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dimanche 12 juillet 2020

Action française, de l'antisémitisme au sionisme, une trajectoire inouïe

Avertissement. Ce 12 juillet on peut commémorer la mort du capitaine Alfred Dreyfus en 1935 ainsi que l'arrêt de cassation du jugement qui le réhabilite un 12 juillet également, en 1906. C'est l'occasion pour le piéton du roi de placer un article longtemps retenu, qui devait répondre aux accusations d'antisémitisme visant régulièrement l'Action française de la haute époque dans le milieu journalistique. Je demande pardon à ceux qui ne soupçonnaient pas cette trajectoire intellectuelle et en seront meurtris dans leur intime conviction de la culpabilité de Dreyfus !

Le chef de bataillon Alfred Dreyfus en 1934


C'est une affaire controversée que l'antisémitisme de l'Action française et on a beaucoup écrit sur le sujet, les tenants de l'antisémitisme d'Etat réfutant laborieusement la thèse de l'antisémitisme pavlovien du premier parti royaliste. Tous les arguments pour et contre existent dans l'océan de la production Action française de la haute époque (1899-1945) mais jamais au même moment. L'antisémitisme instinctif du Chemin de Paradis a muté, il s'est usé par le frottement des personnalités du Tout-Paris parmi lesquelles figuraient autant d'israélites et de convertis qu'aujourd'hui*, jusqu'à devenir une posture comme l'écrivait Bernanos d'Hitler, un type qui avait "déshonoré" l'antisémitisme par sa vulgarité. S'inventa à la fin l'expression précitée d'antisémitisme d'Etat, porte de secours offerte par les quatre Etats confédérés, qui laissait fermée celle de la dénonciation ad hominem du petit juif de la Rue Pavée.

Ce billet n'a évidemment pas l'ambition de clore le débat mais revient sur le laboratoire philosophique maurrassien que décrit si bien Eric Vatré*, pour montrer quelques bases de l'antisémitisme du martégal, et dans une seconde partie, porte témoignage de la persistance de l'effluve malgré un immense repentir déclenché par l'histoire.

Très tôt chez Maurras, tout ce qui touche à l'hébraïsme participe de la barbarie, même si les communautés israélites s'établirent sur le territoire devenu français depuis l'époque romaine et se seraient facilement intégrées ensuite sur tout le midi sans l'ostracisme du clergé catholique alors tout-puissant. Il n'est pas concevable pour Charles Maurras de mettre sur un pied d'égalité les ordres grecs, le monde hébraïque et le classicisme français. Cherchez l'intrus. L'intrus menace, comme il le fait comprendre dans la RAF du 1/2/1908. Sauver l'Occident (déjà !) des périls jaune (Japon), sémitique (l'Internationale juive) et islamique convoque pas moins qu'une croisade, avant d'endiguer le grouillement des contingents noirs qui vont nous assaillir. Au-delà des arcanes bibliques qu'il apprit à l'école des pères, on ne peut comprendre sa répulsion des juifs si on ignore son refus du monothéisme qu'ils incarnent par l'élection. Peuple élu, peuple dominant. Pour Maurras le Dieu unique est une centralisation hégémonique, totalitaire, et comme il le confiait à Gustave Thibon dans les bureaux lyonnais du journal : « N'est-ce pas plus doux de croire aux dieux sans nombre de la mythologie, depuis Apollon, père des arts, ou Vénus, mère de l'amour, jusqu'aux petits lares qui protègent nos foyers ? un Dieu unique, cette centralisation !»

Le monde hébraïque incarne à la perfection le monothéisme et ses travers, d'ailleurs il est à l'origine de tous les monothéismes. Ne dit-on pas que l'islam est né des pactes passés entre les Bédouins et les Juifs de Médine ? Le polythéisme quant à lui signe l'Europe primitive, et l'Eglise du Dieu seul eut fort à faire pour l'assimiler. Elle inventa la communion des saints qui en fut le succédané gagnant, à voir l'usure des pieds de plâtre de leurs statues !

Le jeune Maurras n'y va pas de main morte sur le nouveau testament en parlant des apôtres comme un "convoi de bateleurs, de prophètes, de nécromants, d'agités et d'agitateurs sans patrie" (Anthinea). Jacques Bainville de son côté moquera la maxime "ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fît" comme sortie des vapeurs bitumineuses du Jourdain. Frénésie, communisme, anarchie jalonnent les saintes écritures et c'est bien tout le mérite de l'Eglise romaine d'avoir stérilisé le venin des évangiles et l'imbécilité du sermon de la montagne.

Charles Maurras naît au monde philosophique et littéraire parisien dans la compagnie ou le souvenir récent de grosses pointures antisémites telles qu'Arthur de Gobineau (†1882) qui exalte le génie indo-européen, Ernest Renan (†1892) pour qui le judaïsme n'est que du lest dans le christianisme, Edouard Drumont (†1917), talentueux polémiste viscéralement anti-juif et tant d'autres qui ciblent à chacun son tour les grands israélites de la place et les petits fourreurs aux enseignes imprononçables. Charles Maurras en gardera l'empreinte jusqu'au bout, jusqu'à ce cri de dépit à l'énoncé du verdict de Lyon : « C'est la revanche de Dreyfus !» On comprit alors qu'il n'avait rien digéré de la réhabilitation du capitaine juif, et que l'accumulation des malheurs d'autrui avaient sédimenté jusqu'à masquer le fond. Le cri du 27 janvier 1945 faisait remonter le fond. L'Action française ressortait du procès durablement entravée, marquée au fer pour des générations, jusqu'au risorgimento tenté par Pierre Boutang sur une dialectique complètement différente mais peut-être trop savante pour agréger en masse.

Cette veine antisémite produira à jet continu dans tout le pays jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Elle se tarira à l'ouverture des grilles des camps nazis d'extermination quand le monde saura qu'à prendre les mots à la lettre pouvait conduire finalement à la mort industrialisée d'un peuple pour ce qu'il est. Mais il faut être borgne comme la Gauche actuelle pour ignorer que les partis ouvriers de l'entre-deux-guerres étaient antisémites plus violemment encore que les ligues, ne voyant dans la forge et la banque que la main apatride du juif assoiffé du labeur des humbles.

Si l'antisémitisme, explicite jusqu'à l'injure, disparut des interventions et textes du mouvement royaliste d'après-guerre, quoique les expressions "cosmopolitisme" ou fortune anonyme et vagabonde visassent toujours les mêmes, le mépris du juif et la dénonciation des positions indûment acquises continua sous le manteau de la respectabilité, jusqu'à récemment, quand au quarantième anniversaire de la mort de Xavier Vallat (†1972), Haut-commissaire aux questions juives du régime de Vichy, un clash retentissant déstabilisa l'équipe rédactionnelle du journal L'Action Française 2000 par le départ tempétueux de Michel Fromentoux chez Rivarol, et le lancement d'une sorte d'Action française canal orthodoxe menée par Maître Elie Hatem pour continuer d'exalter le souvenir du maréchal Pétain (si si !).

Mais ceci a moins d'intérêt que l'engouement qui, dans le milieu royaliste, naquit dans les années cinquante pour Israël à l'occasion de sa contribution victorieuse à l'expédition franco-anglaise de Suez (1956), les capacités militaires d'une nation étant une valeur importante au catalogue ! La guerre des Six Jours dix ans plus tard en apportera la confirmation. Cette nation savait se battre ! Elle méritait notre alliance.

Le génie de l'Occident et de la race européenne s'accommodèrent alors fort bien des origines bibliques du Déluge puisque nous devenions raccord avec la légende de Japhet, fils de Noé et frère de Sem (la tige d'où poussera le rameau abramique) et de Cham qui peuplera les pays de la Mer Rouge. On verra sur cet axe des intellectuels comme Pierre Boutang et des chevaliers comme Serge de Beketch. Dans un droit de réponse au mensuel de la Restauration nationale, Le Bien Commun, Olivier Véron dénonce l'antisémitisme rampant d'un rédacteur sous couvert d'antisionisme. Le contre-feu est assez étonnant parce qu'il lie les deux concepts de manière aussi adroite qu'érudite, reprenant l'amalgame officiel du CRIF :

« À quoi bon étudier ou prôner l’histoire, les lettres, la philosophie et même la Politique et prétendre en maintenir le vague prestige parmi les lecteurs perdus de l’Action française si c’est pour leur ôter définitivement le goût ou le flair, avec des remugles d’Égalité et Réconciliation ? »

Vient ensuite la volée de bois vert sur le dos d'Olivier de Lérins que l'on pourra déguster ici. Pour vous la faire courte, mais le texte mérite d'être lu jusqu'au bout, Israël défend sa peau au bout du fusil sur la terre que Dieu lui a donnée avec tous les moyens que réclame la disproportion des forces engagées sur zone, quand les penseurs nationalistes français déclament par monts et salons en conférences qu'il faudra bien un jour gagner le pouvoir par tous moyens même légaux en évitant soigneusement d'en saisir aucun ! C'est vache, mais que dire d'un mouvement échoué sur la grève des hésitations depuis cent vingt ans. Olivier Véron en remet une fine couche vers la fin de son pamphlet :
« Est-ce que vous condamnez moralement la résistance désespérée mais belle menée par Bar Kochba et qui s’acheva dans le carnage des suicides de Massada, en un tragique défi de la liberté à la Rome impériale ? Elle a pourtant servi de précédent aux révoltes "inutiles" du ghetto de Varsovie et de plusieurs camps de concentration nazis, et elle sert encore d’ultime avertissement à tous les soldats israéliens qui jurent "plus jamais ça". Car l’efficacité de cette question pour les défis du XXIe siècle est évidente, mais ce sont les élèves officiers d’Israël qui l’étudient dans le tremblement des écoles de préparation à l’endurance et à l’intelligence bibliques et militaires ». Et de terminer sur les vingt-huit rois d'Israël qui se tiennent debout sur la façade de Notre-Dame de Paris.

