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lundi 26 mars 2018

Boxe !


Après le soupir du dimanche nous remontons sur le ring virtuel et un peu décalé sinon oiseux du blogue Royal-Artillerie pour dire aux autorités qui ont fait des pieds et des mains pour diriger ce pays, qu'elles sont largement au-dessous du niveau requis par un pays si mal défendu dans les secteurs impactés par la sécurité nationale. M'entendront-elles ? Qu'elles partent !

Lt-Col Arnaud Beltrame RIP
Mal défendu dans ses propres principes fondateurs qui privilégient les "idées" au bon sens, sans entrer dans le fameux bien commun totalement oublié par les politiciens qui viennent grimacer dans les lucarnes à chaque fois que la société reçoit un choc sévère comme ce fut le cas dans l'affaire de Trèbes, le pays est en danger et si la queue de trajectoire n'est pas désignée clairement, il ne s'extraira pas de sa position exposée par de la communication professionnelle ou par la réorganisation des "services".

S'il est difficile de bannir un citoyen ou impossible de créer un apatride en droit international, nous avons la possibilité de sortir de l'épure les malfaisants qui disposent encore d'une nationalité antérieure à la nationalité française. Que veut dire cette lâcheté de laisser aller et venir des délinquants, de les suivre quand ils dévient gravement, de spéculer sur leur passage à l'acte, alors qu'il serait plus simple de les bannir !

Nous devons vider nos prisons des étrangers en surnombre car elles sont devenues le noviciat des frères de la haine, la haine salafiste, et expulser les délinquants bi-nationaux avant qu'ils ne représentent un danger pour notre société. Et si l'entourage est convaincu de complicité, il doit suivre. Dehors !

Faudra-t-il attendre qu'un homme politique ou plusieurs tombent sous les balles islamistes ou mafieuses pour que la peur s'emparant de la classe politique (comme en 1968) on dépose à la Chambre une loi de déchéance de nationalité et bannissement ? A voir la pusillanimité des pouvoirs qui pleurnichent sur le sacrifice du lieutenant-colonel Beltrame, mais ne font rien de plus que gérer la menace, on comprend que les allées du gouvernement de ce pays sont envahies de prébendiers qui profitent de leurs talents de démagogues pour confisquer les attributs du pouvoir, et s'en contentent. Ils font leurs heures, se plient aux caprices de leurs équipes de propagande... et digèrent, en surveillant du coin de l'œil leur réélection.

Nous ne nous quitterons pas sans signaler que les maîtres de la sécurité nationale ne sont ni les forces de l'ordre ni les services de renseignement mais les juges qui commandent les procédures post-détection. Nous sommes entre leurs mains, et contrairement aux politiciens qui, eux, peuvent être démis par l'élection, ceux-là sont inamovibles et forment une caste soudée. Leurs compétences ne sont pas en cause, nous avons les meilleurs ; leurs intentions par contre sont questionnables.

Il serait peut-être temps de remettre à plat l'organisation des pouvoirs de ce beau pays de France, abandonné à une démagogie impotente, et menacé de plus en plus gravement par le boomerang de ses opérations extérieures dont les conséquences domestiques sont traitées par des amateurs comme notre pauvre ministre de l'Intérieur.

Fiancés à l'abbaye de Timadeuc, Arnaud et Marielle Beltrame avait décidé de consacrer leur union civile par le sacrement du mariage. La cérémonie était prévue chez lui à Vannes au mois de juin. La préparation au mariage catholique avait été confiée à un chanoine de l'abbaye de Lagrasse dans l'Aude, qui lui a donné l'extrême-onction à l'hôpital de Carcassonne. Toutes nos condoléances accompagnent les affligés.


Sainte Anne d'Auray


mercredi 28 février 2018

Parkland never again ?

Pistolet des Ateliers Nationaux de France ca. 1790 - shooté par Rama — CC BY-SA 2.0-fr

Tout le monde entend parler du Second amendement de la Constitution des Etats-Unis d'Amérique sans l'avoir lu, et pourtant il ne s'agit que d'une phrase, la voici :
"A well regulated Militia, being necessary to the security of a free State, the right of the people to keep and bear Arms, shall not be infringed."
Il y a quatre mots dans ce texte qui est parfaitement clair, et pourtant l'esprit chicanier américain est parvenu à créer une jurisprudence. On s'en imprégnera en lisant l'article ad hoc chez Cornell en cliquant ici.

1) Militia : la sûreté publique peut être confiée à une milice ; ce qui est une excellente garantie de bon emploi, la hiérarchie surveillant ses effectifs dans les règles d'usage ;
2) State : C'est une affaire sérieuse qui concerne la sécurité de l'État, du comté, de la ville ;
3) People : Ce sont les civils par opposition aux soldats ;
4) Arms : A l'époque de sa rédaction (1791) les constitutionnalistes connaissaient les fusils à poudre noire rechargeable par le canon. Le texte dit aussi que les miliciens conservent l'arme chez eux et sont autorisés à sortir avec elle. Leurs enfants ne vont pas en cours avec un soufflant.

D'interprétations en exégèses savantes, on se retrouve en 2018, pour les meilleurs bénéfices du Rifle Business, avec un gamin perturbé de 19 ans qui achète librement des armes et va défourailler dans son ancien lycée avec un fusil automatique AR-15 faisant dix-sept morts !

Nous n'entrerons pas dans la dispute américaine entre le gros business et la corruption institutionnelle des parlementaires qualifiée de lobbying¹, ce sont leurs problèmes, ce sont leurs morts ! Mais nous ne nous privons pas de dire à nos lecteurs américains que dans cette affaire après bien d'autres (je pense au carnage de Colombine en 1999) l'American Way of Life en a pris un sacré coup.
L'insécurité réelle dans nos pays européens doit être combattue en rehaussant les capacités de police en voirie et en adoptant des lois plus dures contre la violence, avec des peines planchers interdisant la "compréhension" dans l'intime conviction des juges. Sans doute pas en ouvrant un rayon d'armement chez Lidl !
Note (1): On peut fouiller OpenSecrets.org par exemple pour 2017

Le mouvement lycéen Never Again qui grandit aux Etats-Unis a tout mon soutien, ce qui ne l'aidera pas beaucoup, mais par principe, nous devons dénoncer en mémoire des victimes l'usurpation constitutionnelle de la National Rifle Association. Les gros sponsors qui la fuient ont anticipé une issue défavorable à leurs intérêts ; et l'intérêt c'est important aux States. Peut-être que finalement, en tapant au portefeuille, les gosses viendront à bout des gros cons !


Postscriptum
Royal-Artillerie parlait déjà du Second Amendement au moment de la tuerie de Newton en décembre 2012 : De la milice et des armes à feu.


lundi 12 octobre 2015

Vers la Loi du Fort*

(*) The Castle Doctrine (clic)
Ce billet sera sans images, exceptionnellement. Vous allez comprendre pourquoi.

Vous connaissez Dubois, Lachèvre, Lion, Ledoux, Marcuna, Debêche, Debrenne, Damiens, Godin, Maillet et Roure. Non ? Mais plus sûrement Ieng Sary, Son Sen, Khieu Samphâng, Hu Yuon, Hu Nim, Nuon Chea, Ta Mok ? Oui, vous y êtes, ce sont des Khmers rouges, pour certains, enseignants ! Les premiers étaient charron, serrurier, limonadier, cordonnier, menuisier, bijoutier, orfèvre, vinaigrier, boucher, gardiens de la paix. Ils ne valaient pas mieux que les communistes exotiques que vous avez reconnus au premier coup d'oeil. L'histoire les a notés dans les massacres de Septembre 1792 quand de "braves" citoyens partirent tuer les ennemis du peuple, des prêtres et beaucoup de Suisses à l'Abbaye, une centaine de prêtres aux Carmes, deux cents droits communs à La Force avec la belle Lamballe en prime, des gens en nombre à la Conciergerie et au Grand Châtelet. Puis la tuerie augmente le lendemain, des filles de joie à La Salpêtrière après les avoir connues, et beaucoup d'enfants à Bicêtre, les plus durs à finir, raconte un des héros de la journée. Et ça continue le lendemain... Travail harassant qui mérite salaire. Ils ont demandé à être payés !

L'histoire regorge d'horreurs et la française autant sinon plus qu'une autre, qu'on pense aux guerres de religion (relire Montluc), aux dévastations allemandes causées par le Roi-soleil (on apprit ensuite que la vengeance était un plat qui se mangeait froid), aux atrocités des guerres vendéennes, à la Commune de Paris, et dans l'histoire à tout le monde, aux deux guerres mondiales avec l'apothéose des incinérations aériennes de villes entières et à la terrible guerre sino-japonaise qui vit à Nankin l'ultime accomplissement du bushido, rare perversion de la chevalerie nippone. Il s'en oublie !

