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dimanche 16 février 2020

Bellissima


Il y eut d'abord Monica Vitti dans Le Désert Rouge. Puis Ornella Mutti dans une demi-douzaine de films parfois chauds, très chauds. Et Monica Bellucci, la ragazza più bella del mondo ! C'est tout. J'ai vu de très belles actrices au jeu très sûr et de forte conversation, mais je n'ai eu que trois amours de cinéma. Italiennes, pourquoi ? Sans doute Silvio Berlusconi avait-il raison quand il vantait la péninsule pour posséder les plus belles femmes de la planète. Marcher à Florence, Milan ou Rome, mourir d'amour.
Voici Come Vorrei sur des images de Giuseppe Tornatore et Lajos Koltai dans Malèna. Dernière pause avant l'assaut : demain matin, on parle ici de la... restauration.

jeudi 22 novembre 2018

Une Bataille de clowns



Confortée par le succès apparent de sa résistance aux supplications anglaises dans l'affaire du Brexit, la Commission européenne tient tête aux dérives budgétaires italiennes, ce qui en touche une sans faire bouger l'autre au Palais Chigi.

Chacun a bien compris que l'inflexibilité des services de M. Moscovici s'adressait plus aux dirigeants des partis populistes au pouvoir qu'à Giovanni Tria, Ministre de l'économie et des finances, sans étiquette. La France fait pire mais on accepte à Bruxelles l'enfumage de Bercy pour ne pas déplaire au jeune Napoléon Macron qui va sauver la gamelle en mai 2019.

L'affaire ne fait que commencer et on pourrait s'étonner du peu d'anticipation de ces messieurs de la Technocratie alogorithmique qui ne voient pas le génie maléfique dans la lampe à Matteo. La procédure de contrainte va s'enclencher par une punition qui pourrait atteindre 2‰ du produit intérieur brut émergé, ce qui est énorme et n'arrangerait pas les comptes publics. Peut-être énivrés par la mise au pas de l'Espagne, de la Grèce et du Portugal, ces messieurs de l'orthodoxie financière pensent faire plier les "Horrorclowns*" du gouvernement italien mais rien ne sera moins simple. Si Paris a pris sans vergogne fait et cause pour la "punition", deux autres acteurs sont attendus sur ce dossier qui pourrait gonfler dangereusement pour les institutions de Bruxelles, les marchés avec la BCE et le Groupe de Visegrad.
* Der Horrorclown comme le Spiegel appelle Salvini
Les marchés sont complètement froids quant aux motifs des uns et des autres, ils constatent le rapport de forces au moment, ajusté des notes de confiance données par les agences. Le spread entre les bons du Trésor italiens et allemands sera plus efficace pour calmer le jeu que les cris d'orfraie bruxellois.
La Banque centrale européenne quant à elle, détient une montagne de bons italiens par le quantitive easing de Mario Draghi et doit maintenir leur valeur au bilan. Il est donc probable que des facilités seront accordées. A noter que jusqu'ici l'Italie transfère chaque année un solde de contribution européenne de cinq milliards d'euros qui pourrait lui servir si éclate la guerre des bons, au seul motif un peu capillotracté, que c'est Bruxelles qui a énervé les marchés en s'immisçant dans la trajectoire de relance économique de la péninsule.

Le groupe de Visegrad qui (sauf Bratislava) n'est pas dans l'Eurozone, considère la crise d'un œil intéressé, attendant d'en saisir son avantage contre Bruxelles. L'Autriche quitte la présidence tournante à la Noël et va peut-être les rejoindre.

Au vu des certitudes de l'Europe sérieuse et profitant du renfort de la reine des Gitans (c'est nous) la Commission va se draper dans les textes d'autorité et se cabrer, jusqu'à ce que ses éternels débiteurs rallient le gouvernement italien dans son combat du faible au fort. L'affaire sortira alors de l'Eurozone pour ouvrir une crise entre le centre et sa périphérie, exactement comme en France. Arriveront à la fin de la "guerre" les élections européennes pour soumettre la querelle aux souverains princes, les peuples européens.
En l'état des positions actuelles on imagine déjà les résultats dans six mois : raz-de-marée illibéral ! En France, second grand corps malade de l'Eurozone, la ruée des mécontents va exploser le compteur des partis nationalistes. Si tout se passe aussi mal que le génie maléfique de Salvini l'aura décidé, c'est une fronde majoritaire au parlement européen qui va s'agglomérer autour et contre le bloc germanique pour rendre la vie impossible à la Commission. Une carte montre mieux de quoi on parle : les peuples rétifs formeraient un continuum de Gdansk à Vienne et Milan et sans doute rejoints par ceux de la France du Nord et de l'Est.



Sortir de cette crise fondamentale, que l'on ne pourra pas nier plus de six mois, ne peut s'envisager que par une consultation générale des populations sur l'avenir souhaité pour l'Union européenne. En fait, revenir au référendum de 2005 ! Et (c'est une marotte de Royal-Artillerie) poser la vraie question qui guidera tout le reste :
Fédération ou Confédération ?

