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lundi 10 août 2020

Don Juan Carlos au pays de l'Or noir


Dans l'affaire Juan Carlos, il y a les interprétations, l'accusation et la défense aveugles, et il y a les faits. Deux sont sûrs et posent problème plus qu'on ne le croit à tel point que même en Espagne ces questions ne sont pas réellement creusées pour l'instant après la fuite à Varennes du roi émérite.

Les cent millions de dollars signalés par la Justice suisse sont apparemment des retro-commissions balladuriennes puisqu'il n'est pas imaginable que le roi ait été remercié par les Séouds pour avoir pousser à la roue du TGV séoudien. Normalement ce devait être l'inverse. La question est donc : que récompensait la monarchie séoudienne avec cent millions de dollars à titre personnel et discrets ? D'autant que le roi n'était pas connu pour faire des affaires, même s'il œuvrait régulièrement à la promotion d'accords commerciaux à l'étranger, surtout en Amérique latine (récupération de l'économie argentine) et sur le Machrek arabe (Maroc, Algérie, reconnaissance d'Israël très tardive en 1986). Alors j'émets l'hypothèse à vérifier que la maison des Séouds a remercié le roi pour son soutien dans l'ouverture de l'Espagne aux wahhabites dont les imams salariés du Golfe prêchent dans des mosquées financées par les pétro-monarchies, sans parler des salles de prières salafistes éparpillées un peu partout où l'on éduque les paumés aux rites médiévaux. Le retour de l'islam en Espagne date de l'époque franquiste quand des accords formels ont été passés avec la communauté musulmane résidente dans les années 60, pour croître ensuite sous Juan-Carlos Ier qui vit s'édifier de magnifiques mosquées, à Madrid et sur l'ancien territoire d'Al-Andalous, toutes financées de l'étranger. Cf. la Wikipedia des mosquées espagnoles. Disons en passant que leur architecture est soignée pour être raccord avec les splendeurs architecturales du califat historique, et que toutes ont érigé un minaret de grande hauteur. Ajoutons aussi que la Commission islamique espagnole serait entre les mains des Frères musulmans par procuration ; mais on ne prête qu'aux riches.

Mosquée King Abdul Aziz al Saud de Marbella


Le second fait est l'atterrissage du roi émérite à Abou Dhabi et déjà son refus d'en bouger. S'il est sûr qu'aujourd'hui pour cent millions t'as plus rien, cela n'empêche pas d'avoir un mandat d'amener international exécutable dans la plupart des pays prétendument démocratiques. L'Amérique latine, un temps pressentie - la presse allait donner le numéro de la rue où Juan-Carlos se cachait en République dominicaine - l'Amérique latine donc était-elle à l'abri d'une procédure ? Les choses changent à chaque élection/révolution et le bain culturel ne compense pas l'angoisse d'Interpol. Par contre les pétro-monarchies du Golfe persique mettent à l'abri leurs riches amis sans qu'ils n'aient plus rien à craindre.

Ce billet ne tient aucun compte des spéculations sur la mésentente des familles au palais de la Zarzuela, sur l'accord tacite ou explicite du président du gouvernement, pas plus que des affirmations de Corinna Larsen zu Sayn-Wittgenstein (atchoum), amie de cœur du vieux paillard et mère de toutes les salopes à soixante briques la passe (c'est exagéré).


Si Don Juan Carlos s'est fait entôler par une croqueuse de diamants, on peut attendre la suite le sourire aux lèvres. Si les cent millions séoudiens rémunèrent l'accès des idéologues wahhabites à la communauté musulmane espagnole, c'est autrement plus grave, à la fois moralement en pays chrétien, mais surtout à gérer par la Fiscalia de Madrid ! Ça ne fait peut-être que commencer quand la Casa Real a pu croire un moment que l'exil étouffait les développements dangereux pour le couple titulaire actuel. Mais ce n'est pas gagné si l'on sait qu'un Centro de Investigaciones Sociológicas a fait un sondage en mai 2020, avant donc la fuite à Varennes. La république l'emportait de justesse à 51% mais la monarchie n'arrivait pas à convaincre plus de 34% des sondés (source HispanTV). On était en mai ! On imagine aisément que la fracture s'est creusée depuis la nouvelle de l'exil rocambolesque à Abou Dhabi. Aujourd'hui 55% des Espagnols voudraient qu'un référendum tranche la question du régime et 35% jugent que la monarchie pose problème (source N&R). Il faut que 2/3 du parlement espagnol approuvent le lancement d'un référendum ; reste à calculer finement de qui serait constitué le tiers réfractaire et bloquant. Mais l'appétit de nouvelles prébendes républicaines peut faire basculer les indécis au motif de "faire trancher le peuple" pour encaisser les bénéfices bourgeois. Nous terminerons par une motion de soutien au roi Felipe VI et sa charmante reine qui se donnent à fond depuis le début de leur règne pour perpétuer la monarchie de Bourbon en Espagne, dynastie régulièrement exilée depuis Carlos IV. Vive le roi !


L'Alhambra de Grenade et la Sierra Nevada au fond

lundi 21 octobre 2019

Grosse fatigue démocratique


Le feu de l'émeute s'est propagé depuis les Champs-Elysées aux quatre coins de la planète. Après le combat de libération de Caracas, vint Paris, suivi d'Alger puis Hong Kong, Quito, Barcelone, Port-au-Prince, Beyrouth et maintenant Santiago du Chili. Les causes du soulèvement sont chaque fois endogènes et circonstanciées, surtout en Algérie, mais la porteuse en basse fréquence, sauf au Venezuela communiste, est partout identique : une défiance énorme vis-à-vis de la classe politique, déclarée imbécile et corrompue. C'est le principe de démocratie représentative qui est remis en cause. Sa vocation de planter des mâts de cocagne dans chaque circonscription électorale est vilipendée par les peuples qui y voient autant de course à l'enrichissement rapide, plus rapide que l'entreprenariat, bien plus encore qu'une vie de labeur. L'anti-parlementarisme n'a pas besoin de calomniateurs ou de médisants, il suffit de laisser vivre en transparence grands et même petits élus pour le voir grandir. A preuve récemment le déni total de Sylvie Goulard de l'immoralité de sa position judiciaire, confirmé par la colère du président Macron, dépité de ne pas avoir été obéi ! Mais cette posture n'est pas nouvelle. François Fillon n'a jamais compris qu'on lui cherche des poux dans la tête pour avoir nourri toute sa famille sur fonds parlementaires puisqu'il était raccord avec les textes ! Richard Ferrand constitue un patrimoine immobilier à sa compagne en détournant vers elle les débours de sa caisse mutuelle, abandonne son maroquin pour éviter les lazzis dans sa fonction, puis est adoubé au Perchoir pour plaire à l'Empereur d'Europe.

Si on remonte dans le temps (mais pas trop) on retrouve tous les scandales politiques de la IIIè République - ceux d'aujourd'hui font "petit joueur" - à ne citer que Panama, Wilson, Oustric, Stavisky. Mais le modèle étant auto-guérissable en résultat du bourrage de crâne des peuples à qui on assène que la démocratie représentative est la seule qui fonctionne, le reste, comprenez la démocratie directe, n'étant qu'anarchie et désordre des foules. Et on évite d'étudier dans le détail le fonctionnement de la Confédération suisse qui fait mentir les politologues depuis 728 ans (merci Wikipedia). Ce qui tend à prouver que l'exercice démocratique direct est jouable au sein de circonscriptions délimitées par le champ de conscience identitaire des citoyens - je me sens aveyronnais et sensible au sort des peuples en aval jusqu'à la Garonne comme des cantalous - mais qu'à l'étage national le principe est en défaut. Les élus une fois installés et grassement payés à relire les directives de Bruxelles se désintéressent de la problématique locale en s'appuyant sur l'article 27 de la Constitution qui récuse le mandat impératif à l'élu.

Laissons les autres pays vivre leur transformation démocratique et penchons-nous un instant sur le nôtre, en espérant ne pas trop rabâcher. Les six strates d'administration d'un pays moyen, qui se traverse dans une seule journée entre le lever et le coucher de soleil, sont le ferment de la fracture politique entre le peuple et ses élites : l'Europe institutionnelle avec un exécutif, un parlement, une cour de justice, des agences normatives ; l'Etat central français (le plus gros de l'OCDE rapporté à sa population d'administrés) avec deux chambres parlementaires, des tribunaux, une cour de cassation, cour des comptes, Conseil d'Etat et cent autres "organisations" dédiées à l'empreinte étatique ; des régions répliquant chacune à son niveau le modèle d'Etat central avec exécutif, parlement, organisations de gestion et contrôle etc ; des départements répliquant l'organisation des régions avec son exécutif, parlement etc... jusqu'à la DDE (trous en formation) ; les communautés urbaines répliquant les fonctions exécutives départementales sur leur zone d'intérêt avec des services dédiés et une assemblée d'élus municipaux ; la commune, le plus souvent dépouillée de pouvoirs, mais qui reste la seule structure au contact du citoyen pour lui répondre que "ce n'est plus de son ressort". Et dans les trois métropoles françaises, cette strate basse est divisée entre mairie centrale et mairies d'arrondissement ! Tout ce barnum pour "gérer" soixante cinq millions d'habitants ? Quand le citoyen imagine le poids qu'il porte sur la tête au seul prétexte de le gouverner il est pris de vertiges, met un gilet jaune et va au rond-point en discuter avec d'autres comme lui. Puis la fermentation démarre et la classe politique prend peur. Mais de l'avis d'un vieil anarchiste de droite, La Casta n'a pas encore assez peur pour remettre en cause la pyramide des prébendes qu'elle a construite.

