Affichage des articles dont le libellé est Justice. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Justice. Afficher tous les articles

mardi 14 janvier 2020

À chacun sa m...

Le premier djihadiste français de l'Etat islamique en Irak et au Levant est sorti hier lundi de prison après avoir fait son temps. Sans doute, comme Gilles le Guen capturé à Tombouctou et libéré pour bonne conduite l'an dernier, le dit Abdel Fattah (Flavien Moreau de Nantes) sera-t-il astreint à un pointage quotidien au commissariat du quartier, surveillé et soumis à d'autres mesures que nous ignorons. Une vingtaine vont le suivre cette année.
Au même moment, le Garde des Sceaux Belloubet se déclare favorable au retour des enfants regroupés dans les camps du Levant et au rapatriement des assassins-combattants qui ne peuvent pas être jugés en Irak pour d'évidentes raisons de sous-capacités du système judiciaire irakien. Les veuves noires feraient partie du lot.

Puisqu'en cherchant un peu, on trouve tout sur Internet, ce billet limite son ambition à réfléchir sur un dilemme majeur de notre époque et laisse chiffres et détails à la navigation de chacun. Disons simplement qu'on parle en centaines d'individus. Tant le président Erdogan que le président Trump demandent aux nations européennes de récupérer leurs ressortissants pour l'instant parqués dans divers camps (kurdes souvent) afin de garantir qu'ils ne s'évaporent pas un jour vers les zones de conflits à la faveur d'un aléa de la guerre au califat, et pour soulager l'ordinaire et le sanitaire des communautés qui les détiennent. La démarche se résume fort bien par l'expression triviale : "A chacun sa merde !" Les Européens - sauf les Danois qui les groupent dans une sorte de château d'If - sont très embarrassés parce que leurs systèmes judiciaires sont débilités par des décennies de "compréhension" à l'endroit des coupables en voie de repentir. Même si les condamnés ayant purgé leur peine restent normalement sous contrôle, sauf quand ils vont égorger le Père Hamel à St Etienne du Rouvray, nulle assurance n'est donnée quant à leur "conversion", leur retournement, leur normalisation. Les souvenirs des atrocités auxquelles ils ont assisté ou participé sont imprimés au fond de l'âme et rien n'indique que le plaisir qu'ils prirent jadis ne ressurgisse pas demain au moins en intentions. On en vient vite à la question de la peine de mort : c'est la seule police d'assurance et la moins chère en primes. Qui soutiendrait, et sur la base de quoi, que le peuple français broncherait à la liquidation de djihadistes ayant perpétré des crimes de sang dans toute l'horreur que l'EIIL nous a montré complaisamment dans ses reportages de propagande ? Une seule photo suffira, celle des Coptes égyptiens égorgés pour leur foi en Libye, mais il y en a de bien plus atroces que nous ne publierons pas pour éviter d'être accusé de racolage.


Une nation saine aurait déjà rapatrié ses ressortissants qui lui avaient déclaré la guerre. Mais la France n'en est plus une. Entre les débats byzantins sur la déchéance de nationalité, l'application tatillonne des jurisprudences quand le code ne suffit plus, le confort de l'incarcération sur instruction, les circonstances toujours atténuantes, les remises de peine, le pays est exposé comme jamais il ne le fut depuis l'armistice de juin 40. Qui a compris ça :

Nous avons en France une masse importante de musulmans radicalisés au seuil du terrorisme (FSRPRT): on parle de presque vingt mille ! Rapatrier les djihadistes de l'EIIL c'est à terme incorporer leurs chefs dans l'armée future du califat. Ce ne sont pas des caïds de cité qui rentreront mais des "cadres" ayant combattu dans les pires conditions et rescapés de durs combats où tombèrent des milliers de leurs camarades. Sans parler du prestige qu'auront ces détenus auréolés de gloire dans nos prisons françaises, on n'imagine pas l'influence des libérés sur parole dans cinq ou dix ans sur leurs communautés d'origine ! Et c'est bien là la faute majeure de ces gouvernements de danseuses qui ne savent pas trancher au col. Nous formons inconsciemment l'armée islamiste de l'intérieur. Espérons seulement que les bonnes âmes y passeront les premières.

Que faire d'autre sinon qu'une révolution ? Ce n'est pas la peine d'attaquer Mme Belloubet ; c'est la classe politique qui est rongée par l'affaissement moral de notre société, à moins que l'Etat profond qui est raisonnablement "tueur" ne prenne le dessus sur les intermittents de la Bêtise.

jeudi 18 janvier 2018

Déni de démocratie ?

Après la décapitation du roi Louis XVI à Paris (c'est de saison), le pape Pie VI fit part de sa douleur et récusa la souveraineté du peuple en des termes non ambigus : « Le Roi très chrétien Louis XVI a été condamné au dernier supplice par une conjuration impie et ce jugement s’est exécuté. Nous vous rappellerons en peu de mots les dispositions et les motifs de la sentence. La Convention Nationale n’avait ni droit ni autorité pour la prononcer. En effet, après avoir aboli la monarchie, le meilleur des gouvernements, elle avait transporté toute la puissance publique au peuple, qui ne se conduit ni par raison, ni par conseil, ne se forme sur aucun point des idées justes, apprécie peu de chose par la vérité et en évalue un grand nombre d’après l’opinion ; qui est toujours inconstant, facile à être trompé...» (la déclaration papale complète sur l'Institut du Christ-roi souverain prêtre).

Oui, il y a bien déni de justice en Loire atlantique, nous n'y reviendrons pas car il est très documenté, et déni de démocratie au sens où l'entendent le peuple et ses représentants élus, même si des manifestations monstres ont été observées contre le projet d'aéroport. Le dénouement de la crise de Notre-Dame des Landes signe donc un double échec, ce qui fait beaucoup :

I.- Échec technocratique, puisque le gouvernement des bureaux, comme les appelait Charles Maurras, a la fâcheuse tendance à décoller des réalités et bien plus grave s'auto-alimente de sa propre production bureaucratique. Pour beaucoup d'administrateurs la pertinence d'un projet se mesure à l'épaisseur de la cote. Si vous avez quatre-vingt kilos de classeurs, l'approbation est légitime, autant que sa mise en œuvre justifie quelques accommodements avec des dommages collatéraux. La Cinquième république plus que ses parentes a poussé la technocratie dans ses derniers retranchements et nourri les rapports de la Cour des Comptes comme jamais. C'est la prise de pouvoir d'une technostructure emblématique du système français de grandes écoles, La Caste s'arrogeant outre le pouvoir l'intelligence du développement du pays tout juste mesurée par la réussite aux concours. Le reste est à l'avenant... décevant.

Citons pour faire thèse quelques échecs retentissants :

Barre du Haut du Lièvre à Nancy
- Théorie des Grands Ensembles raillée souvent comme "politique de la ville sans ville", qui va produire à pleine charge des logements déshumanisés où ne viendront habiter que ceux qui n'ont pas d'autres choix.

 - Abandon des départements français d'Afrique du Nord qui a créé en métropole le premier département de France, le département algérien (4 millions de gens).

- Plan calcul de 1966 : Bull, C2I, Unidata, circuits intégrés CGE...), des milliards et des morts !

- Démembrement du département de la Seine pour rompre la "ceinture rouge" de Paris, qui va obliger à créer des villes nouvelles trop proches du périphérique pour reloger la classe laborieuse. La densification ruinera tout aménagement intelligent (difficultés à boucler les fuseaux de transport) et l'on compte aujourd'hui sur le projet de Grand Paris pour rattraper ce qui existait naturellement avant 1968.

- Concorde, ivresse de la prouesse technique, décalée des évolutions vers un transport aérien de masse prouvées par l'indéniable succès du Boeing 747.

- Stérilité du Minitel au moment où s'envolait le maillage Internet.


II.- Échec démocratique ? Bien sûr qu'il y a un déni démocratique dans l'abandon de l'aéroport du Grand Ouest. Il n'en pouvait être autrement dès lors que l'outil démocratique est utilisé depuis toujours pour confirmer une intention des pouvoirs publics et qu'en cas de mauvaise surprise, on le remet dans sa caisse à outils ainsi qu'il en fut du référendum européen de 2005. Le peuple avait voté certes contre le traité constitutionnel giscardien mais bien plus contre le gouvernement Chirac. Dans le cas qui nous occupe aujourd'hui, bien que le projet aéroportuaire ait été justifié par le développement de deux régions contiguës, la Bretagne et les Pays de Loire, la circonscription consultée fut limitée au département de la Loire atlantique parce que les sondages y donnaient un "oui".

