Affichage des articles dont le libellé est LaToile. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est LaToile. Afficher tous les articles

lundi 26 mars 2012

In Vulcain We Trust

Quand Otto Hahn (†1968 Göttingen) fit porter au Naturwissenschaften de Leipzig l'annonce de sa découverte à la veille de Noël 38, il savait qu'il avait inventé le feu prométhéen. Mais était-il le seul ? Depuis une décennie au moins, depuis le soupçon monstrueux qu'une énorme force était captive de l'atome, tous les physiciens du monde étaient aux cent coups pour être le premier des géants, et nous ne citerons, après Albert Einstein soi-même qui poussait ses calculs, que Frédéric Joliot, Niels Bohr, Lise Meitner, Fritz Strassmann et Otto Frisch, pour faire court. La Science leur rend grâce d'avoir osé, mais ils furent plus nombreux et de partout ; à la fin de l'année 1939, une centaine de "communications" étaient tombées dans les corbeilles à courrier des revues savantes. Trois ans plus tard, Enrico Fermi réussissait la première fission nucléaire en laboratoire à l'université de Chicago.

S'il n'est pas sûr que le propre de l'homme soit le rire, les chats pouffent, on n'en peut dire autant de son "vilain défaut", la curiosité. Casser l'atome réputé irréfragable était LE défi lancé à l'espèce humaine. N'était-ce point se grandir, approcher la sublime inquiétude du Créateur ? Ce grand mythomane qu'est le Mortel ne rêve finalement que d'être un jour incendié par le regard de Zeus, comme le voulut jadis Sémélé transformée en charbon à regarder son éternel d'amant.
Quel physicien aurait appréhendé de trouver la combinaison du coffre à vérités ? Tous naissent dans la science et prennent des risques incalculables pour confronter leur "imaginaire" aux réalités, fussent-elles explosives. Il n'a pas le préalable de l'interrogation. Plus tard, plus vieux.

Le délire de la Création
Dans les années 40, il ne s'agissait encore que de casser le petit jouet pour libérer de sa gangue la formidable énergie qui avait embouti ensemble les éléments de l'atome. Le défi était la fission du noyau élémentaire. Il fut relevé et dépassé. Imaginez maintenant que le "vilain défaut" propose à la communauté scientifique de recréer l'atome. On accède ainsi aux manettes du Grand Horloger. Le chaudron du savant va créer de la matière et non plus du rayonnement. Elle se pèse, elle est concrétisée ! Nous parlons maintenant de la fusion thermonucléaire : écraser deux atomes légers pour en faire un seul plus lourd et dégager quatre fois plus d'énergie que par le procédé de fission créé par Fermi et ses pairs, c'était la promesse d'entrer dans le club des génies cosmiques. Notre soleil, les étoiles, en font autant chaque jour, il suffisait donc de comprendre la procédure. Et la communauté savante fit la bombe H.
De la bombe A d'Hiroshima à la bombe H le facteur puissance est de mille ! Si l'on percuta des bombes H à l'essai dans les déserts et sous les mers, l'équilibre de la terreur est-ouest évita qu'on s'en amuse, et que faire sinon ? Cette fusion des atomes pouvait maintenir en haleine les équipes de chercheurs s'ils obtenaient plutôt qu'une bombe, une coulée de fusion contrôlée en continu, comme un drainage retardé d'énergie captive. L'équation est toute d’arrogance, mais on a osé : cette "arrogance" s'appelle ITER. Le monde scientifique construit à Cadarache un réacteur expérimental sur crédits internationaux. L'Union européenne, les BRICS, le Japon et les Etats-Unis et même le Kazakhstan - pourquoi le Kazakhstan ? - se sont mis ensemble pour voir ça : obtenir une filière industrielle produisant du courant électrique à partir de la fusion. L'Homme n'avait jamais osé en vraie grandeur.