Le Dr Robert Lascaux qui, après la Grande Guerre, étudia longtemps la bête humaine dans les années 30, substituait au "Tu ne tueras point" du Décalogue une règle plus complexe qu'il exprimait ainsi :
« Tu ne tueras point si le respect de la vie de ton prochain est favorable à l'expansion de ta race (ndlr: ou de tes convictions) ; dans le cas contraire, tu dois tuer

C'est la base de l'engagement des recrues pour l'armée. Tuer sur ordre ou sans ordre si risque. Au cessez-le-feu, nos braves conscrits ont posé la baïonnette essuyée et le couteau de tranchée ébréché pour la faux, sans remords... d'autant qu'ils n'avaient rien demandé. Aujourd'hui on voit s'exercer la règle d'extermination dans les rangs de l'Organisation état islamique, constituée principalement de volontaires, dans la plus parfaite sérénité à ce qu'en montre leur propagande. Les décapitations en ligne (et doublement) n'innovent en rien sauf dans leur publicité universelle, les sections de guerre psychologique procèdent ainsi depuis la nuit des temps pour impressionner l'ennemi. Tamerlan balisait ses routes avec des piles de crânes. Chez nous, on laissait mûrir les vaincus aux remparts du Moyen-Âge. Les carnets de marche régimentaires sont emplis de crimes de guerre pour l'exemple. Lors de son éclatement post-soviétique, la Yougoslavie avait fait très fort dans le domaine de l'indicible.

Qu'est-ce à dire finalement ? Que le bon sauvage éduqué dans le pacte social est une construction intellectuelle. A la moindre occasion, la bête qui affleure sous le cuir chevelu peut se déchaîner. Les gardiens des camps de concentration nazis était des fonctionnaires paisibles, bien contents d'échapper à la létalité du front russe. Ce constat de bestialité intérieure ruine toute la charpente morale et judiciaire de nos sociétés occidentales qui approchent lentement du chaos. Chaque semaine chez nous, nous avons le complet exemple d'une descente aux enfers avec le terrorisme islamiste qui s'affranchit de toutes les mesures de contention. De plus en plus la bête tient la rue, commande à la rue, dicte en un sens la politique pénale quand ce n'est pas le protocole de police. Contrer l'assassin se fait dans des règles de pure urbanité car le moindre faux-pas éveille un risque d'annulation. Il est ahurissant de voir comment les politiciens moulent leurs convictions sur l'excuse et sur les conditions d'existence de la lie de la société. A ne citer qu'une énormité, nous choisissons l'abrogation de la double peine par Nicolas Sarkozy. Une culture dans le droit fil de la thérapeutique judiciaire qui borne le Bas-Empire revenu.

Le bon sens le plus élémentaire devient chaque jour une cible depuis le donjon des principes gouvernant une société utopique dont on force le "bonheur". On combat le droit naturel dans tous ses chapitres et d'abord dans celui des mœurs. Les sentiments patriotiques les plus sains sont piétinés avec entrain puisque nous sommes devenus tous frères globalisés. On prend des gants avec les ennemis déclarés de notre société qui se transforment en assassins, assassins auxquels on cherche des excuses comme à un singe des poux. Nous sommes envahis de "déséquilibrés" et de malheureux "radicalisés". Radicalisés en prison, dans "nos" prisons, c'est de notre faute, bien sûr. La Justice, laissée aux mains de politiciens de rencontre, est en perpétuelle refonte sans que l'on comprenne bien ce qui la conduit si ce n'est sa misère budgétaire et la faillite du système carcéral¹ ; quant à la Sûreté publique, elle fut trop longtemps laissée à la direction de braillards² de tréteaux gouvernant l'émotion pour qu'elle agisse avec la sévérité nécessaire, empêtrée dans les règles d'engagement et les profils de carrière. Sauf sursaut rapidement - on pense à Mai 2017 - le peuple va commencer à rêver au Deuxième Amendement de la constitution américaine qui suppléerait à la liquéfaction de la puissance publique pour assurer la sécurité quotidienne des gens.

Nous devons renouer avec une société d'ordre, fondée sur le droit naturel et le bien commun, avec le soupçon de charité chrétienne qui va bien. Quoi de plus réac, fachiste, moranien ! Mais comment contenir autrement l'abominable homme des villes caché dans les replis cérébraux du genre humain ? Sans ordre rétabli, nous allons vers une paix armée, nécessairement, pour palier l'inconséquence des élus et l'arrogance de la haute fonction publique qui ensemble verrouillent tout. Protégeons-nous, et de nous-mêmes aussi, ne sachant pas quel démon sommeille encore en nous, attendant l'appel de son maître !



(1) Relire le dernier quart de l'ouvrage Surveiller et punir de Michel Foucault (bon courage).
(2) Les deux chefs de la Police, Sarkozy (avec Cécilia dans l'emploi de directeur de cabinet !) et le mussolinien du menton Valls, furent surtout des déclamateurs, faibles avec les forts, forts avec les faibles. On accordera à monsieur Cazeneuve un peu plus de retenue, même s'il court les micros au premier mort.

Postscriptum du mardi : Plusieurs lecteurs (plusieurs commence à 2) se sont émus de n'avoir pas compris d'emblée l'intention de cet article privé d'image, à quoi le Piéton du roi tient à répondre que l'intention était une mise en scène croisée de la nature humaine et d'un état de crise sociale. C'est-y-plus clair ? L'homme est foncièrement pourri, ce que le Darwinisme, qui n'est pas la science de l'évolution mais celle de l'éradication continue, explique très bien : les salauds les plus forts et les plus rusés ont nettoyé en permanence tout autour d'eux. Or les périodes de désordre réveillent la bête, et il va falloir s'en protéger à défaut de pouvoir compter sur les pouvoirs publics. Pour illustrer ce propos nous signalons que le titre de l'article est cliquable...

lundi 20 avril 2015

Total Record

Grande émotion au Palais Bourbon dans le débat sur la loi de "Renseignement Total"?? Même pas ! L'hémicycle était vide mercredi dernier*. On entend certains députés dirent du bout des lèvres qu'ils ne voteront pas le projet en l'état pour se démarquer des bataillons de godillots, mais on sait que la procédure accélérée décidée par les services du Premier ministre va ramasser les états d'âme dans les filets de la discipline de vote. C'est plié. Mais finalement rien ne change, le cambriolage d'Etat devient légal et forcé, à tel point que les hébergeurs de clouds réfléchissent ce matin à imiter Altern dans l'exode, pour au moins suivre leurs clients qui eux vont sortir carrément de la zone criblée. Confieriez-vous vos secrets industriels et financiers aux services secrets de votre pays ou aux conseillers de Matignon ? Délire !

Il n'est pas même besoin de lire l'excellent bouquin de révélations de Glenn Greenwald, No Place To Hide, pour savoir que les écoutes sont généralisées depuis longtemps, depuis en fait que le réseau anglo-saxon Echelon¹ a été décalqué en France dans le réseau national Frenchelon (circa 1998).
En fait la loi "Renseignement Total" met aujourd'hui l'Etat invasif à l'abri de procès. On se reportera avec profit à l'enquête du Monde du 4 juillet 2013 (clic). Tout y est. Les socialistes légalisent maintenant l'existant et en profitent pour se soustraire à la loi naturelle de libre parole qui pourrait les mener un jour dans le box des tribunaux si le vent tournait : "Je n'ai fait qu'appliquer la loi, monsieur le président". Leurs pseudo-adversaires sont d'accord pour la même raison et cherchent eux-aussi un bénéfice populiste : l'affaire est enveloppée dans la fumée de la lutte anti-terroriste qui passe très bien dans le psychisme du Veau national. Et cela mérite un paragraphe à part.

Que voit-on en retournant l'image ?
Un peuple pour lequel on a constitutionnalisé le principe de précaution (in art.5) a peur de son ombre, et chacun devine que le terrorisme est une affaire d'ombre, ha ha ! Duel dans l'ombre entre les forces de protection de l'étable nationale et les loups solitaires qui ne sortent que la nuit à la pleine lune. Le veau se chie dessus rien que d'y penser. D'où la facilité avec laquelle on l'a fait marcher par millions dans les rues pour "venger" le dépêchement islamique de caricaturistes en faillite !
Il sent bien que cela ne va pas suffire à séparer le semtex de son détonateur, aussi est-il d'avance prêt pour avaliser tout ce qui donnera, même sans certitude aucune, l'illusion d'une sécurité, l'illusion d'un combat, au moins l'illusion : « Chaque jour, les systèmes d'acquisition de données de la NSA américaine interceptent et stockent 1,7 milliards d'emails, appels téléphoniques et autres communications. La NSA trie une fraction de ces données sur 70 centres de traitement avec le même problème que celui rencontré par toute agence de renseignement du circuit : aucune n'a assez d'analystes et de traducteurs pour exploiter cette masse quotidienne » (Edward Snowden à Glenn Greenwald). Mais qu'importe ! On ne peut rester sans rien faire... n'est-ce pas ?

Ben justement, en face eux non plus !

Les procédés de cryptage des communications sont en progrès constant, un peu comme dans une guerre. Aussi doit-on s'attendre à ce que les organisations terroristes ou assimilées, capables de pirater des sites médiatiques comme Le Soir de Bruxelles ou TV5Monde, soient également en capacité de crypter toutes leurs communications, voire de distribuer des portables déjà sécurisés à leurs adhérents. Square, Blackphone, Cryptocat, RedPhone, TextSecure, Wickr, Ostel, PGP, autant de projets de résistance à la NSA et à ses affidés. Passez voir Branchez-vous pour comprendre comment plonger dans le trou noir et pourquoi ne resteront capturées que les métadonnées² des communications, du moins pour le moment et encore, ce qui est déjà beaucoup mais n'apporte la preuve de rien, sauf à transcrire tout. Colossal défi que relèverait un jour bientôt l'ordinateur quantique que développerait la NSA ? Il est loin le temps des supercalculateurs Cray One. L'agence recrute des matheux à prix d'or. Le cerveau peut battre le robot : avis aux étudiants doués en mal de projet, l'espionnage a besoin de vous, la création d'algorithmes² ne connaît pas ses limites.