Mais quand bien même ! Les résultats par communes ou quartiers montrent que la projection d'un futur économique régional ne fut pas le premier motif de l'expression des suffrages. Malgré un tapage de tous les instants et de forts désordres à Nantes et Rennes, la participation fut faible : 51,08%. Si les communes sous avions ont voté le transfert, aucune commune d'accueil de la nouvelle infrastructure n'a suivi. Des communes au sud de la Loire comme au nord ont privilégié la distance à parcourir, d'autres la sécurisation de l'emploi sur la zone aéroportuaire existante mais le plus étonnant fut le résultat de Nantes-ville : 50,06% de oui avec un taux de participation de 46,56% (malgré les émeutes précédentes). La maire de Nantes reste soudée à ce résultat fort précaire, obtenu en plus sans l'alternative du réaménagement de Château Bougon. Qu'importe, le gouvernement mussolinien de monsieur Valls tenait un résultat à 55% que l'on pouvait brandir dans l'hémicycle sans se soucier des ressorts de la consultation. Il n'en put rien faire ! CQFD.

Manifestation monstre contre NDDL - Où se cachent les 200 terroristes ?


Le cabinet Philippe du président Macron a donc laissé tomber la supercherie démocratique stérile. Il a décidé de faire réfléchir pour lui des professionnels non attachés aux "bureaux" qui touillent la même soupe froide depuis vingt ans, a fait la synthèse de leurs conclusions et a tranché ! C'est la définition du gouvernement des hommes. Pour les archives, on va reprendre ci-dessous le communiqué de Matignon résumant l'intervention d'Edouard Philippe hier devant la presse :

À l'issue du Conseil des ministres du 17 janvier 2018, le Premier ministre, Édouard Philippe, a annoncé la décision d'abandonner le projet aéroportuaire du Grand Ouest à Notre-Dame-des-Landes. Une "décision logique au regard de l'impasse devant laquelle se trouve ce dossier", a déclaré le Premier ministre pour qui "50 années d'hésitation n'ont jamais fait une évidence".
"Cette décision d'apaisement doit aussi être l'occasion d'un nouveau départ, l'occasion de construire différemment, intelligemment", a déclaré Édouard Philippe qui a souligné que le projet aéroportuaire du Grand Ouest "ne correspondait plus aux réalités actuelles de l'organisation aéroportuaire."
Le Premier ministre a indiqué que le réaménagement de l'aéroport de Nantes-Atlantique allait être effectué avec des mesures pour limiter les nuisances sonores. De même, l'aéroport de Rennes-Saint-Jacques sera agrandi et développé.
Parallèlement, le Grand-Ouest a besoin de solutions pour croître. Il a besoin d'être connecté au reste de la France et de l'Europe. Ce dont le territoire a besoin, "ce à quoi le Gouvernement s'engage, c'est que le [territoire] dispose de liaisons faciles avec les autres métropoles européennes et de mettre en place des liaisons rapides avec les hubs des longs courriers internationaux", a-t-il précisé.
"Nous devons davantage jouer sur la complémentarité rail-air", a déclaré le Premier ministre qui a demandé à la ministre des Transports, Elisabeth Borgne, "d'étudier dans un délai de six mois les conditions de mise en œuvre de trois chantiers [consistant] à optimiser l'usage de Nantes Atlantique, à mettre en réseau les aéroports régionaux et à nous appuyer sur les lignes ferroviaires à grande vitesse pour rejoindre les plateformes aéroportuaires parisiennes."


III.- In cauda...

L'analyse politique ne peut s'achever sans parler des politiques eux-mêmes. La décision du gouvernement d'en finir n'est pas qu'une atteinte à l'orgueil des caciques nantais que l'on fait atterrir de force dans le champ des réalités mais un sacré coup de vieux. Leurs anticipations anciennes n'ont jamais été confirmées dans les faits mais actualisées en permanence. Le concret présent ne prouvant rien, restons dans le futur ! La furie immobilière qui sous-tendait l'opération en sera pour ses frais ; ceux qui ont acquis des terrains sous avions en attendant le transfert du trafic n'ont plus qu'à les mettre en culture. On connaît des petits paysans qui aimeraient s'installer.

Finissons par cette évocation des intendants d'Ancien régime par le très socialiste Anatole France, lue sur le Lien légitimiste n°51. Revenant de Tours à la Béchellerie (Saint-Cyr sur Loire) en passant le pont de pierre, il disait :
Tenez, regardez les escaliers de votre pont qui conduisent aux berges, comme ils sont beaux. Larges, d'une perspective heureuse, ils sont du plus pur XVII° siècle. Seulement ils sont délabrés, la république n'a pas d'argent pour les belles choses. Quant à ces vases*, aux quatre coins du pont, je suis certain qu'ils n'ont jamais attiré votre attention ; ils résolvent une difficile question de perspective. Ils sont assez grands pour être vus de loin, pas trop grands cependant pour écraser lorsqu'on est près d'eux. ces gens-là savaient construire. Ces grands intendants sont la gloire de la monarchie finissante. Ils s'intéressaient à tout. L'administration n'était pas pour eux une paperasserie stérile, mais la vie même dans ses manifestations les plus variées. Beaux-arts, industrie, commerce, ils voyaient, discernaient, jugeaient, encourageaient...
(*) ce sont les pots-à-feu qui, allumés, signalaient l'axe du pont par temps de brume épaisse.

La démocratie directe, sacralisée par les partis minoritaires n'est ni le remède aux erreurs de jugement ni le moteur d'un développement raisonné quand elle déborde de sa sphère cognitive. Le génie s'y fait rare !


mercredi 29 novembre 2017

Le gozzo de Djamel


Le bateau d'abord !

La précision du trait suggère qu'il fut dessiné face et profil au poste de carénage avant que d'être couché sous l'aquarelle. La carène de travail ventrue, son étrave forte sans capion, la falque large sur liston et le plat-bord sans cordon signalent presque à coup sûr un gozzo napolitain, du modèle connu dans tous les ports du sud de la méditerranée occidentale. Facile, l'artiste est algérois.

La poupe a été entamée ou coupée par l'artiste pour alléger un dessin très chargé. Du pont, il ne reste presque rien, emporté sans doute lors de l'échouement violent. La mer a défoncé le bordage tribord jusqu'à l'ambon de bouchain. Une grande antenne de voile au tiers, improbable encore à poste, un moignon de maître-mât très avancé pour dégager l'espace de travail mais qui exigerait de cabusser la grande antenne au beaupré en latine ou gênerait l'amure de foc en plan carré ; la fine antenne brisée d'un perroquet qui se déchire et les cornes à tramail que l'on devine à la proue laissant partir des filins, le bateau est bien observé. La voile verdâtre devient une toile à pourrir... Sur la grève la bourriche en osier, le petit fût bleu qui sert à tout, les avirons impuissants, les corps disparus des pêcheurs, l'histoire est achevée mais la mer s'acharne. Il y a surtout le ciel de la mer. Toute la force du tableau est dans le poids du ciel sur l'épave, carrément oppressant. Le bateau drossé à la côte finira dévoré entre l'indigo de l'orage et la turquoise des hauts fonds. Aucune autre issue à la tragédie que du bois flotté.


L'artiste ensuite !

Son nom ne vous dira rien. Il n'expose pas, enfin... non, il n'expose pas. Il s'appelle Djamel Ameziane et il a 50 ans ! Des gens informés ont reconstitué son curriculum vitæ sur la Wikipedia, que vous lirez en cliquant ici. Pendant son séjour à Guantánamo Bay il a peint plusieurs aquarelles, l'exercice faisant partie d'un programme de déradicalisation dont on a pu voir les productions dans une exposition Ode to the Sea au John Jay College (of criminal justice) de Manhattan (expo jusqu'au 26 janvier 2018 - catalogue ici). Les frémissements d'enthousiasme des marchands d'art ont convaincu le Pentagone que les œuvres appartenaient au programme, n'étaient pas monnayables et ne pourraient être remises à leurs auteurs, à part celles qui étaient déjà sorties du circuit, et pourquoi pas incinérées un jour pour faire de la place aux archives.

Je ne juge pas M. Ameziane, pour une raison très simple : il a été interrogé pendant six ans à partir de techniques d'aveu difficiles à affronter pour, à la fin, être extrader sans charge aucune vers son pays natal, l'Algérie. Il a tout subi. On sait que les Aussaresse de Gitmo pouvaient t'arracher n'importe quoi mais le bonhomme, capturé en 2001 aux FATAs par un chef de tribu locale et vendu à l'ISI pakistanaise, fut revendu aux Américains dans un lot de prisonniers, sans qu'il soit crédité d'un flagrant délit. D'un autre côté, les experts en confessions forcées ne sont pas parvenus à l'abrutir complètement puisqu'il réclame cinquante millions de dollars canadiens de réparations pour onze années de détention abusive* en partie dues à la complicité active des services canadiens, en sus des 8838 dollars US qu'il portait sur lui et que les Pakistanais n'auraient pas trouvés lors de sa remise aux Américains en Afghanistan et qui lui auraient été confisqués à Kandahar.
(*) Pour estimer ses chances, il faut lire le Globe And Mail de Toronto du 5 novembre dernier en [cliquant ici], c'est une grosse affaire !