In cauda, chacun peut observer que les tyrannies modernes sont le plus souvent issues de processus démocratiques. Et je prends le pari que le nouveau président de Tunisie se regarde dans la glace à se demander si une petite moustache avec des lunettes à la Jaruzelski ne seraient pas préférables pour développer ses prérogatives.

jeudi 9 février 2017

In Fillon We Trust, lol !


Bien obligés ! Le feuilleton hivernal n'est pas fini, tant du moins que des réponses nettes n'auront pas cloué le bec aux accusateurs. Mais encore ? Tant que le candidat n'aura pas compris qu'un emploi fictif avec enrichissement personnel est ce qui se fait de pire comme stratagème de crédit foncier. Chassez le naturel, il revient au galop : l'attitude digne et meurtrie de madame Fillon milite pour son ignorance des faits présumés. « A l'insu de son plein gré » ironisait le candidat au confessionnal médiatique. On aimerait que ce soit vrai, pour elle. La simplicité et bonne foi évidente de son interview accordée en mai 2007 au Sunday Telegraph plaide pour elle et contre lui. On imagine parfaitement quelle est la vie d'épouse d'un homme politique sarthois. Tous ceux qui la croisent à Solesmes ou à Sablé voient en elle madame Fillon et pas Penelope Clarke ! On lui parle, on lui glisse une requête, on prend des nouvelles. De là à conclure qu'elle s'implique dans les travaux parlementaires de son mari plus loin que les relations publiques indispensables à un élu local - goûtez-moi ces cookies maison, vous "mendierez" des nouvelles ! - il y a un grand pas, que ni le député-suppléant Marc Joulaud, ni Martine Crnkovic, vice-présidente de la Communauté de communes, ni l'amie de toujours qui vit en face du château, ne franchit. Alors c'est parce qu'elle travaillait au Palais Bourbon ? Jamais. Nul n'a trouvé notes, brouillons, rapports, analyses, agendas ni badge d'accès. L'emploi est fictif de chez Fictif et la cupidité établie, à fond : ils n'ont pas même oublié l'indemnité de licenciement à chaque réélection puisqu'ils y avaient droit, sans doute pour sauver le caddy au Super-U ! Le redémarrage de la campagne peut se briser sur le scepticisme général de l'Opinion, convaincue un instant par les accents de sincérité du candidat s'excusant, mais perturbée par ce foutu million d'euros que finalement les Fillon ont bien empalmé. Alors quoi ?

Aucun plan B n'a pu être lancé en dix jours. Comme le disait jadis un politicien anglais dont j'ai oublié le nom, la Droite française perd régulièrement parce qu'il y a trop de chefs en cuisine. Ils sont tous douteux, epsilonesques ou ectoplasmiques. Ils se détestent. B comme Bérézina, Branlée, Bordel. Seule une pointure indiscutée de la société civile pouvait sauver le programme du Fillon des Primaires. Il en existe bien sûr mais ce serait capituler en rase campagne et abandonner le(s) pouvoir(s) à un étranger au grand cirque : une horreur ! Tous sont venus à la politique faire carrière jusqu'à leur mort, ils sont tétanisés par la mise en échec du logiciel. Derrière la présidentielle, il y a les législatives de juin et les sénatoriales partielles de septembre 2017 où se renouvellent prébendes et privilèges. Il ne faut pas rater ça et c'est bien plus important que d'avoir son meilleur ennemi à Matignon ou à l'Elysée. Car M. Fillon, excellent technocrate, n'est pas l'apparatchik rassembleur qu'il cherche à montrer. C'est aussi un chieur cassant qui a levé une fronde interne à l'époque de sa gloire.

Sans remonter à l'époque des cheveux permanentés du quadra avantageux, souvenons-nous qu'il avait théorisé la présidentialisation du régime en proposant de techniciser la fonction de premier ministre (doté de pouvoirs très étendus par la Constitution de 1958) jusqu'à sa suppression : La France peut supporter la vérité, Éd. Albin Michel, 2006.
En mai 2007, il endosse le costume de Premier ministre du président Sarkozy, tout en regrettant de perdre les pleins pouvoirs constitutionnels sous les quolibets de Patrick Devedjian qui lui rappelle son livre. Traité comme l'adjudant-major des services gouvernementaux par le président qui déporte l'essentiel de la prise de décisions à l'Elysée, il avouera plus tard avoir énormément souffert de l'activisme et du mépris de Nicolas Sarkozy. Mais lors du remaniement ministériel de novembre 2010 il s'accroche au rocher et obtient le renouvellement du mandat jusqu'en mai 2012, à l'étonnement de tous.
L'élection de 2012 perdue, et malgré un bilan plutôt catastrophique que l'on imputera à l'omniprésident des sondages Buisson, le parti le pressent comme candidat naturel de la Droite parisienne aux élections municipales de mars 2014. Bien qu'en tête des intentions de vote, il se défile pour pantoufler dans une circonscription ultra-facile au grand dam de Rachida Dati, maire du 7ème arrondissement qui la visait. Mais ce n'est pas tout.

Pourquoi solliciter de Jean-Pierre Jouyet, secrétaire général de l'Elysée, l'accélération des procédures visant son ancien bourreau. Il s'en défend et crie au complot (déjà) mais l'affaire est documentée. Pourquoi s'acharner sur Squarcini quand d'autres grands flics indésirables aux nouveaux maîtres, plus ou moins issus de la barbouzeraie antérieure comme Claude Guéant, Michel Gaudin, Frédéric Péchenard, Christian Flaesch, sont recasés proprement d'abord, plus tard sera plus tard. Pourquoi tant de haine de la part de l'ex-premier ministre ? Et lui de s'étonner aujourd'hui d'une machination visant à détruire ses chances ! Des gens le connaissent mieux que sa femme ; il n'est pas interdit d'imaginer jusqu'à demain minuit que le paquet fut remis par quelqu'un du métier au Canard Enchaîné, après, nous dit Bruno Roger-Petit, qu'un autre journal ait refusé la bombe ! S'il n'y avait rien de vrai dans tout cela, pourquoi prendre la peine d'une fabrication vite éventée qui peut exploser entre les mains du livreur ? Il n'y avait rien d'illégal sauf l'éthique, les carbonari d'un jour ont été les plus fins.

Le choix est désormais impossible dans le spectre politique entre la ringardise gauchiste, le télévangélisme opportuniste, l'armaggedon économique et la technocratie triste. Quelles que soient ses capacités réelles à réformer - le Piéton a un gros doute - voter pour saint François Fillon c'est déjà voter contre ! Contre la soviétisation ultime du pays, contre la pharaonisation du pouvoir, contre la ruine de l'épargne populaire. Comme l'expliquait la semaine passée, maître Soulez Larivière, spécialiste du crash aérien, quand un avion atteint sur la piste d'envol sa vitesse V1, il ne peut plus que décoller et l'on doit tirer le manche. Quelque soit le commandant de bord, l'avion des Républicains roule trop vite pour qu'on l'arrête sans dommages fatals. Faut faire avec !

Finalement nous voterons avec un cœur qui ne bat guère, pour nous éviter la guerre, même à perdre l'honneur et la guerre aussi. Allez Fillon ! Vas-y François !


Ça va pas le faire mais quand t'as pas le choix !


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PS : Qu'en dit Monsieur Poisson de tout ça ?


Limpide comme toujours !

lundi 14 décembre 2015

Une démocratie manipulée


C'est devant une tasse de Da Hong Pao fumant rapporté du Foukien que je livre ces réflexions sur les élections régionales, aujourd'hui dimanche, à l'aube de la grande supercherie. Quels que soient au second tour les scores des parties prenantes (à la gorge), une fois encore, les députés désignés par les urnes ne représenteront pas le prétendu "souverain" peuple. En cause, la manipulation génétique des scrutins sous la V° République et même avant. Rappelez-vous les référendums gaulliens qui posaient deux questions. Le dernier de la série est un morceau d'anthologie puisqu'en 1969 il en posait trois : régionalisation, réforme(suppression) du Sénat et démission du chef de l'Etat ; mais on avait oublié le téléphone pour tous ! Aussi fut-il perdu par un pouvoir à court d'idées. Par la suite, François Mitterrand à qui on reprochait ses modifications répétées déclara que le seul mode légitime de scrutin était celui qui le faisait gagner.