Pour finir sur un radotage à la Caton-le-Vieux : les pays ayant choisi la fédération fusionneront dans le style de la République fédérale d'Allemagne et rejoindront tous les autres dans la Confédération européenne. C'est trop simple !

lundi 27 avril 2015

Coke en cale

"On a triplé Triton" : ce n'est pas un message codé de Radio-Londres, mais la courageuse initiative de l'Union européenne à l'endroit des migrants de plaisance en Méditerranée. La France mettra deux bateaux dans les eaux internationales comme l'Allemagne, la Grande Bretagne comme la Belgique, un. Le reste viendra d'Italie qui a choisi une géographie provocatrice en avançant des îles jusqu'en Afrique du Nord. Les rescapés, qu'en faire ? "On" réfléchit. "On" est un con, disait l'adjudant des Bêtises de Jacques Laurent. Nous y sommes en plein. Ces messieurs dont les burnes sont en bocaux sous l'escalier, voudraient un mandat des Nations-Unies pour sortir leur virilité. Plus pleutre tu meurs ! Pourquoi ne pas demander aux Etats-Unis d'en prendre, en mémoire des deux grands déconneurs que furent XLI et XLIII ou encore attendre Jeb Bush ? Sans oublier les nôtres :
D'Abou Kammash à El Salloum s'étend aujourd'hui entre Tunisie et Egypte une Terra Nullius que l'on appelait jadis la Libye. Jadis, avant que deux petits merdeux ne décident de refaire le monde en vrai et non plus seulement dans le fond du sofa. N'y revenons pas, cela n'avance à rien, ils seront jugés plus tard, soit par les peuples concernés*, soit par l'histoire.

La pression migratoire débouchant sur la côte libyenne en direction de l'Europe méridionale menace son bien-être relatif et par beaucoup d'aspects, ses modes de vie. On est obligé d'avouer que la crainte sourde en chacun de nous n'est pas tant la peau noire des migrants que les moeurs incompatibles que certains transportent ici en ayant fait allégeance à l'islam. Or il est démontré maintenant - mais on le savait chez nous depuis la haute époque classique - que l'islam n'est soluble dans aucun pays développé, surtout quand le pays est sincèrement démocratique. Cette religion est hégémonique dans l'espace public dès qu'elle représente une forte minorité de résidents. En fait, elle se découpe des territoires culturels et économiques dans le tissu social pré-existant. Et si l'on veut bien sonder les coeurs et les reins, toute l'affaire de Libye se joue là-dessus.

Du passé faisons table rase, enfin presque, et voyons comment bloquer cette inondation démographique si je choisis un terme polémique, mais finalement une goutte d'eau salée au regard des cinq cent millions de citoyens de la douce Union. Avant-guerre, les quatre puissances navales de Méditerranée (Espagne, France, Italie, Grèce) auraient organisé le blocus des côtes et géré tout ça au canon.

Syrte en Libye


Le trait de côte fait 1750 kilomètres de long (950 nautiques) et son contrôle est à la portée d'une escadre appuyée par des systèmes de surveillance aérienne classique. Le but aurait été de filtrer l'activité nautique en ne laissant passer que la pêche et le commerce et en arraisonnant le trafic de gens. Pour vider le sas, on aurait pris deux ports sur la côte afin d'y débarquer les prises et saccager les bateaux. Mais nous ne sommes plus dans les années 30.

Il y a justement...les gens. Tous des fuyards sans espoir de retour, qui proviennent de zones de conflit, de dictatures cruelles ou de zones sans économie : Syrie, Soudan, Erythrée, Somalie, Sahel... on trouve même des Afghans et des Irakiens, très loin de leurs bases. Prétendre que ces gens sont en ballade nautique pour avoir leur numéro de sécurité sociale est une ignominie même si dans le paquet vous en trouverez bien un ! Ces gens sont concentrés dans des camps à la merci de malfaisants qui les exploitent durement, sinon contrôlés par les mafias portuaires qui en tirent le maximum avant l'embarquement. La pression subie par ces migrants dans la zone d'attente fait partie du logiciel de trafic ; elle fait monter mécaniquement le prix à payer pour en sortir coûte que coûte, et elle estompe la perspective de dangers plus grands. Les dernières réticences à monter de nuit sur des épaves flottantes s'avèrent vaines, les récalcitrants sont "nettoyés" au su de tous. Bizness d'abord !

On voit déjà que débouchant sur un retour au pays de départ, le blocus ne résout rien, sauf à exterminer de la racaille au hasard des rencontres si les lois européennes l'autorisent. Les gens débarqués dans les ports de reprise devront être dirigés vers des camps humanitaires équipés, défendus et organisés par les Nations Unies, à défaut d'elles par l'Europe. Et qu'en ferons-nous ensuite ? Certains pourront être reconduits dans les zones sans économie en y injectant des crédits de développement, mais il n'est pas envisageable de ramener du monde dans les pays en guerre avant le retour hypothétique de la paix. Langue au chat ?

