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jeudi 29 février 2024

Bissextile

Père Auguste Chapdelaine, dit Ma Laï
#2243 - Saint Auguste aujourd'hui. Pas l'empereur, mais Ma Laï des Missions étrangères de Paris, né à La Rochelle (Sartilly-Baie-Bocage) et décapité à Dingan (Kouang-Si) le 29 février 1856 pour prosélytisme interdit. Son exécution révulsera les chancelleries et engagera la France à côté de l'Angleterre dans la Seconde Guerre de l'opium dont le fait d'armes le plus marquant fut le sac du Palais d'Eté ! Le Parti communiste chinois fête encore aujourd'hui le supplice patriotique du "missionnaire criminel" ! Il s'appelait Auguste Chapdelaine. Les persécutions continuent de nos jours, des prêtres sont emprisonnés sans jugement, certains comme Mgr Augustine Cui Tai, évêque auxiliaire du diocèse de Xuanhua dans le Hebeï, depuis seize ans. Mais le cardinal Parolin, Secrétaire d'Etat du Vatican, leur parle ! Il se prend pour un grand diplomate, bien que tous les évêques chinois lui aient déconseillé le kowtow d'allégeance à des gens sans aveu. A 92 ans, le cardinal Joseph Zen Ze-Kiun, évêque émérite salésien de Hong Kong, est encore harcelé par la Gestapo chinoise pour avoir dénoncé ce marché de dupes ; mais Sa Sainteté, trop fière d'avoir noué le dialogue avec l'empire emblématique des BRICS, ne moufte pas.

L'autre nouvelle du jour, c'est l'examen du pourvoi en cassation des époux Fillon qui dénoncent un harcèlement téléguidé du Parquet national financier à leur encontre en pleine campagne électorale. Il faut dire que François a écopé d'un an de prison ferme en appel, sous bracelet sans doute. Ça la foutrait mal sur la Place Rouge. Que l'erreur de jugement du prévenu ait été politisée à outrance ne fait de doute pour personne en France, comme d'ailleurs sa totale absence de sens moral ; mais dans son malheur, qu'il se dise qu'il a eu plus de chance que Michel Colucci ou que Robert Boulin. Délibéré au 24 avril prochain.

Après, nous pourions en faire des tonnes sur l'irrépressible logorrhée de notre président qui soûle la planète et nous autres avec ses sermons à propos de tout et de rien - il va faire la semaine de Philippe Bilger ; sur la CEDEAO qui se rabiboche avec les juntes entre Africains loin des objurgations de Paris ; sur les obsèques de tous les dangers d'Alexei Navalny demain vendredi à Moscou - la rafle ; sur la mise en porte-à-faux de Benyamin Netanyahou qui doit calmer ses ardeurs destructrices le temps du ramadan, sans garantie auucune de pouvoir s'y remettre ensuite, laissant ce faisant la vie sauve aux rats-taupiers du Hamas et ouvrant enfin les portes d'une contestation intérieure d'ampleur ! Si, une dernière chose m'exaspère : nous ne savons pas gérer nos polders de Flandre et l'embouchure de la Charente. Il est plus que temps de faire venir des Hollandais pour reconstruire tout le dispositif.
Le dicton du jour est néanmoins rassurant, on peut expédier la Légion sur le Dniepr, enfin presque :

« N’aie nulle peur de l’année bissextile, mais de celle d’avant et de celle d’après »

mercredi 7 février 2024

Des singes en hiver

#2237 - Nous sommes le 7 février, les ligues dissoutes ne se sont pas reconstituées pour prendre d'assaut l'Assemblée nationale. On me dit dans l'oreillette qu'aucun pouvoir ne gît en ce lieu sauf de nuisance. On s'en doutait un peu quand après la défaite de Rungis, le premier élan de la Coordination Rurale fut d'assaillir l'institution, pour finalement retourner ses tracteurs par dépit et rentrer à Montauban. Sans doute avaient-ils vu entretemps les questions d'actualités au gouvernement sur la 3ème chaîne et mesuré les capacités réduites de la machine parlementaire. A quoi bon prendre d'assaut le siège des inutilités. Tout se décide ailleurs.

L'antiparlementarisme primaire de ce blogue est une honte bue ! Même s'il est largement partagé par certaines célébrités politiques qui s'en tiennent loin pour ne pas prêter la main à la verge purificatrice des caricaturistes, l'antiparlementarisme est un mal qui se répand jusqu'au plus profond du pays par la conviction des masses laborieuses que ces enceintes sont des fromages de la République qui servent à nourrir les sans-métiers du pays faisant profession de politicien. Un député mien s'était jeté dans la bataille politique en 2017, qui avait eu l'idée saugrenue d'apppliquer scrupuleusement son programme une fois élu. Quelle idée ! Son travail fut remarquable et salué, son assiduité rare, son opiniâtreté parfois moquée ; il ne se représenta pas en 2022 car il n'avait abouti à rien. "J'ai payé pour savoir" me dit-il un jour, écœuré. Le parlement n'est pas du tout le moteur démocratique que l'on imagine. C'est un jeu de l'oie, un monopoly géant, un mécano d'usine à gaz. D'ailleurs si constitutionnellement ils détiennent la souveraineté, ils ne s'en servent pas parce que les règles d'exercice de leur mandat qu'ils se sont eux-mêmes données les en détournent. Peigne-culs en plus : avec leurs émoluements confortables, ils se votent une augmentation des notes de frais pour suivre la hausse des prix parce qu'il ne leur est pas venu à l'idée qu'au moment où bien des catégories sociales rament, ils pouvaient distraire un peu de leur traitement de base pour régler une ou deux notes de restaurant ou les fleurs destinées à leur assistante parlementaire ou à leur maîtresse parisienne. Domminique de Villepin les surnommait "les connards". C'est définitif, ils président à l'effondrement du pays constaté aujourd'hui par Michel Onfray et Dominique Jamet(*).

