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lundi 27 octobre 2014

Allumez les lanternes

Libres propos laissés au Lien légitimiste, qui sont publiés dans sa 59è livraison de septembre-octobre 2014. S'abonner pour six numéros par an à prix cadeau à l'édition électronique en envoyant son chèque de dix euros au Lien Légitimiste - 2, Le Petit-Prix - 37240 La Chapelle-Blanche-Saint-Martin. Edition papier à 24 euros.

Les étés ne se ressemblent pas. L'affluence aux manifestations estivales du mouvement royaliste s'est accrue et le niveau des intervenants a monté. Nous en avons remarqué quatre.
Prenons l'exemple des Journées chouannes de Chiré-en-Montreuil (Poitou), organisées par l'éditeur Diffusion de la Pensée Française pour la 42ème fois ! La manifestation a perdu son caractère de vide-grenier des auteurs rares pour offrir un faisceau de conférences de haute tenue. Qu'on en juge au pupitre où se succédèrent les Argouarc'h, Lugan, Hillard, Pichot-Bravard. Du lourd ! Aller cette année au Camp Maxime Réal Del Sarte du château d'Ailly (CMRDS en Beaujolais), c'était s'immerger dans une analyse particulièrement fouillée du libéralisme contemporain où fut présentée aux auditeurs nombreux la crème du genre. A ce niveau, avec une prime à l'érudition, on trouvait encore l'Université Saint-Louis sous la forme d'un Camp chouan au château de Couloutre (Nivernais) ; la bonne idée est d'en avoir rapidement publié les travaux afin de nourrir la réflexion d'une pensée légitimiste intégrale¹ au risque parfois pris de l'intransigeance, puisqu'à l'UCLF on ne racole pas ! La quatrième manifestation remarquée fut l'Université d'été de l'Alliance Royale à Paris où se succédèrent Me Triomphe, Joël Hautebert, Sandrine Pico Deprez et Yves-Marie Adeline sur le thème du réveil de la France, en continuation des grandes manifestations nationales pour la famille. 2014, un bon cru donc !

Tout cela concerne quelques centaines de personnes. C'est le syndrome du royalisme français, sa confidentialité, la crainte de se compromettre socialement, ce vieux respect humain ! Justement, les universités d'été apportent au royaliste les clefs utiles pour se défendre du scepticisme ambiant lorsque, plein de courage, il aborde en public la pertinence du système monarchique. Dérision, quolibets, querelle dynastique, mœurs princières ? Yves-Marie Adeline avait construit un dossier questions-réponses très utile au début de l'Alliance royale pour armer la réplique. Aujourd'hui, l'Union royaliste Bretagne Vendée militaire cherche à produire un format de propagande abrégé et percutant - exercice difficile - dans une série de minutes qui en font trois. De son côté, le camp « ultra » a délibérément choisi la formation approfondie en cellule locale pour armer les cœurs et diriger les consciences au sein du cénacle, et n'entend pas sortir en ville autrement que pour commémorer une page d'histoire. Ses travaux sont assez pointus et réservés aux cerveaux de la Cause. Recrutant toujours des jeunes gens pleins d'allant, les associations d'Action française en restent à la vente à la criée et aux conférences pugnaces ; on y colle aussi d'abondance.

Toutes ces structures brassent beaucoup de matériau, souvent de qualité, mais à quel effet finalement. Soixante CMRDS - c'est la manifestation la plus ancienne après le pèlerinage à Sainte Anne d'Auray - n'ont abouti à rien de tangible dans l'espace politique. La question qui se pose est très simple : veut-on avoir raison seul dans son coin pour satisfaire un mode de vie plutôt élitiste et une pensée érudite fondée sur ce qui fut le meilleur de la France ; ou bien veut-on changer, voire faire changer le système politique qui est en train de nous anéantir. Car il est vain de vilipender la classe politique en cour, de marcher mécontents par milliers entre Denfert et Champ-de-Mars, quand on n'a aucun but à atteindre après l'extinction des feux de l'actualité ?

