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samedi 15 mai 2021

Paris piéton

Circule sur la Toile une carte du Paris médiéval, pour illustrer d'un côté et dénoncer de l'autre, la piétonisation des arrondissements à un chiffre de la capitale. Et on se plaît à superposer cette carte et le projet de la majorité municipale pour comprendre à la fin que la ville de Philippe Auguste n'avait pas anticipé une circulation automobile envahissante tant en passage qu'en stationnement. C'est ce que nous analysions dans un billet resté fameux chez le lectorat de Royal-Artillerie car illustré d'un taxi jaune, et dont nous recyclons aujourd'hui la section technique ci-dessous, avec la carte des enceintes :

Projet de réforme de la circulation parisienne intra-muros ?!


Préambule
(La codification est destinée à ceux qui veulent faire un Powerpoint)


Le trafic a deux origines : la circulation intérieure (C1) et la circulation de transit (C2).

Il y a trois types de trafics en surface : (T1) les déplacements des services publics de l'Etat (y compris celui des régies de transport), (T2) les déplacements des professionnels assurant des services à la population (artisans et livreurs), (T3) les déplacements individuels à titre professionnel ou privé.

Le trafic est assuré par cinq vecteurs : (V1) les flottes automobiles des services publics, (V2) les flottes commerciales et artisanales des professionnels, (V3) les flottes de taxis et transport à la demande (Uber), (V4) la circulation générale de voitures non dédiée, (V5) les une-roue et les deux-roues.

Le territoire parisien est formé de quatre zones : (Z1) la voirie de grande circulation (boulevards, grandes avenues et périphérique), (Z2) le fleuve et les canaux, (Z3) la voirie haussmannienne, (Z4) la voirie médiévale.

Un projet

(A) Sérier les trafics selon leur origine :

Le transit doit être détourné de Paris en améliorant les conditions de son contournement. En ce sens la neutralisation bienvenue des voies sur berges aurait dû être précédée d'un renforcement du périphérique (surtout au sud), dont le trafic de transit provincial et international aurait dû être déporté sur l'A86 et l'A104 depuis longtemps... si ce pays était gouverné. Mais clientélisme oblige, les grands travaux routiers ont souvent succombé à la préservation du confort de gens bien placés. Le bouclage de l'A86 ouest (de La Jonchère à Marnes-la-Coquette) et celui de l'A104 ouest (Ile de Migneaux) sont exemplaires à cet égard.

On ne doit pas confondre le transit et l'accès depuis l'extérieur. La banlieue doit continuer à entrer dans Paris parce qu'elle est en assure le fonctionnement quotidien.

- le Mur des Fermiers Généraux en bleu, la Barrière de Thiers en rouge -

(B) Associer les zones et les types de trafic :

Si les services publics et au public (T1 et T2) doivent aller partout sans restrictions, tout comme les deux-roues qui n'encombrent pas l'espace (V5), les déplacements individuels (T3) ne devrait pas permettre d'accéder à la voirie médiévale (Z4). Comme on ne peut trier rue par rue, il serait logique d'interdire le centre historique de Paris à la circulation générale (V4) et pour faire simple, sortir les six premiers arrondissements et la moitié est du VIIè du plan de circulation de la Préfecture, à l'exception des grands boulevards (l'ancienne enceinte Philippe-Auguste) permettant de le contourner et des quatre axes traversant à grand débit que sont le boulevard Raspail, les boulevards Saint-Michel-Sébastopol, le boulevard Saint-Germain et la Rue de Rivoli-Saint-Antoine. Les modalités d'accès et de stationnement seraient à définir, sans doute sur la base d'une gestion des plaques d'immatriculation.
La séparation du trafic professionnel et du trafic privé obligera à spécialiser les plaques d'immatriculation des artisans et commerçants en ajoutant par exemple un "SP" comme Services au Public). De même sera-t-il plus facile de contrôler les taxis identifiables par une couleur unique comme dans beaucoup de villes étrangères : le vert-wagon à toit blanc irait bien à Paris.

Il existe une zone concentrique à ce centre historique qui est délimitée par l'ancien Mur des Fermiers Généraux érigé jadis pour percevoir l'octroi. Des boulevards le remplacent aujourd'hui. Ils délimitent les arrondissements 8, 9, 10, 11, 12-ouest, 13-nord, 14-nord, et un peu du 15è et 16è-nord. Cette zone devrait être d'accès réglementé pour la circulation générale (V4) par le biais d'un péage modéré, exception faite des flottes de taxis et assimilés. Le reste du territoire qui représente plus de la moitié de la superficie de Paris serait libre d'accès comme aujourd'hui et le trafic fluidifié par tout moyen intelligent comme la synchronisation des feux en fonction de la charge de la voie.

(C) Régler le problème du stationnement en voirie :

Outre l'occupation plus ou moins illicite de l'espace public, le stationnement des automobiles en surface est une pollution. Comme dans certaines villes étrangères, il serait avisé de lier l'immatriculation d'un véhicule à Paris à la possession d'une place de garage. Il existe encore de la place pour construire des garages à voitures dans Paris ; il existe aussi des parkings-silos qui correspondent bien à l'utilisation sporadique d'un véhicule. Pour le reste, le stationnement resterait payant en journée avec relevé de la vignette Crit'air comme aujourd'hui.

