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vendredi 10 août 2018

L'Iran au carrefour des enfers

ll y a quelques jours, je répondais à Jean-Yves Pons qui traitait de la crise iranienne sur son blogue du Conseil dans l'espérance du roi, que les mollahs ne se laisseraient pas faire (source) :

« Comme vous le signalez en fin d’article, le régime des Mollahs ne pliera pas. Le clergé et ses affidés ont capté la moitié de l’économie iranienne, engrangé une épargne considérable, tiennent les robinets pétroliers qui y abondent, et salarient une milice intérieure aussi bien équipée qu’une armée classique.
En cas de révolte du peuple, tous les ingrédients existent pour réprimer la contestation dans le sang comme le faisait Saddam Hussein et nous le montre Bachar el-Assad. A partir d’un certain nombre de morts on ne parle plus que de statistiques, disait Staline. Au nom de « Dieu est grand » la théocratie chiite incinèrera les « impies » par centaines de milliers !
L’autre projet (celui d’Obama) était plus subtil : pourrir la société iranienne par le Coca et les Levis 501, avec du rock en renfort. Cela a bien marché dans les pays de l’Est avant la chute du Mur, et il n’y avait pas encore Internet. »



Aujourd'hui sur Radio-France internationale, Djamchid Assadi (professeur iranien de mercatique à l'ESC-Dijon) répond aux questions intéressantes de Darya Kianpour et nous conduit au seuil de cette répression annoncée. Son cadrage est furieusement pertinent. Voici l'article libéré de droits :




PS : l'attitude de l'armée régulière en cas d'émeutes généralisées est en question. Sera-t-elle spectatrice comme on l'a vue à la chute du Shah, ou bien sécurisera-t-elle le régime ? On peut avancer que la "concurrence budgétaire" des Gardiens de la révolution l'ait longtemps humiliée et l'incitera à observer les événements jusqu'à traîner les pieds à mettre en œuvre les dispositifs sécuritaires que le clergé aux abois lui demanderait. Peut-être aussi que les commandants des grandes unités seront carrément achetés par la CIA comme il en fut des généraux de Saddam Hussein fin 2002 qui n'engagèrent pas leurs forces contre la coalition américaine de l'année suivante.

À Bray-Dunes le 11/8/2018


dimanche 26 février 2012

Éloge de la pratique


Je vaquais hier à mon horticulture d'intérieur et faillit bien me couper à la pince à bonsaï quand un ministre anglais déclara sur mon écran plat que les économistes si diserts lui faisaient penser à des experts en amour connaissant les 360 positions mais à jeun d'avoir rencontré une seule femme ! Et dans ma tête je faisais la liste des prétentieux de ce côté-ci de la Manche, n'ayant jamais dirigé quoi avec succès, ou misé gros. J'entends mieux les avis d'un Soros qui va mettre cent millions sur ses idées, qu'un théoricien d'amphithéâtre climatisé sans le rond. Il est aussi des "professeurs" avides d'applications concrètes et qui s'insèrent dans des structures décisionnelles d'ampleur considérable en y jouant leur notice historique dans l'encyclopédie. C'est de l'un d'eux que nous parlons plus bas.
Dans la sphère royaliste, le tollé fut unanime quand on apprit que les Goldman Sachs' Boys prenaient les affaires en main à Francfort, en Grèce et en Italie. C'est d'ailleurs très étonnant de voir cette méfiance systématique à l'endroit des praticiens non élus, de la part de gens peu enclins à promouvoir la démocratie. Que n'a-t-on dit des commissaires bruxellois et de la technocratie ! Qu'importe, ce n'est pas le sujet du jour. Le temps ne fait rien à l'affaire même s'il a fait oublier à beaucoup que les ministres de nos rois n'étaient pas responsables devant les cours du royaume ni devant quelque parlement d'éructeurs ! Richelieu, Mazarin, Vauban, Colbert, Louvois, Dubois, Turgot, Fleury... étaient tous technocrates. Critiquer les pros est carrément stupide, surtout quand la situation est délicate. Effectivement, le milieu royaliste est très mélangé.

C'est Mario Monti qui fait la démonstration. D'où vient-il et comment est-il là ?
Diplômé de Yale, puis recteur de l'université Bocconi de Milan, il est nommé commissaire au marché intérieur et plus tard à la concurrence, retourne à l'université pour devenir conseiller international de la Goldman Sachs, puis l'un des présidents de la Trilatérale et siège au conseil des Bilderberg. Le temps des miquets laqués au pento s'étant achevé en Transalpine, le président ex-communiste Giorgio Napolitano lui demande en novembre de mettre en jeu sa réputation et de nettoyer la merde ! Il forme un cabinet de combat qui obtient la confiance du Sénat et de la Chambre basse, avec des majorités écrasantes. Alessandra Mussolini a voté la défiance, elle cherche encore à comprendre la question.
Président du Conseil et ministre des Finances : Mario Monti ... l'Illuminati pour beaucoup
Ministre du Développement économique des infrastructures et des transports : Corrado Passera, président de la banque Itesa Sanpaolo
Ministre des affaires étrangères : Giulio Terzi di Sant'Agatta, ambassadeur
Ministre de l'Intérieur : Anna Maria Cancellieri, ancien préfet à poigne
Ministre de la Défense : Giampaolo Di Paola, amiral, chef du Comité militaire de l'OTAN
Ministre de la Justice : Paola Severino, avocate pénaliste et vice-présidente du CSM
Ministre de l'Agriculture : Mario Catania, haut fonctionnaire du ministère, lauréat du concours des dirigeants
Ministre du travail : Elsa Fornero, professeur à l'université de Turin
Ministre de l'Environnement : Corrado Clini, chirurgien de formation, haut fonctionnaire du ministère, siège au conseil de l'agence atomique italienne ENEA
Ministre de l'Instruction : Francesco Profumo, président de Colombus, recteur de Polytechnique Turin, président du CNR (recherche), il est passé par Ansaldo, Telecom Italia, Unicredit, Pirelli etc etc...
... et quelques autres. Pas un seul nomenklatouriste de la politique !
Au travail !
Il a fait ses Cent jours et déjà l'admiration des Italiens, à qui cette révolution culturelle plaît beaucoup. Le problème était-il l'Italie, qu'elle devienne aujourd’hui une solution ? Vingt milliards d'euros d'économies sur la gabegie latine, jungle administrative ouverte à la serpe, fraudeurs poursuivis, jusque dans les chiottes dirait Poutine, libération des contraintes corporatistes, publicité universelle des revenus, décapage à l'acide du code du travail, remise à plat des retraites, et 55% de popularité à la clé aujourd’hui.
Quand son prédécesseur avait juste le droit de s'asseoir à la table du Conseil européen et de la boucler, Mario Monti peut se permettre de faire une lettre à la kanzlerin psychorigide Merkel, cosignée par le Premier anglais Cameron et le ministre-président néerlandais Mark Rutte, dans laquelle il condamne les apartés bilatéraux de la soi-disant locomotive franco-allemande. Cette lettre étonnante précéda l'accord à 25 et forme en huit points sa colonne vertébrale. Au résultat, l'Italie accroît son excédent primaire quand la France, en campagne électorale complètement démagogique, creuse son déficit primaire, du moins dans les anticipations politiciennes, car en réalité, le FMI et les marchés nous rosseront dès après les législatives de juin.
Nous n'avons personne d'aussi élégant et couillu à la fois, maniant l'humour d'un esprit fin, et capable de décisions impopulaires a priori. Il a su monter en un tour de main, sans consultations filandreuses, un véritable « exécutif politique », ce dont nous avons ici le plus grand besoin ! Des idées pour quoi faire ? Le bon sens y supplée. Action !

Mario Monti partira à la charrue en avril 2013 à la fin de la législature en cours. 70 ans, le bel âge pour un sauveur. Sapir et Todd peuvent raccrocher la jaquette des puceaux à la patère et feuilleter les 360 positions.

mercredi 22 février 2012

Au bord du gouffre...

...la Grèce doit sauter !

La première moitié de ce billet (police Times) est une contribution au débat sur le site de Frédéric Taddeï www.Newsring.fr, contribution postée le 17 février à la rubrique Monde. La seconde moitié est de géopolitique ; c'est donc celle que nous développons ici pour les lecteurs de Royal-Artillerie.

Papandréou avait eu la bonne intuition quand au sommet du G20 de Cannes il avait sorti son référendum du chapeau. Cris d'orfraies de la nomenklatura en charge de la pensée dominante à l'idée de pouvoir être contestée par l'un de ses souverains !
Le camp des sceptiques grandit chaque jour en Europe du Nord quant au pronostic. Et sans doute n'y a-t-il pas besoin de longues années d'amphitéâtre en économie politique pour douter qu'un pays sans Etat ni économie puisse survivre à la saignée des médicastres. Aussi le choix de nous quitter n'en est plus un pour la vieille nation.
Le peuple grec doit être "mouillé" dans le Saut par un référendum, après la description honnête de son avenir. La remise en selle aux législatives d'une classe politique douteuse ne résoudra rien. Certes, ce faisant, la Grèce plantera les banques, les zinzins¹ et les Trésors qui ont pris des bons grecs sachant le pays pourri, elle laissera une ardoise aux marchands d'armes (RFA), mais elle tarira le drainage de son propre sang par ses créanciers. Lui fermera-t-on l'accès aux marchés ?
Pourquoi irait-elle ensuite sur les marchés dès lors qu'elle n'a plus à faire les échéances ? Pour payer l'Etat au sens large chaque mois. Il suffit de trois choses pour y parvenir et elles ne peuvent se faire que par l'électrochoc du saut :
(i)- Etablir les rôles fiscaux et encaisser les taxes ; peut-être qu'une flat tax simplifierait la réforme.
(ii)- Lever de la rente perpétuelle à 3% auprès des capitalistes résidents ou d'outremer, essentiellement l'église orthodoxe et l'armement naval.
(iii)- Passer un traité d'alliance avec la nouvelle Russie orthodoxe pour obtenir des conditions privilégiées d'accès à l'énergie, et imprimer des drachmes à bon compte.
L'effet domino ?
Tous les analystes des banques et des zinzins le prédisent mais aucun économiste distingué n'y mettrait sa main au feu. L'économie grecque ou ce qui en reste, c'est peanuts au niveau de l'Union européenne, et il est idiot de mettre dans ce jeu l'Espagne et surtout l'Italie. Le FES peut aider le Portugal sans problème, et les Portugais sont bosseurs.
Les nations rieuses ne menacent pas les nations sérieuses. Schäuble a-t-il l'air menacé ?

