceux auxquels il ne faut pas ressembler. Voilà ceux qui se réveillent aujourd'hui. Est-ce à temps ?

Il regardait cette foule sérieuse, ces pancartes : "Nous voulons que la France vive dans l'honneur et la propreté". Non, il n'y avait rien dans cette foule, paisible au fond, droite, pure, qui ressemblât aux foules que craignait Victor Caillé. Mais y avait-il le dynamisme, la violence, la joie créatrice qui, pas mal d'années plus tôt il est vrai, avaient saisi les anciens combattants d'Italie et d'Allemagne ? Foule de héros, foule de braves gens sans forfanterie, foule de devoir, serait-elle une foule créatrice ? Gilbert ne voulait pas y songer. Pour la première fois de sa vie peut-être, lorsqu'il passa devant les drapeaux, comme il n'avait pas de coiffure et qu'il voulait saluer, il leva la main à la hauteur de son épaule.

Il marchait, il allongeait son pas, il revenait autour de la Concorde, qui l'attirait. La nuit maintenant était tombée. Les voitures qui couraient au long de la Seine allaient sans doute très banalement à des affaires, à des plaisirs. Mais on avait déjà l'impression qu'elles fuyaient, loin d'un péril encore inconnu, qu'elles emportaient leurs occupants vers les régions plus paisibles, plus pacifiques au sens exact du terme, comme celles qui fuient une ville à l'approche de l'ennemi. Des gens sans raison semblaient eux aussi se mettre à courir, rue Royale ou boulevard Saint-Germain. Des étudiants, des ouvriers, attroupés au pied d'un réverbère, dans un cercle pâle, parlaient à voix basse, puis se dispersaient comme si l'on eût soufflé dessus. Gilbert lui-même parla, deux ou trois fois, dans cette soirée, avec des hommes qui lui demandaient du feu, avec des femmes en cheveux, un cabas au bras.
La ville allait accoucher.

Vers sept heures il se trouvait rue Royale, toujours seul, toujours errant sans but précis. Il ne s'était rien passé. Il avait entendu crier plusieurs fois "A bas les voleurs ! A bas les pourris !" puis le silence grouillant, le silence plein de piétinements et de murmures, était revenu autour de lui. Les feuilles du soir parlaient de la nervosité de Paris et prodiguaient pourtant les paroles lénifiantes, assuraient que le gouvernement voulait la justice, que la lumière serait faite, mais que toute tentative de désordre serait fermement arrêtée. Les feuilles politiques du matin avaient été plus violentes, convoquaient les adhérents des Partis au Cours-la-Reine. L'Humanité elle-même ralliait ses troupes auprès des anciens combattants, voire des Volontaires nationaux. Il semblait qu'au-dessus des divisions un vaste rassemblement national et social commençait à s'opérer, et les âmes simples en concevaient de grandes espérances. Gilbert essayait de garder quelque esprit critique, se demandait ce qui pouvait naître de tant de désordre, d'une absence de plan et de but aussi complète. Mais l'instant d'après il ne réfléchissait plus, il se laissait aller aux séductions de la nuit pâle et fraîche, aux conseils qu'elle prodiguait, et il ne voulait pas sentir autre chose que ce que sentait la foule qui l'entourait ...
Il se trouvait à ce moment-là près de l'arrêt de l'autobus S devant le Crillon, et regardait vaguement sans la voir, sous la grille, l'affiche de la mobilisation d'août 1914 qui s'y trouvait encore. - Il y a vingt ans bientôt, se dit-il lorsqu'il la vit. Vingt ans, ces vingt ans que j'atteindrai dans quelque mois.

les camelots du 6
A ce moment, un bruit singulier déchira l'air. Oui, déchira, comme une déchirure. Puis quelques bruissements, quelques bruits d'abeilles, encore peu nourris. Quelques cris aussi, et soudain, de cette foule en apparence paisible, des promeneurs se détachèrent, se réunirent ensuite, coururent en désordre. Il dressa l'oreille, s'avança au bord du trottoir, regarda de tous ses yeux. Il ne vit rien sur la place de la Concorde sinon les groupes compacts de tout à l'heure d'où émergeaient quelques drapeaux, mais ils semblaient en proie à un reflux marin. Un jeune homme sans manteau courut devant lui, ses cheveux couchés sous le vent. Puis il s'arrêta comme s'il le connaissait, il revint, lui prit la main d'un geste violent, et avant de repartir, lui cria dans le visage :
- Ils ont tiré, ils ont tiré !.........»
(Robert Brasillach, Les Captifs, inachevé)