Chignon-micro bientôt légal
Quant à ceux qui dénoncent la possibilité légale désormais d'infiltration de leur mouvement comme on l'entend chez La Manif Pour Tous³, ils manifestent une naïveté étonnante en pensant que celui-ci ne l'est pas déjà ! Tout mouvement politique est "observé" et la meilleure manière est l'infiltration, c'est un très vieux procédé à l'efficacité prouvée. Cette infiltration peut même être ouverte, la permission en étant demandée clairement au premier responsable de l'organisation visée en échange d'une tranquillité garantie pour sa famille et lui. Combien sont-ils ceux qui résistent à cette pression ? J'en connais aussi qui ont fermé boutique à première convocation de la DGSI.

Finalement pour combattre les contempteurs du Système et autres dissidents idéologiques, il suffit déjà de faire croire au populaire du retour de la Stasi, cette idée seule calme déjà les déviances comme c'est écrit dans "1984". Le projet de loi dont on parle en exagérant les effets puisqu'il ne s'agit que de légaliser des pratiques déjà anciennes, a fait la moitié du travail. Finissons-en par la question qui tue : la diffusion de moyens de protection de sa vie privée contrevient-elle à la loi de Renseignement Total 1984 et mérite-t-elle d'être condamnée en justice ? J'entends des pas lourds qui montent l'escalier, le poids du bélier sans doute.


Notes :
(*) le projet de loi a été voté en première lecture dans la nuit de mercredi par 30 députés (trente !) dont 5 ont voté contre. 30 sur 577 ! No comments.
(1) appartenant aux Five Eyes : USA, UK et ses trois dominions.
(2) algorithmes et métadonnées par ici (clic)
(3) lu sur Twitter


lundi 12 janvier 2015

Au-delà de l'étreinte à la gorge

- Lassana Bathily, héros? -
Les manifestations républicaines exorcisant le "vivre-ensemble", après la séquence terroriste du 7 au 9 janvier, ont convoqué trois millions de personnes en France ce week-end. C'est du jamais vu. On ne chipotera pas sur l'usage immodéré de l'adjectif "républicain" par le pouvoir pour simplement dire "liberté". Les personnalités d'envergure mondiale présentes à la République ont pu mesurer le sursaut citoyen du peuple de France, et cela nous servira indubitablement dans les enceintes internationales. Reconnaissons à M. Hollande d'avoir bien détecté l'ouverture qui menait aux poteaux. L'essai a été marqué.
A l'évidence le peuple, convoqué tant à Paris qu'en province, est moins bigarré qu'on ne le dit dans les amphithéâtres de sociologie. Peut-être qu'une partie de la population plus impliquée a préféré rester sur son quant-à-soi à fumer la chicha. Cela est une autre histoire mais les Français ne sont pas dupes de l'acquiescement tacite des musulmans de base à la punition divine des blasphémateurs, suivant en cela leurs hiérarques d'hier, même s'il y a d'heureuses et rares exceptions d'intelligence dans la communauté musulmane.

What next ?

On peut bien sûr virer le Dr Dalil Boubaker du rectorat de la Mosquée de Paris pour incompétence et double langage, bien qu'il soit le grand ami du prince Henri d'Orléans, exiger un "concile" refondateur de l'islam pour remplacer le Coran de Médine par celui de la Mecque suivant les recommandations du professeur Al-Deeb¹, mais il est des mesures à prendre sans attendre dans la foulée de cette émotion nationale :

Expulser de France les imams salafistes ou simplement non francophones, purger les associations des zélateurs douteux et cesser les subventions au motif de subversion, vider par tous moyens même légaux les caves des cités de leur armement, contrer avec la brutalité légale nécessaire les contre-manifestations en soutien du Califat terroriste et d'al-Qaïda, se saisir des prédicateurs de l'UOIF au moindre dérapage, et ce même s'il y a urgence ailleurs, au Nigeria et en Syrie-Irak sur notre zone d'effort. Commençons par nettoyer chez nous toute la crasse islamiste, sans attendre, c'est maintenant ou jamais.

Nous devrons aussi ouvrir un débat à un certain niveau sur les limites nécessaires à la liberté d'expression pour qu'elle s'exprime en plénitude et refonder pour ce faire nos codes qui sont flous et déséquilibrés permettant au pouvoir de les instrumentaliser au profit de sa propagande. C'est devenu insupportable, même en dehors des tonneaux d'injures qu'un Charlie-Hebdo déversait sous les acclamations d'une coterie irresponsable. Qu'on laisse la bride lâche jusqu'à la mort à de vieux potaches complètement allumés a de quoi faire réfléchir sur l'hypocrisie ou l'inconscience des régulateurs de notre société.



Pochette du Premier albanais à Paris


(1) cette lettre est reproduite ci-dessous sans les intertitres au cas où le site MEMRI (Middle East Media Research Institute) serait attaqué.

Cher Dr Dalil Boubakeur, Imam de la Mosquée de Paris,

J’ai visionné plusieurs vidéos dans lesquelles vous condamnez l’attentat contre le magazine Charlie Hebdo, qui a coûté la vie à un certain nombre de journalistes. Vous avez tenté de disculper l’islam de ce qui est arrivé. Vous avez même pleuré sur les musulmans au lieu de pleurer sur les victimes, en affirmant que ce qui s’est passé est un coup porté à l’ensemble des musulmans et que l’islam sanctifie la vie. Vous démontrez ainsi que vous vous moquez de la vie des journalistes assassinés et que votre seule préoccupation consiste à éviter que l’on accuse l’islam et des musulmans de ce qui s’est passé. Vous vous êtes contredit et vous avez prouvé que vous n’avez pas la moindre empathie pour les victimes. Vous avez perdu votre humanité par ces déclarations.

Mais soyons honnêtes, absolument honnêtes. Ne dit-on pas, en arabe, que de la franchise naît la tranquillité ? Parlons en termes médicaux, puisque vous êtes médecin de profession. Vous savez qu’un diagnostic erroné peut entraîner la mort du patient. Si vous considérez un cancer comme un simple mal passager, vous donnez l’occasion au cancer de croître et de détruire la vie du patient. Je pense que vous êtes d’accord avec moi sur ce point. Et il va de soi que le médecin, après le diagnostic, doit suggérer le médicament adéquat au patient afin de le guérir.

Permettez-moi de vous dire que votre diagnostic sur les événements d’hier à Paris ne saurait convaincre que les idiots et les hypocrites. Si vous n’êtes pas conscient de votre erreur, c’est un signe de votre ignorance. Et si vous savez que votre diagnostic est erroné, cela signifie que vous êtes malhonnête, pour ne pas dire un menteur.

Ce qui est arrivé à Paris est entièrement conforme à l’enseignement de l’islam tel qu’il ressort du Coran, de la Sunna de Mahomet et de tous les ouvrages reconnus de droit musulman. Est-il nécessaire de vous rappeler comment Mahomet s’est vengé de ceux qui l’ont critiqué ? Ne savez-vous pas ce que Mahomet a fait à Um Qarfa? Ne savez-vous pas comment le Coran stigmatise les poètes dans le chapitre qui leur est consacré et qui porte le titre «Les poètes»? Jamais Mahomet n’a admis la moindre critique à son égard ; il n’acceptait que ceux qui chantaient ses louanges, comme le font les rois et les chefs des pays arabes et musulmans aujourd’hui.

Pouvez-vous m’indiquer un seul pays arabe ou musulman qui permet de toucher à Mahomet ? Bien sûr que non. Où donc est la sanctification de la vie dont vous parlez ? La liberté d’expression et la vie des humains n’ont aucune valeur dès qu’on touche à l’islam, au Coran ou à Mahomet. Et je vous défie de me présenter la moindre preuve de l’inexactitude de mes propos. À moins que vous n’indiquiez des critiques contre Mahomet de la période mecquoise, quand il n’avait pas d’épée. Mais après avoir joint le pouvoir à la prophétie, il n’a plus toléré aucune critique contre lui-même ou le Coran. Et cela est encore vrai aujourd’hui.

Revenons-en à ce qui s’est passé à Paris. Vous avez certainement appris que lorsque les terroristes ont assassiné les journalistes, ils ont crié « Dieu est grand, le prophète Mahomet a été vengé». Ils se considéraient comme les exécutants de la loi islamique contre ceux qui critiquent Mahomet. Et ce qu’ils ont fait est conforme aux dispositions de la loi islamique. La question se pose : où l’ont-ils appris? Ne serait-ce pas dans des livres dont regorgent les bibliothèques des mosquées en France? Ne serait-ce pas dans les prêches des imams de ces mosquées?

En France, tout le monde a le droit de critiquer le judaïsme, le christianisme, le communisme, ainsi que leurs symboles et leurs ouvrages. Et les journalistes qui ont été assassinés ne s’en sont pas privés, sans tenir compte des susceptibilités des juifs, des chrétiens ou des communistes. Ce droit est garanti par la loi française. En refusant toute critique de l’islam, de Mahomet et du Coran même en France, les musulmans voudraient tout simplement y appliquer la loi islamique et brider la liberté d’expression. Tant que de telles idées dominent la mentalité des musulmans, ce qui est arrivé à Paris avec Charlie Hebdo pourra se répéter, avec le même magazine et d’autres. Ainsi, sous la menace de la mort, les musulmans veulent faire taire des intellectuels, des journalistes, des universitaires, des politiciens et touts ceux qui seraient tentés de critiquer l’islam et ses symboles. Ils veulent tout simplement établir en France une dictature islamique brutale, interdisant la liberté de pensée et d’expression.

