samedi 31 décembre 2022

Benoît XVI, la sagesse empêchée !

Deux papes ensemble

Sa Sainteté Benoît XVI nous a quittés. L'espace chrétien y perd un savant, le Ciel y gagne un dialecticien qui animera les soirées interminables du Paradis. Il nous reste SS François !
Patron de la Sainte Inquisition, renommée autrement, le panzercardinal Ratzinger, intraitable sur la doctrine, avait dénoncé la pourriture de l'Eglise dès son homélie du pallium. Il leva une fronde souterraine dans les dicastères qui finit par triompher de son état de santé. Le projet de l'Esprit saint est impénétrable.
Démissionné en 2013, il laissa place à celui qui était arrivé second lors du conclave de 2005, le jésuite argentin Bergoglio d'ascendance italienne. Le pontificat d'icelui, quoiqu'il lui arrive ensuite, sera marqué par la pseudo-vénération de la Pachamama et par la vente de l'Eglise chinoise cachée au Parti communiste contre une amélioration des relations diplomatiques sino-vaticanes. Ses prédécesseurs, mieux instruits de la nature profonde du marxisme-léninisme stalinisé n'auraient jamais abandonné les fidèles à portée des crocs de la Bête. Depuis, le cardinal Joseph Zen, 90 ans, qui dénonçait la braderie initiée par le cardinal romain Parolin, est poursuivi par la justice hongkongaise. Il faut dire que les églises sont un frein à l'asservissement complet de l'ancienne colonie britannique par les brutes.

SS Benoît XVI nous laisse des textes doctrinaux importants. L'Académie des sciences morales et politiques de Paris prendra le deuil.

gerbe mortuaire
Veritatis Cooperator Requiescat in Pace !
"Ne crains rien, Je suis ton Dieu"


PS 1 : pour nous souvenir de lui, voici le lien actif vers le discours qu'il prononça le 12 septembre 2008 au Collège des Bernardins à Paris :
https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/speeches/2008/september/documents/hf_ben-xvi_spe_20080912_parigi-cultura.html

PS 2 : un site indispensable sur le souverain pontife Ratzinger : Benoît et moi.

dimanche 25 décembre 2022

Métaphysique de M. Cyclopède

croix cathare en bas-relief

A l'aimable attention de Mgr Jean d'Orléans résidant sur nos terres cathares

À la messe de Noël, l'officiant lut le début de l'Evangile de Jean :
Au commencement était le Verbe :
Au commencement de quoi ?
Au commencement du temps, au premier battement de la montre.
Le Verbe d'abord ? Le Verbe est une onde, la fréquence porteuse, la vibration cosmique, est-il le principe primordial qui préexistait ?
Puis il continua :

Et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu :
Le Verbe était Dieu et tout à la fois distinct de Dieu. Dieu en émana-t-il ? Endossa-t-il le destin ontologique du Verbe jusqu'à n'être plus qu'un avec lui ?
Puis encore :

C'est par lui que tout est venu à l'existence, et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans lui :
Fait de "facere", facere toujours ex-substantia très différent de "creare", toujours ex-nihilo.
Y avait-il donc quelque chose déjà dans l'univers à partir de laquelle Dieu fit tout. D'où vient le symbole de la glaise biblique de la création ?
Sauf que la "facture ex-substantia" n'a jamais pu aboutir à l'hégémonie du principe du bien. Le chaos ressurgit par endroit par moment.
Enfin :

En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée :
Dieu, principe du bien, alluma la lumière de l'univers, nouvelle onde, nouvelle vibration que rien n'arrêterait (?) jusqu'à ce que l'homme découvre les trous noirs dans l'espace. Y a-t-il un principe opposé au principe du bien qui résiste à la lumière ou qui la détruit ? L'amas de matière qui dévore tout à sa portée, est-ce ce principe mauvais qui n'a de projet que celui de ruiner le projet de Dieu ? Les ténèbres arrêtent la lumière. La matière est-elle le mal ?

C'était la minute cathare de dualisme intégral.