1934 : le pays va mal, la crise de 1929 pèse sur l’économie et 350000 chômeurs crèvent de faim. Éclate en janvier l’affaire Stavisky et un scandale financier de plus. La République n’en finit pas de jouer avec ses majorités éphémères et trois gouvernements se succèderont pour le seul mois de janvier. La corruption fait rage chez les parlementaires et il faut être l’élu stupide d’un département arriéré pour ne pas se ruer sur les prébendes, les souscriptions à gogos, les mines du Potala ou du Zambèze.
Des ligues patriotiques de droite se sont créées depuis le Cartel des gauches de 1924 pour nettoyer les écuries d’Augias, et dans leur esprit sauver la France mise à l’encan par le parlementarisme.

camelots du roi
En tête les Camelots du Roi d’Action Française
, puis une multitude d’organismes issus de la Grande Guerre qui avec un million et demi de morts et quatre millions de blessés, n'est qu’à seize ans de mémoire. On a vu naître et mourir en 1920 le Faisceau de Georges Valois, puis sont arrivés en 1924 les Jeunesses Patriotes de Pierre Taittinger, la Fédération Nationale Catholique d’Edouard de Castelnau, le Francisme de Marcel Bucard, le Redressement Français d’Ernest Mercier, patron des pétroles ; un peu à part, plus œcuménique et républicain, et surtout plus nombreux, le grand mouvement des Croix de Feu du Lt-colonel comte de La Rocque , à l’origine réservé aux croix de guerre 14-18 mais qui s’étoffa par filialisation.

La RocqueLe 6 février 1934, les Croix de Feu manifestent leur exaspération rive gauche, les Camelots du Roi convergent rive droite vers la Concorde. Un pont à passer avant le Palais Bourbon. Les ligues de la rive droite font mouvement. Les gardes mobiles paniquent et tirent. Vingt morts. Les Croix de Feu appelées en renfort, déclinent. Le drame est joué, le putsch spontané a avorté. La République a eu très chaud.

Daladier qui présentait son cabinet radical à l’approbation de la chambre des députés se retire, apeuré. Albert Lebrun appelle Gaston Doumergue à la présidence du conseil, qui nomme au gouvernement des conservateurs, Philippe Pétain, Pierre Laval, André Tardieu. Il ne tiendra pas d’ailleurs plus loin que novembre.

Les socialistes crient alors au charron et veulent manifester le 8, les communistes idem, mais aux ordres de Moscou, ils ne manifesteront que le 9. Interdictions du préfet de police. Jacques Doriot y va quand même le 9 et laisse cinq camarades sur le pavé, raides morts. Les manifestations simultanées auxquelles s’associeront les syndicats en grève générale, défileront finalement à la place de la Nation le 12, chacun dans un sens. Les cortèges fusionneront. Le Front populaire est en devenir. La droite se vautre.

En 1936, le gouvernement de gauche dissoudra les ligues patriotiques y compris les Croix de Feu. Tout le monde alors se reconvertit pour survivre au décret, quatre ans !

Que reste-t’il de ces évènements ?
Une peur hystérique qui saisit le pouvoir en place dès que menacent des manifestations de droite (très rares) et d’extrême droite. Une vraie piqûre de rappel à chaque fois. La marche catholique monstre de Versailles a sauvé l’école libre sans discuter plus avant, car le régime se sentit perdu. Ce fut la dernière grande manifestation nationale. Par contre les désordres sociaux qui régulièrement annulent des mois de travail et gardent le pays captif de doctrines obsolètes, sont acceptés comme l’expression sacrée d’un prolétariat mythique, bien qu’il ne s’agisse maintenant que de corporations surprotégées au frais de la nation tout entière. On se penche sur leurs revendications, on entend, on biaise, on fait semblant, on se couche parfois pour remettre au suivant l’exercice réel du pouvoir. Les braillards font partie du décor républicain qui est si banal que les manifestants y viennent avec leurs enfants juchés sur leurs épaules afin qu’il se vaccinent à la révolution pour rire !

A cause d’un slogan abusif « 6 février 34 an I de la Révolution Nationale », il reste de 1934 l’amalgame inlassablement pétri par les gens de gauche et ceux qui les miment par nécessité, amalgame qui précipite ensemble les ligues d’alors, dont les Camelots du roi, la plus redoutée, le régime autocratique de Vichy, et le Front national d’aujourd’hui ; alors que s’ils vivaient tous à la même époque, on s’apercevrait vite qu’ils ne s’aiment pas, jusqu’à sans doute se combattre.