8 février demain, il y aura toujours Gaza, l'Ukraine, Taïwan et Montauban. Un réflexe tardif de bon sens au Château a sorti de l'épure diplomatique Ouagadoudou, Bamako et Niamey. Aux Russes de protéger maintenant les futurs maréchaux du canibalisme des foules surchauffées. Lâche mais légitime soulagement. Mais ce qui m'interpelle dès l'aube, c'est la candidature de Xavier Bertrand à l'élection présidentielle de 2027 proclamée depuis les Hauts de France à l'effet de vaincre le Front National (sic). Cette obsession du président de région n'est pas nouvelle parce qu'il est confronté à des élus de terrain de bon niveau qui ne se laissent pas éblouir par son aisance technocratique et qui persistent à appeler un chat un chat. Mais cet axe de campagne sera-t-il le bon ? Les Français ne semblent pas redouter la possible irruption de la droite dure sous les plafonds dorés de la république. Ils s'inquiètent de l'insécurité qui n'est plus du ressenti, de l'affaissement des services publics financés par des impôts qui augmentent et, quand ils ont le temps, de la nouvelle colorimétrie de notre société qui remplace l'ancienne plus pâle. Certes pour monsieur Bertrand, il y a loin de la coupe aux lèvres - comme on dit dans les blogs destinés à l'Académie française - à commencer par déblayer ses concurrents au sein de son propre parti politique. Avouant avoir appris de ses erreurs, et les primaires républicaines furent l'erreur majeure des trois derniers quinquennats, il envisagerait donc se lancer seul à côté de la "machine à perdre" que représente si bien le tandem Ciotti-Wauquiez. Peut-être aussi contre le pavois des adhérents qui pensent, dit-on, à David Lisnard, maire de Cannes et président de l'Association des maires de France. Celui-ci n'a pas l'aisance médiatique de Bertrand mais, un ton plus bas, semble plus proche de son auditoire, ce qui n'est pas non plus gage de succès, l'image imprégnée dans le cerveau de l'électeur étant plutôt celle du grand chef catholique à la Chirac que celle d'un besogneux honnête. Sauf qu'au jour où nous mettons sous presse, ce candidat LR capable d'aimanter le corps électoral n'est pas visible encore. Les Républicains ont raté le coche en 2021 en éliminant Michel Barnier qui avait la stature "professionnelle", le prestige du Brexit et la gueule de l'emploi. La photo d'époque parle d'elle-même (clic) qui n'aligne à côté de lui que des vedettes d'étape.

Je partage l'avis de Luc Ferry qui les trouve nuls. Emmanuel Macron a clairement gagné la présidentielle de 2022 et tout aussi clairement perdu les législatives s'ensuivant. Les Républicains auraient dû passer un accord de gouvernement à l'allemande avec Macron pour lui fournir la majorité requise à l'Assemblée nationale et faire avancer leurs idées en même temps. Que risquaient-ils à la fin puisque Macron ne pourra pas se représenter en 2027 et donc que les cartes de tous les groupes politiques seront rebattues fin 2026. De vrais stratèges ; mais c'eût été pour faire quoi ? Ce sont les élections européennes qui comptent de plus en plus et leur chef de file n'imprime pas.

dessin d'une candidate au pupitre

Qui voit-on susceptible de courir ce marathon de trois ans ?

- Personne à l'extrême-gauche qui s'émiettera pour compter ses voix en vue des élections législatives ! Les Vertes-de-rage pourraient néanmoins sauter plus tôt du Titanic.
- La gauche de raison n'a pas de candidat naturel - elle est presque le seul parti dans ce cas. Avec son QI de bulot (Luc Ferry dixit) Olivier Faure n'avait aucune chance, c'est bien pourquoi le PS propulse Raphaël Glucksman aux européennes avant peut-être de l'accompagner plus loin s'il réussissait à finir troisième derrière la majorité présidentielle voire deuxième si elle se divise.
- La majorité présidentielle partagera les mêmes intentions de comptage que l'extrême-gauche en vue des législatives ; ses trois composantes se braqueront forcément après les européennes à mesure que se rapprochera l'élection présidentielle. Renaissance n'a pas de leader national, à moins que Bruno Le Maire ne suive les conseils de Houellebecq ; Horizon n'a qu'Edouard Philippe à qui colle toujours le sparadrap des 80km/h ; et le MODEM n'osera pas remettre le couvert à François Bayrou même s'il insiste après sa relaxation au bénéfice du doute. Ceux qui le connaissent bien en l'affaire, ne doutent pas.
- On a parlé plus haut des Républicains. Ciotti chauffe la salle pour Wauquiez, mais ce président de région reste pour l'opinion un très bon président... de région. Xavier Bertrand a ses chances s'il surmonte sa propension à entrer dans le détail des dossiers, ce qu'il fait avec passion, car ce n'est pas la technicité qui est porteuse d'une candidature à la présidentielle mais le charisme et le récit national proposé.
- Enfin le Rassemblement National. Si Jordan Bardella gagne largement les élections européennes de juin prochain, Marine Le Pen sera assurée de participer au scrutin de 2027 en laissant courir l'idée d'un ticket avec lui. Sa (seule) chance d'aboutir est que ses adversaires la diabolisent - Bertrand parle aujourd'hui déjà de "fachos" - au lieu de démonter son programme économique bolivarien et qui ne vaut pas plus. L'électeur RN (30% du corps électoral annoncé pour juin) n'est pas sensible à la dénonciation de dérives réelles ou supposées des dirigeants de son parti vers le NSDAP, en plus qu'il ne comprend pas grand chose au bal de la Waffen à Vienne, aux conférences communes avec la Lega ou Fratelli d'Italia en Italie, aux indulgences plénières accordées à Victor Orban ou à Robert Fitso ; ce qu'il veut c'est d'abord de l'ordre, encore de l'ordre et finir les fins de mois !
- Reste le Z. Pas celui de l'opération militaire spéciale (quoique!) mais celui de Reconquête. Difficile de ressortir de la fosse à la fin du parcours du combattant. Si Marion Maréchal fait les 5% libérateurs aux européennes (elle est sondée à 6% donc c'est possible) se posera la question du candidat pour 2027 puisqu'il a été jugé que le lecteur ne fait pas l'électeur. Auquel cas Reconquête balisera l'accès au second tour et Zemmour rejoindra Mélenchon à l'EHPAD des bois flottés de la démocratie échouée.
Si revenait en 2027 un parti "Chasse, Pêche et Traditions" j'y retournerais bien.


