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mercredi 6 janvier 2010

Divorces, un sport royal

H.4Nous sommes entrés dans l'année Henri IV. Une messe fut dite à Rome le 12 décembre à St Jean de Latran en présence de SE l'ambassadeur de France auprès du Saint-Siège et des princes Jean d'Orléans et Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme. La légende en a fait un roi paillard qui roulait les "erre", n'utilisait d'eau ni en usage interne ni externe, et qui chargeait ses ennemis sur un cheval tout blanc. Collectionneur de femmes comme aujourd'hui il le ferait de Ferrari, il restera pour l'éternité le grand baiseur à panache de la dynastie bourbonienne.
Pas sûr ! Si la "dynastie" est supposée survivre au royaume... qui lui n'est plus, à ce qu'il me semble certains relèveraient le défi ancestral.

Un peu de généalogie laisse constater les résurgences irrépressibles du sang chaud de Bourbon dans la grande famille capétienne. Les âmes pieuses se risquent à croire que le prestige de la lignée convoque au partage de sa gloire des aventurières de tous calibres, de vraies briseuses de ménage. Mais ces assauts - ce lâcher de salopes, disait Bigard à B.16 qui le recevait avec Sarkozy - justifient-ils un si grand nombre de divorces ? Les princes sont-ils si faibles pour les choses du sexe faible ? Même des prétendants ayant toutes leurs chances d'accéder "un jour peut-être", s'y sont abandonnés, entamant gravement le pronostic du pavois gaulois.
cerf bramantLa loi d'exemplarité n'existe pas, serait-elle la Huitième qu'on cache ? et le vieux précepte "faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais" couvre de son manteau d'indulgence une réalité qui peut en déranger beaucoup, à commencer par ceux du commun retranchés de la communauté des fidèles et jetés au parvis, alors que le Vatican déroule le tapis rouge sous les pas de grands pécheurs et pécheresses des familles royales.
A noter que les remariages dans ce monde ne génèrent pas d'enfants, la brisure de bâtardise restant forte. Les vieilles lois fondamentales en impressionnent encore, surtout celle de catholicité qui est la "sine qua non" imparable, autant demain que jadis. Henri IV nous l'avait confirmé, qui apostasia moult fois selon le vent de l'histoire immédiate.

De nos jours, on dirait que l'extinction (provisoire) du royaume a quelque part allégé le poids des règles et débondé le rut du cerf qui n'a plus de Parc. D'aucuns répudient même comme des sultans.

Après l'abdication d'Alphonse XIII qui "éteignait" le royaume et ses lois, les aînés d'Espagne ont tous divorcé :
- Jacques-Henri de Bourbon, de Emmanuelle de Dampierre qui elle-même se remariera pour se séparer à nouveau de son côté.
- Son fils, le prince Alphonse, de Carmen Martínez Bordiú qui elle-même se remariera deux fois. La fin tragique du prince à Beaver Creeks le privera de se remarier de son côté comme il en avait le droit sous licence pontificale.
- Le frère cadet d'Alphonse, Gonzalve de Bourbon, divorcera de Carmen Harto Montealegre et se remariera deux fois sans faire d'enfants légitimes.

Dans la branche de Séville qui vient juste après :
- François de Paule de Bourbon & Escasany, est divorcé de Béatrice d'Hardenberg et se remariera deux fois.

Chez les Bourbon-Parme :
- Charles-Hugues, aîné de la maison, est divorcé d'Irène des Pays-Bas.
- Pour mémoire :) les quatre enfants du prince Louis de Bourbon-Parme (1899-1967) divorceront !

Les Deux-Siciles se sont tenus tranquilles jusqu'à maintenant. La médaille pontificale du zouave !

Chez la maison d'Orléans :
- Henri d'Orléans, prétendant en titre, est divorcé de Marie-Thérèse de Wurtemberg, puis remarié religieusement sous licence expresse de la Rote romaine.

Dans les maisons concurrentes, on n'est pas en reste non plus :
- Charles Napoléon est divorcé de Béatrice de Bourbon-Deux-Siciles, et remarié, ce qui permet à son fils Jean-Christophe de contester ses "droits".

fontaine au sapèque
Il faut souhaiter aux jeunes princes du moment la sérénité nécessaire à leur vie privée, même si l'environnement familial est "inquiet". Leur dire aussi qu'on peut être un vrai Bourbon de tradition sans sauter sur tout ce qui bouge, et qu'au pire moment du démon de midi, il est sage ou rusé de prendre une "bonne amie" de circonstance, révocable ad nutum, comme le font les "gueux", voire de méditer la sentence de Sacha Guitry :"les femmes les moins chères sont celles que l'on paie".

Pour le démon de minuit, tout reste permis puisqu'il n'y a plus d'espoir. Un peu d'indulgence quand même ! Le gotha sans couronne fait aussi partie de l'espèce humaine.


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mardi 8 janvier 2008

Retour aux racines chrétiennes

andré malrauxSi l'opiomane défunt le plus célèbre de la République avait raison, le siècle que nous vivons devrait être impérativement religieux. Les libres penseurs et autres fils de la Lumière qui portaient barbiche se font aujourd'hui des cheveux, jusqu'à finir hippies, depuis que notre super-Mario de président fait dans les racines chrétiennes de la France et écrase la froide déesse de la Raison sous les déclamations définitives que nous reprenons ci-dessous.
Extrait du discours du Latran : ...

« ... s’il existe incontestablement une morale humaine indépendante de la morale religieuse, la République a intérêt à ce qu’il existe aussi une réflexion morale inspirée de convictions religieuses. D’abord parce que la morale laïque risque toujours de s’épuiser ou de se changer en fanatisme quand elle n’est pas adossée à une espérance qui comble l’aspiration à l’infini. Ensuite parce qu’une morale dépourvue de liens avec la transcendance est davantage exposée aux contingences historiques et finalement à la facilité...»