Une affaire d'ingénieur
Faire le dieu n'est pas une occupation innocente et devant les images terrifiantes de l'éjaculation atomique de 1945, l'émoi fut toujours difficile à contenir chez les peuples craintifs. Puis vinrent les explicateurs sous-diplômés qui prirent le micro aux savants et le cri s'est répandu en écho des temps jadis heureux, d'un bord à l'autre de la planète : "Back to the trees !". Et chacun de grimper !
Les écologistes n'ont pas complètement tort, même s'ils sollicitent beaucoup la vérité en instrumentalisant les accidents industriels de la filière à dessein dans une procédure de communication fondée sur l'incertitude future comme le font tous les jours les agents d'assurances. Mais un citoyen moyen non irradié peut comprendre que les gens capables de domestiquer Vulcain le seront aussi pour venir à bout de ses rebuts ultimes. L'alarme entretenue par les partis naturalistes sur l'accident de Fukushima¹ cache soigneusement que ces réacteurs américains simplifiés étaient déjà obsolètes avant le tsunami. Les mêmes de critiquer ensuite les surcoûts du prototype EPR de Flamanville qui sont pourtant motivés par des exigences de sûreté nucléaire.
Tout est donc bon contre l'industrie, même s'il s'agit d'une filière française d'exception, reconnue et enviée dans le monde entier. Que pèsent ces considérations patriotiques, donc débiles, contre l'avenir radieux des moulins à vent qui ventileront les chèvres à fromage ! Et puis, le principe de précaution constitutionnalisé a bétonné le doute. Dans le doute, couche-toi !
Si nous avons de remarquables ingénieurs, ce sont les pastourelles folkloriques qui doivent gouverner la France nous rabâchent les Verts. Et eux d'araser tout ce qui peut représenter une affirmation de force dans ce pays. Après l'atome ? l'automobile, le rail, l'aéronautique, les canaux, les barrages, l'agro-alimentaire et cette inutilité géante qu'est notre industrie du luxe, devront obéir aux dévots de la désindustrialisation heureuse dans ce fameux meilleur des mondes où chacun pèsera chaque soir après le brossage des dents à la sciure, sa production de CO².

De toutes les énergies canalisées par l'homme, l'atome est la plus "intellectuelle", la plus avantageuse pour une planète surpeuplée. C'est une énergie dangereuse, son exploitation ne peut être galvaudée, mais vouloir s'en priver convoque auparavant des énergies substitutives du même rapport quantité-prix. L'avenir est ouvert.

Sans la note ci-dessous, ce billet a paru dans La Toile n°13 (20 février 2012), trimestriel monarchiste dépoussiérant de la Conférence Monarchiste Internationale.

Note (1): le Japon va redémarrer progressivement ses réacteurs nucléaires pour fournir l'électricité actuellement produite par les centrales thermiques à des coûts exorbitants qui obligeraient à des hausses massives des tarifs particuliers et entreprises. Seize centrales sont en cours d'examen par l'AIEA et deux ont déjà reçu leur bon d'exploitation.

lundi 22 août 2011

Le Jeu du Roi sur l'archipel raspalien

Interview de M. François Moirez, vice-consul de Patagonie à HKSAR, pour La Toile
- parue dans le numéro 11 « Ces hommes qui voulurent ETRE ROI !» -

Au Mont Lozère quand vient mourir le vent de l'Atlantique chargé de nuages lourds, on a les narines envahies d'une odeur d'eau et la gorge étreinte d'un sentiment de désolation provoqué par la végétation rare. C'est dans ce causse d'altitude, lunaire dès qu'il fait gris, que j'ai rencontré le vice-consul de Patagonie à Hong Kong qui se ressourçait au silence du désert, loin de la mégapole chinoise. Je me suis ouvert à lui de ma sympathie étonnée, il m'a dévoilé ce Jeu du Roi¹.

[La Toile] Excellence, au soir d'un parcours professionnel particulièrement riche en Asie du Sud-Est, vous avez accepté l'exequatur de Vice-consul de Patagonie à Hong Kong. 
La charge ne supporte-t-elle que le poids plume de l'utopie, ou prend-elle un certain temps comme toute fonction consulaire ?

[François Moirez] Quand la proposition vient de Jean Raspail lui même, c'est un honneur qu'on ne peut refuser ! Le drapeau patagon ne flottait pas encore à Hong Kong , ville qu'il connaissait pour y avoir vécu un peu dans les années soixante de son Arpentage² du monde, et c'était là encore un peu un jeu : dans un environnement aussi capitaliste où l'on juge les gens au nombre de dizaines de millions de dollars de leur compte en banque - ou à leur parc de Porsche ou de Maserati.., c'était comme un pied de nez à toute cette superficialité.
Alors, la charge de ce poste ne peut être que légère, même si nombre de résidents de la mégapole chinoise sont en leur for intérieur - j'en suis sûr - attiré par le rêve patagon.

