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lundi 4 septembre 2017

Une simple remarque aux chapelles


Que les chapelains se rassurent, nous ne parlerons pas d'argent. Ouf ! Nous allons parler de communication. Ah, quand même ! Ben oui, aux jours d'aujourd'hui il ne sert à rien d'avoir raison tout seul dans son galetat et de l'écrire dans son carnet intime pour que change le monde. Internet a propulsé les idées de tout un chacun sur la planète par le vecteur des blogues, les groupements d'intérêts ou d'opinion en font autant par le moyen de sites en ligne, Partout on diffuse beaucoup, ce qui ne veut pas dire que l'on communique si bien que ça. Les supports internétiques royalistes sont moches, souvent empoussiérés, à l'exception de... il y a si peu d'exceptions. Chaque taulier se contente de mettre en ligne comme on étendrait du linge sur la corde du jardin pour croire sa mission de propagande accomplie. En fait nul ne percute vraiment l'Opinion. Prenons l'exemple du camp Maxime Real del Sarte de l'Action française où se pressent chaque année des contributeurs de qualité pour apporter la bonne parole aux militants royalistes.

Il n'y a pas de vrai plan de communication au sein du CRAF organisateur. Lors de la préparation de l'édition 2017, le site officiel ne donnait pas accès facilement aux éléments basiques (dates, prix, programme) et il valait mieux passer par les algorithmes de Google pour faire monter la page pertinente à l'écran, ce qui est très décevant quant aux capacités de communication. Pendant le camp, il y eut quelques efforts méritoires d'Antoine Berth sur Twitter pour relayer les conférences, mais le réseau n'est pas un support d'affichage, juste un tapis roulant d'informations et réactions. La vie du tweet est très courte.

La semaine qui suit le camp d'Ailly aurait pu être consacrée à la mise en page et diffusion des interventions magistrales, en privilégiant l'écrit qui est beaucoup plus maniable que la vidéo amateur. A part trois brèves qui publient trois questions (factices) à trois intervenants, le site du CRAF ne donne rien de plus à lire de ce camp d'été (pour l'instant). En plus l'accès aux questions n'est pas direct, il faut deviner que dans la barre de navigation c'est l'onglet "Vie du mouvement" qui est la porte d'entrée vers un autre onglet de rang 2. Vous l'avez ici directement par la vignette noire "Questions" ci-contre. On est au niveau du blog rose de Skyrock ! Donc après le CMRDS, on ne communique pas, on digère ! A croire que (censuré)...
Passons au matériau.

Depuis sa création ou pas loin, le blogue Royal-Artillerie a promu chaque année le camp Maxime Real del Sarte. Pour ce faire, le blogue utilise le flyer du CRAF s'il existe, sinon il doit créer des images plus ou moins suggestives suscitant des clics vers la page ad hoc de l'Action française ; certaines années, le Piéton s'est fendu en plus d'un ou deux billets. A noter en passant qu'il n'y a jamais eu de remerciement d'aucune sorte de la vieille maison, même sous une forme cavalière du style "salut! sympa!" à l'exception d'un eurosceptique désabusé qui fit rebond de Maurras à moto, l'an dernier. Le Piéton ne recherchait pas non plus de reconnaissance.

S'il y avait une équipe de communication active dans cette chapelle - et c'est vrai pour toutes -, elle fabriquerait des fenêtres d'accès intégrables sur les blogues amis, royalistes ou pas. Seraient bienvenus au minimum une bannière (avec deux dimensions pour coller en tête ou en pied de site), deux ou trois vignettes attrayantes avec des tailles de caractères permettant les compressions, pour intégrer dans les sidebars de blogues. Plus compliqué serait une vidéo de présentation (sans speaker playmobil, de grâce, c'est démodé).

Pour bien montrer de quoi on cause, voici quelques vignettes simples de filles crées par Royal-Artillerie à cette occasion - une équipe affûtée aurait fait mieux sans forcer. Il y en eut aussi mais plus funèbres, pour la retraite au flambeau de Louis XVI ; même problématique. On va malgré tout commencer la liste par un flyer CRAF très réussi pour 2016 :

Affiche_CMRDS2016



fille canon





Les sites d'Action française ne sont pas les seuls à pâtir d'amateurisme dans le domaine de la propagande, le parti de l'Alliance royale, la réunion des cercles légitimistes, les fédérations provinciales de toute obédience, le mouvement bourbonien, les "groupements individuels" aussi, sont complètement dépassés sur ce plan ! Mention rectificative pour le Groupe Action royaliste* qui est dans un réel effort d'affichage de ses activités et pour le site La Couronne** qui promeut la maison d'Orléans avec talent ; et dans un autre genre, le Conseil en l'espérance du roi*** qui publie quotidiennement à gros débit sur une maquette mono-couloir qui malheureusement bride sa diffusion.

Quand donc les chapelles royalistes découvriront-elles la communication professionnelle destinée au plus grand nombre ? C'est ici que le principe adjudanesque prend toute sa vertu s'il est médité par des gens qualifiés qui privilégieront le choc du discours iconographique à l'inondation tiède des avis de supériorité, en gardant à l'esprit le souci d'atteindre le plus grand nombre directement et indirectement par les relais d'informations extérieurs au microcosme :


En faire peu !

Le bien faire !

Le faire valoir !


* GAR
** La Couronne
*** CER

vendredi 13 janvier 2017

Une presse condamnée à la vérification


Quand on pense que des géostratèges pondent des thèses de six cents pages sur l'équilibre impossible du monde et que le blogue du Piéton les ignorent pour écouter Fanny Ardant, on se dit que l'espace-temps s'est considérablement compacté. C'était donc sur Arte-28 minutes - émission intéressante d'Elisabeth Quin quand M. Askolovitch n'y vient pas promener sa judéité affligée - que fut invitée la cinéaste Fanny Ardant pour son film Le Divan de Staline. On ne connaissait pas son coup de revers à la raquette en fonte mais ces messieurs du penser-bien ont empli leur musette, jeu, set et match, en moins de temps qu'il n'en fallut pour envoyer les balles. Que du bonheur et c'est ici (cliquer sur l'image):


Le fond de son argumentaire est l'ancillarité de la presse qu'elle traite de "laquais", avec leur goût de l'alarme ad hitlerum et leurs champions bien propres sous les cheveux. Elle plaide pour des contre-pouvoirs à l'hégémonie. Sans le dire mais elle le sait, elle défend la multipolarité de la puissance. On ne peut qu'applaudir puisque l'impérium non contré n'a bénéficié aux hommes qu'un fois sur terre, une seule, à l'époque de l'Empire romain qui mit en musique la supériorité grecque sur Mare Nostrum. Tout le reste de l'histoire est un long hurlement de terreur dans des guerres de conquête ! Puis la bombe atomique vint ! L'espèce humaine théorisa enfin la menace de la foudre jupitérienne qu'elle inventa pendant les RTT de Vulcain. Chacun désormais se regarde, laissant ci et là quelques attardés s'entretuer, et les boutiques ouvrent chaque matin à 8h30, dimanche compris bientôt !

Cette menace de désintégration du noyau, comme disent les assureurs de la trouille, n'a pas prévenu le grand désordre des esprits libérés qui renaissent quand la gangue officielle commence à se fendiller. Ainsi a-t-on des révélations parmi les vedettes à plateaux qui sans sortir leurs tripes, parlent d'eux-mêmes et non plus selon le programme. Inimaginable, il y a seulement un an. L'effet Trump ? Citons Yves Calvi qui accuse réception en direct de l'enfumage des agences dans l'affaire d'Alep, Bruno Roger-Petit qui distingue le Maréchal auquel François Mitterrand prêta serment de la Collaboration à laquelle il ne participa pas, de Pascal Praud qui sur iTélé laisse percer le bon sens tout court à contre-courant, de Sonia Mabrouk qui se lâche en beauté... Et toutes les chèvres retraitées de la vieille presse parisienne, les Levaï, Elkabbash, Okhrent, Sinclair, Labro et autres fabricants de "valeurs" de nous prévenir que "la parole se libère". Ah bon !

A peine la puissance stratégique se redistribue-t-elle entre les continents que le consensus du quatrième pouvoir monolithique se brise. C'est là que ça devient intéressant. Ne cherchons pas qui lance les dés, il n'y a pas beaucoup d'acteurs libres de leurs décisions sur la planète. Zéro même si on inventoriait les contraintes internationales. Mais on distingue des intérêts affirmés et non convergents entre les Etats-Unis d'Amérique, la Chine et la Russie. Le reste joue en division II, III et Nationale. La presse va devoir tout de suite se spécialiser dans l'étude approfondie des trois grands précités pour ne pas se louper devant les réseaux sociaux, et ne plus se satisfaire de petites phrases ou d'informations bidonnées par les communicants ayant leur rond de serviette chez le marquis. Vu le niveau général des stagiaires, il va y avoir des morts dans le journalisme.