Si la voie démocratique ascendante est débinée chez nous - on comprend le dépit des cadres de l'Alliance royale - y arrivera-t-on par en haut ? C'est la tentation des structures désarmées pour convertir en masse. Ce modèle a de grands ancêtres, les Jésuites à la cour impériale de Pékin et moins prestigieux, les Francs Maçons de l'aristocratie d'Ancien régime. En fait, si l'on excepte le jeu de chat et souris entre le président Charles de Gaulle et le défunt comte de Paris, réitéré sous François Mitterrand avec le même succès (?!), la dernière fenêtre d'opportunité d'une restauration par le haut s'ouvrit au moment de la constitution d'un gouvernement français en Afrique du Nord pendant la seconde guerre mondiale. A la veille de Noël 42, L'amiral Darlan est assassiné à Alger. Le 26 décembre à 11 heures, débarque à la villa Montfeld, où réside le général Giraud, le Prétendant qui lui demande de restaurer la monarchie maintenant en le nommant en lieu et place de l'amiral mort... mais tiède, le dit-défunt étant présentement livré aux condoléances populaires dans une chapelle ardente de la ville. L'affaire ne traîne pas et Henri d'Orléans est mis dans l'avion pour le Maroc espagnol au simple motif que le peuple n'est pas mûr pour une restauration qui ajoutera au désordre des circonstances.
Le commandant-en-Chef Henri Giraud était convaincu en son for intérieur² que la monarchie est un système éprouvé et qui donne l'avantage dans bien des domaines, mais au moment, elle était invendable et accessoirement, il ne se sentait pas la vocation d'un Monk ; son truc c'était la guerre !

La guerre est finie depuis sept décennies demain. Le peuple est-il mûr maintenant pour entendre les termes de l'offre politique ? Si la réponse est non, qu'avons-nous fait depuis la guerre ? Bien des choses certes, mais nous n'avons pas ré-acclimaté la monarchie dans l'Opinion. Or accepter les réalités nous indique que l'affaire sera tranchée un jour par cette Opinion méprisée, par ce peuple qui au bout du compte arbitrera le changement de paradigme au sens où l'entendait Louis XV en cas d'extinction dynastique³. La Nation est incontournable.

Pour cela il faut convaincre largement, non tant de plébisciter un roi en devenir que de laisser passer le roi accédant, voire d'y seulement consentir tacitement ou par désintérêt ; ce serait le minimum. C'est un long travail en ambiance hostile qui convoque, outre la patience prônée par les chapelains en attente de résultats, des ressources de tous ordres et financières aussi, auxquelles adosser des moyens d'attaque sur le terrain de la reconquête.

Tout serait plus facile si nous avions le plan. Que celui qui connaît la feuille de route royaliste lève le doigt. La question est posée à tous les maîtres de chapelle puisqu'ils ont saisi la badine de lieutenant général qu'on leur tendait, prenant aussi l'obligation qui va avec, répondre et assumer. Quels sont les objectifs ? Osera-t-on une gestion sanctionnée par des résultats mesurables ? Finalement, où veut-on aller et comment ? Ce serait la moindre des choses que les responsables allument les lanternes avant d'appeler les cotisations, mais surtout avant de mouiller de jeunes militants dans des gardes à vue éprouvantes.

(1) Cahiers Saint Louis 2014
(2) Un seul but, la Victoire, Ed. René Julliard Paris 1949
(3) Déclaration du 26 avril 1723 sur la succession à la couronne donnant la parole à la Nation

samedi 14 juillet 2012

Univestivales 2012


Nos universités d'été sont nombreuses et fournies. Chaque chapelle publie la sienne, en voici le planning qui permet à chacun d'y participer ou de s'y montrer. Aucun des princes n'y est annoncé par mesure de sécurité.