[LT] L'annuaire consulaire³ du Royaume de Patagonie est impressionnant puisque ses postes couvrent toute la planète au point de disputer à de grands pays leur rang en termes de maillage diplomatique. Quel est la première motivation qui pousse les impétrants à ce statut diplomatique de fantaisie ?

[FM] Je n'aime pas cette expression "statut diplomatique de fantaisie" ; après tout, si les postes diplomatiques francais dans certains archipels perdus au milieu du Pacifique peuvent être qualifiés de fantaisistes (surtout en l'état de nos finances !), les consulats de Patagonie, eux, relèvent plutôt de ce que je préfère appeler un "statut diplomatique extra-ordinaire".
Extra-ordinaires par leur origine, et par leur raison d'être ; les consuls, de même que tous les citoyens patagons ont souhaité participer au merveilleux "Jeu du Roi ", ce savant mélange d'imagination débridée mise au service de sentiments de bonne tenue.
Quant à savoir si l'on naît Patagon ou si on le devient, c'est là une question trop sérieuse - que je laisserai aux exégètes de la Rive gauche qui ne manqueront pas d'élaborer une foultitude de théories !

[LT] Le Royaume d'Araucanie et Patagonie exista dans les faits. Son premier et unique roi fut un gentilhomme périgourdin, Antoine de Tounens, qui régna aux antipodes sous le nom d'Orlie-Antoine Ier, de 1860 à 1862, avant de perdre pied face au Chili. Jean Raspail ressuscita le royaume éphémère hors et sur ses terres australes immenses et désolées. Vous a-t-il jamais confié le sentiment qui a déclenché son mouvement et pourquoi la prise du titre de Consul général de l'utopie ?

[FM] J'ai connu Jean Raspail quand, élève d'un lycée provincial en France, j'assistais aux séances de "Connaissance du Monde " qui permettaient de découvrir des contrées lointaines, et en tous cas propices aux rêves pour l'enfant que j'étais. Je me souviens en particulier de son film relatant son voyage "de la Terre de Feu à l'Alaska ; je pense que Jean Raspail a toujours été attiré par ces confins du monde et par l'acharnement des peuples à y vivre, en dépit de conditions extrèmement difficiles. Sa découverte de l'honorable Antoine de Tounens, de son épopée véritablement tragi-comique de la fin du 19ème siècle, ainsi que de la disparition des tribus locales, Maputes, Tehuelches ou Alakalufs, massacrées par les Chiliens, les Argentins, ou tuées par les maladies importées ou provoquées par les explorateurs/missionnaires/marchands européens, tout cela l'a amené naturellement à hisser le pavillon patagon sur sa demeure de Provence, puis à accueillir tous ceux qui se sentaient attirés par cette aventure - qui allait bien au dela de la simple aventure littéraire.
Quand il m'a accueilli à Paris, il m'a dit combien il avait été surpris de l'ampleur prise par ce "Jeu", flatté aussi de ce que le drapeau patagon puisse flotter sur les terres les plus disparates de la surface du globe.

[LT] Le 7 mai dernier à Paris, eurent lieu de grandes agapes pour fêter le soixantième anniversaire du prince héritier d'Araucanie et Patagonie, Philippe Boiry. Les deux délires ont-ils des relations fonctionnelles malgré l'aimable détestation qu'ils se vouent et la différence palpable d'intentions (utopie romanesque d’une part et revendication diplomatique fondée de l’autre) qui se rejoignent quand même dans une quête de gloire ?

[FM] Il s'agit pour moi d'un essai, comment dire, d'institutionaliser un rêve - quel horrible mot ! Bien sûr, le roi Orélie-Antoine avait créé dans son esprit une grande quantite de ministères, services administratifs, de titres ronflants et décorations mirobolantes - mais tout cela était resté "dans son esprit". Créer un mouvement ayant pour but par exemple l'indépendance de territoires appartenant à la fois au Chili et à l'Argentine, ce serait quitter pour de bon l'aventure intellectuelle du "Jeu du Roi" pour quelque chose de carrément... "ordinaire" !