Pas tout à fait. Il va nous falloir boire la goutte d'eau salée et sans doute quelques verres de la même qui vont suivre, car les alternatives sont rares. Alors organisons le remploi des migrants dans nos économies nationales en les répartissant avec justice entre nous tous, et bridons leurs velléités d'importer leurs mœurs exogènes quelles que soient leurs croyances in petto. Et pour bien montrer notre détermination à rester libres et nous-mêmes, attaquons de front les provocations publiques de l'islam en Europe, sans mollir. Ceux des nouveaux qui n'en sont pas se fondront assez vite dans la masse des Européens et néo-Européens, les exemples abondent de communautés d'origine étrangère à forte valeur ajoutée. Les autres ne doivent pas former chancre et ce sera la condition unique d'entrée à peine d'expulsion à première requête sur le ferry de son choix. Pas de place pour la chance non plus.

Sur le chapitre maritime du défi on entendra avec profit l'avis, autorisé aujourd'hui, du contre-amiral anglais Chris Parry que nous livre Breibart-London (clic).
Amen !


Chenal de Lampedusa

(*) les peuples concernés étaient au départ bédouins, berbères et arabes auxquels s'ajoutent aujourd'hui les peuples maltais, siciliens, calabrais et demain tous ceux du bassin occidental de la Méditerranée ! De quoi faire un petit "Nuremberg".

lundi 24 décembre 2012

Joyeux Noël






Beau comme un petit bonheur de quatre ans
avec une jolie voix juste et des yeux pétillants


Nous défilerons le vendredi 13 janvier 2013
pour défendre les chances des orphelins qui n'en ont pas eue
et qui méritent mieux qu'un destin de petites choses de compagnie

lundi 10 décembre 2012

Il salvatore suona sempre due volte

Ce n'est pas un gag !

C'est un outrage que le "jeu démocratique" fait à la République italienne, afficher publiquement l'impossible retour du cavaliere et effacer de l'épure du redressement économique et financier Mario Monti. Si la scission probable du parti beslusconien, Le Peuple de la Liberté, entre centristes et droitistes (comme à l'UMP) priverait le démagogue d'un accès au Palais Chigi, la remise en jeu de la réforme structurelle en cours par une campagne législative intempestive peut entamer le début de confiance retrouvée dans l'avenir de la Péninsule.
Or une grande partie du travail de redressement est faite paradoxalement par les investisseurs étrangers qui prennent de la dette italienne ou qui viennent sur des positions industrielles dans la deuxième industrie de l'Union européenne.
La bonne santé retrouvée d'un pays de 61 millions d'habitants ne peut que déteindre sur ses voisins, d'autant que les fondamentaux sont sains, l'Italie n'a pas de déficit primaire¹. C'est d'ailleurs ce que disait la nouvelle directrice du FMI au G20 de Cannes, il y a un an : l'Italie a d'abord un problème de gouvernance.

Les bons esprits ne voient dans la déclaration spontanée de Silvio Berlusconi qu'une tentative désespérée de gagner l'immunité attachée à la fonction. On peut aussi penser qu'il est une fois de plus convaincu d'être le meilleur ! Le meilleur quoi ? Le tapage imbécile du milliardaire scandaleux aurait dû rester au niveau du bruit et, pour nous, la démission de Mario Monti est précipitée, prématurée, injustifiée, sauf élément caché que bien sûr nous ignorons.
L'Italie ne mérite pas ça.




(1) Déficit des comptes publics avant imputation du service de la Dette publique.

mardi 20 novembre 2012

Crevure, nf. Fissure provoquée par...

CREVURE, nf. Fissure qui est provoquée par le fait de crever. Personne abjecte, individu qui a des sentiments bas et est capable des pires actions.

CREVURE (amis de la), nm. pluriel, Individus capables d'obscurcir leur propre jugement pour coller à l'idéologie de groupe afin de préserver le mirage des délires et les chances d'un proscrit.

And the Winners are
(selon M. Philippe Bilger, ex-avocat général près la Cour d'appel de Paris) :
Au titre de la première définition :
BATTISTI CESARE,
né le 18 décembre 1954 à Cisterna di Latina
Assassin du surveillant-chef de prison Antonio Santoro à Udine le 6 juin 1978
Assassin du boucher Lino Sabbadin à Santa Maria di Sala le 16 février 1979
Complice des assassins du bijoutier Pierluigi Torregiani à Milan le 16 février 1979
Assassin de l'agent de police Andrea Campagna à Milan, le 19 avril 1979
Condamné en première instance et en appel, en cavale par la France au Brésil
Au titre de la seconde définition :
AUDOUIN-ROUZEAU Frédérique, archéo-zoologue spécialiste des rats au CNRS, défenseur(e) indéfectible de l'assassin sur "pièces" et "sur place" (Brésil)
BAYROU François, agriculteur-agrégé, qui refuse les condamnations par contumace des prévenus en fuite
COCHET Yves, politicien vert au bras long comme l'Atlantique qui aida l'assassin au Brésil
HOLLANDE François, Premier secrétaire du Parti socialiste qui visita l'assassin à Fresnes en 2004 pour ampliation de la doctrine Mitterrand des "trois-singes"
LEVY Bernard-Henri, marchand de bois-philosophe qui visita l'assassin à la prison de Papuna (Brésil) pour un soutien humanitaire
STRAUSS-KAHN Dominique, professeur d'économie en disponibilité qui infirma la décision de Solférino d'extrader l'assassin
Il manque à la liste Guy Bedos, Bertrand Delanoë, Marie-Georges Buffet, Noël Mamère, Philippe Sollers, les soeurs Bruni-Tedeschi, cent autres et un défunt abusé, l'abbé Pierre.