La minute géopolitique

Disons déjà que du fameux "effet domino" la Grèce se tape si elle sort du schmilblick européen ! C'est le point (iii) qui est intéressant. A voir l'extrême méfiance des autres états européens à l'endroit du gouvernement grec et de sa fonction publique, on peut avancer que sera noyé sous les larmes de crocodile son largage de l'eurozone avec les conséquences sociales et comptables que l'on sait. Renchérissement de la Dette en euros, dévaluation vertigineuse de la monnaie de substitution, fermeture des comptes d'épargne et comptes courants, chômage de masse, généralisation du troc, assèchement des caisses publiques, émeutes, répression...). Il faut se rappeler l'Argentine, assujettie à une monnaie étrangère incontrôlable qu'était le dollar US.
C'est pourquoi la Grèce doit sauter pour sauver ce qui peut l'être encore en appliquant les deux recommandations (i) et (ii) ci-dessus. Et la bonne idée serait d'en prévenir le grand frère russe pour s'assurer du minimum vital qu'est l'essence. Le traité d'alliance qui - après les effusions spectaculaires de l'Orthodoxie - servira d'abord à financer les concours russes et mettra une base navale hellène à disposition de la Flotte de la Mer Noire, non pour escale mais pour stationnement et construction et réparation navales. Le rêve du Csar en eaux chaudes. Tout le paquet devrait être mis d'ailleurs sur la mer puisque la flotte commerciale grecque est encore la quatrième du monde (clic sur le rapport ONU 2011) avec 3213 navires et la première en tonnage avec 202388152 dwt. La mer, ce sont des chantiers navals pour servir toute la Méditerranée orientale, une vraie industrie de mécanique marine à créer avec les Russes, et bien sûr le tourisme que la moindre valeur de la drachme renflouera.
Il y aura sans doute deux ans de mauvais, où il faudra retourner son bout de pelouse pour y faire des légumes, mais rapidement le soleil ramènera les sourires et les Anglaises en shorty.

Ce renversement d'alliance aurait un impact régional conséquent. L'ami des Grecs sur zone est le Serbe. Orthodoxie, alphabet, ennemis communs (Albanie, Turquie), proximité mentale. La Serbie dispose d'une vraie industrie avec laquelle elle espère entrer dans l'Union européenne. La Grèce, avec son tempérament commerçant, peut être une aide significative dans la distribution serbe sur les pays méditerranéens, et en Afrique où les communautés grecques sont nombreuses et actives.
Le tout est de convaincre le peuple de jouer cette renaissance à pile ou face, par référendum, et de faire la nique aux proconsuls germaniques. Avec la composition politique du pays², le choix du Saut n'est pas impossible.
Dans la mesure où les experts présdisent pour nous faire peur que le défaut calamiteux dynamiterait les partis politiques (ce ne sera que justice) et où l'Etat cachexique devra reculer sur son domaine régalien abandonnant la solidarité à l'Eglise orthodoxe, il ne serait pas incongru de fermer la voûte de l'Etat reconstruit a minima par un chef d'Etat permanent délié des joutes picrocholines, un roi quoi !



(1) Les Zinzins : les investisseurs institutionnels, ceux qui ont accès directement aux adjudications du Trésor.
(2) « Le porte-parole du gouvernement a confirmé ce lundi 13 février la tenue d’élections législatives anticipées en avril prochain. Ce scrutin s’annonce mouvementé tant les équilibres politiques en place sont en train d’être bousculés par un peuple en colère. Et ce seront sans nul doute les élections les plus incertaines que la Grèce aura connues depuis la fin de la dictature en 1974. Car le bipartisme, qui a marqué la vie politique ces 30 dernières années, socialistes du Pasok d’un côté, droite de Nouvelle démocratie de l’autre, est en train de voler en éclats. D’après un sondage paru la semaine dernière, le Pasok est même passé sous la barre des 10% d’intentions de vote. Une chose est certaine, on va assister dans les prochains mois à une recomposition du paysage politique grec, où les partis de gauche, des communistes à la gauche réformatrice, pourraient jouer un rôle important. Ils n’ont d’ailleurs jamais été aussi haut dans les sondages. » (Stathis Kouvelakis, King's College, Londres)

jeudi 15 septembre 2011

Bancreuses

Ce billet a paru en version expurgée dans l'Action Française 2000 du 15 septembre en page 2 sous le titre "Indice de confiance : zéro". Depuis la rédaction de ce billet, les choses se sont aggravées. Le défaut partiel grec (>21%) est quasi certain à fin octobre pour tous les acteurs de marché, et les gouvernements font leurs calculs pour recapitaliser leurs banques chargées de bons "latins", mais les fonds de renationalisation n'existent pas dans les caisses des Etats et les emprunter sur le marché plomberait encore plus la Dette publique. Malgré les cessions d'actifs décidées cette semaine pour atteindre les ratio prudentiels de Bâle III, toute baisse des cours pèsera sur la capitalisation des établissements, devenus proies faciles pour les émirs et les Chinois. Que feront les nouveaux maîtres de ces banques reste une énigme, mais il est peu probable qu'ils désavantagent l'économie de leurs pays d'origine, au détriment peut-être de la nôtre. Malgré leur ton assuré à défaut d'être rassurant, les dirigeants européens, des Etats comme de l'Union, ont montré leur insuffisance. Les nations leur en tiendront compte. Ce billet passe à la trappe à piges que constituent les archives de Royal-Artillerie.

G7 : l'enjeu des appels du FMI et de la BCE n'est pas mince. Il ne s'agit que de recapitaliser de 200 milliards les banques d'Europe afin qu'elles puissent supporter l'affichage des bons douteux dans leurs comptes. A défaut de quoi, elles resteront suspectées d'infection et quand le vent de panique se lèvera, tout le secteur se protègera des métastases de la faillite en bloquant ses transferts. Sans liquidités, le moteur bancaire calera, et nous ferons la queue aux guichets comme à Tripoli !
Le FMI par la voix de son Administrateur-gérant Lagarde appelle à recapitaliser les principales banques d'Europe occidentale parce qu'elle sait (ou a appris à son arrivée à Washington) qu'en cas de turbulences, elles ne tiendront pas le choc, malgré les tests de résilience signalés presque partout positifs. Les fonctionnaires de l'Agence bancaire européenne (EBA) s'en tiennent au succès de leurs simulations et récusent cette demande avec dédain. La présidente du Medef dit ne pas comprendre, c'est inquiétant mais elle n'a fait que SciencesPo. Le président Jouyet de l'Autorité des marchés financiers (AMF) ne demande lui que la recapitalisation des plus petites, et les professionnels du secteur, non impliqués dans les affaires politiques, avouent que les banques européennes sont au fond du trou (dixit Chahine Capital) après avoir perdu 900 milliards de capitalisation en cinq ans ! On n'y comprend rien, sauf si l’on sait que les tests de résilience étaient biaisés par des provisions bien insuffisantes pour palier la restructuration de la dette grecque, pire un défaut. Or de défaut on ne parlait que de ça à Marseille, et de la liquidation de l'Etat grec mis sous tutelle. De ces nouveaux bons russes, la BCE de M. Trichet en a pris pour 45 milliards : Jürgen Stark, son chef économiste, vient de démissionner.

Le bon sens commande donc que les banques détentrices de bons GiPSI¹ se recapitalisent à hauteur des encours douteux dans des délais assez rapides si l'on estime, comme les acteurs de marché, que l'orage va éclater soudainement, ou plus longs, si l'on est optimiste comme un dirigeant politique. Christine Lagarde est passée d'une condition à l'autre et a changé d'opinion, avec un creux à l’estomac car ses experts, rentrés d'Athènes, ont la conviction que la Grèce ne peut pas faire face. L'Etat grec à la merci de ses fonctionnaires rechigne à faire de l'argent par les privatisations (50 milliards attendus) puisque ce serait autant de niches, postes, fromages et prébendes qui disparaîtraient ; et la nation hellène rechigne à contribuer au redressement des comptes publics en cessant de frauder le Fisc car ce serait germaniser sa culture inimitable. Le Pib recule, les déficits croissent, la dette enfle, la phlébite ! Les marchés paniquaient déjà la semaine dernière en rehaussant les taux des obligations grecques à moins d'un an à 72%, et à 47% pour celles à deux ans ! Les latins malades n’en sont qu’à 15%.
Avant de continuer il faut comprendre la notion d’ « évènement de crédit » : c'est une dégradation des termes d’exécution d’une obligation entraînant automatiquement celle du niveau de confiance. Le rééchelonnement des obligations grecques, accepté finalement par Merkel, participe de ces évènements. L'agence internationale de garanties MiGA² et les banques ayant vendu des polices assurant les obligations nationales contre le risque souverain (CDS) craignent d’être appelées en garantie par l’ « évènement », avant même la déclaration de défaut. Les plus chargées en CDS vont plonger car elles n'ont pas le cash pour tout payer. Inutile d’expliquer que tous ceux qui détiennent beaucoup d'obligations grecques, garanties ou pas, vont également plonger. Les mauvaises langues des salles de marché n'appellent-elles pas la Société Générale "le mort qui marche"³ ? Le mauvais scénario prend forme puisque, faute de confiance en leurs consoeurs, les banques européennes parquent de plus en plus de liquidités au jour le jour chez la Banque Centrale Européenne qui les rémunère à 0,75%, liquidités qu'elles commencent à retirer du marché. L'huile du moteur épaissit dangereusement même si avec 170 milliards garés ces jours-ci on reste en dessous des 400 milliards gelés à Francfort en 2008 après la faillite de Lehman Brothers.
L'implication sur les clients est directe. Les entreprises verront s'assécher leurs découverts. Elles devront à leur tour raccourcir ou cesser le crédit client et n'accepter de commandes que payées comptant, si l'on trouve du liquide ! Les investissements seront refusés par les banques. Les retraits des particuliers seront rationnés.