Les peuples mûrs pour la démocratie se contentent de scrutins uniques à la proportionnelle. Le mode le plus simple photographie l'Opinion à un moment T et envoie dans les hémicycles l'image correspondante. La responsabilité de former un exécutif capable de gouverner est dans les mains des élus - je ne parle pas de classe politique puisque les pays matures ne reconnaissent pas la profession politique en viager. Au lieu de quoi, la France trafique ses modes de scrutin pour coller le plus possible aux intérêts des familles politiques inamovibles aux affaires et en affaires. La vérité de la représentation est le cadet de leurs soucis ! Il est rare qu'un intrus brise le cercle de chariots de l'establishment. C'est bien le cas cette fois avec le Front mariniste, les Apaches ont percé et mettent le souk dans tout le camp !

- une souris blanche -
Quand le scrutin fut choisi en 1985 pour les premières élections régionales au suffrage universel, la strate administrative à gérer comptait pour peu de chose et restait depuis son origine un cadre d'aménagement du territoire où se débattaient les doléances locales, en concurrence toujours. Aussi, le pouvoir se laissa-t-il guider par la simple justice et déclara la proportionnelle de listes bloquées (on ne panache pas). Quand les régions devinrent des vitrines de communication pour politiciens battus au plan national, les politologues stipendiés par les partis en place fournirent assez vite leurs calculs pour optimiser le scrutin afin d'améliorer les résultats de chacun. S'ensuivit en 2004 une forte altération de la proportionnelle naturelle avec les listes départementales et la prime majoritaire récompensant le premier. L'entre-deux-tours est l'espace de magouilles de tous ordres préparé par le législateur pour sauver les sortants autant que faire se peut : normalement c'est la semaine des fusions avec répartition des prébendes visées. La fusion à Gauche en Ile-de-France est un cas d'école jusqu'à distribuer par avance des vice-présidences à ses ennemis intimes. Cette fois-ci la Droite a fusionné avant le premier tour mais dans le même esprit d'arrosage des cocardes de pare-brise. La Gauche en province a fusionné ses courants pour braver le fachisme - on a les délires qu'on peut ! Elle a retiré ci et là des listes qui à 15% pouvaient se maintenir facilement et achever leur fonction de représentation. La proportionnelle est faite pour ça, mais ce serait hypothéquer l'avenir que d'y laisser représenter certains autres qui bénéficieraient d'une exposition sur les estrades. Le site Politiquemania nous résume l'évolution du mode de scrutin :

Le mode de scrutin des élections régionales en France a connu une seule évolution majeure depuis 1986, à savoir son organisation en 2004 :
- Il est ajouté au scrutin proportionnel la possibilité d'un second tour si aucune liste n'obtient la majorité absolue : il convient d'obtenir plus de 10% des suffrages exprimés pour y participer ou plus de 5% des suffrages exprimés pour fusionner une liste avec une autre présente au second tour.
- Une prime majoritaire est attribuée à la liste ayant obtenue la majorité absolue des suffrages au premier tour sinon au premier arrivé du second, à savoir 25% des sièges.
- C'est désormais la région et non plus le département qui conduit une liste mais, afin de permettre aux électeurs d'identifier plus facilement les candidats de leur département, des sections départementales sont créés. Chaque liste doit comporter autant d'hommes que de femmes (ah bon).

rouge = FDG | rose = PS | bleu = LR-MODEM | bleu marine = FN |  vert = EELV | jaune = Régional.

En étudiant soigneusement le dispositif électoral, tout électeur peut comprendre plus ou moins vite comment s'exprimera son vote, mais peut aussi s'agacer des complications et ne pas sortir voter ! Un sur deux n'est pas intéressé aujourd'hui à comprendre les lois du cirque. Le peuple est réellement dépossédé de sa prétendue souveraineté en ce que son opinion est refabriquée dans le tube des élections, voire mise à la poubelle si la liste de son choix se retire volontairement. Allez comprendre l'appel qui fut fait aux abstentionnistes par les ténors des plateaux médiatiques ! On tord le bras de l'électorat et on en appelle plus encore ? Les Français sont des veaux, certes, mais si l'on ajoute aux 50% d'abstinents les 15% de réfractaires au SVO (service du vote obligatoire, et 30% des votants), on aboutit à ce que près des 2/3 du corps électoral ignorent volontairement ou vomissent le Système. C'est énorme !

Un manipulateur de suffrages
La démocratie française est-elle en ruine ?. C'est plus compliqué si l'on veut bien monter d'un cran la réflexion. D'aucuns soutiennent que "Le Peuple" n'existe pas. Dans ses essais¹, Pierre Rosanvallon avance que le peuple dans une démocratie reste par définition «introuvable» et qu'il ne faut pas simplifier la démocratie, mais en assumer la complexité ! Brandir "Le Peuple" participe d'une triple simplification : (i) politique, en considérant le peuple comme un «sujet évident» distinct des élites vilipendées ; (ii) institutionnelle, en opposant la culture du plébiscite aux délibérations représentatives ; (iii) sociale, en cherchant une «identité» collective là où s’entrecroise une infinité de rapports sociaux souvent antagonistes. Il n'en reste pas moins que la projection mentale du peuple politique dans l'Opinion est quand même plus simple que ce triptyque analytique brumeux, et pourquoi justement ne pas faire litière des complications et laisser le bon sens gouverner, pour une fois ? Pourquoi vouloir définir un mode de scrutin universel dans un registre de perfection sociologique si les sujets d'études ne s'y retrouvent pas eux-mêmes ?

Ainsi va-t-il être dévastateur de comparer le résultat final des élections régionales (carte ci-dessous) avec l'expression démocratique du premier tour (carte ci-dessus), en obligeant la nation à accepter que l'image du peuple donnée par le premier tour des Régionales n'ait été que l'hologramme flou d'un processus inachevé, car à la fin du match, l'image projetée au second tour est conforme aux valeurs immanentes du modèle obligé ! Vous êtes trop intoxiqués pour comprendre que la manipulation est aboutie. Que le stock d'abstentionnistes grimpe ensuite tant la représentation en hémicycles sera distordue par rapport au pays réel n'a que peu d'intérêt pour l'establishment, à croire même qu'il est plus facile de travailler sur un corps électoral restreint. Tout est fabriqué dans notre démocratie représentative... et nous en resterons là du sujet pour éviter le bruit de croquenots dans l'escalier.

C.Q.F.D.

Depuis longtemps la République affronte la démocratie qui est censée la fonder. En politique, la pratique prime le principe (on peut dire aussi : la fin justifie les moyens) mais c'est du principe que le politicien parle le plus s'il veut endormir les soupçons ; c'est le premier vice de la République. Il ne sera annulé que par la démocratie directe à la suisse, système qui exige bien sûr une éducation civique un peu plus poussée dans les écoles et les familles, si du moins en haut lieu on souhaite parler un jour à des électeurs politiquement adultes, élisant en leur sein des représentants honnêtes. Tous ceux qui ont appelé au retrait ou à la fusion de listes qualifiées pour le second tour sont évidemment contre une pure expression démocratique et tiennent à canaliser les suffrages. Mais le rêve est autorisé et comble du bonheur, une monarchie de tête s'emboîterait parfaitement sur un régime de démocratie directe si elle était cantonnée strictement aux pouvoirs régaliens. « L'autorité en haut, les libertés en bas », dit le slogan maurrassien. Libertés basses, libertés chéries, celles dont jour après jour les Bureaux nous privent un peu plus pour nous gérer en totalité, par complexification. Et oui, monsieur Rosanvallon, pourquoi rechercher l'inextricable si le «peuple introuvable» se plaît à regarder son image dans le miroir d'un scrutin de simple bon sens ?



(1) "Penser le populisme" aux Rencontres de Pétrarque, Montpellier 2011

vendredi 7 mars 2014

Abrégé de gouvernance, très abrégé

Paraît ce matin sur le site de La Faute à Rousseau dans la rubrique La Patte à Catoneo ce billet sur la corruption publique. Il n'est pas différé sur Royal-Artillerie comme d'habitude car l'actualité commande ! Il entre en archives RA.