Roger Peyrefitte insère dans l'ouvrage cité** plus bas la dialectique fondamentale de notre bel Occident : « Les juifs sont les épices, le grain de sénevé, le ferment indispensable du monde chrétien. Israël nous prouve que le monde chrétien est encore plus indispensable aux juifs pour épanouir leurs qualités »

L'antisémitisme d'Action française est officiellement mort, emporté par l'histoire des scandales monstrueux du XXè siècle, bien qu'il persiste en bruit de fond dans la société française, et maintenant à l'extrême-gauche surtout, en soutien des revendications palestiniennes. Si ce n'est plus un "marqueur" pertinent de la mouvance d'Action française, les rédacteurs qui se réclament de cette école de pensée devraient quand même faire attention à ne pas laisser déteindre une humeur trop vive, voire justifiée, à l'endroit de telle ou telle personnalité de confession ou d'origine juive, parce que la critique comme la banque ne prête qu'aux riches.

Ceux de nos lecteurs qui descendent de camelots du roi connaissent l'antisémitisme transmis dans leurs gènes intellectuels. Il est très difficile de s'en défaire, et des réflexes peuvent trahir inopinément le fond de leurs convictions. Il est un bon remède à cela pour casser la malédiction : se faire un ami juif. Ça marche !


Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite se dessèche ! Que ma langue s’attache à mon palais, si je ne me souviens de toi, si je ne fais de Jérusalem le principal sujet de ma joie ! (psaume 137 des vêpres catholiques)


*Charles Maurras, un itinéraire spirituel (Nouvelles Editions Latines, 1978)
**La meilleure sociologie des juifs de France se trouve dans Les Juifs de Roger Peyrefitte, Flammarion 1965

dimanche 16 février 2020

Bellissima


Il y eut d'abord Monica Vitti dans Le Désert Rouge. Puis Ornella Mutti dans une demi-douzaine de films parfois chauds, très chauds. Et Monica Bellucci, la ragazza più bella del mondo ! C'est tout. J'ai vu de très belles actrices au jeu très sûr et de forte conversation, mais je n'ai eu que trois amours de cinéma. Italiennes, pourquoi ? Sans doute Silvio Berlusconi avait-il raison quand il vantait la péninsule pour posséder les plus belles femmes de la planète. Marcher à Florence, Milan ou Rome, mourir d'amour.
Voici Come Vorrei sur des images de Giuseppe Tornatore et Lajos Koltai dans Malèna. Dernière pause avant l'assaut : demain matin, on parle ici de la... restauration.

jeudi 13 février 2020

Du racisme et des femmes

Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément (Boileau)
Avec les mots de tous les jours voici dix minutes féministes de Solveig Mineo qui démonte la violence raciste de la rue dans un discours linéaire sans raté, hésitation ou retenue, cash ! ce qu'on appelle une performance. On a compris qu'elle défend avec talent sa communauté occidentale, la nôtre. Elle mérite nos encouragements et un suivi.

- Cliquez sur l'image pour accéder à la vidéo -

La belle a une station radio, AllôChaton, un studio vidéos et un site de combat d'excellente tenue qui vaut le détour : BELLICA.
Courez-y, c'est mieux que pas mal !

mercredi 29 janvier 2020

Les isolats de Raspail


Je lisais l'entretien que Jean Raspail a accordé à Anne-Laure Debaecker dans Valeurs actuelles pour son dernier essai Le roi est mort, vive le roi, quand je n'ai pu m'empêcher de penser à Rodolphe Crevelle, trop tôt disparu, qui avait défini les mêmes isolats de valeurs traditionnelles dans les cantons de la Montagne noire et demandait pour chapeauter le tout, un roi de vitrail dans la clôture du Mont Saint-Michel. Paix à son âme insoumise ! Je cite Raspail : « Des villes, des morceaux de territoire finiront par refuser d'adhérer à la République et se rallieront au roi qui osera se lever. Mais ce royaume parallèle ne s'occuperait pas, au début, de diriger la France et se désintéresserait de la politique pour se consacrer à l'édification de ses propres valeurs [exemple du Puy du Fou ...] De même, la Patagonie offre une patrie de rechange aux désillusionnés et rassemble des centaines de sujets. Tous deux forment des isolats. Ce terme ethnologique désignait des tribus obligées de fuir leur habitat d'origine pour aller construire une autre base afin d'éviter ceux qui les menaçaient. En France, sans que nous ne le remarquions forcément, naissent ainsi de nombreux isolats. Ils sont notamment nombreux dans la jeunesse : ce sont des groupes qui ne font pas parler d'eux mais qui partagent des valeurs et des façons de penser communes. C'est pourquoi, si un roi surgit, il trouvera des sujets parmi toutes ces personnes qui ont adopté, d'une façon ou d'une autre, une communauté, une patrie de rechange. Car beaucoup déplorent l'érosion des valeurs, de la transmission et de la notion de famille dans notre société. Il y a plus de déçus en France que de patriotes.»

Sous l'orage progressiste de la République qui veut nous détruire mentalement pour que surgisse l'homme nouveau réglementaire et bariolé, le seul abri sûr n'est-il pas la communauté ? Un voisin de comptoir dont j'ai perdu le nom (du comptoir) me disait il y a longtemps que "les Chrétiens dans leurs valeurs de base ne pourraient survivre sans communautarisme parce que la fraternité officielle était un leurre agité à notre détriment pour favoriser la transition vers le modèle "standard". Ce sont à peu près ses mots. Au spectacle du combat officiel contre la liberté d'expression, qui va empirer avec la loi Avia de conformité, on peut soutenir que la libre expression ne sera bientôt possible qu'en des cercles étanches de discussion. Il est à souhaiter qu'ils soient les plus larges possibles pour pouvoir s'agréger les uns aux autres sur un ADN commun dans une sorte de multiplication moléculaire.

Les périodes de crise (comme les guerres ou les grandes épidémies) ont vu se constituer ces cercles de défense fermés. Dans le cas des isolats raspaliens, il n'est pas question de murs et de portails à fermer chaque soir, mais d'une forme de vivre ensemble sans tomber dans l'utopie hippie des années fleuries. Quoique !

A la fin de l'entretien, Jean Raspail appelle à une insurrection de l'esprit dans la révolte intérieure à chacun. Cela induit-il d'émigrer mentalement tout en restant chez soi ? En ne participant plus à la vie civique républicaine ? Sans doute. Et il sera plus difficile à la Gendarmerie de nous vérifier que si nous formons des communautés rurales. En résumé, fréquentons-nous !

dimanche 22 septembre 2019

Born to be wild


Aujourd'hui la République aurait fêté ses 227 ans si elle n'avait dû laisser place à des régimes de cohésion pour recoudre le tissu national. Le 22 septembre 1792 fut le premier jour de l'An I. Le pays est aujourd'hui divisé comme jamais, le Tiers se révolte, les aliens ont un agenda public de subversion, en commençant par les territoires les plus communautarisés par les sectateurs du prophète. La République est à nouveau malade d'elle-même ! Mais ceci est une autre histoire.

Pour ce dernier jour d'été - il a plu grâce à la danse ad hoc d'un Indien dans mon jardin - nous plaçons le dernier billet de la série en roue libre en proposant Born to be wild en souvenir de Peter Fonda qui nous a quittés il y a un mois.
"Born to be wild" en réponse au contrôle des mille premiers jours de la vie de chacun, décidé par monsieur Macron qui ne sait plus où il habite, dans un pays où l'enfant est un objet de convoitise sinon un poupon vivant de compagnie.


samedi 17 août 2019

Hong Kong, what next ?

Les pronostics sur l’issue de l’insurrection hongkongaise qui reprend des tours ce samedi, se perdent dans les sables de la géopolitique, analysée par des officines payées au mois. Et pourtant ils dépendent seulement du mental de quelques personnes du Comité central de Pékin, réunies dans une salle capitonnée à Zhongnanhai*.