Tout ceci pour dire que l'apparition du dictateur Poutine et de l'imprécateur Trump au balcon du monde change du tout au tout les méthodes d'information depuis qu'est déclarée la guerre hybride. Hybride ou triple comme on veut : la guerre ouverte ; la cyberguerre ; la guerre de désinformation. Le prêt-à-penser est cuit ! On est entré dans l'ère de l'infusion, du goutte à goutte. Il faut maintenant que ces messieurs de l'intelligence quotidienne décortiquent l'information servie par les canaux de communication pour en extraire une vérité. De puissants moyens numériques l'altèrent ou la fabriquent, et ne survivront dans la presse de demain que les analystes. Fini les atlas géopolitiques, les instituts de pensée formatés, les sondeurs payés au pourcentage ! Comme on le disait au cabinet de Versailles dans les salons de Vergennes :La plus grande erreur dans le maniement des affaires extérieures est de partir inflexiblement de certaines idées fixes qui ont fait leur temps. A chaque époque appartiennent ses difficultés, les caractères, les incidents qui lui sont propres. Tout vient de changer. Réactivité donc ! Instantanéité du doute, gros doute ! Bienvenue aux Anonymous, aux hackers, au mecs qui en ont entre les oreilles, aux geeks acharnés. Les autres feront Le Jeu des Mille Francs à l'Alcazar de Rodez. Terminé les miquets brevetés de l'école de journalisme, on peut fermer ces structures de propagande qui ressemblent de plus en plus à ce que fut l'Ecole des Cadres du parti communiste ! Tout se fait au garage maintenant, comme le rock ! Les madrasas gauchistes vont se vider. Et qu'en est-il des madrasas royalistes ?

Pour répondre présent dans le domaine de l'information criblée, le mouvement royaliste peut balayer devant sa porte avant que d'autres ne le fassent à ses dépens (Acrimed, Mediapart, Le Canard Enchaîné...) et s'entraîner tout de suite à purger ce qu'il diffuse. Voulez-vous des exemples ? Cherchez et vous trouverez. Tout se vérifie, tout se sait.

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lundi 9 février 2015

L'élixir du service civique


Le grand désordre de notre nation et la sécession d'une partie de la jeunesse résidant dans ce pays ont remis à la mode le service militaire. Ultime remède à l'incohésion, l'embrigadement assorti d'un savonnage des cerveaux semble être le dernier recours de la bourgeoisie régnante pour... sauver les meubles et la virginité capitalistique des héritières. On friserait la caporalisation si tout cela était pris au sérieux. Rassurons-nous, le canada dry du service aux armées est le service civique dans les MJC et autres associations de notre modèle social, utiles du berceau à la tombe. Le service civique fonctionne sur la base du volontariat, ce qui veut dire qu'il ne s'appliquera pas à ceux qui en auraient le plus besoin. Énième coup d'épée dans l'eau pour la "politique de la ville". Il ne pouvait quand même pas être question, comme le demandaient les pizzaïolos de l'UMP, de militariser l'esprit de jeunes gens réputés défavorisés, mais qui - moins empruntés que la moyenne - se prennent en charge en substituant aux tracasseries de Pôle Emploi le commerce d'hyper-proximité en pied d'immeuble.

Il est bien sûr exclu de former des combattants comme on le faisait jadis dans les compagnies de combat d'appelés, compagnies destinées à recevoir le choc des régiments du Pacte de Varsovie déferlant sur l'Europe occidentale. Jean-Dominique Merchet fait un sort au service militaire qu'il n'est pas besoin d'expliquer dès lors que plus de la moitié de la classe d'âge masculine y échappait à la fin par maints subterfuges ; se rendre sur sa page, c'est définitif. On serait très mal barrés à l'époque actuelle du Djihad si on faisait faire un stage commando aux djeunes des cités. Mais laissons cette foutaise de la conscription* aux vibrations des préaux politiques et intéressons-nous aux causes de l'effondrement de la morale sociale sur zone.

Élevons le débat et reprenons ce qu'écrivait André Bridoux (1893-1982) qui était LE prof de philo du Lycée Saint-Louis avant guerre, à propos de l'armature sociale indispensable à la morale :

« Quand les liens sociaux n'existent pas ou sont trop faibles, l'homme reste sans moralité, au niveau du Cyclope d'Homère qui n'a ni le respect, ni même la notion des droits d'autrui. S'il est une idée fausse, c'est celle de Rousseau que l'homme est né bon et que la société l'a perverti. En réalité, pour qu'un homme puisse avoir une conduite morale, surtout constamment morale, il lui faut l'encadrement des institutions et des mœurs, la conscience du contrôle permanent d'autrui, la représentation des sanctions et des organismes judiciaires [ndlr : en résumé... un État], et le secours constant de ce potentiel de civilisation qui est immanent à toute société et qui reste incorporé aux moelles de chacun par l'éducation.
Quand ces points d'appui viennent à manquer ou à fléchir, la vie morale s'altère aussitôt. On le voit bien dans les pays neufs, dans les villes où plusieurs civilisations s'usent les unes contre les autres ; en temps de révolution, de guerre, d'après-guerre ; quand les hommes sont transplantés, en séjour à l'étranger, ou seulement en voyage ».
(Que pourrait-on aujourd'hui retrancher de ce texte publié en 1945 ? Rien !)

Les bataillons de cyclopes à taille humaine qui patrouillent nos banlieues sont les produits de la carence d'État. Ils sont les marqueurs de l'impéritie des pouvoirs qui se sont succédé aux affaires depuis quarante ans, accroissant les privilèges et l'établissement des vainqueurs du jour dans la fenêtre d'opportunité de leur mandat au lieu de gouverner un monde bien trop compliqué pour leurs esprits formatés par "Jean-Jacques" et l'Ecole nationale d'administration. Que croit-on obtenir par le lancement d'un service civique comme une marque de lessive, si ce n'est l'agrandissement des fractures sociales entre ceux dont la fibre civique a besoin de confirmation et tous les autres pour qui le civisme est pure agression de leur bulle personnelle à petit rayon ! Une fois encore, le pouvoir se défausse de ses responsabilités sur un plan de communication et un arrosage budgétaire qui suffiront bien à atteindre les prochaines élections. C'est une honte !

Mais compter, même sans trop y croire, sur pareille classe politique pour réformer et durcir l'État dans son domaine exclusif est une forme de fuite, une lâcheté puisqu'il est maintenant reconnu par la plus grande majorité de ce peuple qu'ils sont en totale incapacité d'agir efficacement. Alors, le peuple qui ne dit mot contre cette absurdité est-il pourri ? Intoxiqué à la défausse ? Bovin ? Il faut le croire et remplacer le coq gaulois de nos emblèmes par la fière autruche républicaine.

Que faut-il faire, me demande-t-on dans l'oreillette. Easy ! Repartir de zéro et recoudre la chaîne (des valeurs civilisationnelles) et la trame (des lois de la république) de l'État régalien sur tout le territoire en supprimant les leurres diversitoïdes qui ne font que distraire de l'essentiel. Appliquer totalement les lois qui gouvernent nos mœurs... comme en Chine et dans cent pays qui n'imaginent même pas qu'on puisse les prendre pour des paillassons. Définir la réforme est simple, il n'y faut qu'une volonté d'application. Faudra-t-il d'autres morts pour y parvenir ? Répondre à cette question met le blogueur en péril. Ceux qui s'en chargeront devront être crédibles, dans le sens où aucun de ceux qui appartiennent aujourd'hui à la classe politique à l'embouche ne pourra être retenu dans cet emploi.

Il est malgré tout possible et certainement utile pour son éducation que la jeunesse donne un peu de son temps aux autres habitants de ce pays avant d'entrer dans sa vie professionnelle, à la manière des Peace Corps américains, mais de là à en faire un outil socio-politique... c'est n'importe quoi, et se moquer de nous surtout.

Même pas peur !


(*) on sait mon aversion de la levée en masse qui n'est qu'un budget de morts accordé au pouvoir.

lundi 14 décembre 2009

Attention à la berlusconisation

Silvio en campagneSur le marché d'images le président Sarkozy est un acteur de poids. L'alpha et l'omega de la démocratie étant le trompe-couillon, tout est bon pour le convaincre, le couillon. A ses frais, bien sûr ; où serait le plaisir sinon. Ainsi, de mauvaises plumes nous dévoilent que la "communication" de l'Elysée est devenu un gros bizness sous le règne du petit reître qui vit son rêve de star. Pour sept millions d'euros par an, cinquante communicants à temps plein organisent l'autofocus présidentiel et déplacent quarante-cinq caisses de matériel de prises et d'éclairage à chaque déplacement de sa majesté [source]. Plus les tabourets en poupée russe.

Ajouté à cela la main mise du pouvoir sur les médias mainstreet par réseau interposé et nous nous retrouvons dans la configuration italienne où le pouvoir médiatique est devenu le pouvoir tout court.
Sauf que !