L'approche des élections municipales déterre des affaires qui visent à discréditer, souvent à raison, des candidats venus blanchir leur CV par un succès démocratique. On en trouve dans tous les partis, bien que la République ait été proclamée le régime de l'indispensable Vertu à défaut de quoi elle tourne en satrapies confédérées pour l'établissement de quelques-uns. L'affaire emblématique qui fait rage aujourd'hui mine le premier syndicat parlementaire. Voler des millions d'euros de cotisations par sur-facturation de services ne vient à l'idée de personne au Sentier tant elle est facile à débusquer. A gruger le souverain peuple, faudrait-il avoir du talent, il s'en faut de beaucoup. L'amateurisme règne en maître par construction puisque nous subissons le pouvoir des médiocres partout. Consolons-nous. Plutôt que de dispenser un cours supérieur de bonneteau qui me sera reproché par M. Cazeneuve, faisons le saut d'un demi-monde :

Wang Qishan
La corruption des bureaucraties est le cancer du gouvernement des hommes, disait un sage indien dont j'ai perdu le nom. Depuis l'avènement du fils d'Immortel Xi Jinping, la lutte anti-ripoux a pris des tours en Chine. L'empire céleste de la prévarication est en train de réactiver la radiothérapie des cadres. La méthode a fait ses preuves : le détecteur immobile observe sans ciller la pyramide bureaucratique et quand un électron change d'orbite, il le bloque pour examen ; du moins s'y essaie-t-il.
C'est le Livre Bleu de l'Etat de droit, dans sa 14ème édition publiée par l'Académie chinoise des sciences sociales (CASS), qui a promu cette méthode de tir instinctif. La présentation du Livre Bleu est un énorme raout chaque année à Pékin¹ où il est utile de se montrer pour être prévenu du genre d'armes utilisées.
La compilation des affaires classées a fait comprendre au nouveau pouvoir qu'environ huit cents milliards de RMB (= 95Mds€) avaient été volés par 18000 fonctionnaires en voyage entre 1995 et 2008 et déportés à l'étranger hors des griffes du Fisc chinois. Rien que pour l'année 2011, l'Etat central a arrêté 1631 fugitifs chargés de huit milliards de RMB (1Mds€) qu'il a récupérés. C'est beaucoup.

Tous les enfants de parvenus chinois, qu'ils soient issus du monde de l'entreprise ou de la bureaucratie, terminent leurs études à l'étranger dans un pays de l'OCDE. Les transferts assurant leur subsistance sont normaux, il suffit de régler l'alarme, assez haut quand même car ils dépensent beaucoup, jusqu'à s'acheter l'appartement d'étudiant et tout l'immeuble qui va autour. Mais l'intelligence génétique de la race perce tous les dispositifs de surveillance et l'effort de collimation des services est fait sur les pays étrangers exempts pour le moment de traité d'extradition ou d'entraide fiscale qui sont autant de miroirs aux alouettes. L'évasion pourtant s'aggrave aux dires des "experts".

C'est Wang Qishan (en photo) le chef de la traque. Appointé secrétaire du Comité central pour l'Inspection disciplinaire du Parti communiste chinois afin de le nettoyer de ses éléments les plus corrompus, normal, il est le septième pilier de la sagesse à Zhongnanhaï, un des hommes-dieu de l'empire. Crédité de compétences avérées en finances et en gestion de crise, son air affable et accessible dissimule une poigne de fer et une énorme capacité de travail, parfaitement nécessaire dans ce métier très réactif². Il a aussi un parler franc qui dénote, surtout pour ceux qui ont connu Hu Jintao playmobil, son précédent maître ; un trait de caractère rare : le "prince rouge" sait s'excuser publiquement si ça foire ! Ne faisons pas de comparaisons déloyales avec ceux qui passent et repassent dans nos lucarnes bleues à user de ridicule une confiance depuis longtemps évaporée. Nos foutriquets ne jouent pas dans la même cour. Mais ce sont les autres qui le savent.

La seule limite de ce combat anti-corruption, de l'aveu même des rédacteurs du Livre Bleu, est la crainte d'une déstabilisation de la société dont on arracherait les racines ! Car la corruption est endémique en Asie. On ne conçoit pas la vie quotidienne sans huile de facilitation, sans le petit présent innocent donné par courtoisie pour que les choses du lendemain n'en soient que meilleures. La maîtresse d'école, le policier qui fait traverser les enfants, le facteur s'il monte l'escalier, le guichet d'assistance publique, tous ont leurs étrennes, multipliées. La coutume grimpe l'échelle sociale, à tel point qu'il est des sociétés spécialisées qui font fortune dans les gratifications ; à tel point-bis que l'administration a mis le hola et de manière brutale pour ce qui concerne les fonctionnaires, soumis désormais à une grille de frais très surveillée ; à tel point-ter que l'industrie du luxe dit en pâtir.

Mais l'appétit peut devenir boulimique, et des fois, l'ogre pète la sous-ventrière et dégorge, jusqu'à finir d'une balle dans la nuque sur la place du marché à onze heures, face au soleil.
Alors Wang Qishan met une croix sur un nom de la grande pyramide, essuie ses lunettes, et la vie continue.
Essayons !


Notes :

PS du 18.12.2014 :
En relais du South China Morning Post de Hong Kong, Bill Bishop sur Sinocism ce matin à propos du contrôle des capitaux chinois vers Macao :
I seem to remember when the crackdown started that some analysts said look to Macau as a barometer of how real this crackdown is. It sure looks real, and I am quite convinced it is a mistake to call the corruption crackdown under Xi a "campaign", as I argued here back in July. Much more attention should be paid to the CCDI structural reforms Wang Qishan is pushing. I would call it a "new normal", structural shift towards anti-corruption work. Yes I know the narrative, no free press, no independent judiciary so doomed to fail, and no princelings (yet) so a sham. But I think people have been far too dismissive of some of the changes Wang is making within CCDI system, and the no princelings bit is premature. First, find a princeling who thinks it is business as usual. Second, Xi and Wang are less than 24 months into this and can't hit everything at once, especially as Xi is still consolidating power. It may fail, but the crackdown is already much deeper and longer than almost anyone expected, and the signs are that it is intensifying, not slowing, and looks to be still in its early days inside the PLA.

jeudi 7 février 2013

L'Afrikistan en panne

L'Afrikistan est mal barré. Ce qui doit bien ennuyer les éditocrates et think-tankistes qui vivent de l'alarme. On peut dire que le pas de clerc des bandes terroristes islamisées au Mali fonçant sur Bamako a porté un coup sérieux au projet verdâtre des fondamentalistes musulmans déroulés dans les amphis de géopolitique. Les séismes dont on annonçait les répliques sont au nombre de cinq, et paraissent plus que jamais réparables. Ce qui en soi n'est pas une mauvaise nouvelle, et d'abord pour le continent africain qui n'a pas besoin de perdre du temps avec ces foutaises théologiques. Les défis économiques et sociaux sont des falaises autrement plus hautes à grimper que le salut dans l'au-delà par l'asservissement des âmes. Il faut déjà vivre un peu avant de mourir.

Voici les cinq foyers cancéreux dans le sens des aiguilles, et notre pronostic sans frais :

(AA) Parti islamiste Ennahda au pouvoir en Tunisie

Rached Ghannouchi
Parti de l'étranger dirigé par des émigrés revenus cueillir les fruits d'une révolte dans laquelle ils ne se sont pas mouillés, il s'avère incapable d'améliorer le sort des gens à divers motifs dont le plus évident est la crasse idéologique qui bloque les rouages économiques comme du cambouis. Ce parti instrumentalise des bandes salafistes et les gros-bras de la LPR (le SAC d'Ennahda) qui sous-traitent une "petite terreur" au quotidien pour faire tenir tranquilles les braves gens (la majorité silencieuse de là-bas).
L'insatisfaction monte rapidement dans une population qui vient de comprendre qu'elle a été bernée par les agents électoraux du parti Ennahda qui avait passé la promesse dans les villages : un vote, un emploi. La population tunisienne, plus éduquée que la moyenne des habitants de la rive sud de la Méditerranée, n'adhérera pas, l'argumentaire islamiste étant tout simplement trop bête. L'assassinat du chef de parti Chokri Belaïd peut dégoupiller une réplique de la révolte de 2011 capable d'emporter tout. L'impudence du pouvoir à vouloir passer en force en articulant un double langage qui ne trompe plus personne, convoque la complicité de l'armée qui est loin d'être acquise. Notre pronostic est une raclée électorale pour Ennahda dans un scrutin anticipé.