Derrière son nouvel empereur, dont la pensée a été constitutionnalisée, les décideurs du PCC peuvent à regret accepter l’idée que Hong Kong n’est finalement pas indispensable au Projet du siècle, celui de ramener la République populaire sur les marches de l’empire disparu (c’est le programme du China Dream** endossé explicitement par Xi Jinping dès son accession). Si on n'intègre pas le China Dream dans l'analyse on n'y comprend rien.

Certes il y aura de graves inconvénients financiers à soumettre Hong Kong par la force, mais ceci ne les touchera pas personnellement puisque toute la nomenklatura se sera dégagée préalablement de l'île aux chimères. L’exode probable des expatriés non-Chinois et celui des jeunes Hongkongais diplômés qui auront trouvé un point de chute, sera compensé immédiatement par l’arrivée massive de Continentaux, présentement en surnombre dans certaines villes. Ceux-là resteront reconnaissants à jamais de cet ascenseur social. Hong Kong reste la perle de l'Asie quoiqu'on dise.

On s'attendra à ce que le niveau général des résidents baisse beaucoup, savoir-faire, talents et compétences étant partis, mais le projet du PCC de créer un cluster de trois métropoles (Shenzhen, Zuhai, et Hong Kong), déjà reliées par le « pont du siècle », diluera les inconvénients de la répression brutale dans le développement de la conurbation. Le peuple et l'Occident oublieront vite l’épisode, comme il en fut jadis à Pékin.

Je crois ces quatre ou cinq personnes capables d’encaisser quelques centaines de morts et dix fois plus de blessés et prisonniers pour garder la face ! D'autant que l'appel aux libertés démocratiques commence à résonner en Chine continentale dans certains milieux d'intellectuels. Pour bien caler les idées, souvenons-nous que le budget que Deng Xiaoping avait donné à Li Peng en 1989 était de 200.000 morts, la Chine éternelle valant bien ça ! A voir les conditions actuelles de conversion forcée des Ouighours au Xinkiang (plus d’un million en camps de redressement), on ne peut pas douter que ces réflexes subsistent ! Les dirigeants actuels sont le produit de la précédente génération d'assassins.

A ceux-là qui se fient à la bonhommie du grand leader Xi, j'offre un courte vidéo de la parade militaire offerte à Hong Kong pour le vingtième anniversaire de la restitution britannique. Observez les détails, vous n'êtes pas à Pyongyang, et pourtant. Chacun comprendra que le président-prophète ne risquera jamais de se laisser ridiculiser, ce qui en Asie est mortel, contrairement à chez nous. S'il faut écraser, cette armée écrasera ! Aucune autre considération que la face ne sera déterminante pour les maîtres d'un pays sans Etat de droit. L'artiste dissident Ai Weiwei croit l'écrasement possible. Partout l'inquiétude monte car chacun sait que le communisme ne sait pas débattre ! Espérons nous tromper !




(*) Zhongnanhai est le complexe gouvernemental central à Pékin, situé à côté de la Cité interdite.

(**) Le Projet chinois réside tout entier dans le China Dream auquel le Piéton du roi se réfère toujours et qu'il résume à nouveau pour ses lecteurs récents :
- Revenir sur toutes les marches de l'Empire du Milieu en mobilisant partout le génie et le labeur chinois ;
- Dominer sans partage ni contestations dangereuses de la Selenge mongole aux Spratleys (nord-sud) et du K2 jusqu'à l'Amour (ouest-est) ;
- Contenir les empires voisins dans leurs frontières naturelles, l'Inde sur le piémont himalayen, la Russie blanche dans la steppe stérile au-delà des Mongols, le Japon vieillissant dans son archipel ;
- Acheter la neutralité bienveillante des nations de la péninsule indochinoise par des échanges économiques fructueux et des soutiens à contre-emploi (en Birmanie et au Cambodge);
- Tenir la mer (carence fatale aux Mandchous steppiques).

samedi 29 juin 2019

Comptables devant l'histoire !


Il est des photos qui frappent au cœur. Telles sont celles de Paris-Match prises par Jean-Gabriel Barthélémy à l'intérieur de la cathédrale Notre-Dame de Paris dans son numéro collector 3658 (20-26 juin 2019). Nous n'avons pas les droits, mais transmettons le choc :

Il aura fallu attendre huit siècles pour que la nation dégénérée qu'est devenue la socialie française laisse périr le joyau de sa civilisation. Ce désastre, qui est tiré du même tonneau que la débâcle de 40, signe le je-m'en-foutisme aggravé de nos services publics, suffisants et insuffisants, et la nonchalance générale des pouvoirs quand ils ne sont pas menacés dans leurs retranchements. Pour bien comprendre, j'ai écouté chez Taddeï (RT France - Interdit d'interdire n°71) le reportage d'un journaliste enquêteur sur cette soirée tragique, Sébastien Spitzer. Il en ressort deux choses et pas trois sur les causes du sinistre.

D'abord l'équipe d'ouvriers fumait bien que cela soit formellement interdit pour des raisons de sécurité. Les experts des sapeurs-pompiers ont trouvé les mégots. D'ailleurs chacun a pu voir le groupe d'ouvriers quittant les locaux de police, clope au bec ! Le contremaître le savait fatalement et le patron certainement. C'est impossible à cacher. Ils ont préféré la "paix sociale" et elle ne nous a jamais coûté aussi cher. Tout ce que dit l'entreprise est dès lors douteux quant aux tableaux électriques, aux stocks de produits de traitement des bois, etc...

Le second élément est que la signalétique d'alerte-incendie au poste de sécurité était fausse depuis le début. Tout le monde le savait et corrigeait l'erreur si ça s'allumait (on réparerait plus tard)... sauf le dernier venu qui avait embauché peu de jours avant et qui n'était pas au courant de l'astuce. Ainsi perdit-il vingt minutes à chercher un départ de feu à la sacristie alors que c'était un détecteur de la "forêt" qui avait fait contact ! Trente minutes ont passé avant qu'il ne découvre le brasier de la charpente !

En tant qu'exploitant en titre des lieux, l'archevêché est pour sa part coupable de mollesse pour n'avoir pas exigé la correction immédiate des signaux d'alerte. A réfléchir dix secondes, on n'y croit pas ! Suffit-il de faire des messes en casques pour expier ?

Avec pareil faisceau d'imbécillité, il n'est pas besoin d'attentat, de hasard ou de cause magique. "Nous" avons perdu Notre-Dame de Paris parce que nous n'avons pas les gens capables de la protéger, parce que nous ne la méritons plus !

Mais comme en 40, un corps d'élite s'est battu pied à pied pour sauver le beffroi-Nord dont l'embrasement aurait provoqué la ruine de l'ensemble pour notre plus grande honte.


Honneur à eux ! Honneur aux sapeurs-pompiers !





vendredi 14 juin 2019

Naufrage du canot SNSM - Éléments et commentaires

L'hommage national aux trois marins de la Société nationale de sauvetage en mer morts en mission a été rendu aux Sables d'Olonne, et vient aujourd'hui le temps des explications, sans chercher les torts réciproques d'autant que la mer, elle, a toujours raison.
Avertissement : Nous avons été tenté d'explorer les circonstances du naufrage à côté de la légitime émotion manifestée par les Sablais et tous les gens de la Société nationale de sauvetage en mer. Les questions sont au nombre de trois (pour mettre une limite à une longue série) :

1.- le canot tout-temps SNS062 l'était-il vraiment ?
2.- la position du canot en intervention sur les hauts-fonds cartographiés était-elle avisée par rapport à la physique des déferlantes ?
3.- pourquoi le pêcheur professionnel est-il sorti à 5 heures, deux heures seulement avant l'atterrissage de la tempête Miguel à marée montante tel qu'annoncé par le BMS du 6/6/19 ? Avait-il un autre motif que la pêche à la crevette, comme de relever un (stupide) défi ?
Nous confions à la houle du blogue des éléments d'analyse pour ceux de ses lecteurs qui aimeraient comprendre un peu plus loin que les généralités d'usage. Ce travail de compilation fastidieuse est offert gracieusement. Mais pour ne pas nous dérober, au vu des éléments recueillis à date d'écriture nous répondrions non aux trois questions.




Eléments d'analyse du naufrage du SNS061 aux Sables d'Olonne le vendredi 7 juin 2019


Bulletin météo du 6/6/2019 avant tempête :

Bulletin spécial N°340 — débuté le jeudi 6 juin 2019 à 23:58
Demain, vendredi 7 juin 2019, la France va vivre une journée météorologique tout à fait atypique. La tempête Miguel, actuellement au large de l'Espagne, va toucher la moitié ouest de la France. Il s'agit de la première tempête à toucher la France en juin depuis celle du 7 juin 1987 avec 126 km/h à Biscarosse (voir le dossier HistorIC correspondant). En remontant les archives, on retrouve l'évènement du 26 juin 1958 avec 140 km/h à Toulouse et 137 km/h à Bordeaux (voir le dossier HistorIC correspondant).
La dépression se situe actuellement au large de la Galice avec une structure se rapprochant d'une dépression extra-tropicale. En France, la situation est calme pour le moment avec quelques pluies en Bretagne et les Pays de la Loire.

