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lundi 31 janvier 2022

L'heure de la "chouette"

L'affaire était annoncée à grand tapage, qui ne fut pas soutenu, aussi longtemps que l'actualité n'offre mieux, plus clivant, divisif, scandaleux. L'alarme et le scandale sont les deux mamelles de l'info en continu qui ne vit que d'audience. Demain ce sera le satyre assassin Lelandais !

Ainsi le jacassement insupportable de la pie Taubira parvint-il à couvrir dimanche le frou-frou des suavités sucrées de l'arrivée de Marion Maréchal dans la campagne présidentielle. "Back to the trees !" a-t-on envie de crier à la sorcière vaudoue, qu'on puisse entendre enfin les propos rassurants de l'égérie blonde des conservateurs totaux. Parce qu'on l'écoute, elle, contrairement à Valérie Pécresse que le téléspectateur zappe ! Parce que son charme dont elle sait si bien jouer avec sa coqueterie dans l'œil, est ce qui manque à Eric Zemmour pour éloigner la peur qui plane sur son programme radical quand il s'adresse à la droite classique et cocue d'avance.

Marion Maréchal

Que Marion Maréchal ne soutienne pas sa tante n'est un scoop pour personne, sauf pour le fond de panier des puceaux de l'école de journalisme, puisque les deux Le Pen ont rompu il y a cinq ans maintenant et que la fille du Pirate a procédé à des purges staliniennes au sein de son parti renommé RN, afin d'éliminer la concurrence de l'altière beauté au parler clair. Marion Maréchal ne "lâche" pas Marine Le Pen puisqu'elle ne l'a jamais "tenue". Elle a néanmoins un agenda.

Le projet de sa vie est un four ! Il n'a pas suffi d'un hall d'entrée très réussi, de communiquer abondamment et dans l'emphase sur les cursus de l'ISSEP à Lyon, pour que la nouvelle ENA prenne ses marques, obtienne la reconnaissance d'un diplôme et soit submergée de candidats-étudiants. Avec un effectif de cours de sténodactylographie, quelques profs de droite et un cycle de séminaires, la fusée du tradi-conservatisme français s'est crashée. Qui ne risque rien... bien sûr ! On devine ensuite que l'un des esprits les plus déliés de la classe politique française, savourant d'avance l'averse d'applaudissements à son discours de tribune, ne pouvait pas se reconvertir dans le mannequinat, quoique ! Elle aime la politique plus que les sciences politiques, c'est de famille. Arrivent en juin prochain les élections législatives, et il lui faut trouver chaussure à son pied dans une investiture jouable. Le nouveau parti Reconquête est le vecteur idoine sur cette trajectoire électorale. D'autant qu'Eric Zemmour fut un temps son mentor et qu'ils s'entendent bien en ville. Certes, elle ne dira jamais que Tonton Léon n'a aucune chance d'accéder au second tour, malgré le renfort de vieilles carnes attirées par la lumière médiatique, d'autant qu'il est probable qu'il ne le croit pas lui-même - il est trop intelligent - mais pour agréger la masse critique nécessaire à sa candidature à la députation elle se doit de faire semblant et de chanter avec les autres : "Elle est des nôtres, elle a bu son verre comme les autres !".