(propos recueillis par Catoneo pour La Toile, été 2011)

Notes :
(1) Le Jeu du roi est un roman de Jean Raspail paru chez Robert Laffont en 1976
(2) C'est sous ce chapitre que Raspail regroupe ses récits de voyages exotiques, dont le titre Hong Kong - Chine en sursis (Connaissance du Monde 1963).
(3) L'annuaire patagon est édité par Le Moniteur de Port-Tounens que l'on peut se procurer auprès de la Chancellerie royale c/o M. François Trulli, 20 avenue de Lowendal 75015 Paris

jeudi 23 juin 2011

Régions vs. nations

Cet article est paru dans le trimestriel monarchiste La Toile, numéro 10, publié au mois de mars 2011. Il entre en archive RA. Ce numéro de La Toile est un dossier sur la réforme territoriale aperçue à travers les élections cantonales. Nous approchons maintenant des élections sénatoriales qui pourraient voir un renversement de majorité à la Haute Assemblée. La Gauche étant majoritairement fédéraliste, les régions sortiront-elles renforcées du scrutin au point de contester, non pas les nations dont elles sont l'empreinte territorialisée, mais les Etats qui les gèrent, ou bien tout cela participe-t-il d'une évolution inéluctable ? Ce n'est pas aussi tranché. Réponse après le 25 septembre. Pour le moment les collèges électoraux sont en formation, comme celui de Parentis ici. En attendant voici le billet de La Toile n°10.

Quand la Hanse allemande, qui était une CEE avant l'heure, le céda aux Etats-nations à la paix de Westphalie (1648), les peuples européens apprirent vite ce que signifiaient les points-tirets que les experts d'alors avaient tracés sur des cartes de papier. Dans leurs frontières négociées au mètre près, les Etats devenaient des enjeux parfaitement concrets, parfaitement pesés, parfaitement négociables.
Les nations immanentes demeuraient, comparses des fois, éparses aussi, et le mouvement se fit vers l'adéquation suprême d'un état pour toute sa nation.
C'est l'irrédentisme, l'Europe faillit en crever.

1648-1948 : au Congrès de La Haye, Winston Churchill annulait trois cents ans de malheurs en appelant à l'union du continent dans ce qui allait devenir le Conseil de l'Europe. On allait retricoter Westphalie en sublimant les intérêts nationaux résiduels dans le mercantilisme d'une union de libre-échange chapeautée d'un codex moral sensé régler les poussées nationales. C'est la démocratie chrétienne qui prit l'affaire en main et construisit les communautés européennes. Les Etats étaient dès lors visés. Avec la CECA(1) on remontait les hanses, ils firent semblant de ne pas le voir.

Les décideurs économiques privés, qui doivent anticiper plus loin que les Etats pour survivre, ciblent les complémentarités transnationales en créant dans les régions périmétriques des convergences indéliables assez fortes. Le grignotage des Etats par les instances supranationales fait émerger mécaniquement les régions subalternes qui s'agrègent parfois en puissante communauté d'intérêts capable de dicter sa loi aux cabinets ministériels, relégués au rôle de facilitateurs dans l'exploration des jungles réglementaires locales. Le grand bassin drainant du Rhin en est l'exemple-type.
Les Etats n'ont que deux solutions. Soit ils se cabrent et reculent pied à pied en bon ordre comme une armée disciplinée, mais ils reculent – c'est le cas de la France qui continue à faire illusion chez elle -, soit ils accompagnent leurs pôles économiques majeurs de toutes les mesures fiscales et sociales propices à un développement réussi, attendant de l'enrichissement futur de la nation leur propre consolidation, c'est le cas de l'Allemagne et des pays du Nord. Les succès économiques germaniques sont en partie dûs aux réformes en profondeur de la société allemande menées à bien par le chancelier Schröder sur demande du patronat.

La conquête du land de Bade-Wurtemberg par Die Grünen de Cohn-Bendit va influencer fortement l'Alsace mitoyenne où Europe-Ecologie-Les-Verts du même Cohn-Bendit a fait des scores enviables aux cantonales. Très influencés par leur cousin germain, les Alsaciens doivent résoudre plusieurs questions d'environnement à commencer par l'arrêt d'exploitation de la vieille centrale nucléaire de Fessenheim.La question induit de trouver des réponses valides à deux questions : quid des 700 emplois directs (plus autant d'indirects) sur l'agglomération de Mulhouse, et où retrouver les 16 millions d'euros de taxes annuelles que M. Proglio paie aux Alsaciens ?
L'autre défi est l'agriculture intensive invasive et la concurrence de plus en plus forte de l'agriculture organique allemande. Le fleuve n'est pas une frontière mais l'aorte unique des deux régions, et le parti écologiste affiche clairement que "l’Alsace s’épanouira par une nouvelle coopération rhénane". Traiter la salubrité des eaux, la qualité de l'air, la sécurité de la batellerie, voire la pression cynégétique chacun dans son coin, est absurde. Aussi les structures de coopération se multiplient-elles et l'autonomie badoise déteint sur sa soeur occidentale.