A l'exception notable du garde des Sceaux Robert Badinter qui avait parfaitement jugé la petite frappe passée à l'assassinat et recommandé son extradition, la classe politique française s'est vautrée derrière le président Mitterrand dans le déni et l'insulte à l'endroit d'un pays ami, avant de se fracasser sur les évidences (voir plus bas). Le proscrit est un étron qui porte bonheur tant qu'on l'écrase du pied gauche.
Si le morphopsychologue Robert Lascaux était toujours de ce monde, il nous dirait qu'à voir sa tronche, ça sautait pourtant aux yeux :


1954 - quand?

Le dernier clou dans le cercueil en attente de Cesare Battisti a été enfoncé par le journaliste d'investigation Karl Laske dans son dernier grand reportage La Mémoire du plomb, chez Stock 480 p. 22€ (critique JDM-Marianne n°811). Les tribunaux italiens y sont réhabilités. Le fuyard est une crapule. Nul doute que les autorités brésiliennes apprécieront maintenant le cadeau que leur a fait l'ancien président Lula da Silva, dont le directeur de cabinet José Dirceu vient d'être condamné par la Cour suprême de Brasilia à dix ans de prison pour corruption électorale aggravée. Du beau linge partout. A étendre !

vendredi 22 juin 2012

Le mouton rose

Le sommet euro-continental d'aujourd'hui à Rome est présenté chez nous comme une mise au pied du mur de la Chancellerie. Sans croissance, les économies malades de la Providence mettront l'Allemagne dans l'embarras deux fois : l'une par la récession générale détruisant les débouchés latins de la Deutschland AG, l'autre par le spectre d'une faillite emportant avec elle l'argent que l'Allemagne a consenti de leur donner. C'est faux.
L'accusé sera ce soir la France de M. Hollande, pour deux raisons pareillement.
L'une est que le programme politique annoncé - s'il est confirmé à Rome - va à l'encontre du bon sens dès que l'on sait qu'il n'y a pas de mine fiscale à creuser en France, celle-ci étant championne de pression fiscale (cf. Bernard Monassier dans Le Figaro de ce matin), l'autre que l'incrédibilité française est un ferment d'hystérie sur les marchés financiers. Personne au monde ne croit dans notre médecine socialiste, à tel point qu'on prend ça pour une blague électorale sans lendemain. Mais s'il est confirmé de la part de la délégation française que ce n'en est pas une, alors ce sera autre chose.

L'Allemagne avance sur un projet carré (que l'on peut détester) fondé sur la fédération des politiques économiques, fiscales et sociales, fédération qui une fois acquise ouvrira la porte à une mutualisation des problèmes rencontrés dans cet espace. Le dit-espace n'est pas prévu pour loger les 27 pays. C'est explicite.
Comme le décideur en filigrane de cette fédération est Berlin, la France a sans trop d'effort compris qu'elle y laissait sa souveraineté. A quoi les cousins germains répliquent : quelle souveraineté ? Vous n'en avez plus. Et c'est bien ce qui nous fait mal. Alors que nos cousins latins ont acté la perte de souveraineté dès lors qu'on téléphone partout pour faire l'échéance, la France, à qui reste un peu de l'ADN gaullien, se cabre... parce qu'elle n'a pas encore décroché le téléphone. Les débuts du gouvernement Ayrault, qui cherche déjà à combler un trou de 10 milliards cette année, nous promettent de bientôt tester la ligne.

Le chef de la Wilhelmstraße a tout à fait raison de dire que rien ne se redressera en Europe si le reste du monde continue à sérieusement douter de notre capacité à nous projeter concrètement dans le futur : « La réaffirmation du projet européen est la mesure déterminante pour restaurer la confiance et aussi pour surmonter la crise de la Dette. Aucun investisseur ne misera sur l'Europe s'il n'a pas le sentiment que l'Europe croit en elle et travaille pour la faire avancer [...] Elle est aussi notre meilleure garantie de prospérité dans un monde multipolaire qui se globalise, avec de nouveaux centres de pouvoir.»
On comprend maintenant que la réaffirmation du Projet européen actée dans une feuille de route signée par tous les participants est la condition sine qua non posée par la Chancellerie à ses partenaires pour simplement parler autour de la table. Même les mesures les plus urgentes concernant l'Espagne et la licence bancaire du FESF réclamée par l'Italie sont réglées par ce préalable.