La conclusion

Il y a des justifications sérieuses qui prendraient trois pages écrites serré, pour fonder cette rétention administrative d'œuvres. Mais justement ce sont trois pages de trop pour convaincre. Quand le prisonnier est reconnu innocent (sans débat contradictoire ni jugement au pénal), quel motif invoquer pour lui retenir son argent et ses peintures ? Tant les méthodes utilisées pour briser les volontés que la longueur extravagante de détention préventive, sont les ferments d'une haine inextinguible des anciens détenus de Guantánamo Bay envers les Etats-Unis, à moins d'être atteints du syndrome de Stockholm.
Depuis le début de l'aventure américaine au Moyen Orient on se demande si quelqu'un réfléchit ! Est-ce un maraboutage général des cerveaux au Pentagone et au Département d'Etat ? La guerre au fondamentalisme islamiste sanglant (rien ne dit qu'Ameziane y ait pris part) est autant psychologique que polémologique. D'ailleurs les Peace Corps de jadis travaillaient par l'esprit comme les officiers SAS français aux colonies. Les Etats-Unis ont-ils la légitimité de leur brutalité ? Non. Et tout commence ou recommence !



La note d'art

Shipwreck de Djamel Ameziane, Guantánamo Bay 2011, est une marine inspirée par la situation de prisonnier, que l'artiste a traité comme une nature morte, l'eau de la crique est calme. Œuvre aboutie de la meilleure facture, ne déparerait pas un catalogue de naufrages. Aquarelle de dimensions inconnues, format A3 supposé. Le cadre du tirage jet d'encre couleur fait par son frère au Canada en 2016 mesure 635mm sur 508 (25in.x20).

Un bateau navigant sous le même type de gréement, mais plus petit que le gozzo, à tonture prononcée et non ponté (c'est une filadière), vous est offert ci-dessous:



lundi 1 février 2016

Taubira et sa Loi

Ainsi Christiane Taubira a quitté la Chancellerie. Elle s'inscrira dans la chronique des travaux et des jours comme le Garde des sceaux qui imposa le mariage homosexuel en France, et rien de plus, car il n'y eut rien de plus, à part quelques ajustement à la marge des procédures judiciaires. Il restera d'elle une inclination naturelle à manœuvrer les Chambres par un discours littéraire qui tranchait sur la morne plaine des récitations automatiques de députés godillots. Elle a apporté de la fraîcheur dans l'hémicycle. Quant aux grandes idées*, elles sont restées au stade de l'incantation obstinée, répétée, lassante, avec ce soupçon de mépris des Français qui a interdit le soutien, sinon l'empathie de citoyens en phase avec ses propositions, mais qui furent outrés par son combat maladroit pour la négritude contre eux.

Sa démission est la fenêtre d'opportunité pour les adversaires au mariage homosexuel qui remettent aujourd'hui du gasoil pour nous resservir la "destruction de la famille" et faire avancer leur modèle social en béton dans l'allée des prétendants à l'Elysée. Dans un entretien accordé à Atlantico, Guillaume de Prémare** relève que seulement 18000 mariages homosexuels ont été "célébrés" en deux ans en France, ce qui semble indiquer que la ressource minoritaire s'épuise. Un tableau complet de l'INSEE nous donne tous les chiffres et compte 250000 mariages en gros. Le mariage gay est un épiphénomène. Il n'en demeure pas moins que pour M. de Prémare la menace contre la famille traditionnelle persisterait. Il dit :

« L’idéologie issue des études sur le genre vise à imposer l’idée d’indifférenciation entre l’homme et la femme. Il y a un lien substantiel avec le mariage homosexuel : si deux hommes ou deux femmes peuvent se marier et adopter des enfants – au même titre qu’un homme et une femme -, c’est qu’il y a équivalence des situations et indifférenciation entre homme et femme. Il y a une dialectique qui vise à opposer nature et culture ; et même à nier l’existence d’une nature humaine. Cette opposition est trompeuse parce que l’homme est par nature un animal social et culturel ; et sa dimension biologique est articulée à sa dimension culturelle. La nature humaine englobe tout cela.»

Ce sont des conneries (dans une version papier, on écrit : on se paie de mots): la nature de l'homme est hétérosexuelle par construction et toutes les lois permissives du monde n'effaceront pas l'étonnement, la raillerie voire le mépris nés de la rencontre de couples homosexuels. En ce sens qu'il n'y aura pas indifférenciation des sexes, ni destruction de l'ADN humain par le poison de la culture décadente du Bas Empire. Il suffit de sortir "en ville" et de parler aux autres au lieu de rester coincé dans la phosphoration de ses idées. Les gens tout simplement s'en moquent dans les deux sens du terme ! N'ajoutons pas (mais un peu quand même) que les populations appelées en renfort de notre économie essoufflée sont unanimement contre les homosexuels pratiquants jusqu'à les lapider, les pendre ou les jeter des toits.

Nulle loi n'interdit maintenant à quiconque de se marier, y compris l'immense majorité de la population qui fait la noce comme au bon vieux temps, avec les blagues salaces de l'oncle de Chaminadour en fin de banquet ! Pour ma part, que deux êtres qui s'aiment veuillent solenniser leur union par un mariage ne m'enlève aucun point de retraite. Certes, la famille patriarcale est le creuset générique de l'éducation du petit d'homme ; ce dispositif cellulaire est éprouvé depuis Néandertal ; mais ça ne se passe pas non plus toujours très bien. Les royalistes sont aux premières loges pour constater les dégâts de la contrainte dans les familles princières et non princières. Parfois cela tourne au désastre. Oui, la cellule familiale est la brique naturelle élémentaire d'une société, n'en faisons pas un sacrement universel obligatoire.

Mon sentiment est que les cadres de la Manif-Pour-Tous, forts du souvenir d'un million de marcheurs à Paris, cherchent à pérenniser un fonds de commerce valorisable auprès de structures politiques plus grandes, elles-mêmes dispensatrices de prébendes et de visibilité sociale. Ils inventent un péril là où il n'y a qu'abandon circonstancié et électoraliste à une mode sociétale qui risque bien de passer un jour comme passent les mœurs décalées. D'ailleurs, on sait peu que des gens impliqués comme Pierre Bergé s'étaient déclarés il y a longtemps contre le mariage mimétique des homosexuels, se satisfaisant de la protection patrimoniale du PACS et déconseillant cette pitrerie.

Par contre, il faut tenir bon contre l'adoption d'enfants-de-plaisance par des couples anti-nature - pourquoi lester les écoliers d'un pareil handicap ?*** - et demander sans relâche l'abolition de l'article 6-1 du Code civil**** : « Le mariage et la filiation adoptive emportent les mêmes effets, droits et obligations reconnus par les lois, à l'exclusion de ceux prévus au titre VII du livre Ier du présent code, que les époux ou les parents soient de sexe différent ou de même sexe », et surtout bloquer en frontière toute la gestation d'enfants pour autrui, sauf à laisser monter des usines à gosses partout dans le tiers-monde avec un marché des préférences, options et tarifs, même si...... ça existe déjà !



Les combats à mener en France sont d'un autre ordre.

La classe politique le sent aussi, qui ne reviendra pas sur la loi Taubira. Ce serait une perte de temps et d'énergie pour un épiphénomène. Les politiciens sont souvent inefficaces aux affaires mais gardent une sûreté de jugement quant à leurs chances personnelles. Ils peuvent prédire que l'électorat ne se déterminera pas en réaction contre la loi homosexuelle. C'est l'analyse de Nicolas Sarkozy.

En revanche, l'avortement et les privilèges consentis par le cabinet Valls à ce fléau démographique ; l'état calamiteux de nos finances publiques qui cachent dans leurs comptes la bombe atomique des pensions de fonctionnaires non provisionnées qui obligera un jour Bercy à piller les caisses des travailleurs du secteur marchand ; le coma de notre économie soviétisée engluée dans l'archéo-syndicalisme politique ; le drainage des cerveaux et le chômage de masse ; le lest de plomb d'une armée immense de parasites sociaux de plus en plus amalgamés aux étrangers visibles ; tous ces points sont le ferment d'une révolte sociale d'ampleur. Certains, dont je ne suis pas, parlent de guerre civile. Pour la faire, il faut être plus nombreux et plus enragés, jusqu'à passer l'Arc de Triomphe pour descendre les Champs Elysées jusqu'à la Grille du Coq. Il n'y a personne d'assez charismatique et riche pour lever l'étendard du Vaffanculo général et La-Manif-Pour-Tous n'amassera pas de barricades en poussettes. Inutile de s'exciter et d'appeler les cotisations. On fera avec la Loi taubiresque dont on purgera l'adoption d'enfants. Se concentrer sur une mesure unique et simple devrait aboutir. Bombarder, pour ce faire, son député pendant la prochaine campagne électorale législative de 2017 : Non à l'adoption gay !