Pendant ce temps, dans des hémicycles déconnectés du monde, il est des gens bizarres qui approuvent le surendettement de leur pays, déjà criblé de dettes, pour quinze milliards d’euros à « prêter » à l’Etat grec qui va disparaitre ; et qui au même moment surtaxent la société française de onze milliards pour entamer un reflux des déficits. Bien sûr, ce ne sont pas les mêmes postes comptables et l’emprunt grec de l’Agence France-Trésor (AFT), inscrit en trésorerie, n’aggravera pas les comptes budgétaires, mais en fin d’exercice dans le compte global "France" il n'y aura aucune contrepartie à ces quinze milliards donnés et perdus. Les Agences noteront l’aggravation de nos finances : le AAA deviendra AA, voire BBB ou pire, et le prix du refinancement de la dette courante sur les marchés s’accroîtra dans des proportions que l’Etat français ne pourra pas supporter.
Le pouvoir noie le poisson dans la réelle complexité de la situation, mais au résultat, c’est assez simple. La dette gérée par l’AFT est de 1320 milliards et sa durée de vie moyenne était de 7 ans et 38 jours au 30 juin. Le taux moyen courant à 7ans est aujourd’hui de 3,25%. Passer seulement à 4% hausserait le montant des nouveaux intérêts de 23%, et de 54% si on passait à 5. Or pour le service de cette dette, nous levons 220 milliards cette année (dont 120 pour les coupons d’obligations). Rapporter ces valeurs au budget annuel de la Justice par exemple (7 milliards) mesure le danger. Devra-t-on confisquer l’épargne ? Mais non, nous emprunterons !


Notes
(1) GiPSI (acronyme de tzigane ) : Grèce, Irlande, Portugal, Spain-Espagne et Italie
(2) MiGA appartient au Groupe Banque Mondiale. Ce groupe puissant associe trois banques internationales spécialisées (BIRD, SFI et BM), l’agence de garanties MiGA et une cour d’arbitrage, la Cirdi
(3) L'action SocGen a perdu 84% de sa valeur en 5 ans, devant le Crédit Agricole qui n'a perdu que 83% et largement devant la BNP qui en est à moins 63%!

jeudi 11 août 2011

Vérité du Nombre

La rupture estivale en zone de connaissance a ceci de productif qu'elle ne subit pas l'éblouissement de la nouveauté ni le ravissement du spectacle inédit de la Nature, et laisse donc l'esprit critique à la contemplation de nos concitoyens et de quelques autres qui aspirent à se civiliser chez nous, parfois à la poursuite d'un rêve de liberté qu'ils finiront en cauchemar. Non pas que la partie "professionnelle" de l'année nous prive de cet exercice d'analyse, mais les contingences trépidantes de la vie active accroissent l'esprit de géométrie aux dépens de ce qu'on pourrait prendre pour de l'esprit de finesse.
Cet exercice n'étant bridé par aucun rédacteur en chef, j'avertis notre distingué lectorat que le pensum est sans frein.

Que ce soit dans les lieux de célébration de la Consommation - ces indispensables centres commerciaux où chacun mesure et polit son barreau de l'échelle sociale voire son timon straussien, que ce soit dans les espaces publics de distraction où l'on crée une empathie d'autant plus sûre que l'assistance est nombreuse et que l'on moque quelque chose ou quelqu'un, on constate les effets du conditionnement des individus amassés en foule, et à la réflexion, la quantité incroyable de moyens divers et variés engagés pour parvenir à "faire du chiffre", entendez cumuler de l'audience et la marchandiser, soit immédiatement soit en espérances comme on le fait pour les élections. Parce que le Nombre est vrai, mec !
Combien de fois entendons-nous les cuistres médiatiques nous livrer des sondages d'opinion prouvant le bien-fondé ou le mal-fondé d'une mesure gouvernementale. Une majorité de gens refuse-t-elle le retrait des panneaux avertisseurs de radars ? même si la mesure est bien la seule à policer la conduite des "pistards" de la route, que le nombre a parlé et l'on fera la dépense de panneaux pédagogiques pour enfants niais au lieu d'obliger à équiper de dispositifs de cruise control les voitures. On s'en méfie aussi de ces majorités d'opinion, et symétriquement se refuse-t-on à sonder sur des sujets tabous comme le sort à réserver aux pédophiles ou celui des tueurs de femmes. Surtout si le pouvoir est enclin à sévir. De même à l'opposé de l'échelle d'inquiétudes, pour le combat en coalition dans l'affaire afghane, on sonde après les pertes militaires sur la justesse de notre engagement, sans compassion pour le sacrifice de nos soldats ni énoncé des tenants et aboutissants, afin de faire éclore une vérité majoritaire qui satisfasse les faiseurs de rois, les médias et leur anti-américanisme à la mode.


Cette dictature recherchée du Nombre implique des techniques de communications massives en constant perfectionnement. Si pour leur rentabilité elles visent d'abord l'excitation du consommateur solvable, elles peuvent être fourbies bien sûr aussi pour favoriser les canaux d'endoctrinement "cérébraux". Il est plus aisé que jadis d'endoctriner les masses, mais moins que demain qui s'annonce comme un véritable bombardement cybernétique par le développement de l'Internet mobile. Or les endoctrineurs multipliés, les faiseurs d'opinion précités, les cons terribles des matinales radiophoniques, empruntent ces voies nouvelles de propagande massifiée à l'intention de populations ciblées ou pas, dans un large ensemencement ininterrompu pour influencer par le Nombre les pouvoirs en place. Ils savent depuis les démonstrations de Konrad Lorentz que « la puissance de suggestion d'une doctrine progresse en proportion géométrique du nombre de ses adhérents »¹ et la soupe idéologique est meilleure plus encore si le chaudron est grand. Le marché de masse ouvert par ces techniques devient parallèlement un marché de civilisations prêtes à mettre, où se promeut inlassablement la nôtre bien sûr, malgré sa décadence. Pédagogie imparable dans sa perversité, toute erreur fondamentale de notre système peut être purgée par une opinion majoritaire et devenir une "directive", puisque la vérité est devenue l'acceptation d'un concept par le nombre le plus grand. C'est l'histoire des crapules civiques blanchies par leurs électeurs stupides qui osent tout. Minoritaires vous avez tort par construction idéologique, circulez ! Si l'on ajoute à cette incongruité le nouveau syndrome d'immédiateté, cette propension infantile des gens à satisfaire à l'instant leurs désirs primitifs - les marchandiseurs visent l'achat compulsif - et leur incapacité à se sentir responsables d'un avenir éloigné, savoir le temps d'après leur mort, on atteint là l'os de l'escroquerie démocratique. Le Nombre peut être puéril, idiot, ou fou mais... vrai. L'insulte à l'intelligence de l'espèce est complète. Les gens ne l'ont pas encore compris mais le soupçon s'éveille.

Charrie-t-on ou pas l'Erreur dans les voies nouvelles de communication ?
Comme tout le reste évidemment, du mauvais et du bon avec l'encyclopédie participative Wikipedia, les liaisons hyper-rapides entre abonnés, l'accès aux bibliothèques du monde, et la pornographie ! Mais plus insidieusement sont diffusées une certaine "façon de voir" dominante, une certaine "éducation" globalisée et un ton convenu pour exprimer l'inégalabilité de la démocratie, la doxa. Sur ces réseaux de moins en moins informels puisqu'ils ont muté en gigantesques banques de données personnelles, se crée une culture transversale homogénéisée, fondée, pour faire court, sur le libéralisme capitalistique occidental et ses moeurs débridées, que ça nous plaise ou pas. Cette culture est accessible aujourd'hui de partout et déteint.
Les révoltes arabes, mais l'urticaire libertaire de la classe moyenne chinoise aussi, démontrent une convergence mondiale des expressions individuelles vers ce modèle social réputé qu'est le modèle libéral occidental, un peu fantasmé d'ailleurs, grosso modo celui de la liberté la plus large dont les contours pour chacun se limitent à la liberté d'autrui et ne composent avec aucune morale, le fameux Empire du bien de Philippe Muray. Avec en prime un mot magique complètement détourné de son sens premier : dé-mo-cra-tie.
Comme derrière le Rideau de Fer de jadis, les gens d'outre-occident voient dans le mot "démocratie" la liberté de penser, parler et circuler. Après la révolution de jasmin, les gens tapaient sur Twitter comme des fous "Ben Ali est un con" parce jusque là c'était la prison assurée ! En seconde couche, le voeu est de participer à la mondialisation transformant leur société en une société banale, automobile, "conforme" et à l'aise. Ne vient qu'en troisième couche, mais elle est celle qu'exaltent les thuriféraires de la Libération qui ne nous parlent que de ça, une vraie citoyenneté politique. Les taux de participation aux élections dans les pays de l'Est montrent que l'impatience civique est de plus en plus refoulée, les gens s'en foutent, leur liberté d'abord et un bien-être le plus proche possible du rêve antérieur. Le citoyen est devenu presque partout un consommateur d'idées politiques si l'emballage le captive, jusqu'à zapper pour rire aux jours de scrutin. Nous allons revivre ces nouveaux jeux du cirque en avril prochain.