Je vous invite à un moment de franchise avec vous-même. Vous dites vouloir le vivre-ensemble en France. Comment pouvez-vous imaginer la cohabitation entre musulmans et non-musulmans en France avec de telles idées? Ne voyez-vous pas que la société française est menacée par la guerre civile dont les musulmans seront les premiers perdants? Soyons honnêtes. Ne pensez-vous pas que de nombreux adeptes de votre religion en France, ou certains d’entre eux au moins, ont applaudi l’assassinat des journalistes de Charlie Hebdo comme ils ont applaudi les crimes de Mohamed Merah?

C’est le diagnostic que les personnes informées ne sauraiten mettre en doute. Ceci étant dit, il faut en déduire la nécessité de revoir l’ensemble des enseignements islamiques. On doit lever la sainteté du Coran, de Mahomet et de l’islam et permettre leur critique comme on le fait avec le judaïsme, le christianisme et le communisme. Les imams des mosquées de France doivent reconnaître la liberté d’expression prévue par la loi française et demander aux musulmans qui ne l’accepteraient pas de quitter la France. Et ce pour éviter la guerre civile entre musulmans et non-musulmans en France.

En ce qui concerne les mosquées, il faut surveiller ce qui y est dit et ce qui y est enseigné afin qu’elles ne deviennent pas des nids de terrorisme et d’extrémisme. Pour cela, je suggère que les mosquées soient ouvertes à tous, que les prêches soient prononcés en français, que les imams étrangers ne soient pas autorisés à y officier, et je propose de soumettre les imams actuels à des mesures administratives et éducatives. Vous savez sans doute qu’en Egypte les prêches sont distribués aux imams par les autorités étatiques, qui contrôlent la stricte observance de leur contenu. Tous les prêches des mosquées de France doivent être soumis à l’approbation préalable des autorités françaises ; ces prêches doivent être enregistrés et les contrevenants doivent être sanctionnés (…) Et ce, encore une fois, pour éviter la guerre civile entre musulmans et non-musulmans en France.

Il a été pendu sur instigation de l’Azhar. Ce penseur estimait qu’il fallait impérativement laisser de côté le Coran médinois, qui viole les droits de l’homme, et ne retenir que le Coran mecquois. Cela nécessite l’interdiction en France du Coran sous sa forme actuelle. Il faut exiger que tous les exemplaires du Coran, y compris ceux qui se trouvent dans les mosquées, soient dans l’ordre chronologique, en indiquant clairement que le Coran médinois est caduc en raison de ses incitations à violer les droits de l’homme. Les responsables de la religion musulmane doivent en outre reconnaître la liberté religieuse, y compris la liberté de changer de religion, de quitter l’islam. Les autorités françaises doivent imposer cette exigence sous peine de retrait de la nationalité française et de renvoi dans le pays d’origine.

Ce sont là des mesures que vous devez prendre en tant qu’imam de la Mosquée de Paris, et que doivent prendre les autorités françaises le plus rapidement possible afin de permettre le vivre-ensemble en France.

Veuillez agréer, Monsieur l’imam de la Mosquée de Paris, l’expression de ma haute considération.

Sami Aldeeb, Dr en droit, professeur des universités
Directeur du Centre de droit arabe et musulman


Et Philippe Tesson tel qu'en lui-même, protégé par son grand âge (dans sa 87ème année):

mardi 18 décembre 2012

De la milice et des armes à feu

La tuerie de Newton (Conn.) lève à nouveau la dispute sur la prohibition des armes. Bientôt 175.000 signatures au moment de notre rédaction sur la pétition en ligne contre l'accès aux armes déposée sur le site de la Maison Blanche. C'est une réaction normale, de notre côté policé de l'Atlantique, que de voir dans la capacité d'autrui de se fournir en armes de quasi-guerre la source de l'incitation à l'horreur. Une horreur telle que le perpétrateur souvent termine son hubris par lui-même tant la suite est présumée insupportable. Newton, les cheveux se dressent sur la tête, mais chez nous ?
Pour faire (très) court, nous n'avons pas de deuxième amendement dans notre constitution et les armes sont prohibées en détention et en transport sauf pour les adhérents de tir sportif et les chasseurs diplômés ; mais la kalashnikov aboie dans les quartiers de Marseille, le Colt 45 dans les villes de Corse ou à Toulouse hier, mais parfois ailleurs comme au Pontet (Avignon) où quelqu'un a rafalé une crèche municipale. Les gens ne lèvent plus les sourcils tant la chose est devenue banale, mais on tire beaucoup plus facilement aujourd'hui dans nos rues.

La situation réelle de certaines parties du territoire laisse accroire que les armes sont interdites à tous sauf aux malfaisants. C'est un peu ce constat simpliste que l'on applique à tort au Deuxième amendement du Bill of Rights américain du 4 mars 1789 : « A well regulated Militia, being necessary to the security of a free State, the right of the people to keep and bear Arms, shall not be infringed.». La sécurité de l'Etat commence par celle de chaque citoyen qui en a la responsabilité pour ce qui le concerne personnellement et doit être capable de défendre son carré dans le cadre d'une milice informelle d'Etat. On n'est pas loin du concept helvétique de défense territoriale qui est inapplicable chez aucun de ses voisins. A part les va-nu-pieds chicanos, on ne voit pas qui va envahir le Midwest !
Qu'importe l'absence de danger "extérieur", nous aurions bien du mal à vanter la prohibition aux Etats-Unis pour une autre raison : le pays est construit sur des individualités libres qui sont à la racine de l'Etat. Vous ne pouvez rapporter ou changer le Deuxième amendement sans reconstruire les principes d'Etat, à commencer par redéfinir la suppléance et la subsidiarité dans la gouvernance de la société américaine. Autant dire que c'est infaisable. La "loi du fort" en est la parfaite illustration et nous devons les bases de ce travail à Dominique Laborde dans Le Petit Juriste.

Les lois d'autodéfense américaines prévoient la retraite préalable de l'agressé dans son chez-soi pour prévenir dommages ou blessures indues et pour lui démontrer la volonté explicite de l'agresseur présumé de lui nuire. Cette précaution réalisée, le recours à la force dans le cas d'une intrusion au domicile et ses conséquences sont exempts de poursuites au pénal comme au civil. Mais il y a trois niveaux de sévérité de l'autodéfense selon les Etats.

Vingt-huit Etats¹ sur cinquante prônent la "loi du fort". En anglais, The Castle Doctrine. Elle ne s'applique qu'au domicile et à l'automobile et sous réserve des précautions précédentes, admet le meurtre de l'intrus si la porte a été forcée et si la police locale a enregistré un appel au secours. Ces Etats ont choisi d'encadrer l'autodéfense tout en respectant le Deuxième amendement.

Douze Etats² appliquent une jurisprudence fédérale de 1895 qui donne le droit de se défendre à partir du moment où l'agressé juge de bonne foi l'imminence d'un danger de mort ou de blessures graves. On introduit une dose de perception personnelle qui n'est pas appuyée sur des faits explicites comme précédemment, mais que le défendeur doit pouvoir expliquer. En anglais on l'appelle The Stand-Your-Ground Law. Plus simplement, la loi du fort exige des sommations quand celle-ci s'en passe.

Le Colorado applique la loi de Clint Eastwood dite Make My Day !. L'automobiliste qui stoppe devant la ferme est avisé de rester dans la voiture et d'appeler d'un coup de klaxon et de ne surtout pas descendre. Car il peut être descendu, sans sommation, hésitation ni murmure ou autre retard dommageable à une saine réaction. C'est le permis de tuer chez soi à discrétion.

Les autres Etats³ ont choisi de creuser la question au tribunal, mort par mort, c'est plus sûr. Au fait, si on supprimait les armes à feu pour défendre son chez-soi, rien n'interdirait de fabriquer une arbalète à trait de fer qui traverse un veau à dix mètres. Ce n'est donc pas si simple et Barack Obama l'a bien compris.




Laissons les belles âmes de Paris dénoncer la barbarie éclairée au gaz comme disait Churchill après son premier séjour outre-atlantique, et inquiétons-nous plutôt de la dégradation continue de la sécurité des personnes chez nous, qui va se terminer en un gigantesque arsenal privé, si on continue à "comprendre" ici les motivations des assassins quand ce n'est pas primer l'excuse sociale. Pour terminer, la révision constitutionnelle n'est pas une simple formalité aux Etats-Unis : après un vote aux deux tiers des deux chambres du Congrès, elle exige une ratification par les trois quarts des cinquante Etats de l'Union. Autant dire que le chantier à ouvrir est titanesque.


