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jeudi 11 janvier 2024

Trois messes et des flambeaux

La commémoration de l'exécution du roi Louis XVI convoque chaque année les partisans du roi à des manifestations nombreuses à Paris et en province. Cercles et sections vous renseigneront.

Saint-Germain l'Auxerrois (Paris 1er)
¤ Messe samedi 20 janvier à 11:00
Organisateur : Le Cercle de l'Œillet Blanc

Basilique royale de Saint-Denis (93)
¤ Messe samedi 20 janvier à midi pile
Organisateur : Le Mémorial de France

Place Saint-Augustin (Paris 8è)
¤ Marche aux flambeaux pour le roi mort
Samedi 20 janvier à 18:00
Organisateur : L'Action française

Chapelle expiatoire (Paris 8è)
¤ Messe dimanche 21 janvier à 10:30
Organisateur : L'Institut de la Maison de Bourbon



lys sur fond noir

samedi 14 janvier 2023

21 Janvier

Pour l'anniversaire de la décapitation du roi Louis XVI, de nombreuses messes seront dites dans les jours prochains en France (clic). A Paris, deux manifestations sont recommandées le 21 janvier :
  • La messe perpétuelle de Saint-Denis qui sera célébrée à midi pile à la basilique par le Mémorial de France.
  • La marche aux flambeaux de l'Action française qui démarrera à 18 heures de la place Saint-Augustin à Paris. La soirée se terminera sur une péniche amarrée sur la Seine. Prendre un ticket d'accès ici.

C'est aussi l'anniversaire de l'enterrement des Lois fondamentales du royaume de France.

jeudi 20 janvier 2022

Au souvenir du roi décapité

denier Louis xvi
C'est demain l'anniversaire de l'exécution du roi Louis XVI. « Fils de saint Louis, montez au ciel !» lui dit l'abbé de Firmont face à la Veuve. Le roi tressaillit et s'abandonna à ses bourreaux. Il était dix heures dix ce 21 janvier 1793. La France venait de se damner.

Pourquoi Louis XVI ne fit jamais l'objet d'un procès en canonisation est une question qui revient souvent dans le monde "chouan". Sans doute les rois ne sont-ils pas installés en leur royaume pour faire carrière de saint, mais pour prendre soin de leurs sujets et de les gouverner avec justice et fermeté dans leurs faiblesses, contre leurs errements. Le roi décapité, pour cent raisons que nous savons tous, a failli à sa mission, laissant tomber ses peuples sous l'empire de la Haine la plus cruelle. S'il est mort en martyr, ce ne fut pas pour sa foi et il ne vécut pas en "sainteté" bien qu'il fut très pieux. Seul personnage vertueux de la Cour, disaient ses contemporains avant que le temps ne se gâte, il fut bon père, mal amant, impolitique parfois dépassé bien que le plus instruit des princes de ce temps, mais ne verra jamais l'abîme où conduisait son irrésolution. Des milliers de Français en moururent avant et après lui (à Paris, Nantes, Lyon, Toulon... et le génocide vendéen), certains dans d'effroyables conditions, qui pouvaient appeler au repentir du royal supplicié.
Si l'Eglise n'a pas fait droit en 1820 à la revendication de sa fille Marie-Thérèse, c'est parce que l'institution n'était pas directement visée par la condamnation du roi. On pouvait arguer que quelques autres saints du martyrologue chrétien était de la veine politique, mais il a dû sembler dangereux au Saint Siège de s'y aventurer. Les royalistes, qui n'ont que faire des arguties pontificales, prient chaque année pour ce roi brave et bon, auquel ils gardent toute leur affection.

Nous y penserons pendant la messe de tradition pour le repos de son âme qui se dira après-demain samedi 22 à midi pile en la basilique Saint-Denis, à l'invitation du Mémorial de France et en présence de l'aîné des Capétiens. Le lendemain dimanche un office sera célébré à la Chapelle expiatoire, 29 rue Pasquier à Paris (IMB).


Traditionnelle marche aux flambeaux pour le roi mort à Paris samedi 22. Départ de la Place Saint-Augustin à 18h00





Postscriptum du 22/01/2022 : le duc d'Anjou, positif au coronavirus chinois, n'a pas fait le voyage de Paris pour assister aux messes en mémoire de Louis XVI.

mercredi 20 janvier 2021

Pour Louis XVI à Saint-Denis

 

vitraux de la basilique Saint-Denis
* A Saint-Denis le jeudi 21 janvier à midi très précise *



Messe de requiem d'Eustache du Caurroy par la Schola Sainte Cécile de Paris



dimanche 17 janvier 2021

Tout n'a pas commencé aux États

 



Ce jeudi 21 janvier, nous commémorerons la décapitation du roi Louis XVI, sacrilège qui a damné le peuple de France pour longtemps. Les manifestations royalistes ordinaires sont perturbées cette année par la lutte contre la pandémie du coronavirus chinois ; et j'aurais compris qu'on ne fasse exceptionnellement rien de spécial, sauf des intentions de messe, l'affaire ayant 228 ans d'âge. Des messes du souvenir seront dites partout (avant le couvre-feu ?) et sont annoncées par le site dédié Messes Louis XVI et quelques autres. L'office de référence est celui du Mémorial de France qui perpétue l’ordonnance du 21 janvier 1815 du roi Louis XVIII, instituant une messe de requiem en la basilique Saint-Denis chaque 21 janvier et 16 octobre, en mémoire de l'exécution du roi Louis XVI et de la reine Marie-Antoinette. Le 21 janvier elle est toujours célébrée à midi.
A chaque anniversaire nous éclairons ce jour si particulier d'un récit de circonstance, d'un commentaire appuyé ou d'une vidéo religieuse, et on peut les retrouver dans ce blogue par le libellé Louis XVI. Pour 2021, le confinement nous donne le temps de revenir au grand balancier de l'histoire pour chercher à comprendre "pourquoi" l'Ancien régime millénaire a fondu les plombs si rapidement (trois mois jour pour jour*) ; les lecteurs de Royal-Artillerie connaissent le "comment" et nous n'y reviendrons pas.

* 5 mai - 4 août 1789


Ouverture des Etats Généraux de 1789

Commençons à l'envers. Le 5 mai 1789 sont réunis à Versailles les Etats Généraux du royaume. C'est un grand succès de l'administration de Louis XVI que d'organiser en quelques mois seulement (la convocation datait du 8 août 1788) la réunion des députés élus par toute la nation pour la première fois depuis cent soixante quinze ans. Il fallait tout redéfinir, les collèges électoraux, les modes de scrutin à la base et aux Etats, les questions matérielles posées par ce grand chambardement à Versailles, les règles de la campagne électorale, et puisqu'on avait choisi d'entendre les doléances de toutes les communautés rurales et urbaines, fallait-il être capable de collecter et synthétiser les cahiers primaires en cahiers généraux de baillage à l'issue d'une campagne électorale complètement libre qui ne dura que quatre mois au début de 1789. Ceci étant accompli par un effort surhumain de l'administration royale, devant onze cents députés des trois ordres qui représentaient assez fidèlement la vieille France monarchique, la séance fut ouverte par le roi. Qui bientôt s'endormit !

Au spectacle du désintérêt du monarque, les fortes têtes se prirent sans doute à rêver d'emporter la décision par les moyens éternels de la conviction d'autrui : la harangue et souvent le désordre qui la suit. Comment étaient donc constitués les ordres ? Le premier, le Clergé, était majoritairement aux mains du bas-clergé des paroisses et donc pourvu de gens habitués à parler en public, à convaincre et disposant de connaissances techniques et administratives éprouvées dans leurs charges. Le second, la Noblesse, celui qui finalement trahira, ne fit pas corps. Ont été élus des petits nobles attachés à leurs privilèges fiscaux, la noblesse de robe, une caste instruite travaillée par les idées nouvelles de ce qu'on appelera les Lumières qui sont la terreur des royalistes d'aujourd'hui, et les grandes familles descendant des origines de la monarchie qui eurent du mal à comprendre les enjeux. A eux deux, ces ordres valaient en nombre le troisième, le Tiers. Composé de bourgeois de toutes les strates sociales sauf celle du labeur, il regroupait un fort contigent d'hommes de loi destinés naturellement par leurs professions à donner et étayer un avis politique, des propriétaires fonciers qui se colletaient avec la dureté des temps et ramenaient les pieds des autres sur terre, et des acteurs économiques des manufactures et du commerce. Le niveau du Tiers est assez élevé en compétences. Tout le monde connaît les grandes revendications de justice et de "progrès" inscrites dans les cahiers de doléances dont on a parlé partout en France durant quatre mois. Certains des députés veulent faire avancer leur cause, d'autres s'en informer et juger ensuite, mais une chose est sûre : l'assemblée est formée de gens qui ne se connaissent pas, sauf chez le second ordre, et surtout, qui n'ont pas l'habitude de travailler ensemble pour aboutir. Cette psychologie particulière des ordres réunis dans une certaine anarchie exige une conduite autoritaire et progressiste des débats politiques que seul le roi peut assumer par sa fonction et son prestige. Il n'en fit rien ou presque. On s'ensable dès le départ dans les questions oiseuses de procédures ! On sait la suite : le Tiers-Etat forme bloc et le 17 juin se proclame Assemblée Nationale pour fixer par écrit les règles de gouvernement et les attributions de chacun dans une Constitution du royaume. C'était parti... jusqu'au 4 août... et ça pouvait s'arrêter là, mais c'est une autre histoire.