Oui, on charrie de l'erreur, grave.
Les libertés essentielles recherchées par les peuples révoltés et ceux qui en Asie vont les imiter, sont des acquits obtenus d'une certaine organisation des sociétés, qui priorise l'instruction publique et valorise les connaissances apprises sur un espace de temps moyen à long afin d'exalter les vertus civiques indispensables au fonctionnement du modèle occidental. Charles Maurras liait la rareté des comportements humains vertueux à l'inhumanité du modèle démocratique qui en attend tout. De fait, les libertés essentielles ne sont pas vendues dans le kit "démocratie totale" ; seulement annoncées par l'endoctrineur qui n'insiste pas sur cet effort collectif d'apprentissage ; c'est la seule vérité vraie qui ne soit pas contredite : il faut non pas les conquérir mais les faire pousser comme de l'herbe. On ne peut se satisfaire d'une règle commune abrégée qu'on pourrait appeler droit naturel universel² et en avant ! Le fonctionnement politique d'une société convoque une certaine complexité des mécanismes sociaux qui reste à construire sur la base consolidée du droit naturel². Mais les "nouvelles" sociétés qui organisent leurs pouvoirs d'administration générale, secrètent en même temps le ferment de leur asservissement par les corps constitués qu'elles laissent métastaser, puis se bunkeriser dans le futur. C'est la dérive des raïs arabes, de quelque nom qu'on les appelle dans les républiques orientales. Egypte, Syrie, Irak, furent des républiques construites sur le modèle parlementaire de Westminster adapté par Michel Aflak (Baas) ; elles devinrent des dictatures, certaines sanglantes mais toutes légales. Le Nombre peut enfanter aussi son propre camp de concentration mentale !
Pour obtenir ces libertés qui font rêver la Rue arabe, il faut donc que l'expérimentation éprouve leurs fondations au socle de la société considérée, et c'est un long cheminement du groupe social quand il y parvient. Penser tous les compartiments du jeu social et mettre en application leur réfutation jusqu'à ce qu'ils tiennent debout par eux-mêmes, les assembler. Ne pas faire une confiance aveugle aux professeurs de droit ; ne pas dénombrer les essais ; les faire ! La procédure détaillée est trop longue pour être vendue dans le "kit", elle en diminuerait le côté sexy. Alors d'aucuns présomptueux ou mal conseillés font le grand bond de la barbarie à la civilisation sans étapes générationnelles, en déduisant leurs règles sociales du droit naturel commentées de l'extérieur et importent de l'étranger les règles de fonctionnement de leurs institutions modernisées, et la première de toutes, la décision majoritaire. Et ça ne marche pas. Cf. l'Afghanistan en plein désarroi, mais le Pakistan britannique n'est pas mieux ; la liste est longue des démocraties-foutoirs finalement administrées par la force brutale récupérée du stade antérieur.

Si le besoin de connaissances et d'instruction publique générale s'avère impérieux pour continuer l'ouvrage d'une société juste et pérenne, les dépenses budgétaires correspondantes deviennent prioritaires, bien avant tous autres postes du domaine public. Ceux du domaine régalien doivent être mesurés à leur stricte nécessité, et les vanités diplomatiques remises à plus tard. Suffit-il d'analyser les sociétés démocratiques occidentales pour en comprendre le mode d'emploi et les imiter pour accéder au paradis promis par les textes ? Oui, ça aide. C'est un exercice auquel devraient s'astreindre les équipes gouvernementales des sociétés nouvellement libérées s'il est fait sérieusement. Elles sauront bientôt que le modèle est en toc ! Et que le Nombre qui le dit vrai se trompe lourdement. Il n'y a pas de prêt-à-penser qui tienne la route longtemps en physique sociale, l'échauffement des populations administrées à travers ces grilles de lecture théorique en donne vite les limites. La pratique de la théorie est toujours un arrachement des convictions. Aparté : les royalistes la redoutent pour cette raison.
Chaque société doit créer son propre modèle social, l'éprouver et le pérenniser par ses propres retour d'expérience. A mon avis, le farà da sè est le seul intérêt du nationalisme et les pays qui s'y prêtent réellement voient se répandre doucement l'idée que dans le modèle acclamé par les otaries médiatiques, le volet social-démocratie qui vise à la satisfaction de la sécurité et du confort du Nombre, est en faillite accomplie, ruinant le reste de l'ouvrage qui mériterait d'être défendu. C'est un réel bond en avant des idées car le sujet était jusqu'ici tabou. Le modèle quand il est mesuré par les chiffres est pourri. Le train fou de la banqueroute accourt vers nous de plus en plus vite, nous en avons déjà évoqué les effets dévastateurs et n'y reviendrons pas. On me dit que la Bourse panique. Il y a de quoi : des nations prospères ont enfanté des Etats promoteurs d'un humanime débridé qui finissent leur carrière avec des comptes publics de temps de guerre en pleine paix.

Ce blogue de petit calibre continuera de tirer à boulets rouges sur la solidarité à compte d'autrui qui gouverne tous les pays occidentaux. Le principe de "Providence" qui est généreux par essence est vite fatal si la redistribution de richesses excède d'une part la quantité de richesses produites et si elle bénéficie d'autre part à des individus qui ne la méritent en rien, aggravant l'oisiveté endémique du genre humain. Les tribus indiennes de la Grande Plaine n'exemptaient de la production mais les gardaient à l'ordinaire que les fous. Ils n'en avaient pas beaucoup et les sorciers assuraient la tranquilité de ces êtres différents en les faisant toucher par un rayon cosmique. En revanche, à ce petit groupe de ravis, nos sociétés, éblouies par la charité chrétienne malgré les lois Combes, ont ajouté de grandes cohortes de fainéants, assez rusés pour faire croire à leur malchance et ne jamais montrer que plus ils sont aidés moins ils en font, pervertissant le système qui ne tient debout que par l'emprunt d'argent aux étrangers (70% de la Dette française). Les caves à vin sont-elles vides ? Cocagne, on vendra la vigne pour boire !

Les candidats à la "démocratie" qui souhaitent construire chez eux une société juste et libre doivent diriger leurs observations sur les pays bien gérés, aux comptes publics équilibrés par principe (malgré quelques dérapages conjoncturels), ils sont peu nombreux mais exemplaires, ce qui rend le tri plus facile. Hors de l'épure les pays latins, gitans et braillards gouvernés par des saltimbanques addictés au moteur diesel du déficit budgétaire. Hors de l'épure la démocratie américaine raciste qui laisse attaquer son président noir sans vergogne bien que perfusée par la nouvelle Chine qui la soutient comme la corde le pendu. Hors de l'épure la Fédération russe et son substrat mafieux qui prospère sur le fumier de la misère.
Le modèle imitable, bon d'importation, est au Nord de l'Europe, et en petit format à Hong Kong. Bizarre ! Ces pays ont chacun une forte identité nationale. C'est la Scandinavie (Danemark, Norvège, Suède, Finlande, Estonie), les Pays-Bas, le Luxembourg, la Confédération helvétique et quand on avantage le paramètre identitaire, l'Autriche. Pas plus ! On y ajoutera demain la nouvelle Flandre, toutes griffes dehors. Que nous disent ces pays ? Qu'ils ont longtemps dérivé dans le tiersmondisme tiède, mais sont revenus à leurs fondamentaux. Ils nous disent des banalités pour une gouvernance de bon père de famille. Rien d'exaltant, pas de quoi meubler les amphis de SciencesPo. En gros, ne pas dépenser plus que l'on gagne, faire mériter l'aide strictement mesurée, mettre des moyens de côté quand c'est possible (voir le fonds souverain norvégien), ne pas punir le succès des entreprenants en les ostracisant, et ne pas se prendre pour le leader du monde, impatient d'adouber ou condamner tout évènement politique de la Terre de Feu au Kamptchaka . Tout le contraire de l'endoctrinement idéologique que nous subissons au milieu de l'exaltation de nos gloires enfuies, sous la protection d'un ridicule gaullien qui ne tue plus. La teneur et le niveau de la campagne pour les primaires socialistes sont lamentables. Qui pis est, ils sont totalement hors-sol, les Français, selon l'Insolent, privilégiant la réduction de la dépense publique en attendant l'Anschluss qui les sauvera ! Quel camouflet !

Selon les penseurs socialistes qui ont survécu à l'effondrement du Mur - on en a raté beaucoup et partout³ - il faudrait ré-étatiser notre société gravement dénationalisée, restaurer les solidarités forcées du Conseil national de la Résistance (je dors, tu bosses, je m'indigne), pondérer la disette budgétaire entre les strates et entités politiques, surtaxer les possédants captifs de leur patrimoine intransportable, niveler l'accès de tous aux guichets sociaux, relever les barrières douanières pour protéger la production nationale (laquelle et où?) et ne plus subventionner l'exportation pour récupérer de la TVA, dévaster les niches fiscales, revenir à une monnaie de singe dévaluable à l'envi le dimanche, établir de nouveaux catalogues de dépenses populaires, mettre en cage la finance internationale impure qui ne nous obéit pas, dire son fait au G20 qui n'attend que l'oracle de Paris, et amorcer la démondialisation ; du grand n'importe quoi mais facilement compréhensible par les masses automatiques à bas QI dont le nombre validera en principe le concept.
De tous bords, convergent les "savants" sur cet endoctrinement létal pour notre nation, à se demander ce qu'ils y cherchent réellement, la victoire de leurs idées ? Mourir pour des idées ? On ne célèbre rien sur les ruines fumantes d'un Etat grec, par exemple, sauf l'aurore de l'Anarchie ! Sommes-nous au printemps de l'Anarchie ? L'insurrection qui vient, disaient les épiciers de Tarnac.