(1) Alaska, Cal., Conn., Fla., Ga., Hawaï, Ill., Ind., Ia., Kan., Me., Md., Mass., Minn., Miss., Mo., Nev., N.J., N.C., N.D., Ohio, Ore., Pa., R.I., S.C., Utah, W.Va., Wisc., Wyo.
(2) Ala., Ariz., Fla., Ga., Ind., Ky., La., Mich., Mont., N.H., Okla., Pa., Tenn., Texas, Utah, Wash. (certains Etats ont les deux selon les comtés ou les circonstances).
(3) D.C., Id., Nebr., N.M., N.Y., S.D., Vt.

vendredi 5 novembre 2010

Cameron coupe l'élan

" Zeal Does Not Rest " (l'infatigable élan), telle est la devise de l'Ark Royal, porte-aéronefs mythique que le premier ministre Cameron vient d'envoyer par le fond dans la Strategic Defense and Security Review (SDR). Brutal n'est pas assez fort. L'Angleterre est une puissance océanique depuis Henri VIII, qui construisit un véritable "système de guerre navale" avec un ministère et un budget indépendants, ses arsenaux en propre, des bâtiments de guerre dédiés en permanence aux ordres du pouvoir, un recrutement exigeant, une stratégie maritime. "Britannia rules the waves" : les intérêts anglais sont indissociables de ceux de la Royal Navy qui se couvrit de gloire sur les Sept Mers, et l'on comprend pourquoi sa réduction drastique suscite autant d'émoi dans les cambuses.

Securing Britain in an Age of Uncertainty¹, tel est le titre de la SDR 2010. Les états-majors phosphorent sur la guerre du futur sans aboutir à une certitude mais devinent plusieurs éventualités de niveaux et structures divers. On peut tout aussi bien voir s'affronter notre vieil occident et les puissances émergentes dans un conflit de haute intensité, que participer au confinement de pouvoirs régionaux dopés à la testostérone atomique, que contrer le djihad asymétrique d'un islam en guerre ouverte contre le reste du monde, que parer un blitzkrieg cybernétique capable de détruire les réseaux industriels et bancaires du pays. Sans compter l'imprévu ! Chaque réponse absorbe des moyens complètement différents et convoque une ingénierie distincte. Or, eux comme nous, n'ont d'argent pour tout faire ; même les Etats-Unis ont de gros doutes sur la pertinence de certains systèmes d'armes impressionnants certes mais inefficaces au résultat.

Ne pouvant reprendre ici tout le projet Cameron qui vise à réduire de 25% l'enveloppe globale de Whitehall, attachons-nous au volet "marine" puisque nous y sommes impliqués. Selon l'almanach Flottes de Combat, nos deux marines de guerre s'équivalent, ce qui facilite une coopération. Dans les bâtiments d'escadre, nous alignons un porte-avions, deux porte-aéronefs, treize frégates de tous types, six sous-marins nucléaires d'attaque. La permanence à la mer de notre dissuasion est assurée par quatre sous-marins lanceurs d'engins. L'Amirauté aligne trois porte-aéronefs, onze frégates, douze sous-marins nucléaires d'attaque . Sa dissuasion repose également sur quatre sous-marins lanceurs d'engins. Le tonnage de bâtiments ancillaires (avisos et amphibie) est du même ordre de grandeur et au final, nous avons de part et d'autre le même nombre de navires, cinquante-deux.

Outre la suppression de quatre mille postes budgétaires de marins, le cabinet Cameron désarme immédiatement l'Ark Royal et ferraille sa flottille de chasseurs Harrier à décollage court. Les deux porte-avions budgétés seront terminés (2016-2020) car il en coûterait plus cher de les arrêter. Un seul sera maintenu en service. Le Queen Elisabeth sera doté de catapultes et brins d'arrêt pour accueillir les avions alliés, français et américains. Le second sera naphtalisé par l'Amirauté dès qu'il sera reçu. D'aucun pensent que si la situation budgétaire l'exige, celui-ci sera vendu ; à l'Inde ? comme le suggère la Section Défense des Communes ? A noter que ces bâtiments n'auront aucune flottille britannique embarquée avant 2020. Si les quatre sous-marins stratégiques sont conservés, les têtes des engins balistiques, qui ne seront renouvelées que dans cinq ans, seront simplifiées et le nombre d'ogives nucléaires divisé par deux. Quatre autres bâtiments d'escadre seront désarmés. Les neufs gros patrouilleurs maritimes Nimrod-4 sont abandonnés. Par contre sept sous-marins nucléaires d'attaque (type Astute) sur douze sont maintenus.
Tous les chasseurs Harrier seront progressivement retirés du service en 2012 car trop chers à entretenir. Il faut payer les contrats Eurofighter Typhoon et JSF35 américains de la Royal Air Force qui deviennent hors de prix même réduits en nombre. Le Commander John Muxworthy, patron du UKNDA (UK National Defence Association) qui soutient les Armées, a déclaré dès la publication du rapport que "la Marine allait être décimée, ce qui était impardonnable et que l'histoire n'oublierait jamais". Mais que faire sans guinées ? Taxer la Reine ?

Par la réforme de ses trois armées qui sont recentrées sur leur coeur de métier sans concessions à la nostalgie d'une grandeur enfuie, la Grande Bretagne largue la défense des intérêts flous assumée par les cabinets Blair et Brown, ces guerres coûteuses que l'on ne gagne ni ne perd, et qui engagent l'ennemi trop loin des lignes critiques d'attaque. La SDR 2010² établit clairement l'utilité des armées britanniques : d'abord (i) garantir la sûreté et la résistance du Royaume-Uni, dans sa population, son économie, ses infrastructures, son territoire et... son mode de vie. Ensuite, (ii) oeuvrer à la stabilisation du monde et veiller aux intérêts du pays outremer sans s'interdire d'éradiquer les menaces à leur source. On verra peu dans le futur les armées de sa Gracieuse Majesté pacifier de grands territoires jusqu'à l'enlisement pour plaire à la Maison Blanche, mais elles resteront en capacité de frapper vite et fort contre les menaces distantes. Du moins c'est ce que le cabinet Cameron essaie de vendre³, un peu comme Hervé Morin le fit dans son Livre Blanc, pour se déjuger ensuite sur fond de crise financière internationale.

La SDR était à l'agenda de la rencontre au sommet Sarkozy-Cameron d'avant-hier. La France y est déclarée partenaire militaire principal du Royaume Uni depuis notre retour au commandement atlantique intégré. Les Anglais, obligés de coopérer pour maintenir leur rang, choisissent un partenaire à leur taille qui ne les embarquera pas dans une aventure. Ils résolvent ce faisant plusieurs failles critiques du dispositif naval français, à commencer par la présence permanente à la mer d'un groupe aéro-naval. L'affirmation maritime de notre souveraineté ne peut se conduire avec le système à éclipses actuel du Charles-De-Gaulle. Si nous avions de l'argent, nous pourrions même acheter leur second porte-avions, ce que le rapport nous suggère d'ailleurs. A défaut, nous pouvons répartir entre nos deux pays la formation du groupe aéro-naval en modulant sa composition en fonction des navires disponibles à la mer chez chacun. L'autre impact de la réforme anglaise est indirect : c'est la réhabilitation du Rafale. Cet avion multi-rôles a été beaucoup critiqué par ses concurrents. Si la mise au rebut des Harriers de l'aéronavale laisse la Grande Bretagne avec deux modèles d'avions de combat modernes (Tornado et Eurofighter Typhoon), ces modèles sont typiquement "continentaux" car non embarqués. Le JSF35C américain n'arrivera pas avant 2020. L'argument de la polyvalence renaît.

Ce billet a paru dans l'Action Française 2000 datée du 4 octobre (N°2804) sous le titre "La Navy coulée par la crise".

Notes :
(1) : Mettre la Grande Bretagne en sûreté dans un âge d'incertitudes
(2) On peut se procurer la SDR en ligne par ici
(3) Le programme politique de défense de la coalition au pouvoir est accessible par là


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jeudi 28 mai 2009

Sarko d'Habi

cartes des bases françaises
Nous sommes plus engagés par l'accord de coopération militaire franco-émirien de 1995 doublé d'un "partenariat stratégique" que par le traité de l'Atlantique Nord ou que par les accords de défense françafricains, car il s'agit en fait d'un accord de défense automatique : « Si l'Iran attaquait les Emirats, nous serions aussi attaqués !» reconnaît le porte-parole de l'Elysée, et M. Sarkozy de le confirmer avant-hier, en inaugurant la base Harpon d'Abou Dhabi : « c'est dans les coups durs qu'on reconnaît les vrais amis ».
Il est à souhaiter que le dauphin Jean de Neuilly garde près de lui son paquetage, car il n'est pas pensable que des calculs commerciaux exposent nos armées au feu des missiles iraniens sans que le pouvoir n'y mette le soupçon de patriotisme nécessaire en la personne du fils du président, comme le font les Britanniques.

Rappelons quand même que ces accords nous ont permis de vendre des Mirage 2000 que nous espérons remplacer par 60 Rafales, des hélicoptères Tigre et quatre centaines de chars Leclerc dans une configuration si avantageuse pour le client qu'elle a coulé le GIAT¹ de Roanne. Nous visions une coopération industrielle dans le nucléaire civil mais Obama nous a soufflé le marché le jour de l'Ascension (p...taing de pont !).

bouquin Chirac d'Arabie (Grasset)Le bâton merdeux (plus facile à prendre qu'à lâcher) de l'accord franco-émirien est un legs ... de Jacques Chirac, le même qui a fait constitutionnaliser le principe de précaution ! C'est son ministre dans le vent François Léotard qui en 1994 concocta le piège à dents où nous pouvions glisser le pied, dans une rédaction de cabinet, difficile à obtenir aujourd'hui ; cabinet où sévissait un certain Hervé Morin, conseiller technique des relations avec le parlement ; parlement tenu à l'écart comme il en va aujourd'hui même des conditions de rehaussement des accords émiriens antérieurs classées sujet sensible et confidentiel.