Sapin œcuménique

jeudi 22 décembre 2022

Après dix mois de guerre, la réassurance

Après trois cents jours de guerre, le président Zelensky est à Washington pour remercier les Etats-Unis de leur soutien sans faille. A ne retenir qu'une clef de son discours au Congrès le 21 décembre 2022, on choisira que l'argent américain dépensé n'est pas une opération humanitaire mais un investissement dans la propre sécurité des Etats-Unis. Et de rejoindre l'intention exprimée par le Secrétaire à la Défense Lloyd Austin il y a quelques semaines : affaiblir autant que se peut les armées russes et ramener leurs capacités à celles d'une puissance régionale, comme le ressentait en son temps Barak Obama. Mis à part les ogives nucléaires encore en bon état, mais bien malin qui en saurait le nombre, l'armée de terre russe est une gigantesque casse, emplie de ferraille soviétique qui semble inépuisable, mais qui ne comblera pas l'avance technologique des armes de l'occident. Pour employer l'image qu'en donnent les Ukrainiens, leurs ennemis sont bien des Orcs, brutes et bêtes. Aussi longtemps que continuera l'attrition des effectifs russes, autant s'en portera mieux le pays russe, occupé - on le sait aujourd'hui - par une race d'abrutis à sang de serf, incapable de voir qu'elle est consommée comme du bois de chauffe dans la chaudière des délires poutiniens. Le vieux pétochard du KGB les méprise à un point tel qu'il en réclame une fournée supplémentaire pour renforcer l'échec de sa stratégie qui en a coûté déjà cent mille.

score des pertes russes

Il est certain que le continuum civilisationnel qui existait entre la Russie et l'Ukraine est complètement déchiré aujourd'hui par l'attaque sauvage de Poutine, les seconds ne voulant en rien être comparés aux premiers qu'ils jugent être des sous-hommes. Ce déclassement des Russes actuels va bien au-delà des frontières ukrainiennes, le mépris et le dégoût à leur endroit va imprégner les peuples du monde libre ; sauf peut-être chez quelques allumés d'extrême droite qui ne se départiront pas du culte de l'homme super-fort et accrocheront toutes les circonstances atténuantes possibles aux pitons d'une histoire ancienne bien plus grande ou tragique que celle qui s'écrit maintenant en minuscules. Ceux-là ont perdu toute ma considération.

A part ça, quand on compare la Fédération de Russie au Japon, on trouve la même démographie avec d'un côté les terres les plus arables et les ressources minières les plus abondantes et rares aussi, de l'espace à n'en plus finir ouvert au développement ; de l'autre, un pays souvent escarpé, peu fertile, sans aucune rente minière, soumis à la tectonique meurtrière des plaques, qui malgré tout, sort au troisième rang mondial pour la richesse produite quand la première peine à atteindre la onzième place (et l'an prochain la quinzième). D'ou vient la différence ? La race !

PS : On a vu sur les écrans russes des parents d'enfants "morts pour la Russie" s'afficher avec la voiture neuve que la prime versée leur a permis d'acheter. D'où le dessin assez cruel ci-dessous :
cartoon russe Lada
« Notre fils ? Je ne l'ai jamais aimé de toute façon !»

dimanche 18 décembre 2022

Qatar 2022

Il est 7 heures ce matin à Buenos Aires, l'Argentine s'arrête de respirer. « Le football n’est pas une question de vie ou de mort, c’est quelque chose de bien plus important que cela » disait Bill Shankly, le coach de Liverpool. Et effectivement, le foot n'est pas un sport de points ou de vitesse, mais la mise en tension de tout spectateur confronté aux possibilités de marquer à l'issue de toute phase d'attaque. On peut assister à un formidable match nul terminé sur un "0 - 0".