Pourquoi le roi dut-il convoquer les Etats généraux du royaume ? Parce que le fonctionnement du pays était bloqué par sa propre organisation des pouvoirs. Comme ses voisins, le royaume de France devait s'adapter à l'évolution des mœurs sociales et des techniques en grand progrès, concurremment au bouillonnement intellectuel d'idées nouvelles qui pénétraient les couches éduquées de la société. Les pouvoirs et lois issus du siècle de Louis XIV devenaient chaque jour plus inadaptés à l'économie générale du royaume, mais ce n'était pas à l'insu du roi et de ses conseillers. Ceux-ci et lui-même étaient parfaitement informés des nécessités du temps. Cependant, malgré la centralisation et l'absolutisme, le pouvoir légal avait glissé dans les parlements, et surtout celui de Paris qui était normateur ; parlements envahis de prébendiers cramponnés à leurs privilèges qui ne jugeaient les projets qu'à l'aune de leurs intérêts propres. Louis XV avait bien vu ce captage de souveraineté et accepta la réforme Maupeou qui régla la question brutalement en débandant ces assemblées quasiment factieuses en 1771, afin de passer les réformes indispensables à la continuation de l'histoire, projets économiques, administratifs et fiscaux entassés dans les tiroirs des ministères en attente de débouché. Mais le roi mourut ! En 1774, croyant au charisme d'une couronne rajeunie pour réformer en douceur le système entre gens raisonnables - il avait lu L'Esprit des lois et l'Encyclopédie - le nouveau roi Louis XVI rappella les parlements ! Après le temps des sourires et des révérences, revinrent les gens de robe à front de taureau qui bloquèrent toute évolution ou changement. Le lit de justice du 8 mai 1788 engageant la réforme Lamoignon qui les contenait à leur juste place, déclencha la bronca à Paris, vite suivie de celle des parlements régionaux revenus eux-aussi aux contestations. Des émeutes sont déclenchées en province, le roi recule pour la première fois et promet des Etats généraux dans l'idée de Loménie de Brienne qui dira en rendant son tablier que : "seule une assemblée de représentants de la nation peut imposer des réformes aux privilégiés et aux parlements". Le roi n'avait pas tranché dans le vif, la procrastination signait son arrêt de mort. Ce n'est pas à la Bastille qu'il aurait fallu charger à mitraille mais au parlement de Paris un an plus tôt. Il me souvient d'avoir lu une réflexion de Mirabeau qui, après sa réplique célèbre des baïonnettes aux Etats, avait demandé autour de lui ce qu'ils allaient devenir si les Suisses chargeaient baïonnette au canon. Avec Louis XVI ils ne risquaient rien.

Le prince alors en charge de l'Etat était dit-on le plus cultivé d'Europe, le plus intéressé aux sciences et techniques, le plus aimable avec ses peuples. Paradoxalement timide et gauche, impolitique au possible, ennuyé par les affaires autres qu'étrangères et la géographie, il était au moment le plus mauvais maillon de la chaîne dynastique par sa pusillanimité et sa paresse à contrer les coteries de la Cour. Les monarchies héréditaires exigent du caractère chez l'impétrant, caractère qui ne peut être jugé qu'en temps de crise. Il est des époques où l'emprise moindre sur les choses de l'Etat peut s'amortir par l'avénement du successeur qui les répare, ce qui est le mantra du régime héréditaire. Mais il est aussi des temps orageux où le prince acculé doit réagir, d'instinct. Nul n'est destiné à régner s'il n'a pas cette grâce. Et Louis XVI s'est avéré impuissant une fois que fut lancée la constitution des pouvoirs. Reste qu'il n'était pas nécessaire de lui couper la tête pour de futiles raisons et terminer une révolution dans l'horreur absolue. C'est pour s'y être prêté lâchement, après avoir convoqué tous les moyens possibles à la ruine de son cousin, que le duc d'Orléans fut frappé d'indignité perpétuelle dans l'esprit de beaucoup et de nos jours encore. En fallait-il plus pour qu'on le tuât aussi ? Il est bien le seul avec quelques conventionnels à avoir mérité son raccourcissement.

Ainsi donc, l'Ancien régime, pétri de contradictions et d'antagonismes de classe, où foisonnaient les injustices du quotidien, ne fut pas submergé par un peuple se "libérant de ses fers" comme on le chante dans des hymnes pompeux, mais par le précipité d'intérêts bourgeois d'une classe avisée, formée aux techniques administratives et économiques, que le roi avait convoquée à la réforme du pays. Cette classe instruite ne manquait que du prestige public d'un pouvoir qu'elle exerçait déjà de mille façons et positions. Lui vint l'envie d'être aux commandes. C'est ainsi qu'aux vieilles familles de la noblesse croisée succédèrent les dynasties bourgeoises qui surent comme personne mettre en coupe réglée un pays qui ne leur rapportait jamais assez. Le 14-Juillet des bourgeois fut un 18-Brumaire qui marqua la victoire finale de la classe la plus "intéressée" au changement (comme le démontre Beau de Loménie). Nous n'avons plus modifié le paradigme depuis lors, quel que soit le nom des régimes politiques qui se sont succédés, monarchies comprises. Aujourd'hui encore et sans doute plus qu'avant, une caste sans honneur, avec des droits et des besoins, se prétend légitime à nous gouverner, en promenant sa suffisance sous les ors de la vieille monarchie. Et les otaries d'applaudir tous les cinq ans ! A quoi servaient les lanternes déjà ? On y applaudissait aussi !


lys funeraires
* pour Louis XVI *

dimanche 26 janvier 2020

La Passion d'Orléans

Considérable d'importance ! Telle est la publication solennelle du repentir du chef de la maison d'Orléans pour la mort de Louis XVI, prononcé lors de la messe du 21 janvier dernier en la Chapelle royale de Dreux. Ce texte est accessible ici sur Royal-Artillerie. Il ressoude l'hérédité des fautes jusqu'ici niée par les descendants, en même temps qu'il la fait absoudre par Celui qu'il implore.

Les royalistes tenant pour la branche cadette - l'aînée étant pour eux éteinte et les surgeons en exil - opposaient le droit commun de l'inhéritabilité du crime à ceux qui prononçaient le nom de Philippe-Egalité à chaque argument de légitimité dans le cadre moisi de la querelle dynastique. Se fondant sur les grands auteurs, ils soutenaient que les D'Orléans contemporains étaient blancs comme neige des crimes commis par l'ancêtre que leurs contempteurs tenaient pour la pire ordure de la Révolution. Ce que le duc d'Orléans de jadis fut indéniablement. On ne reviendra pas sur le complot permanent, la spéculation sur les grains, le soudoiement d'insurgés et le vote fatal...

Mais si le défunt comte de Paris lors de chaque messe annuelle à Saint-Germain l'Auxerrois implorait le pardon pour l'ancêtre sanglant : « Pendant sept ans [...] nous avons fait des prières pour la famille royale assassinée et pour mon ancêtre. Nous étions présents, nous étions à genoux, et nous demandions pardon, nous demandions la paix », c'est bien que l'inhéritabilité ne suffisait pas. Dans cette même veine du doute intime, son fils Jean d'Orléans a ressenti la même nécessité d'en finir une bonne fois avec l'immaculée succession. Si nul n'hérite des crimes de ses parents en droit, le syndrome du péché transmissible court dans l'esprit des gens du commun, parfois sous des formes aussi triviales que "un chien ne fait pas des chats" ou "c'est un fils de voleur"... A faire campagne, il fallait régler cette question terrible de la seule façon qui vaille : l'appel au Ciel miséricordieux pour qu'il efface la tache originelle. Et comme depuis l'aube du monde toute imploration dans une position de grande humilité est entendue par les puissances célestes, le pardon est obtenu. Ceci va avoir des conséquences sur le microcosme royaliste. Mais auparavant il faut bien cerner l'obstacle du crime hérité en droit naturel.