Notes :
(*) pour comprendre la réflexion de Taubira il faut lire Surveiller & Punir de Michel Foucault. Bon courage, je l'ai fait :)
(**) patron du réseau d'influenceurs catholiques Ichtus.fr
(***) Avec bien d'autres, le docteur Lévy-Soussan conteste le soi-disant bien-être des enfants adoptés par des couples homosexuels : « Ils deviennent des sujets à haut risque de dépression, vivent l’échec scolaire, le manque d’estime de soi et des difficultés d’insertion sociale », explique Lévy-Soussan, autant de choses qui tombent sous le bon sens. Le psychiatre précise : « Comment ces couples-là peuvent assumer, par rapport à l’enfant, le fait qu’ils l’ont privé de père ou de mère ». Accusant l’honnêteté des études, il lâche : « Ils sont sommés d’aller bien pour des raisons idéologiques, politiques et militantes », et donc « ils ne vont pas admettre que c’est compliqué pour eux ». (source Grumberg c/o Dreuz.info)
(****) Loi 2013-404 du 17.03.2013 (clic)

 

vendredi 29 août 2014

Quatrième minute nécessaire: les parlements

Voici la quatrième livraison de la minute de l'Union royaliste Bretagne Vendée militaire. Elle brosse la constitution et la pertinence des parlements provinciaux dans l'architecture étatique de l'Ancien régime.



C'est du concentré, mais il y a tout ou presque. On frise l'exploit ! L'organisation juridique de la monarchie d'Ancien régime mérite d'autres développements, d'autant que les particularismes locaux sont très nombreux. C'est la raison pour laquelle Royal-Artillerie avait cantonné ses recherches sur l'Etat quotidien d'Ancien régime à la province de Languedoc, n'ayant pas le format utile ni les compétences requises pour embrasser plus largement la question.

On notera simplement qu'avant le roi (au sens d'Etat) existait des seigneurs-justices qui localement assumaient cette fonction sociale et un système d'instances. Voir La justice du roi sur ce blogue.


vendredi 7 décembre 2012

L'affaire Mahé

Firmin Mahé
Il s'agit de juger aujourd'hui quatre militaires de l'opération Licorne en Côte d'Ivoire qui ont retiré définitivement de la circulation et sur ordre, un coupeur de route, ainsi que l'on nomme aujourd'hui les brigands de grands chemins sans foi ni loi. Il s'appelait Firmin Mahé et mourut étouffé au sac plastique le 13 mai 2005 dans le VBL qui le ramenait à Bangolo (zone tampon), au cantonnement PRIAC (Peloton de reconnaissance et d'intervention antichar). La chaîne de commandement est impliquée, même si le général commandant l'expédition jure ses grands dieux qu'il ignorait tout, ce que personne ne croit.
La corrélation entre les exactions qui ont motivé l'arrestation et le prévenu n'est pas sûre à 100%. Un Nestor Mahé coupait aussi les routes, disent les villageois. Les détails de la "bavure" ont été ressassés par la presse entre deux couacs du gouvernement, nous n'y revenons pas. L'affaire Mahé est exemplaire à deux titres : la nature de la mission, l'usurpation de pouvoir.


La mission: Il n'est jamais bon de confier des opérations de gendarmerie à des troupes militaires, jamais et nulle part. Le comportement récurrent des armées africaines le prouve à l'envi ; c'est toujours pire pour les populations. Engager des moyens de mêlée dans le maintien de l'ordre ressortit à la fable de L'Ours et l'amateur des jardins. La pierre écrase la mouche ! Maintenir l'ordre c'est un travail d'intimidation, d'enquête, de mesure, presque de finesse, qui réclame beaucoup de retenue dans l'action. Les forces de police y sont rompues, pas les forces armées. C'est pour cette raison qu'on n'engage jamais chez nous l'armée dans des échauffourées urbaines. Même en mai 1968, ce sont les unités de la PP, les CRS et la Mobile qui ont fait tout le travail. Des éléments de la 11°DLP vinrent à Paris garder les ministères et administrations sensibles dévêtues de leur sécurité organique, mais n'apparurent jamais sur le "front" de l'émeute. Ils étaient d'ailleurs en treillis retaillé et béret fantaisie amarante sans aucune protection individuelle pour ne pas décourager les parisiennes.
Ceci dit, déclasser les forces armées en outil de pacification des populations civiles finit généralement mal. Que l'on pense au contrôle des territoires en Afrique du Nord, et dans nos anciennes colonies africaines. Une compagnie de combat est construite et instruite pour le choc, s'en distraire amène à baisser la garde et à se laisser surprendre en situation. Reste qu'un coup de pouce militaire aux opérations humanitaires n'est pas interdit non plus. Mais une armée est payée (par le contribuable) pour faire la guerre. Sinon pas besoin d'armée !

L'usurpation est toujours une réaction à une insuffisance: Les autorités judiciaires auraient-elles assumé correctement leur fonction que le coupeur de route leur aurait été remis. C'est la déréliction des pouvoirs de justice qui laisse penser que les problèmes seront réglés à moindre frais, peines et soins par une exécution sommaire. La pédagogie sur la zone d'effort est mauvaise, la force primant le droit des deux côtés. Dans ce cas précis, le retour de Mahé à ses activités criminelles aurait fatalement croisé l'ogive en pleine tête d'une patrouille le surprenant. Mort au combat, no problemo.
A partir d'un certain grade, tout détenteur de la force intellectualise son pouvoir et naturellement pallie les carences constatées dans son environnement, à moins d'être fonctionnarisé. Il n'est pas facile de résister à cet appel de l'efficacité. On a tourné beaucoup de films sur le syndrome du justicier obligé.

Si les exécutants de ce crime peuvent invoquer les circonstances atténuantes de l'ambiance en insécurité et des souffrances de la population, il n'empêche qu'ils ont usurpé un pouvoir qui leur est interdit d'exercer. Il ne fait pas de doute que la chaîne de commandement est coupable, depuis le commandant-en-chef ainsi que l'a confirmé son propre adjoint par euphémisme, "le colonel Burgaud a reçu du général Poncet l'impulsion pour que Mahé n'arrive pas vivant", jusqu'au chef de patrouille au contact.


L'armée en guerre ou rien: S'il pouvait sortir de ce procès que nos troupes n'ont rien à faire dans de fausses guerres à la mords-moi-le-noeud dans lesquelles nous devrions plutôt engager notre gendarmerie pléthorique, nous aurions fait un grand bond d'intelligence. Il ne serait pas inutile non plus d'améliorer notre analyse des motifs d'intervention, notre "stratégie", mais ça c'est la politique britannique du quant-à-soi qui ne sort l'épée que pour trancher dans le vif sans restrictions d'aucune sorte, à tel point qu'ils sont les plus craints sans avoir besoin de menacer.
Dans le nouveau formatage de nos forces armées, le recadrage des missions générales doit fonder la réflexion. Arrêtons de jouer au gendarme du monde. Un voeu pieux sans doute, tant notre propension à guider les autres est pressante, et en Afrique d'abord. Gardons-nous de remettre les pieds au sol au Mali, ça nous fera autant de critiques en moins plus tard.



Quel régiment prendrait la devise du 501°RCC aujourd'hui ?
"EN TUER"



Postsriptum de 17 heures:
Le verdict de la Cour d'assises de Paris est tombé :
. le colonel Eric Burgaud, 5 ans avec sursis
. l'adjudant-chef Guy Raugel, 4 ans avec sursis
. le brigadier-chef Johannes Schnier, 1 an avec sursis
. le brigadier Lianrifou ben Youssouf, acquitté



mardi 20 novembre 2012

Crevure, nf. Fissure provoquée par...

CREVURE, nf. Fissure qui est provoquée par le fait de crever. Personne abjecte, individu qui a des sentiments bas et est capable des pires actions.

CREVURE (amis de la), nm. pluriel, Individus capables d'obscurcir leur propre jugement pour coller à l'idéologie de groupe afin de préserver le mirage des délires et les chances d'un proscrit.

And the Winners are
(selon M. Philippe Bilger, ex-avocat général près la Cour d'appel de Paris) :
Au titre de la première définition :
BATTISTI CESARE,
né le 18 décembre 1954 à Cisterna di Latina
Assassin du surveillant-chef de prison Antonio Santoro à Udine le 6 juin 1978
Assassin du boucher Lino Sabbadin à Santa Maria di Sala le 16 février 1979
Complice des assassins du bijoutier Pierluigi Torregiani à Milan le 16 février 1979
Assassin de l'agent de police Andrea Campagna à Milan, le 19 avril 1979
Condamné en première instance et en appel, en cavale par la France au Brésil
Au titre de la seconde définition :
AUDOUIN-ROUZEAU Frédérique, archéo-zoologue spécialiste des rats au CNRS, défenseur(e) indéfectible de l'assassin sur "pièces" et "sur place" (Brésil)
BAYROU François, agriculteur-agrégé, qui refuse les condamnations par contumace des prévenus en fuite
COCHET Yves, politicien vert au bras long comme l'Atlantique qui aida l'assassin au Brésil
HOLLANDE François, Premier secrétaire du Parti socialiste qui visita l'assassin à Fresnes en 2004 pour ampliation de la doctrine Mitterrand des "trois-singes"
LEVY Bernard-Henri, marchand de bois-philosophe qui visita l'assassin à la prison de Papuna (Brésil) pour un soutien humanitaire
STRAUSS-KAHN Dominique, professeur d'économie en disponibilité qui infirma la décision de Solférino d'extrader l'assassin
Il manque à la liste Guy Bedos, Bertrand Delanoë, Marie-Georges Buffet, Noël Mamère, Philippe Sollers, les soeurs Bruni-Tedeschi, cent autres et un défunt abusé, l'abbé Pierre.