Note (1): Les Huit péchés capitaux de notre civilisation (Flammarion 1973)
Note (2): Il s'agit de la ligne de partage spontané tracée par les gens du groupe social observé, séparant entre bien et mal les actes de chacun, à l'abri des commandements religieux qui partout vicient le concept de droit inné pour le remplacer par un droit transcendé avec l'imparable facilité de l'autorité invisible et inaccessible au commun, qui dicte une loi irréfragable. La souffrance ou le meurtre d'enfants, le viol des femmes, la fatalité de la famine, l'assassinat des vieux inutiles, le vol des gains péniblement obtenus, etc. sont d'instinct insupportables absolument et n'ont pas besoin de code pénal pour être réprimés.
Note (3): même chez les royalistes... ;)

samedi 18 juin 2011

Echouage du QE2

Ce billet a paru dans l'Action Française 2000 du 16 juin 2011, sans les notes. Il ne s'agit pas du Queen Elizabeth 2, rassurez-vous ! Le billet entre dans les archives de Royal-Artillerie.
Le Trésor américain sera-t-il en défaut avant le Trésor grec ? Vingt-cinq milliards de coupons d'obligations lui seront présentés au 15 août mais le blocage de l'endettement public par la majorité républicaine au Congrès annonce le défaut. Ce défaut, même de quelques jours ou quelques heures, dégraderait durablement la notation du pays bénéficiant actuellement du "triple A", comme l'anticipait Standard & Poor's dès le 18 avril. Fitch Ratings et Moody's le menacent d'un humiliant «B» comme ils en donnent aux gitans sud-européens. Tout déclassement renchérit mécaniquement le prix de l'argent emprunté sur les marchés et creuse le déficit. Mais il est possible de se passer des marchés en empruntant la voie dite non conventionnelle¹ du Quantitative Easing (QE) ou assouplissement quantitatif des règles de prudence.
Pour comprendre, revenons à la "crise des subprimes".

Lors de la découverte des hypothèques pourries de 2008 accumulées par la politique d'argent facile d'Alan Greenspan, les actifs des banques qui en comptaient beaucoup, émiettées dans une multitude de titres, furent subitement dégradées à tel point que tout l'interbancaire faillit geler comme le Saint-Laurent en hiver. Aucune banque ne faisait plus dès lors confiance à sa voisine, la craignant aussi chargée qu'elle-même. L'économie commençait à se gripper tel un moteur sans huile. Tout s’arrêterait et les caisses vides des entreprises jetteraient à la rue les employés par dizaines de millions.
Ben Bernanke², président de la Réserve Fédérale des États-Unis (FED) vit arriver le krach. Pour prévenir la congélation, en bon keynésien, il noya les banques de liquidités prêtées par la FED à un taux proche de zéro. Ce fut le QE-1. Mais le moteur de la consommation tournait quand même au ralenti parce que les Américains qui achètent tout à crédit en étaient privés par leur banque méfiante ; et la croissance ne repartit pas franchement ; or c’est l’éponge des erreurs. En relais du QE1, Obama fit donc injecter massivement de l’argent public sur crédits budgétaires en creusant les déficits déjà énormes, à peu d’effet au résultat, car le malade ne réagit pas à la perfusion. En novembre 2010, Bernanke décida de prendre des bons du Trésor tirés sur du vent pour couvrir ses propres émissions de liquidités. C’est le QE-2. Ce dispositif inflationniste extrêmement inflammable qui a vu la FED préempter 75% des émissions du Trésor, se termine au 30 juin prochain. Ils n’oseront pas le QE-3. Donc retour aux crédits budgétaires ? Non ! C’est là le hic.

Les Républicains font chanter la présidence en exigeant la réduction des dépenses publiques de 2500 milliards de dollars sur dix ans sans taxation supplémentaire, en contrepartie de leur accord au rehaussement du plafond d’endettement de l’État au-dessus de la limite constitutionnelle³. Les Républicains étant le plus souvent des possédants, il y a peu de chances qu’ils fassent sauter la Banque. C’est plutôt un exercice de lutte gréco-romaine, mais tous les détenteurs de bons du Trésor américain sont aux cent coups, les Chinois les premiers au seuil de la menace à peine voilée, car un mot tabou circule : banqueroute.




Notes
(1) La voie conventionnelle est la manipulation du taux directeur de la banque centrale qui induit le taux d'escompte des effets pris en pension et le taux interbancaire d'échange de liquidités entre banques.
(2) Ben Shalom Bernanke est un monétariste nommé à la tête de la FED par Georges W. Bush en remplacement du gourou Greenspan (In Alan We Trust !). Le poste étant très exposé, Obama n'a trouvé personne pour aller y prendre les coups et a maintenu à la FED le président en fonction.
(3) Ce plafond est de 14,3 trillions de dollars.

samedi 14 mai 2011

Et si le réveil sonnait !

Les docteurs d'opinions dénoncent en continu l'avancée du populisme en Europe. Ce qui dans une dé.mo.cra.tie n'est pas incongru, le peuple n'y est-il pas réputé souverain ? C'est pour avoir menti que les régimes de la social-démocratie se voient débordés aux extrêmes par un réflexe vieux comme le monde, le bon sens ! Après l'enfumage fédéral de la mondialisation heureuse, il n'est pas un jour maintenant que des mesures ne soient édictées par des gouvernements pour sauvegarder leurs intérêts nationaux en faisant litière du consensus international convenu dans les enceintes strasbourgeoises, sorte de totem entaillé de toutes parts par la confrontation quotidienne de nos sociétés au monde réel. Ce recentrage forcé sur des fondamentaux ensouchés dans les vieilles nations est sans doute une des rares vertus de la démocratie obéissant à la dictature du Nombre.

Le Danemark abaisse ses barrières orientales sous la pression du Dansk Folkeparti. La Norvège, hors-Union, est gouvernée sous la surveillance du Fremskrittspartiet d'opposition, deuxième formation politique du royaume avec 23% des suffrages aux législatives lui donnant 40 sièges au Storting. Son euroscepticisme devient quasiment constitutionnel et les mosquées séoudiennes carrément refusées au motif de réciprocité de lieux de culte. Le Riksdag suédois a accueilli vingt députés du Sverigedemokraterna qui n'entendent pas s'endormir sur leurs pupitres et y défendront la primauté nationale pour diminuer le solde migratoire à la hauteur des vrais besoins de la pyramide des âges. Les règles migratoires et de résidence se sont bizarement durcies à Stockholm. Les Perussuomalaiset arrachent trente-neuf sièges à l'Eduskunta de Reykjavik pour cantonner la politique de providence du pays sur les rails du bon sens, en commencer par le refus de la solidarité avec les pays rieurs d'Europe méridionale dans l'affaire des dettes souveraines. Que les Grecs se démerdent avec leur soleil ! Le dernier pays scandinave, l'Estonie, jadis le plus eurosceptique des PECOs à cause de sa forte minorité russe, fait exception au désenchantement général du Nord. Le qui-vive permanent imposé par la menace sourde que constitue le voisin russe l'occupe à plein temps.
A cette exception près, l'Europe recule chez les casques à cornes, jadis modèle du vivre-ensemble ! Le "brassage" des peuples y recule donc aussi.

A l'autre bout de l'épure, il en va tout autant pour des raisons parfois opposées. Agressés par la cherté de la vie qu'ils attribuent à l'euro, les peuples (gréco)latins ne voient plus l'avantage européen et les pouvoirs en place ne savent pas le leur expliquer avec des mots simples.
La Grèce, malade de social-démocratie à vouloir vivre à la suédoise sans payer d'impôts, voit sa société précipiter dans une xénophobie instinctive qui prélude à de vastes mouvements de rejets des étrangers installés ou en transit. Les récentes ratonnades d'Athènes ne sont que le hors-d'oeuvre d'une saint-barthélémy orthodoxe. N'oublions pas qu'ils se sont arrachés à l'humiliation du joug ottoman en 1821 seulement et qu'ils en éprouvent encore une allergie. Le pays étant enclavé dans la problématique balkanique, il pourrait servir de mèche lente à des désordres plus grands le long des lignes d'affrontements ethniques intra-européens. Bruxelles n'entend pas tiqueter la bombe et se focalise sur le musulman partout en danger aujourd'hui en Grèce. Mais l'on voit mal les chars de l'armée hellène écraser ces "pédérastes" qui se croient aux Thermopyles.


La crispation populaire est manifeste en Italie (Nord et Sud), les élections municipales de Milan (15 et 16 mai) seront un indicateur précis du mécontentement des gens à l'endroit du cirque Berlusconi qui n'en finit pas de mordre la piste sous le fouet de la Ligue du Nord. En Espagne (Valence et Andalousie) où les travailleurs maghrébins sont maltraités, et en France (Alsace et PACA) où le Front National commence à réfléchir à un vrai avenir politique sous la houlette d'un politicien ambitieux et doué, appliquant les codes du genre, j'ai nommé Marine Le Pen, la pénurie de travail est de plus en plus reliée aux communautés étrangères, même s'il y a une strate d'emplois qui leur est dédiée, travaux salissants ou pénibles que les purs blancs ne s'abaisseront pas à prendre.
En périphérie de l'Union, mais au coeur géographique de l'Europe, la Suisse est travaillée en profondeur par l'Union Démocratique du Centre d'Oskar Freysinger qui bloque la vente à l'encan des moeurs helvétiques bazardées par des politiciens trop à l'étroit dans la Confédération pour leurs ambitions internationales. La moindre votation équivoque secoue désormais toute l'Europe et les hémicycles strasbourgeois d'abord !