[fin de l'extrait]

L'inquiétude légitime des commerçants, mais surjouée de l'opposition municipale, doit être apaisée par l'amélioration des transports publics existants dans leur amplitude horaire afin d'irriguer les zones de chalandise, et certainement aussi par l'introduction de moyens alternatifs comme les Sixteen-Seats de Hong Kong (copiés sur les dolmuş de Turquie). Peut-on espérer voir un jour ce "centre-ville" devenir propre sans la merde et les ordures qu'il devient impossible de nettoyer ? Les voies piétonnes sont d'expérience maintenues propres, tant par les services municipaux s'ils sont bien commandés (ce qui n'est pas le cas dans les arrondissements de Paris où les adjoints "Voirie" de la mairie n'ont aucune autorité sur le Labeur) que par les commerçants riverains ou les gardiens d'immeubles. Pour finir, voici le contour de la zone à piétoniser proposée par la municipalité :

plan du centre piéton de Paris

lundi 11 mai 2020

Bagnoles de Paris

Le déconfinement sanitaire de Paris relance la dispute entre voitures, vélos, piétons et transports en commun. L'infestation probable des transports massifiés et réduits tout à la fois risque de reporter le flux alternatif quotidien sur la voiture individuelle. L'Hôtel de Ville menace les automobilistes d'appliquer la circulation alternée par numéro de plaque au motif du surcroît de pollution, après avoir décidé certaines mesures restreignant la circulation - il reste un second tour électoral à franchir pour continuer à vivre sur la mairie.
S'élèvent ci et là les clameurs dénonçant les caprices pédalos-bourgeois de la clique en charge des affaires municipales, renforcées par celles des représentants informels des banlieusards qui forment une grande partie de la circulation à l'intérieur du périphérique. Tout le monde à vélo ! Stupide.

Il n'en demeure pas moins que la circulation dans Paris tourne chaque jour au cauchemar en temps ordinaires et qu'il faudra bien prendre le problème à bras le corps. L'équipe municipale au volant compte pourrir la circulation au moyen de moult aménagements dissuasifs de la voirie et en déployant partout des pistes cyclables. De leur côté, les oppositions veulent fluidifier le trafic par une gestion numérique des feux de circulation et un réaménagement des grandes places, tout en soutenant vélos et transports en commun : on essaie de ratisser large.
Ceci étant dit, il ne faut pas perdre de vue que l'industrie automobile est une des dernières grandes industries françaises et que les améliorations de la circulation générale ne doivent pas la brimer. De ce point de vue, il est contre-productif de pénaliser la circulation routière - c'est l'histoire lamentable du 80km/h de M. Philippe - et de restreindre en même temps le trafic urbain pour de bonnes raisons. Quand chassera-t-on le Salon de l'Auto de la Porte de Versailles ?


Le temps est venu de mettre sur la table un plan de circulation drastique pour Paris, qui va soulager la ville de ses encombrements. C'est ce que nous proposons ci-dessous pour meubler une semaine qui s'annonce riche en ratés, couacs et foutoir.



Projet de réforme de la circulation parisienne intra-muros ?!



Préambule
La codification est destinée à ceux qui veulent faire un Powerpoint

Le trafic a deux origines : la circulation intérieure (C1) et la circulation de transit (C2).

Il y a trois types de trafics en surface : (T1) les déplacements des services publics de l'Etat (y compris celui des régies de transport), (T2) les déplacements des professionnels assurant des services à la population (artisans et livreurs), (T3) les déplacements individuels à titre professionnel ou privé.

Le trafic est assuré par cinq vecteurs : (V1) les flottes automobiles des services publics, (V2) les flottes commerciales et artisanales des professionnels, (V3) les flottes de taxis et transport à la demande (Uber), (V4) la circulation générale de voitures non dédiée, (V5) les une-roue et les deux-roues.

Le territoire parisien est formé de quatre zones : (Z1) la voirie de grande circulation (boulevards, grandes avenues et périphérique), (Z2) le fleuve et les canaux, (Z3) la voirie haussmannienne, (Z4) la voirie médiévale.

Un projet

(A) Sérier les trafics selon leur origine :

Le transit doit être détourné de Paris en améliorant les conditions de son contournement. En ce sens la neutralisation bienvenue des voies sur berges aurait dû être précédée d'un renforcement du périphérique (surtout au sud), dont le trafic de transit provincial et international aurait dû être déporté sur l'A86 et l'A104 depuis longtemps... si ce pays était gouverné. Mais clientélisme oblige, les grands travaux routiers ont souvent succombé à la préservation du confort de gens bien placés. Le bouclage de l'A86 ouest (de La Jonchère à Marnes-la-Coquette) et celui de l'A104 ouest (Ile de Migneaux) sont exemplaires à cet égard.

On ne doit pas confondre le transit et l'accès depuis l'extérieur. La banlieue doit continuer à entrer dans Paris parce qu'elle est en assure le fonctionnement quotidien.

- le Mur des Fermiers Généraux en bleu, la Barrière de Thiers en rouge -

(B) Associer les zones et les types de trafic :

Si les services publics et au public (T1 et T2) doivent aller partout sans restrictions, tout comme les deux-roues qui n'encombrent pas l'espace (V5), les déplacements individuels (T3) ne devrait pas permettre d'accéder à la voirie médiévale (Z4). Comme on ne peut trier rue par rue, il serait logique d'interdire le centre historique de Paris à la circulation générale (V4) et pour faire simple, sortir les six premiers arrondissements et la moitié est du VIIè du plan de circulation de la Préfecture, à l'exception des grands boulevards (l'ancienne enceinte Philippe-Auguste) permettant de le contourner et des quatre axes traversant à grand débit que sont le boulevard Raspail, les boulevards Saint-Michel-Sébastopol, le boulevard Saint-Germain et la Rue de Rivoli-Saint-Antoine. Les modalités d'accès et de stationnement seraient à définir, sans doute sur la base d'une gestion des plaques d'immatriculation.
La séparation du trafic professionnel et du trafic privé obligera à spécialiser les plaques d'immatriculation des artisans et commerçants en ajoutant par exemple un "SP" comme Services au Public). De même sera-t-il plus facile de contrôler les taxis identifiables par une couleur unique comme dans beaucoup de villes étrangères : le vert-wagon à toit blanc irait bien à Paris.

Il existe une zone concentrique à ce centre historique qui est délimitée par l'ancien Mur des Fermiers Généraux érigé jadis pour percevoir l'octroi. Des boulevards le remplacent aujourd'hui. Ils délimitent les arrondissements 8, 9, 10, 11, 12-ouest, 13-nord, 14-nord, et un peu du 15è et 16è-nord. Cette zone devrait être d'accès réglementé pour la circulation générale (V4) par le biais d'un péage modéré, exception faite des flottes de taxis et assimilés. Le reste du territoire qui représente plus de la moitié de la superficie de Paris serait libre d'accès comme aujourd'hui et le trafic fluidifié par tout moyen intelligent comme la synchronisation des feux en fonction de la charge de la voie.