L'outrance convoque parfois sa copine la violence et qu'un cassage de gueule n'est pas à exclure, à la réserve près que chez nous le "déséquilibré" serait mort ! Je suis allé voir la presse italienne pour qu'elle me parle de ce grand malade. Non, non ! de l'agresseur, Massimo Tartaglia ! tare-ta-gueule en français. Il est soigné depuis dix ans en psychiatrie et la société italienne convient que la popularité ou l'impopularité ne peut absoudre la violence physique. La violence sociale, fiscale ou pénale ? Là n'est pas la question. On est sûr d'une chose : les critiques de la presse peuvent débonder les pires instincts, messieurs les journalistes, retenez-vous, sinon vous serez convaincus de complicité.

sarkozyLes journalistes du Parisien qui ont allumé l'Elysée, posent la question qui tue : « Mais pour quel résultat ? Depuis la rentrée, sa communication [celle de NS] semble grippée, débordée par des polémiques à répétition, démunie face à sa chute dans les sondages. Mezzo vocce, certains se demandent même à l’Elysée si, à trop parler, le président n’a pas totalement brouillé son message…».
Autrement dit, trop de com tue la com.
Surtout quand on ouvre des sujets "grande gueule" comme l'identité nationale et qu'au moment où le débat d'insultes s'installe en préfectures - à ce que disent les fuites organisées - nos doux voisins de la montagne à vaches déclarent à la face de l'Islam conquérant : « Même pas peur ! ».

Berlusconi fut interpelé hier comme "bouffon" par son agresseur. Et pourtant l'Italie est la patrie de la commedia dell'arte. La France est plutôt pire dans son genre.


Une faute d'orthographe, de grammaire, une erreur à signaler ? Contactez le piéton du roi à l'adresse donnée en bas de page et proposez votre correction en indiquant le titre ou l'url du billet incriminé. Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

mercredi 26 août 2009

Bonus à gogos

On a fait fort lors de la réunion des banques à l'Elysée. Les gnomes en soupente ont vendu à l'omnispécialiste le bonus-malus du dioxide de carbone ou des primes d'assurances applicable aux primes des traders. Comme tout ce qui descend des galetats du cabinet noir la mesure sur son épure a des allures d'usine à gaz :
« En réalité, ce système va consister à étaler dans le temps les bonus perçus par les traders. A la fin d’une année donnée, le trader recevra un tiers du bonus qui lui est dû en cash. Les deux autres tiers lui seront versés sous la forme d’actions durant les deux années suivantes. Et ces titres ne pourront eux-mêmes pas être vendus avant deux ans. Au cours des deux ans pendant lesquels le trader attend les deux derniers tiers de son bonus, un certain nombre de critères seront contrôlés. Il s’agira par exemple de vérifier que le bonus perçu correspond bien à un bénéfice ou bien encore de contrôler les conditions de sa performance. Si les critères (dont aucune liste n’a été rendue publique, ndlr) n’ont pas été respectés, le trader peut perdre tout ou partie des deux tiers qu'il lui reste à percevoir. » (source 20minutes.fr)
trader

Le prurit réglementaire français convaincra-t-il les autres places financières lors du G20 du 24 septembre à Pittsburgh ? Poser la question c'est déjà rire un peu. On déteste notre foutoir bureaucratique autant que notre irrésistible propension à donner la voie à suivre. Les primes font partie des contrats de trading et motivent les acteurs qui se défoncent comme des malades pour s'établir dans ce monde ingrat avant l'âge de 40 ans. J'en connais un personnellement à Canary Wharf et son histoire est édifiante. Maîtrise de math en poche, il végétait comme pion à Louis le Grand en attendant que sa recherche d'emploi percute enfin, quand un copain le convainquit de prendre le train pour Londres et de faire le tour des banques. Le master intéressa tout de suite une des grandes banques de la City et il fut engagé au back office pour faire des mathématiques appliquées au marché, auxquelles je ne comprends d'ailleurs rien. Le salaire est copieux et les deux premières années la prime annuelle fut de 200.000 livres sterling. La troisième année, on lui confia le back office de Madrid car c'est un bon, et la prime monta !
Mais c'est du soixante heures par semaines et vingt jours de vacances qu'il passe en plongée au fond de la Mer Rouge ! Chasser le poisson vivant c'est son truc. Il ne mange que du poisson frais, pour le phosphore ! Il sait qu'il n'ira pas jusqu'à soixante ans à ce train, mais qu'il aura une belle maison-piscine quelque part dans le monde libre, et peut-être une gouvernante pour la tenir, une bonne pour ses enfants, une femme normale et de l'argent qui travaillera gentiment dans un paradis tropical. Il suffit d'avoir le niveau et le courage ... et le talent. Pas très communiste tout ça !

Les dispositions de l'Elysée n'intéressent personne pour la simple raison que ce ne sont pas les primes qui ont déclenché la Crise financière mondiale mais tout simplement l'immixion déjà ancienne de l'Etat américain dans les mécanismes de marché. Tout a commencé avec les lois Carter de 1977 qui ont encadré étroitement le développement du marché hypothécaire en forçant les prêts à risque. Les administrations démocrates nous ont mis dans le lac. Obama est sur cette ligne ! Les prêts à taux zéro français aussi. On y reviendra.
Et de tout cela beaucoup conviennent loin des caméras et micros. Mais l'Etat est par essence invasif, dictatorial et en démocratie, bête ! Aussi profite-t-il de toute fissure même momentanée dans l'économie pour glisser son lierre et grossir. Le problème reste toujours l'Etat !

miss Univers 09La mesure prise aujourd'hui à l'Elysée contre les traders est un coup d'épée dans l'eau qui a éclaboussé les écrans de télévision, ce qui était le but recherché. Reste à savoir s'il restait du monde devant l'écran pour avaler l'information, tant les gens se contrefoutent de toute cette agitation qu'ils savent vaine. Miss Univers est vénézuélienne et montre déjà son meilleur profil taille basse (censuré) et sa moue bitchy, ce qui enthousiasme les banquiers cochons. Mme de Fontenay n'aimera pas, mais le comité Miss Univers ne lui demandera rien, sauf bien sûr si elle décide de participer au G20 avec ses clients !


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mardi 4 août 2009

Le piéton est dans le pré

bugs bunnyEn vacances sur la montagne à vaches, j'ai posé la question aux bouseux du secteur à l'heure du vin de messe pour ancrer ma "doctrine" dans la glaise patriotique ancestrale : « Pourquoi prendriez-vous un roi à la place de Sarkozy ? » Franche rigolade !
A la question de revers : "Qui?", j'ai répondu ne pas savoir, mais sûrement un "beau prince très intelligent avec une princesse en rapport. Ça existe !". Vint aussitôt la réaction que le vulgum pecus croit fatale : "Sarkozy nous coûte cher mais un roi nous coûterait une fortune et le pays est ruiné !".
Nenni, tudieu ! Un roi ne coûte pas le quart de ce que mange Sarkozy, son armée de rats-conseillers en soupentes, et sa bande de copains cramponnés à la mangeoire qui se goinfrent nuit et jour. Les chiffres sont établis sur les monarchies du Nord ! Même la vieille monarchie anglaise encombrée de fastes impériaux désuets ne coûte pas grand chose, encore moins rapportée au chiffre d'affaires du tourisme capté par la pourpre scandaleuse des Windsor ! Chez les Rosbifs c'est un super-bizness.
A partir de là, nous avons pu discuter. Je vous en fais une transcription belle infidèle en français facile (pour les colonies)...

Metz¹ : Un roi, sa famille, sa garde d'honneur et ses deux palais (d'hiver et d'été) reviennent bien moins cher qu'un président de la République qui se dépêche de s'enrichir dans la fonction à durée déterminée, doit récompenser ses amis influents par des postes rémunérateurs, employer leurs gosses, et surtout établir socialement sa famille par tous moyens, les plus discrets étant les plus efficaces. Si les crédits élyséens officiels sont très élevés, on va jusqu'à créer un gouvernement-bis avec tout le diable son train, les arrangements discrets de l'entourage sont bien plus onéreux encore. M. Tapie ne nous dira pas le contraire. A l'inverse, un roi de France confond son patrimoine et celui de l'Etat, en ce sens que le sien propre lui échappe au jour de son couronnement. Un roi de France ne s'enrichit pas mais sa politique profite de l'enrichissement général du pays. La situation est plus morale qu'aujourd'hui, et vous avez en prime du prestige, de la culture sans vernis et un domaine touristique renforcé, comme en Grande-Bretagne ou en Espagne.

Aubrac
Conf : Ça reste cher si le roi ne travaille pas et ne fait que glander, d'une commémoration à une revue militaire, d'un enterrement à un dîner de gala, d'une finale de coupe de foot au lancement du porte-avions... Et toute la nichée mange sur la Bête en glandouillant aussi. L'ancien comte d'Orléans² avaient une douzaine de gosses et personne ne faisait rien ! C'est bien d'ailleurs pour les faire bosser qu'il a bouffé la baraque !