Jean d'Orléans et ses aïeux revendiquaient l'héritage des quarante rois ; mais ne pouvaient le faire qu'en traversant le chaînon Philippe-Egalité qui les raccordait à Louis XIII. Beaucoup de Légitimistes jugeaient infranchissable l'obstacle du sang corrompu par le régicide, avant que de brandir l'usurpation sournoise de 1830 quand le duc de Chartres, futur Louis-Philippe, trahit sa mission de régence jusqu'à majorité du jeune duc de Bordeaux pour devenir roi à sa place, puis fit la guerre intérieure à ses fidèles dont la propre mère du petit roi, Marie-Caroline.

Le repentir du 21 janvier 2020 fait sauter le premier blocage mais pas le second, et l'on sait que Jean et Eudes d'Orléans sont de grands thuriféraires de la Monarchie de Juillet jusqu'à avoir promu il y a quelques années la création d'un Institut de Juillet. S'il veulent convaincre définitivement de leur légitimité, ils seraient plus avisés de travailler sur l'inévitabilité de la revendication de Louis-Philippe au spectacle d'une couronne perdue trop facilement par la branche aînée, plutôt que d'attaquer les prétentions des successeurs espagnols de Louis XIV. Cette dernière question est plus difficile à répondre que la première et pourtant, il y a matière : Charles X, belle prestance mais peu politique, se couchant à la première détonation, entraîne dans l'abdication son propre fils Louis-Antoine, prince courageux, capable d'initiatives comme il l'avait montré en Espagne et durant les Cent-Jours, au motif qu'ils partageaient les mêmes idées conservatrices. C'était faire fi de l'intelligence d'icelui. Seul problème dans cette dialectique, la réponse ne peut éviter de soutenir la débilitation de la branche aînée, morte sans postérité, ce que le populaire appelle des fins de race, et elle infirme la pertinence des Lois fondamentales du royaume de France qui les ont désignés pour ceindre la couronne. Si elles sont déficientes ici, elles le sont partout. Or la succession d'Orléans est fondée sur les Lois.

Avant de prendre congé, je ne peux m'empêcher de penser que si le comte de Paris d'alors avait fait cette même démarche de repentir solennel dans une grande église de Paris à la mort de Chambord, le ralliement des légitimistes en aurait été facilité voire complet. Onc humilité ne nuit !

mardi 21 janvier 2020

Les voies de la Providence


[billet spécial initiés] - En ce 21 janvier, le Ciel a entendu monter vers lui les supplications des royalistes pour le repos du roi martyr. Que n'a-t-il réagi il y a 227 ans quand le pieux lieutenant du Christ Louis XVI, roi de dévotions, parfait chrétien, fut condamné à la décapitation ! Son épouse subit le même sort et l'innocent petit dauphin mourut ensuite, à ce que dit l'histoire officielle. Où était le Ciel ce 21 janvier 1793 ? Les voies de la Providence sont impénétrables, disent les savants qui n'ont rien vu. Si impénétrables qu'on peut douter de la démarche providentialiste qui s'en remet au Très Haut pour nous choisir un nouveau roi.

Et si le ciel était vide ? s'interroge le gueux et le chansonnier. Ce n'est pas un problème pour les *monarchistes de raison, ceux qui ont choisi de promouvoir ce régime d'administration des sociétés humaines après analyse des avantages et des inconvénients du modèle, qu'ils soient croyants ou agnostiques. Sans reproches ni murmures, ils accepteront la désignation d'un roi par la Providence, le but ultime de leur réflexion et de leur militantisme étant atteint. Qu'importe l'origine de l'énergie sollicitée par la restauration ! Un monarque sera rétabli dans ses pouvoirs régaliens. Point-barre, merci ! Merci qui ? Jésus ? Merci Jésus ! Ainsi passeront sur les voies de la Providence les étendards du roi :


Comme nous l'annoncions dans notre billet du 5 janvier, la Charte de Fontevrault abandonne le ballet de cour et cesse les mondanités entre chapelles. Et c'est bien ce qui intéresse le Piéton de Royal-Artillerie. Fini le colloque sourd des royalistes, la Providence n'en a nul besoin. Les Chartistes vont se battre par et pour eux-mêmes puisque nul autre ne le fera à leur place. Le credo providentialiste est très simple et puissant, qu'on en juge :
« La société ne peut exister selon le plan de Dieu que par la poursuite du Bien Commun qui est la paix, paix qui est la tranquillité de l’ordre, ordre qui est assuré à l’intérieur comme à l’extérieur par les fonctions régaliennes du roi. A l’extérieur par le roi guerrier, commandant et diplomate ; à l’intérieur par le roi père de famille, législateur et justicier.»



Jusque là tout va bien. Le principe originel du providentialisme est que le Christ est le vrai, seul et unique Roi de France. Il délègue son pouvoir à qui en est jugé digne et capable ; l'impétrant est promu lieutenant du Christ et exerce une royauté de droit divin. Il devient dès lors inutile voire incongru de pré-désigner quelque prétendant que ce soit par tel ou tel procédé si c'est à Dieu d'y pourvoir. Le providentialisme reclasse la Loi Salique à son rang statutaire de loi successorale au trône de France, ce que nous résumons d'un slogan facile à retenir :

Dieu dit, la Loi fait


La rupture monarchique de deux siècles modifie-t-elle l'ordre des facteurs ? Pour les royalistes en général, la rupture n'existe pas, le royaume est virtuellement continué et la dynastie capétienne l'incarne sans discussion dans ses descendants. Le choix opéré par la Loi - de facto celui des hommes - est proclamé au sacre à l'intention des légistes et des peuples. Par contre pour la Charte, la cassure actuelle est franche et modifie l'ordre des facteurs, puisqu'elle entend redémarrer la monarchie sur injonction divine quant au temps et au prince élu ! C'est là que le projet providentialiste aura maille à partir avec les autres mouvements royalistes français, tous rangés derrière un prétendant dont la légitimité est assise sur la somme des Lois fondamentales du royaume de France, royaume certes absent mais souterrain. C'est une révolution au Roycoland, sauf chez les monarchistes de raison, comme nous venons de le dire plus haut*.

Les sept piliers de la sagesse providentialiste sont solides et droits. Nous les reprenons avec un bref commentaire explicatif destiné aux nouveaux lecteurs.

1.- Le Christ, Roi de France : nous venons d'en parler ;
2.- Le Pacte de Reims de 496 : baptême du roi franc Clovis par l'évêque saint Rémi, forgeant l'alliance irréfragable du trône et de l'autel ;
3.- Le Sacre : c'est l'onction, l'adoubement, le recollement transcendantal, la naissance du lieutenant du Christ ;
4.- La Triple Donation de 1429 : Jeanne d'Arc exige et reçoit par acte authentique le royaume de France du Gentil Dauphin Charles VII, elle le donne à Jésus-Christ, Qui par sa bouche le remet au "Roi Charles". Le lendemain Charles VII part pour Reims au milieu de tous les dangers pour se faire sacrer ;
5.- Conflit entre les choix divin et personnels : c'est un des ateliers de la Charte qui anticipe une difficulté entre héritage et statut ;
6.- Priorité du choix divin sur les lois successorales : ces lois sont destinées à éviter les querelles dynastiques, mais elles procèdent du premier élu ;
7.- La Fonction régalienne comme une grâce d’état particulière issue du sacre. Un huitième pilier est en cours d'examen.




La Loi Salique (sous ce nom je regroupe toutes les lois fondamentales) représente un tunnel à voie unique qui désigne aux princes et aux grands du royaume le successeur statutaire du roi défunt. Nul n'en peut déroger jusqu'à disparition du sujet d'application : le royaume. Nous sommes en 2020 dans cette situation : le royaume de France a disparu, emportant avec lui ses coutumes politiques. Il n'est pas extravagant que désormais les royalistes se soumettent au choix qu'exprimera le Christ vrai Roi de France, quand Il le décidera, et qu'ils vouent leurs efforts à préparer Son retour dans les cœurs et les esprits français. Reste à reconnaître le "signe" qui désignera l'élu. Ils sont si nombreux à se prétendre capables de le reconnaître, que finalement le nom du vainqueur sera prononcé par une bouche humaine (?!).