Marion Maréchal

Deux réflexions gratuites : l'arrivée de Marion Maréchal chez Reconquista n'aura qu'un effet booster limité, puisque ses supporters ont déjà décidé de voter Zemmour. Par contre le problème se pose au Rassemblement national : Marion Maréchal a gardé des partisans au sein du parti Le Pen qui pourraient trahir par sympathie, sinon par arrivisme. Il faut dire que beaucoup de cadres RN, et pas que les maréchalistes, regrettent qu'un discours mieux articulé, plus intellectuel et plus résilient sur une ligne de droite décomplexée, ne soit pas porté par leur candidate. Il y a des gens qui savent parler et débattre comme Jordan Bardella ou Nicolas Bay, mais il en faudrait bien plus pour déborder des bataillons "ras-le-front" vers ceux de la classe moyenne inférieure en quête de réformes (les gilets jaunes des ronds-points). Marion Maréchal parle à ces gens-là et dans le même mouvement à la fachosphère dont elle coche toutes les cases ! Bruno Mégret anticipe l'émiettement du parti, mais vu ce qu'il y a subi, on ne peut entièrement faire confiance en son jugement. Je ne sais ce qu'en pense le petit télégraphiste Ménard qui ne cesse de s'agiter dans l'imploration d'une réunion de gens qui se détestent. Se sent-il une vocation de sous-maîtresse au One-Two-Two de la droite forte organisant une partie carrée ? Ce type m'horripile. Carrément, mais son heure est passée, les candidats n'ont rien à foutre du petit maire de Béziers qui se croit un destin national. Bon ! On va de nouveau entendre Marion Maréchal, et c'est déjà l'effet kiss-cool.

jeudi 25 avril 2019

Culture à l'ISSEP

« La culture, c'est ce qui demeure dans l'homme lorsqu'il a tout oublié » [Emile Henriot (1889-1961) entre autres]. L'aphorisme fit florès, on l'attribua même au président radical-socialiste Edouard Herriot pour l'avoir cité dans son ouvrage Notes et Maximes. Qu'importe finalement s'il ne s'agit que d'expliquer l'importance d'une imprégnation culturelle dans la vie en société en insistant sur les moyens de l'obtenir.
Si Montaigne militait (comme Rabelais d'ailleurs) pour des têtes bien faites plutôt que bourrées, il anticipait l'avalanche de paradigmes nouveaux qu'il faudrait bien comprendre sans fouiller toutes les archives de l'humanité. Quoi de plus utile que de construire en chacun son laboratoire intellectuel. La directrice de l'ISSEP de Lyon est sur cet axe. Elle développe Montaigne à sa façon. Cela nous change des ravins abrupts du Rassemblement national familial :





DE L’IMPORTANCE DE LA CULTURE GÉNÉRALE


Avant de plaider pour l’intégration de la culture générale dans la formation des futurs dirigeants politiques, rappelons d’abord ce que la culture générale n’est pas.

La culture générale n’est pas une simple accumulation de connaissances. Elle est la tête bien faite, autrement dit, l’intelligence transversale capable de rassembler des informations, apte à puiser dans différentes matières sans être enfermée dans un domaine d’expertise et disposée à confronter le présent au passé pour en tirer des leçons, une analyse, un jugement.

Il ne s’agit ici pas de quantitatif mais de qualitatif. Il ne s’agit pas d’avoir mais bien d’être. La culture générale n’est pas faite pour briller en société, elle aide à penser, à vivre, elle façonne la personne et sa façon d’appréhender le monde. Qui a lu Balzac, qui a entendu Chopin, qui a admiré les statues du Bernin, qui a vibré au récit de la bataille de Patay ne perçoit pas les murmures du monde de la même manière.

A l’heure où la gouvernance et l’administration des choses ont remplacé le gouvernement des peuples, où le langage et la pratique managériale ont remplacé la Politique, il est important de rappeler que la capacité à conduire des Hommes émane moins de techniques toutes-faites de management que d’une bonne connaissance des tréfonds de l’âme humaine (à ce titre, la qualification désuète d’Humanités pour désigner la culture générale prenait tout son sens) et d’une réelle capacité de discernement. Le Général de Gaulle résumait parfaitement ces bénéfices dans son ouvrage Au fil de l’épée : « La véritable école du commandement est celle de la culture générale. Par elle, la pensée est mise à même de s’exercer avec ordre, de discerner dans les choses l’essentiel de l’accessoire [...] de s’élever à ce degré où les ensembles apparaissent sans préjudice des nuances. Pas un illustre capitaine qui n’eût le goût et le sentiment du patrimoine et de l’esprit humain. Au fond des victoires d’Alexandre, on retrouve toujours Aristote…»

Dans un monde où les expertises sont rapidement obsolètes, où l’intelligence artificielle commence à concurrencer l’intelligence humaine, où les professionnels sont amenés à changer plusieurs fois, non pas de postes, mais de métiers, il est indispensable de comprendre rapidement, de savoir construire un raisonnement, de développer son esprit critique. Telle sont les véritables compétences attachées à la mobilité si souvent citée comme nouvel impératif dans le monde du travail.