(C) Régler le problème du stationnement en voirie :

Outre l'occupation plus ou moins illicite de l'espace public, le stationnement des automobiles en surface est une pollution. Comme dans certaines villes étrangères, il serait avisé de lier l'immatriculation d'un véhicule à Paris à la possession d'une place de garage. Il existe encore de la place pour construire des garages à voitures dans Paris ; il existe aussi des parkings-silos qui correspondent bien à l'utilisation sporadique d'un véhicule. Pour le reste, le stationnement resterait payant en journée avec relevé de la vignette Crit'air comme aujourd'hui.


Conclusion

Tout le monde ne peut pas se déplacer à vélo, de même que chacun n'a pas son véhicule qui l'attend en bas de l'immeuble. Mais tout le monde doit aller et venir librement en sûreté. Tout projet de circulation en surface convoque une franche amélioration des transports en commun. Non pas tant pour le maillage qui est excellent à Paris, que pour les conditions de leur utilisation. Sécurité, propreté, amplitudes horaires, il y a beaucoup de travail - c'est un euphémisme - car il ne suffira pas d'en parler mais de téléphoner à Hercule quand il en aura fini aux écuries du roi. On ne va pas rentrer dans la polémique Paris vs. Calcutta qui serait bien trop cruelle pour une équipe municipale à l'emblème du rat.

mercredi 11 mars 2020

Voter ?


Ma commune qui avait formé une intercommunalité avec deux villes voisines et partageait certains services municipaux, s'est laissée absorber ensuite dans une communauté urbaine géante de soixante dix communes et quatre cent mille habitants. Autant le dire tout de suite, elle y a disparu. La mairie décide encore dans quatre domaines : loisirs-culture, police municipale, écoles primaires (cantines) et spéculation immobilière (bétonnage des friches industrielles). Le reste est parti.
Les services municipaux maintenus "font suivre". Sans s'étendre sur le mur de mauvaise foi que personnellement j'ai affronté dans le cas d'un sinistre où la ville, maître d'ouvrage, était impliquée jusqu'au cou*, je partage un doute général avec mes voisins : on va voter pour QUOI ? A quoi ces braves gens me répondent pour QUI vont-ils voter. L'élection municipale devient un casting ! Cela n'empêche aucune liste de bourrer les boîtes aux lettres de programmes.
*Je n'avais pas tourné de vidéo de l'accident et n'avais recueilli aucun témoignage un dimanche d'hiver en fin d'après-midi, sous l'orage qui avait défoncé la clôture d'un chantier municipal ! Contact en live avec le service compétent refusé.

A lire les professions de foi, on n'y voit que dépenses de confort, de la Maternelle à l'EHPAD, et embellissements visibles conjuguées au refus de tout développement économique qui pourrait permettre peut-être de financer ces avancées sociales. Les nuisances, chère médème, les nuisances, l'air, le bruit d'usine, le réchauffement climatique ! Et à la fin, la palanquée de fiers-à-bras qui vaincra commencera à utiliser la fameuse capacité d'auto-financement résiduelle laissée par l'équipe sortante pour montrer aux badauds leurs réalisations prestigieuses, avant que de pétitionner pour l'augmentation des subventions publiques de l'Etat et du département. Aucune valeur ajoutée n'entre en ligne de compte, mentalité de moutons, les Hébreux au désert, Tintin au Congo, exigeants en plus !

Il fut un temps, quand les communes avaient toutes les compétences municipales, où il était avisé pour certains groupes politiques de faire de l'entrisme pour acquérir un peu de visibilité et montrer leur connaissance des dossiers. Ce temps est révolu dès lors que se forme une technocratie au niveau de la communauté urbaine, qui va sédimenter et devenir inexpugnable. On commence à le sentir lors des débats d'assemblée. Cette voie parallèle d'accès à une enceinte décisionnaire devient sans objet.

Pourquoi dès lors participer aux élections municipales ? Par habitude ? Pour serrer les mains des édiles, parler au conseiller-maire, au député, à mon ami le chef de la police ? L'habitude... anticiper le pointage des listes entre deux tours où pour la première fois je me serais abstenu. Pourquoi ? Et pourquoi leur répondrais-je qu'ils jouent dans une pièce idiote qui, au-delà des services rendus à quelques lobbies fonciers intéressants, ne sert qu'à former le collège électoral du scrutin sénatorial, scrutin destiné à donner une seconde chance aux battus, aux seconds couteaux, aux apparatchiks de parti méritants. Si encore j'étais inscrit à Paris, je serais motivé à foutre dehors Dame Bêtise, ses rats, sa crasse, son incompétence, son ostracisme, sa cour de tiers-mondains de la jaquette, sa végétalisation étique et le goût des fonds perdus.

Le Covid-19 pourrait-il me donner la réponse ?

vendredi 7 décembre 2018

Le VXB170

La star de l'émeute qui ne dit pas son nom sera sans conteste l'automitrailleuse sans mitrailleuse VXB170, un transport de troupe des années 70 produit par Berliet pour la Gendarmerie nationale, à défaut d'avoir été retenu par l'Armée de terre qui lui préféra le VAB de Renault. La bête accuse son âge au premier coup d'œil et on connaîtra demain son comportement au feu comme on disait en 14. En attendant voici le descriptif et un bref résumé de ses origines.