Réactions ? On ne va pas se voiler la face. A mesure que son influence augmentera, la Charte de Fontevrault subira l'attaque de certains groupes royalistes ayant déjà choisi leur champion sans attendre Jésus-Christ par le principe de la légitimité héritée. L'Alliance royale restera neutre puisqu'elle promeut le modèle à travers une plateforme institutionnelle détaillée sans s'inquiéter du nom du prince pour le moment.
Les groupes reconnaissant le comte de Paris considèrent que le problème du prétendant est réglé par le principe de nationalité ; ils ne feront pas irruption dans la démarche providentialiste, d'autant que la Charte ne promeut plus aucun adversaire de la maison d'Orléans. Les groupuscules survivantiste, carliste, parmiste ou bussetiste n'ont pas d'effectifs. Par contre il en sera autrement dans le camp de l'aînesse espagnole des Bourbons dont la position est entamée par le outing franquiste du "roi de droit". Cette revendication publique ringardise des années d'imprégnation patiente de la population ciblée, essentiellement catholique. Dans une diatribe féroce de l'année 2008, les ultra-légitimistes de l'Union des Cercles voulurent démontrer que le providentialisme était « un péché grave contre la nature d'animal politique que Dieu nous a donnée » avant de devenir « un mal social terrible ». Les coups les plus durs contre la Charte de Fontevrault viendront de ce côté au fur et à mesure des progrès qu'elle fera dans le milieu tradi-catho-royaliste. Les mouches changeront d'âne, l'Usurpation connaîtra le répit.

Royal-Artillerie suivra la mutation de la Charte avec sympathie et curiosité car c'est un bien grand défi qu'ils se lancent avant d'avoir médité l'aphorisme de Péguy : « Tout commence en mystique et tout finit en politique ». Il y aura donc une suite.

Le Duc d'Anjou à Paris


[Spécial Royco] Une fois encore, le prince Louis de Bourbon a honoré de sa présence la messe expiatoire en la Chapelle éponyme pour se souvenir du roi Louis XVI décapité par la nation le 21 janvier 1793. Comme le pressentait Léon Bloy, nous y avons gagné une damnation éternelle ! Après l'allocution que nous propose la page Facebook des Rois souterrains, le duc d'Anjou a participé à la marche annuelle pour la vie, avenue de l'Opéra, liant sans effets de manche les deux manifestations qui se faisaient concurrence jusqu'ici. On le savait décidé, actif, résilient aux attaques, il montre dans son discours qu'il ne craint pas de montrer du doigt les responsables des désordres français. On notera en introduction l'élégance du prince dans l'hommage appuyé au défunt duc de Bauffremont avec lequel il eut maille à partir jusqu'à créer une structure séparée de l'IMB, l'Institut Duc d'Anjou, IDA. La réconciliation eut lieu du vivant du duc de Bauffremont par l'arrêt de l'IDA, et les choses sont revenues en ordre de ce côté-là.


On ne peut passer sous silence le cuir de la Comtesse de Paris qui à la sortie de la messe de Dreux avouait au journaliste qu'on ne pouvait juger aujourd'hui les fautes d'hier, eussent-elles engendré la Terreur, sous-entendant que Philippe-Egalité avait agi selon les circonstances du temps. Je pense que la communication du château devrait être laissée aux bons soin du prince Jean qui a plus l'habitude de cette exposition publique que son épouse autrichienne. C'était la première fois que la Maison d'Orléans organisait une messe de repentir dans son fief. Jusqu'ici, feu Mgr le comte de Paris n'avait fait que participer à la messe du Cercle de l'Œillet Blanc à Saint-Germain l'Auxerrois à Paris, en implorant le pardon du Ciel. Il n'est plus que temps que les maisons de Bourbon, Parme et d'Orléans organisent une messe annuelle commune chaque 21 janvier, manifestation qui donnerait une image claire de leur existence à la population française.




Postscriptum du 22 janvier 2020 via La Couronne : Prière de repentir du comte de Paris, Jean d'Orléans, en ouverture de la messe expiatoire du 21 janvier à la nécropole royale de Dreux :

Seigneur,

Moi, Jean, Comte de Paris,
Comme tout fidèle au début de cette messe, je me reconnais pécheur devant Toi.
La Maison Royale de France, dont par Ta grâce je suis devenu le chef, nous Te demandons pardon, ainsi qu’aux victimes des fautes de nos ancêtres et en particulier de celle de Louis-Philippe-Joseph d’Orléans à l’égard de son cousin Louis XVI, roi de France, père de son peuple et qui a reçu l’onction par le sacre, mais aussi à l’égard de sa famille et de la France.
Nous implorons Ta miséricorde sur nous, notre famille et notre pays. Tu le sais, comme Josué, nous et notre maison, nous avons choisi de Te servir.

(source Facebook - Comte de Paris le 21.01.20-09:31)




Ce repentir officiel et public du chef de la maison d'Orléans est considérable d'importance. Il ressoude l'hérédité des fautes jusqu'ici niée par les descendants, en même temps qu'il la fait absoudre par Celui qu'il implore.
Cette démarche d'humilité permet le raccord aux quarante rois jusqu'ici impossible. C'est un grand moment, solennisé par l'érection d'une belle stèle du souvenir de Louis XVI au sein de la Chapelle Royale de Dreux. S'ils sont adroits, les docteurs de la monarchie ont ici matière à faire tomber le lambel de blocage.

lundi 20 janvier 2020

Miserere mei Deus !

Le plus beau des miserere, le Miserere d'Allegri (1639) sur le psaume 50 du roi David en l'abbaye de Lagrasse, born 779 still going strong !


Miserere mei, Deus : secundum magnam misericordiam tuam.
Et secundum multitudinem miserationum tuarum, dēlē iniquitatem meam.
Amplius lavā me ab iniquitate mea : et peccato meo mundā me.
Quoniam iniquitatem meam ego cognōscō : et peccatum meum contra me est semper.
Tibi soli peccāvī, et malum coram te fēcī : ut justificeris in sermonibus tuis, et vincās cum judicaris.
Ecce enim in iniquitatibus conceptus sum : et in peccatis concepit me mater mea.
Ecce enim veritatem dilexisti: incerta et occulta sapientiæ tuæ manifestasti mihi.
Asperges me, Domine, hyssopo, et mundābor : lavābis me, et super nivem dēalbābor.
Auditui meo dabis gaudium et lætitiam : et exsultabunt ossa humiliata.
Averte faciem tuam a peccatis meis : et omnes iniquitates meas dele.
Cor mundum crea in me, Deus : et spiritum rectum innova in visceribus meis.
Ne projicias me a facie tua : et spiritum sanctum tuum ne auferas a me.
Redde mihi lætitiam salutaris tui : et spiritu principali confirma me.
Docebo iniquos vias tuas : et impii ad te convertentur.
Libera me de sanguinibus, Deus, Deus salutis meæ : et exsultabit lingua mea justitiam tuam.
Domine, labia mea aperies : et os meum annuntiabit laudem tuam.
Quoniam si voluisses sacrificium, dedissem utique : holocaustis non delectaberis.
Sacrificium Deo spiritus contribulatus : cor contritum, et humiliatum, Deus, non despicies.
Benigne fac, Domine, in bona voluntate tua Sion : ut ædificentur muri Jerusalem.
Tunc acceptabis sacrificium justitiæ, oblationes, et holocausta : tunc imponent super altare tuum vitulos.

samedi 18 janvier 2020

Requiem de Neukomm pour Louis XVI


Résultant d’une commande de Talleyrand au compositeur autrichien Sigismund Ritter von Neukomm, ce requiem en ut mineur fut créé le 21 janvier 1815 au Congrès de Vienne en présence de tous les souverains et représentants diplomatiques des plus grandes puissances, réunis pour reconstruire l’ Europe sur les décombres de l’Empire français. Dédié à la mémoire du roi Très Chrétien Louis XVI, il fut donné en la cathédrale Saint-Etienne avec la participation de plus de trois cents chanteurs répartis en deux chœurs dirigés respectivement par Neukomm et Salieri (source Chœur & Orchestre Sorbonne Universités).

Cette œuvre est proposée sur inscription au public ce jeudi 23 janvier à Saint-Louis des Invalides à 20 heures.

jeudi 9 janvier 2020

Pour Louis XVI


21 janvier, le jour noir de l'année royaliste. Nous commémorons la décapitation du roi Louis XVI condamné par les représentants du peuple et son cousin pour conspiration contre la liberté publique et attentats contre la sûreté générale de l'État. C'est ce que dit le jugement. De fait on l'avait chargé de tout les péchés d'Israël et l'intention avouée des Montagnards derrière Robespierre n'était que de le tuer. Ce qui entraînera par la suite l'extinction de la lignée directe par la mort/disparition du Dauphin. Les Révolutionnaires avaient anticipé que le retour des frères du défunt roi serait moins dommageable ou plus facilement combattu que l'accession du jeune Louis XVII.