Un futur dirigeant politique ne peut se dispenser de s’enraciner dans une culture et une histoire pour s’imprégner de l’inconscient du peuple, de sa mentalité et de ses mœurs en vue de lui donner un cap auquel il adhérera. Comme le disait André Charlier dans l’une de ses lettres adressée à ses élèves: « l’âme d’une maison, comme celle d’un peuple, est faite de beaucoup de fidélités silencieuses ».

S’inscrire dans le temps long c’est accepter d’être le dépositaire de ces fidélités qui nous dépassent. C’est en comprendre la valeur et la fragilité, car la fraternité humaine est un sentiment que l’on ne peut imposer ou décréter. Il est le fruit mûr du temps et d’échanges séculaires qui façonnent la reconnaissance de soi en l’autre au point de se sentir responsable de lui.

Le politique qui s’amuse à déstructurer cette fraternité par méconnaissance, inadvertance ou pire, par lâcheté ou cynisme est terriblement coupable. S’attaquer à ce legs est la pire des trahisons car il constitue le socle de notre société et la condition de son harmonie.

Rechercher une culture générale est un exercice d’humilité.

Effleurer l’immensité des savoirs qui nous ont précédés permet de mesurer à quel point nous ne savons rien ou si peu. Cet exercice aide à se prémunir contre la grande vanité frappant chaque génération, qui consiste à se croire bien supérieure dans la morale et l’esprit à la précédente. Tous ces savoirs nous invitent à pratiquer la prudence, cette vertu que la philosophie grecque puis la doctrine chrétienne présentent comme cardinale.

Voilà pourquoi l’ISSEP place la culture générale au cœur de son projet pédagogique. Afin que les futurs dirigeants politiques que nous formons abordent la politique pour ce qu’elle est : une science de l’Homme, l’art de son gouvernement, la poursuite de ce qui sied à sa cohésion et à son bien-être.


Marion MARÉCHAL
Directrice générale de l’ISSEP
(original ici)

lundi 3 décembre 2018

Cercle Audace

Le Cercle Audace est un collectif de professionnels pour l'alliance des Droites, dont la formule actuelle vient d'être lancée ce 26 novembre par la directrice de l'ISSEP, Marion Maréchal herself !
Le Cercle n'est pas pour autant un perdreau de l'année. Constitué en aspirateur d'entrepreneurs au profit du Front national après l'élection présidentielle, l'association a vite compris que sa zone de chalandise était trop étroite pour aboutir à quelque chose de significatif dans la gestion du nouveau Rassemblement national et s'y faire entendre. On est donc passé au cercle classique à large bande passante qui cherche à recruter tout ce qui n'est pas à gauche parmi les professionnels attentifs à la politique. Au vu de l'insurrection qui vient, comme on dit à Tarnac, le positionnement est tout à fait pertinent.
Si le RN se montre indisposé par cette concurrence, il pèse peu sur ce segment de marché pour ne pas dire rien. L'intention des chefs de la chose est d'aimanter la limaille des commerçants, petits et moyens entrepreneurs sur des réflexions de bon sens, vers des objectifs raisonnés loin des idéologies automatiques de la nomenklatura aux affaires. Il faut aller sur le site du Cercle en construction, lire par exemple les 10 propositions ciblées pour en saisir la couleur en cliquant ici, puis d'écouter Marion Maréchal qui dans son discours encadre les travaux sans le dire. D'aucuns regretteront qu'elle n'ait pas proclamé sa candidature à la présidentielle de 2022 lors de cette inauguration, mais sans doute aurait-elle nui au rallye des droites qui maintenant peut se faire. Ecoutons-la, c'est clair, direct, pensé, bien dit, un esprit délié à la française pendant quarante-cinq minutes :


Quel avenir pour les Droites ?





samedi 15 septembre 2018

Pour l'euthanasie en politique !