Si l'on observe l'exposition française sur le Golfe persique, on peut justifier le point d'appui aux Emirats comme participant à la sûreté de nos achats d'énergie et huilant nos exportations en tous genres, d'abord militaires ; à la réserve près que cette zone s'appelait encore il y a trente ans la "Côte des Pirates", sous domination anglaise. Il n'est à l'Arabe d'ami qu'arabe. La fraternisation d'avant-hier ne doit pas nous faire oublier que nos "frères" trafiquaient, il y a peu, dans les tapis, les blanches, l'or, les pistaches et l'opium, et que nos valeurs partagées sont en réalité très rares. Pour le huilage, ils s'y connaissent aussi.

Quant à soutenir comme le président béarnais du MoDem que « cela signifie que la France peut se trouver engagée dans un conflit sans l'avoir voulu », on objectera qu'il est bien fini le temps où nous "voulions" un conflit ! Se targuer d'une diplomatie universelle implique l'exposition à des conflits de toutes sortes. On peut aussi replier les ailes et ne promouvoir au-dehors que les pastourelles inégalées de nos vieilles provinces : pour vivre heureux, vivons cachés!
Revirement stratégique dit Bayrou ? Désaveu de la "politique chiraquienne" ? Plutôt, persistance de la politique arabe de la France, exaltée par ce même président Chirac comme l'avait expliqué en 2006 l'excellent bouquin d'Aeschimann et Boltanski.

aviso Cdt BirotMais le volet bizness est plus visible aujourd'hui. Au moment où nous bombons le torse, nous aimerions que Téhéran baisse le son de ses centrifugeuses afin que Total puisse redémarrer le champ de gaz South Pars sans encourir les foudres de la Maison Blanche. Renault s'engouffrerait dans la brèche éthique pour accroître sa production iranienne de Tondar 90 (Logan rebadgée) à destination des marchés intérieur, irakien et afghan. Au nord, nous ne traitons plus le premier ministre irakien de trouduc (Kouchner, première visite à Bagdad débinant Jawad al-Maliki comme sursitaire) afin de renouer avec les coopérations sadammites interrompues par la paire infernale Bush-Cheney. S'ajoute à ce dispositif impressionnant celui du Quai d'Orsay traditionnel, bienveillance envers les Kurdes (legs de Pierre Rondot), ingérence pédagogique au Liban jusqu'au coeur du Hezbollah par le canal du général Aoun, indulgence vis à vis de la Syrie alaouite, miséricorde avec la Palestine émiettée par nos amis de toujours israéliens. Manquent à cette liste, nos amis francophiles d'Egypte et de Tunisie, en sus de nos relations spéciales avec le royaume chérifien qui a trébuché du pied gauche dans la confiance en achetant des F16 au lieu de nos Rafales, mais du pied gauche ça porte bonheur.

François Georges PicotCe panorama de la politique arabe de la France est un patchwork dans lequel nous ne distinguons pas d'axes structurants. Et pour cause ! Après analyse, ce désordre est justifié par l'absence de tout axe structurant dans le monde arabe, sauf une confrontation congénitale avec l'empire perse et une méfiance avérée vis à vis des héritiers de l'empire ottoman, nos deux alliés historiques (XVI° et XVII°).
Ainsi le monde arabe était-il pris jadis en tenaille dans les branches d'une pince, à l'ouest: la Sublime Porte et à l'est: la Perse. Nous avions nos entrées de longtemps quand par un heureux hasard les hégémonies autrichienne et anglaise n'en avaient pas. La liquéfaction de l'Empire ottoman dans les vapeurs des harems affaissa le niveau d'accès, ce qui provoqua l'invasion prussienne (Guillaume II) et l'expansion de l'empire britannique sur les champs de naphte, puis les accords Sykes-Picot au bénéfice de Londres.

Difficile donc de se réinsérer en situation d'influence comme autrefois, d'autant que notre loyauté a été remise en cause lors de la première guerre d'Irak (nous avons donné au Pentagone les codes des radars CSF irakiens), que notre pugnacité a été mise en doute par le refus à l'obstacle de Chirac et Villepin en 2003, et que le déploiement de nos "moyens" n'impressionnent plus grand monde s'ils le firent un jour, sur une zone envahie d'escadres. Nous sommes devenus un acteur technique, pas stratégique. Il vaudrait mieux jouer à fond la carte "expert" plutôt que celle des effusions dégoulinantes qui ne trompent plus personne, à commencer par les gens de notre protectorat libanais abandonnés aux bombardements israéliens pendant 34 jours en 2006, sous le menton vengeur de Pinarque d'Arabie, complètement gelé dans cette affaire, sans parler de la communauté copte persécutée en Egypte au motif scabreux de la grippe porcine sans que ne moufte le casher du Quai.

Aussi nos frères émiriens ne doivent-ils pas se faire trop d'idées quant au secours que nous leur apporterons en cas d'attaque frontale iranienne. Il nous faudra du temps pour mobiliser, si déjà Bayrou ne déclenche pas la grève générale des dockers de Bayonne.

carte des Emirats

Note (1): Groupement Industriel des Armements Terrestres devenu Nexter



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lundi 5 janvier 2009

Nicolas va aux Echelles

Mechaal« Le Hamas et les forces palestiniennes ont offert une occasion en or d’apporter une solution raisonnable au conflit israélo-arabe. Malheureusement, personne ne s’en est saisi, ni l’administration américaine, ni l’Europe, ni le Quartet. Notre bonne volonté s’est heurtée au refus israélien que personne n’a la capacité ou la volonté de surmonter. Dans le document d’entente nationale de 2006 signé avec toutes le forces palestiniennes (à l’exception du Jihad islamique), nous affirmons notre acceptation d’un Etat palestinien dans les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem comme capitale, sans colonies et avec le sujet (ouvert, ndlr) du droit au retour. C’est le programme commun aux forces palestiniennes. Certaines veulent plus, d’autres moins. Ce programme date de trois ans. Les Arabes veulent quelque chose de similaire. Le problème est en Israël. Les Etats-Unis jouent un rôle de spectateur dans les négociations et ils appuient les réticences israéliennes. Le problème n’est donc pas le Hamas, ni les pays arabes : il est israélien. » (Khaled Mechaal, à Damas le 22 décembre 2008)...

Le cessez-le-feu avec Israël à Gaza est arrivé à échéance le 19 décembre. La guerre actuelle est logique dès lors qu'Israël gère tous "accords pansémites" en fonction de ses intérêts immédiats, sans vista aucune sauf l'obligation de franchir à chaque fois la semaine qui vient, ou les élections qui pointent leur nez !
En fait l'Etat hébreu veut l'eau et tous ses captages, la terre arable et les périmètres de friches qui les protègent, la main d'oeuvre palestinienne docile embauchée à la journée, et la garantie internationale de non-ingérence dans les dispositifs de sécurité de son choix exclusif, le tout en mémoire de l'Holocauste ! Les Palestiniens paient très cher la Shoah allemande !
La seule fois où un homme d'Etat voulut sortir du schéma petit joueur, il en est mort : Yitzhak RABIN assassiné par les siens en 1995 !

LivniQu'à cela ne tienne, le petit reître guette les unes et s'impatiente : il va aller chercher la paix où elle se trouve¹. Eric Woerth (pourquoi lui ?) communique que Nicolas Sarkozy se rend dans la région sans plan préconçu. L'offensive israélienne rend ce voyage plus difficile mais aussi plus nécessaire car, en l'absence de leadership américain, Nicolas Sarkozy est le seul à être capable de prendre ce genre d'initiatives (sic).
On ne se prend pas pour le premier venu, même si Mme Tzipi Livni a fait le voyage de Paris au premier de l'an pour nous dire de surveiller de près nos oignons ! La partie de croquet élyséen ne passe par aucun des acteurs aux manettes cette semaine : Livni et Barak (Défense) seront approchés aujourd'hui pour la forme par la mission tchèque de l'Union européenne qui ne conviera pas M. Sarkozy à l'entendre, mais le rejoindra à Ramallah pour embrasser l'ectoplasmique Abou Mazen ; Mechaal ne peut être programmé - seul Jimmy Carter sait le voir. Obtiendrait-on le soutien bien improbable des présidents el-Assad et Ahmadinedjad pour faire plier Hezbollah et Hamas que le succès serait vain, Israël n'étant pas intéressé par la paix aux conditions internationales. A preuve son désintérêt de toutes résolutions onusiennes. Alors pour ne pas faire perdre 36 heures précieuses à l'audimat, Bigard sera-t-il du voyage ? Un lâcher de salopes au Mur des Lamentations ferait du chiffre sur CNN et sauverait le match !

Plus vraisemblablement, l'acharnement diplomatique provoquera une importation de l'affrontement sur notre sol, ainsi que les prémices en ont apparu place Saint-Augustin samedi dernier. La "banlieue", pour majeure partie arabe et/ou musulmane, prendra fait et cause pour le Hamas contre le pouvoir d'ici, noyauté par les Juifs et leurs alliés. Israël étant désormais engagé dans l'excavation et l'éradication du Hamas (sa propre créature ! ne l'oublions pas), les dommages décidés ou collatéraux ne pourront que croître, obligeant les relais palestiniens à suréagir, et donc à intensifier le fracas médiatique sur tous les espaces ouverts comme ceux des démocraties occidentales.