Carte météo Sat24 du jeudi 6 juin 2019-18:50GMT modifiée à 23:54:45


Prévisions météorologiques pour le vendredi 7 juin 2019

Une dépression creuse et active remonte la nuit prochaine du Golfe de Gascogne jusqu'à la Bretagne. Elle va traverser la région en matinée de vendredi et sera à l'origine d'un vendredi très dégradé sur la région où de nombreux phénomènes devraient se combiner et nécessiter une vigilance particulière.
Le phénomène le plus à suivre reste en premier lieu les pluies abondantes attendues sur le pays Bigouden et l'Aven.

Vents violents:
Le vent de secteur sud se renforce en fin de nuit sur la Loire-Atlantique où des rafales peuvent atteindre jusqu'à 100 à 110 km/h dans l'estuaire de la Loire et à l'est du Golfe du Morbihan. Ces conditions perdurent sur une partie de la côte atlantique en matinée. Le vent bascule à l'arrière de la dépression au secteur nord-ouest. Ce sont cette fois les côtes de la Manche qui sont exposées à de fortes rafales de vent. Elles atteignent 90 à 110 km/h localement jusque sur la côte de Penthièvre et la côte d’Émeraude. Dans l'intérieur des terres, les rafales atteignent 70 à 90 km/h. Il convient d'être prudent car en période estivale, les arbres sont plus lourds et des chutes de branches sont très probables lors du coup de vent.
Phénomènes côtiers:
En lien avec cette dépression, l'état de la mer se dégrade tandis que les coefficients de marée sont de 82-78 ce vendredi. La dépression génère une houle à l'origine de vagues de 3 à 5 mètres sur la côte atlantique et en mer d’Iroise. Il convient de rentrer dans les ports les petites embarcations ainsi que les équipements touristiques sur les plages car des dégâts sont possibles. Cette mer agitée doit également décourager les amateurs d'activités nautiques à prendre des risques en mer.
Les conditions météorologiques sont très difficiles sur zone : vent de sud-ouest 41 nœuds (75 km/h), mer 5 (forte, 2,50 m à 4 m)


Horaire des marées du jour : Vendredi 7 juin 2019 aux Sables d'Olonne

08:17 heure de la plus haute mer
4.80 marnage en mètres
082 coefficient de marée

20:36 heure de la plus haute mer
4.85 marnage en mètres
078 coefficient de marée

02:02 heure de la plus basse mer
0.90 marnage en mètre

14:18 heure de la plus basse mer
1.15 marnage en mètre


Cartographie

Carte 6551 du Service hydrographique et océanografique de la marine
(Rappel : échelle verticale des cartes marines : longueur de la demi-minute de latitude : 926m soit un demi-nautique)

1.- Carte ENC C-Map des sondes de l'atterrage sur le chenal des sables d'Olonne. Noter la remontée rapide des fonds (ligne des 5m et ligne des 10m) : Cliquez ici pour faire monter la carte.

2.- Carte OLEX du chenal des Sables d'Olonne. Pour comprendre les explications des rescapés du SNS061.






Formation des déferlantes, et vagues de Draupner

Deux choses à retenir, la remontée rapide des fonds est propice aux vagues déferlantes, le pied de vague étant freiné quand la crête de vague est propulsée par le vent. Le déferlement limite le haussement de la vague d'eau par définition incompressible. Mais ce haussement est dangereux par la pression qu'il engendre : « une vague normale de 3 mètres de haut exerce une pression de 6 tonnes/m² ; une vague de tempête de 10 mètres de haut peut exercer une pression de 12 tonnes/m² ».

Réflexion : Cette déferlante peut monter plus haut lorsqu'il y a un croisement des houles qui additionne les énergies libérées par les vagues. Les essais en bassin ont arrêté un angle de croisement de 120° pouvant faire naître une vague spontanée dite scélérate pendant quelques secondes par multiplication des énergies. Le récit des rescapés du SNS061 signale (mais dans la confusion du choc) une vague de 6 mètres pour un creux météo moyen annoncé de 4 mètres. Le choc sur les carreaux a pu atteindre 9 tonnes. Sans connaître le cahier des charges de la construction du canot et donc la surface individuelle des vitrages et la résilience du matériau, il est impossible de juger la pertinence du choix initial au chantier naval mais simplement de constater qu'ils ont explosé ! Et c'est LE problème.


Déroulé de la situation en mission du canot SNS061

Ce vendredi matin à 11h14, le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) d’Etel a été alerté par son homologue de Gris-Nez du déclenchement d’une balise de détresse 406 MHZ à environ 0,8 mille nautique (environ 1.5 kilomètres) du port des Sables-d’Olonne.
Simultanément, le CROSS reçoit l'appel de la SNS061 Patron Jack Morisseau des Sables-d’Olonne en cours d'appareillage. La station SNSM (Société Nationale de Sauvetage en Mer) des Sables-d’Olonne a, en effet, été préalablement contactée par le navire de pêche Carrera ayant l'intention de rentrer au port dans de très mauvaises conditions météorologiques.

Quelques instants après l’alerte, la station SNSM a décidé de faire appareiller son canot tout temps (CTT) avec sept équipiers à bord pour porter secours au navire de pêche Carrera, d'une longueur de 11,50 et basé aux Sables d’Olonne.

C'est à 11h36, qu'un témoin à terre signale le chavirement du canot tous temps SNS061 Jack Morisseau, puis son échouement sur la côte. "Dès connaissance de cette information, le CROSS Etel a diffusé immédiatement un message "Mayday relay" et engagé un important dispositif aéromaritime, constitué de trois hélicoptères : Ecureuil de la Gendarmerie nationale basé à Saint-Nazaire, Dragon 17 de la Sécurité civile basée à La Rochelle, Caracal de l’Armée de l’air basé à Cazaux avec une équipe médicale à son bord", a indiqué la Préfecture maritime de l'Atlantique.

La vedette a chaviré à 800 mètres des côtes au large des Sables-d'Olonne (ndlr : plage de Tanchet) avec ses sept marins à bord. Le Centre opérationnel départemental est activé. Huit personnes présentes sur le rivage ont spontanément tenté de porter secours, non sans risque (ndlr : plage de La Pironnière). "Elles ont été prises en charge par les pompiers" a précisé la Préfecture de Vendée dans un communiqué.

Extraits du récit des rescapés

« Tout s’est déroulé comme ça devait se dérouler. Dans la passe du sud, on a remonté plein ouest, comme d’habitude, comme les anciens nous ont appris. De la part de l’équipage tout s’est très bien passé. Sauf que voilà, les carreaux ont implosé » confie Christophe Monnereau.
Face à la force des vagues, certains sauveteurs ont été projetés de la passerelle et, à 200m du rivage, sont parvenus à nager et à échapper à la mort. « Si ça avait été à 500 m du rivage, ça aurait été beaucoup plus grave, il aurait pu y avoir sept morts » a confié Xavier de la Gorce (Président de la SNSM).
Trois sauveteurs ont eux été pris au piège à l'intérieur du bateau : « Les brassières de sécurité se sont gonflées et ça les a plaqués au plafond » a expliqué M. de la Gorce.

La conférence de presse à la station SNSM :

Par le lien ci-dessous, vous accédez à la page de Ouest-France du 08/06/2019 à 12h15 qui donne la vidéo de la conférence de presse du président de la SNSM sur les circonstances du naufrage du canot Patron Jack Morisseau. Nous n'avons pas embarqué son visionnage parce que la vidéo démarre automatiquement. Il est possible de la partager sur la page Ouest-France.


Echouement des débris du fileyeur Carrera au droit de celui du SNS061 :



Reste à attendre le rapport technique du Bureau d'Enquête Accident Mer (Enquêtes en cours) qui dispose de données précises, surtout quant à la météorologie marine relevée en continu au moment du double drame.




Ici s'achève notre contribution à la compréhension du naufrage d'un canot tout-temps qui ne l'était pas vraiment, au sens où il était sous-calibré pour l'emploi à cette station, sinon à celui d'un déchaînement des éléments sans précédent sur cette côte. Pour l'avenir il n'y a pas adéquation entre les moyens actuels de secours en mer et les prévisions de tempête jusqu'ici inédites. Quelqu'un a-t-il noté que le canot auto-redressable est arrivé à la côte retourné ? Faudra-t-il rehausser la classe des bateaux de sauvetage sur l'Atlantique, passer du canot de 18 mètres au cotre à déplacement de 22 ou 25 mètres ? Les patrouilleurs des Garde-côtes américains sont passés de 82 à 87 pieds dans les années 90 pour cette raison. Sachant que la puissance réclamée est au carré des longueurs et le prix final au cube, résoudre ce défi convoque des moyens budgétaires que d'ordinaire la SNSM recouvre auprès du public. Donnons ! Donnons sans attendre l'Etat qui engloutit des fortunes dans la perpétuation de lui-même, mais qui se profile déjà en fond de tableau pour réguler la mer et ses gens au principe du contrôle des citoyens déclarés inciviques ! Donnons à la SNSM pour vivre en liberté. C'est par ici !