Or la pragmatique Italie et la fière Espagne sont d'accord pour marcher à la fédération, pour des raisons différentes mais bien réelles ; l'une parce qu'elle doit absolument souder sa moitié utile, le Piémont-Lombardie-Emilie-Romagne, à la prospérité de l'arc alpin ; l'autre parce que son Etat central se délite sous les coups répétés de ses provinces industrielles séparatistes et qu'une fédération européenne lui donnerait de l'air en déplaçant la source de pouvoir hors d'atteinte et en élargissant le périmètre d'une solidarité coûteuse ; elle-aussi comme l'Allemagne est un Etat fédéral, mais non stabilisé.
La France, réticente malgré la liquéfaction de ses capacités, va donc être le mouton noir de la réunion en se payant de mots comme on en a entendus toute cette semaine.

Sans moyens décisifs, sans projet clair, lisible, résisterons-nous à l'Empire ? Nous ne pouvons pas y résister seuls. Ça se saurait.

Spéciale dernière (22/6-17:50)
A Rome, Mme Merkel a obtenu l'union politique et M. Hollande vient d'acheter la solidarité contre l'entrée dans une fédération à l'allemande. Extrait de la dépêche de Reuters :
Au fur et à mesure du renforcement de l'Union et de l'intégration européenne, « les eurobonds seront un instrument utile pour l'Europe et je continuerai à travailler dans ce sens », a ajouté le président français. Il a estimé que les abandons de souveraineté, que suppose le renforcement de l'intégration politique européenne, devaient être effectués en fonction du renforcement de la solidarité entre les membres de l'UE. « Les abandons de souveraineté ne sont pas possibles sans renforcement de la solidarité », a-t-il insisté. (fin du communiqué Reuters)
C'est exactement la formulation de l'exigence allemande : la solidarité contre l'union dans les règles. On saura le 29 juin à Bruxelles si la fédération est actée dans l'Eurogroupe.

dimanche 26 février 2012

Éloge de la pratique


Je vaquais hier à mon horticulture d'intérieur et faillit bien me couper à la pince à bonsaï quand un ministre anglais déclara sur mon écran plat que les économistes si diserts lui faisaient penser à des experts en amour connaissant les 360 positions mais à jeun d'avoir rencontré une seule femme ! Et dans ma tête je faisais la liste des prétentieux de ce côté-ci de la Manche, n'ayant jamais dirigé quoi avec succès, ou misé gros. J'entends mieux les avis d'un Soros qui va mettre cent millions sur ses idées, qu'un théoricien d'amphithéâtre climatisé sans le rond. Il est aussi des "professeurs" avides d'applications concrètes et qui s'insèrent dans des structures décisionnelles d'ampleur considérable en y jouant leur notice historique dans l'encyclopédie. C'est de l'un d'eux que nous parlons plus bas.
Dans la sphère royaliste, le tollé fut unanime quand on apprit que les Goldman Sachs' Boys prenaient les affaires en main à Francfort, en Grèce et en Italie. C'est d'ailleurs très étonnant de voir cette méfiance systématique à l'endroit des praticiens non élus, de la part de gens peu enclins à promouvoir la démocratie. Que n'a-t-on dit des commissaires bruxellois et de la technocratie ! Qu'importe, ce n'est pas le sujet du jour. Le temps ne fait rien à l'affaire même s'il a fait oublier à beaucoup que les ministres de nos rois n'étaient pas responsables devant les cours du royaume ni devant quelque parlement d'éructeurs ! Richelieu, Mazarin, Vauban, Colbert, Louvois, Dubois, Turgot, Fleury... étaient tous technocrates. Critiquer les pros est carrément stupide, surtout quand la situation est délicate. Effectivement, le milieu royaliste est très mélangé.