N.Sarkozy« A terme, le danger est que le critère de l’éthique ne soit plus d’essayer de faire ce que l’on doit faire, mais de faire ce que l’on peut faire. C’est une très grande question. Dans la République laïque, l’homme politique que je suis n’a pas à décider en fonction de considérations religieuses. Mais il importe que sa réflexion et sa conscience soient éclairées notamment par des avis qui font référence à des normes et à des convictions libres des contingences immédiates. »

Finalement tout va bien. M. Sarkozy ouvre un boulevard au roi de France sans le vouloir, quoique ses conseillers soient sans doute moins innocents qu'il n'y paraît. Jusqu'à hier, nous avancions avec d'infinies précautions pour vendre aux sceptiques notre lieutenance du Christ sur terre, l'union sacrée du Ciel et de la glaise à Reims, sans jamais même oser aller jusqu'à ce "droit divin" d'Ancien régime que les instituteurs de la République ne savent que moquer sans vouloir l'expliquer.
Plus souvent, pour envelopper nos prétentions, nous constitutionnalisions (21 lettres!) la fonction royale sur le modèle courant des monarchies du Nord amélioré des pouvoirs étendus que donne au chef d'Etat notre V° République. Et le volet "sacré" comme la loi fondamentale de catholicité étaient mis sous le boisseau de nos précautions, pour ne pas briser l'élan de notre propagande sur le mur de l'ironie des esprits forts qui nous regardaient venir. C'est fini !

jeune Lous XVFini les timidités de notaire aux étapes rituelles de la vie, les éternuements de chaisière au passage du saint viatique, les poses managériales Armani & Rayban au parvis des funérailles, et tous les sous-entendus, les connivences, les faux-sourires qui nous protégeaient des foudres de la pensée unique et laïque. Désormais, catholique et français toujours, le roi est beau, preux chevalier et cocardé de blanc. Le vrai ! J'achète les horaires de TGV vers Reims.

Mais le coeur du discours sarkozien qui nous intéresse n'est pas tout entier au Latran. La novation est son acceptation de la supériorité de la "tradition" ; l'homme, nous dit Finkielkraut, n'est pas qu'un individu, mais un héritier et un testateur. Il reçoit l'héritage, l'embellit, le lègue. C'est une rupture franche avec le dogme rousseauiste qui recommence l'homme à chaque naissance pour le "finir" à chaque mort. Ainsi valide-t'on la thèse, notre thèse, du projet continu de l'homme politique qui puise dans son éducation les ressources intellectuelles et morales de son gouvernement patriarcal, pour le transmettre à son héritier sans le rompre. Le mort saisit le vif. C'est nouveau pour beaucoup !

Dès fois je me demande si le déclencheur de ce retour aux racines ne serait pas le démoniaque Da Vinci Code. Fable historique avérée ou histoire fabuleuse enfouie, elle a réchauffé le coeur des Français perdus, et grossi les rangs du camp des saints ; jusqu'à ce qu'il soit devenu trop petit et qu'on en pousse les murs ; à tel point que l'élection dut se jouer à droite pour être gagnée : 53% de suffrages au petit reître ; et que ce sont les prêtres laïques qui forment le projet de se grouper maintenant en camp retranché. Lire les réactions socialistes au discours du Latran est un bonheur rare, ils ont très mal - ma bonne éducation interdit de vous dire où - depuis que l'autorité suprême de la République, un 20 décembre 2007, les a laissés culs nus au milieu de la plaine ventée.

le roi Chidéric III



Te Deum par les chœurs de la cathédrale de Riga
Régalez-vous !

Après tous ces temps d'infamie (Childéric III †755), la lignée sacrée peut ressurgir où on ne l'attendait pas et le sceptre davidien reprendre du service. Le voilà qui descend du vitrail de Chartres dans la lumière bleue de Beauce, mon roi, beau comme un Mercure aux pieds ailés, court à Reims, accueilli sous le dais par le pape en personne, depuis que les prélats jureurs ont dû se récuser. Le carrosse préparé au château de Vincennes entre le soir dans Paris par la Porte Dorée, escorté de trois cents gardes françaises sous le commandement de Jack Lang, jusqu'aux Tuileries reconstruites par Delanoë, sous les hourras des touristes et le crépitement des flashes. Un méga feu d'artifice clôture la Nuit Blanche. J'ai bien fait de me lever tôt ce matin, c'est un beau jour pour pleurer.
D'accord, on va vous le refaire plus délayé, plus tard, mais déjà, ça fait du bien en accéléré.

Reste à entendre le discours que M. le président de la République prononcera un jour peut-être Rue Cadet, ou Rue de la Victoire, si l'adoubement de la Calotte ne la lui donne pas... Mais c'est une autre histoire !

Nous terminerons sur cette mise en garde volée à Partisan Blanc qui nous explique par le menu comment régner en France, et pourquoi seulement régner ; sa conclusion :
« ... Ainsi, le futur roi doit renouer avec la tradition indo-européenne, juive et française du roi judiciaire qui règne, mais laisse les ministres gouverner. Même si demain, le roi revient, son pouvoir risque d’être vite contesté en cas de « baisse de la croissance », et donc de chuter. C’est pour cela que le roi doit régner, non pas comme les monarques contemporains, mais comme sous l’ancienne monarchie. Louis XVIII régna, il fut le dernier à mourir roi sur son lit, contrairement à Charles X qui voulait gouverner ... »
(L'article limpide et complet en cliquant ici)


oeillet cocarde blanche



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