Une page se tourne. Les pouvoirs ont menti, les administrations ont apporté leur complicité, et se disent surpris maintenant que les peuples aient changé pour devenir moins moutonniers. Le peuple, outil de légitimation jusqu'ici, devient un empêcheur de tourner en rond et à défaut de cap donné qui lui convienne, prend sa propre boussole, la vraie, celle qui indique le Nord. Les sciences sociales convenues du vivre-ensemble dans des quotas acceptés d'avance sont un peu à la traîne, c'est un euphémisme.

A telle enseigne que le Parti Socialiste parisien réfléchit aux recommandations du think tank strausskahnien Terra Nova qui veut larguer les classes populaires définitivement attirées par les thèses simplistes et concrètes de la Droite. Il faut dire que le slogan meurtrier dévoilé par Pierre Lellouche en campagne va décimer les rangs : « Pas assez riche pour être socialiste » ; aussi vaudrait-il mieux pour les caciques de la redistribution de l'argent des autres, accepter l'hémorragie populaire et se recentrer sur un électorat aisé et raisonneur plus facile à convaincre. En fait, viser au centre et sur l'aile gauche de l'UMP. D'ailleurs le patron porschiste du FMI saurait assurément gouverner ces gens mais certainement pas s'imposer aux masses laborieuses & démocratiques qui le prendront pour Tonton Cristobal, le cul cousu de pesos ! Dès qu'ils seront révélés, les patrimoines des Eléphants vont les couler auprès des gens du commun qui triment ! Les masses automatiques bernées prendront-elles alors le pouvoir à Paris en renforçant le Front jusqu'à bloquer la dérive immigrationiste du Medef et la gabegie redistributive de l'Administration qui lui est liée ? On verra.

Une bonne chose est en route donc. La Corrèze avant le Zambèze¹.
Il est quand même moins que sûr que le raidissement des pouvoirs nationaux contre la pression migratoire et contre les délires bruxellois suffise à redresser les comptes européens de plus en plus déficitaires en terme d'innovation, industrie et sécurité, comme le montrent sur ce dernier point les difficultés à conclure l'affaire libyenne quand le commandement OTAN est livré aux seuls européens. Nous ne sommes "très bons" en France que dans la bancassurance, secteur puissant comme le colosse de Rhodes !
Vendre Le Pirée aux Chinois n'est pas si idiot. Ils montreront aux Grecs ce qu'est un port moderne qui gagne des fortunes. Volvo racheté par Geely a renoué avec les profits sans déménager les usines comme on le craignait. Saab va y passer aussi. En France, il serait bien avisé de confier aux Chinois la Douane et la Police, dans les Quartiers pour commencer. Et à y être, une île des Antilles pour y cloner Hong Kong, juste pour montrer aux cannibales ce qu'on fait avec de la montagne verte et de l'eau bleue sous les tropiques. On me dit dans l'oreillette que les Chinois, ce sont encore des étrangers. Damned ! On n'en sort pas.

Note (1): Raymond Cartier (1904-1975) dans Paris Match

samedi 23 octobre 2010

Attila, le retour

Marcher sur ce rapport, mais du pied gauche, ça porte bonheur. C'est ce que pensent les deux tiers des faiseurs d'opinion à l'annonce d'un rapport "Attali II". Le précédent, lourd de 316 propositions, avait été enterré par le regretté Jérôme Kerviel, qui avait fondu les plombs de la Société Générale le lendemain même du jour où Jacques Attali redescendait du Sinaï avec les tables de la loi de croissance. On s'est beaucoup moqué jadis de ces pistes contre le déclin. La situation du pays ayant bien empirée, la commission éponyme en remet une couche avec cette fois-ci, le désastre grec en fond de décor subliminal. On palpe le futur.

Vingt-cinq propositions pour une cure d'austérité à la mesure du mal, tel est le poids de ce rapport allégé que l'on débine aujourd'hui. Ce mal que l'on résume à la convergence mortelle des trois déficits¹ et qui nous pousse vers la tutelle du FMI. Quand vous aurez fini de lire ce court billet, la seule dette publique de l'Etat aura cru de 480000 euros (amusez-vous sur http://cluaran.free.fr/dette.html). Un trillion sept cent milliards et des poussières de millions d'euros à la fin de l'année ? Personne n'en sait rien. Qu'importe, "l'Allemagne paiera" ! Mais me dit-on, elle a fini de payer le mois dernier². Alors, nos petits-enfants paieront, sales gosses !
Pour nous vendre cette vérité d'une dette mortelle, il est intéressant de noter que le pouvoir éphémère qui préside au naufrage va chercher un soutien moral hors de lui-même, ses analyses et recommandations étant électoralistes donc suspectes. Il lui faut une caution extérieure non électrisée par les échéances. Que dit Jacques Attali (mais que l'Elysée puisse entendre) dans son rapport de 25 propositions ? Une seule chose en fait.

Le problème, c'est l'Etat, qui pèse sur le pays comme une baleine crevée sur la plage. J'ajouterais que ces épaves ne se bougent pas, on les dynamite sur place. Avant d'allumer la mèche, dégraissons donc tous les mammouths, à commencer par les mammouths soviétiques (ça leur va bien). Une comparaison précise (qui n'est pas dans le rapport 2010) peut nous éclairer sur le poids du cétacé : Le Royaume de Suède, neuf millions d'habitants, dispose de forces armées du même niveau polémologique que les nôtres, à l'exception des corps d'infanterie qui sont bien moins nombreux, mais tous sous blindage avec une forte réserve ; l'ensemble pour un budget sept fois moindre, dissuasion nucléaire ôtée de notre bord. Il est certes difficile de comparer des budgets militaires d'un état à l'autre car les lignes de crédits ne sont pas équivalentes, mais c'est un ordre de grandeur significatif. Ne serait-il d'ailleurs que de un à trois, le problème se poserait de manière tout aussi dramatique. Question au hasard ? Faut-il dix mille plumitifs pour "administrer" le service central des Armées (SGA) ? La Suède serait bien en peine de les trouver. Chez nous, il y a de la ressource pour gérer les codes, les règles, les contre-ordres, l'agenda, les propositions budgétaires, les reports, les rapports, les ordonnancements, les transferts budgétaires, les vacances, les rhumes et les RTT. La machine peut vivre deux ans en autarcie rien qu'en produisant ses notes internes. Même constat dès qu'on lève les yeux au ciel : avec sept mille postes budgétaires, l'armée de l'air suédoise projette 300 aéronefs de combat et transport. Nous en avons presque trois fois plus, mais il nous faut plus de cinquante mille postes !

Le rapport Attali sabre dans le secteur public à juste raison
. Il prolonge la disette du recrutement (un agent sur deux n'est plus remplacé même dans la Territoriale) et gèle le point d'indice du statut des fonctionnaires jusqu'en 2013. Les secteurs touchés par la rigueur auront-ils l'outrecuidance de planquer leur fromage derrière le mal-vivre de l'infirmière ou du policier de la Bac³, derrière l'épuisement du pompier ou le surmenage du prof de collège ? Sans doute. Comme un dinosaure à cortex réflexe, le fonctionnaire français en bureau est au service d'une seule cause, lui-même. Il descendra donc dans la rue s'il fait beau, s'exercer à la démocratie de voirie, faisant une fois encore la démonstration que la démocratie représentative en vigueur n'en a plus.

Au final, le Rapport Attali 2010 décide de 3% de déficit budgétaire à l'horizon 2013 à raison de 75 milliards d'économies en trois ans, la cure d'austérité étant accompagnée d'une croissance du pib de 2%. Gag ! Sauf à créer une bulle de croissance à l'espagnole, ou relancer une industrie... délocalisée, mais quid de la balance commerciale alors ? - c'est impossible. L'éponge de la croissance et de la dévaluation compétitive qui efface les résultats négatifs en bas du tableau noir n'efface plus rien, depuis que le droit de faux aloi nous a été retiré par les gnomes de Francfort, et que des organisations étrangères sont capables de prédire nos résultats. Nous ne pouvons longtemps mentir aux « agences » et aux profs du FMI. Jusqu'à ce matin, aucun analyste ne nous octroie plus de 1,5% de croissance, certains moins de 1%. Les 75 milliards d'économies d'Attali, aussi pénibles à gagner soient-ils, ne suffisent déjà plus. Le compteur de la Dette tourne, alimenté par les déficits. Faut-il détruire l'Etat pour renaître du chaos ? A tout le moins, il ne faut pas avoir la religion de l'Etat. Il doit redevenir un outil de gouvernement, le couteau suisse du pouvoir, mais pas le pouvoir lui-même, car intrinsèquement pervers, qui se redivise, se clone en permanence. D'ailleurs, c'était écrit dans la Constitution de 1791 (Titre Premier, Art.1): La Constitution garantit, comme droits naturels et civils... Que tous les citoyens sont admissibles aux places et emplois, sans autre distinction que celle des vertus et des talents. A partir de là, le pouvoir se fragmente à l'envi pour en faire vivre le plus grand nombre, sans tenir compte des besoins administratifs ni proportionnalité. Attali a rêvé sa croissance, mais a raison sur la cible.

Ce billet a été publié par l'AF2000 dans son numéro (2803) daté du 21 octobre 2010 sous le titre "Le bon grain et l'ivraie". La version originale est augmentée ici d'un paragraphe "développant" la bureaucratie.