Postscriptum du 7/02/2024 :
L'autre nouvelle diffusée par la Nomenklatura est la conscience morale de la gauche caviar prise la main dans le panier de jeunes patientes sous hypnose. Où vont-ils chercher tout ça ?

mardi 16 janvier 2024

A la recherche des libertés perdues

Michael Emerson dans le rôle d'Harold Finch
Depuis sa première édition en 1949, le roman "1984" de George Orwell est régulièrement réédité, en France sept fois après l'originale de Gallimard en 1950. Il ne faut pas une imagination débordante pour saisir l'actualité des manœuvres de pouvoir mises en situation depuis un demi-siècle pour notre bien. Notre bien et celui de ceux qui nous entourent est le leitmotiv irréfragable qui justifie le grignotage continu de nos libertes basses, comme on dit ici des choses personnelles. J'écoutais ce matin l'expression du mécontentement des agriculteurs qui se sentent écrasés par la chape bureaucratique sous laquelle rien ne cède et qui croît inexorablement, à mesure que de besoin pour notre bonheur, et le leur sans doute. Les hommes de l'Etat norment en permanence tous les compartiments de la vie en société, et ce sont moins les élus de passage qui s'adonnent à l'alourdissement de ce carcan que les invisibles de l'Etat profond, le "deep state" tant honni outre-atlantique.
Un certain âge donne la possibilité de remonter le temps sur une longue période et de comparer les libertés basses des années cinquante et celle des années vingt de maintenant. Ça donne le vertige, rien que dans l'encadrement des comportements publics. En faire la liste serait une purge car tout le monde a déjà compris. Mais le plus agaçant est sans conteste le grignotage de la liberté de penser.

Non, pas de la liberté d'exprimer publiquement une pensée conforme ou non-conforme à l'air du temps comme en Amérique, mais la liberté de la pensée intime elle-même. Observez attentivement les "curés" de la République poser des questions sur les plateaux télévisés à des interlocuteurs qui n'en sont pas, et vous allez vite deviner que le clerc veut à tout prix faire exprimer par l'autre une pensée non-conforme, éminemment coupable, à la seule fin de le condamner publiquement sur la base des lois. Une opinion peut être un délit ! Combien de fois, s'exclamera-t-il : "vous voulez dire..." ou "vous pensez que..." ou "on sait ce que ça cache..." et les cuistres de la Bienpensance iront jusqu'à la "Bête immonde...", qui ne fait plus recette depuis longtemps tant la formule est usée. On a bien compris que je ne vise aucunement la retransmission de débats philosophiques sur l'introspection, si rares par ailleurs, même en nocturne, que je n'en dirai pas plus sous peine de lasser.

La dernière liberté menacée est celle qui fut apportée à l'homme par les ingénieurs du XXè siècle, celle d'aller seul, en famille, où bon vous semble, sans être tributaire d'aucun moyen collectif : l'auto-mobile. Ce moyen de se déplacer sans en référer à quiconque coupe à angle droit "1984". Aussi, les gens qui veillent à notre bien sont-ils tous hostiles à cette incitation sauvage d'aller n'importe où, et trouvent les bons prétextes à confisquer de l'espace de circulation qu'ils ne modèrent pas. C'est évident dans les grandes et moins grandes agglomérations, et il n'est pas loin le temps où les longs trajets individualisés seront freinés de toute façon possible, voire spécialement taxés comme les nouveaux radars routiers le permettent déjà. La bonne conduite sera de monter dans les trains de la CGT et Sud-Rail, au lieu de prendre le roadster décapotable, coudalaportière. Et puis, de vous à moi, vous serez enregistré par le Système depuis la première caméra près de chez vous jusqu'à destination, quelle que soit la distance ou le temps dépensé. Vous serez devenu une vraie Person Of Interest en même temps que Samaritan aura racheté la Machine de Finch, comme en Chine populaire. Alors quoi ?

A part les groupements fonciers cantonaux de la Montagne Noire, je ne vois pas.

mercredi 27 septembre 2023

Des boucles d'oreille, avec du tweed !!

Allô quoi ! Lors du classico OM-PSG, le kop parisien a déclenché un tsunami d'insultes à l'endroit de ses adversaires prouvant à qui en doutait que les supporteurs de foot se tenaient loin de la faculté de lettres.
« Les Marseillais, c'est des pédés, des fils de putes, des enculés… et par les couilles, on les pendra ; hélas des couilles, ils n'en ont pas. » (Merci à Têtu pour l'intégrale).
Bronca chez la bienpensance aux manettes qui dénonce l'homophobie des spectateurs du match de foot et prévoit des mesures blablabla et cétéra. Sauf qu'il n'y a pas plus d'homophobie dans cette strophe d'insultes bien rimée que de beurre à la roulante des tirailleurs. Les mots sont juste choisis pour percuter le plus fort possible, mais ça, la jaquette aux affaires ne l'acceptera jamais. Il faut protéger la minorité électorale promue sous les ors de la république et quoi de plus utile que de la prétendre attaquée. Les sanctions tomberont, le club ne peut pas y échapper mais on croise des doigts pour que la marque d'autorité des pouvoirs publics ne déporte pas le chahut vers les quartiers gays de la capitale comme un monôme estudiantin qui déciderait de se venger sur la communauté spéciale, visée non par les fouteux sans cervelle mais par la ministre des sports sortie de la boîte tel un diable et par le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah). Si, si, ça existe !

boucles d'oreille Konov crânes
Le titre de ce billet d'humeur est une chute de Fernand Raynaud dans son fabuleux sketch Le Tweed. Je vous la remets avec une affiche de Dubout. Aux jours d'aujourd'hui ce serait la lettre de cachet direct ! On a oublié aussi Jean Roucas à qui l'on demandait dans une émission enregistrée à la télé pourquoi certains portaient une queue de cheval, répondre que c'était "pour se tenir à quelque chose". Il n'a pas été coupé, mais le lobby gay, assez bien représenté dans le showbiz, s'est chargé de terminer sa carrière.

La semaine est riche en scoops.

