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lundi 9 juillet 2012

Vers la Libye libre


On ne conforme pas des bédouins à la démocratie représentative par décret, surtout après quarante ans de dictature élémentaire comme celle du regretté colonel Kadhafi. C'est pourquoi l'organisation et le déroulement des élections lybiennes mouchent les détracteurs du renversement de la famille régnante au nom de la liberté de chacun d'en prendre à son aise à l'intérieur de frontières sûres et reconnues. Les mêmes défendent Bachar et Asma el-Assad au motif qu'ils contiennent les sunnites sanguinaires, par des moyens certes criticables mais on ne fait pas d'omelette et caetera. Des pleutres !
Contrairement à l'avis des pythies, le Conseil national de transition, ami de la France et de Bernard-Henri Lévy (c'est dur à accepter, mais bon !), est en tête, ce que reconnaissent les partis islamiques. La route est longue vers la paix civile mais rien ne permet de dire que les étapes à suivre, rédaction d'une constitution et son vote par l'assemblée nouvellement élue, ne seront pas franchies, avec quelques cahots sans doute, mais franchies.

Les problèmes ethniques mêlés à l'effervescence intégriste encombreront encore longtemps le terrain, à la réserve près que la Libye utile fonctionnera de plus en plus normalement en convertissant sa rente pétrolière en développement. L'érection mentale des primitifs du désert sera traitée après - le sud libyen est un sas de décompression de la grande criminalité nomade - à moins que la pacification en préparation au Sahara ne s'enclenche plus tôt que prévu, réduisant en charbon de bois les colonnes alqaïdistes et leurs affidés (cf. Le Mamouth).
Il faudra d'ici là que l'armée libyenne ait été remise en capacité de combattre afin de tenir le front du sud-ouest jusqu'ici très poreux, à moins que le gouvernement de Tripoli ne sous-traite une partie de ce travail d'endiguement aux tribus touboues qui se sont installées comme autant d'octrois en frontière.

On passe à la question de Seif al-islam. Otage d'une tribu qui veut bien le vendre aux autorités légales, il est le bâton merdeux de l'ère post-dictatoriale. Plus belle serait la vie sans le procès qui se profile, réveillant toutes les rancoeurs et le non-dit glissé sous le tapis de haute laine. Que va-t-on lui reprocher ? Des déclarations ? D'avoir défendu les intérêts de sa famille les armes à la main ? En pays bédouin c'est plutôt rémunérateur en terme d'estime et de virilité. Le clan Kadhafi avait pris l'habitude de régner et la Libye était devenue sa chose. La résistance de la famille attaquée est donc "explicable" et le déferrement du prévenu à La Haye pour un jugement sur critères occidentaux n'emporte pas l'unanimité.
Les "infidèles" devraient faire profil bas et encaisser les bénéfices de l'exploitation pétrolière sans chercher à contrôler l'évolution politique libyenne qui de toute façon les déroutera.

Reste l'attitude du prince héritier qui a montré le bout de l'oreille quand sont sortis les premiers drapeaux de l'ancienne monarchie frappés de l'étoile et du croissant des sénoussis (primitivement les emblèmes de la Cyrénaïque). Le dernier message diffusé du prince Mohammed el-Senoussi date du 16 août 2011, mais rien ne dit que ses fidèles ne participent pas à la rédaction de la future constitution. Quoiqu'il advienne dans la nouvelle arhitecture institutionnelle, le prince sera toujours en position d'infériorité par rapport à ceux qui se sont battus dans le pays même. Tout le monde n'est pas De Gaulle !