Notes
(1): Commercial, comptes publics et social (retraites et assurance maladie)
(2): Les derniers intérêts des emprunts étrangers de la République de Weimar pour refinancer les dommages dûs, ont été réglés en septembre par la RFA.
(3): Bigade anti-criminalité au contact des malfaisants ordinaires

Dans le Bulletin périodique officiel n°59 de l'Alliance Royale, Gérard de Villèle, dans un long article intitulé « A propos de démocratie équitable » brosse la réalité du pouvoir helvétique et de son impérieux principe de subsidiarité. Au résultat, un Etat minimal qui ne pèse pas sur la production de richesses. Nous en reprenons des extraits qu'il est inutile de commenter.
En Suisse, il y a autant de parlements et autant de gouvernements que d'entités politiques : Confédération, cantons et communes. Et ils sont, les uns comme les autres, jaloux de leurs prérogatives.[...] On n'y prononce pas le mot de subsidiarité (même pris à contresens), mais, c'est bien le mot qui convient pour définir cette répartition des tâches, qui part du bas vers le haut[...] Il est à remarquer que ces élus ne reçoivent que des indemnités modiques (citons l'exemple du ministre des Finances qui vient de son canton jusqu'à Berne chaque lundi en train, en seconde classe, et en repart en fin de semaine toujours en train et en seconde classe, en ayant vécu dans une pension de famille bernoise), et tous, exercent par ailleurs une activité professionnelle principale. Les ministres sont en nombre réduits (et disponibles car en congé professionnel) : ils ne sont que sept pour la Confédération... Parmi lesquels est désigné, pour un an, le président de la Confédération, qui conserve durant son mandat ses charges et son travail de ministre.[...] On dit que les Français travaillent pour l'Etat jusqu'au milieu du mois de juillet - histoire d'expliquer peut-être et désormais la date de la fête dite nationale - mais en Suisse, c'est le 31 mars que les Suisses commencent à engranger les fruits de leur travail. Et pourtant la Suisse n'est pas endettée, elle gagne même, année après année quelques pour cents de bénéfice...
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jeudi 22 juillet 2010

La République se noie dans le fric

billets de cent eurosLa valse des euros donne le vertige, à tel point qu'au bout d'un mois de woerthitude à la télé, j'ai acheté une Porsche d'occase à moins de cent mille euros, commande que j'ai dû annuler en sursaut la honte au front, après avoir tapé mon accès "compte en banque" qui pouvait juste m'en acheter une roue.
La secrétaire-comptable de Liliane Bettencourt aurait reçu une prime de départ de 400.000 euros (2,6MFF) de la main de la fille de la milliardaire, en sus des indemnités contractuelles du même ordre de grandeur. Le "coiffeur" de la précitée éponge un milliard sans motifs plus profond qu'une propension naturelle à une irrésistible gaité, puisqu'on le sait de la jaquette, quand Belmondo se serait fait soulagé d'une prime à la saint-claude de ***.*** euros selon la police belge . Mme Woerth se laisse embaucher chez Clymène SAS, structure privée de Mme Veuve Bettencourt, pour 200.000 euros par an (109000FF/mois) sur les conseils empressés de son mari de ministre dans le besoin (censuré). Le premier venu des merdeux court à la City de Londres et vend on ne sait quoi de la république contre un concours bancaire anglais à l'oeuvre de sa vie ; et les pédégés de réforme, dont celui de la firme cosmétique en vue, tout comme le patron de Kerviel d'ailleurs, célèbre éjaculateur précoce de la Corbeille, nagent dans des retraites en or massif, histoire d'amortir les ice-creams d'une jeunesse vénale. D'où la Porsche :(

Quand notre valeureux premier ministre déclarait que vingt conseillers par ministre était amplement suffisant - ignorez leur salaire si vous êtes cardiaque -, il leur donnait beaucoup de mou dès lors que la fonction prépondérante de ces cabinets est devenue, depuis l'établissement du quinquennat, la "communication" du titulaire, à se demander qui travaille les dossiers tant l'image projetée est exigeante et coûteuse. Bah ! les mesures déclamatoires en tiennent lieu. Les Roms sont un problème (sans blague ?) et force restera à la loi... du Milieu. Quant au kärcher, non..., c'était une saillie pour faire la une du Parisien !

l'avion présidentiel
Au chapitre de l'esbrouffe, la priorité donnée au palais volant du président de tous les Français qui vont tirer la langue d'avoir succombé aux sirènes de la social-démocratie à crédit, tellement longue la langue qu'on la leur coupera, est une pure provocation. Le Premier Cameron se rend aux Etats-Unis sur un vol British Airways accompagné de son seul directeur de cabinet, quand son homologue français embarque autant de copains que la cabine du jet présidentiel peut en prendre ! On se souviendra bientôt de tous ses voyages inutiles à nos frais, en commençant par la prise de barrette canonique au Latran avec l'inimitable Bigard et le non moins bouffon curé à pins clignotants dont j'ai déjà oublié le nom. D'accord, ils n'ont pas pris Zahia, elle n'est pas catholique comme dit Frêche.

Vous cherchez des milliards, vous ne les trouverez pas tous là certes, mais ce serait un bon début de ramener l'Etat stricto sensu au niveau que nous pouvons payer, à savoir peu de choses !

défilé de mode à MantesCette démarche implique une révolution des mentalités simple d'expression et terriblement compliquée d'application. L'Etat doit à tout prix se désengager de la société car il s'y noie et s'y corrompt, pour revenir sur ses fonctions régaliennes.
Exemple d'actualité : depuis le Discours au Congrès de Versailles du 23 juin 2009 - cette date détrônera Marignan dans les mémoires écolières - le tumulte est grand sur la burqa et beaucoup s'y sont ridiculisés. Que fait l'Etat dans ce chébec ? Si trois cents andouilles se plaisent à divers motifs de vivre encagées, qu'avons-nous à délibérer ? Il suffit que l'administration prenne des mesures de bon sens qui n'ont même pas besoin d'être couchées dans un règlement. A la Poste, on prend le courrier de l'emburquée mais elle ne peut retirer de l'argent de son compte puisque son identité est invérifiable. On ne donne aucun enfant à la sortie de l'école à une emburquée. Aucune démarche, aucun formulaire ne peut être entreprise ou rempli par une emburquée, qui ne peut pas non plus conduire de véhicule, etc...
Et on passe aux vrais sujets. Devinez.

François FillonProfitons-en pour signaler au lectorat distingué qui ose fréquenter ce blogue que l'agence chinoise Dagong Global Credit Rating a dégradé sa note de confiance sur dette souveraine française de AAA à AA-moins¹. Ce ne sont que des niaques, clame l'intourist de Bercy, sauf que les bailleurs de fonds chinois aussi frileux que les autres ne se hasarderont désormais à prendre du papier français que si le taux est beaucoup plus rémunérateur que celui appliqué au papier mieux noté. Mécaniquement le service de la Dette s'alourdit et comme prévu, ce poste budgétaire vient maintenant en tête des dépenses de l'Etat devant l'Education nationale et la Défense. L'africanisation de notre gestion avance. Cette gabegie, fondée sur l'emprunt hebdomadaire de notre trésorerie courante, ne pourra durer longtemps. Peut-on maintenant réformer avant que tout s'effondre ? Avant de passer les députés qui ont voté les déficits en Haute Cour ? On l'a déjà dit ici, il faut impérativement détruire les corps surnuméraires comme le Sénat ou le Conseil économique et social et réduire au minimum budgétaire les corps résiduels comme l'Assemblée nationale qui assumerait très bien son rôle avec trois cents députés seulement. On détruira aussi les officines, agences et commissions de copinage (comme le truc à Boutin). Le signal ébranlera le sentiment d'impunité de la haute administration et des cabinets ministériels et une saine crainte, dont on peut régler l'intensité par une exagération subtile des peines, fera renaître l'éthique de la fonction publique chez les "survivors".

Philippe BilgerLa grande nouvelle est que d'autres pays y sont parvenus. Philippe Bilger, avocat général près la Cour d'Appel de Paris, a rencontré un pays de la sorte par le truchement de l'ambassadeur du royaume de Suède en France, Gunnar Lund. Il nous dit tout le bien qu'il pense de ce pays propre et froid dans un billet de son (excellent) blogue intitulé L'Etat irréprochable existe.
Je rêve d'un Etat débarrassé des ors et des pompes ridicules d'une République rapiécée cinq fois, qui n'en finit pas de se régénérer en achetant ses clients avec leur propre pognon ! C'est du proxénétisme.
Avec un roi obsédé par le meilleur état possible de son royaume, qui ne compterait ni peines ni soins comme l'était Frédéric II de Prusse, qui se lèverait à quatre heures² pour décider en expert l'ordre du jour dans un appareil modeste de gouvernement direct, ce serait le top ! Faudra-t-il aller voir dans les brumes de la Baltique comment ça marche ?
A coup sûr ! Au dessous de nous, ils sont déjà tous morts.

Note (1): Le signe "moins" dans les notations donne un pronostic négatif, une dégradation. Les premiers de la classe sont la Norvège, le Danemark, le Grand Duché, la Suisse, Singapour, l'Australie et la Nouvelle-Zélande.
Note (2): au soleil :)


PS: On relira avec profit Le Roi sur les cendres, billet archivé au 9 juin 2008, nous approchons doucement de cette issue.

banderole de l'Alliance Royale
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jeudi 1 juillet 2010

Le Reich en pente douce

Ce billet en version intégrale est paru dans l'Action Française 2000 du 17 juin 2010, sous le titre "Face à la crise, Berlin fait cavalier seul". Les illustrations ont été ajoutées. Il entre en archives RA.