Du vendredi 20 juillet à 17h au dimanche 22 à 17h, 12ème Université St Louis chez les Religieuses du Bon Pasteur 3 rue Barault 49045 Angers Cedex 1, l'Institut de la maison de Bourbon présente :
  • M. Charles-Antoine Cardot : Le royalisme de Christine de Pisan, première femme de lettres française au temps de Charles VI
  • M. Paul-Marie Couteaux : Ce que la civilisation française doit aux Rois
  • M. Christophe Jankowiak : Le roi mécène au service du royaume
  • M. Jean-Claude Lozac’hmeur : Aperçu sur l’histoire de la langue française
  • M. Philippe Pichot-Bravard : Les sociétés de pensées : de l’idéologie des Lumières au totalitarisme jacobin
  • M. Louis-Edgard de Pinieux : Culture et contre-culture
[la pension complète à 120 euros]
(s'inscrire à l'IMB 81 avenue de la Bourdonnais 75007 Paris – Tél.: 01 45 50 20 70)



Du lundi Du 23 juillet à 12h00 au 27 juillet à 14h00, suite de la 12ème USL au château du Prieuré 49240 Avrillé (Maine & Loire), l'Union des Cercles Légitimistes de France présente au grand complet l'équipe du site d'érudition légitimiste Vive Le Roy sur des thèmes choisis pour la formation des cadres de cercles. Y participeront aussi :
  • M. Philippe Laplanche : Le nationalisme, une ambiguïté qui perdure
  • M. Jean-Claude Lozac’hmeur : La révolution ou le mythe du Graal
  • M. Philippe Pichot-Bravard : De la philosophie des Lumières au totalitarisme jacobin
[la pension complète à 100 euros]
(s'inscrire à l'UCLF 144 rue des Professeurs-Pellé 35700 Rennes – Tél.: 09 71 31 10 40)



Du dimanche 26 août après midi au dimanche 2 septembre le soir, Camp Maxime Réal Del Sarte au château d'Ailly 42120 Parigny (Loire), l'Action française présente l'oeuvre de Charles Maurras à l'épreuve de la crise :
Ce qui avait été dévoilé du programme a fait l'objet d'un billet spécial de Royal-Artillerie. Voici maintenant le programme officiel :
  • M. Bernard Pascaud : La Politique naturelle de Charles Maurras
  • M. Stéphane Blanchonnet : La Démocratie religieuse
  • M. François Marcilhac : L'Idée de décentralisation
  • M. Bernard Lugan : Démocratie individualiste, destructrice de l'Afrique
  • M. Marc Savina : Kiel & Tanger
  • M. Bernard Pascaud : Enquête sur la monarchie
  • M. Frédéric Rouvillois : L'Avenir de l'intelligence
  • M. Henri Letigre : Et si la crise économique était liée à la nature du régime ?
  • M. Michel Michel : Crise du lien social
  • M. Charles Saint-Prot participera au débat sur l'oeuvre de Maurras à l'épreuve de la crise
[la pension complète est à 130 euros]
(s'inscrire au CRAF 10 rue Croix-des-Petits-Champs 75001 PARIS - Tél.: 06 88 97 00 40)



Le samedi 1er septembre et le dimanche 2, dans un hôtel particulier du 7ème arrondissement de Paris, l'Alliance royale présente :
  • M. Daniel de Monplaisir : Quelques idées reçues sur le royalisme
  • M. François-Marin Fleutot
  • M. Denis Tillinac
[la participation avec 2 repas est à 30 euros]
(s'inscrire à l'Alliance royale 17 rue des Acacias 75017 Paris - tél.: 01 45 74 02 38)

PS : nous avons des progrès à faire sur la parité. Qu'importe au moment, vive les études !

mercredi 28 juillet 2010

Nos universités d'été

carte des UDT 2010
(A) 8 au 11 juillet (72000 Le Mans) - XVIIe Université du Centre d'Etudes Historiques
Thème: Henri IV, premier roi Bourbon
Clic info: CEH (inscription pour mémoire)