Avant de se quitter, passer voir l'album des interventions du SNS061 sur le site de la SNSM des Sables en cliquant ici est une bonne conclusion sur le courage de ces gens.


Le SNS061 en mission par gros temps



Compléments du 28/6/19-15:00
Extrait du reportage de Arnaud Bizot dans le Paris-Match n°3658 :
[...] Après six minutes de mer, à 11h31, un mur d'eau aux allures de jugement dernier fait exploser en même temps les trois carreaux de la passerelle. Le grand du milieu et les deux de côté. Le Jack Morriseau signale l'avarie au CROSS et déclenche sa balisde de détresse. Davis Bossard : « On s'est dit à ce moment-là que ça n'allait pas le faire, que c'était perdu. On avait 1,5 mètre d'eau à bord.» Christophe Monnereau et lui tentent de maintenir la porte fermée avec leurs épaules, au moment où la coque enfourne, puis de la rouvrir pour évacuer les paquets de mer lorsque le bateau remonte une vague. Ils ne peuvent se servir de leurs mains : « Le groupe électrogène nous envoyait du 220 volts partout à bord, on voyait des arcs électriques » poursuit David Bossard. A genoux, les autres écopent comme ils peuvent avec des seaux. Aucun affolement, aucun cri à bord [...] A 11h36, le bateau longe tout seul (la côte), tant bien que mal. Mais une vague immense le fait chavirer à 90 degrés. Le Jack Morriseau se redresse puis, une seconde plus tard, se retourne à nouveau, cette fois à 180 degrés. Il ne se relèvera plus [...]




lundi 15 avril 2019

Ouverture de la Semaine sainte !



Avec Notre Dame de Paris en cendres disparaît l'orgueil d'un peuple déjà disparu.
Méditons sur le symbole purificateur et sur les chapitres 17 et 18 de l'Apocalypse.
Immense tristesse ! Désastre national...
Funeste mélancolie...





Pendant de nombreuses générations, tant que la nature du dieu se fit sentir suffisamment en eux, ils obéirent aux lois et restèrent attachés au principe divin auquel ils étaient apparentés. Ils n’avaient que des pensées vraies et grandes en tout point, et ils se comportaient avec douceur et sagesse en face de tous les hasards de la vie et à l’égard les uns des autres. Aussi, n’ayant d’attention qu’à la vertu, faisaient-ils peu de cas de leurs biens et supportaient-ils aisément le fardeau qu’était pour eux la masse de leur or et de leurs autres possessions. Ils n’étaient pas enivrés par les plaisirs de la richesse et, toujours maîtres d’eux-mêmes, ils ne s’écartaient pas de leur devoir. Tempérants comme ils étaient, ils voyaient nettement que tous ces biens aussi s’accroissaient par l’affection mutuelle unie à la vertu, et que, si on s’y attache et les honore, ils périssent eux-mêmes et la vertu avec eux. Tant qu’ils raisonnèrent ainsi et gardèrent leur nature divine, ils virent croître tous les biens dont j’ai parlé. Mais quand la portion divine qui était en eux s’altéra par son fréquent mélange avec un élément mortel considérable et que le caractère humain prédomina, incapables dès lors de supporter la prospérité, ils se conduisirent indécemment, et à ceux qui savent voir, ils apparurent laids, parce qu’ils perdaient les plus beaux de leurs biens les plus précieux, tandis que ceux qui ne savent pas discerner ce qu’est la vraie vie heureuse les trouvaient justement alors parfaitement beaux et heureux, tout infectés qu’ils étaient d’injustes convoitises et de l’orgueil de dominer. Alors le dieu des dieux, Zeus, qui règne suivant les lois et qui peut discerner ces sortes de choses, s’apercevant du malheureux état d’une race qui avait été vertueuse, résolut de les châtier pour les rendre plus modérés et plus sages. A cet effet, il réunit tous les dieux dans leur demeure, la plus précieuse, celle qui, située au centre de tout l’univers, voit tout ce qui participe à la génération, et, les ayant rassemblés, il leur dit.. (Platon in Critias).

lundi 1 octobre 2018

Au comptoir de l'Improbable

L'adresse au Congrès des familles de Chișinău par le prince Louis de Bourbon délivrée le vendredi 14 septembre 2018 (en anglais) restera dans les annales de la Légitimité pour trois raisons : il s'y présente dans un style direct comme le successeur des rois de France ; il évacue toutes dérives de la famille traditionnelle ; le texte est long (qui l'a écrit ?).

Je vous propose d'en reprendre la chair politique en laissant de côté les politesses et les accessoires rhétoriques, mais le texte peut être lu in extenso en français en cliquant ici. Nous ferons aussi l'économie de la revendication dynastique habituelle.

Nous y voyons trois chapitres, (1) la monarchie héréditaire de projet ; (2) la famille, cellule essentielle des sociétés humaines ; (3) le chaînage des générations. Le verbatim du prince est en caractères gras, les intertitres sont de mon cru.

I.- Le projet capétien est celui d'une famille


Je me trouve héritier d’une famille qui a régné durant plus de huit cents ans en France et qui, surtout, comme tous les historiens le reconnaissent, a fait d’un petit domaine un état puissant et rayonnant en Europe et au-delà. Cette œuvre a été possible parce qu’elle fut celle d’une famille, la famille royale, Ainsi, les lois fondamentales du royaume, la Constitution de l’époque, qui ont permis son développement, étaient à l’origine une loi de famille. Pour le plus grand bien collectif, ces lois organisaient la transmission du pouvoir royal de mâle en mâle par ordre de primogéniture. Elles garantissaient ainsi la stabilité du pouvoir et assuraient une dynastie nationale. Tel est le « miracle capétien ». Loi de famille mais tout autant loi sociale puisqu’elle était basée sur un ordre et qu’il en résultait des hiérarchies naturelles entre les personnes.

C'est l'exact fondement du régime de monarchie héréditaire dans le continuum d'un projet. Tous les royaumes n'en ont pas bénéficié, principalement ceux régis par des monarchies électives dont les intérêts pouvaient être distraits par des contingences extérieures. Deux monarchies européennes au moins sont l'archétype des monarchies de projet, la française et la prussienne. L'anglaise, une thalassocratie s'établissant sur un archipel ramassé est à part. La première fut mise en défaut pour n'avoir pas veillé suffisamment à la condition des peuples alors qu'elle agissait puissamment sur les théâtres extérieurs, la seconde est exactement l'inverse, soucieuse du bien commun à l'intérieur, c'est sa démarche d'hégémonie extérieure qui l'a tuée ; les deux ont disparu. L'exemple de monarchie de déconstruction par l'élection est celui de la Pologne. Nul royaume n'a connu pareils malheurs dans son histoire.
Concernant le modèle, nous rappellerons juste un paragraphe (le 6ème) de l'A-propos de ce blogue publié en 2008 auquel nous ne changeons rien :
Le roi est la clef de voûte idéale puisqu'il pérennise l'idée de Nation, l'incarne toute et la domine. Il sert de repère fixe dans les périodes de tumultes, apaise les contentieux, recherche le bien de chacun et de tous, et par éducation, est au fait de la chose publique très tôt dans sa vie. La charge de roi accumule l'expérience nécessaire à l'exercice de sa fonction pendant une période plus longue que la seule vie du titulaire au moment. Le roi dont le souci premier est le legs d'un héritage toujours mieux consolidé n'est prisonnier d'aucun dogme, d'aucune idéologie, d'aucune loi supérieure à celle qui le sacre. Le roi est enfin la garantie d'un rajeunissement périodique de la clef de voûte nationale quand s'ouvre sa succession. Le modèle est naturellement évolutif.


II.- La cellule essentielle


Nous sommes responsables de cette cellule sociale, lieu de la vraie solidarité et rempart contre la précarité et l’isolement. Cette défense de la famille passe par celle de la vie, de sa conception à la mort naturelle et, au-delà, par le respect dû aux morts qui ne doivent pas devenir des enjeux de pouvoir ; elle passe par la transmission des valeurs et notamment par l’éducation qui ne peut se limiter à l’instruction. Voilà ce qu’il convient d’affirmer et surtout d’assumer malgré les embûches de législations souvent hostiles. Ceux qui attaquent la famille naturelle savent ce qu’ils font. Par la famille ils cherchent à atteindre la société toute entière et ses fondements. C’est ainsi que naissent les totalitarismes. Ce danger est actuel.

Si la cellule familiale a fait ses preuves à outrance - neuf milliards d'êtres humains sont en train de ruiner la seule planète habitable de notre système solaire - la régulation des naissances devrait interpeler l'intelligence dans la procréation au lieu de convoquer la boucherie en dernier ressort. Si Louis de Bourbon ne s'en prend pas explicitement à l'avortement-pour-tous qui est devenu l'étalonnage du progrès d'une civilisation dans l'opinion fabriquée par les médiats, on a compris qu'il est pro-vie comme d'ailleurs son cousin d'Orléans, devenu cette année un administrateur de l’Institut Jérôme Lejeune.