A l'exception notable du garde des Sceaux Robert Badinter qui avait parfaitement jugé la petite frappe passée à l'assassinat et recommandé son extradition, la classe politique française s'est vautrée derrière le président Mitterrand dans le déni et l'insulte à l'endroit d'un pays ami, avant de se fracasser sur les évidences (voir plus bas). Le proscrit est un étron qui porte bonheur tant qu'on l'écrase du pied gauche.
Si le morphopsychologue Robert Lascaux était toujours de ce monde, il nous dirait qu'à voir sa tronche, ça sautait pourtant aux yeux :


1954 - quand?

Le dernier clou dans le cercueil en attente de Cesare Battisti a été enfoncé par le journaliste d'investigation Karl Laske dans son dernier grand reportage La Mémoire du plomb, chez Stock 480 p. 22€ (critique JDM-Marianne n°811). Les tribunaux italiens y sont réhabilités. Le fuyard est une crapule. Nul doute que les autorités brésiliennes apprécieront maintenant le cadeau que leur a fait l'ancien président Lula da Silva, dont le directeur de cabinet José Dirceu vient d'être condamné par la Cour suprême de Brasilia à dix ans de prison pour corruption électorale aggravée. Du beau linge partout. A étendre !

mercredi 9 mars 2011

La gangrène gazeuse d'un régime invalide

Le spectacle politique de ce presque printemps met le désastre en scène. Sur tous les plans ce pays s'enfonce ! Et les indicateurs aussi divers que les chiffres des Douanes, la satisfaction des citoyens, l'humeur des entrepreneurs, les préferences politiques du pays, montrent tous une fracture béante entre les corps sociaux et les "bureaux" de Maurras. Les "gens" en ont plus qu'assez de la nomenklatura politico-médiatique qui les envahit. Mais de révolution, point, le pays est maté, formaté, il ne raisonne pas. Il a des humeurs.

Les deux faits les plus signifiants de la semaine sont la percée de Marine Le Pen dans les sondages et le succès des mesures dilatoires du clan Chirac repoussant un mauvais procès aux calendes (grecques). Faisons un sort déjà au second.

Qu'un ancien président de la République soit poursuivi (avec son cabinet politique de jadis) pour corruption, prévarication, concussion, même si ce ne sont pas les termes de l'acte d'accusation, serait plutôt sain. Que la procédure suive son cours alors que le plaignant (Mairie de Paris) a accepté une transaction réparatrice du préjudice subi, au motif qu'une association morale (Anticor) s'est portée partie civile, laisse perplexe et souligne la force grandissante des ligues en tout genre qui "font la loi".

La magistrature réputée indépendante est incapable de faire cesser cette bouffonnerie, enfermée dans un droit corne-cul qui au dernier moment renvoie l'affaire chez le meilleur ami du prévenu dans un conseil à l'enseigne du sphynx, dont il est membre à vie ! On mesure là la complexité de l'usine à gaz judiciaire dont ce pays subit les effets, épisodiquement rapportés dans les faits divers de la presse à faire peur. Comme le régime politique qui l'encadre, notre droit est gangréné par l'Inextricable ! Les gens s'en méfient et le dicton "mieux vaut un mauvais arragement qu'un bon procès" n'a jamais été plus vrai.
Faut-il juger Chirac ? C'est trop tard ! Et le pays complice qui l'a élu plusieurs fois n'a pas besoin de cette ultime flagellation de déconsidérer un ancien président qui n'a commis aucun crime, quand même.

Mais c'est bien le leadership frontiste des sondages présidentiels qui fait bruisser le Landerneau politique. La carrière politique de nos répresentants est menacée par l'expression populaire de l'opinion, le populisme. Curieux que dans une démo*cratie on dénonce le popu*lisme, c'est quasiment pareil ! Nos élus vivent leur mandat comme un sacerdoce et font tous les efforts nécessaires à y mourir comme les escargots, debout ! C'est une spécificité française qu'il n'y ait en politique aucune vie après l'échec. Même les reclassements en division 2 sont difficiles car les prébendes sont tellement juteuses qu'il y a pléthore d'impétrants, féroces même, prêts à tuer parfois. La politique est une lutte.

Marine Le Pen rebat les cartes. Elle a la main. Les cantonales ne diront pas grand chose pour des raisons que nous ne développons pas, mais la présidentielle et les législatives de 2012 sont dans le même package. Et les 20 ou 25% du Front - s'ils persistent - détruiront tous les accords de second tour pour la députation, surtout avec les micro-partis insérés dans le jeu pour faire des équilibres mais qui, n'ayant aucun avenir national, ne voient que leur intérêt immédiat. C'est de la cuisine. Elle pue !

La nomenklatura en est consciente qui s'en inquiète beaucoup et commence à faire le siège des idées du Front national pour le débiner et le réduire, coûte que coûte. Le meilleur argument est intellectuellement l'inanité des propositions frontistes, quasiment impossibles à mettre en oeuvre sauf à déclencher une crise à la grecque. Mais les gens n'achètent pas ces critiques car le meccano Le Pen est cohérent et très efficace dans sa présentation, et comme il s'agit de convaincre en démocratie le plus grand nombre, on force le trait pour être compris des masses, même si quelques élites crient au charron. C'est imparable.
Le "pouvoir" installé se sent incapable de contrer les dénonciations du Front car il les a faites lui-même pour divers motifs et s'est avéré impuissant à y répondre. La question de l'immigration est un test. Les intentions étaient bonnes, à la réserve près que l'immigration choisie proclamait le pillage des cerveaux du tiers-monde à notre bénéfice, mais l'Inextricabilité de notre droit les a réduites à néant, sauf à prendre les résultats risibles des reconduites répétées des mêmes en frontière pour des résultats. Fallait-il assumer d'éventuelles remontrances de la "Conscience internationale" ? Bien sûr et fermer les frontières, chartériser les clandestins sans travail et proclamer l'immigration zéro. Quand bien même serait-elle impossible que de la déclarer enverrait un signal clair en brousse et dans les pays de l'Est grouillant de doryphores.

Dans la liste du Front, l'insécurité vient en bonne place. Le pouvoir, ayant à sa tête le chef de la police - incroyable ! - a été trahi par la magistrature qui a le réflexe de juger les lois en même temps que les prévenus. Ce chef n'en est pas un. Aurait-on confié la fonction au duc d'Otrante qu'on aurait vu la différence. L'indépendance de la magistrature autorise-t-elle la critique de ce corps constitué par un autre ou bien cette indépendance est-elle une immunité diplomatique ? c'est juste une question.

Le reste du programme FN est ici.

Ce régime pue parce qu'il est inadapté. La dernière mouture workable fut la constitution pseudo-monarchique de 1958. Elle fut gravement altérée par le césarisme du titulaire qui rechercha le plébiscite de l'Opinion en 1962, ce qui remettait dans le jeu la démagogie inhérente à la démocratie latine. Mais le pire était à venir. Les Français, querelleurs gaulois, ont en commun avec les Arabes de devoir être "gouvernés". Le quinquennat brisant avec la sagesse du temps long, a fait de la fonction suprême celle d'un candidat permanent. Il recherche donc les suffrages à chaque élection intermédiaire - et d'ailleurs les perd - puis corrige sa politique dans les domaines perdants, pour au final, ne rien gouverner du tout.
Un exemple entre vingt : les régimes spéciaux hérités de la soviétisation de 1945 ont été supprimés par remplacement de dispositions nouvelles, transitoires ou définitives... les compensant.
Appuyons encore : les ports (surtout Marseille) sont dégradés par des revendications catégorielles inouïes qui justifieraient l'Etat d'urgence. Silence... droit sacré de la prise d'otages syndicale ! Gaudin a reçu enfin son bâton de maréchal au Palais du Luxembourg, il peut se le carrer où je pense.
Le pouvoir est aux abois, son électorat le poursuit. La panique paralysante n'est pas loin. Sarkozy va-t-il remettre son titre en jeu tout de suite ?
Cela ne changerait rien au fond, la gangrène continue, le régime est inadapté.

mardi 15 février 2011

Justice & diplomatie

Notre diplomatie a son Ingrid Bétancourt 2. « On va enlever la blanche colombe à la barbe de ces p... de rastacouères et venger Camerone ! Brice sera chargé de positionner un Noratlas tout vert dans la forêt guatémaltèque pour recueillir le commando et voler jusqu'à Cayenne, où l'on construit l'arc de triomphe fleuri sous lequel ils passeront tous. Où sont les caméras ?» (Zebulo in pectore).