Le Père Duchesne qui fut l'organe de presse le plus assidu à l'insulte reçut une leçon de dignité qui lui tira des larmes : « Il écouta avec un sang-froid rare la lecture du jugement. Il eut tant d'onction, de dignité, de noblesse, de grandeur dans son maintien et ses paroles, que je ne pus y tenir. Des pleurs de rage vinrent mouiller mes paupières. Il avait dans ses regards et dans ses manières quelque chose de visiblement surnaturel à l'homme. Je me retirai, voulant retenir des larmes qui coulaient malgré moi et bien résolu de finir là mon ministère. » Il est vrai que si son courage ne fut jamais mis en cause, on reconnaît mal le roi Louis XVI dans cette description. Prince sans doute le plus cultivé de son époque, père attentionné, mari fidèle, croyant sincère, passionné de sciences dures, mathématiques, physique, géographie et de mécanique, il avait toutes les qualités de l'honnête homme. Hélas, impolitique en diable, impulsif, incohérent souvent, sa charge l'agaçait au point que ses tergiversations ont pu le ranger dans le camp des paresseux. Le roi tire le char, à peine d'être écrasé par lui. Le char de la Révolution l'écrasa.

Il incombait à Louis XVI de conduire la révolution d'un Etat et d'une société qui en criaient l'impérieux besoin. Ayant lu l'Encyclopédie, il observa les événements mais n'en vit pas la queue de trajectoire, et freina des quatre fers quand il retrouva un certain pouvoir en tant que roi des Français. Aurait-il frappé le coup décisif au bon moment qu'il aurait pu réussir et enterrer ses ennemis ; mais s'il en a jamais eu l'intention, la force de caractère et la capacité de travail lui manquèrent pour être à l'initiative. Il ne sut convertir ses idées en action, parce que - c'est la thèse royaliste - il n'avait pas été dressé assez tôt à la fonction qui normalement devait revenir à l'aîné Louis-Joseph, mort avant l'âge de dix ans. On touche du doigt les limites de la Loi Salique qui se trompe au plus mauvais moment en élisant l'intellectuel le plus doué au lieu d'un roi à poigne. Faut-il continuer à soutenir que Dieu choisit et la Loi verrouille ce choix ? Cela nous entraînerait trop loin pour un simple billet d'annonces de pieuses manifestations.

Charles-Henri Sanson qui exécuta le roi place de la Concorde, fut frappé par la dignité du supplicié au point d'infirmer les rumeurs de panique que faisait courir le camp révolutionnaire sur le compte du roi : « Il a soutenu tout cela avec un sang-froid et une fermeté qui nous ont tous étonnés. Je reste très convaincu qu'il avait puisé cette fermeté dans les principes de la religion dont personne plus que lui ne paraissait pénétré ni persuadé.» C'est en souvenir de sa haute tenue à l'énoncé de sa condamnation et sur l'échafaud que cette année encore, des messes à sa mémoire seront dites partout en France pour le repos de son âme. Les trois offices principaux sont prévus à la Basilique de Saint-Denis le mardi 21 janvier à midi ; à l'église de Saint-Germain l'Auxerrois le même jour à 12h15 (Paris 1°) ; et à la Chapelle Expiatoire le dimanche 19 janvier à 10h30 (Paris 8°). Par ailleurs, le mardi 21 janvier un hommage à Louis XVI sera rendu place de la Concorde à 10 heures, à l'emplacement-même de la guillotine de 1793, à côté de la statue Rouen, face au Crillon. Quant à la traditionnelle marche aux flambeaux de l'Action française, elle partira de la Place des Pyramides le samedi 18 janvier à vingt heures.



« Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont faits mes ennemis sans que je leur en aie donné aucun sujet »

jeudi 4 juillet 2019

Journée de l'indépendance

Aujourd'hui c'est Independence Day, la fête nationale américaine du barbecue. Même si nous n'avons pas tout fait - La Fayette le laissait croire à Paris - nous avons donné le coup d'épaule décisif que notre brave roi Louis XVI accorda aux idées nouvelles, celles-là même qui lui couperaient la tête plus tard. Quand ça veut pas... !


L'histoire de la Révolution américaine mérite plus qu'un coup d'œil, et sa lecture facilite la compréhension des actualités de l'Union. Pour ma part, j'avais approfondi la question il y a quelques années à travers un roman biographique écrit par Gore Vidal sur un des principaux héros de l'époque, Aaron Burr (Belfond, Paris). Truculence et méchanceté avait noté Belfond dans sa quatrième de couverture. On ne présente plus Gore Vidal.
Burr (1756-1836) est resté dans l'imaginaire collectif comme un héros de l'expédition du Canada et comme l'assassin en duel d'Alexander Hamilton, l'un des pères fondateurs de la jeune république de planteurs. Mais de ce bouquin j'avais retenu deux choses moins connues, l'une signalait que lorsque le roi de France confirma son soutien, le gouvernement des Insurgents diminua à proportion la levée de taxes finançant la guerre contre Georges III, fallait pas gâcher.
L'autre est le penchant patrimonial des dits-planteurs qui ne manquaient jamais une occasion d'accroître leur cheptel vif en troussant leurs esclaves à fond, Washington le premier.

Tout l'ouvrage est une peinture réaliste de la vie sociale et politique d'une époque très agitée qui explique bien l'Amérique d'aujourd'hui. Pour marquer cette journée, voici une parade d'une rare excentricité qui n'a pas besoin d'explications, même si elle nous offre une Sambre & Meuse endiablée, rapportée outre-atlantique par les Sammies de 1916. Enjoy !



dimanche 20 janvier 2019

Louis Auguste de France (1754-1793)

Pourquoi commémorer ce week-end la mort du roi Louis XVI ? C'est un moment capital dans l'histoire de notre pays. Elle coupe le continuum français entre un avant et un après. Cesse le 21 janvier 1793 la vieille monarchie de droit davidique qui remontait aux rois chevelus. Triomphe le désordre du Nombre souverain. Nous y sommes encore, à la réserve près que le peuple n'est désormais souverain que dans les compartiments laissés libres par les élites interconnectées dans le grand jeu de la mondialisation. Le modèle actuel est fragile mais régénéré en permanence par la démagogie. Plus grave, il est en défaut sur la stratégie à long terme d'une nation aussi compliquée que la nation française. En fait nous descendons les marches par saccades depuis juin 40, avec parfois quelques paliers d'accumulation de capitaux qui redonnent espoir jusqu'à ce qu'ils soient dévorés dans les périodes de libération populaire. Ce pays irraisonnable vit au rythme des élections, presque au jour le jour. Il s'auto-détruit (dette, déficits, abandons) et ne veut rien comprendre à ses voisins qui s'en sortent bien mieux tant l'orgueil le gouverne.... L'ancien régime des vieux rois, comme disait Sarkozy, fut-il meilleur ? A la fin pas vraiment, il se détruisit lui-même, comme arrivé au bout d'un cycle.

Avant cette rupture de 1793 nous avions été régis pendant plus de mille ans par un système féodal de complications extrêmes qui, foisonnant d'injustices, s'avéra irréformable à la fin. Les remontrances incessantes d'esprits éclairés ne parvinrent jamais à décider la Cour et le roi à redessiner l'épure institutionnelle et fiscale du pays, même en leur montrant les lueurs d'un avenir funeste. Vauban, Boisguilbert, Quesnay, Gournay, Turgot et bien d'autres avaient analysé le grand foutoir qu'était devenu le royaume et préconisaient des remèdes drastiques. On ne le dira jamais assez, les grandes réformes de la Constituante étaient dans les tiroirs de la monarchie. La vue basse des trois derniers rois de plein exercice finit par embourber le char de l'Etat qui à la fin fut immobilisé sur bris d'essieux, ce fameux tiers-état qui portait les deux autres. Certes Louis XV, parvenu à l'andropause, avait commencé à réformer, mais son règne s'achevait et son successeur s'empressa de plaire aux mécontents en défaisant un travail qui avait demandé beaucoup d'efforts. On pense à la bataille parlementaire de Maupeou. Les contempteurs de la couronne eurent gain de cause avec un Louis XVI trop sensible aux acclamations, et la guerre d'Amérique, si elle humilia l'Angleterre, précarisa les finances royales, obligeant le roi à convoquer les Etats Généraux pour les rétablir ; etc... on sait la suite.

Le système féodal ayant été éradiqué lors de la fameuse nuit du Quatre-août, le roi en charge de la reconversion (il était l'exécutif) aurait dû prendre à bras le corps la conduite de la réforme du pays. Au lieu de quoi, il persista à mettre une certaine distance entre lui et la chose politique, et s'abandonna aux influences d'un entourage qui ne voyait que les privilèges perdus. Le désintérêt voire l'incompétence du titulaire sont la véritable origine de la ruine de la monarchie capétienne, bien plus que la fuite à Varennes, réaction tout à fait bourgeoise aux menaces du temps.