Itté missa est a dit le Quai d'Orsay. A trois heures du matin l'ambassadeur de France a été exfiltré en catimini vers notre base projetée de Niamey à destination de N'Djamena. Il ne reste plus qu'à organiser les convois de conteneurs vers le port de Cotonou pour vider le pays de notre présence que les foules jugent inutiles. Enfin, si les conseillers en soupente de l'Elysée ont bien compris qu'il était inutile de sauver l'honneur de Barkhane en nous déportant au Tchad où nous ne ferions que précipiter la chute du fils Déby, mal assuré déjà dans son emploi d'autocrate Zaghawah-Gorane. Si, si, ils ont ça aussi là-bas.

Malgré cet échec retentissant - qu'en pensent les Canaques ? - le vibrionnant Monsieur Macron ne tient pas en place et déjà nous projetons un accord de défense avec (je vous le donne en mille) la Moldavie. Si vous faites des mots-croisés, vous savez que le pays est au-delà du Prout, un tributaire du Danube. Quelle mouche a piqué notre président pour aller faire le coquet dans un pays sans le sou, entre Prout et Dniestr, directement menacé par la Fédération de Russie qui y a déjà planté ses dents ? Apparemment ce grand jeune homme n'a jamais envisagé de passer une accord de défense avec la municipalité de Marseille. Balayer devant sa porte est sans gloire mais tant utile ! Ce président veut écrire sa page d'histoire comme leader du monde libre, euhhh de l'Europe occidentale, euhhh de la Méditerranée, euhhh de l'Eurogroupe, euhhh de la rive gauche du Rhin. Un vrai crèvecœur que ce rétrécissement !

A l'autre bout du monde, la Chine populaire amorce la racialisation des conflits. Et connaissant le racisme endémique chinois comme le chauvinisme explosif des masses Han, il m'étonne que les médiats français n'en aient pas fait des caisses dès la réunion tripartite de juillet 2023 à Qindao. A l'annonce de manoeuvres conjointes USA-Japon-Corée, le ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi, avait répondu de façon très surprenante que les Sud-Coréens et les Japonais auraient beau se blondir les cheveux ou affûter leur nez, ils n'en deviendraient pas pour autant des Européens et qu'ils devraient savoir où sont leurs racines, coopérer avec les Chinois et cesser de favoriser une logique de guerre froide. Le verbatim est par ici : “Americans take all visitors from China, South Korea and Japan as Asians. They cannot tell the differences and it’s the same in Europe. No matter how yellow you dye your hair, or how sharp you make your nose, you’ll never turn into a European or American, you’ll never turn into a Westerner.”
C'est l'histoire du commissaire vietminh faisant le tour des villages d'Indochine en cassant un œuf pour montrer au niah-koué que le jaune reste dans sa main et le blanc s'écoule et disparaît. En même temps la coopération reste intense entre la Chine populaire et la Corée du Sud, une façon pour Séoul de conjurer le sort sous la menace permanente du sociopathe atomique de Pyongyang.

Nous croyons ici être criblés de problèmes ; il suffirait d'imaginer le stress subi par la Corée du Sud pour prendre des résolutions de bon sens, à commencer par une politique sociale raisonnée qui ne bouffe pas toute la valeur ajoutée par la production des hommes, une remise au travail des oisifs éternellement secourus, un réarmement sérieux à hauteur des menaces venant de l'Est et de plus loin sur nos outremers, et un zeste de sens moral contre les dérives sociétales qui drainent nos énergies.

On ne peut quitter l'écran sans parler de l'affaire arménienne. Il y a quelques semaines le premier ministre Pachinian a déclaré commencer les démarches pour intégrer la Cour Pénale Internationale de La Haye. L'inculpation de Vladimir Poutine par la CPI est sans doute aucun une blessure douloureuse pour l'ego du Petit Csar qui s'est cru un moment le roi du monde. Et voila que son vassal, très obligé par les forces d'interposition russes dans le couloir de Latchine, lui pète à la gueule ! Un coup de fil à Bakou qui retransmet à Ankara, c'est le moment, c'est l'instant ; les Azerbaïdjanais purgent le Haut-Karabagh de sa population arménienne, et personne, la Russie d'abord, ne bouge ! Fin de l'enclave stalinienne. Réfléchir ne peut nuire !
Une satisfaction pour finir ?

Les embauches publiques ouvertes pour les Jeux olympiques de Paris 2024 ciblent des emplois non qualifiés et c'est une excellente façon d'éviter la soustraitance esclavagiste ultérieure des soumissionnaires au moins-disant. A part ça, j'ai deux centaines d'abeilles dans le colza.

lundi 25 septembre 2023

Miscellannées d'automne

feuilles mortes de bouleau

Le tapis de feuilles mortes recouvre la voie du garage, c'est parti ! M. et Mme Macron ont assisté à la messe pontificale du Vélodrome de Marseille au grand dam des curés de la laïcité. Se foutre à ce point de l'avis de M. Mélenchon, c'est du sirop ! Il n'empêche que sa prestation de rentrée sur France 2 était un peu au-dessous du registre exigé par l'emploi, avec quelques tête-à-queue spectaculaires comme dans l'affaire du Niger. L'explosion des rivalités ethniques au Sahel l'ont cornérisé et faire plus que des proclamations menaçantes est impossible à l'ancienne puissance coloniale. Que le califat sahélien vienne pour prouver que nous n'avions pas tort, à défaut d'avoir eu complètement raison. Tournons la page car nous ne sommes pas de taille à contrer l'implosion de ces sociétés bigarrées que nous gouvernions autrefois pas si mal que ça à la réflexion. Que la France prenne rang en Afrique parmi les autres partenaires occidentaux et cesse de se pousser du col au motif d'évangélisation de valeurs allogènes aux pseudo-civilisations qui nous ont succédé. Nous avons bien trop à faire chez nous et dans nos outremers pour distraire nos talents et nos sous dans des collaborations forcées qu'on nous reprochera toujours, au gré des subversions concurrentes du moment.

L'un de mes visiteurs de la fin de l'été m'a accroché sur la succession héréditaire de la monarchie, prônée dans les cercles royalistes français. Et j'avoue qu'à l'époque de la Big Tech que d'aucuns dénoncent à raison comme une résurgence du féodalisme de rente (clic), le dilemme du crétin dynaste laisse un parfum d'anachronisme persistant. Si les malheurs du pays faisaient le lit d'une monarchie revenue, la question se poserait très vite.
La monarchie héréditaire n'est pas un protocole de haras guidé par l'ADN mais une façon de pérenniser le régime par l'automaticité de la succession plutôt que par l'élection ou tout autre procédé extérieur. De tous temps, les cours royales ont formé l'héritier avec soin, les héritières aujourd'hui aussi. Le terme consacré dans les cercles royalistes est la primogéniture agnatique abusivement dénommée "loi salique", formule barbare du IVè siècle exhumée par les docteurs du XIVè siècle quand une fille s'est avancée sous la couronne, pour lui barrer la route. Tout le monde comprend ce terme encore de nos jours.