Cette question de la régulation par la mort est en train de monter dans tous les pays, à entendre les cris d'orfraie du camp progressiste qui anticipe une réduction de ses "droits". Il ne m'étonnerait pas que dans dix ans , nous revenions en France à la loi Veil d'origine, celle qui préservait la femme de décisions cruelles en s'arrêtant au seuil du meurtre gratuit. Les réserves de plus en plus ouvertes du corps médical vont y aider, surtout si l'Etat veut le contraindre. Le sujet mérite un article séparé, mais il n'échappe à personne qu'ici, sur ce site, l'embryon est un homme en devenir et rien de moins.

Les positions du prince recoupent celles de La Manif Pour Tous, mais il est quelqu'un de plus médiatisé que Ludovine de la Rochère, qui défend la famille traditionnelle en jetant dans la balance l'alternative qui cerne complètement la question, c'est Marion Maréchal ex-Le Pen. Déjà, à l'époque du projet de "loi famille" du gouvernement Ayrault, elle dénonçait sur les bancs de l'Assemblée nationale, la substitution d'une famille sociale à la famille biologique en des termes non équivoques, contre les promoteurs du mariage des paires stériles, de l'insémination des lesbiennes et de la grossesse commerciale, au seul motif de l'égalité des désirs. Extraits :
« On passe simplement du statut de la famille biologique à la famille sociale (...) où le tiers est au même niveau que les parents, ce que je condamne »;
« Au-delà des temps, des générations, des idéologies, papa-maman reste papa-maman et restera toujours papa-maman, c’est peut-être malheureux mais c’est comme ça »;
« Le beau-père ou la belle-mère n’ont pas le même rôle éducatif et affectif que le père ou la mère »;
« Il faut faire des enfants qui sont élevés dans la culture française, qui aiment cette nation et cette patrie, ... faire des générations qui sont les récepteurs, les héritiers de cette belle culture qui est la nôtre et qui vont pouvoir à leur tour la transférer pour l’avenir ».
(ndlr : lors d'une interview, elle a balayé à une question insidieuse de JJ Bourdin sur la couleur préférable de ces enfants : "français veut dire français !")

Sur le sujet de la famille, Louis de Bourbon et Marion Maréchal sont sur la même longueur d'onde. L'avenir de l'un et de l'autre est à écrire, mais si la bienpensance ne s'intéresse pas encore au prince, il vient juste de se déclarer franquiste et il faut un certain temps aux pornocrates pour trouver un créneau de dénigrement entre deux punchlines, par contre celui de la belle blonde qui louche est au stade de l'alarme si on en croit des gens comme Manuel Vicuña (Arrêt Sur Images) qui dénonce la presse mainstream en train de construire "le monstre" (sic) dont elle se repentira quand seront revenues les HLPSDNH ! Dans ce délai, Louis peut travailler son aisance au pupitre.

L'attelage qui nous plairait peut néanmoins se désunir dans l'amalgame "Franco-Le Pen". Même si les choses pourraient être facilitées par le départ prochain du Menhir et plus encore si Marine Le Pen se retirait sur ses terres pour réfléchir à ses impossibilités, on peut deviner que le combat sera rude face au quatrième pouvoir confisqué par les progressistes. Reste à savoir si l'Opinion y croit encore à ces heures sombres brandies à tort et à travers. Il semblerait qu'ailleurs ce ne soit plus le cas. Les élections des pays de Visegrád, celles d'Autriche, celles d'Italie et même de Suède sont un rejet du bien-penser réglementaire. Les esprits s'affranchissent des chaînes de l'esprit posées après la guerre à l'ouest et après la chute du Mur à l'est. Tout dès lors peut arriver aux prochaines élections européennes.

Entretemps Marion Maréchal promeut son nouvel institut de science politique en direction de l'Espagne dans les colonnes d'El Confidencial (clic). Une rencontre eut-elle été possible ? A refaire !


III.- Le chaînage des générations


Par deux fois le discours de Chișinău s'intéresse au "maillon" de la chaîne généalogique et à la mémoire qu'elle transporte.

Cette famille ce sont ceux qui m’ont précédé et à qui je dois d’être ce que je suis. Voyez-vous, il n’y a pas un jour où je ne pense à mes aïeux qui m’ont légué une histoire qui parfois me dépasse ; où je ne pense à mon frère trop tôt perdu, à mon Père, mort alors que j’étais trop jeune, à mes grands-parents, à ma chère grand-mère décédée il y a quelques mois. D’eux tous, je suis redevable de ce que je suis, petit maillon d’une chaîne immense. Il est absurde de vouloir croire que l’on serait des individus orphelins qui auraient tout à redécouvrir ou à attendre de l’État. Bien évidemment si cela s’applique à ceux qui nous ont précédés, cela est encore plus vrai pour ceux qui sont actuellement à mes côtés, chaque jour, chaque instant.

Le rôle social de chacun d’entre nous. Il repose sur l’expérience de l’histoire et sur l’actualité récente. Lorsque certains cherchent à rompre le pacte social, s’ils combattent dans un premier temps ceux qui s’y opposent par les idées ou par les armes, très vite et toujours ils cherchent à briser les familles. Pensons à la Vendée où femmes et enfants étaient tués encore plus que les combattants eux-mêmes et de façons atroces ; souvenons-nous des Arméniens et des politiques génocidaires qui ont suivi et qui, sur bien des points du globe continuent ; comme nous l’avons vu il y a encore peu, pour les chrétiens d’Orient. Chaque fois, sous le règne des totalitarismes rouge, brun et maintenant vert, les familles sont inquiétées pour ce qu’elles représentent, chaque fois il y a des séparations forcées, l’emprise sur les enfants pour en faire des enfant-soldats, et des mises en esclavages pour les filles et les femmes.

Bien sûr les apprentis-sorciers de la refonte sociale sont gênés par cette mémoire qui vient de loin et transmet les "tares" du monde ancien, le genre, l'altérité, l'éthique, une morale dépassée. C'est pourquoi la famille leur est suspecte. N'a-t-on pas entendu des ministres de l'Education nationale s'arroger la mission de former les consciences au-delà de la simple instruction ? En privé, on nous assure qu'il ne s'agit en fait que d'exfiltrer mentalement les enfants des familles salafistes pour leur apprendre à appliquer les droits de l'homme de notre civilisation des Lumières. Mais ce sont quand même toutes les familles de France qui sont concernées par la captation, si elles ne sont pas spécifiquement visées. Il s'avère néanmoins que les "familles" se défendent assez bien jusqu'ici puisque leurs adversaires se considèrent toujours au milieu d'un combat.



Le discours de Chișinău s'ouvre sur un appel à militer pour défendre et pérenniser la famille traditionnelle, nous en faisons notre conclusion :
Il faut connaître les manières de résister face aux attaques auxquelles la famille traditionnelle est confrontée. Elles sont multiples : accueil d’une famille nombreuse, prière, action politique, sociale ou juridique, et toujours attention et vigilance permanentes.


XII World Congress Of Families 2018 Chisinau Moldavie



Relevé des compteurs de notoriété Facebook France au jour de ce billet :

Marion Maréchal......750719 followers

Louis de Bourbon.....93353 followers

Jean d'Orléans........5928 followers



Postscriptum du 4 octobre 2018 : On fera son profit de l'article de Jean-Yves PONS sur le frottement d'idées entre le Rassemblement national et le parti des Républicains en cliquant ici.


lundi 17 septembre 2018

Louis de Bourbon, double prince

Don Luis à la Féria de San Isidro
« Eres nuestro rey !» Ainsi furent reçus Luis Alfonso de Borbón et sa famille sur le parvis de la basilique Sainte-Croix de Los Caídos lors de la manifestation franquiste du 15 juillet 2018 contre la translation des cendres de son aïeul hors du mausolée. Je n'attendrai pas la conclusion de ce billet pour vous dire qu'il me plaît bien Don Luis Alfonso. Aussitôt connu le projet Suarez, plutôt que de torcher un communiqué filandreux de désapprobation depuis sa résidence de La Finca, il embarque dans la voiture femme et enfants vers Los Caídos pour se joindre aux partisans de son arrière-grand-père !

Avant même qu'il ne prenne la présidence de la Fondation nationale Francisco Franco, laissée vacante par le décès de sa grand-mère, fille du dictateur défunt, il était intervenu dans le champ politique espagnol avec une certaine autorité à l'occasion des affaires catalanes. Il faut dire que c'est un athlète portant beau, ce qui plaît bien aux Espagnols qui n'ont pas les mêmes goûts que nous. Nous sommes des cérébraux donneurs de leçons, ils sont des bretteurs qui portent les coups. A choisir pour le gouvernement des hommes entre l'athlète et le penseur, j'inclinerais pour l'athlète, surtout aujourd'hui où tout se fait en réaction immédiate au défi relevé.