L'Europe des nations a toutes ses chances car les nations sont éternelles. L'Europe des Etats, c'est moins sûr. Le temps de la Hanse est revenu, qui fait du commerce des choses le seul moteur des ambitions humaines, laissant à chacun le choix de s'enrichir l'esprit sans subir la dictée étatique. Les régions mitoyennes ont vocation à s'entendre par leur simple proximité de vue. C'est une tendance lourde que démontre l'Europe rhénane. Les Etats impotents, archaïques ou surdimensionnés sont destinés à s'effondrer sous leur propre poids. Si l'ambition des régions est de singer les Etats qu'elles auront surmontés, elles en partageront ultérieurement le destin

Note (1): La Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (les six pays fondateurs de l'Europe institutionnelle) donnait l'autonomie à l'économie transversale pour surmonter à l'avenir les dérives agressives des Etats. Pendant 50 ans, la Haute Autorité de tutelle régla ses marchés par un réseau de guichets normalisés indépendants, au seul bénéfice des acteurs économiques du secteur.


Conclusion (version RA)

L'économique prime tout. L'histoire du monde peut s'expliquer par l'économique, les décisions politiques qui prennent toute la lumière des annales sont dans l'immense majorité des cas, soit les "encaissements" d'une situation favorable, soit les réactions de sauvegarde en face d'un péril économique. Même les guerres de libération napoléoniennes qui pourraient apparaître gratuites, ont des causes et des dérives économiques. L'Union européenne est une union mercantile et cette puissance ne se discute pas, elle se mesure. L'Union européenne ne sera jamais une fédération politique pour la simple raison que les nations la composant, représentées ou pas par des Etats, ne se la laisseront pas imposer. Il faut dire que les représentants de cette fédération actuellement en fonction ne risquent pas de mobiliser les fédéralistes autour d'un dessein purement utopique, tant leur "caractère" est ectoplasmique. Les régions vont certainement coopérer plus étroitement, surtout par dessus les frontières et les barrières linguistiques, mais les nations marcheront toujours vers l'histoire.

samedi 26 mars 2011

Dieu rebat les cartes

Embringué dans des primaires de haute fermentation comme son homologue socialiste, le parti Europe-Ecologie-Les Verts de Cécile Duflot et Daniel Cohn-Bendit est secouru par le doigt de Dieu. Le Créateur de toutes choses a appuyé où ça fait mal, à la jointure des plaques tectoniques pacifique et eurasienne, punissant l’Empire nippon de sa présomption à dompter l’atome, lui qui avait jadis confirmé de terrible manière les calculs des Savants . Tournez, tournez rotatives, la presse à faire peur s'est renflouée et a porté les écologistes sur le pavoi des cantonales.

Exit la chorégraphie strausskhanienne de Monsieur Hulot l’hélicopteur, finie la diction patoisante de l’ayatollah norvégien, place aux poids-lourds de la cause anti-nucléaire. Greenpeace, les Amis de la Terre, Sortir du Nucléaire… ont, à micros ouverts, un boulevard. La contre-offensive du lobby Areva-EDF-CEA qui dispose d’arguments sérieux, ne pouvait pas se déployer dans le délai de six jours précédant le premier tour. Les bonnes questions aux écologistes ne leur sont pas posées car inaudibles dans le vacarme du tsunami alarmiste qui emporte tout sous lui. A cette heure au Japon, on attend la grosse réplique.

Ainsi, ces élections-test ont-elles vu monter deux extrêmes, comme il en va souvent dans les périodes d’angoisse, le Front national porté par la vague immigrationniste attendue des révoltes arabes impromptues, et Europe-écologie-LV dopée par une atteinte grave et subite à l’environnement. Les calculs minutieux et faux des tacticiens en soupentes travaillant pour les « partis de gouvernement » seront une fois encore justifiés a posteriori par de longues analyses dont nos énarques ont le secret, mais ne serviront pas à grand-chose pour se répartir les conseils généraux dès avant le second tour comme on l’entend déjà, car le couperet des 12,5% d'inscrits pour accéder à ce second tour peut désormais tomber sur tout le monde : les points gagnés sont toujours pris à autrui, la somme est cent.