Le dossier Berton que j'ai lu en son temps dénonce les contradictions de la procédure, les "ratures", le foutoir judiciaire mexicain et le reportage en conserve de l'arrestation de la fiancée et de son pirate au bénéfice du chef du FBI local qui voulait faire carrière, et se retrouve aujourd'hui ministre de l'Intérieur. Ça nous rappelle aussi des opérations coup de poing en France d'un autre ministre de l'Intérieur. Mais sur les "faits jugés" il est sec, Me Berton. D'ailleurs, les attendus dissipés ci et là par les autorités françaises ne les nient pas mais les oublient.

Le gang des Zodiaco n'est pas l'Île aux Enfants, et plus largement la République du Mexique non plus. Rapt, viol et meurtre étaient monnaie courante et ordinaire chez les Zodiaco. Il est établi que Mlle Cassez vivait au ranch de Las Chinitas où d'ailleurs ils reçurent, son fiancé et elle, les beaux parents de France (on a la photo). Il est établi que des otages de ce gang ont été "recrutés" à l'hôtel tenu par son frère, où le pirate trinquait de bonne humeur avec son "beauf". Mais jusque-là, la prévenue pouvait faire l'idiote transie, aveuglée par l'amour tropical. Après tout !

Le témoignage accablant est celui des derniers otages secourus, dont nous avons parlé dans un billet resté fameux (humour :) Cassez le doute. Ce témoignage a paru dans La Jordana (clic). Il est renforcé par le témoignage de M. David Orozco Hernández, gangster, qui soutient que Mlle Cassez partageait la direction des Zodiaco avec son fiancé Israel Vallarta (clac).
Fermez le ban !

Il est ahurissant qu'un gouvernement en arrive à couler sa diplomatie parce que le président gère le pays comme un fan club ! Il ne voit aucune priorité ni hiérarchisation des questions. Le tapis roulant apporte Ben Ali - on gère en direct au jour le jour par tête-à-queue -, Laetitia - on gère en direct la souffrance des parents en l'instrumentalisant -, puis Moubarak - on gère en direct mais en retrait des Etats-Unis dès fois qu'ils se retourneraient -, Florence Cassez - on gère en direct la vexation de n'avoir pas été obéi par un pays jusque-là ami, malgré les promesses... trouvez-moi quelque chose pour la semaine prochaine, ce que vous voulez, une buraliste égorgée par un JAP en cavale, le dynamitage de la villa d'un pote en Corse avec au moins six morts, la fin tragique des pieds nickelés de FR3 en Afghanistan, la vidéo de DSK en situation dans les vestiaires du FMI, ce que vous voudrez.

On comprend que le président Felipe Calderón en soit littéralement tombé sur le cul. Un Etat gère des intérêts pas des émotions. Devrait-il déjuger sa propre Cour de cassation, perdre la face vis à vis de son opinion publique en pleine guerre des cartels de la drogue (les journaux classent l'affaire Cassez à la rubrique Política), cela pour plaire à notre hyperprésident qui veut faire l'avocat à la place de l'avocat ? Qui pis est dans la crise d'énurésie, il devrait se sentir menacé de boycott de l'Année du Mexique en France par le Quai d'Orsay (MAM 11.02.11)? Mais chacun sait que les "années" sont l'enveloppe culturelle des exportations françaises ciblées vers le pays mis en vedette, la locomotive Alstom peinte par Matisse. Et que le Mexique n'a pas d'intérêts vitaux engagés dans l'affaire. Il annule donc la participation de son gouvernement à la foire !
Et démerdez-vous les génies !

L'arrogance de roquet de notre diplomatie fait son chemin pour détruire le peu de considération que nous avions encore. Dans les derniers temps nous avons fait fort : après avoir proposé le savoir-faire français dans le maintien de l'ordre en Tunisie pour sauver notre ami Ben Ali déconsidéré par sa propre police, nous gelons ses avoirs dès son expulsion sans attendre la demande officielle du nouveau gouvernement de Dar el-Bey. Un diaporama de cent photos d'embrassades franco-tunisennes circule sur la Toile. Après avoir laissé le Premier ministre passer ses vacances de Noël en famille au frais de la République égyptienne, nous gelons de la même façon les avoirs français d'Hosni Moubarak au motif qu'il a démissionné, sans attendre non plus la demande officielle de la junte. Lui n'a pas fui, il est en résidence surveillée à Charm el-Cheikh, à disposition des nouvelles autorités égyptiennes. Un diaporama de cent photos d'embrassades franco-égyptiennes circule sur la Toile. De quoi se mêle la France ? L'attitude du Quai oscille entre peigne-cul et faux-jeton. Ces choses-là se font dans l'ordre et sans dire. Notre diplomatie est carbonisée par l'embrasement médiatique de nos pas de clerc. Khouchner était un moindre mal, c'est dire où nous sommes venus.


Il est des gens de haut niveau au ministère des Affaires étrangères, des agents compétents souvent dévoués. Mais la qualité de la réflexion et du service ne peut lutter contre la politique des coups décidés par les spinning doctors de l'Elysée ! Excitée par le souvenir des lentes réactions de la présidence Chirac, la présidence actuelle précède toujours la réflexion des cabinets ministériels, on parle d'abord, on gère ensuite, on ne rattrape que rarement et souvent on en laisse le soin au télescopage des nouvelles qui favorise l'oubli. C'est de l'éjaculation précoce ! De mémoire d'Etat, nous n'avions jamais connu cela ! La présidence du G20 s'annonce mal car les reproches de nos pairs seront sousjacents. Au fait, c'est le Mexique qui nous y succède !!!

Postscriptum :
Notre arrogance met en péril la vente de 36 Rafales au Brésil qui se solidarisera du Mexique en cas d'aggravation de la crise diplomatique. D'ailleurs l'armée de l'air brésilienne préfère le Grippen suédois (sous licence yankee).
Post-postcriptum (16.2.11):
L'avocat général près la Cour d'appel de Paris, Philippe Bilger, dit la même chose que nous dans un registre bien plus élégant mais avec des mots plus sévères. Extrait ...
J'ose soutenir que l'apothéose dans l'imprudence a été proposée par le président de la République quand il a manifesté l'intention de dédier cette Année du Mexique en France - dont le Mexique, et ce n'était pas inattendu, s'est retiré - à Florence Cassez !
Le billet complet par ici ne vous décevra pas.
Une faute d'orthographe, de grammaire, une erreur à signaler ? Contactez le piéton du roi à l'adresse donnée en bas de page et proposez votre correction en indiquant le titre ou l'url du billet incriminé. Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

jeudi 15 octobre 2009

La machine à laver démocratique

De la souveraineté du Peuple... à la concussion légale.
BernardiniL'affaire Sarkojano a remis en haut de l'affiche la primauté de l'élu et sa première conséquence, l'absolution des péchés par le suffrage universel. L'élu est roi. La Justice serait donc à la merci de ce grand tribunal populaire qu'est l'élection. Que le péché soit politique, on peut comprendre que le verdict du souverain le soit. Les exemples abondent. Les forfaitures gaulliennes ont toutes été exécutées par référendum. Il n'en va pas de même quand le "péché" est traîné devant une cour correctionnelle, ce qui le qualifie déjà de judiciaire et lui ôte son attribut politique. Faire passer l'élection au-dessus des lois est fort de café. Le démocraciste du Poitou n'a-t-il pas dit chez Apathie, après avoir fustigé la votation citoyenne pour la Poste dont le résultat ne lui convenait pas : « L'élection est la plus haute dignité de la République ». On ne lui demande pas pourquoi a-t-il soigneusement évité ces suffrages magiques lors de son parachutage dans la Vienne à la sortie de Matignon. Il a choisi le vote "notable" des renvois d'ascenseur pour aller becqueter au Sénat. Ça pose un homme, le Sénat, quels que soient ses rares talents ; et les banquettes y sont plus molles.

harlem désirAinsi voit-on l'ombre portée de ce dogme quand les défenseurs du conseiller général Sarkozy arguent de son élection aux cantonales de 2008 pour légitimer son ambition à La Défense, l'élection primant par essence. Mais ce n'est pas le sujet du jour. Nous parlons de la machine à laver démocratique qui vous rend plus neuf que vieux. Quelques-uns des plus connus :
Guy Drut (Coulommiers) 15 mois, Jean-Paul Alduy (Perpignan) invalidé, Patrick Balkany (Levallois) 15 mois, François Bernardini (Istres) 18 mois, Christian Cuvilliez (Dieppe) 12 mois, Harlem Désir (Région IDF) 18 mois, Xavier Dugoin (Mennecy) 18 mois, Henri Emmanuelli (affaire Urba) 18 mois, Alain Juppé (Bordeaux) 14 mois, Jean-François Mancel (Oise) 18 mois ; [source majoritaire L'Express]
bédier...et on laissera de côté Pierre Bédier (Mantes) 18 mois, et son compère Masdeu-Arus (Poissy) 2 ans, virés du Conseil général des Yvelines, qui attendent leur ré-éligibilité pour s'y remettre. Seul homme politique emprisonné, Alain Carignon (Grenoble) 5 ans dont 4 fermes, ratera son retour malgré son art consommé des magouilles au sein de l'UMP de l'Isère. ll jouait aussi le blanchiment démocratique, mais apparemment quatre ans n'ont pas suffi pour sa "réinsertion".