Fainess : Oui, bon ! Mais il n'était pas le roi ! Dans certaines occasions, une représentation française conduite par un chef d'Etat permanent aura plus de poids. On l'a vu plusieurs fois avec le roi d'Espagne qui n'a pas grands pouvoirs mais beaucoup d'autorité morale et qui n'envoie jamais dire... Il est difficile de juger de la "rentabilité" d'un roi mais ce qui est sûr, c'est qu'une autorité indépendante de la classe politique ne peut être soupçonnée de favoriser sa propre carrière, et par imprégnation, cela permet de calmer les impatiences et l'avidité des ambitieux dans une exigence de dignité. On en est loin, à voir les voeux publics exprimés par les ministres de Fillon avant le dernier remaniement !

Metz : Réaction normale à l'encan ! Dans la mesure où le sommet de l'Etat n'est plus aux enchères électorales, il est libéré de la lutte au couteau pour le "pouvoir". Non ? Et donc protégé de la plupart des ambitions personnelles qu'elle charrie. Ne resteront d'attaque que les vizirs qui veulent être calife à la place du calife. Il y en aura toujours, mais deviendront très visibles.
Si le sommet de l'Etat est retiré de la lutte, le personnel politique va naturellement se spécialiser sur des secteurs plus précis, transports, sécurité, droit du travail, finances, industrie, etc. car les emplois politiques seront technicisés. Le nouveau système donnera une prime à ceux qui savent plus qu'à ce qui disent bien.
On peut aussi continuer la pérennisation en sortant deux ou trois grandes fonctions du cirque électoral, pour leur apporter le même avantage de stabilité et expertise : comme le garde des Sceaux, le chef de la diplomatie (il faut du temps pour aboutir sur ces questions étrangères), voire le chef de la police. Ces gens-là pourraient former une sorte de conseil privé du prince pour assurer à la Nation à moindre frais une justice qui marche droit, une police intègre qui protège et une diplomatie professionalisée qui voit loin. Ce sont les fameux pouvoirs régaliens. Reste à bien choisir ces ministres ! Dans un vivier de compétences académiques et d'expériences plutôt que dans les haras des partis politiques !

De plus, si on remet au roi et à son conseil le domaine des pouvoirs régaliens, en gros celui que De Gaulle s'était constitué, on extrait toute la pointe de la pyramide étatique de cette guerre civile permanente "gauche-droite-extrêmes-centre", et diminuent d'autant les dérives budgétaires et le clientélisme ruineux qui achètent les voix et aboutissent à une Dette colossale. C'est tout bénef !

piémont d'Aubrac
[......]
Conf : Vous dites, Metz, que les pouvoirs régaliens sont la justice, la police, et la diplomatie. Donc le peuple n'aurait plus rien à dire dans ces trois domaines politiques ?

Fainess : La diplomatie est un truc compliqué dont les gens n'ont aucune carte en main, et qui se passe en coulisses. Depuis que le service militaire est supprimé, la défense est devenu là-aussi un truc d'experts. Par contre, je vois mal retirer la parole aux gens sur les questions de justice et de police.

Metz : C'est vrai. Il y en a un quatrième : la guerre, pudiquement nommé "Défense", bien que ce ne soit pas vraiment la même chose. Police ? Qu'attend-on que dise l'Opinion sur la police par exemple ? Quelle fasse son métier en respectant les lois et qu'elle assure la sécurité publique partout. Faut-il remettre en jeu à tout moment ce pouvoir particulier pour atteindre une sécurité normale ? L'Intérieur doit-il protéger d'abord le parti du président en ne fâchant personne, ou protéger les citoyens ? Il semblerait que le système actuel qui fait se succéder place Beauvau des ministres doués pour les déclarations télévisées mais surtout coincés par l'impact électoral des mesures souhaitables, n'ait rien donné de bon depuis trente ans que ça dure :
Des quartiers entiers du territoire sont devenus des friches judiciaires où n'entrent plus les services publics, ni flics, ni pompiers, ni Samu. Chacun sait la réponse - éradiquer 400 chefs de bandes français et expulser ceux qui ont une nationalité étrangère - mais le prix électoral est trop élevé, à cause de marges électorales trop étroites (les partis basculent dans l'opposition sur quelques pourcents).
Un "lieutenant de police" nommé et guidé par un prince qui doit veiller à l'intérêt général, peut aboutir dans cette affaire bien mieux qu'un ministre sur le siège éjectable du prochain "remaniement", qui va passer ses matinées à scruter les réactions de la presse. Enfantillage des sondages.

vache rouge de salers
Fainess : D'accord ! Et c'est un peu la même chose pour la justice. Si elle doit être indépendante, il n'est pas utile de la faire dépendre même indirectement de l'électorat qui au bout du compte est très manipulé par les partis, la presse et les lobbies en tous genres. Surtout la presse qui fabrique des coupables en veux-tu en voilà, main dans la main avec la PJ locale. La Justice est en remorque de l'Opinion, elle même influencée par les médias. C'est Outreau, mais c'est aussi Baudis à Toulouse ou Chouraqui à Marseille... les bavures médiatiques sont fréquentes. Une justice propre, une police propre, ne peuvent fonctionner sous la coupe de l'Opinion et des pouvoirs politiques que le régime actuel lui consent !
OK pour les pouvoirs régaliens ! Dégage, la démocratie de la pyramide !
[rires francs]
Conf : S'il y a plus de démocratie directe dans les domaines de la vie courante, je serais aussi d'accord. En fait - et on est en pays d'élevage - faudrait passer un marché entre votre roi dans son domaine réservé, sa garde emplumée et son carrosse ciré, et tout le reste du domaine public. On vire les politicards et on vote la politique. Tope là !

Metz : C'est tout à fait ça ! J'ai bien fait de me lever ce matin ! La démocratie renforcée dans tous les étages subalternes en laissant l'essentiel national (ndlr: le domaine régalien) en dehors de la dispute démagogique ! Un penseur royaliste a même lancé un slogan monarchiste terrible : "l'Anarchie plus Un !". Personnellement je serais assez pour une organisation territoriale proche du modèle des cantons suisses avec des votations fréquentes sur des questions qui intéressent vraiment les gens, et pas sur des utopies complètement inaccessibles comme la constitution européenne en cinq volumes, le redéploiement des bases stratégiques françaises dans le monde et pourquoi pas l'indépendance de la Polynésie.

logo Confédération paysanneConf : Il y a beaucoup à réformer au niveau local si on veut une démocratie de base. Les questions intéressantes sont débattues dans des cénacles de copains du même parti et rarement sur la voie publique, sauf si on a incendié la sous-préfecture ! Si l'on peut encore faire passer des idées dans un conseil municipal, on voit vite qu'au niveau au-dessus, le conseil général est retranché derrière le rempart des partis politiques. Approcher un conseiller général est très difficile en dehors des élections cantonales, et de toute façon sa conduite sera dictée par son parti ou par la politique clientéliste du président de son assemblée. Au niveau régional c'est encore pire, les conseillers régionaux sont inaccessibles directement puisqu'ils ne sont pas issus d'un vote nominal mais d'un scrutin de listes, et qu'ils doivent donc leur propre place au chef de liste et pas à l'électeur.

Fainess : Par contre pour "communiquer" et se vanter, ils claquent des millions, alors qu'on ferme partout des bureaux de Poste qui ne coûtaient pas grand chose ! Si vous avez entendu le cours³ de politique de Georges Frêche vous saurez tout sur la mascarade actuelle et la création de fiefs.

Metz : Les partis sont inarrachables en pays gaulois. Il en pousse un par jour ; il en meurt autant. Par contre, on peut organiser le paysage institutionnel pour en bloquer les effets les plus néfastes. Déjà, en détruisant les procédés d'agglutinement que sont les primes aux majorités relatives qui sont données au premier arrivé pour avoir un parti dominant dans une assemblée. Ainsi, sur un socle électoral de 15% au premier tour d'un scrutin majoritaire à deux tours, le chef de parti qui a rallié des adversaires contre la promesse de postes juteux, arrive au pouvoir au second tour avec une majorité de sièges. Ce pouvoir local est certes légal mais compte-tenu de l'abstention, il est illégitime (15% moins 25% d'abstention par exemple donne un socle d'inscrits de 11,25%, ce qui est ridicule).
Le seul système légitime est la proportionnelle intégrale qui porte à l'assemblée locale ou régionale toutes les opinions exprimées, à charge pour les élus de s'entendre, à défaut de quoi ils devraient être déchus de leurs fonctions pour la durée de la mandature au motif d'incompétence dans l'exercice d'une saine démocratie.
Pour responsabiliser les élus, on pourrait aussi réinventer la mise sous séquestre des biens personnel de certains postes politiques le temps de la fonction, interdire le cumul des mandats pour renouveler les effectifs, et supprimer systématiquement le sursis pour les peines de corruption. La vraie démocratie est à ce prix.

Conf
: Bon ! Il arrive quand ton roi qu'on se marre un peu ?