Stade qatari de Lusaïl

Jeu éminemment technique, il n'est pas à la portée de nations frustres, bien qu'il soit "compris" par des gens ordinaires comme s'il s'agissait de la succession de coups d'échecs. Et bizarrement, certaines élites intellectuelles ou assimilées ne regardent pas ce jeu et montrent une certaine fierté à le proclamer comme si cette occupation plébéienne n'était pas de leur niveau d'analyse. Mais elles n'accepteront jamais que leur dédain tienne à ce qu'elles ne le comprennent pas. Le foot est un marqueur de subtilité. Elles en sont démunies. C'est parmi elles qu'ont été recrutées les sirènes du boycott à quelques semaines de l'ouverture de ce XXIIè Mondial de foot au Qatar. Que ne les a-t-on entendues après l'attribution de l'événement à l'émirat il y a douze ans ! Tout laissait croire que la décision de la FIFA - Blatter et Platini régnants - avait été achetée. Qui pis est, le pays, sans tradition footbalistique, manquait de tout sauf d'argent, et son environnement obligerait à jouer la coupe du monde en hiver. Mais, à part quelques reportages vite oubliés sur les conditions de travail des ouvriers du bâtiment traîtés comme des esclaves dans la grande tradition bédouine, l'affaire fut menée à terme et la fête sportive attendue dépassa les espérances. Tout, jusqu'à ce matin, s'est avéré parfait.

Il y a une quatrième boule sur le billard : c'est le monde arabe qui savoure sa promotion dans le wagon de première des "gros pardessus". La satisfaction aurait été totale avec une troisième place pour le Maroc. Tout à l'heure, la France, comme l'Argentine, attend sa troisième étoile. La France comme l'Argentine la mérite. Le mot de la fin au meilleur joueur de l'année :
« Le football est, pour moi, plus qu’un sport, il suffit de voir l’impact qu’il a sur la société. Les gens viennent au stade pour oublier leur vie pendant quatre-vingt-dix minutes, et c’est à nous de se charger de leur donner satisfaction, de les faire se lever de leur chaise pour qu’ils s’endorment avec des étoiles plein les yeux » (Kyllian Mbappé).

vendredi 16 décembre 2022

Bangui, c'est fini, et dire que c'était la ville de mon premier amour

Jolie Mamba de Centrafique

Le dernier contingent français en République centrafricaine a quitté Bangui ce 15 décembre pour diverses raisons, dont l'inadaptation de la politique élyséenne à la dispute tribale qui secoue le pays depuis 2013 me semble primordiale. Le porte-parole et conseiller spécial du président Touadéra a déclaré à l'AFP que « c'est avec beaucoup de regrets que nous constatons ce retrait unilatéral ; aujourd'hui nous avons une armée aguerrie, merci à la France qui l'a formée et équipée pendant soixante-deux ans...» Fidèle Gouandjika, puisque c'est de lui qu'il s'agit, se garde bien d'insulter l'avenir. Les autorités centrafricaines le placent entre les mains de la société Wagner de Saint-Pétersbourg qu'elles ont appelée en 2018 pour casser l'opposition sur le terrain. Nous reproduisons en pied s'article une notice sur ce conseiller spécial, fort intéressant, qui vit dans un palais à son nom comme l'indique sa page Facebook.

Soixante-deux ans de parrainage devaient bien cesser un jour, sinon à quoi bon décoloniser. Certes ces pays, qui produisent de réelles élites par ailleurs, laissent en même temps leur masse dans la misère et ne sont pas matures dans la gestion d'inévitables conflits sociaux qui enflamment la grille ethnique sur laquelle ils sont construits. Mais pourquoi avons-nous insisté ? Est-ce le tropisme civilisationnel à la Jules Ferry qui nous a fait maintenir une sorte de gendarmerie coloniale pour réduire le bordel généralisé au minimum acceptable ? Ou autre chose ? On sait qu'il y a des intérêts économiques assez puissants sous la Françafrique mais aucun n'est essentiel à la République française. Alors pourquoi persister à vouloir arbitrer entre les factions locales, adouber les partis moralement acceptables, soutenir la gesticulation démocratique ? Tout est expliqué là :