L'Ancien régime ne pouvait être réformé que d'en haut tant il fallait produire d'autorité pour vaincre le désordre des privilèges et passe-droits dans toutes les classes sociales. La sélection des lois fondamentales est à ce stade mise en cause, tout au moins le défaut d'éducation dans l'emploi qui est le premier pilier de la monarchie. Ce jeune roi n'en fut pas un. Bon père de famille, très instruit et adroit de ses mains, il préférait la chasse aux conseils et la chère à la chair. Le principe qu'il incarnait n'y résista pas ! C'est le régime césarien et brutal de Napoléon Bonaparte qui, profitant du spectacle de l'échec capétien, se chargera d'aboutir et laissera à sa chute un pays convenablement administré que ses successeurs eurent la sagesse de continuer.

Demain, Louis XVI sera tué pour la 227ème fois. C'était cher payé, mais la fonction de roi n'était pas une position ordinaire. Le verdict de son procès se chargea de le lui rappeler. Il est mort à 38 ans, à l'âge où notre Emmanuel Macron s'est lancé à la conquête du pouvoir. Il repose en paix. Pas nous...



Des messes sont dites partout en France pour le roi Louis XVI (cliquer sur la gerbe)


vendredi 19 janvier 2018

Requiem en souvenir de Louis XVI

Schola Sainte Cécile

Dimanche prochain 21 janvier, on dira des messes pour le repos de l'âme du roi Louis XVI dans beaucoup de villes françaises. Les royalistes trouveront la messe qui leur convient en consultant les sites ad hoc :
- Messes Louis XVI
- La faute à Rousseau

Sur la zone historique, il n'y a que trois lieux pertinents, la Chapelle royale du château de Versailles où rien n'est prévu par la V° République ; la Chapelle Expiatoire du square Louis XVI, rue Pasquier à Paris (9°) bâtie sur l'ancien cimetière de la Madeleine où fut inhumé le roi décapité à la Concorde ; et la basilique nécropole de Saint-Denis où Louis XVIII fit transférer les cendres de son frère et celles de la reine Marie-Antoinette en 1815. Les autres lieux sont tout aussi respectables mais surtout de commodité pour le recueillement.
Le Mémorial de France à Saint-Denys fera dire une messe samedi 20 janvier à midi, en exécution de l'ordonnance perpétuelle de Louis XVIII. Le Cercle de l'Œillet Blanc et la maison d'Orléans seront à Saint-Germain l'Auxerrois le même jour à 11 heures. L'Institut de la Maison de Bourbon ira le dimanche 21 à 10h30 au Square Louis XVI à Paris.

Le caveau des Bourbons à Saint-Denis


Hostias in requiem de Luigi Cherubini pour Louis XVI (1816)

Comme chaque année l'Action française organisera à Paris une retraite au flambeau pour le roi mort, avec un départ vers 16h du parvis de l'église Saint-Roch le samedi 20 janvier (clic programme AF-IDF).
Soyez nombreux !

296 Rue Saint-Honoré (1er)

jeudi 19 janvier 2017

Anniversaire de la mort du Roi

Lorqu'on demande aux Français quel est le dernier roi de France, la réponse est toujours Louis XVI. Sans doute est-ce la tragédie de son destin qui a marqué les esprits populaires, et peut-être un retour d'affection pour un roi que personne n'a jamais imaginé en tyran. C'est le moment de répéter la déclaration d'Emmanuel Macron qui résume bien un sentiment diffus dans l'Opinion française quand elle s'arrache à l'abrutissement réglementaire :

« La démocratie comporte toujours une forme d’incomplétude car elle ne se suffit pas à elle-même. Mais le président dans le cadre de la 5e République ne fait-il pas office de monarque républicain remplaçant la figure paternaliste du roi ? Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n'a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n'est plus là ! On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d'y placer d'autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l'espace. On le voit bien avec l'interrogation permanente sur la figure présidentielle, qui vaut depuis le départ du général de Gaulle. Après lui, la normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au cœur de la vie politique. Pourtant, ce qu'on attend du président de la République, c'est qu'il occupe cette fonction. Tout s'est construit sur ce malentendu.»

Bruno Roger-Petit que l'on ne savait pas porté sur les choses de Cour nous confie qu'après sa déclaration de candidature, de retour vers Paris, Emmanuel Macron a fait une halte là où les pierres parlent. Loin des caméras et des micros, le néo-candidat à l’élection présidentielle s’est arrêté en la Basilique de Saint-Denis, tombeau des Rois de France. Seul en son destin face aux Transis. Qu’est-il venu chercher là, dans ce grand silence de marbre où dort l’âme de la France ? Conviction. Onction. Transmission. Inscription. Tout cela à la fois sans doute. Les voies qui mènent aux Forces de l’esprit sont impénétrables. Le geste de Macron rappelle qu’il est deux catégories de candidat à l’élection présidentielle: ceux qui hantent les lieux de mémoire, en quête d’encens, et ceux qui occupent les plateaux de télévision, en perte de sens.

Plus qu'un frémissement...


Le Mémorial de France à Saint-Denys propose
le samedi 21 janvier 2017, à midi
une messe de Requiem
dite en la Basilique en mémoire de Louis XVI
au jour anniversaire de sa décapitation
en exécution de l'ordonnance perpétuelle de Louis XVIII

Saint-Denis est à Paris le choix officiel convenable au-dessus de la nécropole des rois. La Chapelle expiatoire est bien trop exiguë pour offrir le recueillement indispensable à une assistance forcément nombreuse, sinon l'église de Saint-Germain l'Auxerrois dit la messe du Cercle de l'Œillet Blanc en présence du comte de Paris.
[messes en province partout, voir le site dédié en cliquant ici]

Messe à Saint-Denis le 21 janvier 2017



Messe du 21 janvier 2017 à St Germain l'Auxerrois


Pour approfondir le billet récurrent du 21 janvier nous offrons à notre distingué lectorat l'oraison funèbre que l'abbé Beauvais prononça à Saint-Nicolas du Chardonnet il y a huit ans et qui m'avait alors saisi :

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, ainsi soit-il.

Mes bien chers Frères,

Pourquoi célébrer une messe plus de deux cents ans après la mort du Roi Louis XVI ? Parce que tout vrai Français et tout vrai chrétien comprend qu’une réparation doit être offerte à Dieu pour l’outrage qui lui a été fait en ce jour, et qu’une prière doit Lui être présentée pour qu’Il lui plaise enfin de retirer la France du gouffre où elle s’est jetée en commettant ce régicide. C’est donc un acte expiatoire, en réparation, une prière pour le roi mais aussi pour le salut de la France.

« On voudrait effacer cette page de l’histoire, chasser cette date du souvenir des hommes, faire rentrer dans le néant cette procédure. Mais non ! Le fait est irréparable. Longtemps, chez les autres peuples, la France sera la nation régicide et impie, et jusqu’à l’achèvement de sa destinée, elle portera au front la tache du sang versé sur la place de la Révolution ».

Voilà pourquoi, deux cent seize ans après, le souvenir du roi guillotiné ne s’est pas effacé de la mémoire de certains Français.

On a souvent trouvé sous la plume d’historiens et d’écrivains passionnés un plaisir quelquefois même méchant à exagérer la faiblesse de Louis XVI dans son gouvernement. A quoi nous servirait-il ce soir de parler d’un roi faible ou d’un roi sans caractère, toutes choses qui restent à prouver. Le Pape Pie VI a fait remarquer à ce sujet qu’on a confondu sa mansuétude avec la faiblesse sans savoir que la mansuétude est l’état d’une âme pleine de fermeté que rien ne peut abattre et qui en face des troubles, des insurrections, des fureurs populaires fait dire à Louis XVI cette parole qui l’honore à un si haut degré : «L’homme qui a la conscience pure ne tremble pas ». Livré à la souffrance d’ailleurs, bien loin de témoigner de la faiblesse, il déploya au Temple et à l’échafaud la force, le courage et la grandeur d’âme qui mérita l’adieu du prêtre : « Fils de saint Louis, montez au ciel ».

Qu’importe donc le jugement humain porté sur Louis XVI. Mauvais ou grand roi, bonté et faiblesse du roi ? Ce qui compte c’est l’âme de ce prince profondément désireux de donner le bonheur à son peuple, mais qui rougissait à l’idée d’avoir à le commander et plus encore à le rudoyer parce que son éducation rousseauiste lui avait appris que l’homme était bon par nature. A ses dépens, il fera l’expérience cruelle du contraire. Qui ne pardonnerait à Louis XVI, paralysé dans son action par un choc jusque là inconnu, celui de la monarchie et de la subversion moderne ?