(B) 19 au 23 juillet (49240 Avrillé) - XXème Université Saint-Louis (Partie I de l'Union des Cercles Légitimistes de France)
Thème: La Monarchie à travers les siècles : Une solution pour demain ?
Clic info: UCLF

(C) 23 au 25 juillet (49000 Angers) - XXème Université Saint-Louis (Partie II de l'Institut de la Maison de Bourbon)
Thème: Autorité et pouvoir dans les monarchies et républiques
Clic info: IMB

(D) 29 juillet au 1er août (30250 Sommières) - Xe Session du Groupe de Liaison Royaliste (Manants du Roi)
Thème: L'identité française
Clic info: GLR

(E) 16 au 21 août (Bretagne) - Camp des identitaires
Thème : une autre jeunesse enracinée
Clic info : Zids

(F) 20 au 29 août (18160 Lignières) - Camp Dextra (CMRDS assoc)
Thème: Guerre intérieure et retour aux sources
Clic info: Dextra

(G) 23 au 29 août (05140 La Faurie) - Camp Maxime Real del Sarte du Centre Royaliste d'Action Française
Thème: De la nation à la monarchie
Clic info: CMRDS

(H) 25 août (49590 Fontevraud l’Abbaye) - Rencontres Fonteuvristes
Programme: Messe (11:00), pique-nique (12:45) et chapitre de la Charte (15:00)
Clic info: Charte

(I) 28 et 29 août (75007 Paris) - VIe Université d'été de l'Alliance Royale
Thème: La crise de l'autorité
Clic info: AR

(source : liste SYLM complétée)

Une faute d'orthographe, de grammaire, une erreur à signaler ? Contactez le piéton du roi à l'adresse donnée en bas de page et proposez votre correction en indiquant le titre ou l'url du billet incriminé. Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

lundi 10 novembre 2008

Halde à l'école

Halde ô fouLa Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité est un gadget chiraquiste créé en 2004 dans la nonchalance élyséenne pour se désennuyer, et accessoirement punir les videurs blacks des boîtes de nuit qui barrent la porte aux Beurs. Le problème est que les gens nommés au collège de direction, au lieu d'encaisser simplement leur traitement mensuel comme le font tous les rats des fromages républicains, y croient. Ces braves fonctionnaires de l'Egalité voient leur avenir à travers une lutte de tous les instants contre les moulins de la Diversité. Leur dernière contribution réveillerait l'énurésie d'une momie de la Haute Epoque, aussi je vous y adresse d'un clic pour parer l'accusation de sortir les mots de leur contexte. A archiver à l'intention de vos petits-enfants qui émergeront plus tard à la lumière solaire après Armageddon. Prenez quand même le temps de passer aux lavabos, il y en a 195 pages plus 12 de conclusion ...

Place des Stéréotypes et des Discriminations dans les Manuels scolaires
réalisée par l'Université Paul Verlaine de Metz.
Pascal Tisserant et Anne-Lorraine Wagner peuvent postuler au burinage de leur nom au ciseau à froid sur les frontons du Palais de Chaillot.

Les premières pages décrivent un projet porté au sein de la problématique complexe par onze génies qui ont même été payés pour ça ; on pousse le vice jusqu'à nous donner le numéro de commande du marché d'Etat (n°07-606 du BOAMP). "Vous" avez sorti des sous ! Vers la quinzième page vous aurez enfin compris ce qu'est un "manuel scolaire" dès fois que vous ne soyez jamais allé à l'école. Il y en a sûrement parmi les lecteurs du pavé socio-éducatif.
Avant d'entrer dans la dispute, le rapport nous balade dans les billevesées comme les aime la Faculté quand elle veut donner de l'épaisseur à ses productions. On va donc définir maintenant les lettres D et E du donneur d'ordre :
Etymologiquement, discrimination vient du latin, discriminationem, distinction. Ainsi discriminer signifierait distinguer, c’est-à-dire d’après le Littré, « ne pas confondre ». La discrimination semble donc nécessaire à la leçon de choses dans son universalité ; et bien non ! Parce que « une distinction de droit ou de fait entre individus ou groupes aboutit à une inégalité » et donc contrevient à la devise républicaine L-E-F. Le simple fait d'étudier étant discriminant, soit vous restez idiot soit vous égalisez tout dès le départ pour tout "confondre".