Dans les années 60, les armées cherchent un transport de troupes plus moderne et agile que le VTT chenillé bâti sur un châssis d'AMX13, et la mode du Pacte étant aux roues, l'état-major veut des roues. Passons sur le cahier des charges. Les compétiteurs étaient alors Creusot-Loire avec la succursale SAVIEM de la Régie Renault, Panhard racheté par Citroën en 1967, qui produisait l'excellent EBR (passez voir ce chef-d'œuvre de l'ingénierie militaire française en cliquant ici) et Berliet avec ce VXB composé à partir d'éléments de la chaîne camions militaires. Le Panhard M3 (dérivé de l'automitrailleuse AML) est recalé. L'Armée choisit le VAB amphibie plus volumineux qui offre une diversité d'armement plus grande. Ce modèle est arrivé au bout de son obsolescence en Afghanistan, plancher perçable par un IED, armement de tourelle non télé-opéré, on est en train de le remplacer par un nouveau modèle Nexter/Arquus (Volvo), le VBCI à huit roues.

Si Panhard trouve des débouchés en Afrique où il écoulera 1200 transports armés M3, il reste à récompenser Berliet pour ses efforts. On lui commandera 155 unités pour la Gendarmerie qui s'en servira finalement assez peu en France ; par contre en Corse et en outremer ces véhicules rendront service, surtout avec la lame frontale de déblaiement.
Mission parisienne : pour autant qu'on le sache, ils seront engagés dans l'ouverture de barricades et dans le transport de groupes d'intervention en zone de caillassage.
Ce sont aussi des cibles d'exploits individuels. On en a vu brûler un sur une barricade de zadistes à Notre-Dame-des-Landes. La politique "zéro mort" de M. Castaner a ses limites quand l'équipage au complet est encerclé dans la boîte. Nous les "autorisons" moralement à se défendre avec leurs armes individuelles sans mollir ou téléphoner avant à la salle de contrôle.



Caractéristiques (compilation Army Recognition)
- dimensions : 6m175 par 2m50.
- poids : 10,7 tonnes à sec
- blindage de 7mm contre la munition d'infanterie du défunt Pacte (on ne dira pas ce qui le traverse), plancher anti-mines AP
- cinématique : V8 Diesel Berliet de 7 litres et 170ch attelé à une boîte présélective 6-vitesses (comme une Wilson) et transfert-réducteur
- vitesse de croisière : 85km/h
- Service : 1 conducteur, 1 chef (tourelle), 9 effectifs
- configuration : les VXB amenés à Paris ne sont pas armés mais disposent de "mortiers" à lacrymogène.



samedi 24 novembre 2018

Le Piège

Paris samedi midi. L'insurrection, bon enfant pour le moment, des classes défavorisées n'entre pas dans les schémas de gestion de crise des gnomes de l'Elysée. Et plus curieusement, n'entre pas non plus dans les schémas descriptifs des chaînes d'infox en continu. Elles dénigrent, désinforment, puis au seuil du ridicule allégrement franchi, elles donnent la vraie info du jour, pour reprendre ensuite la démolition sur le canevas de l'Intérieur comme l'a fait Julien Arnaud sur LCI ou Laurent Neumann sur BFMTV quand ce n'est pas Olivier de Lagarde qui s'y colle sur France-info.

C'est Jean Lassalle, qui hier soir dans le TalkShow de RMC/story (où il a failli mettre une baffe au minuscule Barbier en cache-nez rouge) a saisi les tenants et aboutissants du piège Gilets Jaunes. Il est en effet inutile de demander aux "meneurs" leurs revendications puisque les insurgés expriment un mal-être profond, des fins de mois impossibles, l'humiliation d'un mépris de la classe aux affaires qui les domine de toute sa superbe et une colère que les barrages auto-alimentent.
Si vous allez chez le médecin, ce n'est pas pour rédiger son ordonnance mais pour lui donner vos symptômes et en recevoir le remède. C'est aux pouvoirs publics d'établir l'ordonnance, mais cette innovation ne cadre pas avec les logiciels de la technocratie, surtout celui mis en œuvre pour réformer notre société.

Ce logiciel qui aurait convoqué beaucoup d'intelligence artificielle, dit-on, est construit pour forcer l'obstacle, user les revendications dans des consultations fréquentes des parties adverses leur laissant peu de temps de réflexion, quand de son côté la presse accoquinée les met en pièces comme on l'a vu très explicitement dans les négociations ferroviaires. En fait la fracture existe vraiment puisque l'interlocuteur est assimilé à un adversaire contre lequel toutes les techniques dialectiques sont permises, y compris la désinformation (hausse du litre de gasoil due au baril quand il baisse de 20%). Dans le cas des Gilets Jaunes, ça ne fonctionne pas puisqu'il ne revendiquent pas pied à pied des mesures précises et que la dispersion des barrages autonomes ne produit pas un bureau national avec qui parler et qui serait obéi ensuite.

A l'heure où nous mettons sous presse, la manifestation parisienne dégénère en émeute au double effet de l'infiltration d'anarchistes violents et d'une doctrine d'emploi de la force indifférenciée. D'accord, c'est beaucoup demander au préfet Delpuech qui fut incapable de tenir la rue le Premier Mai contre les Black Block, que de gérer intelligemment l'infiltration. Et ne parlons pas du demi-ministre Nuñez qui nous a montré son savoir-faire à Marseille en spectateur impassible de la guerre des narco-trafiquants. Son dispositif visant à canaliser la manifestation vers le Champs-de-Mars, a été facilement percé sur les Champs-Elysées.


Il m'étonnerait fort que l'exercice de communication du président Macron mardi prochain sorte des rails technocratiques évoqués ci-avant même si la dialectique employée est en cours de peaufinement à l'Elysée pour coller aux réalités et aux auditoires. C'est mépriser les gens que d'évoquer un déficit d'explication. Si les pouvoirs publics sont restés sourds au mal-être de la base (sic), ils vont se retrouver cette fois devant un public sourd à son tour, qui ne veut pas "raisonner, comprendre, se lasser". C'est inédit mais le jeune président n'a qu'à s'en prendre à lui-même et à son style arrogant pour ne pas dire provocant. Le portefaix du monde nouveau s'est transformé en tête-à-claques. C'est mortel en politique.