Fainess : Faut pas rêver ...

l'oeil fardé d'une aubrac
Ce fut un débat populaire ........ pas du tout !
Ce billet est une "fabrication" de ce qu'il serait souhaitable d'entreprendre pour une communication active. Mais, sauf entre amis, voire gens du monde, il est extrêmement difficile d'ouvrir une fenêtre dans le mur mental des idées reçues. Et la monarchie est toujours un "vieux truc" en France. Il nous reste à espérer que les chapelles travaillent au renversement de ce mur, dans leurs universités d'été par exemple. Tant que nous n'aurons pas banalisé l'idée monarchique, le combat de conviction se brisera sur des a-priori. Il faut dire quand même que jusqu'ici nous n'avons pas été spécialement aidés par les requérants, encore moins par la Providence qui a placé au milieu du chemin un bas-clergé hostile.
Mais est-il interdit d'espérer ?


Note (1): Caricatures : Metz est l'artilleur de service ; Conf : le paysan bio aux cheveux longs de la Confédération paysanne ; et Faines : le productiviste FNSEA, ami de Monsanto.
Note (2): [censuré : "celui qui était parti avec la bonne"] le convive désignait là le défunt comte de Paris.
Note (3): La prise de son de ce cours est en ligne par ici.



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roue-libre

mardi 26 mai 2009

Presse papier

martin masse du québécois libre
Les publications sur support de bois mort sont en déclin accéléré partout dans le monde et jouissent de moins en moins du monopole de la pensée correcte et officielle qu'ils partageaient il n'y a pas longtemps avec quelques grands réseaux de télévision. Soyez certains que ça écoeure royalement bien des éditorialistes et chroniqueurs de journaux d'avoir à partager le terrain de l'analyse et du commentaire avec des blogueurs «non professionnels» et autres nouveaux médias de plus en plus nombreux et critiques, dont certains n'ont pas peur de remettre radicalement en question les «consensus» du petit monde de l'establishment médiatico-politico-universitaire (Martin Masse sur LQL).

C'est si vrai que nos politicien(nes) s'émeuvent que n'importe qui hors du contrôle de la "profession" puisse dire m'importe quoi que tout un chacun peut lire ... sans payer, en plus ! Ces orfraies persistent sur la nécessaire infantilisation de l'Opinion, incapable de jugement, qui, s'il lui advenait d'émerger à la conscience sociale et politique, rendrait inutile l'intermédiation de nos représentants élus ou non. Nous n'aurions plus besoin de Nadine Morano pour comprendre le monde de la famille ! Les journalistes sont sur la même longueur d'ondes, qui parlent de labéliser les blogues ; lire : "normaliser", "autoriser", "sanctionner", "récompenser", "détruire".

Si l'endogamie complice touche à sa fin dans le monde anglo-saxon - voir le dynamitage surprenant du parlementarisme britannique chez la Mère de toutes les démocraties - elle a de beaux restes en France où on appelle le contribuable à abonder au tonneau des Danaïdes de la presse qu'il ne veut plus lire. Sans doute le sauvetage participe-t-il de la préservation réflexe d'un "patrimoine" dans un pays sans projet. Or ce "patrimoine" s'avère médiocre pour ne pas dire pire dans bien des domaines.
'ti dèj et wifiSi vous avez un secteur que vous possédez à fond, vous pouvez mesurer l'écart de pertinence ou compétence entre les réalités et le discours du grand noeud volant qui s'en saisit dans votre journal préféré. Qu'apprend-t-on dans les écoles de journalisme pour que les jeunes professionnels soient à ce point nuls ? Le débat européen préliminaire aux élections du 7 juin mené dans la presse est du niveau de Détective ou du Crapouillot. Celui sur l'OTAN qui le précéda fut affligeant de banalités. Les journalistes courent à l'Audimat sur injonction de leurs rédactions et, comme il n'y a pas cent recettes pour obtenir les chiffres, le mimétisme fait rage, surtout dans l'audiovisuel qui aimante toute la limaille d'usinage d'une médiocrité impossible. Et les quelques exceptions comme la chaîne parlementaire ou Arte, de nous surprendre agréablement !

Internet et les radios d'actualités en boucle ont ringardisé les supports papier et plateaux dès lors que les nouvelles ne le sont plus tant que ça. Le bulletin radio de 06:30 me dit l'essentiel. La consultation de quelques fils "rss" complète l'information quotidienne avant 08:30 et quand je passe devant les kiosques, je sais déjà tout ce que les titres de la presse du matin me proposent. Deux unes pourront attirer mon attention, celle traitant d'un phénomène local, celle traitant d'un domaine spécifique qui excite mon impatience. Tout le reste a jauni.

Ainsi la presse nationale ne tire plus les jours fériés pour des motifs comptables, et recule-t-elle chaque mois, non sous la concurrence des gratuits puisqu'ils stagnent, mais sous la pression de l'indifférence. Le support et son mode de diffusion (nmpp) sont obsolètes. Et j'ai réalisé il y a quelques années que je ne lisais de quotidien avec avidité que le matin au petit déjeuner dans un hôtel à l'étranger ! Reste la question des contenus évoquée par l'amorce de ce billet.

Diplo et chocolatQui vais-je étonner si j'avoue qu'une demi-page d'Alliot-Marie ou de Kouchner dans Le Figaro me laisse froid. Les grands journaux sont friands d'entretiens et d'analyses fournies par des détenteurs de pouvoir ou des stratèges. Est-ce à dire que leurs journalistes ne peuvent plus emplir leurs colonnes ? Thèse, antithèse, synthèse critique, c'est un peu ce que l'on attendrait d'eux. Etre intelligents à notre place. Sur le fond, nous demandons au journaliste de penser pour deux, pour mille, cent mille, pour notre confort, et d'être donc un peu plus éclairés que nous-mêmes. Sauf quelques éditorialistes ronflants qui jouent un jeu toujours équivoque, la masse rédactionnelle déversée chaque matin en ville est du cirage de pompes, adroit certes, mais astiqué ! De toute manière pour accéder à l'information qui rapporte il faut être encarté au club.

Pour un parti politique, le champ de la communication est plus attrayant que jamais quand les possibilités foisonnent dans l'innovation permanente. Les résultats modestes que nous retirerons d'une participation à la campagne européenne qui dévore les énergies, nous convaincront-ils de lancer un grand portail de presse et le quotidien électronique qui va avec ?



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mercredi 4 février 2009

Convergeons au portail

portail n°1Les Assises du Royalisme semblent reportées pour cause d'incompatibilité de trajectoires des participants pressentis, si j'en crois le poulet de Gérard de Villèle en commentaire du billet "Ponter la Querelle dynastique". Si le résultat des Assises annoncées par Les Manants du Roi dans leur communiqué du 9 novembre dernier, est une déclaration fondamentale, je n'en suis qu'à demi surpris ; car rien ne coïncide, tout est disparate dans la mouvance royaliste, comme sous l'Ancien régime d'ailleurs.
Nous subissons "l'anarchie fondamentale" gauloise. Gallia, patrie des présidents et des petits fromages ! La myriade de cercles royalistes ne précipitera jamais dans une fédération unique comme on pourrait en rêver après moult libations. Par contre, ...ils peuvent être appâtés par un outil professionnel en accès libre (ce qui ne veut pas dire gratuit) destiné à  booster leur agit'prop. Cet outil fonctionnerait comme une usine de communication, implantée de préférence dans le secteur marchand tant je me méfie du bricolage associatif. Les divers acteurs communicants pourraient s'y abonner ou venir à la carte quand ils y auraient intérêt.

La mission (voir ci-dessous) de l'Usine royaliste n'empièterait pas sur les objectifs des diverses structures clientes, pas plus d'ailleurs qu'elle en assumerait de responsabilité sur leurs résultats, si elles décidaient une politique de résultats (gros mot au Roycoland). Elle se cantonnerait à  leur fournir l'outil de communication le plus performant du moment. On continue ?

Cette mission se résume à sortir la communication du mouvement royaliste des ghettos et cryptes où elle s'étiole pour la monter au soleil de mainstreet¹, en adaptant son accessibilité à une consommation grand public, sans intervenir sur le niveau de communication de chacun.

arch linux au lys
Voulez-vous faire un large mailing annonçant une grande manifestation, une conférence de haut niveau, un simple café politique, une excursion à Dreux ou à Goritz ?
L'Usine prend votre texte, le diffuse par ses logiciels de mailing électronique sur les populations destinataires ciblées. Elle l'inscrit en même temps sur l'agenda public de son site. Elle l'affiche en première page si vous en convenez.

Voulez-vous faire du buzz médiatique par un débat Internet sur une question de société qui vous semble incontournable ?
L'Usine ouvre un forum temporaire dédié à  cette question et lance les convocations, place les filtres et modère le forum par un administrateur neutre qui n'intervient pas dans la discussion.

Voulez-vous peser sur un débat extérieur ou sur un sondage décisif ?
L'Usine bat le rappel des royalistes intéressés sur ses listes, contrôle le niveau d'interventions sur la cible, et rend compte.

Publiez-vous un bulletin, un journal, une revue ? Souhaitez-vous accroître vos abonnés ?
L'Usine publie en bonne place sur son site pendant un temps convenu votre éditorial ou le billet important de votre livraison, et fait une campagne d'abonnements. Vous pouvez acheter aussi un encart publicitaire à prix modéré.