Nous risquerons-nous à concentrer en camp les agitateurs par milliers qui auront débordé nos gardes mobiles ? Le but n'est pas l'Ordre, on le saurait ! Le plaisir du prince est dans la solution de conflits, le rêve de tout avocat-président de la République. Si ça foire, reste l'avion !


rush à Gaza

Note (1) : le tourbillon diplomatique de 2 journées doit toucher dans l'ordre : Hosni Moubarak, Mahmoud Abbas, Ehud Olmert, Bachar el-Assad, le président Sleimane, Fouad Siniora, Nabi Berri et le contingent français de la FINUL. Ouf ! Faut amortir le kérosène !
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vendredi 4 juillet 2008

Réarmons, maintenant !

Ce billet est le troisième d’une séquence commencée au Livre blanc 2008 de la Défense nationale, et continuée par la décoloration otanienne de la Politique étrangère de sécurité commune de l'Union européenne :
1.- Du Livre blanc de Morin
2.- PESD in NATO


réarmement mental
3.- Des ambitions françaises pour le semestre sarkozien, nous reconsidérons celle d'une défense commune. A moins que la défense ne soit là que pour faire sérieux dans le chapitre "Com", je doute qu'avec une réduction affichée de nos forces, même virtuelles, et un tassement de nos budgets militaires, nous nous essayions à convaincre les partenaires majeurs de nous suivre dans cette resucée de la CED. Et pourtant, lorsqu'on interroge les peuples d'Europe occidentale, le premier projet qu'ils souhaiteraient voir aboutir est celui d'une défense commune européenne, qui trahit un réel besoin de protection physique. Encore une fois il y a loin de l'Opinion aux Gnomes, tétanisés sur la consolidation de leurs prébendes ! ...

Mais une défense n'est pas que l'addition de moyens nationaux et la construction d'une pyramide organisationnelle, même si les généraux ne s'intéressent qu'à elle. Sauf à la remettre dans les mains de soldats-mutants commandés par supercalculateur, une défense commune est d'abord servie par des peuples qui méritent d'être défendus et qui s'estiment tels !
Le second point important : une défense doit préparer le pays à la guerre totale même si le terme est devenu un gros mot qui ne désigne plus les ministères éponymes. Toute autre défense que la guerre est une escroquerie passible de ligatures au bois de mitraille. Nos grands esprits feraient mieux de s'en souvenir qui ne parlent que de gérer les crises.

Jean_II Mériter d'être défendu, survivre à une intention de guerre totale, à sa déclaration ouverte, n'est pas corrélé à la puissance des escadres, mais passe par un autre gros mot : le réarmement moral. Ce réarmement doit assurer notre survie, mais facilitera grandement l'adhésion des autres pays européens pour l'instant très dubitatifs quant à notre combativité nationale. Ils suivront la France "éternelle" - celle qui tout compte fait suspendit sa course à la mort de Louis XV -, moins sûrement celle de M. Sarkozy et jamais celle de Chirac-Ganelon ni de Napoléon Premier l'Envahisseur.

Réarmement moral ?
Certains s'agitent déjà sur leur chaise aux prémices de l'épuration ethnique préalable, en souvenir de la cohésion animique du peuple gaulois prenant d'assaut les fascines de Gergovie. Ils perdent leur temps, le danger n'est pas dans les yeux de l'ex-étranger résidant ici mais dans notre propre irrésolution à promouvoir l'essentiel de la "race".
Réarmer moralement oblige à réassimiler les valeurs patriotiques de base qui elles-mêmes, au-delà d'une saine nostalgie, convoquent les vertus de la "race française", cette race unique au monde, qui n'est pas un type physique primitif (déçus ?) mais un type moral et culturel, précipité séculaire de qualités enviées par tous les autres, qualités dressées ensemble par l'exercice d'une langue mathématique rare, avatar moderne du grec original. Peut-on énoncer ces vertus ? Pas simple mais ce blogue étant gratuit on me pardonnera d'en oublier :

CameronLa première vertu (pour Royal-Artillerie) est le courage (ou force). Aux temps anciens la pire des calamités dans une progéniture mâle était la couardise. En mêmes temps la furia francese était redoutée car imprévisible et dévastatrice.
Le sport est le vecteur le plus complet du courage, il doit être enseigné à tous qu'ils y réussissent bien ou moins bien. Le peuple n'est pas que la pépinière des champions mais il est bon que les participants en côtoient. L'émulation ultérieure sous la pression de conditions anxiogènes comme on les rencontre à la guerre, déclenchera la mémoire de comportements collectifs positifs, comme d'initiatives individuelles héroïques. De la bravoure, il en reste assez dans l'ADN culturel pour la multiplier.

La deuxième vertu est moins gauloise que la première et participe de l'instinct du loup qui ne doute pas que la horde organisée soit supérieure à une plus grande meute groupée mais pas commandée. C'est l'obéissance revenue du vieux fond "franc" qui recèle ce réflexe d'organisation pyramidale de l'autorité. Celle-ci commence de s'exercer naturellement à la maison puis à l'école, en se gardant de tomber dans l'autoritarisme qui est l'autorité des sots. L'ancien service militaire faisait office de piqûre de rappel ou de session de rattrapage. Mais puisqu'il n'est pas possible de le restaurer, il conviendra de lisser cette "rééducation" sans camp, tout au long du parcours scolaire. Messieurs les maîtres, à vos verges ! Aschieri a ses crampes libératrices.

Denis DiderotLa troisième vertu est la plus française, la plus classique et si elle ne participe que de loin aux combats, elle est indispensable à l'estime de soi et au prestige du groupe : c'est l'esprit français ! La finesse spirituelle, l'art de dresser les silhouettes et de faire vivre le mot heureux, la profondeur pénétrante aussi des réflexions, une analyse déliée des phénomènes, cette vitesse prodigieuse de synthèse, cette manière élégante de l'exprimer et une gaîté de conclusion ! On devrait réintroduire la Rhétorique exercée dans les quatre dernières classes du secondaire. Nous ne sommes ici en compétition avec personne sauf les morts. Mais quelle force intérieure, et communicative en diable ! Les tenants de la francophonie dressent-ils l'oreille ? Qu'ils y aident !

La quatrième vertu est le sens de la justice dans l'honneur, au pays de la Loi. La "race française" n'est pas répertoriée dans l'Histoire pour son goût des massacres, des représailles, de la force aveugle, même si elle y a pris quelquefois sa part. Cela tient d'abord au respect inné de la Loi, mis à mal ces temps-ci par la faiblesse de la réaction publique au désordre. Il convient de restaurer l'ordre préalablement à la justice, et que dans l'esprit citoyen la Loi retrouve le caractère sacré qu'elle eut autrefois, dès l'école primaire. L'exaltation du Droit et l'Honneur qui préside à sa défense, tempèrent la fougue, quand nous l'aurons retrouvée, et laissent l'esprit clair pour réussir les choix délibérés sous tension. C'est une condition de pertinence de l'analyse préalable et d'applicabilité de la synthèse, c'est aussi le bon détonateur du dévouement.

candélabre aux 4 vertusPeut-être que ces quatre vertus seront débinées par les tenants de l'existentialisme et de la recherche individuelle du plaisir, mais le réarmement moral s'il est contré par une corporation à des motifs idéologiques devra être précédé du désarmement de cette catégorie rétive ou néfaste. "Kerguelen Sex & Sun Paradise" vient d'ouvrir sa première agence à Paris ; faisons-y des réservations pour d'autres !
Aucune des vertus citées n'est une "valeur" sociétale, pour la simple raison qu'elles sont de piètre renfort dans le réarmement moral visant une situation de guerre, et ne participent que d'un choix collectif plus ou moins assumé en fonction des préférences ou dérives du temps. De même la foi religieuse peut être d'un grand secours dans les périls mais comme elle est une grâce, la forcer conduit à se leurrer sur la réaction finale qu'elle devra déclencher chez le croyant au feu. Aussi la laisserons-nous à la sphère intime.

Après le premier choc mécanique d'une guerre vraie, il n'y aura que trois suites à écrire : notre capitulation, notre complète victoire, un résultat indécis. C'est le troisième cas qui nous intéresse car le plus probable. Les ondes du choc pénètreront tout le pays qui, soit se redressera sous l'outrage, soit attendra dans la stupeur la manifestation d'un recours comme l'Histoire le lui suggèrera. Pétain, De Gaulle ? Le désarmement actuel laisse pencher pour Pétain. Mais si le pays se redresse, à prouver donc que ses vertus fondamentales sont intactes, il sera capable de phagocyter l'adversaire comme nous le fîmes souvent depuis l'aube des temps, lequel deviendra fier d'entrer parmi la race "conquise". Nietzsche disait de la France qu'elle est une matrice capable de digérer ses envahisseurs, mais c'était en 1886.

Repoussons par hypothèse l'éventualité d'une guerre ouverte à vingt ans, il reste moins d'une génération pour un réarmement moral, tendu vers le retour d'une certaine discipline nationale, dont la définition la plus courte est de risquer la vie mortelle de l'individu pour sauver la vie immortelle de la communauté populaire. Vingt ans c'est peu, et d'ici là aurons-nous eu la capacité de reconstruire l'armée matérielle qui nous fait défaut aujourd'hui ?