Il y a eu beaucoup d'empirisme dans cette succession à l'époque moderne et l'on a beaucoup compté sur des formules du style "bon sang ne saurait mentir" quand ce ne furent pas les "conseils" que l'on convoquait à parer l'insuffisance éventuelle du titulaire. Mais ça c'était avant, au temps du monde lent, quand on mastiquait le problème pendant des semaines pour s'y prendre l'an prochain. Le village global a rétréci l'espace et compacté le temps, aujourd'hui on réagit dans l'heure, une sorte de nucléarisation de la gouvernance. J'appuie, j'appuie pas ! La main du crétin s'exclut du protocole.
On peut dès lors comprendre que l'irruption d'un cancre voire un crétin dans la ligne successorale puisse créer la panique chez les dynasties régnantes, du moins celles dont les souverains ne sont pas que des rois au balcon. On touche là aux limites du modèle héréditaire pour comprendre que la seule automaticité n'est pas suffisante à pérenniser le système. Le crétin royal peut aujourd'hui le détruire !

Reste donc à contourner le crétin. Il n'y a pas d'autres façons que celle d'élargir le vivier. On abandonne la succession patrilinéaire pour puiser dans la famille dynaste le scion capable de continuer la mission. Bref rappel : chez Royal-Artillerie la mission est de gouverner et de protéger le domaine régalien strict des menaces extérieures et des empiettements politiques intérieurs. Y entrent donc des compétences dans les sous-domaines, diplomatie, armées, justice haute, finances et sûreté intérieure. Qui et comment choisit-on l'héritier ? Ma langue au chat sachant que le crétin ne résistera pas trois jours au quatrième pouvoir.

Justement, la question que devrait se poser tout contre-révolutionnaire est celle de bien situer le pouvoir à combattre. Qui a le pouvoir ? Henri-Pierre Jeudy dénonça très tôt l'irruption des médiats dans la sphère décisionnelle, directement parfois dans des procès cathodiques, sinon par influence lors de campagnes de presse en période électorale mais pas que. Si le pouvoir politique est fort, la presse et assimilés font de l'information et du commentaire. Le pouvoir politique faiblit-il que déjà montent au créneau des experts dont la science nous est vendue indiscutable par les chaînes d'information, et qui dictent la marche à suivre, l'infléchissement incontournable, la réforme indispensable sous peine de pilori. On voit les gouvernements retraiter en plus ou moins bon ordre devant les assauts du quatrième pouvoir capable de mettre les masses en mouvement. Mais ce pouvoir est bien plus pernicieux dans sa dictature de l'opinion qu'on ne le croit, en ce qu'il stérilise tout ce qui ne passe pas par lui. Après le ressac de la presse écrite, ne parlons pas des revues savantes qui reviendront bientôt au polycopié, il n'est aujourd'hui d'évènement que le télévènement. Les médiats en sont parfaitement conscients qui gèrent l'apparition et la disparition de voix qu'ils jugent "bonnes d'expression" ou interdites. D'où le tapage contre la presse Bolloré qui est sortie du champ de manœuvre délimité. L'incidence est directe sur la communication des courants minoritaires qui est bridée par les pontifes médiatiques, mais plus encore sur la communication groupusculaire par abonnements telle qu'elle se pratique dans le microcosme royaliste. Aucune contribution de notre bord à l'espace médiatique ne vaut si elle n'est pas un télévènement. Les démêlées judiciaires de l'Action française avec le ministre de l'Intérieur ont fait savoir aux gens qu'elle existait encore puisqu'on l'avait vu défiler. Et puis rideau ! Pareil pour les communiqués des princes, parfois intéressants ; ils sont contents d'avoir dit quelque chose de sensé, mais ils n'impriment pas ! Dire ou se taire revient au même sans le porte-voix cathodique. Nous refusons de le croire.

lundi 21 août 2023

Trois projets français

C'est la rentrée du Canon Gaillon ; oui bon, ça n'annonce pas non plus une avalanche d'articles superintéressants mais on commence quand même par le billet n°2201. Toute nation ayant de l'envergure a un projet "national". On connaît celui des Russes qui tourne en ce moment à l'obsession morbide, celui des Chinois particulièrement multiplexé, celui des Américains exportateurs acharnés de leur way of life, celui du Brésil, de l'Indonésie et des Maldives, ici de surnager ! mais quel est Le Projet de la France ? Elle n'en a pas et continue à se croire attendue de tous. Si vous posez la question au président en ses conseils technocratiques, il vous fera comprendre sans l'avouer comme je le dis, qu'il guide le pays vers le digesteur bruxellois lequel a l'ambition de transformer les nations européennes en excréments touristiques pour s'approprier leurs souverainetés et refaire l'empire de Charles-Quint.

Tous les défis que nous avons dû affronter ici depuis six ans ont tous été européanisés par le pouvoir, autant dans leur définition (cette crise est européenne) que dans le choix de solutions (ensemble nous vaincrons). Une seule exception, la révolte des gilets jaunes : l'expression massive de l'exécration que la classe moyenne inférieure porte aux pouvoirs publics n'est dans aucun catalogue des institutions européennes qui s'en tient au "ruissellement" et, à ce titre d'ailleurs, M. Macron n'y a pas cru au début lors de sa tournée du centenaire de la Grande Guerre, puisque les algorithmes en soupentes étaient muets. Dit en passant, la grande bourgeoisie eut sacrément peur de voir sa république du mensonge verser au fossé.