Désirez-vous connaître l'actualité du jour, dans les aspects intéressants sous un angle royaliste ?
L'Usine tient à  jour en continu un portail d'actualités générales qui crible la masse des nouvelles en fonction de leur intérêt royaliste. Elle référence son portail sur les moteurs de news comme Google et Yahoo.

Avez-vous besoin rapidement d'un texte impliquant l'érudition, l'inquiétude ou la sérénité royaliste ?
L'Usine active son moteur recherche en bases de données et vous affiche le texte à  l'écran.

Voulez-vous monter un dossier complet en accès libre sur votre programme politique pour soutenir votre communication ?
L'Usine dérive et gère pour vous un site ad hoc qui va recevoir les articles construisant le dossier et elle administrera vos archives correspondant à ce dossier.

Souhaitez-vous diffuser sur Internet tout ou partie de votre journal papier ?
L'Usine dérive et gère pour vous le site ad hoc, sous votre propre titre de publication.


radeau de la cohabitation

Comment cela se présenterait-il à  l'écran ?
Comme un site de presse avec une cascade de pages, les exemples abondent.
Le squelette de Rue89 est à  étudier.

Qui accède ?
- Tout le monde lit les articles, les actualités, l'agenda, voit les affiches, etc...
- Un accès restreint (e-mail + MDP) permet de naviguer dans les archives, dossiers, forums, etc...
- Un accès pour les abonnés payants (ID + MDP) ouvre les outils de communication dédiées, dont on a parlé au début de ce billet.

Moyens ?
- Un professionnel d'Internet ayant une expérience "presse", rémunéré.
- Une équipe de quelques permanents bénévoles défrayés au départ, rémunérés plus tard.
- Des équipes éphémères appartenant aux "clients", convoquées au coup par coup pour des missions calibrées.

Ressources ?
- publicité Internet
- abonnements des clients
- prestations ponctuelles pour les non-abonnés
- carnet mondain
- sponsors (IMRF, IMB, GDF, UCLF, l'Oréal, BOD, BNP, Hugo Boss, Hugo Chavez, etc...)
- goodies (montres à logo, tee-shirts, bijouterie, chèches, casquettes, nunchakus, cartes et faire-part...)
- commissions de relais de librairie sur rue (Pélican Noir, Seycher), ou en ligne, comme le système Amazon
- dons & legs :)

Format médiatique ?
- Trouver un nom qui claque, plutôt court, non connoté : ABAQUE, ADMONT, CAROUSEL, CROWN, ESTORS, FEELINGS, GRU, ISSUE ... (Les mordus d'ancien français se plairont à consulter ce vieux dictionnaire).
- portail d'actualités générales quotidiennes et criblées
- abonnement agence ou pas ?
- volet "portail de presse" orienté vers le royalisme grand angle
- rachat des archives Vexilla Regis :)

Format juridique ?
A débattre. Site immatriculé au RCS de Paris. Une déclaration CNIL est obligatoire pour les listings.


Remarque : Qu'importera dès lors la couleur du chèche de chacun, les motivations discrètes ou publiques des participants, leurs ambitions ou l'absence d'ambition, ils convergeront sans se voir à  un guichet commun ouvert au seul bénéfice du service rendu (en aveugle). Peut-être qu'un jour naîtra de cette "collusion" indolore une certaine complicité de démarches positives qui pourraient bien être dévoyées de leur azimut originel vers des axes parallèles, avant que la Providence qui ne dit rien mais qui voit tout, ne déclare avant le XXIIè siècle la fusion nucléaire des royalistes, pour le 21 janvier 2093 par exemple.

chèches
Souhaitez-vous apporter de meilleures idées ?
N'hésitez surtout pas à  le faire, c'est la première ambition du présent billet.
N'hésitez donc pas à  critiquer cette proposition, dans le bloc de "commentaires" ci-dessous, ou à  envoyer des messages sur royalartilleriearobasefreepointfr.

A vous lire donc !

Vive le roi, quand même !





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lundi 23 juin 2008

8°GLR d'été

pont et quaiCe Vidourle qui sourd de la montagne à St Roman de Codières recevra-t-il quelques pièces de nickel sous le pont de Sommières le 31 juillet ? Des âmes simples peuvent croire que le torrent de France le plus médiatisé exauce les vœux des « pécheurs ».
C’est au Cart de la rue Emilien Dumas que les Manants du Roi organisent un séminaire pour ne pas dire une retraite, consacrée à l’échec. Un article très complet fait la présentation de cette session 2008 du GLR, le Groupe de Liaison Royaliste : cliquer ici.
J’y ai lu que « les positions des différents courants royalistes se sont incontestablement décrispées ces dernières années et même si quelques tentatives d’actions communes n’ont pas eu le succès espéré, elles ont eu le mérite de permettre la multiplication des contacts et des rencontres. Les jeunes notamment n’épousent plus les querelles de leurs aînés et aspirent à développer les synergies nécessaires ».
Après ce qui s’est passé au siège du Centre royaliste d’Action française et Place des Pyramides, je doute que la décrispation soit intervenue après la session 2007, même si des évènements graves ont eu lieu au Roycoland : mort de Serge de Beketch, mort de Pierre Pujo, jet d’éponge d’Yves-Marie Adeline, etc.

BoutangMais indéniablement se pose la question d’expliquer au fond les causes de « la quasi-inexistence du royalisme dans le paysage politique et médiatique français ». Au-delà des histoires inter-chapelles, cette parthénogenèse continue de la vieille AF, au-delà de la querelle dynastique qui, à mon avis, prend des tours plutôt que ne s’apaise, le problème numéro un est de remettre en marche l’horloge du royalisme qui me semble arrêtée à la mort de Pierre Boutang (1998) pour ne pas remonter plus avant.

Si l’idée monarchique n’a plus que droit de cité dans les caricatures de pouvoir, sa pensée dans sa forme politique épurée, son poids à sec, ne mord pas non plus sur l’Opinion ! Est-ce ce manque d’écho, mesuré dans ses résultats de campagne, qui a découragé le président de l’Alliance royale, trompé par un sondage douteux dans son analyse du spectre politique ? Nous aimerions le savoir.

La propagande est plus que jamais nécessaire, mais il faut tuer le père d’abord car il l’a envahie, par le labeur inlassable et quelque part magnifique des cénacles universitaires savants, mais déconnectés de la réalité politique et peu adroits dans l’action ! Sortie du microcosme monarchiste la relation à Charles Maurras est d’un poids écrasant, non pas tant d'une doctrine politique complètement oubliée du public, sinon mal comprise, mais pour une erreur d’enthousiasme à la fin de sa vie qui lui fit choisir le camp condamné ensuite. Dommage pour la nostalgie, mais la cause royaliste a besoin d’avancer ; les défis sont devant et pas derrière ! Extraire le texte du contexte, disent certains. Je préfèrerais la formule « assimiler complètement le texte et son contexte, en faire une culture intime, et comme aurait pu le dire Edouard Herriot, les oublier dans la construction de toute démonstration ultérieure ».
A refuser cet aggiornamento, on se retrouve dans la situation d’un journal historique de combat détourné vers le commémoratif, qui relie inlassablement l’actualité à une grille de lecture établie il y a près de cent ans, dans un monde qui a fait plus de chemin depuis lors qu’il n’en a parcouru depuis la chute de Constantinople.

YMA au marché du 7°Reste la question qui fonde toute l’action du GLR : sommes-nous capables d’unité ? Le mois prochain s’ouvrira donc la 8° session du GLR, et la question est officiellement à son ordre du jour. C’est déjà y répondre.
Je ne crois pas l’unité possible ni suffisante. Dit en passant, pour défendre son champion, il n’est pas exactement utile de dénigrer celui d’autrui puisqu’un jour, comme dans les primaires américaines, il faudra converger tous ensemble vers Reims !
La plus sûre façon de l’obtenir serait que la maison cadette prenne son rang, mais de mon point de vue, au ras du piéton du roi, c’est de notoriété dont la cause royaliste a besoin, et celle-ci peut être obtenue « par tous moyens même médiatiques » pour paraphraser le Martégal. L’unité serait un plus, si elle ne réduit pas une riche diversité, mais au stade d’avancement de ce projet de ré-ensemencement de l’Opinion, elle n’est pas primordiale, et ne mérite pas qu’on y consomme beaucoup d’énergie. C’est aussi un syndrome gaulois que de s’enthousiasmer de l’unité, pour, revenu au village, faire chacun pour soi tout son contraire.

Tant que l’offre monarchiste n’aura pas renversé le mur d’indifférence publique, la démarche d’unité sera prématurée car l’accession restera impossible, sauf dans des démonstrations vaseuses d’arrière-salle auxquelles je ne participe plus depuis longtemps. L’offre doit être résolument modernisée dans son contenu, sa présentation et ses vecteurs. Chacun comprend ce qu’on entend par là.