Les ressorts de la Françafrique chez Athena21.org.
A lire sans délai. C'est en résumé une stratégie de rentes minières et pétrolières. Dans le compromis initial des années 60, la France assure la protection militaire des nouveaux régimes contre toute attaque étrangère, en rémunération d'un droit d'accès préférentiel aux ressources disponibles. Rien d'immoral jusque là, sauf que les frontières coloniales héritées ne préservent pas des fermentations tribales intérieures qui se développent parfois en guerre civile, souvent atroce. Et le piège se referme à chaque fois, le deal d'origine se transforme en gestion de la crise politique intérieure. Nous y avons eu beaucoup de succès quand nous y allions franchement (Tchad), et pas du tout quand nous sommes restés en retrait de la main (Côte d'Ivoire). Mais il y a des situations inextricables pour n'importe quel état-major quand la grille stratégique imposée par l'Elysée coupe à angle droit la grille ethnique. L'exemple type est ce malheureux pays du Mali, notre ancien Soudan fait de ce qu'il restait comme territoire quand on a constitué tous les autres et qui englobe des ethnies hostiles depuis la nuit des temps, sans disposer des ressources nécessaires pour mettre de l'huile dans les rouages de l'Etat. L'Azawad aurait été libéré de la tutelle de Bamako que le Sahel aurait sans doute trouvé les raisons de combattre le djihadisme mafieux qui ravage la région. Une alliance des peuples touaregs et assimilés, depuis la Mauritanie jusqu'au Tchad en passant par le Niger et l'Azawad, pouvait régler le problème par éradication des rezzous islamistes. Y mettre les autorités du fleuve non reconnues au nord vouait l'affaire à l'échec. Mais bon, les africanistes savent et disent tout cela mieux que moi. Venons-en aux Wagner.

Ce sont des salopards sans foi ni loi, immoraux, sataniques, alcooliques assassins et cetera. Des mercenaires, quoi ! Les société de mercenaires remontent à l'Antiquité. Mais c'est à la Renaissance et chez les princes italiens qu'ils firent leur réputation. Ce sont des guerriers qui, normalement, ne se battent que pour le fric. De nos jours les Etats les utilisent soit pas économie (Constellis/Blackwaters pour le Pentagone), soit pour des opérations sous faux drapeau (Donbass, Crimée 2014 pour le FSB), soit pour des interventions de revers (Bob Denard aux Comores), soit enfin pour étoffer ponctuellement le service Action de la DGSE. Parfois ils se battent bien et se paient sur la bête, parfois ils se battent mal et se paient sur la bête. Leur comportement est "amoral". Inutile de les juger sur l'absence de valeurs morales. C'est carrément stupide. Une société de guerre privée ne se juge qu'aux résultats rapportés aux objectifs initialement définis.

Tant au Mali qu'en Centrafrique, la mission évidente de protection rapprochée du régime est remplie. Si une mission de pacification du territoire est contractée entre le pouvoir protégé et la milice privée, il est assez facile de voir si cette mission est remplie. Au Mali, il ne semble pas que la pacification wagnérienne fonctionne dans la zone des trois frontières, ce serait même l'inverse au vu des exactions commises par les katibas islamistes. Ça ne marche donc pas et nous en connaissons les raisons. On en revient donc à la mission essentielle, celle de protéger le pouvoir qui les paie. Cela peut durer longtemps, aussi longtemps que l'argent coule et quel que soit le mode de paiement (détournement de crédits étrangers, captation de flux d'exportation, exploitation directe de mines précieuses, tout trafic rentable). Aussi était-il sage pour nous de plier les gaules dans les deux pays impliqués dans la collaboration russe puisque nous ne pouvions pas décemment affronter la garde prétorienne du roi-nègre. En fait toute l'affaire djihadiste pèse aujourd'hui sur le contingent onusien qui ne peut pas se retirer au milieu de la guérilla islamiste. Wagner n'apporte rien. Pire, ils encombrent. La balle au Conseil de sécurité, ça nous fera de l'air.