C'est Mario Monti qui fait la démonstration. D'où vient-il et comment est-il là ?
Diplômé de Yale, puis recteur de l'université Bocconi de Milan, il est nommé commissaire au marché intérieur et plus tard à la concurrence, retourne à l'université pour devenir conseiller international de la Goldman Sachs, puis l'un des présidents de la Trilatérale et siège au conseil des Bilderberg. Le temps des miquets laqués au pento s'étant achevé en Transalpine, le président ex-communiste Giorgio Napolitano lui demande en novembre de mettre en jeu sa réputation et de nettoyer la merde ! Il forme un cabinet de combat qui obtient la confiance du Sénat et de la Chambre basse, avec des majorités écrasantes. Alessandra Mussolini a voté la défiance, elle cherche encore à comprendre la question.
Président du Conseil et ministre des Finances : Mario Monti ... l'Illuminati pour beaucoup
Ministre du Développement économique des infrastructures et des transports : Corrado Passera, président de la banque Itesa Sanpaolo
Ministre des affaires étrangères : Giulio Terzi di Sant'Agatta, ambassadeur
Ministre de l'Intérieur : Anna Maria Cancellieri, ancien préfet à poigne
Ministre de la Défense : Giampaolo Di Paola, amiral, chef du Comité militaire de l'OTAN
Ministre de la Justice : Paola Severino, avocate pénaliste et vice-présidente du CSM
Ministre de l'Agriculture : Mario Catania, haut fonctionnaire du ministère, lauréat du concours des dirigeants
Ministre du travail : Elsa Fornero, professeur à l'université de Turin
Ministre de l'Environnement : Corrado Clini, chirurgien de formation, haut fonctionnaire du ministère, siège au conseil de l'agence atomique italienne ENEA
Ministre de l'Instruction : Francesco Profumo, président de Colombus, recteur de Polytechnique Turin, président du CNR (recherche), il est passé par Ansaldo, Telecom Italia, Unicredit, Pirelli etc etc...
... et quelques autres. Pas un seul nomenklatouriste de la politique !
Au travail !
Il a fait ses Cent jours et déjà l'admiration des Italiens, à qui cette révolution culturelle plaît beaucoup. Le problème était-il l'Italie, qu'elle devienne aujourd’hui une solution ? Vingt milliards d'euros d'économies sur la gabegie latine, jungle administrative ouverte à la serpe, fraudeurs poursuivis, jusque dans les chiottes dirait Poutine, libération des contraintes corporatistes, publicité universelle des revenus, décapage à l'acide du code du travail, remise à plat des retraites, et 55% de popularité à la clé aujourd’hui.
Quand son prédécesseur avait juste le droit de s'asseoir à la table du Conseil européen et de la boucler, Mario Monti peut se permettre de faire une lettre à la kanzlerin psychorigide Merkel, cosignée par le Premier anglais Cameron et le ministre-président néerlandais Mark Rutte, dans laquelle il condamne les apartés bilatéraux de la soi-disant locomotive franco-allemande. Cette lettre étonnante précéda l'accord à 25 et forme en huit points sa colonne vertébrale. Au résultat, l'Italie accroît son excédent primaire quand la France, en campagne électorale complètement démagogique, creuse son déficit primaire, du moins dans les anticipations politiciennes, car en réalité, le FMI et les marchés nous rosseront dès après les législatives de juin.
Nous n'avons personne d'aussi élégant et couillu à la fois, maniant l'humour d'un esprit fin, et capable de décisions impopulaires a priori. Il a su monter en un tour de main, sans consultations filandreuses, un véritable « exécutif politique », ce dont nous avons ici le plus grand besoin ! Des idées pour quoi faire ? Le bon sens y supplée. Action !

Mario Monti partira à la charrue en avril 2013 à la fin de la législature en cours. 70 ans, le bel âge pour un sauveur. Sapir et Todd peuvent raccrocher la jaquette des puceaux à la patère et feuilleter les 360 positions.

mercredi 23 décembre 2009

Gloria

Semaine spirituelle.
Le Gloria de Vivaldi (final). C'est le nom de la chorale qui m'a plu : Brandywine Valley et ce n'est pas du vin de messe.



Le Gloria de Vivaldi est expliqué par Esprits Nomades.


Une faute d'orthographe, de grammaire, une erreur à signaler ? Contactez le piéton du roi à l'adresse donnée en bas de page et proposez votre correction en indiquant le titre ou l'url du billet incriminé. Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

samedi 13 juin 2009

Un cirque à Rome

KadhafiLe Roi des rois - c'est le titre qu'il a demandé en tant que président en exercice de l'Union Africaine - n'en finit plus de traîner la péninsule en remorque de ses caprices, et dans l'esprit militaire de sa colonellitude il s'est réglé sur le méridien de Greenwich (+2h), juste pour les emmerder.
Le Cavaliere sûr de son agenda diplomatique n'en a cure et montre aux présidents impatients de la Repubblica que l'heure n'est pas à la pendule mais aux affaires.
Aiguillonné par la Lega Nord pour une Pandania sans nègres, il a convaincu le Lion de Tripolitaine de ne plus lancer ses bateaux sur la mer à l'assaut de Lampedusa et de laisser les migrants se noyer dans les eaux internationales pour calmer la colère de Neptune, ainsi qu'en ont fait la démonstration réussie les Australiens en coulant l'émigration indonésienne dans le détroit de Torrès.

Nul doute qu'on trouvera ici de bonnes âmes pour convenir qu'il faut ce qu'il faut, le danger étant incommensurable, de laisser se vider toute l'Afrique en Europe. Ce ne sont pas les bédouins qui les pleureront. Alors qui ?

logo ENIMais Berlusconi n'a jamais les deux pieds dans le même escarpin. Cette posture défensive qui fait aussi la nique aux commissaires européens, cache une offensive économique vers les anciens territoires impériaux qu'il a décidé de réinvestir, la plus belle Italie du monde ne pouvant donner que ce qu'elle a, c'est-à-dire plus rien ! L'idée n'est pas neuve d'ouvrir les usines à bas coûts salariaux sur la rive sud de Mare Nostrum plutôt que d'importer des clandestins pas chers dans les usines péninsulaires. Rien que la création des infrastructures d'exploitation du pays et la construction de logements de masse (il en connaît un rayon le Silvio dans la promotion immobilière) vont ouvrir de multiples chantiers italiens, renforçant par là une présence aussi discrète que significative. L'Italie est redevenue le premier partenaire de la Libye. Elle en importe le quart de son pétrole et le tiers de son gaz, et 52 entreprises de taille nationale y sont implantées.
Derrière le carnaval à destination du peuple inventeur des cirques, il y a des millards de dollars en jeu, agrégés à la colonne vertébrale que représente l'autostrada internationale reliant Ras Jedir, située sur la frontière tunisienne, à Sallum sur sa frontière égyptienne. Et le projet bénéficie d'un "starter" de 5 milliards à titre de dédommagements coloniaux dans le cadre du traité d'amitié de 2008.