Apostille de midi :
Les Libyens sont le troisième peuple arabe à aller aux urnes, après les Tunisiens et les Egyptiens, leurs deux voisins. Ils ont eu le temps d'observer comment se faire voler une révolution par un parti islamique modéré, qui s'allie à un autre parti moins modéré, pour finalement agréger un parti intégriste afin de conforter une majorité, et lâcher ensuite la police islamique dans les rues. Pas fous les Libyens. Les Syriens en prendront de la graine.


mardi 23 août 2011

Le combat des fils

A Tripoli, les fils Kadhafi entrent dans l'histoire par ce remake de Camerone que nous "vivons" par le truchement des agences de reportage. Je souhaite que l'OTAN suspende son appui pour que la décision soit faite au sol entre Libyens, quoique demande le Conseil National de Transition de plus en plus impatient à ramasser le pot. L'orgueil du vieux lion lui interdit une reddition et jusqu'à aujourd'hui - sauf quand même après le tout premier raid aérien français qui le fit verdir - il n'a manifesté aucune faiblesse dans sa résolution de jouer jusqu'au bout la pièce écrite par lui-même, pour ne pas finir comme un gland à la Saddam Hussein, pendu sous les crachats. Normalement les freux du désert vont sortir du bunker et charger les "pouilleux" supplétifs des Infidèles, puis succomberont sous le nombre, c'est toujours comme ça s'ils ne sont pas des Arabiaques amollis dans les sophas de plume d'oie et les boîtes de loukoums.

D'expérience, l'Arabe des champs est maté par l'Arabe des villes ameuté en masse par l'hystérie propre à la Rue arabe. A quoi les reconnaissez-vous ? L'un a l'oeil de lapin, l'autre l'oeil de loup. C'est ce que faisait observer le général Petraeus en Irak en demandant de prendre langue avec les chefs sunnites qui, à les regarder au fond des yeux, ne désarmeraient pas devant l'assaut des Arabes des Marais (Shias) et obligeraient la Coalition à une guerre de cent ans. Il avait raison puisque ce déplacement de l'axe d'effort permit au Pentagone de désengager la plupart de ses brigades d'Irak, et on nous apprend que la semaine dernière des unités résiduelles américaines ont attaqué des rebelles chiites dans le district de Bassorah à l'insu du gouvernement (clic), malgré la remise des clefs de Bagdad aux partis chiites.
On se souvient aussi de la fin des fils de Saddam Hussein, Uday et Qusay, retranchés chez eux et combattant l'infanterie américaine assistés de leurs propres enfants. Ces salopards savaient mourir. C'est bien tout le mal que l'on puisse souhaiter à la Libye, une fin du tyran digne des livres d'histoire. Et pour nous, des contrats de pétrole et d'armement, soyons simples !

Pourquoi ce post qui semble se réjouir de la résistance opposée par le raïs libyen à la justice internationale ? Oui, justice, n'en déplaise aux candidats-dictateurs qui s'émeuvent de la destruction de leurs modèles d'Ordre, si l'on garde en mémoire l'explosion du DC10 de la companie aérienne française UTA au-dessus du Ténéré (170 morts) et celle du Boeing 747 de la compagnie américaine Panam en Ecosse (270 morts). Tout simplement parce que la situation exalte la famille, cellule élementaire passée de mode chez nous, chez notre république des individus-matricules élevés en batterie comme de la volaille.
La famille Kadhafi sur Royal-Artillerie, c'était par ici, mais il existe une autre famille libyenne historique dont la souche provient de Mostaganem, celle des Senoussis qui combattit les Italiens dès le début et conduisit le pays à l'indépendance (clac).
Le prince-héritier Mohammed Sayed qui vit à Londres et qui fut au départ un peu en retrait de la main, s'est laissé convaincre d'offrir à son peuple une solution. Il a fait une déclaration de circonstance dont nous reproduisons l'essentiel :

In order for Libya to take its place amongst the great nations of the world we must work together as one people. United we must fight for a new society in which the freedoms and rights of the people come first. We must protect the rights of each and every Libyan – to ensure that never again can a tyrant take lives, steal property or misappropriate our country’s wealth. Libya’s future must be in the hands of the Libyan people
(déclaration complète du 16 août 2011). Ce n'est pas le Pont d'Arcole mais un bon début quand même. La révolution lui a déjà piqué son drapeau. Y a plus qu'à !


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