masdeu arusSi les parlementaires ou hauts fonctionnaires sont rares à la Santé, c'est donc qu'à une exception près de ces cinquante dernières années (Carignon), ils bénéficient, quand ils sont condamnés, du sursis, même si les concussions sont élevées (523 897€ pour Balkany qui deviendraient un million si on avait levé la prescription).
Bien que la surpopulation carcérale soit une épine douloureuse, je suggère que l'inégalité de traitement des parlementaires¹ soit équilibrée par une inégalité devant la loi, et que punis es qualité, ils ne puissent voir leur peine assortie du sursis. Leur statut de dignité obtenu par le divin suffrage universel les y oblige. Pour les non-parlementaires, élus locaux parfois chargés d'opprobre sans bénéfices, la question serait tranchée cas par cas, c'est-à-dire qu'on ne changerait rien, sauf cette détestable habitude des tribunaux de donner du sursis automatique.

balkanyC'est bien exactement l'inverse que la République organise pour les bénéficiaires de ses largesses : l'amnistie périodique. Il y a de quoi s'inquiéter de l'étendue du foutage de gueule dans une époque où on resserre le flicage et où les peines sont durcies pour contenir les impatiences populaires.

Villepin qui n'est pas élu pourrait bien servir de contre-exemple et prendre de la prison ferme. On sent d'ailleurs ses soutiens mollir depuis les assertions règlementaires du graphomane Rondot. Ah, la force de l'écrit en France !

Ce billet participe-t-il de l'antiparlementarisme primaire ?
Carrément. Il suffit de se coller devant le poste pour assister aux séances de la Chambre qui dépasse effectivement le niveau de chahut d'une école primaire.

Note (1): outre des émoluments de vizir, nos députés voient leurs 5 ans comptés pour 40 en pension de retraite, et quand ils sont battus, ils sont assurés contre le "chômage" pendant 60 mois.



Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez aussi le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

jeudi 8 octobre 2009

Pourquoi chimique ?

Aubade lingerieGérer les pervers pépères de nos sociétés abonnées aux images provocantes dépasse les capacités répressives de l'Etat. Dans le domaine des abus et crimes sexuels, le gouvernement marche au fait divers tant l'émotion est grande dans l'opinion, et chaque victime appelle une loi. Mais il en va de même dans tous les domaines sensibles, puisqu'On gouverne au sondage. Nous sommes entrés dans la pire dérive de la démocratie -selon Tocqueville - la démocratie d'opinion.
Début octobre, le zizigougou en promotion est la castration chimique. Les cyberhongreurs affrontent les experts en psychiatrie, des derniers soutenant qu'on n'a jamais vu quelqu'un tué à coup de bite, mais plus sûrement par étranglement, manchette au plexus, perforation à l'opinel ou ogive Brenneke, désorbitation du lapin, rupture des cervicales, tous moyens non érectiles (sauf l'opinel) mais excitables. Dans les faits, le psychopathe sexuel est impuissant de construction, ce qui aggrave sa dangerosité car il poursuit la chimère de concrétiser un jour son érection mentale en érection physique. C'est son "grail" comme disent les Monty Python.

cuissardes en blondeAux dires des laboratoires qui la vendent, la castration chimique détruirait la pulsion et sauverait les collégiennes jusqu'à treize ans, quoique ce phénomène inexpliqué d'instinct, tende de plus en plus à devenir une circonstance atténuante. Si le "patient" traité selon la future loi Hortefeux tue autrui en l'absence de pulsion, sera-t-il condamné plus lourdement ou simplement privé de dessert à la cantine de la prison ?
La question n'est pas anodine.
La pulsion a été parfaitement décrite dans un roman de science-fiction paru en 2005 sous le titre "La Mauvaise Vie". Réédité dans les questions d'actualité, on peut se le procurer facilement dès ce matin (360p. chez Robert Laffont, 19€). On doit en retenir que la pulsion est irrésistible et que ceux qui la subissent peuvent être considérés comme les victimes d'eux-mêmes, plus de trente ans après les faits incriminés !

On voit donc bien que ce débat corne-cul n'aboutit à rien, et qu'en dehors de la sharia qui ignore l'attribut "chimique", il n' y a pas de solution. Si ! Revenir aux fondamentaux. Rendre le gouvernement du peuple aux Eunuques de la Cité interdite et que fleurissent cent chorales de castrats. On me dit sans l'oreillette que c'est un leurre ; le castrat lève ! S'il n'y a donc pas de solution par les chambres, il faut passer par les églises et décréter l'assaut sexuel passible d'expédient. Le coupable sera dépêché par Bernardo Gui auprès de son créateur qui lui changera la puce de l'hominidé par celle du yéti. Terminé !

calendrier Pirelli de fillesSauf réarmement moral de nos sociétés qui multipliera sans doute frustrations et inhibitions incapacitantes au détriment de l'accomplissement des "soi", je ne vois pas d'issues. Est-ce juste de s'accomplir en prenant l'innocence d'autrui, parfois jusqu'à la vie ? Il semblerait que ces temps-ci on en discute, ce qui prouve déjà le niveau de décomposition de notre société occidentale.
Pour les sains d'esprit mais obsédés quand même dans les limites autorisées, nous proposons de feuilleter les derniers mois du calendrier Pirelli des routiers sympa 2009 qui est un hymne à la côte d'Adam (pour la totale, il faut s'inscrire sur le site).


Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez aussi le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

lundi 4 mai 2009

Justice peureuse ?

justice de Courtrai
Miracle de la communication, la crapule Fofana se badigeonne d'intégrisme musulman pour améliorer l'ordinaire de sa probable perpétuité au sein de ses frères en Islam s'il est accepté dans ce monde bien organisé en prison. Jusqu'ici peu de voix s'élèvent dans la oumma contre ses provocations insupportables. Ce sera un grand caïd en centrale à qui on apportera des loukoums et des cigarettes à bout doré avant de lui présenter les fesses. Ces choses se gagnent dans les médias pas au palais de justice. M. Fofana est un primate intelligent.

Ayant prémédité et perpétré l'assassinat jouissif et rémunérateur d'un jeune homme au prétexte qu'il était juif et riche, l'étron barbare qui se sait foutu en droit, menace les jurés de mort pour faire capoter son procès dans un but inavouvé, sans que les magistrats ne sourcillent. Or rien de prouve que les jurés ne soient pas effectivement menacés par le mouvement antisémite qui recrute en banlieue sous la bannière de l'antisionisme. Un procès sans jurés devient impossible. Un procès à huis clos nourrit la légende. M. Fofana est informé.

La République incapable de remettre de l'ordre au quotidien dans les cités, ni de tenir tête à l'émeute, ne saurait protéger un juré d'assise dont les noms, adresse et qualité sont énoncés à la première audience. Va-t-on blinder les jurés comme on le fait des témoins à charge repentis ?

Proc NadalQu'importe, rions sous les bombes. Selon le Procureur général Nadal près la Cour de Cassation qui était descendu à Bordeaux le 29 avril pour fêter les 50 ans de l'Ecole de la Magistrature, l'ENM est « une école de la République » (ndlr: ça veut dire quoi?) qui a su « garder son identité » (ndlr bis) et ceci, malgré sa grande capacité d'adaptation à l'évolution de la société et des attentes des citoyens. Cette identité conservée repose depuis cinquante ans sur trois éléments forts que sont « le caractère professionnel de la formation au métier de magistrat (Outreau ?), la technicité des compétences enseignées (Tracfin ?) et le souci constant de l'ouverture d'esprit des futurs magistrats ». Selon le directeur de l'ENM, M.Thony, ces trois dimensions, toujours conservées, font de cette école « un véritable modèle à l'étranger pour la formation des magistrats ». Nous voilà rassurés, c'est donc pire ailleurs.

Pourtant la dérive est palpable quand on sait la peur qui règne dans les prétoires où les prévenus menacent ouvertement leurs juges, et ceux-ci rentrent jusque chez eux en complète inquiétude, le noeud à l'estomac. La non-publicité des débats du procès Fofana au motif spécieux de la minorité de certains prévenus au moment des faits, ne les protège de rien.

La Justice qui arrive là au terme d'un long processus de déstabilisation de l'Etat bourgeois, aborde aux rivages du Grand désordre qui va susciter la justice individuelle et portative tant redoutée des normateurs, avant que ne foisonne dans les enclaves encore "civilisées" la loi de Lynch.
Où faut-il émigrer ?