Berlusconi
Ex-aequo avec le nôtre, le Cavaliere est le plus agaçant de tous les chef d'Etat européens, mais on ne peut lui retirer le sens de l'initiative, une créativité diplomatique recentrée sur les avantages italiens - de la Géorgie il s'en fout ! - et peu de timidité dans les corrections qu'il inflige régulièrement aux autorités bruxelloises. C'est bien pour cela qu'il a ramassé 35% aux Européennes malgré le scandale médiatique de la Boticellienne du noemigate qui ne l'a pas atteint.
En Italie comme presque partout ailleurs, les électeurs se méfiant des détracteurs le plus souvent planqués dans des fromages publics, ont privilégié les mains aux manettes. Kadhafi aussi qui sait le prix du volontarisme !

Au fait le saviez-vous ? La Libye avait un président de la République, certainement taxidermisé !


vestiges byzantins
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samedi 6 septembre 2008

L'Italie embraye sur l'UPM

khadafi et berlusconiLe président du conseil italien Silvio Berlusconi vient de réparer l'outrage fait au Libyens par l'Italie de 1911 à 1942*, en débloquant 5 milliards de dollars sur vingt-cinq ans, pour des investissements d'infrastructure, dont la fameuse autoroute est-ouest entre la Tunisie et l'Egypte.
M. Berlusconi a précisé que parmi les projets qui seront financés en Libye, figuraient la construction d'un grand nombre de logements, l'installation d'entreprises italiennes, des bourses à des étudiants accueillis en Italie et des pensions pour les mutilés victimes de mines posées par l'Afrika Korps. Il prévoit aussi une coopération serrée dans la lutte contre les migrations clandestines, qualifiées par le Cavaliere de lutte "contre les marchands d'esclaves". Humour au souvenir de la traite négrière arabe particulièrement meurtrière !

Si l'on se cale bien au fond du fauteuil, on s'aperçoit qu'il agite 200 millions de dollars par an pour relancer la colonisation de l'ancienne province romaine. C'est de l'art ! D'autant que la Libye n'est pas le désert de pouilleux que l'on imagine, mais un pays développé par une sorte de despote éclairé inclassable, relativement efficace, si du moins l'on ne voit que les résultats : dans les classements du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement ), la Libye ressort en 2007 comme le pays le plus développé d'Afrique. Son PIB est de 12700$ dollars en parité de pouvoir d'achat par habitant, à comparer à celui de la Tunisie de 7500$ (source CIA). Par ailleurs, la charia a été fortement modérée (majorité des filles à marier portée à 20 ans) et la garde "maure" est assurée par des mouquères fessues.

tente de khadafi
Le Séraphin Lampion de Cyrénaïque, qui défraie la chronique des trahisons endémiques à la cause islamique, fête ainsi le 39° anniversaire de la déposition d'Idriss 1er, en bouclant la boucle de l'histoire : il rentre dans le camp occidental qu'il n'aurait jamais dû quitter. Pour amortir le billet, on notera en passant que des quatre rois arabes "anglais" (Egypte, Irak, Jordanie et Libye), trois perdirent leur trône entre 1953 et 1969 sur coup d'état militaire. Ne survit de nos jours que la dynastie hachémite de Jordanie à l'emblème de la plus belle reine palestinienne qui fut donnée aux musulmans.

On peut dévoiler aujourd'hui que les Italiens ne sont jamais tout à fait partis de Libye, même aux plus sombres heures de l'affrontement entre Washington et Tripoli, assurant à la nation nomade le minimum nécessaire.

Tripoli
Pour les Nuls en histoire, les provinces côtières libyennes furent préemptées par les Anglais au sortir de la Seconde Guerre Mondiale ce qui évita aux Italiens, battus par Montgomery, de s'en faire chasser par les indigènes, leur gardant ainsi des possibilités ultérieures de contacts fructueux.

La question reste posée de l'autorisation obtenue ou pas auprès du président Sarkozy pour que Rome se redéploie de son propre chef sur le territoire de l'Union Pour la Méditerranée. Ces politiciens italiens ont de la ressource et ne s'encombrent pas de postures théologiques. Pour finir sur un sourire exotique, nous vous offrons un court reportage photos sur le grand prix de Formule 1 de Tripoli, datant d'avant-guerre, que Berlusconi pourrait bien relancer :



*Note : c'est surtout la période fasciste 1922-1942 qui posa problème aux négociateurs pendant le quart d'heure historique, à cause de la répression sévère de la rébellion de l'émir Omar Al Mokhtar.