L'aube le cède à l'aurore, avant le soleil les lis montent au mât, et les cors d'harmonie appellent l'âme de la Nation sous les armes.
Rions sous les bombes ! C'est gratuit !



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mercredi 25 juin 2008

PESD in NATO

écusson EurocorpsLa Communauté* européenne de défense recyclée en pôle européen de défense au titre de la PESD** est un modèle d’hypocrisie dans le cadre de la Marche à l’Empire ! Avez-vous mené une horde de chats paître les moineaux au verger ? C’est à peu près ce que les présidents de la République française tentent de faire depuis dix ans en matière de stratégie. La démarche est sous-tendue par cette vieille défiance vis-à-vis de l’OTAN que nous sommes les seuls à ressentir mais que tous nos partenaires connaissent de nous. Un ministère européen de la Défense redonnerait du lustre à la pensée militaire française, procurerait des postes aux généraux sans troupe que le Livre Blanc va débarquer, et marquerait les frontières européennes de l’urine de notre indépendance. Après le consentement effectif des peuples concernés, aujourd’hui présupposé, il n’y manque que le principal : … le Nerf ! Je ne crois pas tellement exagérer ...

challenger UKD’autant moins que nos difficultés budgétaires apparaissent ci et là dans le débat d’orientation, au point de laisser croire aux autres que nous chercherions à mutualiser la dépense et à privatiser la gloire. En outre les exemples d’engagements militaires fournis pour exalter la convergence hors de la suzeraineté américaine sont tous des cas de non-guerre et s’apparentent à des opérations de gendarmerie de masse ; y compris l’engagement afghan, même si les gueux de la montagne s’avèrent particulièrement retors. La première définition qui ressort des textes préparés pour cette communauté de défense est la « gestion » des crises internationales. Pas d’odeur de cheddite dans le classeur. Au résultat, nous souhaiterions déployer sous notre commandement un corps de bataillons humanitaires coalisés, les médecins-pompiers-gendarmes sans frontières, mais quant à engager à chaud les futures brigades aéro-blindées russes, il nous faut encore réfléchir ! Pourquoi ?

Tigre FRLa guerre « ensemble » convoque la confiance au-delà de la convergence des perceptions. Or, les pays de l'Est ont moins confiance dans la France en guerre que nous le laissent croire les directeurs de l’OIF (francophonie). Ce pays a un réflexe fâcheux de dérobade. L'histoire est plus vivante à l'Est qu'à l'Ouest où les fabulistes sont en charge de son enseignement. A Munich, nous avons livré notre frère tchèque, notre frère puisque la Tchécoslovaquie d'alors se considérait comme le jumeau slave de la République française ; tout y était pareil, la culture et les arts étaient français, les industries collaboraient, les universités s'interpénétraient, les relations étaient si étroites et amicales qu’il n’y a plus d’exemple d’une pareille « fusion » de nos jours, même avec le Liban, tant célébré. Chamberlain n’en eut cure ; Daladier en période électorale, approuva. Ils furent acclamés.

En 39 nous avons déclaré la guerre "Pour la Pologne" mais n'avons pas attaqué le Reich, comme prévu aux accords de défense franco-polonais pour obliger la Wehrmacht à diviser ses forces. En 40 nous avons conclu un armistice séparé de confort, laissant le Royaume Uni seul à encaisser tout le choc de l’offensive allemande ! Quatorze pilotes français sauveront l’honneur à la bataille d’Angleterre sous la cocarde anglaise (quatre seulement finiront la guerre).

Leopards CAN
Pendant la guerre froide qui suivit la guerre de Corée, nous devînmes l'interlocuteur occidental privilégié des Soviétiques auxquels nous faisions mille grâces ! Nous avions même retiré d'URSS tous nos "honorables correspondants" sauf un, l’officier du SDEC de l'ambassade à Moscou. Nous étions aussi le grand ami des Ceaucescu(!), et décalquions de nos modèles yougoslaves l’autogestion des entreprises publiques et la DOT (défense opérationnelle du territoire). Nous étions mentalement intoxiqués par le marxisme-léninisme à tel point que le président Vaclav Havel en visite pour la première fois en France en 1994(!) en détecta immédiatement les nombreuses empreintes et déclara lors de son retour à Prague qu’il revenait d’une Union soviétique qui aurait réussi (je radote, je sais l’avoir déjà dit, mais ces gens perçoivent des réalités imperceptibles par les addictés au socialisme !).

EurofighterEn pleine guerre froide et pas si loin de son pic d’intensité que fut la crise de Cuba de 1962, nous avons quitté en 66 les commandements OTAN qui ont été chassés de France, mettant notre propre pays en grave danger car notre capacité de défense sur le théâtre continental était alors ridiculement basse ; ce retrait a bien sûr fragilisé l'Alliance durant toute la période de son redéploiement, et le « French Denial » devint un paramètre permanent de tous les exercices alliés ultérieurs ; traces indélébiles qui ressurgirent dans la presse américaine à l’occasion de la seconde guerre d’Irak.
Il est très présomptueux de notre part de croire que les pays de l’Est achèteront « notre » pôle européen de défense autonome, parce que tout simplement ils ne croient qu’à l’OTAN et à la détermination américaine ; celle-là même qui nous mettrait justement en danger selon notre lecture des causes d’une guerre. Au premier conflit d’intérêts stratégiques au sein de l’Alliance en période de crise internationale, nous nous retrouverons seuls ! Dans l'effroi, tout le monde choisira le Choc yankee à la Négociation philosophique française. Le président Sarkozy ressent des vibrations de ce genre mais ne peut les publier. Sa seule porte de sortie est de différencier les niveaux d'opérations :

Abrams USA l’Europe militaire, le ministère européen de la Défense, la gestion des crises de basse intensité et des cataclysmes naturels dans sa sphère géographique d’influence ; l’empire d’Alexandre le Grand (humour)?
A l’OTAN, le ministère occidental de la Guerre, l’immanence de la menace occidentale, la conduite de la guerre absolue (au sens de Clausewitz). Ce n’est pas traîner de sabres que de vouloir faire peur. Sage attitude au contraire !

La guerre vraie est-elle envisagée dans la PESD ? C’est un peu la question que les Américains nous posent, agacés de voir la riche Europe soigner ses modèles sociaux en réduisant ses budgets militaires. La Menace peut être évaluée par les analystes géostratégiques en azimut, calendrier et intensité, mais en aucun cas ceux-ci n’ont conclu à sa disparition, car la guerre est le propre de l’homme comme son rire ! Combien de fois me suis-je surpris dans le RER à maîtriser des pulsions de meurtre ?

Or pour vendre le projet de musculation de la PESD**, les Européistes à tout crin minimisent l’éventualité d’une guerre totale ou absolue, confiants dans la méthode Coué des discussions apaisantes, des conférences à l’eau glacée, des pauses-cafés explicatives, et des casques blancs d’interposition à compte de tiers.

UN Leclerc FR
Il est une conséquence de la PESD que nous préférons ne pas voir non plus, au contraire des Slaves qui la craignent ouvertement : que les Etats-Unis, à bout de souffle budgétaire et mobilisés sur le Moyen-Orient et le Pacifique nord, sautent sur l'occasion de la création d’un grand pôle de défense européenne pour retirer toutes leurs forces du sous-continent, laissant la riche Europe des Lumières se démerder. Comme les Européens seront incapables démocratiquement d’accroître leurs budgets militaires pour se mettre au niveau requis, en les doublant au moins car en dessous de 4% du PIB global nous ne ferons peur à personne, la Russie de Poutine ou une coalition du Croissant seront susceptibles de venir un jour ici dicter leur loi.

une flotte OTAN
Seule notre capacité physique et mentale de délivrer le Choc sera respectée par nos contempteurs, et la PESD c’est de l’eau tiède. La préparation d’une guerre ne doit être conduite que pour écraser les armées ennemies et les anéantir. Tout autre tentation de gradation de la riposte, d’apaisements préalables, affaiblit ostensiblement la garde, insinue le doute de notre résolution dans l’esprit de nos adversaires, ouvre des couloirs de contournement pour nos alliés les moins sûrs. Même si la conduite d’une guerre déclarée doit garder toutes les options possibles dans le cartable d’état-major, elle doit être annoncée comme implacable et brutale. Plus violemment vise-t-on l’éradication rapide des forces militaires ennemies, plus sûrement on protègera son peuple des souffrances d’une guerre interminée qui peut devenir totale, sinon subversive, et rapidement fatale dans l’état de désarmement moral où se trouvent bien des peuples d’Europe occidentale. Dans la ouate de notre modèle social nous avons atteint le point de liquéfaction morale.
Ceux de nos enfants qui se relèveront alors des cendres de la prochaine viendront pisser sur nos tombes défleuries : « Ils étaient donc si riches et si niais ! »

NATO star
En conclusion, fédérons un grand corps européen d’intervention humanitaire capable d’intervenir à bref délai par toute la planète, ce qui nous donnera une pose avantageuse dans les conférences internationales. Au même moment ramenons l’OTAN sur ses bases sûres et musclons la, après avoir choisi d’en être totalement "sans reproches ni murmures" ; sinon, de la quitter complètement avec le courage des martyrs chrétiens. Question de dignité, même si les allumettes ne servent qu'une fois.

Footnotes :
* CED de 1952 : voir l’article de la Wikipedia.
** PESD, Politique européenne de Sécurité et de Défense : voir également l’article de la Wikipedia et le dossier Euractiv.com


Le Chant du Diable

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