M. TisserantLe moindre problème n'est pas que pour lutter contre la discrimination on s'oblige à discriminer individus et groupes afin de mesurer la réalité de leurs revendications égalitaires. Son problème cousin dans le débat corne-cul est que « la garantie d’uniformité de traitement de tous les individus permet aux personnes appartenant aux minorités de jouir des mêmes droits que les autres citoyens, [par le biais] de mesures spéciales qui tendent à assurer une égalité réelle entre les membres d’un groupe minoritaire et les autres individus, [mais qui] ne sauraient elles-mêmes passer pour discriminatoires ». Ainsi a-t-on créé une super-définition judiciaire de l'égalité : « ce qui est essentiellement semblable doit être traité de manière identique ; ce qui est essentiellement dissemblable doit être traité de manière différente ». A tel point que le Conseil constitutionnel à l'enseigne du shpynx coiffé d'un entonnoir, dispose que « le principe d'égalité ne s'oppose pas à ce que le législateur règle de façon différente des situations différentes » ... car l'Egalité est un slogan pour les foules et pas une clef du gouvernement des hommes ..., des femmes et des indécis.
Les Contre-révolutionnaires se tuent à expliquer cette supercherie et c'est la Halde qui le prouve ; comme quoi tout est dans tout.

le beau mec WilliamLes auteurs du rapport nous baladent ensuite à la Cour européenne de Justice puis dans les arcanes de la Charte des droits fondamentaux de l’Union qui, entre autres choses, interdit de se moquer. Vers la page 29 les rapporteurs commencent à s'intéresser aux manuels scolaires au prétexte de les éclairer réglementairement des lois et décrets en nombre obligeant surtout à l'égalité de traitement des sexes et des religions. Ils débordent le Code de l'éducation qui se résume à donner à tous le minimum vital d'une instruction de masse afin de survivre en République, pour valoriser le nouvel enjeu des manuels scolaires qui est de soutenir une éducation certes mais aussi un « enseignement en harmonie avec les évolutions sociétales et les acquits en termes de droits fondamentaux ». Faisons évoluer nos enfants dans le sens de l'Histoire ...
Dix pages plus loin je ne sais toujours pas ce qu'il pourrait y avoir de terrible dans nos manuels scolaires car on se doit de me conter par le menu comment et avec qui l'éditeur fabrique son ouvrage. A ce récit interminable coupé d'organigrammes, on comprend pourquoi ils sont des milliers au Ministère, mais on pouffe de lire plus loin la préconisation des génies qui remercient la Halde de sa commande en préconisant une instance supplémentaire chargée de surveiller toute discrimination dans l'élaboration des lectures de nos chères têtes blondes, brunes, rousses et frisées.

Qu'y a-t-il donc de répréhensible dans nos manuels scolaires ?
Synthèse de la Halde, commentée :