Reste le cautère diabolique sur la jambe de bois. Compenser les taxes et l'insuffisance de pouvoir d'achat des classes populaires par des mesures fiscales d'accompagnement accroît mécaniquement le périmètre de l'Etat obèse, et sans impôts nouveaux qui déclencheraient une révolution sanglante, oblige à emprunter ces libéralités aux pétro-monarchies, augmentant d'autant une dette insoutenable. L'an prochain nous irons chercher pour vivre 225 milliards d'euros sur les marchés de bons (l'Italie à peine plus, 240 milliards). Nous continuons à manger le capital des générations montantes. Elles laboureront nos cimetières pour nous transformer en engrais.

samedi 14 novembre 2015

Spéciale Dernière


Vendredi 13, ça ne s'invente pas : à peine assoupi qu'un texto tinte dans mon vieux Nokia : « Hollande fait une déclaration sur les attentats ». J'allume le poste, l'Etat d'urgence est décrété en France... deux kamikazes n'ont pu entrer au Stade de France (France-Allemagne 2-0) et se sont fait sauter dehors ; une voiture fait les rues des quartiers-est en tirant sur tout ce qui bouge ; le Bataclan est investi par des terroristes ! C'est tout ? Non ! Les médias embrayent comme en janvier, les experts affluent dans les micros et cela devient vite insupportable. L'Île de France se ferme. Les frontières se ferment. Samedi sera un jour "fermé". Le bilan est lourd ce matin, on va vers les deux cents morts**. On compte huit terroristes à visage découvert dont sept se sont fait sauter à la fin et un d'abattu dans l'assaut du RAID.

Le bal des faux-culs est ouvert : pas d'amalgame, les déséquilibrés furent-ils poussés au crime par la misère ambiante aux cris de "Dieu est grand et Mahomet est Son prophète" ? Le CFCM condamne*. On s'agite beaucoup dans les hautes sphères et la partie émergée de l'iceberg gouvernemental est forcément celle de la communication. Espérons que Gaspard Gantzer de l'Elysée ne va pas à nouveau organiser une marche monstre place de la République.

Hommage soit rendu aux forces de l'ordre à Paris. Mais le Français moyen a aussi le droit de réfléchir, même dans la peine.

Origine des protagonistes (situation à 10:15 samedi)

Les témoignages de rescapés indiquent que les assassins sont Français. Le choix du suicide en queue de trajectoire indique, lui, que les cerveaux ont été profondément conditionnés et probablement dans une zone de guerre. On pourrait facilement soutenir que survivre à une attaque aérienne française en Irak peut motiver la vengeance du moudjahid, mais nous n'avons frappé que trois fois ! Il ressort de cela que les migrants sont hors de cause.

Sûreté nationale

Avec ou sans fiches "S", avec ou sans "Loi Renseignement", la preuve est faite, s'il en était encore besoin, que la menace s'adapte rapidement à son environnement sécuritaire quand elle ne précède pas son évolution. Le dispositif de riposte décrété en janvier 2015 n'est d'ailleurs toujours pas achevé, la bureaucratie y travaille...
Avec un vivier de plusieurs centaines de djihadistes français formés au Proche et Moyen Orient, immergés eux-mêmes au milieu de milliers de sympathisants comme le poisson dans l'eau - les clameurs de joie arabes et les klaxons dans le 93 et le 95 sont-ils de l'intox ? - la prophétie d'une attaque générale de Paris intra-muros n'est pas un scénario de jeu-vidéo. Si pour huit types on décrète l'Etat d'urgence, que fera-t-on pour cent types décidés à en découdre ?

Logiciel kamikaze

Hier matin, les huit moudjahidine se sont réveillés morts dans leur tête ; il n'y avait plus qu'à y aller pour connaître son avenir ailleurs. L'avantage du suicide est de couper les ponts avec l'organisation et de supprimer la complication de l'exfiltration du "soldat". L'enquête va s'enfoncer dans les analyses pour déterminer tous les paramètres de ces crimes mais au final, cela ne servira qu'à écrire la page d'histoire du vendredi 13 novembre 2015. On saura qui est mort et après ?

Contre-attaque ici

Il n'est plus que temps de prendre des mesures d'ordre public de simple bon sens. On les connaît :
- fermer les mosquées salafistes (au premier soupçon légitime) et expulser les imams manu militari vers leur pays d'origine ;
- entrer dans les cités et récupérer tout l'armement ;
- actionner la légitime défense automatique des policiers contre tout porteur d'arme à éliminer dans le périmètre des zones de non-droit ;
- rafler suspects et sympathisants avérés (ceux qui caillassent les ambulances), expulser les étrangers et stocker en camp "S" les nationaux radicalisés ;
- ré-appliquer la double peine, radiée par Sarkozy, pour désengorger nos prisons.

Contre-attaque là-bas

La France ne peut pas laisser le crime impuni, pas plus que la Russie d'ailleurs. Quand le vin est tiré il faut le boire, et les bases de l'Organisation Etat Islamique doivent être traitées sérieusement dans une logique de guerre. On se demande jusqu'ici à quoi sert le tohu-bohu de la coalition occidentale (tuer Djihadi John ?) et serait-on mieux inspiré de nous coordonner avec les Russes pour en finir une bonne fois en laissant aux puissances célestes le soin de trier le bon grain de l'ivraie.


Une marque de la zone !!!


Réflexions in cauda

Il n'y a pas que des "victimes innocentes". Ceux qui ont élus ou laissé passer les crapules de l'islamisation du vieux pays sont coupables au titre du principe de souveraineté du peuple. La démocratie est un régime de large responsabilité. L'islam charrie des scories très violentes. Coupables aussi ceux qui laissent couver le feu de tourbe de la guerre israélo-palestinienne et donne la libre-pratique de l'apartheid en solution de rechange d'une colonisation des nappes phréatiques de Palestine. Coupable aussi une classe politique flirtant avec des Etats islamiques douteux ; coupable un peu notre président, comme son prédécesseur, de s'être mis à la remorque des Américains sur une zone d'intérêt extérieure à l'Alliance atlantique. Nous avons une certaine légitimité historique à venir sur les Echelles du Levant (depuis Godefroy de Bouillon) mais qu'allons-nous faire dans la galère irakienne où tout nous est étranger !