Si l'Europe permet un refinancement d'une dette indigne de la France en temps de paix et nous renvoie des crédits de réindustrialisation ou de transition écologique, les marqueurs de puissance auxquels la France tient tant n'ont pu être maintenus par leur européanisation. Le renfort européen en Afrique sahélienne comme la défense européenne sous képi français ont fait plouf ! Heureusement que nous avons astucieusement contourné l'abhorration de l'Europe sérieuse pour les eurobonds qui ont sauvé Bercy ! Pourtant, nous avons quelques atouts et points d'appui où faire levier, tous antérieurs à l'Union européenne. Notre puissance nucléaire militaire et civile, nos outremers plus développés que la moyenne de leurs voisins, notre industrie aéronautique et spatiale et notre industrie du luxe rappellent à qui veut bien l'entendre que nous avons encore de la bouteille.
Nous avons conservé des leviers assez puissants, comme membre permanent du Conseil de sécurité des Nations-Unies et dans la direction de multiples agences onusiennes ; nous sommes implantés au Fonds monétaire internationl malgré l'imbécillité d'y avoir nommé un dépravé notoire ; notre diplomatie est globalement respectée surtout dans le monde arabe et au Japon ; la culture émanée de notre histoire plus que celle produite en ce moment, dit à certains que nous fûmes jadis aussi intelligents. Alors quel projet ?

Propagez nos "valeurs républicaines" sur l'ensemble de la planète ? Hormis la "liberté" de notre devise nationale, elles n'intéressent personne. Et la laïcité moins encore ! Brandir les "droits de l'homme" à tout bout de champ ? Les autres pays n'y entendent que la promotion des LGBT+ qui est refusée par nombre de cultures locales et le bon sens. Mesurer le progrès des nations à leurs avancées sur les droits mortifères de l'avortement libre et de l'euthanasie par défaut ? D'autres s'y sont mis sans beaucoup de succès pour leur influence planétaire. Alors, saurons-nous construire un projet national ? Certainement pas avec les élites en place qui ont capté toutes les manettes. Au grand tournoi du siécle, elles sont déjà battues dans leur tête et n'entendent que prospérer sur la bête et les contribuables. Oserions-nous proposer des pistes ? Allons-y, osons tout :

locomotive Alsthom bleue

La France a naturellement vocation à embrasser des défis globaux, c'est dans l'universalisme de sa culture ancienne. Ce passé prestigieux lui permettra-t-il d'innover vraiment ou sera-t-elle tentée de se rabougrir sur les souvenirs d'une grandeur enfuie ? Nous proposons trois innovations :

(1) Développement du tiers-monde par le tiers-monde pour le tiers-monde

Quand on voit les sommes colossales dépensées pour leur défense, rapportées aux moyens débloqués pour vivre en société, par certains pays pauvres, on se dit qu'il y a un loup. Mais la guerre étant le propre de l'homme plus souvent que le rire, on ne peut fonder le développement des laissés-pour-compte de la Création sur le désarmement. De toute façon, avec des hégémons aussi frappés que Poutine et Kim Jong-un, il y a loin d'un début de solution à ce problème existentiel. La planète en mourra peut-être même avant que de brûler ! On peut néanmoins tirer des plans sur la comète et la France s'honorerait d'en prendre le leadership moral et intellectuel, à défaut de pouvoir fournir l'or nécessaire à sa réalisation. Jean-Louis Borloo l'avait vu, après quelques autres, parce qu'il n'y a que les grands programmes qui ont un effet d'entrainement durable. Creuser des puits ou disperser des moulins villageois ne suffira jamais à ancrer du bonheur sur place. Par contre, le 220V dans toutes les cases bouleverserait la vie des communautés. L'autre piste est sur la piste. Les flux de communications en site propre sont un défi pour le tiers-monde - des reportages sur les routes impossibles font florès - et au courant électrique devrait s'ajouter le rail ; partout ! comme nous avons su le faire en Europe au tournant du siècle dernier avec le charbon. Certes les compagnies ferroviaires de jadis firent plus ou moins faillite mais elles ne sillonnaient pas non plus des espaces aussi surpeuplés que ceux du tiers-monde actuel. A titre d'exemple, le vieux réseau ferroviaire du Raj britannique demeure indispensable au fonctionnement des économies locales sur toute la péninsule indienne. L'Afrique subsaharienne et l'Amérique latine en mériteraient autant. Construire un réseau ferroviaire exige beaucoup de main d'œuvre. Ça tombe bien et sans refaire le Congo-Océan ! Un projet initialement français de grilles électrique et ferroviaire superposées nous propulserait au balcon des leaders de ce monde duquel nous avons chu, mais on pourrait améliorer encore notre position avec le projet suivant :

(2) Une planète propre dans une écologie intégrale

C'est Jean-Philippe Chauvin qui a exhumé la formule (proche du nationalisme intégral maurrassien) dans une contribution qu'on se plaira à lire par ici. Extrait : « L’écologie intégrale est la reconnaissance du « souci environnemental » comme étant celui, éminemment politique, de la recherche du bien commun des sociétés en lien avec leur environnement et avec la nature profonde des hommes, loin des définitions idéologiques qui réduisent les personnes à des individus égaux et interchangeables quand elles n’existent, en fait, que par leurs actions et interactions avec le milieu naturel qui les nourrit et qui les fait (et voit) vivre. Elle est autant défense de la biodiversité végétale et animale que de l’espèce humaine comme partie intégrante de celle-ci, avec cette particularité que cette dernière a la capacité de domination sur le reste de la Création, pour employer la terminologie religieuse commune aux religions du Livre, mais que cela lui donne le devoir de protéger tous les autres êtres vivants et leurs milieux, dans leur variété : protection des autres espèces (et de la sienne propre) et humilité devant les mystères et richesses de la vie, devant ses cycles et sans négliger d’en corriger les effets si ceux-ci risquent d’attenter à la pérennité de l’ensemble ».
Qu'est-ce à dire ?
Que l'équilibre planétaire des espèces et des milieux prime tout et que tout projet d'infrastructure durable doit avoir le tampon "Ecologie Intégrale". Ça va plus loin qu'on l'imagine et ne concerne pas que la lutte contre le réchauffement inéluctable de la planète. C'est un combat quotidien de chaque individu formé dès l'enfance à ce réflexe, puis par cercles concentriques à sa communauté d'appartenance, à sa nation et à l'agrégat de nations organisé pour des projets plus importants que n'en pourrait porter aucune d'entre elles seule. C'est une tournure d'esprit dont la promotion sur la planète serait plus utile que celle de valeurs éthérées, permissives voire même libérales aux dépens de la misère.