(BB) Frères musulmans au pouvoir en Egypte

Mohamed Morsi
A l'inverse d'Ennahda, c'est un parti "souchien" qui a 70 ans de travail de fond dans les quartiers défavorisés et dans les campagnes. Si c'est bien la "démocratie" qui a porté les Frères au pouvoir, le principe "un homme-une voix" n'a rien résolu quand à la légitimité des vainqueurs. Comme en Tunisie mais avec un coefficient 8, ce vieux pays a une culture ancestrale et une bourgeoisie éduquée. Il est aussi un vecteur de "modernisation" dans tout le Proche Orient. L'indigence (voire l'absence) des programmes économiques et la duplicité puérile du président Morsi ont disqualifié aux yeux de l'Opinion ces doctrinaires ne sachant que parler ou menacer, et les dérives salafistes que l'on rencontre en Tunisie n'ont déjà plus cours en Egypte, la "rue arabe" s'étant ressaisie !
Le "café" et le souk se gaussent des prétentions fraternelles à vouloir bâcher les compagnes ! Les villes du canal qui font l'Opinion sont en quasi-insurrection. Il y a plus urgent que la charia car la misère galope dans l'artisanat, le petit commerce, les petits boulots et combines paisibles car l'argent ne circule pas. Dans le vivier électoral traditionnel des Frères - les fellahs pauvres du delta - les choses ne vont pas mieux car le tourisme a disparu et l'activité vivrière est désorganisée. Notre pronostic est un pronunciamiento finissant la supercherie islamiste car l'armée est intacte.

(CC) Pirates islamisés de Somalie

Les Shebbab somaliens sont maintenant dans la tenaille de deux puissances régionales qui ne négocient plus mais sont décidées à les tuer. Le ratissage français au Mali qui ne fait pas de prisonniers les y encourage. Ainsi Kenya et Ethiopie vont-ils pratiquer la solution finale, surtout le Kenya qui avait été durement secoué par les bombes d'al-Qaïda. Depuis octobre 2011 - date de la prise d'otages de 4 travailleuses humanitaires blanches - ses raids ne sont plus des manoeuvres de pacification mais de destruction. L'Ethiopie inquiétée sur sa frontière nord par l'Erythrée, Corée du nord africaine qui soutient les insurgés de l'ex-Somaliland, veut en finir maintenant.
En mer, la piraterie étant directement liée à la prospérité des Shebbab, sa réduction est impérative et c'est sans doute la seule fenêtre de collaboration affichée avec le monde extérieur au continent. On peut concevoir que de plus en plus de pirates seront ramenés devant les tribunaux kenyans, la vieille punition "haut et court" n'étant plus d'application malgré son indéniable dissuasion ; mais on sera plus discret en coulant les barques. Notre pronostic est une liquidation générale des Shebbab avec malheureusement des dommages collatéraux dus à leur propension à se réfugier dans les jupes des femmes.

(DD) Boko Haram du Nigeria

Abubakar Shekau
Cette secte nombreuse sévit dans les provinces du nord, contiguëment au Niger. Ayant adopté les codes islamistes et le terrorisme d'application qui va avec, elle est combattue par les forces nigérianes qui hachent leurs rangs sans état d'âme. Des éléments nombreux sont montés au Mali renforcer AQMI mais il semblerait qu'ils se soient débandés devant la réplique française et nigérienne, ce qui est plus facile pour eux qui sont majoritairement des Haoussas (noirs). Si les pertes encourues n'entameront sans doute pas la ressource au Nigéria surpeuplé, elles encourageront l'action d'éradication des forces nigérianes (police et infanterie) et notre pronostic est la liquéfaction de la secte par découragement ou moindre propension au sacrifice. Des vierges, il y en a de très belles sur terre et Boko Haram vient de déclarer un cessez-le-feu ! Nous ne faisons pas de pronostic pour le moment.

(EE) AQMI-MUJAO au Sahara

Le groupe islamiste touareg Ansar Dine doit être dissocié des deux groupes arabes, même s'ils sont interpénétrés. Il est probable qu'une paix forcée entre le MNLA-MIA et le pouvoir noir de Bamako, réglant la question de la représentativité douteuse de ces Touaregs insurgés, conduise à une autonomie jouable à condition qu'elle soit couplée au développement économique du nord. Le dispositif retenu affaiblira terriblement l'élan de la rébellion islamiste touarègue qui pour la première fois ne dictera pas ses conditions. Son chef charismatique à demi-fou, Iyad ag Ghali, se terrera dans une grotte des Iforas à guetter l'hydravion blanc du Qatar qui viendra l'emporter, tandis que ses troupes même bien armées seront débandées par les escadrons méharistes des nations voisines convenablement soldés et sous appui-feu continu. On compte sur les Tchadiens, et les Touaregs ralliés qui se referont un pucelage et,... nous-mêmes un peu.

Abdelmalek Droukdel, émir AQMI
Restent les deux composantes terroristes versées dans le narco-trafic¹ pour faire court. Les motivations religieuses affichées ne sont plus crédibles au sein des habitants du pays après la découverte des atrocités commises dans les villes prises. Il leur sera difficile de prospérer dans l'Adrar des Iforas avec l'hostilité déclarée ou contrainte des populations des vallées alentour. S'étant dévoilés comme des bandits cruels, ils ne pourront pas se muer en talibans afghans² vivant au milieu du peuple comme un poisson dans la rivière. Ils sont en plus perçus comme des "étrangers". C'est une courte vie de proscrits cernés qui les attend. Elle deviendra vite intenable quand les gardes-frontière des pays voisins auront été renforcés - l'Algérie a descendu 1400 hommes en renfort sur sa frontière - et qu'ils devront affronter sur leurs seules réserves Tchadiens, Maures et Touaregs marchant à la prime. En plus j'ai vu passer sur mon écran deux canons Caesar³ français qui montent vers le nord ! La chambre de décompression libyenne utilisée par Belmokhtar (Mister Malboro) qui joue à "chat perché" sera de plus en plus inaccessible par la reconstitution des forces libyennes.
La profession de djihadiste incandescent ne durera qu'aussi longtemps le permettra le trésor accumulé par le trafic et la prise d'otages. Notre pronostic est la neutralisation des zones de parcours par les Français et l'éradication par les drones américains des derniers noyaux durs protégeant leur fric, quand les plus fragiles seront retournés à la garde des chèvres.
Restent nos otages.

Actu: Ont été sauvés de l'incinération aérienne par les Touaregs les chefs de groupe terroriste Mohamed Moussa Ag Mouhamed (Ansar Dine) et Oumeïni Ould Baba Akhmed (MUJAO), capturés à In Hallil le 2 février. Direction sans doute le TPI.


(1) on lira avec profit un billet dédié au narco-trafic et à son extension au-delà des groupes terroristes par ici.
(2) les Talibans afghans commencent à se rendre... selon Al-Jaezira.
(3) canon semi-automatique de 155mm Caesar porté sur camion, qui met 8 coups/minute à 40 kilomètres, acquisition des données et calcul automatique en temps masqué ; c'est une arme de saturation.



Il y a de bonnes raisons de croire en la défaite de l'Afrikistan, mais la meilleure garantie de bonne fin sera une vraie gouvernance qui coupe les ponts avec la corruption endémique, permettant d'injecter des fonds de développement efficaces. Tous les pays africains sont concernés, tous y compris les pays non africains impliqués dans les projets !


Nairobi




lundi 29 octobre 2012

Les diamants de Mammy Wen

Wen Jiabao
L'incitation à établir sa famille le plus vite possible est de toujours chez les hommes accédant au pouvoir. Ceci motive la préférence pour la royauté puisque la famille en charge est établie de longtemps et n'a pas besoin de céder à cette avidité génétique de l'espèce. Puis il y a les andouilles. Qui se souvient des "40 brillants impériaux" de Valéry Giscard d'Estaing ? Ils lui coûtèrent son second mandat présidentiel quelqu'ait été le bien ou mal-fondé de l'histoire du Canard Enchaîné, le million de diamants ayant fini à seulement 111547 francs aux enchères. C'était un cadeau habituel de l'Empereur Bokassa Ier à ses hôtes. Pour Wen Jiabao, premier ministre de la République populaire de Chine, phare des nations, on ne parle plus de cadeaux mais de trafic, et l'affaire du New York Times fait plus de deux milliards de dollars ! Ecran noir sur Internet, direct !

C'est dans seulement dix jours que s'ouvrira à Pékin le Congrès du Parti communiste chinois pour approuver une transition politique accouchée au forceps dans les larmes et le sang. Les révélations du grand journal newyorkais sont une bombe atomique larguée sur le Grand Palais du Peuple au moment où la guerre à la corruption est l'ultima ratio qui justifie l'écrasement du camp de Bo Xilai, vice-roi de Chongqing (la patrie de Deng Xiaoping). Il vient d'être dégradé de tous ses titres, ce qui ouvre de fait le procès classique en sorcellerie. Revenons aux Happy Few.