Nous aimerions que le pouvoir soit moins calculateur, moins électoralisé, et fonde son action sur le simple bon sens.


(*) Le Conseil français du Culte musulman a pris le parti de ne pas être plus impliqué dans la dénonciation des actions terroristes invoquant Allah que ne le seraient la Conférence des évêques de France ou le Consistoire central israélite. On aimerait qu'il s'implique au moins dans la dénonciation publique des mosquées déviantes en les bannissant. Mais, gouverné par l'UOIF, il fait profil bas et service minimum.

**Postscriptum du 20.11.15-18:00 : Mise au point dérisoire mais tout de même nécessaire avant l'archivage de ce billet : une semaine après l'attaque on dénombre 130 morts et 350 blessés dont certains sont toujours dans un état critique.



A tous ces morts pour rien ! RIP

jeudi 27 octobre 2011

Dégénérescence et réaction

Il tourne dans la sphère "expat" une retransmission du journal télévisé de FR2 diffusant un reportage de la BBC de novembre 2010 (clic) sur l'enseignement de la charia dans les écoles coraniques anglaises. La charia, du modèle wahhabite, amputatoire, est propagée par les services culturels de l'ambassade d'Arabie Séoudite à Londres. On nous y montre aussi les futures lapidés, transformées en Belphégor dès la sortie des classes sur le chemin de la maison. Cet enseignement exotique concernerait cinq mille élèves. Et tout le monde de s'en offusquer. Bon !
A Paris, les édiles de la Ville-Lumière, phare du Monde et première destination touristique du Cosmos, défendent un spectacle de merde par cars complets de CRS. On y chie, chère Médème, et ça pue. Mutine, elle me rétorque les yeux baissés, à l'Hôtel de Ville ils aiment ça ! Bon !
Ce blogue non labélisé n'a pas la fibre sociétale et le piéton misanthrope revenu de tout, s'émeut rarement de ces dérives déplorables, mais l'heure n'est-elle pas venue de se poser la question du motif de cette dégénérescence, car si dans le second cas nous avons en face de nous l'exemple-type de l'art dégénéré, dans le premier, je considère que l'abrutissement pédagogisé des enfants de confession musulmane dans des codes néandertaliens est une régression de l'espèce quelles qu'en soient les causes.

Allons au contact, direct. Il est commode de se saisir de la déchristianisation du continent pour en montrer du doigt les effets pervers. A la réserve près que si la transcendance morale est une excellente chose pour la conduite des consciences, elle l'est parfois moins quand ces consciences sont dirigées par des sociétés aussi complexes que les églises. Certains font la part du feu ou du diable, comme vous voudrez, en distinguant Dieu et les religions qui exploitent le concept¹. J'en suis. Il n'en demeure pas moins que la prémonition du curé d'Ars sur les paroisses sans prêtres, où l'on finirait par adorer les bêtes, est un peu faible quand on voit ces immensités déréglées où l'on n'adore certes pas de bêtes mais où les gens le sont devenus. Les faits divers sanglants débordent partout des écrans, la jouissance des souffrances causées à plus faible que soi est assez répandue, mais le plus grave est la tiédeur des réactions populaires voire l'indulgence des jurés d'assises intoxiqués à la culture de l'excuse. Quittons donc l'explication facile du "transcendantal" et perdons-nous dans les complications.


Même si "ceux qui n'ont pas vécu avant 1789, ne connaissent pas la douceur de vivre" (dixit Charles-Maurice du Bas de Soie), la condition matérielle moyenne des peuples d'Europe occidentale n'a jamais été meilleure, les "seuils de pauvreté" jamais aussi hauts et le dépit des opprimés jamais aussi futile. Ne plus pouvoir aller au cinéma ou au restaurant chaque mois a remplacé le pain de fougères du temps jadis. Et dans ce "paradis matériel", on apprend à couper la main ou le pied des voleurs et à payer pour voir sur scène un vieux chier !

Que manque-t-il ? Qu'y a-t-il de trop ?

Le premier défaut de nos sociétés est un défaut d'éducation. L'instruction est faite, plus ou moins bien calibrée, plus ou moins bien reçue selon l'environnement et les "clients". Par contre l'éducation est inachevée si tant est qu'elle soit par endroit amorcée. Je parle ici de l'acquisition de la morale naturelle universelle qui est débinée par l'existentialisme, par la réalisation d'une idée de soi qui peut être fausse, par la liberté à tout crin hors de toutes les limites d'une cohésion sociale a minima. Par exemple, on ne peut à la fois lutter pour sa propre émancipation d'une société que l'on rejette et s'abonner anonymement aux guichets du vivre-ensemble. Personne ne va à la Caisse d'Allocations familiales réclamer son dû au cri trotsko-jospinien de "société de merde". Il faut choisir. Or le confort matériel assuré par l'Etat-providence et ses multiples édredons nous l'interdit. Pourtant, j'ai vu des gens bénéficiant de positions enviables dans la sphère publique quitter Shanghaï pour forte incompatibilité d'humeur avec les autorités locales qui d'ailleurs en ignoraient tout. Et émigrer comme un Sicilien vers l'Amérique. Perdre le confort, gagner sa propre estime, étaient le leitmotiv de cette démarche difficile. Et quand on a le caractère aussi trempé, on réussit aux Etats-Unis où depuis toujours on récompense les bosseurs. A contrario, le porte-à-faux dénoncé ci-avant est une faille mentale dans laquelle s'engouffre la légitimation de n'importe quelle dérive. Il faut la réparer.