Reste à voir ce que deviendront les effectifs que le propriétaire de la société Wagner enfourne dans le brasier du Donbass pour se faire une réputation militaire afin de participer à la distribution des cartes pour l'après-Poutine. On dit qu'il a percé à Bakhmout où ses hommes avancent en marchant sur les Mobiks morts dans les vagues d'assaut. Vivement qu'ils gèlent, ça puera moins.


défense d'éléphant sur socle


NB : Sans son mentor Fidèle Gouandjika, le président centrafricain Faustin-Archange Touadera serait resté un universitaire reconnu pour ses travaux de mathématicien. Fidèle Gouandjika est de la même ethnie Gbaka-Mandja que son cadet, le président centrafricain Touadera. Il a toujours eu un ascendant sur l’intellectuel, affectueusement surnommé « le petit », au brillant parcours académique. En sa qualité de ministre et porte-parole du président Bozizé, Fidèle Gouandjika avait chaudement recommandé son « frère » au général-président, pour qui le monde universitaire était évidemment totalement inconnu. Faustin-Archange Touadera fut ainsi bombardé dans le marigot politique centrafricain qui était aussi, pour lui, étranger. Bozizé en fera son premier ministre durant cinq ans. Le clan familial de Bozizé avait trouvé en Touadera la personnalité qui pouvait rassurer les partenaires financiers et permettre les pratiques mortifères pour le pays. Le premier ministre avala sans broncher les assassinats politiques comme celui de Charles Massi, le » hold up » électoral de 2011, la privatisation des finances publiques, la mise à l’écart des personnalités et fonctionnaires de nord- est du pays en qui Bozizé voyait « des terroristes ». Fidèle Gouandjka resta évidemment ministre du gouvernement Touadera jusqu’à sa chute en 2013. Les postes juteux des télécoms puis de l’agriculture et de l’élevage permirent à l’ingénieur d’arrondir sa fortune et de développer ses réseaux d’obligés...
( la suite sur Mondafrique par ici )

lundi 5 décembre 2022

Les décimer d'abord !

Ruines de Bakhmout
Bientôt trois cents jours de blitzkrieg soviétique sur l'Ukraine (ne pas s'esclaffer) ; les sols durcissent avec le gel ; les morts raides comme du bois ; les chenilles passent ; les affaires reprennent. La somme des considérants amassés par les observateurs spécialisés précipite au premier niveau de la misson des armées ukrainiennes le mot d'ordre permanent du 501ème régiment français de chars de combat : En Tuer ! De fait et vu les sondages extorqués à l'opinion russe par le FSB indécis, l'augmentation du coefficient de pertes russes sera sans doute le levier le plus efficace pour démoraliser les peuples de la Fédération de Russie, jusqu'à mettre en péril la dictature théocrato-mafieuse de la clique poutinienne. Même si le paradigme soviétique des "statistiques" (le nombre de morts en augmentant transforme les victimes en statistiques) est largement utilisé dans cette prétendue guerre patriotique "déclarée par l'Occident", l'entrée de la mort en masse dans les foyers peut être déterminante, d'autant plus que pas un pouce du territoire russe aux frontières internationales intactes n'est occupé par les "Nazis de Kiev". Merde alors !

Poutine salut la caméra
Nul doute que l'état-major ukrainien, qui a montré jusqu'ici des ressources inépuisées d'ingéniosité, de résilience et de réactivité, n'ignore pas la pression psychologique insoutenable du retour en nombre des soldats morts pour rien, pour la gloire d'un déjà vieux lieutenant-colonel raté du KGB, capo di tutti capi devenu tyran malade ordinaire et sanglant. La seule parade trouvée jusqu'à maintenant par le FSB est l'incinération en décharge des soldats tombés au front - certainement des minorités ethniques - afin de contenir la statistique et l'effet induit sur les familles. Combien de temps le Russe de base continuera à absorber une propagande hystérique au son du soufflet de forge est un mystère, mais son endurance légendaire au malheur pourrait cette fois ne pas suffire à bloquer l'éclosion de vérités dérangeantes sur ce que font subir ses soldats aux petits frères kiévains et sur le vrai motif de tout ça.