(3) Remplacer le modèle caduc de Westminster

La démocratie parlementaire craque de toute part. Un petit tour d'horizon ? Le Brexit est menacé par une victoire des Travaillistes aux Communes alors qu'il est irréparable sauf à endommager plus encore le Royaume-Uni ; la guerre civile sourde entre country et city, est rampante aux Etats-Unis transformés en gérontocratie populiste (la pire) ; on y risque l'élection d'un bateleur de foire emprisonné qui sera adoubé par les masses de red-necks ; la République française est ingouvernable par défaut de majorité à la chambre basse, ce qui nous maintient dans des ornières profondes dont nous devons à tout prix nous arracher pour conjurer des périls plus grands que ceux affrontés aujourd'hui ; l'Espagne en déficit hydrique grave ne sait plus où elle habite depuis qu'elle avale les fruits acides d'une coalition parlementaire avec un parti groupusculaire qui lui permettrait de passer des lois ; le gouvernement allemand suit le plan approuvé lors de sa formation, qui est complètement obsolète depuis la crise du gaz et la guerre d'Ukraine où la chancellerie entre à reculons en modérant les livraisons d'armes promises à Kiev sous la pression de ses alliés ; le pays, travaillé au corps par l'AfD, risque de se fracturer ; et cetera...! Et c'est sur la liste de ces succès que nous entendons forcer la démocratie dans le Sud Global ? C'est le bordel global que nous y mettons.
Si l'aspiration des peuples à la liberté individuelle est un moteur puissant de progrès, la liberté collective d'une nation est un leurre. Trop de contraintes l'enserrent. Au mieux, on peut (et doit) optimiser nos dépendances, en évitant que la loi du Nombre et son avatar de majorité ne nous poussent à sauter la falaise comme des lemmings.

Le schéma de Royal-Artillerie de laisser décanter la démocratie du quotidien afin de récupérer un pouvoir régalien pérenne et professionnel pourrait convenir à beaucoup de pays réfrataires au désordre tel que nous l'exposons régulièrement à la face du monde. La France est devenue une référence de premier ordre pour les désordres urbains et l'insécurité. Sortons de cette bascule des majorités qui renverse tout dans des tête-à-queue politiques carrément stupides et proposons un modèle hybride comme exposé en continu sur ce blogue et ici, susceptible de plaire à beaucoup de nations revenues du cirque démocratique. Gouverner les territoires au plus près des gens et assumer les stratégies nationales à un niveau supérieur libéré du parlementarisme de boutiquiers et des corporatismes castrateurs.

Stéphane Rosèz, politologue respecté, dit dans l'hebdomadaire Marianne que la France court comme un canard sans tête. Ne serait-il pas temps de lui en mettre une ?

dimanche 18 juin 2023

Rien et cetera desunt

Ce week-end est celui de l'ultragauche, cornaquée par la Nupes, les zadistes de l'anarchie et les altermondialistes. Grand drapeau noir sur le pont de Saint-Rémy-de-Maurienne. Le fond de l'affaire donne du grain à moudre aux deux parties dès lors que la mauvaise foi est partagée équitablement, aggravant l'incompréhension réciproque. En fond d'écran, l'incapacité de la SNCF a organiser un ferroutage attractif sur la ligne historique franco-italienne par le Fréjus... après un milliard d'euros de rénovation ! Mais c'est une vieille histoire. Il y a longtemps que le fret ferroviaire aurait dû être donné au privé, y compris la traction, les chantiers à conteneurs, les parcs rail-route et les gares de marchandises. Tout !

carte LGV Lyon-Turin
La LGV Lyon-Turin raccourcit les distances et compacte l'espace des quatre pôles industriels majeurs que sont Lyon, Grenoble, Turin et Gênes. Mais si on milite pour la décroissance forcée des territoires, c'est vrai qu'elle va à contresens. Alors faisons comme en Suisse : qu'en pense le peuple des Alpes ? Globalement il est pour la LGV, comptant sur les retombées du chantier pharaonique et sur l'emploi induit par le développement économique. Mauvaise langue, je pense que dans la masse des écolos-radicaux il y a peu de gens à leur compte ; et beaucoup d'allocataires, du lest, des poids morts dont le pays n'a pas besoin. Des écœurés sociaux, pas mal !
Chacun ici a compris que la question posée par cette insurrection larvée, qui vient à tous motifs pourvu que l'on soit contre, signe la crise d'un modèle démocratique à bout de souffle, à force d'avoir été dévoyé pour servir les intérêts et visions d'une noblesse d'Etat qui a accaparé tous les pouvoirs. Et rien de ce que nous entendons chez la bienpensance pour sauver les "valeurs" n'est au niveau de l'enjeu. Notre démocratie est aussi inadaptée au monde qui se précipite au devant d'elle que pourrie. On y reviendra ; on y revient toujours.

A Brest, ils se sont bien marrés. Les nervis de la "gauche de gouvernement", les antifas renforcés des gilets rouges de la CGT, ont cassé du "facho" à l'hôtel Océania à l'occasion d'une séance de dédicade d'Eric Zemmour. Peine perdue, pas de mort, donc pas d'exploitation médiatique sérieuse ! On ne voit pas souvent l'ultradroite agresser les littérateurs obscurs de la gauche, sans doute à défaut de succès, les tirages étiques étant bien suffisants comme punition.
Conseil gratuit aux cadres du parti Reconquête : achetez-vous un service d'ordre, plutôt de la corpulence d'un Papacito ou d'un Vardon que celle d'un Stanislas Rigault, aussi sympathique soit-il, même si le grand maigre mle 1312 à petit chignon n'est pas bien difficile à démonter de ses grands airs. Un peu de close-combat au prochain séminaire de Marion ne nuira pas. En désespoir de cause, je donnerai le 06 d'une brigade de sécurité 100% viet, mais faudra prendre une assurance-obsèques.