naomi campbellFEMINISME :
L’image des hommes et des femmes continue de subir un traitement différencié moins valorisant pour les femmes : elles sont des icônes ou des emblèmes comme Marianne en plâtre, ou les mères ou filles de ...; exemple : Létizia Buonaparte est la "mère" de Napoléon I° ; quelle dégradation ! On peut trouver ci ou là des "femmes de ménage" qui sont en réalité des techniciennes de surface, et pis que tout, trop de métiers moins brillants socialement, sont énoncés au féminin : infirmière scolaire, sage-femme. D'accord le gouvernement Jospin s'est battu pour les auteures, les écrivaines et les procureures et nous sommes ébahis devant la garde meurt mais sceaux ne rend point.
Au final il y a bien trop de célébrités masculines dans l'Histoire et pas assez de femmes célèbres (cf. p.105) ; pourquoi Henri IV, Christophe Colomb et Einstein ne sont pas des femmes reste un mystère. « Il est recommandé d’employer simultanément de façon systématique les deux genres pour évoquer une situation, tout particulièrement lorsqu’il s’agit des métiers ou des activités sportives, des positions sociales ou politiques. A titre d’exemple : le/la gynécologue, le/la préfet-te, le/la professeur-e d’EPS, l’auteur-e, le/la psychologue, le/la cycliste, etc. (ndlr : imaginez les textes bisexualisés), ou encore les désignations qui avaient cours de manière très ordinaire au Moyen Âge (miresses, botanistes, prudesfemmes, bouchères, maréchales-ferrantes, etc.) ».
Et on a flingué l'Ancien régime !

ETRANGERS

...passant pour des étrangers (les Suisses sont exemptés) :
Les personnes d’origine étrangère représentées dans les livres de classe sont montrées le plus souvent dans des situations dévalorisantes et/ou de pauvreté. Par exemple les Noirs sont noirs et pauvres. Autre exemple, l'image des ouvriers à la chaîne de la Régie Renault illustrant le taylorisme associe l'immigré à la Traite des Noirs (les génies sont imaginatifs) tandis que proposer de l’immigration une image neuve, différente, en mettant en scène des adolescents parfaitement banals tant dans leur habillement que dans leur pose, permet une identification plus facile des élèves. (J'ai payé pour cette découverte !). Au diable l'Unicef et le Pam, l'étranger n'est pas implorant. D'ailleurs sait-on que les élèves sont par avance preneurs d'une image de Naomi Campbell en paillettes pour illustrer la Différence ! Nous aussi, la preuve ! Mais les classes majoritaires en filles préfèrent Evan Wadle ou Alexander William (photo)! Pourquoi donc si tout se vaut ?
Plus loin, un ouvrage de maths ose faire un exercice avec Ali Baba et les 40 voleurs ! Pas possible, le rédacteur est sans doute pied-noir ou sioniste, sinon il est passé par la case Fleury-Mérogis du Monopoly, où damned ! le flic est caucasien, en plus !

bronze de Leonard de vinciHOMOSEXUALITE :
A part une photo de la Gay Pride de Paris sur laquelle figurent de nombreuses personnes vêtues de façon “excentrique” et/ou torse nu (mais c'est la réalité vraie), l’impasse est faite sur le sujet de l’orientation sexuelle, ce qui laisse supposer aux rapporteurs que les comités de lecture ne sont pas de la jaquette. Le rapport (chap.9) dénonce la "norme hétérosexiste". Il est juste de dire que « les personnes ayant un stigmate peu visible, comme les homosexuels, subissent toutefois des conséquences psychologiques plus importantes lorsqu’elles ont le sentiment d’être les seules à le porter. Ainsi, les contacts sociaux tels que les réunions de familles peuvent s’avérer douloureux. A l’inverse, la présence d’autres personnes ayant une situation similaire est un facteur de protection contre les messages culturels négatifs, et augmente l’estime de soi ».
De là à vouloir "banaliser" l'homosexualité dans les manuels scolaires par des procédés aussi grossiers que ceux retenus par la Halde - je vous renvoie à la page 164 qui traite des manuels de SVT - me peine pour mes amis homosexuels qui y verront l'instrumentalisation dévoyée de leurs justes revendications à vivre paisiblement. Que l'on oeuvre à ce que les adolescents homosexuels ne soient pas la risée de leur classe est obligatoire. Que l'on barre de l'instruction les sourates et versets qui satanisent les homosexuels est sain. Mais aller jusqu'à équilibrer le discours homo-hétérosexuel dans la description des moeurs animales est une moquerie en creux : ainsi la phrase « les grillons mâles attirent leurs femelles par leur chant » serait selon nos génies, incomplète !

l'oncle PaulGERIATRIE :
Le rapport se termine par les Vieux (chap.10) qui forment eux-aussi une diversité mal représentée dans les manuels scolaires. Ils ne mangent pas que des gâteaux mous et des médicaments, et même s'ils plombent notre économie, ils peuvent aussi raconter les belles histoires de l'oncle Paul ! Dis Pépé, c'était quoi la position du missionnaire au temps béni des colonies ?
- Pas si fort, sacristi !