Zhang Beili
Un peu comme dans le couple de l'Elysée c'est la dame qui porte culotte. Elle s'appelle Zhang Beili et c'est elle la vraie entrepreneuse du clan Wen. A tel point que la rumeur d'un divorce courut tant M. Wen s'effrayait des développements du bizness de son épouse. D'origine très modeste, les autres proches de M. Wen pètent aujourd'hui dans la soie, et mènent leurs affaires à travers des hommes de paille qui apparaissent dans moult compagnies, depuis les assurances jusqu'au traitement des eaux usées et des déchets hospitaliers. Sa vieille maman, pauvre institutrice en retraite goûte une fin de vie paisible dans un luxe mesuré à sa capacité d'encaisser le choc du surclassement. Elle détient 120 millions de dollars d'actions d'une compagnie financière, entre autres. Frère cadet, beau-frère, fils et fille sont aujourd'hui simplement riches, mais n'égalent pas la Reine du diamant, l'épouse de M. Wen. Qu'en dit le New York Times ?

« L'influence de Zhang Beili naquit dans les années 90 quand elle travaillait comme contrôleur au Ministère de Géologie. A cette époque, le marché chinois de la joaillerie était dans les limbes. Tandis que son mari travaillait à la cité réservée au pouvoir, connue sous le nom de Zhongnanhai, Zhang Beili établit les normes applicables au commerce des gemmes et bijoux. Elle poussa à la création d'un Centre national d'épreuve des pierres précieuses à Pékin et d'une Bourse de diamants à Shanghaï, deux institutions les plus puissantes de l'industrie.
Dans un pays où l'Etat a longtemps dominé le marché, les contrôleurs de la joaillerie décidaient eux-mêmes quelles compagnies pouvaient monter un atelier de taille de diamants et qui obtiendrait son ticket d'entrée sur le marché de la distribution. Les contrôleurs d'Etat formulèrent même des règles qui exigeait des vendeurs qu'ils achètent des certificats d'authenticité pour tout diamant vendu en Chine, certificats émis par le Centre d'épreuve dirigé par Mme Zhang.»

« A telle enseigne que lorsque les dirigeants de Cartier ou De Beers allèrent en Chine dans l'espoir de vendre diamants et bijoux, ils durent rencontrer souvent Mme Zhang, qui acquit bientôt le surnom de Reine du diamant de Chine.
Le président de la Confédération mondiale de joaillerie en Suisse, Gaetano Cavalieri, dit qu'elle est la personne la plus importante là-bas parce qu'elle peut nouer les bonnes relations entre partenaires, partenaires chinois et étrangers.
Quelqu'un qui a travaillé avec Mme Zhang disait qu'elle a commencé à franchir la ligne jaune entre fonctionnaire d'Etat et femme d'affaires dès 1992. Comme patronne de la corporation d'Etat China Mineral & Gem, elle commença à investir de l'argent de la corporation dans des start-ups. Et quand son mari fut nommé vice-Premier ministre en 1998, elle s'occupa de monter des bizness avec des amis et ses proches.
En 1993 sa corporation facilita la fondation de Beijing Diamond, le gros détaillant en joallerie. D'après les registres d'actionnaires, une année après, un de ses jeunes frères, Zhang Jianming et deux collègues de son administration acquirent 80% de la société. Beijing Diamond investit sur Shenzhen Diamond dont son beau-frère, Wen Jiahong (le frère cadet du Premier ministre), prit le contrôle.
Parmi ses prises de participation réussies figure Sino-Diamond, une entreprise financée par la corporation d'Etat China Mineral & Gem qu'elle dirigeait. La société avait les liens d'affaires avec une autre société d'Etat gérée par un autre frère, Zhang Jiankun, fonctionnaire à Jiaxing, ville natale de Mme Zhang au Zhejiang. A l'été 99, après avoir verrouillé des accords d'importation de diamants avec la Russie et l'Afrique du Sud, Sino-Diamond fut introduit en bourse, levant 50 millions de dollars à Shanghaï. Selon les documents comptables, la souscription a rapporté 8 millions nets à la famille Zhang.»

Après l'épouse, on pourrait faire un livre rien que sur le fils du premier ministre, Winston Wen Yunsong, princeling de caricature, puis sur le beau-frère etc...

Li Keqiang, le nettoyeur
Dans son article (un peu rugueux tant il veut coller aux preuves) David Barboza signale que « les efforts manifestes à dissimuler la richesse reflète sa forte charge politique pour les élites qui gouvernent le pays ; la plupart d'entre eux sont énormément riches mais peu disposés à attirer l'attention sur leurs richesses. Quand Bloomberg News rapporta en juin que la famille du Vice-président Xi Jinping, mis en place pour devenir le futur président, avait amassé des centaines de millions de dollars d'actifs, le gouvernement chinois à bloqué l'accès au site Bloomberg à l'intérieur du pays.» C'est ce qui vient de se passer pour le site du NYT. Sauf que tous les Chinois ne sont pas confinés en Chine continentale et qu'à Hong Kong, Taïwan, dans toute la diaspora établie par le monde entier, on prend pour argent comptant les exploits de Papy Wen et de son cheval d'épouse.

Le plus grave est sans doute que l'information touche les étudiants chinois dispersés dans les meilleures universités occidentales, au moment de la célébration du Parti qu'ils suivent avec intérêt. Patriotes assurément, comme tous les Chinois, ils encaissent mal que soit étalée sur la place publique en détails et sur pièces les méfaits de la corruption endémique au régime. Si une partie pointe du doigt la malfaisance du journal newyorkais, la plupart demanderont des comptes au pouvoir qui semble bien aussi pourri que le soutenaient d'horribles activistes toujours prompts à dénigrer les dirigeants communistes.

Les hommes politiques sortants conservent normalement en Chine un forte influence depuis leur retraite, mais dans le cas de Wen Jiabao il semblerait que les révélations concernant ses proches, si elles s'avèrent fondées (précaution purement oratoire), plomberont son avenir politique. Sachant les rumeurs, il avait nié s'être personnellement enrichi au début de cette année. Mais si l'histoire seule sera autorisée à juger son parcours à la tête du gouvernement, comme il le dit lui-même, elle mettra en marge du chapitre le concernant des choses qui vont lui déplaire. Ne fait pas le Mazarin qui veut !

Li Keqiang qui sera nommé au Congrès, doit relever Wen Jiabao au mois de mars prochain ; il serait étonnant qu'il ne se passe rien concernant ce dernier pendant l'année 2013 parce que ce que tout le monde soupçonnait va éclater au grand jour. Bo Xilai a été abattu en passant par sa femme Gu Kailai; en fera-t-on autant de Wen Jiabao par Zhang Beili ?




Premier épilogue
Dans un communiqué paru samedi dernier et diffusé à la télévision de Hong Kong ainsi que dans le quotidien South China Morning Post, les avocats de Wen, maître Bai Tao et maître Wang Weidong, ont nié que Wen ait pu agir de manière non correcte et qu'il ait pu profiter de son mandat de Premier ministre ou en faire profiter sa famille.
Le journal affirme que la famille du Premier ministre a investi dans un projet immobilier à Pékin, dans une fabrique de pneus dans le nord de la Chine, dans une entreprise ayant participé à la construction de certains sites des Jeux olympiques de Pékin en 2008, notamment le "Nid d'oiseau", et dans Ping An, l'une des plus grandes sociétés de services financiers au monde.
[ndlr] Toute assignation du NYT débonderait la masse documentaire que le journal tient en appui de ses dires. Il ne reste au cabinet Wen qu'à jouer finement.


mardi 14 février 2012

Le Nonagone du piéton du roi


Neuf propositions inédites plus une pour la détente (la gâchette), c'est la contribution de bon sens du blogue Royal-Artillerie au débat électoral pour la présidentielle. Ce mini-programme sans ordre de priorité est soumis au principe de non-cohérence, à savoir que les mesures ne sont pas liées entre elles. Leur choix est librement autoporteur.
Ce nonagone, non approuvé par cinq cents parrains, sera adressé aux candidats présidents de la République, et lequel répondra en acceptant d'inclure dans son propre programme une seule des neuf propositions gagnera la voix du Piéton du roi, qu'il pourra afficher dans sa salle de bains, au dessus du miroir. Sans se prendre au sérieux, l'affaire est quand même sérieuse, une fois.

PRIMO : Réhaussement de l'enseignement des langues vivantes.
Les professeurs de langues étrangères du collège au lycée seront progressivement recrutés parmi les diplômés locuteurs de leur langue maternelle, et les lycéens quitteront le second degré en parlant couramment deux langues étrangères.
Le ressort de cette mesure est à bander au niveau européen pour que tous les professeurs de langues de l'Union européenne soient locuteurs natifs. Ainsi le marché du professorat sera élargi - les profs de français enseigneront partout -, de même pour ceux d'allemand, anglais, italien, espagnol...
RA+
La capacité à s'exprimer naturellement dans deux langues étrangères est un atout de compétitivité indéniable. Les peuples ne disposant pas d'une langue universelle sont paradoxalement plus ouverts au monde et plus performants dans leurs entreprises, et dans les organisations planétaires où se prennent les grandes décisions ; cette aisance à jongler parfaitement avec au moins trois langues donne l'aisance nécessaire à la cafétéria pour s'ouvrir les portes des directions, toutes choses égales par ailleurs.