Comme l’écrivit Jean de Viguerie :
« On a beaucoup parlé d’un roi faible, irrésolu, mais on oublie qu’un certain sens de la responsabilité, et un certain souci de la justice étaient son apanage. Que Louis XVI ait semblé parfois lent à se décider ne signifie pourtant pas que le roi fut un homme indécis ou irrésolu. Combien de choix a-t-il fait qui ne furent jamais décidés à la légère. Une partie du public était d’ailleurs moins préoccupée par la faiblesse que par la réputation de dureté du jeune roi.
Sans être un homme autoritaire, le roi avait conscience de sa dignité de souverain parce qu’il se faisait une très haute idée de sa dynastie et de la place du monarque qu’il regardait comme celle d’un intercesseur entre les hommes et le divin ».

Daudet écrivit dans Les lys sanglants :
« Il était loin d’être le « gros Louis » que disaient les révolutionnaires. Il concevait raisonnablement, mais il y avait en lui un goût du ralenti qu’il essayait en vain de surmonter. Enfin il ne voulait pas croire à l’infamie de la nature humaine, quand une mauvaise politique et l’irréligion ont lâché la bride à ses pires instincts ».

Quel étonnant mélange que Louis XVI ! On isole trop systématiquement 1793 de 1789. Or, cet inexpiable forfait de 93, remonte à la guerre faite par ces philosophes des ténèbres un siècle durant, à tout ce qui fut religion et morale. Voir dans le mouvement de 89 une simple insurrection de l’opinion publique contre des abus intolérables n’est franchement pas honnête, ni sérieux. Ce n’était pas à certains excès - toujours possibles quant il s’agit des hommes - mais à l’autorité dans ce qu’elle avait de plus inviolable et de plus sacré que les fauteurs du mouvement de 89 voulaient porter le coup mortel. C’était bien à l’assaut du trône et de l’autel, que sur l’ordre des société secrètes marchaient les principaux coryphées des idées nouvelles.

Après la vente des biens du clergé, le pape Pie VI ne put garder le silence :
« L’autorité royale, dira-t-il, a été enlevée au roi très chrétien pour le mettre sous la dépendance de l’Assemblée et l’obliger à sanctionner tous ses décrets. La nation presque entière est séduite par l’apparence d’une vaine liberté, au lieu de reconnaître que le salut de l’Etat repose principalement sur l’autorité de Jésus-Christ, et que l’on n’est heureux selon l’expression de saint Augustin, que quand d’un plein consentement, on obéit aux rois : car ils sont les ministres de Dieu pour le bien, les enfants et les défenseurs de l’Eglise qu’ils doivent aimer comme leur mère, et défendre contre ceux qui l’attaquent ».

Coup bas contre l’autorité qui fit dire à Balzac :
« Le jour où la France trancha la tête à son roi, elle la trancha du même coup à tous les pères de famille ».

Louis XVI sera ainsi le premier souverain à avoir affronté le cataclysme révolutionnaire, sans avoir pu bien comprendre que le désordre était dans les esprits et qu’il ne suffisait pas d’être un roi bon, pour être un bon roi. Ce fut la première rencontre entre l’ordre et la subversion. Comme l’écrivit Maurras : « la psychologie de l’autorité, ses bases les plus générales et les plus profondes se trouvaient rongées, minées, réduites en poussière dans toutes les têtes et dans tous les cœurs de ces singulières générations (celles de la fin du XVIIIe siècle).

Le crime du 21 janvier était en germe dans la séparation de la tête et du corps de la nation. Ne l’oublions pas, la Révolution est d’abord une guerre de religion, la guerre de l’athéisme matérialiste contre l’Eglise romaine à laquelle présida et préluda l’Encyclopédie de Voltaire avec son « Ecrasons l’infâme » de Diderot qui dira « Avec les derniers boyaux des prêtres, nous serrerons le cou du dernier des rois » jointe au naturisme de Jean-Jacques Rousseau, aux débuts de la maçonnerie mondaine et des sociétés de pensée où se croisent et se mêlent toutes les formes de l’antichristianisme et de l’irréligion dans son ensemble. Clubs philosophiques et politiques qui l’emporteront au sein des assemblées et accélèreront le passage de la discussion à l’action, du principe de la souveraineté populaire à la tyrannie des masses et aux horreurs des massacres et de la guillotine.

Pour s’attaquer efficacement à la religion, les révolutionnaires comprirent d’instinct qu’ils devaient s’attaquer aux personnes du roi et de la reine. On ne peut rien contre les idées si on ne s’en prend d’abord aux personnes qui les représentent. De plus le roi s’identifiait avec la patrie, la famille royale avec la famille française ; c’était donc cette patrie, c’était cette famille qu’il fallait égorger, selon le mot célèbre de Danton prononcé au procès de Louis XVI: « Nous ne voulons pas juger le roi, nous voulons le tuer ». A ce procès du roi se donnèrent rendez-vous toutes les calomnies, tous les faux témoignages, tous les mensonges d’une époque barbare et souillée pour terminer en cette exécution monstrueuse de Louis XVI opérée sans aucune espèce de raison, servant seulement de pierre de touche pour la sincérité de la foi républicaine, devenue le nouveau dogme.

La décatholicisation de la France, présentée par Mirabeau comme une condition nécessaire au triomphe des idées nouvelles passait par le régicide. Le trône de Louis XVI dont on avait sapé les bases ne devait plus s’appuyer sur l’autel.

Il n’y a donc aucun doute, la révolution qui fit tomber la tête de Louis XVI a voulu abattre le principe de l’autorité divine. Et c’est bien dans l’esprit de Robespierre qui disait: « Tant qu’il y aura des rois par la grâce de Dieu, la révolution ne sera pas en sûreté ». On voit là que l’essence même de la révolution commencée en 1789 est l’esprit de révolte : il s’agissait de donner à chaque individu une âme d’insurgé, en lutte contre toutes les lois naturelles et divine. Louis XVI a été guillotiné parce qu’il était roi, et roi très chrétien. Les deux ne font qu’un car la Révolution est d’un même mouvement : la haine de Dieu et la haine de l’ordre naturel établi par Dieu dans sa création et révélé aux hommes.

Pour la Révolution, Louis XVI devait mourir parce que sa seule présence, même après avoir été savamment mis hors d’état de gouverner, était un obstacle aux prétentions philosophiques.

Comme l’écrira Léon Daudet: « Ce qu'il reste de cette révolution de 1789, tant célébrée, tant vantée, en prose et en vers, c’est un charnier, c’est un spectacle d’épouvante et de bêtise dont l’humanité offre peu d’exemples ».

Qu’est-ce que le 21 janvier 1793, sinon « le fait de brutes enivrées d’une idéologie libertaire, égalitaire et suicidaire qui prétendaient couper à jamais la France de Dieu lui-même, pour recommencer l’histoire avec les seules forces de la raison humaine ».

« Le mauvais destin servi par la méchanceté humaine, j’ai nommé l’esprit révolutionnaire, va s’acharner sans merci ».

Louis XVI, "Roi martyr », tel est le nom qu’il a gardé comme victime de la Révolution antichrétienne, et tel est le nom que l’histoire lui rendant justice, lui a décerné. Et Louis XVI avait pour ainsi dire consacré d’avance cette appellation de Roi martyr en disant :
« Je suis prêt à m’immoler pour mon peuple. Puisse le sacrifice de ma vie faire le bonheur de la France ».

C’est par les saints et les martyrs que furent appelés alors à donner au monde le témoignage de Notre Seigneur Jésus-Christ que l’on juge la Révolution. C’est à la lumière de leur mort que l’on juge les principes de 1789.

« La religion devait compter cet infortuné monarque au nombre de ses martyrs ». Ainsi s’exprimait le pape Pie VI, ce qui fit dire au cardinal Maury : « Le pape a conçu une idée aussi grande que juste, lorsqu’il a fait entrevoir dans son discours au Consistoire que Louis XVI méritait et qu’il obtiendrait un jour les honneurs de la canonisation. C’est la plus belle réparation que la religion puisse faire à la royauté au moment où les scélérats se sont ligués pour l’avilir, que de transformer ainsi en autel, l’échafaud de Louis XVI ».

En lisant les actes du martyre de Louis XVI, on comprend que la vertu peut faire descendre le ciel sur la terre. On comprend aussi que la perversité humaine peut y faire monter l’enfer, lorsqu’on lit les crimes, les fureurs, les joies hideuses de ses meurtriers.

Nous prions ce soir pour le repos de son âme, certes, sans oublier ce que le pape Pie VI exprima en terminant son éloge funèbre de Louis XVI:
« Nous avons la confiance qu’il a heureusement échangé une couronne royale et des lys qui se seraient bientôt flétris contre cet autre diadème impérissable que les anges ont tissé de lys immortels ».