Le deuxième défaut (il y en a quatre) est la matérialisation. Le livre d'Etienne Liebig, Les Nouveaux Cons (Ed. Michalon-2011), décortique l'ambition des étudiants en écoles de commerce complètement captivés par la réussite matérielle, et pour beaucoup déçus. Le calibrage social n'a jamais été plus facile puisque les signes extérieurs d'aisance sont plus que jamais manifestes (ceux de la vraie richesse sont en revanche discrets). Tout ce qui peut marquer le niveau de vie est sous les yeux d'autrui, instruments informatiques, électroménager, communications, piscines, semaine au ski, voitures, voyages lointains et leur récit, fiestas, réceptions domestiques et leur bruit, etc... notre argent est public ! Aussi nous levons-nous chaque matin pour tenir notre rang. Et si nous n'y parvenons pas, outre l'impact psychologique défénestrant parfois, nous entrons dans une sorte d'indignation, révolte rentrée, révolte ouverte, mais sur des valeurs "fric". Le stade suivant est celui de l'insurrection, et on remarquera que le dépit social qui la sous-tend ne peut pas être la perte d'un niveau de vie, mais convoque à son expression des idées élaborées.
Si les cours de morale sont nécessaires à l'école, ils devraient être dispensés (adroitement) pendant toute la vie du citoyen. C'est sans doute ce déficit moral qui pousse des familles musulmanes à mettre leurs enfants dans les écoles coraniques, même si certains volets de l'enseignement les inquiètent. En France, nous avons eu jusqu'à un passé récent le même mouvement vers les écoles chrétiennes. La différence entre elles et les écoles publiques s'est beaucoup estompée maintenant.

Le troisième défaut est le coaching étatique. De quoi donc ne s'occupe pas l'Etat ? l'Etat étant pris au sens global de la contrainte collective réglée, il est plus facile de poser la question dans ce sens. La sphère individuelle est totalement investie par le "collectivisme". Big Sister (je pense aux mégères-ministres) s'occupe de tout. Quand il ne peut décider frontalement, il contraint par la bande, l'impôt, la taxe voire la mode. Tous nos faits et gestes sont "corrects ou incorrects" et les Lumières, fondateurs dit-on de notre société occidentale, se retourneraient dans leur tombe de savoir que nos pensées sont elles-mêmes asservies au "go/no-go"², correct, incorrect !
Le citoyen est ainsi formaté très tôt dans l'irresponsabilité individuelle, il n'a plus qu'à avancer entre les lices sociales que le Grand Machin qui gouverne a posé de part et d'autre. Pourquoi ferait-il l'effort de se chercher un destin ? C'est déjà prévu pour lui. D'où cette infantilisation générale qui jette à la manifestation saisonnière du Mécontentement les corporatismes protégées du secteur public, ou comme en Grèce, contre la rigueur, l'immense armée des fraudeurs populaires. L'Etat à ce point, ça rend con !

Le dernier défaut est l'atomisation sociale. En clair, le démembrement des familles au profit du parcours individuel. Certes des esprits affutés ont cent bonnes raisons de promouvoir la réalisation de soi mais le "famille, je vous hais" d'André Gide ne s'adresse pas aux âmes simples ou normalisées. Et la philosophie de Sartre n'est pas à mettre dans toutes les mains. Et bien justement si. Les penseurs à compte d'autrui ont fait de ses réflexions littéraires nourries au contact de réalités dérangeantes, les briques constructives d'un modèle social qui reconnaît par exemple à l'enfant de maternelle des droits propres qu'il est bien incapable d'inventer et d'exprimer. La famille peut même à certains égards devenir le lieu suspect de dérives condamnables si elle emprunte un chemin non averti comme l'instruction des enfants à la maison. Que la liberté individuelle soit protégée à l'âge adulte n'est pas discutable, mais sans doute pas au détriment de la cohésion familiale qui reste l'espace naturel élémentaire d'éducation depuis la nuit des temps. Le Coran protège la famille (et même la famille agrandie) et ce mode de vie est préféré par ceux qui mettent leurs enfants en madrasas.

Pour terminer sur une note d'espoir, convenons ensemble que la crise matérielle actuelle déclenchée par la gabegie générale des Etats occidentaux qui sont aux cent coups pour payer leurs dettes, peut emporter la crise morale avec elle. Justement parce que les fondamentaux de ce désastre trouvent leurs racines dans un mode de vie et de pensée qui fait faillite, celui de la social-démocratie du modèle maçon. Sans revenir forcément à des modèles antérieurs qui furent abandonnés à juste raison parfois, il est temps de repenser la structuration morale de nos sociétés, l'imbrication des cellules et puisqu'on ne peut plus les brûler en place de grève, éloigner des leviers d'influence les pourrisseurs patentés. Cette régénération commence par une dénonciation des mal-faisants, n'ayons pas peur des mots. A tout seigneur... et malgré une certaine empathie de ma part qui a vite disparu dès sa prise de fonction, je dénonce la protection que le ministre de la Culture accorde à la création artistique dégénérée qui se répand au Théâtre de la Ville³.

Mais puisque "la sagesse des nations" dit que l'exemple vient d'en haut, il serait avisé de réformer chez nous l'exemple d'en haut qui est au dessous de tout.

Note (1): on étudiera une autre fois la mise en culture de la société grecque par les églises orthodoxes.
Note (2): ceux qui savent régler une mitrailleuse de 50 comprendront
Note (3): pièce scatologique moite avec Jésus-Christ en fond d'écran, d'un certain Romeo Castellucci, contre laquelle manifestent ces jours-ci plusieurs mouvements traditionalistes, dont les Camelots du Roi d'Action française.

vendredi 8 avril 2011

Un prince fondeur

En 2009¹, le prince Louis de Bourbon finissait le marathon de New York City dans le wagon des neuf pour cent avec un temps de 3h 24minutes. Cool ! Ce dimanche 10 avril, le dossard 19502 sera suivi attentivement par les légitimistes qui espèrent "un résultat" de leur héros au 35° Marathon de Paris².