Onze ans plus tard, le 6 février 1945 à 9h48 au Fort de Montrouge : Une salve, et l’ultime détonation. Brasillach était happé par l’histoire. Il payait comptant son « entêtement » et son courage quand bien d’autres mettaient à reluire leurs galons tout neufs de FFI. De Gaulle qui avait refusé la grâce de l’écrivain, déclara après son exécution : «La justice n'exigeait peut-être pas la mort de Brasillach, mais le salut de l'État l'exigeait». La formule creuse resservira plus tard, sans nul procès, dès son retour aux affaires après le putsch de 1958, et surtout aux heures grises du reniement dans la lutte contre l'OAS.

Blondin et ses symbolesAntoine Blondin : « On parle aujourd’hui peu de Brasillach. Parce qu’il fut antisémite et collaborateur, il est entré à jamais dans le cortège funeste des maudits de notre temps. Doit-on pour autant vouer cette figure de notre littérature aux gémonies de l’histoire, comme le souhaitaient tous les détracteurs zélés qui n’ont pas feuilleté trois pages d’un seul de ses livres. Nous ne le croyons pas, d’autant que la figure de Brasillach reste marquée par l’héroïsme dont il fit preuve pendant son procès et les derniers instants de son existence. Il mourut pour ses idées, comme dans la chanson de Brassens, et cela devrait mériter une certaine indulgence de la part de ses fraternels adversaires. Témoin d’un engagement total, il doit inciter ceux qui parlent en son nom à retourner à la source de son œuvre pour goutter la parcelle d’un bonheur qu’il affectionnait tant. J’aurai aimé me promener avec lui. » (A. Blondin).

Moi aussi.




©SMC-SH81.2004
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mardi 6 février 2007

Le 6 Février d'Eugène

Concorde du 6-Février
A l’origine du 6 Février 34 se trouve l’exploitation par la presse et les mouvements nationalistes de l’affaire Stavisky révélée en décembre 1933. Le Beau Sacha avait fait émettre par le Crédit municipal de Bayonne 200 millions de bons de caisse sans consolidation. La révélation du scandale qui mouillait ses protecteurs, son suicide à trois balles à Chamonix le 8 janvier et les soupçons de refinancement du parti radical au pouvoir, font de cette affaire d’escroquerie un scandale politique d'ampleur. Mais l’affaire Stavisky est plus un prétexte que la cause unique du 6 février 1934. Les temps sont durs, le ciel est bas. La crise de 29 n'en finit pas d'agonir.

Les Etats-Unis ont largué l'étalon-or en 1933 et le 30 janvier 1934 ils vont dévaluer le dollar de 41% ! Des barrières douanières fleurissent pour sauver ce qui reste, le dumping est la règle, le Commonwealth décrète la préférence impériale. C'est du chacun pour soi. Mais Hispano-Suiza lance quand même cette année-là à Bois-Colombes sa nouvelle K6, ce sera le seul signe d'optimisme avant longtemps.
bouchon de la K6
L'embargo sur l'or (décrété dès 1933 aux EU) précèdera bientôt des sorties monstrueuses de métal jaune de France (quatre milliards en trois semaines en mai 35).
A ce moment il y a collision entre les désastres industriels et son cortège de mises-à-pied, la spéculation en tous genres élevée au rang d'activité lucrative et mondaine, la complicité active et passive de la classe politique où sévissent concussion et prébendes à tous les étages. En face d'elle, un peuple désabusé mais pas résigné.

Extrait de presse du 7 février : « Dans la décomposition rapide du régime capitaliste, ils étalent toute leur ignominie. Ils sont tous dans les scandales de corruption, députés et sénateurs, magistrats et policiers, ministres et hauts dignitaires de l'Etat bourgeois. L'indignation des masses est puissante, irrésistible et hier les cliques fascistes qui se sont groupées au vu et au su des gouvernants ont pu entraîner une nombreuse petite bourgeoisie irritée. Le gouvernement "démocratique", sa Chambre "de gauche", ses socialistes dont la faillite lamentable a contribué à l'éclosion et au développement de ces groupes militaristes, sont les vrais responsables.» (L'Humanité du 7 février 34)

La goutte d'eau minuscule qui fit déborder le vase de la Corruption s'appelle Raynaldy, garde des Sceaux ! C'est la révélation d'un énième scandale mettant en cause cette fois la Chancellerie qui donne le signal. Me Eugène Raynaldy démissionne le 27 janvier. Le cabinet Chautemps qui bénéficiait de connivences dans l'appareil judiciaire tombe aussi sec. Le beau-frère de Chautemps était procureur général et on savait qu'il avait freiné des quatre fers le procès Stavisky. On soupçonnait également Camille Chautemps des pires préméditations en conclusion du scandale.