Il y a un dossier de presse pour ceux qui ne lisent plus, destinés aux journalistes. On peut cliquer ici et accéder à ce digest.

On le savait déjà : la République doit s'occuper de nous "d'al brès a la toumbo". C'est un régime invasif ! Edvige et la Halde, main dans la main.

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mardi 25 mars 2008

Bataille de l'intelligence

BPO indienS'il est un "truc" français aussi reconnu dans le monde que le Chanel 5 c'est bien l'intelligence, l'esprit, la culture insondable et la suffisance qui va avec. Normal ! Jusques aux derniers jours du siècle fini, ces capacités étaient un outil entre les mains de nos chercheurs et de certains de nos dirigeants, trop peu nombreux. Ils concouraient à la prise d'avantages nationaux ou particuliers avec leurs homologues du monde entier, et ne se trouvaient en pleine possession de leurs moyens que seuls. D'ailleurs la coopération bilatérale fut toujours réputée comme un encrassement de notre génie propre. C'était hier. Et nous ne parlons pas de coopération internationale maintenant, mais de l'Inde, où M. Guy Nègre est parti faire fabriquer sa voiture à air comprimé que personne ne veut ici. Aucun rapport avec la suite.

Le second empire émergent est bien moins présent dans nos soucis que son aîné chinois parce qu'il n'inonde pas les gondoles de nos hypermarchés de biens manufacturés Made in India. Moins présent mais bien plus dangereux car il vise la tête ! C'est son irruption sur le marché informatique de la gestion à distance créé par les anglo-saxons qui a révélé au monde l'importance de la ressource cérébrale indienne. BPO, Business Process Outsourcing, est une délocalisation, celle de l'intelligence, au même titre et pour les mêmes raisons que celle du labeur. L'Inde a capté un quart du marché mondial du BPO dès l'ouverture des autoroutes mondiales de l'information et elle continue d'accroître sa part. Détrompez-vous, ce ne sont plus les listings comptables ou les call-centers qui sont traités en Inde mais les études de marché, l'analyse économique et boursière, les procédures de dépôt de brevets, plus généralement la recherche et développement. L'Inde est en passe de capter les deux tiers de la croissance de ce dernier secteur.

Trois motifs à ce succès, l'esprit délié d'une vieille civilisation, la langue maternelle anglaise, le décalage horaire par rapport au Nouveau Monde dans le travail à flux tendu. Quand Wall Street dort, l'Indien analyse sa cible et produit sa conclusion prête à appliquer à l'ouverture. Ce décalage permet aussi de travailler globalement 24h sur 24 dans n'importe quel domaine.

Kolkata (Inde)
La ressource en talents est immense. Le système d'enseignement supérieur, fondé sur 220 universités et un nombre incalculable d'écoles professionnelles, produit trois millions de "Bac+3" par an. Un dixième sont des ingénieurs et des informaticiens courtisés par toutes les multinationales. Il y a plus d'indiens sur les campus universitaires occidentaux que de chinois. L'Inde espère devenir le premier centre mondial de services sous quinze ans, et prévoit de créer dans ce secteur seul quarante millions d'emplois. Le français Cap Gemini étoffe son réseau indien pour le porter à 40.000 postes d'ici deux ans. IBM va investir 5 milliards $ sur trois ans. Les grands de l'électronique n'ont pas attendu. Le pays se câble à la fibre optique à grande vitesse pour mettre en réseau toutes ses intelligences.
Le plus grand défi de l'Orient à l'Occident est sans doute neuronal.