Son compte personnel Facebook nous signale qu'il prend fait et cause pour les employés de la Radio-télévision espagnole menacés de purges par le nouveau gouvernement socialiste du président Sanchez et il soutient à nouveau les Espagnols catalans. Il perturbe la manif de la Diada en mettant l'hymne national à fond depuis son balcon. D'une certaine façon il réveille le franquisme qui dort chez beaucoup, fatigués des compromissions de la Casa Real avec les Cortes de Madrid, famille royale régnant par ordre du Caudillo, qui laisse faire tout et n'importe quoi sans rien dire, par le mémoricide de la guerre civile. Il semble à tous évident qu'en supprimant la visibilité des souvenirs de cette époque, la nouvelle nomenklatura veut gagner dans la rue la guerre qu'elle a perdue dans les livres d'histoire. D'où la demande d'exhumation de Franco dans la basilique en Valle de Los Caídos. Nous avons déjà suggéré de murer le mausolée sans rien y toucher, jusqu'à la fin de l'éternité. Le monument tiendra le coup jusque-là plus longtemps qu'une pyramide de Gizeh.

La vigueur avec laquelle Don Luis Alfonso défend l'héritage s'explique par l'histoire de sa jeunesse. Ayant perdu son grand frère sur la route, puis son père sur les pistes de ski, il s'est retrouvé à quatorze ans seul dans une société de femmes, sa grand-mère au quotidien et sa mère surexcitée en vacances, qui lui ont inculqué le respect du grand aïeul pour tout ce qu'il fit de positif dans ce pays, à commencer par les ponts, les barrages, les trains, l'industrie, la mise en valeur de la côte méditerranéenne et le respect obtenu sur la scène internationale malgré la paix des grands cimetières sous la lune ; jusqu'à ce que le général de Gaulle, chassé du pouvoir à Paris, vienne lors de sa tournée d'adieu au monde, rendre visite dans un parador au vieux dictateur toujours à poste, lui.

Don Luis Alfonso vibre pour l'Espagne. C'est un patriote. Il y a fait son service militaire dans l'Armée de l'air, aime Las Fallas de Valence, les courses taurines, suit les tournois de polo auxquels plus jeune il a participé, accompagne son épouse dans les concours hippiques où elle se défend bien (sa femme a du sang de conquistador), il adore ses gosses et les protège par une communication très maîtrisée. C'est un bel hidalgo que les magazines n'oublient pas parce qu'il a l'allure et l'assurance que les femmes adorent. Ses affaires à Madrid sont florissantes* au point qu'elles déclenchent des contrôles fiscaux ; il gère avec application la fortune léguée par sa grand-mère parce que c'est son métier et finalement, il n'a rien à prouver. Aussi est-ce en souvenir de la chimère française que son père chevaucha avant lui qu'il vient encore en France pour répondre aux invitations de l'Institut de la Maison de Bourbon ou de Présence du Souvenir Bourbonien. Hier dimanche aux Invalides il a suivi la messe annuelle de dédicace, revenant de Chisinau où il a participé à la cérémonie d'ouverture du XII Congrès Mondial des Familles par un discours très remarqué qui mérite d'être lu dans sa traduction française en cliquant ici. Il plaît chaque fois aux officiels et à l'état-major car il a de la gueule en étant très convivial : il en a reçu les épaulettes de capitaine de corvette de la réserve citoyenne.
(*) Selon le registre du commerce (BORME) il est administrateur de Borcorel SL dont l'objet social est la construction, la réparation et la maintenance d'ouvrages en tous genres, de la International Transaction System SL faisant du conseil informatique et surtout de Borvar Inversiones SL dont les actifs 2016 étaient valorisés à 9.130.657,94 euros (source El Español).

Avec son épouse aux obsèques de sa grand-mère
Sans être dans sa tête - mais sa mère y est sans doute qui n'aime pas les Bauffremont - on peut comprendre qu'à la force de l'âge, il puisse préférer s'investir dans la défense de ses idées en Espagne, son pays natal, où il a déjà une solide position sociale et médiatique que nos princes à Paris pourraient lui envier s'ils en cherchaient une ! Les subterfuges mémoriels qui le convoquent ici chez des nostalgiques de l'Ancien Régime en soins intensifs, sans efficacité prouvée ni moyens suffisants, l'amusent-ils encore ? Habitué de la gestion par objectifs sur résultats, il doit par moment bouillir de voir tant d'énergie dépensée à nul effet tangible.
Le eres nuestro rey de partisans prêts à se battre pour l'héritage qui est le sien, le motive certainement plus que nos "vive le roi" un peu folkloriques dans une République qui se défend mieux encore que la monarchie espagnole. Celle-ci est en danger, de plus en plus discutée pour sa mollesse. Les jeunes souverains font le job à la danoise, tout en photos convenues et reportages ennuyeux, mais la monarchie danoise est fondée sur des bases extrêmement solides, ce qui n'est pas le cas à Madrid. C'est le paradoxe du règne des Bourbons, rappelés par le Caudillo, mais qui refusent en même temps de s'impliquer dans le débat éthique. Ce retrait de la main dans le gant dévoile l'inutilité du dispositif en pratique, d'autant que la vertu d'unification du modèle est mise en pièces par les revendications d'indépendance des trois provinces importantes que sont la Galice, le Pays basque et la Catalogne. Les foules furent un temps juancarlistes par sentimentalisme plus que vraiment royalistes, jusqu'à la chasse à l'éléphant et les maîtresses du roi ! La fonction a été abaissée. Comme s'en plaignait jadis Ferdinand VII : comment gouverner un pays de dix millions de rois ! L'Espagne en a aujourd'hui quarante et c'est la meilleure définition de la République. La journée de la Diada Nacional à Barcelone a réuni mardi dernier un million de Catalans républicains ! Il n'y a pas grand chose à ajouter sinon que les locomotives économiques du pays dédaignent le roi d'Espagne. Tout peut arriver.

Dans ce tumulte et compte tenu du tempérament offensif de Don Luis Alfonso, un rôle s'offre à lui, créé par l'amoralité des pouvoirs, celui de mainteneur des valeurs franquistes en débordant sur toutes les valeurs de tradition. Ce rôle est difficilement compatible avec l'autre et sans doute occupera-t-il le temps libre laissé par ses affaires professionnelles. D'où son retrait possible et progressif mais non confirmé des affaires françaises. Certains légitimistes s'offusquent de son affichage compromettant socialement, même si au fond ils partagent ses valeurs. Avant même de connaître les intentions du duc d'Anjou, les orléanistes se réjouissent à grand bruit de sa dérive franquiste leur indiquant un retour sur ses bases espagnoles. Ils oublient un peu vite que c'est la décadence de la Maison d'Orléans qui a créé les conditions suffisantes pour importer l'aîné des Capétiens dans le schmilblick français. L'espace laissé par le déclassement de la maison royale historique presque ruinée par le goût de l'intrigue, la naïveté et l'orgueil du défunt comte de Paris, fut comblé en dénonçant seulement la paix d'Utrecht¹ et en rappelant les Lois fondamentales du royaume de France, toutes choses étrangères à la Monarchie de Juillet. On peut rire d'entendre les hérauts de l'Usurpation brandir aujourd'hui ces lois contre les prétentions espagnoles sachant combien souvent Orléans les a piétinées.

Alphonse, le chaînon manquant...

L'Infant d'Espagne et duc de Cadix, Alphonse de Bourbon, serait-il encore parmi nous qu'ils en rabattraient de beaucoup tant il leur était supérieur et d'abord en gestion de projet. On oublie qu'il eut la volonté affirmée de faire renaître en France le projet capétien au moment du millénaire décidé par François Mitterrand en 1987, lequel ne l'a jamais bridé dans sa progression (on sait pourquoi), et qu'il décréta un véritable bureau politique staffé et financé, projeté jusqu'en province par des relais motivés. Son CV très complet n'a pu être égalé encore par aucun de ses concurrents, ni par son fils d'ailleurs pour l'instant. A sa mort, la famille Bauffremont roula ce projet exigeant aux archives et repartit sur de pieuses bases mondaines, moins prenantes et moins délicates à négocier avec les Renseignements Généraux...

La démarche de contestation de Don Luis Alfonso pourrait ressembler bientôt à la contestation carliste qui défend Dios, la patria, los fueros y el rey et qui devrait réjouir le régent de la Comunión Tradicionalista, Sixte-Henri de Bourbon Parme, en lui apportant le renfort de l'aîné des Capétiens ; mais nous savons sa haine des Isabélitains² pour douter de son ralliement, d'autant qu'il a caressé, dans un entretien donné à la presse (Nice Matin), l'opportunité d'un hypothétique couronnement de lui-même par défaut de légitimité de tous les autres. C'est dommage ; ils gagneraient tous les deux à une réunion des carlistes à la branche aînée vivante plutôt que de célébrer les morts en boucle. Rien ne les sépare plus.