Qui était ce Raynaldy ?
Eugène RaynaldyAvocat (1869-1938) né à Rodez, il sera élu député radical de l'Aveyron en 1918, réélu en 1924. Il devient ministre du commerce du gouvernement Herriot en 1924-25. Il entre au Sénat en 1930 et n'en sortira que les pieds devant. On ne connaît pas de traces de son passage aux affaires, mais est-ce sans doute de n'avoir pas bien cherché. Son passage au gouvernement Chautemps par contre sera bref (2 mois) mais décisif !

Edouard Daladier est appelé sur le champ à former le nouveau gouvernement. Le limogeage du préfet de police Chiappe pour complaisance à l’égard des ligues est-il le détonnateur ? Les ligues nationalistes (Action française, Jeunesses Patriotes, Solidarité Française) mais aussi les Croix de Feu du lieutenant-colonel de La Rocque, l’Union nationale des Combattants et l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC) d’obédience communiste, appellent à manifester le 6 février contre la Chambre.

La manifestation – il n’y a ni défilé unique ni unité d’action – dégénère rapidement. Des affrontements sanglants opposent manifestants et forces de l’ordre. 15 morts et 1435 blessés ont été dénombrés. Les Croix de Feu, qui tiennent la rue de Bourgogne n’investissent pas, sur ordre de leur chef, le Palais Bourbon à l’intérieur duquel Daladier obtient la confiance. On trouvera le récit détaillé de la journée sur le site de l'Action Française en cliquant LA

Le 6 Février produira un choc considérable. Daladier à peine arrivé démissionne et laisse la place à l’ancien président de la République, Gaston Doumergue, qui forme un gouvernement d’Union nationale.

Un coup pour rien ! Maurice Pujo explique très bien cela. Cliquez ICI.

Epilogue : La capitale du Rouergue n'ayant pas eu beaucoup d'hommes politiques, la municipalité dédiera la place de Rodez la plus haute en altitude, à Eugène Raynaldy. Après tout il a participé à l'Histoire à sa façon.

vendredi 4 février 2005

En ces jours d'artillerie, revenons au Carlisme

Si l’on vous demande ma chère cousine¹ dans le feu de la canonnade légitimiste que vont échanger nos royales maisons ce qu’est le Carlisme espagnol, répondez que c’est le parti de l’honneur, et nul avocat plus aimable que celui-ci ne saurait plaider sa cause.

LE PARTI DE L'HONNEUR

On vous a demandé, ma chère Angèle, ce que c'était que ce Carlisme dont on parle tant à propos des événements d'Espagne. Bien que vous soyez un peu fâchée contre moi parce que je n'admire point M. Blum et que je désire du fond de mon coeur voir M. Cot au diable, vous m'interrogez à ce sujet.
Pour vous, comme pour beaucoup d'aimables Françaises, tout votre savoir sur ce point vient de Pour Don Carlos, qui est un fort agréable roman de M. Pierre Benoît, et que j'ai vu au cinéma muet il y a déjà longtemps. Vous confondez un peu Allegria Detchart et la Passionnaria dont vous parle le Populaire, et vous vous demandez si tous les Carlistes sont semblables à l'excellent sous-préfet du pays basque.
Mais quand j'ai demandé pour vous ce que c'était que le Carlisme, l'Espagnol auquel je m'adressais est devenu grave et m'a répondu:
"C'est le parti de l'honneur."

Je trouve le mot assez beau et très espagnol; de cette Espagne attirante où la France, depuis tant de siècles, du Cid à Hernani et au Soulier de satin, est allée chercher les images du risque, de la jeunesse, de la confiance et de la parole donnée, même si, ce faisant, elle se trompait dans l'expression. Je ne suis peut-être pas un très grand clerc en matière de Carlisme, et je ne pourrais rendre des points à M. Pierre Benoît. Mais j'essaierai de vous renseigner.
Je n'ai pas besoin, ma chère Angèle, de vous rappeler comment est né le mouvement: en 1833, le roi Ferdinand VII abrogea la loi salique, afin de laisser le trône à sa fille Isabelle. Son frère don Carlos se souleva, fut proclamé roi sous le nom de Charles V et soutint plusieurs années une guerre sanglante.

