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lundi 29 mai 2023

Miscellanées de Pentecôte

A tout seigneur... le pélé de Chartres 2023 est un franc succès avec un doublement du nombre de pèlerins. Un reportage, paru dimanche sur une chaîne mainstream de la télévision, s'est attardé, en marchant, sur le tronçon "tradi" de cette merveilleuse aventure, nous spécifiant qu'il s'agissait de catholiques "pré-conciliaires" suivant la messe en latin, marquant, ce disant, un progrès indéniable du journalisme de consommation. Que des jeunes pleins de joie, prêtres en soutane et moines en capuche ! on n'a pas vu l'abbé de La Morandais.

une colonne du pèlerinage de Chartres

J'ai suivi sur le canal 592 l'avalanche des résultats de la présidentielle turque qu'Erdogan a finalement gagnée avec 52% des suffrages. Le renfort décisif de la diaspora très nationaliste - elle ne subit aucun désagrément de la crise économique domestique et ne voit que le pouvoir de nuisance internationale de la Sublime Porte dont elle est fière - a consolidé le succès très net du Sultan dans la voie électorale, qui avec 25.433.000 voix contre lui n'est quand même pas plébiscité. Son concurrent, attaché à redresser la situation socio-économique et financière du pays et à virer les réfugiés syriens, n'a pu remporter les enchères électoralistes en Anatolie. Ceci dit, c'est pareil chez nous, mais en plus subtil.

Fois mille : un voisin est venu hier me demander de lui prêter mon jeu de clés en pouces. "Deux minutes" lui ai-je répondu, à quoi il me dit "prenez en mille, j'ai tout mon temps". Allant à l'atelier, je me suis mis à faire un peu de calcul mental par hygiène, pour trouver que mille secondes faisaient un gros quart d'heure. Je lui en fis part en lui donnant la boîte et nous nous mîmes à calculer :
Mille fois mille, soit un million de secondes font presque une douzaine de jours (11,6) ; mais mille fois plus, soit un milliard de secondes nous portent à 32 ans (31,7) et mille fois plus encore, un trillion, nous fait bondir de 317 siècles ! Mazette. C'est l'époque de Cro-Magnon. Ça sert à quoi, me direz-vous ? A méditer sur notre avenir.

Justement, en soufflant sa bougie de centenaire, le gourou Kissinger a bien capté que l'intelligence artificielle rebattait toutes les cartes géostratégiques par le monde. La puissance pure développée en continu par l'IA va donner le lead aux pays qui la maîtriseront, c'est à dire aux peuples les plus intelligents. S'il ne doute pas des Chinois, il exclut déjà les Russes. Quant aux autres c'est selon. A mon avis, le degré de liberté créative fera la différence. La France aurait sa chance si l'Etat se désengageait de l'économie qu'il veut absolument diriger malgré ses insuffisances.

Parlant de la technocratie, d'un œil distrait j'ai vu sur l'écran bleu que le Premier ministre Borne avait traité le Rassemblement National d'Enfants de Pétain. Depuis un moment déjà elle cultive une image de socialiste pénétrée de compétences et de raison, mais elle oublie que dans un régime démocratique, d'images donc, il faut avoir la gueule de l'emploi, ce qui lui fait défaut. Sur le fond de l'histoire, c'est vrai, mais on peut arguer en bon dialecticien (comme Sébastien Chenu) qu'ils (les enfants) n'ont jamais été majoritaires. De vrais résistants ont soutenu le Menhir.

Terminons sur le gag du jour : l'excellentissime Rishi Sunak - le Trudeau anglais bronzé à l'année voire le Macron britannique avec du blé - a déclaré au DUP de Belfast qu'après les nouveaux accords européens en Mer d'Irlande, l'Ulster avait la chance inouïe d'un accès privilégié à la fois au marché britannique, le cinquième du monde, et au marché unique européen, le plus large et solvable au monde. A quoi le Labour a répondu avec perfidie que c'était la situation dans laquelle se trouvait tout le Royaume Uni avant le désastreux Brexit. Le clown Farage, Nigel Farage, la coqueluche des souverainistes français, en convient : le Brexit a complètement merdé.
Les Rosbifs jettent aujourd'hui tous leurs maux dans le plateau "Brexit" de la balance quand, avant 2016, ils les mettaient tous dans celui de "l'Union européenne". Il faut dire qu'ils en chient comme des Russes depuis qu'ils se sont aperçus que la terre était beaucoup plus basse que ce qu'en disaient les Bulgares qui la cultivaient jusque ici. Leurs récoltes pourrissent dans les arbres et sur pied. Je ne vois pas chez nous Philippot aller aux fraises. Et Singapour-sur-Tamise ne ruisselle pas sur les inforthunés. Mais il n'a pas plu ce week-end, c'est déjà ça.