Si la Droite a des problèmes, elle dispose aussi de solutions, faut-il encore qu'elle s'en saisisse. Je ne parle pas ici des écuries de course mais des gens de droite qui ont mal placé leur confiance et doivent se ressaisir. Macron a mis la Droite (comme la Gauche) au pouvoir et dans l'opposition en même temps, le plus sûr moyen de casser la coquille de noix. Mais ceci se joue au niveau politique sans vraiment impacter les Français qui dans leur ensemble laissent à Macron le bénéfice du doute dans son combat pour la destruction des syndicats, de la SNCF et tous les "en F", des fainéants et des allocataires à vie. Il est vrai que les représentants des partis de gouvernnement étaient loin d'être convaincants, usés par la prébende, l'âge et des discours ringardisés que plus personne n'entend. La Droite institutionnelle et la Gauche institutionnelle qui ont présidé, chacun son tour, à notre affaissement sont en soins palliatifs ; il faudrait maintenant les débrancher et foutre tout ça au cimetière des éléphants.

A l'horizon du siècle qui recule à mesure que le temps passe, se lèvent de nouvelles idées, de nouvelles gens, peu encombrées de codes "utiles" à leur carrière, peu formatées aux idées vieilles du XXè siècle mais instruits des choses de notre temps. C'est la génération anarchique d'Internet et d'ailleurs, c'est l'intelligence numérique qui prélude à l'intelligence artificielle qui terrorise les vieux (mais pas tous), et pour certain une intelligence pure sans béquilles. Ils apparaissent dans tous les camps pour aussitôt s'en échapper parce qu'ils ont plus d'énergie que la moyenne. J'en citerai quelques-uns qui m'apparaissent aussi sincères de convictions qu'intelligents dans leur concrétisation : Stéphane Bern, infatigable, l'abbé Pierre des tombes et châteaux, Mounir Mahjoubi, startuper avec un CAP de cuisine, Gérard Depardieu qui, à Pyongyang, a converti Yann Moix à l'aristocratie du verbe, Cédric Villani, "nobel" de math avec une araignée prête à sauter au plafond, Marlène Schiappa, femme au pieux comme au moulin, jamais en retard d'un revers sur le court, puis deux cents génies méconnus que l'on ne connaît pas encore, avant que d'arriver à la plus prometteuse, Marion Maréchal qui "fait" plus qu'elle ne parle, à preuve son ouverture de l'ISSEP de Lyon, montée sur fonds privés, une première depuis la construction du réseau des écoles hors-contrat de la Fraternité. Il faut des sous, il faut la manière de les obtenir. A ceux qui doutaient de sa détermination - ne l'avait-on pas vue se faire bronzer sur la plage dans les bras d'un fasciste italien ? (c'est de l'humour)- elle a répondu par la médiatisation de la rentrée des classes dans son école. Qu'est-ce l'ISSEP ?



C'est l'Institut de Sciences Sociales Economiques et Politiques (clic). Le site Internet, remarquablement dessiné, vous dit tout et qui fait quoi. On peut bien sûr s'y inscrire. J'ai choisi la présentation de la patronne et fondatrice de l'institut. Elle nous signale être épaulée d'un club de chefs d'entreprises partenaires qui assurent la période d'application et mentionne des stages d'aguerrissement qui sonnent bien à mes oreilles de vieux reître.



Quand elle aura réussi dans cette entreprise difficile, même si l'établissement est déjà prisé parmi les publics de droite - Yves-Marie Adeline avoue avoir attendu toute sa vie la création d'une telle école - Marion Maréchal pourra revenir en politique avec un titre sérieux - directrice générale d'une grande école - et une autorité morale confirmée. Nous avons besoin d'air frais, d'un esprit délié et cultivé, d'expérience et de charisme. S'y ajoute le courage d'avoir rompu avec l'entreprise titaniquesque de sa tante et la pathologie de l'aïeul abonné à l'autodestruction de ses projets. Il faudra attendre un peu et 2022 est trop proche, mais tout s'éclaire pour 2027. Patience !

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