DEUZIO : Pour une tête bien faite.
Les langues mortes structurantes comme le grec et le latin seront intégrées de plein pied au programme des collèges, en commençant par les établissements zonés. On retirera des programmes les cours "sociétaux" décérébrants pour libérer des heures et on allongera l'année scolaire comme en Europe du Nord. Ces matières sont des formateurs inégalés de l'esprit et en priver la jeunesse d'où qu'elle vienne c'est du vol.
RA+
Ces deux langues sont à la base de notre civilisation. Des expériences ont été tentées dans des quartiers moins favorisés disposant de collèges difficiles,  de donner des cours de langues mortes sur une année. Ce fut un franc succès, les élèves ayant ressenti une augmentation de la considération à leur égard et une fierté bien placée ensuite. Ne jamais oublier que le grec est une formation de l'esprit aux mathématiques.

TERCIO : Achèvement du parc de logements sociaux.
Les permis de construire seront remontés au niveau de la sous-préfecture pendant sept ans. Après avoir fixé le mode de calcul et la fraction de logements sociaux obligatoires par commune, les nouveaux permis seront suspendus sur les communes n'atteignant pas le niveau règlementaire, pour n'être libérés qu'au jour du dernier mètre-carré social livré à la location.
RA+
La république se consume dans les satrapies locales surtout quand on leur offre le droit de déroger moyennant amende. Les riches paient. Si la cause du logement de tous est vraiment une priorité, et le spectacle de nos rues nous l'indique, l'amende inefficace doit être remplacée par le gel des permis. Il suffira de relever d'où proviennent les cris d'orfraie pour cibler une réaction plus fine, mais la seule menace déjà enclenchera un mouvement de construction à bas coûts.

QUARTO : Libération de la production d'énergie.
Le monopole de distribution électrique de l'EDF sera abrogé. Les systèmes individuels de production de courant ne seront plus reliés au réseau mais alimenteront les circuits domestiques dédiés à cette production. L'achat à perte sera terminé, et les foyers auront recouvré la liberté de produire sous la seule contrainte environnementale et de voisinage.
RA+
Contre le mondialisme, certains prônent le localisme. C'est à la force hydraulique que le point 4 est dédié. Dans ce cadre, rénové par l'intrusion des libertés citoyennes de premier échelon, il faut remettre en route les moulins, relever les biefs, placer des turbines et laisser prendre du courant électrique à la nature. Un syndicat d'usagers des eaux par quartier ou hameau peut régler la cohabitation de tous.

QUINTO : Réarmement du voltigeur.
Le nouveau fusil d'assaut de l'infanterie sera développé et fabriqué dans les arsenaux français et ses munitions produites en France. Il est inadmissible que la munition d'infanterie soit de nouveau achetée aux Emirats ou en Israël, avec les problèmes de qualité que l'on sait.
RA+
Le triste score de l'embuscade d'Uzbin est en partie dû au défaut d'interopérabilité des munitions de fusil entre le soutien américain et nous. La munition française au calibre OTAN fut à l'origine conçue pour le fusil FAMAS, pur produit de la Manufacture de Saint-Etienne. Elle n'est pas standard. Le fusil ayant achevé sa carrière, il est question de le remplacer par un HK allemand sinon un Herstal belge, ce qui laisserait croire à tout le monde que nous sommes devenus incapables de faire un fusil en France avec des munitions interopérables ? C'est proprement énorme.

HEXO : Peine zéro pour les condamnés étrangers.
Les ressortissants étrangers condamnés au pénal seront remis à l'administration pénitentiaire de leur pays de naissance avec lequel sera passé un traité de collaboration, munis d'un "viatique" calculé sur la moitié du prix de journée en prison française. Les économies de places et de programme de constructions seront significatives, et la mesure éventuellement dissuasive.
RA+
La question de la surpopulation carcérale est centrale dans le budget de la Justice, l'enfant délaissé de la République. Se séparer des condamnés étrangers allègerait d'autant le stress sur l'institution et procurerait aux pays d'accueil des moyens financiers pour assurer leur réinsertion au pays natal et améliorer leur système carcéral dans un cadre coopératif.

HEPTO : Incarcération des condamnés politiques.
Suppression du sursis dans les condamnations de toute nature d'élus politiques dans l'exercice de leurs fonctions électives et inégibilité à vie. La République ne pouvant fonctionner que sous l'utopie de la Vertu, les comportements immoraux la mettent en danger.
RA+
Le sursis est aujourd'hui la règle en matière de concussion et l'inégibillité très rare. A tel point que l'on voit des politiciens condamnés en première instance et en appel, se faire "blanchir" par des électeurs hostiles à l'immixion d'une justice extérieure à la cité dans les affaires de celle-ci. La récompense du "condamné injustement" est un affront à la Justice qui ne doit pas être toléré.

OCTO : Régularisation des sans-papiers travaillants.
Tout travailleur, capable de fournir les preuves d'un emploi stable sur pièce de tiers non impliqué, sera admis à la procédure de délivrance de papiers administratifs et obligatoirement syndiqué à l'organisation de branche de son choix.
RA+
Fort avec les faibles, telle est la devise de l'Administration. Le minimum d'humanité demande qu'un travailleur honnête puisse disposer des papiers nécessaires à sa vie sociale. Ceux qui ont franchi les frontières et travaillent, parfois durement dans des métiers délaissés, ont montré assez de courage pour être positivement "oubliés". Reste à organiser la règle pour que la mesure ne soit pas une convocation à immigrer à tout prix.

ENNEO : Combattre l'obsolescence programmée.
L'allongement de la durée d'utilisation des biens fabriqués par l'industrie accroîtra mécaniquement le pouvoir d'achat des consommateurs et allègera la pression sur les matières premières. Un label octroyé par le Ministère de l'Industrie, et non par aucune corporation de fabricants, identifiera les produits dont la durée de vie n'aura pas été trafiquée.
RA+
L'obsolescence programmée des produits fut décrétée aux Etats-Unis en 1925 par l'oligopole des fabricants de lampes afin de doper leurs ventes. Elle s'est étendue à tous les compartiments de l'industrie, à tel point que les imprimantes électroniques actuelles recèlent des codes de mort technique au bout d'un certain nombre d'impressions. Un certain degré d'éphémérité est recherché dans tout produit de grande consommation, mais celle de la mode est la seule indomptable




DES PROPOSITIONS INÉDITES ET SENSÉES
C'EST SUR ROYAL-ARTILLERIE



BONUS : Développement de l'archipel des Kerguelen.
Colonisation choisie parmi les associaux de métropole, pour préparer le dernier refuge du génome gaulois avant réchauffement climatique, tout en faisant baisser la pression dans les quartiers de non-droit.



http://prin.tt/wGjj1g 

mardi 10 mai 2011

Migrations et corruption

Actu : alors que les boat people du Machrek coulent au nez et à la sainte-barbe des escadres occidentales en Méditerranée, il nous est apparu opportun de revenir sur la question des migrations. Ce billet est en quelque sorte le complément "démographie" du billet « Changement de paradigme » du 10 avril (clic).

Ce matin tôt, la population mondiale à l'instant T était de...
6 944 884 432 individus – 433-434-435-436… (tic tac tic tac) avec un taux d'accroissement quotidien de 200000 bébés ! De ce nombre, cinq milliards sont abonnés au téléphone portable et moins d'un millier lit encore Royal-Artillerie ! Si l'on accepte que depuis les origines de l'homo sapiens, moderne mais sans portable, arbitrairement fixées à l'an de grâce néandertalien 50000 avant JC, 106.456.367.669 de distingués bipèdes se sont succédés en ce bas monde, le nombre instantané actuel fait 5,8% de toute notre histoire, ce qui fait plus de un sur vingt, hénaurme ! (source Carl Haub/PRB).
Et ça continue ! Nous serons de sept à onze milliards en 2050 (70 millions en France), la moyenne des projections à neuf milliards est généralement acceptée. Mais la terre pèse toujours 6.000.000.000.000.000.000.000 tonnes et n'a pas grandi, nous en serions alerté par la dérive cosmique des lois de Kepler. Elle est juste plus sale.

Cette incidente n'est pas gratuite. Si vous rajoutez à ces masses, l'accroissement soudain de la vitesse en un seul siècle, le monde n'est plus du tout comme avant l'invention de la pendule de gare. Ça grouille, des milliards dans un village global qui se souhaitent la bonne année gratuitement de Port-Moresby à Vesoul en dix secondes ! Comment dès lors pourraient tenir les compartimentages défendus par les puissances alliées à la création de l'ONU et sur lesquels se fonde le droit international courant ?