Merkel by Chappatte, ©GlobeCarton
[] Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ne se quittaient plus à en croire l'Elysée. Ensemble ils réprimandaient les mauvais élèves, écrivaient aux commissaires de M. Barroso, proclamaient au Conseil des gouvernements, riaient au dîner protocolaire, montaient en ballon, mais lundi soir 7 juin, avaient acté leur séparation de biens. A l'heure de son bouillon, Madame le chancelier avait en effet éconduit notre gentil président pour ne manger qu'un sandwich au bureau ! Il est revenu à Berlin lundi dernier 14 juin sur convocation, pour entendre les mesures de gouvernance de l'Euroland retenue par la Chancellerie. Entretemps M. Fillon avait récité dimanche à la presse son plan de rigueur pour mettre un peu de sérieux dans les bagages présidentiels.

Dans la presse internationale, il est rarement question des actions d'un couple franco-allemand. C'est dommage. On y parle d'abord de la relance américaine dans la douleur d'un chômage inhabituel là-bas ; du plan britannique de rigueur drastique motivé par l'inflation de la fonction publique ; de l'impressionnant plan prussien de destructions budgétaires pour quatrevingt-six milliards d'euros calculés à la virgule du million près ; et parfois, concurremment avec le problème espagnol de défaut à l'échéance, on évoque sans s'y attarder le flou artistique des mesures françaises qui tardent à prendre effet et font monter le taux des CDS (1). A l'instar de nos politiques (hors-micros), nul ne croit à notre capacité d'économiser une partie seulement des cent milliards déclarés par M. Fillon, surtout avec vingt-deux mois de campagne électorale présidentielle.
La France, tout entière dévouée au verbe – l'Elysée est envahi de "rédacteurs" -, joue les utilités à Bruxelles, se vante d'être le môle fédérateur, passe au pupitre plus qu'à son tour dès qu'un projecteur s'allume, mais l'auditoire consulte sur l'iPhone les dernières nouvelles de Berlin.
Que veut faire l'Allemagne ?
Disons tout de suite qu'à l'exception de leur balance commerciale, leurs chiffres sont arithmétiquement presque aussi mauvais que les nôtres, mais ne résultent pas des mêmes causes. Surinvestissement là, surconsommation ici. Puisque c'est un billet économique, deux données comparées entre la RFA, la France et le Royaume-Uni dans l'ordre : déficits publics respectifs pour 2010 de 145mds€ ou 5,5% pib, 174mds€ ou 8% pib et 189mds€ ou 11% pib ; dette publique au 1er janvier 2010 : 1700 mds€ ou 73% pib, 1500mds€ ou 78% pib et 930mds€ ou 68% pib ! Trois grands malades donc. On ne pronostique au moment que la guérison d'un seul.

Wolfgang SchaubleL'approche luthérienne de la crise est certes égoïste mais surtout intraitable. Aucune des solutions avancées par Paris n'est retenue par Berlin et quand elle doit s'y plier, l'Allemagne ajoute le codicille qui en coupe les effets. La dernière en date est la garantie demandée aux Trésors nationaux sur les prêts octroyés aux malades par le FESF (Fonds européen de stabilité financière) de 440 milliards. La France généreuse demandait la garantie solidaire illimitée de tous et la pérénisation du fonds. L'Allemagne ne garantit les fonds levés qu'à hauteur de sa propre contribution et limite ce dispositif à trois ans. Quand la France demande à mollir sur le pacte de stabilité actuel (le fameux 3-60(4) pour ne pas enrayer la reprise, l'Allemagne exige son durcissement et l'obtient, même si la déchéance automatique du pécheur est reportée. Et lorsque M. Sarkozy veut marquer son passage d'une pierre blanche en institutionnalisant les sommets des chefs d'Etat de l'Eurogroupe, la chancellerie y voit une perte de temps, d'argent et se contente d'exiger la déclaration de banqueroute des Etats incapables de redresser leurs comptes ! On ne peut pas s'opposer plus ! La posture de "couple" que cultive les responsables français et la presse à reluire en est d'autant plus ridicule que chacun sait que nos cousins sont agacés de ce concubinage prétendu.

Quand nous reprochons à nos cousins germains le coût exorbitant de leurs tergiversations - Bercy diffusait le message à Bruxelles le 7 juin qu'en « janvier, ça nous aurait coûté 15 milliards, aujourd’hui 750 milliards » - ceux-ci laissent comprendre ne pas vouloir perdre leur belle jeunesse à écouter les "sentiments" des uns et des autres traduits en douze langues de réunions en réunions. Pendant les travaux, la vente continue ; ils prennent chez eux les mesures non-concertées qu'ils jugent appropriées. Le divorce est-il consommé ? Peut-être pas comme cela, mais la communauté d'intérêts a fondu. Nous ne jouons plus dans la même cour. Nous avons la grandeur, ils ont l'industrie.

François BaroinAvons-nous donc si tort que cela dans notre critique du provincialisme teuton ?
Les économistes les plus affûtés de la place jugent que le raidissement allemand est une approche primaire de la crise et que la purge décidée à Berlin ressortit aux médicastres de Molière. Le réglage d'une reprise attelée au redémarrage des pays émergents sur fond de crise de confiance monétaire doit être minutieux, et d'autant plus qu'il s'applique à seize pays différents dont trois mourants. Nul ne doute que les services allemands soient à la hauteur des analyses exigées par une situation complexe, mais la tétanisation de la chancellerie traduit-elle une émotion confinant à la panique ? Les pires scenarii ont été passés en revue à Berlin en partant du constat que l'économie à réparer ressemblait à une économie de type post-guerre-perdue. Déficits étatiques et sociaux géants, dette abyssale en boule de neige, activité ralentie. La social-démocratie a dévoré les pays d'Europe, mais dans le coeur de Merkel, c'est bien la Soziale Marktwitschaft(2) qui est en cause, malgré l'Agenda 2010 lancé par le chancelier socialiste Gerhard Schröder. L'Allemagne travailleuse et déjà reformée vit encore au-dessus de ses moyens. C'est la Deutschland AG über alles qui est menacée dans ses fondamentaux même si elle travaille bien. Il n'est donc plus temps d'affiner les dosages avec des voisins, et si le débat est virulent au sein de la nouvelle coalition du pouvoir, le consensus est large dans le pays que cette fois sera celle de l'Allemagne première servie. Le monde repart-il sans l'Europe, que l'Allemagne achète cette opportunité. D'où le désintérêt manifeste pour les solutions communautaires qui traînent en longueur, sans parler de l'exaspération à subir la morgue française et sa personnalisation un peu vulgaire.

Finalement la locomotive rhénane a décroché du train européen, ou bien c'est nous. Elle avance aujourd'hui sur des marchés planétaires quand la France vit ses chances en Europe, un compartiment parmi d'autres du jeu stratégique allemand. La charge émotive de premiers partenaires réciproques a fusé, l'avenir est aux BRICs. Notre désindustrialisation – provoquée pour partie par l'Agenda 2010 précité qui contractait notre marché extérieur de prédilection - ne nous permet pas de suivre.

gerhard SchroederEn 2003, Gerhard Schröder (en photo) décida d'enrayer le déclin en fédérant toutes les forces vives dans un pacte national de combat pour gagner la mondialisation. Il impliquait le patronat, les syndicats, la fonction publique, le Bundesrat représentant des länder, le Bundestag et le gouvernement. Décapage à l'acide du code du travail, fusion et alignement des allocations chômage et sociales sur la moins élevée, assurance maladie réformée et suppression des indemnités journalières maladie, chasse aux niches fiscales, modération des taux d'impôts directs, refonte de la taxe professionnelle, taxation des opérations de bourse, amnistie fiscale des repentis... du déjà dit chez nous mais aujourd'hui seulement. En écho, l'industrie est revenue progressivement aux quarante heures et le défi fut accepté par tous bon gré mal gré³. En juin 2008, avec un budget exécuté en excédent, deux Allemands sur trois demandaient une plus grande protection sociale. C'est finalement la crise grecque qui a stoppé la revendication. Le gouffre qui s'est ouvert en une nuit sous les pieds de ce beau pays où beaucoup d'Allemands vont en vacances, a rameuté au rempart. Le pacte Agenda 2010 a porté fruits. Le commerce extérieur allemand approchera bientôt le trillion d'euros à l'export avec un solde positif de vingt pour cent ! Avec de tels résultats, vous obligez les autres à vous écouter ! Avec les nôtres, vous restez seul.
Ainsi certains pays du Nord sont-ils prêts à s'accrocher à la locomotive et une réunion des ministres des finances germanophones (exit les interprètes indiscrets) s'est tenue officiellement sur les questions de transparence bancaire le 14 février 2010 à Luxembourg, réunion à laquelle assistaient autour de Wolfgang Schäuble, le Grand Duché, l'Autriche, le Liechtenstein et la Suisse. Certains y ont vu les prémices d'un Euromark réservé aux peuples tristes et besogneux, mais la sécession n'est pas encore mûre, si d'aucune manière exclue. Seraient intéressés, les Pays-Bas, la Finlande et la Slovénie.


l'euro est un mark
Quoiqu'il en soit, les choix allemands nous regardent-ils ? Eux nous ignorent, mais nos économies sont encore imbriquées au dixième et la répercussion sera immédiate en France. Nous pouvons regretter mais un peu tard d'avoir dépensé tant de moyens et d'énergie à conserver un statut grandiloquent de "grande puissance" au lieu de mettre le paquet sur l'économique. Avoir les moyens de sa politique est un préalable incontournable de nos jours où l'Intendance ne suit jamais mais précède. Notre Etat est comme une tunique de Nessus qui traînerait par terre ; la France industrielle est un fantôme.

Notes :
(1)Credit Default Swap, valorisation du risque souverain sur les marchés
(2)Une économie de marché sociale
(3)Les lois Hartz durcissant des conditions d'embauche et d'indemnisation ont créé de nouveaux mots : Prekariat, Unterschicht que l'on traduirait par "lumpenprolétariat".
(4)Déficit budgétaire limité à 3% de Pib et dette publique sous les 60% de Pib




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