Si nous avons perdu la bataille de l'industrie pour cent raisons sur lesquelles nous ne reviendrons pas, nous ne pouvons nous permettre de perdre la bataille de l'intelligence. Parce qu'après elle, il ne nous restera plus que la "réserve d'indiens, le luxe et la gastronomie" comme activités nationales. Très insuffisant pour un pays de 60 millions d'habitants, même si certains ne jurent que par le "traditionnel". La Fabrique de l'intelligence française est la première en cause, et puisque la République a pris ce domaine sous sa coupe, l'Education Nationale est sous le feu de la critique, très naturellement. Les constats d'échec se succèdent depuis trente ans à peu d'effets. Le premier plan de rénovation fut celui de Lionel Jospin de 1990. Il passa un deal avec les syndicats de professeurs. Une seule des parties au contrat le respecta, l'Etat. L'autre consolida le bétonnage de ses positions. Depuis, les plans se succèdent, et curieusement se résument toujours à un affrontement syndical, parfois dur. La profession n'est jamais d'accord mais n'évolue pas non plus, du moins ses structures corporatistes semblent elles l'en empêcher. Que dit Jacques Attali - je choisis celui-ci puisqu'il est le dernier à avoir parlé sur le sujet :
Jacques AttaliDans son rapport sur la République des Imbéciles - que peu de gens de droite ont lu par principe mais qu'on peut télécharger en cliquant ici - la Commission pour la libération de la croissance française ouvre son chapitre 1 par le titre "Au commencement, le savoir". Allez page 31 (la table des matières est à la fin) et voici ce qu'elle dit de notre université :
« La première mission des universités et des grandes écoles n'est plus le recrutement des fonctionnaires mais celle de donner à chacun directement, quel que soit son milieu d'origine, de trouver son domaine d'excellence, de se préparer aux métiers d'après-demain et de faire progresser le savoir ».

Pour mémoire, nos universités ont quasiment disparu des classements internationaux et il faut faire beaucoup d'acrobaties aux responsables français pour les y faire apparaître. Les critères qu'on nous applique ne sont pas les bons, défavorables, malintentionnés, nous sommes visés par l'Amérique, l'Allemagne et la Papouasie, tous réunis au complot. Tant pis, la Commission Attali prend le taureau par les cornes et y croit. Dirigée par un ancien major de Polytechnique, elle s'intéresse beaucoup aux universités dans l'optique libertarienne du savoir conquis par une démarche d'assimilation volontaire préférée au gavage. C'est aussi la règle dans le reste du Monde.

Six objectifs déclinés en 22 décisions très précises (n°11 à 32) :
I.- Accompagner les étudiants dès leurs premières années universitaires
II.- Aider les étudiants à concilier leurs études avec leur emploi
III.- Investir davantage dans l'enseignement supérieur
IV.- Faire émerger sur le territoire 10 grands pôles universitaires et de recherche de niveau mondial
   On complètera la lecture de celle du rapport ad hoc de l'Institut Montaigne qui donne entre autres choses les tailles critiques de ces pôles en cliquant ici.
V.- Ouvrir l'enseignement supérieur à l'international
VI.- Rendre notre recherche plus compétitive (dans le cadre de la stratégie de Lisbonne 2000)


Il n'est pas très grave que le Charles-De-Gaulle reste en cale sèche faute d'argent ou qu'il nous manque quinze Mirages nucléaires sous abri ; mais si nous ne reconstruisons pas nos universités, les générations montantes seront les nègres de demain, qui recevront leur emploi du temps et les schémas dictés au jour le jour, depuis Bombay, Bangalore ou Hyderâbâd.

Le présent gouvernement devrait être jugé sur ce dossier capital, malheureusement laissé entre des mains inexpertes à la merci de corporations intéressées à son insuccès. La bataille de l'intelligence est une affaire très sérieuse.
M. Sarkozy dépassera-t-il son horizon électoral ?


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