En 1860, son fils reprit la lutte. Enfin, en 1872, le neveu de ce dernier fit naître la dernière grande guerre carliste, qui dura quatre ans. L'an passé, le dernier descendant de Don Carlos, Don Jaime, chef de la maison de Bourbon, est mort. Ses droits ont passé à son oncle, un vieillard de 82 ans sans héritier direct.
Après lui, les partisans carlistes se rangeront probablement dans les rangs des "alphonsistes", Alphonse XIII, descendant d'Isabelle, étant l'héritier légitime de la dynastie. Il est peu probable qu'ils aillent chercher un Bourbon Parme, et, d'ailleurs, le mari d'Isabelle était aussi un Bourbon. Vous voyez que, raisonnablement et logiquement, le Carlisme est un parti sans avenir.

Mais vous avouerai-je que ce qui me touche plus que tout dans ce mouvement si parfaitement espagnol, c'est son apparente inutilité? Pour un vieillard de 82 ans, des provinces s'enflamment, et elles ont trouvé un chef, ce Falconde héroïque dont toute la Navarre s'émeut. C'est que le Carlisme n'est pas une doctrine de politiciens: c'est une doctrine de fidélité. Le principe dynastique est irréfutable, et tant que le dernier descendant de Don Carlos sera vivant, l'honneur commande de le suivre.

A cette fidélité primordiale se rattachent d'ailleurs d'autres fidélités. On s'en apercevra suffisamment si l'on songe qu'à la fin de la monarchie, le Carlisme avait à peu près disparu à la Chambre: aux dernières élections, devant les dangers du communisme et de l'anarchie, il a conquis un grand nombre de sièges. I1 se réveille quand l'honneur est oublié. Dans la révolution nationale d'aujourd'hui, à côté des fascistes de Primo de Rivera, les Carlistes de Falconde se battent au premier rang pour la grandeur et la liberté de l'Espagne. Libre à André Chamson de prétendre que le mouvement national est "coupé du peuple": ce menteur à prébendes sait pourtant que les populations de Navarre qui se soulèvent sont pauvres. Ce sont des paysans de la montagne qui partent trouver Falconde avec leurs curés, et leurs curés les bénissent et les confessent avant le combat. Ils meurent pour une idée incarnée, pour la justice, beaucoup plus que pour un intérêt immédiat.

Ajoutons que le Carlisme, si idéal qu'il ait toujours été, a la force et la précision réaliste des grandes doctrines. Le principe qui a fait son importance est l'union de l'autorité et des libertés. C'est au nom des fueros que se sont soulevées trois fois, au cours du siècle dernier, les provinces du Nord. Par là, et même si les prétendants n'ont pas toujours été à la hauteur du grand enthousiasme qu'ils soulevaient, le Carlisme montrait un vif sens politique.

Lorsque les rois d'Espagne seront revenus sur leur trône, il est à souhaiter qu'ils s'inspirent de ce libre régionalisme qui peut seul sauver l'unité nationale. En Navarre, en Andalousie, à Valence, et surtout à Barcelone, c'est cette politique décentralisée, et elle seule, qui pourrait réussir.

Qu'on ne s'étonne donc pas de voir un mourant sans héritier aider au soulèvement de l'Espagne. Car ce qu'il entrame à son seul nom, ce sont des idées assez fortes et assez belles, et ceux qui le suivent le savent bien. Mais on aime que l'exacte discipline des volontaires carlistes, que leur mépris de la mort, que leur enthousiasme s'attachent à une image aussi pure, aussi dépouillée des combinaisons et des contingences.
La pureté, voilà une notion que nous n'avons guère accoutumé de rencontrer en politique.

J'espère vous avoir montré, ma chère Angèle, qu'elle s'allie à un sentiment assez précis des remèdes nécessaires, à un juste réalisme. Mais elle demeure la pureté. Les horreurs de la guerre civile nous auront au moins appris à connaître son étrange présence. On ne saurait espérer de la presse du Front populaire, de Vendredi, de M. Chamson, de M. Guéhenno, des curés rouges et des antimilitaristes affamés de décorations qu'ils saluent et respectent le parti de l'honneur. Au moment où ils donnent l'exemple d'une bassesse aussi accomplie et d'une gloutonnerie aussi naïve, nous pouvons pourtant nous consoler si l'honneur, quelque part au moins, n'est pas tout à fait oublié.

Robert Brasillach (août 1936)

Vous voyez bien cousine¹ que la prédiction s'avère vraie avec Juan Carlos. Pour décorer ce post, explorez les armes de Ferdinand VII d'Espagne qui n'eut que des filles et reprenez l'affaire à partir de son frère Charles V.

Blason offert par l'Héraldique européenne qui sur leur site le déploie dans tous ses fastes.

Armes de Ferdinand VII de BourbonPosted by Hello


Note (1) : NDLR : il s'agit de Fleurdelys de VLR1


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