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mercredi 12 mars 2008

Bucintoro

pavillon dogal1798. Avaient déferlé sur l'Europe les hordes françaises de la Révolution apportant la Lumière. La ville natale de Don Juan n'en voyait pas l'usage ; mal lui en prit. Elle ouvrit l'année nouvelle en payant le prix fort pour les Pâques Véronaises (17 avril 1797) qui furent un soulèvement de résistance du peuple vénitien enragé, conduit par ses chefs naturels. Bien que vaincus une fois, ils ne s'étaient pas laissés impressionner par le "pirate génois", aussi talentueux à la guerre qu'il fut, et se mirent debout ! La résistance écrasée, l'aristocratie vénitienne détruite, le traité de Campo-Formio signé en octobre 97, des trains de mules à millier remontèrent vers la France les trésors artistiques de la République la plus prestigieuse du monde.
Trente-cinq mètres de long, 7 de large et 8 de haut, le Bucentaure n'était pas transportable ! Pour enfoncer dans le crâne rebelle des Vénitiens la marque indélébile de leur soumission, on le dépeça le 9 janvier 1798 de toutes ses ornementations qui furent mises en pièces pour les fondre sur l'île de San Giorgio Maggiore. Le feu dura trois jours pendant lesquels le peuple de Venise vit l'épaisse colonne de fumée emporter son prestige tout autant que le dogme révolutionnaire. "Ils" avaient brûlé le Bucintoro ! Avec lui l'Europe perdait sa dernière galère de parade. Venise ne serait désormais plus la Venise des doges.
Le 4 juin 1798 mourait Casanova ...

Sa carène fut abandonnée à la putréfaction, et, un temps armée de quatre canons pour défendre le Lido, moisit et disparut en 1824, démantelée à l'arsenal.

le retour du Bucintoro
Des sacs de ville l'histoire en connut beaucoup, et la France, tous régimes confondus, perpétra les siens. On a retenu comme notre dernier celui du Palais d'Eté de l'impératrice Tseu-Hi, qui fournit la "mise de premier équipement" en chinoiseries de toute la corporation d'antiquaires de Londres et de Paris après 1860. Fut-il réellement le dernier ?

Il est loin certes le temps de la chevalerie. On se bat toujours comme des chiens et "La Guerre Totale" de Ludendorff (1936) traîne encore sur les tables de chevet des cadets. La guerre est sans doute le domaine de l'activité humaine où il n'y a aucun autre progrès que celui d'accroître la létalité des moyens mis en oeuvre. L'esprit reste au niveau du Hun. Après ce point d'humeur, nous signalons au lecteur-contribuable que Venise vient d'envoyer sa facture.

Courrier International (copiez l'article car il va passer payant) nous apprend que la Sérénissime reconstruit le Bucentaure et serait honorée de notre mécénat en guise de repentir. On peut dauber sur la repentance, et je ne m'en prive pas, mais avec l'Italie notre compte est très débiteur, surtout si nous considérons cette nation comme notre mère :
Nous commençâmes avec Brennus en 390 avant JC et nous en rapportèrent le foie gras d'oie. Jusqu'à Napoléon, nous n'eûmes de cesse de puiser dans leurs musées pour équiper les nôtres. Les "échanges" furent permanents et durent encore : après les Médicis, la première dame de France du jour est encore italienne et bellissima ? La femme du commissaire Cordier aussi. Celle de Vincent Cassel pareillement. A choisir, Venise a finalement envoyé son courrier à Monsieur et Madame Sarkozy, à l'enseigne du Coq, avenue Gabriel, Paris 8è !

Le Bucentaure
La Fondazione Bucintoro nous apprend que le dernier Bucentaure était une haute galère dorée de 100 pieds de long sur 21 pieds de bau, deux ponts, armée d'une chiourme basse de 168 rameurs et de 40 hommes d'équipage. Commandée par un amiral, elle célébrait chaque année à l'Ascension le Mariage à la Mer où le doge en fonction jetait l'anneau nuptial au bout d'une remorque de soie dans l'Adriatique : «Desponsamus te mare, in signum veri perpetuique domini». La dernière fois ce fut en 1796. Le grand pavillon dogal au lion de saint Marc fut quant à lui enterré cérémonieusement le 23 août 1797.

la maquette d'or
Le Bucintoro sera reconstruit à l'identique à l'arsenal de Venise et lancé.
Après la renaissance de La Fenice incendiée, le Sérénissime renoue avec son prestige millénaire.
Qu'attend donc Marseille pour refaire une des neuf Réale produites par l'Arsenal du roi ? La chiourme barbaresque est déjà sur place en ressource innombrable. L'ami Gaudin en aurait bien besoin !

La Fête à Venise
Dix tableaux de Francesco Guardi sont accrochés au Louvre, évoquant les solennités organisées en 1763 lors de l'élection du doge Alvise IV Mocenigo qui est peut-être à l'origine de la commande, et font partie d'une série de douze. Guardi peindra les cérémonies du mois de mai 1763, ainsi que les fêtes qui suivront à différents moments de l'année. La série sera sans doute exécutée entre 1775 et 1780, d'après des gravures de Giambattista Brustolon (1712-1796) réalisées à partir de 1776 sur des dessins de Canaletto. Un aperçu en cliquant ici. Les deux tableaux manquants, le doge à San Marco et le doge sur la place San Marco, sont respectivement conservés aux musées de Bruxelles et de Grenoble depuis 1802.
Les touristes italiens feront un beau voyage.

La Réale de France


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