La carte de la course en .pdf est cliquable ici : Parcours 2011

Le parcours réglementaire de 42195 mètres part de la section haute des Champs-Elysées, de l'Etoile au Rond-Point selon les sas de performance tentée³, puis va à la Bastille par Rivoli et continue jusqu'au bois de Vincennes, revient ensuite dans l'axe avalant de la Seine rive droite jusqu'au bois de Boulogne et s'achève à la Porte Dauphine.
Le profil ci-dessous montre que le premier tiers est éliminatoire, le second tiers super-facile, et le dernier tiers propice à la rupture des groupes :


Pour les Français, on attend Abdelatif Meftah, devant ou juste derrière les Kenyans et autres Ethiopiens qui ne sont pas invincibles. Le marathon de New York 2009 avait été remporté par l'Américain Keflezighi.
Un marathon se gagne en 2h et 10 minutes, soit à 20km/h.
Mais c'est aussi une grande fête. Départ à 8h45.





Note (1): Résultats du prince Louis NYC 2009 : http://web2.nyrrc.org/cgi-bin/htmlos.cgi/90893.6.013700415519798204
3921° sur 43741 coureurs (43475 arrivés)
683° dans sa classe d'âge
3h 24min 18sec
moyenne 12,4 km/h
vainqueur : Meb Keflezighi (USA)
Note (2): le site officiel : Parismarathon
Note (3): dossard rouge 3h00, jaune 3h15, bleu 3h30, violet 3h45, vert 4h00, gris 4h15, rose 4h30+

lundi 11 mai 2009

Le venin dans le dard

le 14° dalai lama en prière Paris - 9 mai 09 - Le 14° dalaï lama est invité le 6 juin à Paris par son premier magistrat pour recevoir la médaille de la Ville de Paris. Normalement cette décoration distingue des personnalités ayant contribué significativement au rayonnement de la capitale française ou ayant réalisé quelque chose d'extraordinaire à son bénéfice. M. Delanoë qui, à l'image de ses prédécesseurs est "propriétaire" de l'Hôtel de Ville, puise dans la cassette à médailles selon son bon plaisir comme un président de la III° République. Ainsi manifeste-t-il en chemin ses propres opinions et tout à la fois les récompense, jusqu'à désigner dans ses faveurs un pontife religieux d'une contrée lointaine avec laquelle la ville de Paris n'a ni attaches ni traditions.

Est-ce pour renforcer son ami Pierre Bergé dans sa lutte contre la confiscation du recel de bronzes pillés lors du sac du Palais d'Eté, ou tout simplement pour faire l'intéressant ?
M. DelanoeQue vient donc faire le dalaï lama hypermédiatique dans le schmilblick parisien ?
De l'audience, chère médème, de l'audience pour la Guêpe de Bizerte malmenée par la liquéfaction de projets un peu pharaoniques de la précédente mandature et de l'explosion des taxes qu'elle a causée ! Alors, "faisons la une pour pas cher avec l'Océan de sagesse, et les emmerdes du petit reître que nous allons déclencher nous profiteront de surcroît".

Les relations franco-chinoises ont beaucoup souffert de la maladresse du ministère de l'Intérieur totalement "innocent" dans le traitement en voirie de la question tibétaine et surtout des rattrapages calamiteux du cabinet noir de l'Elysée. Nos postures de "grande puissance" font sourire les Chinois qui sont "au front" en permanence et connaissent très bien nos faiblesses et nos forces. Ça leur réussit pas mal : nous sommes allés à Canossa !

Mao ZhaoxuDans une déclaration du 7 mai - juste au début du pont sacré - le porte parole du ministère des Affaires étrangères Mao Zhao Xu a tonné : « Nous demandons au gouvernement de la ville de Paris d'arrêter toutes les actions qui s'immiscent dans les affaires intérieures de la Chine et de ne pas faire encore les mêmes fautes sur la question du Tibet. Je voudrais aussi indiquer que les relations bilatérales ont été remises en orbite à travers des efforts communs. Nous espérons que nos deux pays pourront surmonter les obstacles et promouvoir le développement de relations sino-françaises saines et stables. »
Si ce n'est pas faire la leçon, je n'y comprends rien. A ce jour, aucune réaction publique du Quai d'Orsay, directement visé par les Chinois même si la mèche est allumée par l'Hôtel de Ville, n'a été diffusée par les agences.

Nous ne reviendrons pas sur le fonds de la question tibétaine, sauf à rappeler que le Tibet ne sera jamais indépendant. Nous et les Tibétains de la diaspora ne pourront profiter d'aucune opportunité, et chaque jour qui passe, la sinisation de la province himalayenne avance comme un rouleau compresseur que rien ne freine ou freinera parce qu'il y a un milliard de Hans derrière tout ça, qui sont d'accord de bonne foi avec leur gouvernement.
Même s'il est des voies et moyens intelligents pour soulager les Tibétains de la pression chinoise, il nous paraît simplement utile de dénoncer ce qui nous regarde, savoir la puérilité de prébendiers précaires qui jouent de leur irresponsabilité statutaire pour encombrer ad libitum les flux économiques indispensables à nos industries et à nos banques, de leurs émois fabriqués dans un but politicien, ou simplement pour se hausser !

M. Kouchner hilareEn pleine crise économique, soyons sérieux ! Il est plus important de serrer les coudes pour protéger autant que faire se peut nos emplois et nos usines, que de proclamer à la face du monde notre irrésistible propension à dire le droit d'ordre et pour compte tout tiers empêché !
Je ne sais comment y parviennent si bien nos voisins anglais, allemands et italiens qui n'ont pas d'écoles du niveau exceptionnel de l'ENA. Il semblerait qu'ils ne mélangent pas les genres et ne partent pas en mission commerciale d'Etat quand ils prospectent la Chine. Du moins s'ils le font parfois, restent-ils discrets, et disposent en revanche des professionnels compétents sur la zone d'effort de manière permanente. Car à vouloir prendre l'avion du Président et tout le diable diplomatique son train pour partir signer des contrats, nos industriels marquent leurs projets de l'emblème de la caravane politicienne, et ne peuvent ensuite s'étonner d'être impliqués malgré eux dans les chicayas politiques droitdel'hommesques.

Et si nous profitions de l'Europe et de sa liberté de circulation pour importer leurs diplomates, voire quelques industriels !



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