« Ils me feront mourir, déclara Louis XVI à son avocat, Monsieur de Malesherbes, mais qu’importe ! Ce sera gagner une cause que de laisser une mémoire intacte et sans tache ».

Louis XVI n’a sauvé ni sa vie, ni son royaume, mais il a sauvé l’honneur de Dieu, l’honneur de la France et son honneur. Il a ajouté à la couronne des rois tous les fleurons les plus glorieux, les plus rares, ceux de la sainteté et du martyre, son échafaud est sa plus grande gloire. Que Louis XVI demeure pour la postérité celui que Léon Daudet appelait « le lys sanglant ineffable offert en holocauste aux furies infernales ».

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Ainsi soit-il !




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lundi 1 février 2016

En France, le roi peut mourir


On dit partout que SAR le prince Sixte-Henri de Bourbon Parme aurait claqué la porte de la messe de requiem pour Louis XVI à la basilique de Saint-Denis le 21 janvier dernier. Qu'a-t-il entendu qui le fasse sortir de ses gonds ? Une déclaration du prince Louis de Bourbon absent, lue par un diacre en préambule de l'homélie du Père Pic : dans la déclaration, le prince Louis s'annonce "duc d'Anjou" et "successeur légitime des Rois de France". Le régent de la Communion carliste qui lui dénie tout avenir, a failli faire une attaque et a quitté la nef par l'allée centrale (outrage pour les croyants). Le microcosme est aux cent coups ! On trouvera la relation de ce scandale dans le bulletin climatique du Conseil dans l'espérance du roi en date du 25.01.2016 sous la plume de Franz de Burgos.

Rappelons l'esclandre du prince au barbecue bourbonnien organisé l'an dernier par le prince Charles-Henri de Lobkowicz au château de Bostz, au motif de la présence de l'usurpateur isabélitain Luis-Alfonso de Borbon à l'ascendance de qui il impute les 400000 morts des guerres carlistes (faut jamais mollir). Sa déclaration incendiaire lui avait valu les remontrances acides des docteurs de la Loi.
Ce qu'il supportait jadis dans sa navigation du mouvement royaliste, lui apparaît-il aujourd'hui insupportable ? Ses préférences marquées pour la branche d'Orléans et le mouvement d'Action française s'accommodent-elles de la thèse interruptive qu'il promeut contre les Bourbons d'Espagne ?
Après tout, la Monarchie de Juillet n'a-t-elle pas sombré comme sa sœur aînée laissant la famille en déshérence si « le Roi ne meurt pas en France »?

Sixte-Henri de Bourbon Parme est le champion de la thèse interruptive, qui fonde sa conviction sur la devise percutante de la succession capétienne : « Le Mort saisit le Vif » : si la main du mort ne trouve que le vide, les compteurs sont remis à zéro. Dans un entretien donné il y a treize ans au Libre Journal de la France Courtoise (n°283 du 17.01.2003 - clic - merci Vexilla Regis), il développait cette rupture dynastique. Mais il y a deux ans, à Var Matin, le prince élaborait les conditions de ses propres prétentions à régner :

Il remonte le principe de non-interruptibilité aux rois carolingiens. On comprend bien qu'à sa mort, le décès sans héritier du roi carolingien permettait d'ouvrir le champ des possibles et qu'une lignée nouvelle était choisie sur des critères multiples de naissance, de position sur l'échelle féodale, de possessions foncières et de forces disponibles. L'écho le plus récent de cette coutume disruptive est l'élection d'Hugues Capet à Senlis en 987 à la couronne des Francs. Naîtront alors, au fil des questions dynastiques, les lois de dévolution de la couronne de France pour préserver la lignée capétienne tout en évitant les désordres successoraux. Ces lois formeront plus tard un corpus constitutionnel appelé "Lois Fondamentales du Royaume De France". Les amateurs pressés peuvent cliquer ici.

Mgr Sixte-Henri part du principe que le royaume de France a disparu corps et biens et qu'on efface l'ardoise. Il n'y a pas de rois souterrains. Mort, c'est mort. Prétend-il n'est pas sûr et certain, d'autant que célibataire sans enfants, il ne pourrait réparer une interruption que pour en créer une autre quelques temps plus tard. Mais quand on lui demande où se situe-t-il sur l'échiquier politique, il répond sans ambages : Les rois sous l'Ancien régime n'ont jamais été de droite ou de gauche.
Le prétendant pointe l'oreille, à moins que nous ne soyons dans la posture d'un vieux monsieur solitaire qui s'ennuie.

Ph.I des Francs
Dans le même entretien à Var Matin, il signale vivre dans son château de Lignières, à défaut de pouvoir vivre à Chambord (sic) après la captation de l'héritage des Parme organisée par l'Etat français. Je ne sais comment il aurait pu entretenir Chambord quand on sait l'état du château actuel, paumé au fin fond du Berry. Contrairement à ses concurrents, il proclame donc l'ancrage foncier des vieux féodaux, et les renforts de la Communion carliste.
Nous abordons là aux rivages du rêve éveillé, et sans doute n'y croit-il pas plus que ça. Mais en cas d'ouverture de la fenêtre d'opportunité, le principe de non-interruptibilité sera invoqué par le plus motivé des outsiders prétendant accéder : le Roi est mort de si longtemps, le Roi c'est moi ! Finalement, qui s'opposerait à Pharamond II de Lorraine-Habsbourg s'il apparaissait à Reims avec l'ADN des Troyens, puisqu'il est de la famille de Priam à la mode de Bretagne ? Un vieux prince de Parme irritable et malpoli ? Et pourquoi pas moi, se sont dit tant de cadres du mouvement royaliste un jour, au second armagnac du soir.

Il me plairait bien ce Mérovingien caché qui réglerait une bonne fois pour toutes cette Querelle dynastique qui nous empoisonne tant.


Postscriptum du lundi soir : Communiqué Duc d'Anjou qui a mis le feu aux poudres à Saint-Denis :
« Monseigneur le duc d’Anjou, Chef de la Maison de Bourbon, successeur légitime des Rois de France, s’associe à la prière des membres de sa famille, du Président et des membres du Comité du Mémorial de France à Saint-Denys comme de tous ceux qui sont venus assister à cette messe célébrée à la Mémoire du Roi Louis XVI en ce jour anniversaire de sa mort. Puisse le Roi-Martyr intercéder pour la France ! »

Le début du texte me signale une fabrication, même si on se doute que le prince Louis ne rédige pas d'habitude ses communiqués lui-même. Celui-ci nous rappelle l'époque du secrétaire Bureau qui ne manquait pas une occasion de proclamer les droits imprescriptibles de son maître. Le prince arrivant à Paris le dimanche suivant pour la messe de la Chapelle Expiatoire organisée elle-aussi par l'IMB des Bauffremont, le communiqué du jeudi était inutile, surtout en ces termes grandiloquents. Quelqu'un avait-il intérêt à cette "provocation" après avoir invité le doyen de Parme au sang chaud, Mgr Sixte-Henri ? Le trouver expliquerait tout.


jeudi 21 janvier 2016

Requiems pour un Roi



Ce jeudi soir 21 janvier et demain soir vendredi seront donnés au Château de Versailles trois Requiem pour se souvenir de LLMM Louis XVI et Marie Antoinette, avec les chœurs et l'orchestre du Concert Spirituel sous la direction de Monsieur Hervé Niquet (annonce officielle ici).

* Messe des morts en ré mineur pour chœur et orchestre (1823)
de Charles-Henri Plantade
* Méditation religieuse pour chœur et orchestre (1851)
d'Hector Berlioz
* Requiem en ut mineur pour chœur et orchestre (1817)
de Luigi Cherubini

Messes partout en France en cliquant sur le bouquet


Cette triste journée est l'occasion de parler du roi Louis XVI. Cette année, Le Lien Légitimiste dans sa livraison de Noël, a publié une notice d'Aurore Chéry, docteur en histoire moderne de l'Université Lyon III, intitulée Histoire d’un non-objet historiographique : le cas Louis XVI (clic). L'auteur n'est pas royaliste (heureusement peut-être) car elle sort des sentiers battus et rebattus dans le microcosme pour finalement nous apprendre beaucoup de choses sur le roi en son temps, un personnage bien plus complexe que ne le disent les livres d'histoire les plus vendus.






En modeste hommage, Royal-Artillerie s'associe à ces commémorations en offrant à ses lecteurs le Pange Lingua Gloriosi qui redonne du courage et que le Piéton du roi connaît par cœur pour l'avoir tant chanté aux Vêpres de son enfance :




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