Epilogue :
Cet entrefilet a paru hier dans La Toile n°10, trimestriel monarchiste dépoussiérant de la Conférence Monarchiste Internationale. Archivons ! Il met le doigt sur l’exhaussement par l’actualité des partis de deuxième division tels EELV et FN que le parti présidentiel a tenté de brider par le relèvement du seuil d’accès au second tour de 10 à 12,5%. Compte tenu du taux d’abstention¹ normal aux cantonales de 36%, la barre était placée en moyenne à 20% des votants. Avec un taux de 55%, mécaniquement la moyenne montait à 28% ; une gageure. Si les sondages ont donné dans l’ensemble la main à la Gauche, les cas particuliers sont nombreux avec des triangulaires redoutées avec le « diable », et des candidats sérieux disparus dès le premier tour. La démocratie bidouillée au motif de trier les candidats corrects et de dégager des majorités de gestion est une escroquerie de plus acceptée par l’Opinion, qui en définitive ne croit plus trop dans ce régime parlementaire du tohu-bohu pour tirer le pays, et se désintéresse déjà des détails.

Note (1) : Ministère de l’Intérieur : Il ressort des statistiques une grande amplitude du taux d'abstention sur l'ensemble de la période 1976-2004. Le taux moyen d'abstention est de 36,4 % des inscrits avec un maximum de 50,9 % en 1988 et un minimum de 29,8 % en 1992, soit un écart de 21,1 points. (JO Sénat du 02/09/2004 - page 2006)

samedi 22 janvier 2011

Rencontres Royalistes /1

Ce court billet est le condensé et le prolongement d'un article de Royal-Artillerie publié le 20 novembre 2010 sous le titre Assises... ce que nous en ferons. Il a paru sur La Toile n°9, trimestriel électronique de la Conférence Monarchiste Internationale, édité et diffusé par SYLM. Il entre en archives RA.

Les Premières Rencontres Royalistes (PRR) — anciennement Assises — pourraient être l’occasion de définir un but commun pour les chapelles et les royalistes inorganisés, qui serait de mettre un jour un roi dans le domaine régalien, sans définir voies et moyens d’y parvenir, et surtout sans l’impliquer dans le débat social si nous ne voulons pas le « diviser » entre nous.

Comme avait dit Anna de Noailles à propos du Martégal : « Qu’importe que l’on diffère d’opinion sur les hommes, les événements, les idées, si l’on est d’accord sur les dieux ». Mais chacun de nous a ses « dieux » ; sa voie exclusive d’accès au trône, en plus d’avoir « son » prince indiscutable. Guidons-nous alors sur un phare loin en mer mais balisé sur la carte et laissons à chaque bateau le choix de sa route, la prise de ris, les virements de bord. En fin de course, les circonstances dramatiques de l’aubaine auront éclairci l’alternative et le choix n’en sera plus un. Reste la question du nerf ! Il n’est pas de propagande aboutie sans moyens préalables, de gros moyens aujourd’hui.

Vers un appel de fonds
Les nouvelles structures d’influence sont des montages capitalistiques même quand elles combattent le Capital. A la louche et pour commencer, un million d’euros est à trouver pour créer quelque chose qui se voit, qui travaille l’Opinion et qui dure. On pourrait détailler l’assiette de « taxation » lors des PRR de printemps et mettre en concurrence des projets neufs, ou lancer un appel d’offres de structure.


L’offre de Royal-Artillerie est connue : un portail web royaliste en libre-service pour les producteurs de contenu, une « agence de presse » pure player et assez vite ensuite, un quotidien sur tablettes Internet avec en option un mensuel papier de réflexion (style Les Epées en moins rural comme maquette). A vous les studios !

Ces Premières Rencontres Royalistes seront ce que nous en ferons, mais n’anticipons pas les travaux accomplis. Au niveau individuel déjà, nous pouvons dire que, même en notre absence physique, si nous traduisons dans notre comportement quotidien de royaliste les recommandations auxquelles elles auront abouti, la situation du mouvement s’améliorera par capillarité.
Pour nous mettre chacun dans l’axe d’une aimantation commune, convergeons simplement vers un roi dans un schéma institutionnel un peu plus précis, et quelque soit le résultat de ce consensus, nous pourrons chacun nous dire, j’ai fait de mon mieux.

Retrouvez ce billet dans La Toile n°9 en cliquant ici (page 29).

Postscriptum du 28.03.2011
Par lettre à Sylvain Roussillon (CMI), le Groupe de Liaison Royaliste annonce l'abandon du projet de Rencontre Royalistes 2011, par défaut de moyens humains et financiers.

Articles les plus consultés