Pour finir sur une note politique, si la devise proposée « REFONDER LE ROYALISME POUR LIBERER LA FRANCE » cible une déclaration d’indépendance du pays par rapport à l’Union européenne, je crains beaucoup que nous ayons choisi le plus beau combat perdu d’avance de ce nouveau siècle. Mais que sert-il d'espérer s'il s'agit d'entreprendre !

flamme des Manants
Du 31 juillet au 3 août 2008
8° session du Groupe de liaison royaliste
Le Cart – 31 rue Emilien Dumas
30250 Sommières


Le tarif et le bulletin d’inscription sont attachés à la fin de l’article des Manants du Roi avec tous les moyens d’accès et de contact.

Vive le roi !



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mercredi 14 mai 2008

Africa works !

Barack Obama fait la couverture de Time Magazine et d'Africaworks. Sur la seconde, Martin Luther King est en incrust et l'on rêve du premier président noir d'Amérique ; sur la première, on le donne gagnant ; du moins pour l'investiture démocrate. Les politologues américains les plus affûtés le donnent vainqueur ultime de la course présidentielle.
l'ane démocrate ruantLe jeune sénateur de l'Illinois est une véritable éponge politique qui apprend le métier en dormant. Parti dans l'affaire comme un étudiant monté en graines que les books de Londres ne cotaient pas contre l'expérience du sénateur Clinton de New York, candidat de l'establishment wasp qui souhaitait passer à la postérité comme celui ayant mis le pied du premier président féminin des Etats-Unis à l'étrier, le "nègre alibi" du parti de l'Âne les a tous enfumés.
Nous n'allons pas refaire le script mais relèverons deux approches stratégiques différentes entre Hillary Clinton et Barack Obama :

Le Clinton Happy Team a répété ses campagnes antérieures, et sûr de l'expérience accumulée, a construit une équipe de fidèles, prédestinée à les suivre à la Maison Blanche.
Barack Obama est parti de la feuille blanche !
Plus jeune d'esprit, il a eu l'intuition d'une campagne de dons style PayPal qui l'ont mis à la tête d'une véritable fortune en cash, immédiatement disponible. Mais plus que tout, il a été un candidat extrêmement réactif, appliquant au mot près la devise de Saumur : "si vous faites une connerie, faites-la vite !". Ainsi s'est-il quelquefois trompé, mais loin de perdre son temps à se justifier auprès de ses collaborateurs ou des journalistes spécialisés, il a rectifié. Même l'épisode du révérend Wright, "American chickens come home to roast", a été retourné de manière professionnelle et subtile.
C'est un bon candidat.

McCain HanoiSera-t-il un bon président ? On ne peut dénier au système américain électoral de sélection d'être très éprouvant pour l'intelligence et la résilience du futur président, même si parfois des QI médiocres parviennent à passer par surprise grâce au principe démocratique de choix du chef. Suivez mon regard !
Avant d'emménager à la Maison Blanche, il devra battre le vieux requin McCain qui fait le rallye des rednecks et autres Joe-six-pack, les plus susceptibles de reconduire GW Bush aux affaires s'il leur était possible. Il est le zélé continuateur de la vieille politique hégémonique qu'il critique chaque jour impair. Fils d'amiral et le faisant savoir à ses supérieurs, il n'acquit de notoriété qu'après s'être fait descendre par la DCA tonkinoise au retour d'un bombardement de Hanoï. Les blessures aux jambes furent causées par un défaut ou une fausse manoeuvre du siège éjectable. Le reste est légende, et il n'est pas de héros magnifique qui bombarde les populations civiles aux bombes à billes. C'est ce que pensait François Chalais qui l'avait visité alors à l'hôpital.

Son site de campagne ouvre sur sa photo de prisonnier blessé alité, photo légendée par lui-même comme celle du courage et du vrai héros américain ! C'est finalement son seul capital politique. Que devraient dire tous les fantassins rescapés des fosses à tigre, blessés et contraints aux marches forcées dans la jungle putride pendant des semaines ? Rien, ils ne sont pas fils d'amiral. Pas plus intelligent que le président actuel, habile à se créer de la publicité en prenant ses amis à contre-pied, défenseur instinctif de l'uniforme qui fait partie de son jeu de cartes, il aura fort faire contre l'animal politique Obama qui conquit son siège de sénateur grâce à la conjonction rare du bizness juif libéral du lac Michigan et des fermiers blancs de l'Illinois méridional. Mais la masse des esprits simples, distingués dans les Béatitudes, pourrait encore l'emporter et "nous" repasser le plat du Cheneyland.

Afrique en iceberg
Avec le ralliement des électeurs non noirs qui apprécient le bagage et son ton universitaires, Obama, s'il n'est plus seulement le candidat des blacks aux Etats-Unis, est devenu l'espoir de toutes les communautés noires du monde. C'est le message que passe dans ses colonnes Africaworks pour qui le démocrate, bien au-delà de son charisme naturel et de ses origines intéressantes, est un rassembleur armé de bon sens au-dessus des couleurs. United Colors of Benetton ? Bien évidemment, Alessandro Benetton est, je pense, partie prenante de cette revue puisqu'il soutient activement "Birima", banque de microcrédit associée à Africaworks.

Sambe Lo, directeur de la publication, a eu la courtoisie de m'adresser un mot de remerciement pour l'entrefilet concernant Africaworks dans le billet sur la TICAD paru sur ce blogue. J'ai reçu ce matin le numéro 2 de ce bimestriel de qualité, qui pourrait nous montrer la voie.

Soixante douze pages, 3€, une préhension équivalente à celle des hebdos classiques, papier glacé 20x27, charte graphique classique, mise en pages soignée, photos nombreuses, pubs. La revue est "all black" car c'est le fonds de lectorat ciblé.
Voici les pubs collectées :
- Air Sénégal, 2ième de couve
- Benetton, 2 doubles pages
- Yema (montres), 1 double page, visuel très technique
- Fréret-Roy (horlogers à Paris), 1 pleine page
- Air Burkina, 1 demi page
- Banque ouest-africaine de développement, 1 pleine page
- Gadaye (promoteur immobilier sénégalais), 1 pleine page
- Dakoun.com (tek design), 3ième de couve
- France24, 4ième de couve qui a donné l'image "iceberg".
Par contre leur site "www.africaworks.net" doit avoir été marabouté par un concurrent, il ne s'ouvre toujours pas !

pêcheur BirimaLe projet rédactionnel est aussi transparent que pourrait être le nôtre : "Africa works !" veut dire en anglais : l'Afrique, ça marche ! Et pour ne pas trébucher en marchant, on regarde devant soi. Sur les 62 pages de rédactionnel, il n'y a que le dossier de 5 pages "Martin Luther King" qui évoque le passé, en contrepoint de l'article sur Barack Obama.
Editorial lucide de Sambe Lo couvrant toute la livraison, analyse de l'actualité internationale et française, reportages sur les sommets africains récents, perspectives concrètes de développement, prospective. Pas de rétroviseurs. Et figurez-vous que ces gens-là n'en sont pas morts ! Prenons-en de la graine, même si l'expérience est une luciole vietcong en cage, portée dans son dos, qui éclaire le suivant mais pas vous-même.

Avec un clin d'oeil, je termine sur le roman de Mariama Barry "Le coeur n'est pas un genou que l'on plie" à la NRF (17€). Le parcours d'une toute jeune fille contrainte de se prendre en main et qui résiste aux coutumes ancestrales et aux malversations humaines... C'est, dans la Guinée de Sékou Touré débordant d'armes, de slogans, de bidets et de chasse-neige envoyés par le Comecon, l'histoire, au style transparent plein d'ironie, de muette tendresse et d'humour, d'une Candide rusée dont voici quelques titres de chapitres balisant et sauvant la vie d'une éducation socialo-ubuesque :
mariama Barry« La tête sans savoir portera les fardeaux... La chance est au bout des pieds... Nul ne connaît l'histoire de la prochaine aurore... La pointe de l'épine se forme quand l'arbre est jeune... Il n'est pas meilleure cohabitation que les dents et la langue... N'ayant rien payé pour son physique, on n'a aucun mérite s'il est beau... Voir la panthère et prétendre l'ignorer, c'est s'attendre à ses griffes... L'héritier d'un noyé ne doit pas jouer sur les rives... Quand toutes les barbes prennent feu, chacun s'occupe de la sienne... » (source Gallimard). Et dans un monde où l'être humain vaut moins que l'âne qui le porte... elle ne se prend pas pour un écrivain !

A notre tour disons donc "le roi ? ça marche !" et lançons-nous sur le marché professionnel de la politique, dès fois que de bonnes fées se pencheraient sur le berceau au soleil de la cour des grands.


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samedi 24 novembre 2007

Diplomate au possible !

François-Georges PicotMonsieur Kouchner est l'ami de toute la planète, à se précipiter sans retenue sur ses alter ego pour les serrer dans ses bras, sous le regard des caméras surtout. Ainsi, par cette gesticulation, nous sommes l'ami du monde entier ! Et quelques gesticulateurs précoces de nous imiter et embrasser à tout va. Bizarre, ils sont tous très marqués à gauche. Notre président aime bien les effusions lui aussi. Nous sommes gouvernés par des coeurs chauds. Toujours les Enfants de la Télé. Au conseil des ministres, il leur manque Pierre Tchernia en commandeur muet, amusé mais muet !
...