C'est tout ? Non. C'est dimanche. Plus kitsch qu'une chanson traditionnelle de Chine, tu meurs :


jeudi 9 février 2023

Le monde n'est que chaos

Celui qui dispose d'un globe terrestre peut le faire tourner lentement en faisant l'inventaire des calamités, naturelles et humaines : il en sera saisi d'effroi. En partant de la ligne de changement de date du Pacifique vers l'est, il arrivera aussitôt sur le Pérou en révolution contre la caste qui a tous les leviers et prospère à la sueur de l'indien et juste en bas, un Chili ravagé par des incendies titanesques qui commandent aux hommes. L'Argentine, pays neuf disposant de tout, est ruinée par ses habitants. Le Brésil va laisser s'affronter les pauvres de droite et les pauvres de gauche sans qu'aucun ne sache vraiment ce que tout cela signifie, moins encore le géronte corrompu que la Cour suprême pour se garantir a remis en selle au soir de sa vie. De la Colombie jusqu'à la Basse Californie, ce sont les narco-trafiquants qui gouvernent, pillent et tuent ; les chemins sont encombrés de fuyards qui montent en famille vers la lumière américaine. Arrivé là, ce n'est pas terrible non plus. Si tu es noir, tu risques carrément ta peau en ville le soir en dehors du ghetto.

On passe l'Atlantique pour aborder aux rivages du vieux monde rationnel, héritier de la civilisation greco-romaine. Et là, un empire mythique, venu du fond de la barbarie, entreprend la conquête de ses voisins par le fer et le feu, accumulant des vies dépêchées par milliers et sans répit, pour finir par menacer tout ce qui n'est pas lui. Nul ne sait si par dépit, l'empereur nouveau, arraché à la fange soviétique, ne va pas déclencher une bombe atomique. Seuls suffiraient les noms ? en voici : Azerbaïdjan, Syrie, Hataï, Anatolie, Irak, Iran, Israel, Libye, Sahel, Congo, Kenya, Mozambique, Somalie, Yemen et plus loin, Afghanistan, Birmanie, Xinkiang, mer de Chine et Corée du Nord. Il en manque ? Peut-être en cherchant bien, mais ce n'est pas non plus un catalogue. La question qui finit par arriver est celle du pourquoi. Y a-t-il une cause majeure ou des causes non liées ?

Mon agnosticisme atterré me suggère le Néant primordial duquel tout procède et dont quelqu'un ou un meilleur principe a forcé l'espace pour construire l'Ordre. Ce Néant subsiste, me disent les Bons Hommes, et tout défaut d'ordre le laisse émerger à nouveau. Le chaos est consubstanciel à notre monde. Certains l'appellent le Mal et le griment en bouc pour faire peur aux âmes simples. Il est contenu dans le Néant par l'Ordre. Celui que nous avons sous la main est l'ordre naturel. Des thésards l'ont appelé "écologie". N'est-il pas temps de s'y mettre pour de vrai ? dans tous les compartiments de la vie terrestre, à commencer par celui de la Raison.

Après l'orgie de mort et destruction de la seconde guerre mondiale, les nations rescapées formèrent un cercle de raison. Mais il n'accueillit pas tous les pays à parité. Le camp de la force, les vainqueurs de cet holocauste - les cinq membres permanents du Conseil de sécurité - se réservèrent le droit d'approuver ce que décideraient les autres. L'intention originelle était viciée dès le départ. La raison cédait le pas, et le vieux Poméranien éternua dans sa tombe, la force primait toujours le droit. Soixante-quinze ans plus tard, la messe est dite. Il faut être payé à la ligne pour expliquer pourquoi !

L'espèce humaine, enfin plutôt terrienne, déborde de partout et d'aucuns croient que dans ce chaos elle survivra avec un effectif de neuf milliards d'individus. Des forts en calcul nous expliquent qu'au 20 août nous avons épuisé les ressources annuelles disponibles sur terre. Donc nous vivons jusqu'à la fin de l'année en consommant le stock. Le stock de tout. En même temps, la crise climatique (que nous en soyons la cause ou pas n'a plus d'importance) amplifie les caprices de la nature dans des proportions que certains pays ne peuvent plus affronter. Alors quoi ?
Alors rien !
Notre génération n'a pas compris l'ordre naturel et l'aurait-elle compris qu'elle n'aurait su l'imposer. Elle n'est pas prête à remettre en cause ses modes de vie et de pensée, ses avantages acquis. Pourquoi ou comment ? Ce n'est pas important : le résultat est là ! Nous sommes en faute. L'espèce aujourd'hui en échec doit s'en remettre aux générations montantes qui semblent plus impliquées globalement dans ces défis bientôt monstrueux, et plus capables que nous de réunir le concert des nations pour coordonner la lutte écologique et climatique. Aussi nous garderons-nous bien de donner des conseils.

Satan rouge

S'il y avait quelqu'un au Ciel, il enverrait trucider les tyrans qui ajoutent leur chaos perso au chaos global ; mais apparemment il n'y a personne, comme dit la chanson d'Alain Souchon. On peut en revanche miser sur la pérennité du Néant originel, du Mal principiel qui dérègle tout. Lui, il va bien, merci.

Terminons par la parabole de Maxime Laguerre :

J'étais seul sur le quai.
Devant moi un train magnifique qui s'appelait « Le Progrès ». Des wagons, les voyageurs faisaient de grands gestes pour m'inviter à monter. L'un d'eux baissa la glace et me dit : « Venez donc, partons tous ensemble, il faut vivre avec son temps ! »
Alors je suis monté, je me suis assis et le train est parti. La campagne que nous traversions était belle. Puis elle a commencé à se couvrir de constructions étranges dont je ne comprenais pas la signification. Cela a fini par me donner le tournis. J'ai demandé à mes voisins où allait ce train. Ils ne savaient pas. On disait qu'il allait peut-être vers un pays merveilleux.
Alors, j'ai fait tous les wagons pour trouver quelqu'un sachant exactement où nous allions. Personne ne savait rien de précis, mais comme tout le monde y allait, pourquoi se tracasser ? Voulant en savoir plus, j'ai cherché le conducteur. Il n'y en avait pas ! Alors j'ai dit aux autres : ne croyez-vous pas que nous devrions nous arrêter. Le train va trop vite et nous ne savons pas où nous allons.
Soudain silencieux les gens m'ont regardé d'un drôle d'air, comme si quelque chose n'allait pas très bien dans ma tête. Enfin l'un d'eux m'a répondu : « Mais monsieur, vous savez, on n'arrête pas « Le Progrès ».

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