Prière du vendredi

fofana
Seigneur, en ces temps de misère budgétaire,
Epargne-nous le nourrissement des salauds
Et daigne dans ton infinie bonté
Dépêcher le pitécanthrope
Aux enfers.
Amen





Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez aussi le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

jeudi 19 mars 2009

Cassez le doute !

L'affaire Cassez arrive à point pour relayer les SDF au Pipoland qui voit avec angoisse revenir les beaux jours. Il est loin le tohu bohu betancouriste qui avait meublé les longues soirées de l'hiver 2007 à attendre en vain que meure la martyre colombienne. Dieu (à ses dires) s'était mis en tête de la sauver des griffes de la Révolution à moitié incinérée par un président-marteau.
"On" nous dit depuis qu'elle ne fut jamais en détention la victime suppliante, mais un joli brin de kapo capable de mettre en péril ses voisins américains pour faire carrière dans la jongle. Chacun se démerde comme il peut pour survivre chez les Comanches. Elle en est sortie... et demande le divorce !

Cassez, c'est du sérieux et facile en plus. Plus question de mélanger la Révolution bolivarienne et les Contras étatisés. Les méchants c'est eux, tous ensemble; les gentils c'est nous ! Même un enfant de CM1 peut gober la fable.

On l’a accusée de participer à des enlèvements. Le parti de Cassez nous signale que l'accusation a été montée de toutes pièces et qu'elle obéit à d’obscures motivations ; alors que Mlle Cassez clame son innocence depuis le début. Comme nul ne voit à qui profiterait le malheur de la Française il faut gratter un peu.

L'obscure motivation est bien celle qui a conduit l'ex-otage du gang du Zodiaque, la señora Rios Valladoras, à charger la fiancée du pirate qu'elle n'a jamais vue (au dire de la condamnée). Pourquoi plomber la belle "inconnue" alors que la police détenait déjà le meneur de jeu Israel Vallarta Cisneros, organisateur du séquestre. Ca vaut le coup de lire son témoignage livré à La Jornada le 13 juin 2008, dont bien sûr pas un mot n'est vrai :
(Original espagnol long à charger aquí)

Mon nom est Cristina Rios Valladares et j’ai été la victime d’une prise d’otage, au coté de mon époux Raul (libéré quelques heures plus tard pour réussir le sauvetage) et mon fils qui avait 11 ans. Depuis ce jour notre vie a totalement changé. Aujourd’hui nous souffrons d’un exil forcé par la peur et l’insécurité. Ma famille est détruite. Ce que mon fils et moi avons vécu du 19 octobre 2005 au 9 décembre de la même année, est indescriptible. 52 jours de captivité pendant lesquelles je fus victime d’abus sexuel et, les trois d’une torture psychologique. Le 9 décembre nous avons été libérés lors d’une opération de l’Agence Fédérale de Recherche (AFI). Israel Vallarta et Florence Cassez furent accusé de nous avoir pris en otage, puis ils furent arrêtés, cette dernière d’origine française, se présente maintenant comme la victime et non pas comme complice du jugement.

« Depuis notre libération, ma famille et moi nous vivons à l’étranger. Nous ne pouvons pas revenir à cause de la peur, car le reste de la bande n’a pas été arrêté. Depuis notre refuge, car on ne peut pas appeler maison un lieu où nous avons été forcé de vivre (à cause de l’insécurité), nous avons appris la nouvelle de la peine de 96 ans de prison que Florence Cassez méritait, cette femme dont j’avais écouté la voix à de maintes reprises pendant ma captivité…la même voix d’origine française qui bourdonne encore aujourd’hui dans mes oreilles, la même voix que mon fils reconnaît comme celle de la femme qui lui prit du sang pour l’envoyer à mon époux avec une oreille qui lui ferait penser qu’elle appartenait à son fils.

Maintenant j’apprends que Florence réclame justice et clame son innocence. Et moi j’entends dans ses cris la voix de la femme qui, jalouse et furieuse, criait sur Israel Vallarta, son petit ami et chef de la bande, que s’il recommençait à s’approcher de moi (elle entra par surprise dans la pièce et elle le vit m’embrasser) elle se vengerait sur moi. Florence raconte « le calvaire » de la prison, mais elle voit sa famille dans le pénitencier, elle fait des appels téléphoniques, elle réalise des interviews pour la presse et elle ne craint pas chaque seconde pour sa vie. Je ne détaillerai pas ce qu’est un véritable enfer, c’est-à-dire, une prise d’otage.

Ni ma famille ni moi n’avons l’envie ni la force de faire une campagne médiatique, diplomatique et politique (comme celle que sa famille est en train de réaliser), pour permettre au gouvernement français, à la presse nationale et internationale d’écouter l’autre version, c’est-à-dire, celle de la parole des victimes de la bande à laquelle appartenait Mademoiselle Cassez. Florence qui est une preneuse d’otage et non pas seulement la petite amie d’un preneur d’otage (avec lequel elle vivait dans un ranch au moment de la captivité de mon fils et moi), l’idée qu’elle puisse apparaître comme une victime et qu’elle lutte pour qu’on modifie sa condamnation. Si elle y arrive ou non, ce n’est pas à nous d’en juger, bien que cela continue à nous blesser.

Cette lettre est uniquement pour nous soulager. L’affaire est aux mains de la justice mexicaine. Nous n’interviendront plus publiquement, nous ne donnerons plus d’interviews à la presse (notre indignation nous a poussés à en concéder quelques unes), nous utilisons et utiliserons toute notre énergie pour protéger l’intégrité de notre famille et dans le but de nous guérir du mal qu’ils nous ont fait. La nouvelle effervescence que ravive l’appel de la condamnation et le remous médiatique qu’il provoque nous met de nouveau en danger.

Merci pour votre attention.
Cristina Rios Valladares »


Cette lettre a été reproduite sur plusieurs blogues (dont Rue89) mais curieusement n'a fait l'objet d'aucun rebond dans la presse "mainstreet". A ce témoignage accablant, le génie du barreau, Me Berton, n'oppose que des viols ... de procédure, des fautes de dates dans les dossiers et finalement, dénonce le bordel judiciaire mexicain, mais ne conteste pas la matérialité du témoignage ci-dessus, sauf en mettant en avant la rédaction d'une page de l'instruction qui délocaliserait le lieu de séquestration loin du ranch.

Cassez est condamnée pour quatre enlèvements, alors que son avocat conteste le quatrième. Il aura gain de cause puisque un jugement d'appel enlèvera 20 ans sur 96¹ le 3 mars 2009, de même pour les peines accessoires mal fagottées (b, c et d de la note 1). Il en reste 60 pour 3 enlèvements qui, semble-t-il, ne peuvent être contestés faute de moyens d'attaque, et malgré le désordre inimaginable de la procédure !

Flore,ce et Israel
Le président des Droits de l'homme et protecteur de l'irréprochable justice française a-t-il fait la leçon à son homologue mexicain ? Cela m'étonnerait de la part de l'ancien chef de la police qui fit face à ce genre de "démontage" quand il était place Beauvau. Il est probable que l'on s'est contenté de gérer la question médiatique et que Mlle Cassez rentrera en France purger la moitié de sa peine ramenée sans doute à 20 ans par confusion des deux autres, même si ce n'est pas orthodoxe. De toute façon le public mexicain n'en a cure au milieu de la rafale de rapts en tous genres qui ponctue ses semaines !

Comme tous les gens impliqués en France malgré eux par les médias hexagonaux, je juge sur les pièces diffusées, pas sur une audience privée de la plaignante ! Pour moi le témoignage de Mme Rios Valladeros - La Jordana n'a pas été assignée pour l'avoir fabriqué - contredit la thèse "familiale" de la blanche caille jetée aux chiens. Quant au foutoir exotique ... il n'est que de prononcer "Outreau" ou "Villemin" pour s'en affranchir.

Mlle Cassez va rentrer faire ses 10 ans. Peu de chances que son fiancé Israel l'accueille à la sortie, il n'est pas encore jugé. M. Delanoë va-t-il déployer le calicot au balcon de l'Hôtel de Ville, car au fond c'est sans doute un chic type ?


Note (1): Les 96 ans se décomposent ainsi :
(a)- 4 enlèvements (20 ans chacun)
(b)- association de malfaiteurs : 8 ans (l'avocat dénie l'association puisque aucun complice n'a été arrêté et que la loi mexicaine fixe une association à trois membres)
(c)- possession d'armes : 4 ans (aucune arme n'aurait été retrouvée au ranch)
(d)- possession de munitions : 4 ans (ça va avec sinon le pistolet est un simple outil contondant)






Si l'article vous a plu ou déplu, vous pouvez aussi le faire suivre à un ami en cliquant sur la petite enveloppe ci-dessous :

Articles les plus consultés

Compteur de clics (actif)