Les docteurs de la loi qui tranchent et coupent en lieu et place de l'héritier pourraient, si nécessaire, basculer le projet légitimiste sur le jeune duc de Bourgogne, Louis, d'autant que son père a usé d'insinuations en ce sens lors de la présentation des jumeaux aux Invalides au temps de l'Institut Duc d'Anjou, et qu'il a répété son assurance de continuité de l'histoire dans un bref échange publié par Point-de-Vue en juillet dernier. La Légitimité y perdrait beaucoup d'enthousiasme surtout dans la jeune génération. Quoique décide le duc d'Anjou pour son avenir en France, l'âge venant, l'expérience socio-politique accumulée créera en lui un repère de sagesse s'il le veut, et sans doute plaira-t-il à certains, dont je serai si Dieu me prête vie, de demander audience à l'aîné des Capétiens, Bailli grand-croix de dévotion de l'Ordre souverain de Malte et grand maître des ordres royaux disparus, pour en recevoir les conseils et les apaisements, comme on irait rencontrer au Mont Saint-Michel le roi de vitrail qui nous manque terriblement. C'est un joli voyage que celui de Madrid.


Courtoisie de La Couronne (humour)


mardi 15 mai 2018

Tsahal sans vergogne

La fronde de David !

Messieurs Netanyahou et Liberman ont porté un toast aux soixante-dix ans de la fondation d'Israël dont on se souviendra : 59 Palestiniens tués à Gaza, deux mille blessés. Merde, il en manque onze pour faire un compte historique ! Tsahal tient ses fusils d'assaut horizontalement comme nous l'ont montré les images des émeutes de Cisjordanie, et tirent au 5.56 NATO.

Contre des pierres !

Depuis l'avènement de Donald Trump à la Maison Blanche, il n'y a plus de question palestinienne, juste un problème palestinien en Israël, du même ordre que les émeutes raciales aux Etats-Unis, une effervescence qui se traite à coup de fusil par la police anti-émeute ! C'est Hubert Védrine qui signalait chez France-Info hier cette mutation de l'affrontement israélo-palestinien en question d'ordre public. Il n'y a plus rien à négocier avec les "autorités" de Ramallah, juste assurer l'ordre dans le bantoustan et punir les "cafards" comme les nomme le ministre de la défense.

Dès lors tout s'explique. Le massacre de Gaza est imputé au Hamas depuis la Maison Blanche et les agents d'influence de l'Etat hébreu répétaient hier en boucle qu'Israël a le droit pour lui, défendre ses frontières ! Contre des pierres ! C'est bien.

Charger à bloc la chaudière de la haine est sans conséquences, la sous-humanité concernée n'ayant ni les moyens, ni les soutiens extérieurs nécessaires à la confrontation, à l'exception de l'alliance chiite irano-libanaise que l'Administration Trump a l'intention de traiter à la coréenne ou de l'incinérer, voire plus si affinités. N'oublions pas que les Etats-Unis ont un affront à venger, celui de la prise d'otages de l'ambassade de Téhéran en 1979, qui ne sera lavé que par l'éradication de la clique islamique de Qom ; et avec des conseillers de la trempe d'un Bolton à la Maison Blanche, il y a des chances qu'on s'y essaie !

Les pays arabes font l'un après l'autre leur deuil de l'interminable question palestinienne qui ne figurera bientôt plus à leur agenda ; à commencer par l'Arabie séoudite dont le prince héritier a marqué son irritation l'an dernier devant les revendications impossibles de l'Autorité palestinienne. Tous les régimes sunnites sont hypnotisés par la menace iranienne réelle ou ressentie, sauf le Qatar et le sultanat d'Oman qui s'en accommoderont, et considèrent avec intérêt la puissance militaire de Tsahal qu'ils n'arrivent pas à égaler. Ceci devrait "libérer" les Palestiniens de la tutelle encombrante de l'impotente Ligue arabe, et favoriser la recherche de nouveaux sponsors. Les réactions internationales aux événements de la journée du 14 mai marquent les points d'ancrage possibles : la Turquie et l'Afrique du Sud sont en pointe et l'Asie lointaine commence à s'émouvoir. Quand des Chinois continentaux qui ne se connaissent pas me disent que la Terre irait mieux sans Israël, sachant comment sont formées les opinions politiques en République populaire de Chine, je me dis que Pékin commence à bouger. D'autres pays demandent des enquêtes ou convoquent l'ambassadeur israélien ; tous sont écœurés, parce qu'en occident, on ne tire pas sur les boucliers humains ! S'y résoudre à tous bons motifs est entrer en barbarie.

Liberman le barbare, clone de Poutine
Les Israéliens dans leur ensemble ne méritent pas la dialectique binaire et l'exposition dangereuse dans laquelle les maintient Benjamin Netanyahou et ses ultras, mais c'est le jeu démocratique qui a porté le Likoud en tête et donc le peuple. Il y a quelque part une responsabilité collective de la nation juive à la situation de fait, une occupation qui désormais en vaut une autre dont on n'ose parler. La justification originelle de l'Etat hébreu commence à s'estomper, beaucoup dans les chancelleries ont compris qu'autant de place on leur laisserait, autant ils en prendraient davantage. C'est le logiciel soviétique, ce qui est à moi est à moi ! Ce qui est à toi, on en parle ! Eretz Israël redevient fascinant pour les partis nationalistes et sectaires après la période de mésentente cordiale qui succéda aux Accords d'Oslo. S'il advenait que le renfort américain mollisse ou s'épuise, c'est la promesse d'une apocalypse à terme, le désespoir palestinien est trop fort pour que perdure l'apartheid.

Comment se réglera le défi démographique qui s'annonce au Proche-Orient ? Pendant que les Juifs se pavanent, les Arabes baisent. On a peur d'imaginer une solution finale à la Liberman !

lundi 26 mars 2018

Boxe !


Après le soupir du dimanche nous remontons sur le ring virtuel et un peu décalé sinon oiseux du blogue Royal-Artillerie pour dire aux autorités qui ont fait des pieds et des mains pour diriger ce pays, qu'elles sont largement au-dessous du niveau requis par un pays si mal défendu dans les secteurs impactés par la sécurité nationale. M'entendront-elles ? Qu'elles partent !

Lt-Col Arnaud Beltrame RIP
Mal défendu dans ses propres principes fondateurs qui privilégient les "idées" au bon sens, sans entrer dans le fameux bien commun totalement oublié par les politiciens qui viennent grimacer dans les lucarnes à chaque fois que la société reçoit un choc sévère comme ce fut le cas dans l'affaire de Trèbes, le pays est en danger et si la queue de trajectoire n'est pas désignée clairement, il ne s'extraira pas de sa position exposée par de la communication professionnelle ou par la réorganisation des "services".

S'il est difficile de bannir un citoyen ou impossible de créer un apatride en droit international, nous avons la possibilité de sortir de l'épure les malfaisants qui disposent encore d'une nationalité antérieure à la nationalité française. Que veut dire cette lâcheté de laisser aller et venir des délinquants, de les suivre quand ils dévient gravement, de spéculer sur leur passage à l'acte, alors qu'il serait plus simple de les bannir !

Nous devons vider nos prisons des étrangers en surnombre car elles sont devenues le noviciat des frères de la haine, la haine salafiste, et expulser les délinquants bi-nationaux avant qu'ils ne représentent un danger pour notre société. Et si l'entourage est convaincu de complicité, il doit suivre. Dehors !

Faudra-t-il attendre qu'un homme politique ou plusieurs tombent sous les balles islamistes ou mafieuses pour que la peur s'emparant de la classe politique (comme en 1968) on dépose à la Chambre une loi de déchéance de nationalité et bannissement ? A voir la pusillanimité des pouvoirs qui pleurnichent sur le sacrifice du lieutenant-colonel Beltrame, mais ne font rien de plus que gérer la menace, on comprend que les allées du gouvernement de ce pays sont envahies de prébendiers qui profitent de leurs talents de démagogues pour confisquer les attributs du pouvoir, et s'en contentent. Ils font leurs heures, se plient aux caprices de leurs équipes de propagande... et digèrent, en surveillant du coin de l'œil leur réélection.

Nous ne nous quitterons pas sans signaler que les maîtres de la sécurité nationale ne sont ni les forces de l'ordre ni les services de renseignement mais les juges qui commandent les procédures post-détection. Nous sommes entre leurs mains, et contrairement aux politiciens qui, eux, peuvent être démis par l'élection, ceux-là sont inamovibles et forment une caste soudée. Leurs compétences ne sont pas en cause, nous avons les meilleurs ; leurs intentions par contre sont questionnables.

Il serait peut-être temps de remettre à plat l'organisation des pouvoirs de ce beau pays de France, abandonné à une démagogie impotente, et menacé de plus en plus gravement par le boomerang de ses opérations extérieures dont les conséquences domestiques sont traitées par des amateurs comme notre pauvre ministre de l'Intérieur.

Fiancés à l'abbaye de Timadeuc, Arnaud et Marielle Beltrame avait décidé de consacrer leur union civile par le sacrement du mariage. La cérémonie était prévue chez lui à Vannes au mois de juin. La préparation au mariage catholique avait été confiée à un chanoine de l'abbaye de Lagrasse dans l'Aude, qui lui a donné l'extrême-onction à l'hôpital de Carcassonne. Toutes nos condoléances accompagnent les affligés.


Sainte Anne d'Auray


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