Pendant ce temps, M. Macron tient à rassurer Vladimir Poutine en lui apportant des "garanties" (sic) dans le cadre d'un accord nouveau de sécurité européenne à débattre. Pas un pays de l'Est n'est prêt à croire que la Russie honorera sa signature cette fois et la démarche d'Emmanuel Macron ressortit au tropisme de l'humiliation qu'ils lui ont déjà reproché. Cette volonté de vouloir à tout prix faire partie du jeu diplomatique dans une affaire qui ne nous concerne que par solidarité intereuropéenne et atlantique et non pas directement, laisse entrevoir le cabotin derrière la moumoutte, qui cherche à tout prix les rappels à la fin de la pièce. Les pays réellement impliqués au quotidien dans ce conflit mené par les Etats-Unis pour durer, ne vont pas tarder à sortir notre fringant jeune homme de la chambre des opérations parce qu'il encombre et fait perdre du temps. Mais revenons pour le moment à la régulation des sauvages, comme les nomme Gérard Araud (ex-ambassadeur de France aux Etats-Unis).

Si les cibles "techniques" comme les nœuds routiers ou ferroviaires, les dépôts d'essence et de munitions que la nouvelle artillerie occidentale va permettre d'atteindre partout, sont primordiales pour casser l'Intendance russe, les concentrations d'effectifs, convois de troupes, centres de mobilisation et casernements sont à détruire d'urgence parce qu'ils participent plus directement à la guerre psychologique. La seule limite est l'interdiction d'emploi d'ogives à sous-munitions pour demeurer dans la sphère civilisée du monde libre. Mais les roquettes thermobariques ou les bombes au phosphore passent la Convention de Genève (ou d'Oslo) et les Russes les ont utilisées au début des hostilités après des essais en Syrie. Ces armes font du chiffre pour pas cher.

Il serait certes plus juste de viser particulièrement les Bouriates et les Tchétchènes recommandés par le pape François, mais il ne s'agit pas d'affiner à ce point la mission, d'autant que le sort de ceux-là n'inquiète en rien le gnome maléfique du Kremlin. On m'objectera l'inhumanité de toute éradication systématique de sauvages, à quoi je répondrais que la destruction vengeresse la plus complète possible d'un pays voisin qu'on ne parvient pas à capturer, avec son cortège d'horreurs et de crimes odieux, justifie un plan d'abattage d'hommes devenus bêtes et qu'à la fin, c'est au jugement dernier que sera dit le dernier mot. Qu'on en tue donc ! « Dieu reconnaîtra les siens » disait le légat pontifical à Béziers ! On me dit dans l'oreillette qu'on pourrait faire une station à La Haye sur le chemin de croix vers l'enfer, le vrai, le vrai néant, pas celui de Dante.


jeudi 1 décembre 2022

Pour changer...


En décembre, quand tout est gris dehors Je repense à mes bonheurs d'enfant du nord En décembre, mon cœur battait plus fort Et le vent soufflait du blanc sur le décor Moi j'apprenais mes premiers accords bien avant Que les saisons ne perdent le nord Je me souviens des chansons Qui réchauffaient notre maison Au pays de l'hiver Décembre à mes yeux d'enfant Étalait des peaux d'ours blancs Sur terre En décembre Mon cœur battait si fort D'impatience sous les lumières multicolores Moi j'apprenais Les Copains d'abord Je me souviens des chansons Qui réchauffaient notre maison « Mon pays c'est l'hiver » Décembre à mes yeux d'enfant Étalait de beaux sentiments Sur terre Depuis décembre a perdu la bataille Rien n'est plus comme avant Mon rêve blanc s'ennuie dans la grisaille Et pourtant Je me souviens des chansons Qui réchauffaient notre maison Au pays de l'hiver Décembre à mes yeux d'enfant Enveloppait de son drapeau blanc La terre En décembre, quand tout est gris dehors Je repense à mes bonheurs d'enfant du nord En décembre.

tableau de Claude Monet - La Pie
La Pie de Claude Monet - Etretat 1869 (Orsay)

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