Le Protocole a-t-il prévenu la délégation que les Chinois détestent les bisous, un geste de folles à cage, c'est épidermique chez eux, la bulle est inviolable, ils vont souffrir de notre chaleur. Mais si nous plaçons un ou deux TGV, une ou deux centrales nucléaires et une ou deux frégates, tout leur sera pardonné. La France y va avec un agenda à géométrie variable, la Chine reçoit sur un agenda carré dont on ignore trois coins sur quatre. Les touristes chez les professionnels ! Les chemises à fleurs chez les cols cassés. Mais qu'importe le voyage aura été un succès, comme tout ce qu'entreprend le shadow cabinet de l'Elysée, tout est question de "com". On leur devra un jour le lever quotidien du soleil !

De "com", pas tout quand même ! Beyrouth est une grosse déception ; et le chef du Quai de clamer partout son innocence. Il les a tous vus, dix fois. Ca n'a servi à rien ! Il n'a servi à rien. La France n'a servi à rien. Comment pourrait-il en être autrement après la diplomatie calamiteuse de l'ère Chirac, fondée sur le copinage, pour ne pas dire plus, il est assez chargé. Nous étions l'ami d'Hariri, de la famille Hariri, des chantiers Hariri, de la banque Hariri. On nous a tué Hariri ! Il est bien normal dès lors ... de coucher chez Hariri, quai Voltaire, en attendant mieux ! Où est passée la politique arabe du Quai d'Orsay entre-temps ? A la mer ! Comment voulez-vous jouer les bons offices en étant si marqué d'un bord, et pire si inefficace dans les moments graves. Ceux que nous avions déclaré ennemis du genre humain se portent comme des charmes, nos "amis" sont à la peine. Il y a de quoi douter de la shcoumoune française.

La France a "perdu" le Liban lors de la guerre Israël-Hezbollah de l'été 2006. Le pays frère - comme le répète encore M. Kouchner - fut durement attaqué au sud et au nord par les armées de Tsahal et, en certains territoires, réduit en cendres. Que le déclenchement des représailles juives ait été dans l'ordre normal des choses après que la guérilla du Hezbollah ait capturé des soldats en patrouille, la réplique attendue ne justifiait pas les dévastations, surtout quand il fut clair que les bombes anti-bunker israéliennes étaient inférieures en pénétration à ce que les ingénieurs avaient revendiqué pour enlever un marché d'armement promis initialement aux Etats-Unis. L'infanterie du Hezbollah s'était vissé les joyeuses au fond de ses tranchées et ne reculait pas malgré l'artillerie et l'aviation, jusqu'à envoyer 6000 roquettes et missiles vers Israël (901 ont percuté sur des villes) ! Et au corps à corps, l'avantage de Tsahal ne pouvait être décisif puisqu'en guérilla il n'y pas de corps-à-corps (élémentaire, mon cher Watson).

Que fit le président Chirac pour que cesse cette foutaise militaire et que le Liban soit préservé de destructions pires que celles qu'il venait d'endurer dans les tout premiers jours de l'attaque :
La France affréta un ferry chypriote pour évacuer ses ressortissants ! En passant, on m'expliquera pourquoi les domestiques de nos ressortissants évacués ne le furent pas, mais tout simplement abandonnés sur place avec une poignée de figues et aucune solution de survie sauf la débrouille ; nous avons nos porcs aussi.
Puis, pour protéger notre ferry des "erreurs" collatérales de nos amis les Hébreux, nous avançâmes l'escadre ! Avec l'ordre impératif aux commandants des navires de ne se mettre jamais dans aucune situation de provocation, réplique ou autorisation. Pendant ce temps le Liban brûlait.

Avions-nous les moyens techniques d'interdire tout ou partie (nord du Litani) de l'espace aérien libanais aux attaques israéliennes. Certainement oui ! Nous disposons des aéronefs et des missiles qui vont avec. Avions-nous la volonté politique de franchir ce seuil ? Impossible à savoir mais j'en doute fort par le principe de précaution ! Avions-nous les autorisations nécessaires ? Sans aucun doute, non ! Les Etats-Unis étaient complètement dans le film "Israël contre le corps expéditionnaire iranien au Liban". L'humiliation gratuite que nous avions fait subir aux Etats-Unis lors de la dispute irakienne à l'ONU n'a pas dû non plus nous aider dans ces circonstances, ni le Liban par ricochet. S'il s'agissait de montrer aux Libanais que l'alliance française ne leur servait à rien, les Américains ont réussi.
Le Liban, par son incapacité chronique à maîtriser ses espaces en frontière, fut dévasté par une guerre qu'il n'a pas voulu sous notre regard impassible et malgré les coups de menton de Pinarque Ier, qui, comble de la honte, se déroba à l'ONU quand il fallut réunir les troupes du tampon sous commandement italien.

Krak des Chevaliers de l'Hôpital
Le Quai d'Orsay est bourré de gens doués, compétents, cultivés et souvent de haute extraction. Le ministère des Affaires Etrangères est staffé par des touristes allemands en shorts.

Observez au même moment le Foreign Office. Sauf en Irak, les trouvez-vous dans ces combats perdus d'avance. Sont-ils au Proche Orient ? Sont-ils en Afrique, dans le Pacifique ? Sont-ils en pointe sur la question iranienne ? Certes ils souffrent en Irak, car à la fin d'une analyse qui s'est avérée fausse, ils ont décidé de ne pas en dire plus et de taper dur, en renfort du gouvernement pétrochimique américaine ! Pourtant ils ne débordent pas du théâtre d'opérations quoique ils opèrent sur leur ancienne zone d'influence. Ils s'en désintéressent, du moins font-ils mine, pour ne pas y être convoqués, et laissent au Marché de se préoccuper des approvisionnements indispensables. BP et Royal Dutch Shell sont faits pour ça ! Finalement tout le nécessaire s'achète avec un téléphone. Pas besoin d'envoyer la Légion ! Il leur en cuit d'autant plus d'avoir dérogé à la règle impériale du "benign neglect" et de s'être ensablés.

Je ne connais pas la grille de lecture diplomatique de nos princes. Sur le Proche-Orient, elle semble ancrée sur le royaume franc de Jérusalem (1099-1291) et son avatar moderne, le mandat de la SDN (1920-1946) qui concrétisait les accords Sykes-Picot au profit des bons pères. Nous sommes en 2007 et la question israélo-arabo-persique est une grosse affaire, puisque M. Kouchner nous a promis la guerre, et zappe Pékin pour rejoindre la dispute à Annapolis lundi prochain. A dire vrai, je ne crois pas que l'histoire puisse contribuer à sa solution, pas même à son apaisement, parce que chacune des parties impliquées privilégie sa lecture de l'histoire, forcément à son avantage. Les Juifs sont des Daces, les Palestiniens des gardiens de chèvres égarés chez les Philistins, les Chrétiens du Liban des blonds de la souche de Japhet, les Chiites des nègres clairs asservis par les Mongols, les Kurdes des bandits corses, pourquoi pas, etc.
Que nous importe au fond, il faut juste déterminer où sont nos intérêts légitimes. En dehors des approvisionnements pétroliers, nous n'avons aucun intérêt critique au Moyen Orient, jusqu'à ce qu'ils révisent la charia et se mettent au cabernet franc. Nous y avons des sympathies. Essentiellement au Liban et en Syrie, à Jérusalem-est, et autrefois chez les Kurdes ; Pierre Rondot (†2000), saint-cyrien et orientaliste érudit fut un kurdisant émérite. Peut-être M. Kouchner pourrait-il s'initier à la connexion franco-kurde entre un cocktail et un bal masqué ? Ça revient à la mode avec la partition de l'Irak.

Michel AounAvec les faibles moyens que nous pouvons mobiliser sur la zone - quand nous y sommes autorisés -, il serait sage, comme le font tous nos voisins, de confier la défense de nos approvisionnements pétroliers à l'Alliance atlantique qui a la taille critique pour policer le Golfe persique, et ramener nos "ingérences" levantines à proportion de notre influence culturelle, qui pourrait d'ailleurs être beaucoup développée dans le domaine scientifique.

Abandonnons la gesticulation politique à Beyrouth à laquelle il me semble que nous ne fûmes jamais invités par les parties prenantes mais auxquelles nous nous sommes imposés, comme médiateur, titulaire de la chaire patriarcale de médiation levantine ! Qui comprendra le général Aoun si ce n'est lui-même ?

Realpolitik ? pragmatisme stratégique ! Essayons de briller par le génie français plus que par des canonnières dispendieuses que nous ne commandons pas. Il semblerait au contraire que nos princes privilégient le "farà da sé" loin de l'Alliance, avec des moyens que sans doute nous ne soupçonnons pas. La bannière de l'Hôpital flottera-t-elle à nouveau sur le Krak des Chevaliers ?
Si les princes le croient, nous sommes mal.

écu à la croix


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