Les digues cèdent
Les pressions démographiques rompent déjà les digues nationales et les excédents courent vers les déficits. Qui peut croire jouable une réponse nationale ou européenne au niveau d'un pareil défi ? On peut certes freiner les migrations de maintes façons et subterfuges en sachant bien qu'on accroît la pression sur les digues et par conséquent le débit dans les trous de murs, mais il est plus qu'urgent de mettre le paquet sur le développement radical des contrées sous pression dans l'objectif maintes fois indiqué sur ce blogue, de hausser les conditions d'existence de chacun à un niveau suffisant pour désarmer chez lui l'envie de quitter sa terre. Le meilleur pib par tête parisien est relativement insuffisant pour vider les Cévennes, qui n'attendent que la légalisation du cannabis pour s'affranchir des subsides centraux !

Il y aura toujours un écart de niveau de vie entre les zones économiques du monde, et même de région à région dans un même pays, c’est déjà vrai dans le hameau natal. Il faut que cet écart soit trop faible pour valoriser une émigration. C'est aussi simple que ça. Le Malien qui nourrit sa famille sans gros problèmes par le travail de "ses" champs et qui peut éduquer ses enfants correctement ne va pas partir vers l'enfer poisseux des cités occidentales pour s'acheter une belle montre chinoise.

La stabilisation pour ne pas dire l’Ordre démographique commence par deux exigences imparables qui priment toutes autres : le développement forcé des zones de haute pression et son exigence première, une gestion budgétaire honnête de chaque pays préservant une capitalisation des moyens destinée aux générations futures. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y ait rien de plus à faire dans d'autres domaines, le premier des seconds étant sans doute le nettoyage de la planète salopée par la surexploitation de certains territoires par les oncles Picsou, et la potabilisation générale de l'eau.

I.- Le développement forcé commence par l'éradication de la corruption des pouvoirs et la surveillance des flux dédiés, à l'entrée et à la sortie. L'enjeu est tel que les pays qui mettent à disposition les outils facilitant cette corruption doivent être "avertis" fermement. Ces temps-ci, il est à la mode d'appliquer le séquestre international des avoirs détournés par les dirigeants indélicats. Faisons-en une règle générale d'application.
Si les paradis fiscaux sont un refuge pour les martyrs des enfers éponymes et gardent le droit de le demeurer, on peut parfaitement décréter que la fortune personnelle de tout dirigeant national est sous séquestre international dès la prise de fonction, libérée plus tard sous quitus de non-accroissement. Tout paradis fiscal enfreignant le séquestre sera passible de rétorsions, la plus simple et la plus efficace étant l’embargo énergétique.

Mais nous devons donner l'exemple car nous ne sommes pas exempts de reproches, c'est un euphémisme. Supprimons en France le sursis dans tout jugement de corruption, prévarication, concussion, et la suspension de peine par appel. Les pourris au trou à rats, direct. Nous serons plus crédibles dans les enceintes internationales où l’on pouffe sur les bancs à nous entendre.

Une fois la corruption fortement diminuée, mais jamais vaincue hélas, sera venu le moment de développer les pays qui en ont besoin, en conjuguant micro-projets et infrastructures lourdes. Des billets antérieurs¹ ont donné sur ce blogue des pistes sur l'Afrique ; nous en reprenons une seule pour l’exemple : construire un réseau électrique universel sur le continent en tirant du courant jusqu'au dernier village.

II.- Une gestion budgétaire honnête est le fondement de la confiance des citoyens sans qui rien ne dure. On l'appelait jadis la "gestion de bon père de famille" qui équilibrait besoins et talents au sein de sa progéniture. Il n'est pas si difficile de proportionner recettes et dépenses et de projeter les déficits inhérents aux zones de haute pression démographique vers les rendements attendus des investissements structurants, comme les grilles énergétiques, un maillage industriel et artisanal adapté, l’irrigation agricole, les moyens de communication pérennes, et le haussement du niveau général d’éducation pour faire tourner le moulin.
Aujourd’hui, le seul avenir des déficits courants du Tiers-Monde est la remise de dette par les pays créanciers. Pourtant des courageux se battent dans des créations intelligentes comme Next Einstein. A multiplier à l'infini.

Une guerre de développement relancée par la révolte arabe
Cette ouverture au développement, que nous avions qualifiée jadis de « guerre » quand Paul Wolfowitz² avaient pris la direction du FMI, renaît aujourd’hui des conditions nouvelles apportées par les révolutions arabes. Ces pays populeux ont tous des ressources vraies qui furent ou sont captées par des systèmes féodaux cupides entassant le fruit de leurs prélèvements comme autant d’avares. Le Makhzen chérifien, la « junte » algérienne, la famille Trabelsi de Tunisie, la famille Kadhafi de Libye n’ont ou n’avaient aucune légitimité à manipuler les flux économiques, encore moins à y piquer des dérivations. S’ils ne croient pas encore à l’avènement de démocraties scandinaves, les gens de ces pays sont avides de banalité, de vivre dans des pays normaux qui ont les moyens d’être des pays aimables, où chacun trouve les conditions d’existence données par ses talents, son environnement familial voire tout simplement un peu de chance.
Notons en passant l’échec des fondamentalistes musulmans qui après trente ans de menaces n’ont rien pu changer et sont obligés de prendre le train du jasmin en marche en se grimant sous les traits de l’AKP turc… qui caresse un rêve ottoman ! Gag !

La corruption étatique doit être dénoncée par les bailleurs de fonds et les flux taris publiquement en ce cas, en appelant un chat un chat sur les médias internationaux auxquels tout un chacun a accès maintenant. Mais du côté des pays développés le pacte anti-corruption qui lie les pays de l’OCDE doit être respecté et ceux qui l’enfreignent dénoncés avec autant de vigueur que ceux qui bénéficient de ces détournements. Cela fera du changement dans nos démocraties latines. On me dit dans l’oreillette que le Canada aurait rejoint le club des « tous-pourris » à tel point qu’on évalue à 30% les pertes en ligne des crédits de BTP. La Chine devrait organiser l’agence anti-corruption avec abattage des condamnés au marché villageois. Spectacle toujours prisé.

Programmes politiques locaux sous influence
Les défis créés par la surpression démographique au sein d’une sphère à volume fixe sont énormes et influencent déjà notre mode de vie après en avoir stoppé son amélioration. L’inefficacité des mesures annoncées par les gouvernements des pays prétendûment menacés d'invasion, mais rarement mises en œuvre, est ressentie par tous à tel point que ce sujet de mécontentement s’impose dans les programmes réduits de nos candidats en campagne.
Leurs promesses sont dérisoires, qui veulent toutes répondre aux envies des uns les plus nombreux avec l'argent des quelques autres sur des questions de "confort social" hors de saison, pour ne pas dire antiques. Aucun n’ose dire aux gens la vérité car le système politique l’interdit – l‘histoire des mouches et du vinaigre. A cet égard, faire croire aux badauds que l'on peut maintenir longtemps les paramètres de pension de retraite actuels est se foutre du monde. On y trouve des royalistes, mais ne le dites pas.
De fait, il faut réapprendre la physique sociale appliquée au monde de demain, et déjà l'écrire. Il y a donc un aggiornamento³ à faire dans les doctrines politiques en globalisant l’essentiel. On ne peut plus raisonner nationalement, le ferait-on encore que ce serait vain. On le voit tous les jours, rien ne marche de l’ancien monde. La géopolitique doit être intégrée à tout modèle politique, à tout schéma institutionnel. Nul n’est une île, définitivement, et le défi mondial impacte forcément les programmes politiques locaux qui sont de plus en plus attelés à l’environnement étranger.




Conclusion
En attendant de faire approuver une politique générale des flux démographiques au plan international, nous persistons à demander un moratoire français sur les flux par un décret d’immigration zéro, non pour bétonner nos frontières, mais pour régler déjà une dérive administrative qui coupe l’herbe sous le pied des meilleures résolutions. Outre l’effet d’annonce jusqu’au plus profond de la brousse qui découragera les moins aventureux, la mesure annulerait par avance tout document administratif d’immigration édité pendant la période. Et ce serait un sacré trou de bouché.

Qui se battra contre l'émigration ?


Note (1): La fée bleue, Forcer l'Afrique, Dakar Africa
Note (2): Son CV polémologique laissait penser qu’il allait prendre le taureau de la misère par les cornes alors qu’il s’est contenté de changer les olives d'eau dans des affaires de cafétéria
Note (3) : On ne peut passer à côté des travaux de Jean-Paul Gourévitch dont l'AF2000 s'est fait l'écho sur une pleine page dans son numéro du 5 mai (2816)

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