S'il en manque une, la voici : ils ont viré Patrick Cohen de Radio-France. Je vais m'acheter une livre d'oignons.

lundi 1 février 2021

Un Brexit gagnant est dans les tuyaux

Ça fait un mois que le Royaume-Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord a largué le continent et les relevés géodésiques n'ont alerté d'aucun glissement des amers. La reine Elisabeth II va fêter ses soixante-neuf ans de règne le 6 février prochain, et le fringant duc d'Edimbourg passera le siècle le 10 juin. La descendance est assurée, la Firme donne le ton à la presse people. Des Anglais mieux informés que Stéphane Bern soupçonnent la reine d'être in petto une brexitrice refoulée. Rule, Britannia ! Britannia, rule the waves ! Quant aux spécialistes payés au mois, ils nous ont expliqué la rupture systémique en détails qui finalement se résument au déshuilage des procédures commerciales et à la quarantaine bancaire.

Elisabeth 2


A ceux qui ont pris le blogue en marche*, nous conseillons de consulter la mise en ligne du dossier par Matignon en cliquant ici ! Effectivement les Britanniques se plaignent des difficultés rencontrées en frontière de la Communauté européenne dans des procédures qui pour eux ressemblent à une punition, comme les certificats sanitaires, formulaires douaniers, listes de colisage modélisées, les factures commerciales internationales, lettre de voitures, connaissements et tout le diable son train. Choses inconnues d'eux jusqu'ici quand il était aussi facile d'aller de Manchester à Czerwionka-Leszczyny comme autrefois de Nantes à Montaigu.


Ils devraient s'en consoler pour une seule raison : contraints et forcés, les plus petits producteurs britanniques apprennent le métier d'opérateur international. Ils s'arment pour le commerce à la grande exportation. Dans trois ans, ils seront des concurrents redoutables urbi et orbi travaillant de conserve avec leurs transitaires anglais dans le monde entier, Europe continentale y comprise bien sûr. Nous les avons forcés à se former.

Entretemps Boris Johnson et ses successeurs accroîtront au maximum l'attractivité du royaume pour les talents créatifs, les entrepreneurs au grand large, les fous d'argent ! Ayant rompu avec les avares bataves, les chanoines rhénans et les communistes français, ils mettront au service des idées ce que l'Angleterre a toujours su faire mieux que les autres : la liberté dans l'imagination. Et certains ne s'y sont pas trompés comme le patron de Nissan UK qui, actant l'absence de droits et quotas, a célébré les futurs succès de son usine de Sunderland qu'il va convertir aux modèles de demain. S'ouvrant sur tout le Commonwealth sans demander les permissions réglementaires à Bruxelles et approvisionnant tous ses intrants européens sans contraintes démesurées, l'industrie britannique peut reprendre des couleurs dès lors qu'elle reste adossée aux usines allemandes et italiennes et qu'elle a toute liberté de navigation.

Un autre avantage de la séparation est de recouvrer l'agilité du gouvernement. La preuve en est faite, là, tout de suite, dans le management de la vaccination contre le coronavirus chinois. Quand la Commission recherchait le consensus des vingt-sept pays pour le plus petit dénominateur commun à ceux qui voulaient le vaccin ARN et à ceux qui voulaient un vaccin à souches mortes, le Royaume-Uni n'avait pas à perdre de précieuses semaines en cohésion, la cohérence y suffisait. Puis Bruxelles passa un mois dans des réunions de marchands de tapis avec les laboratoires pharmaceutiques pour obtenir le plus bas prix possible d'un produit en cours de développement (c'est énorme de bêtise) pour, à la fin, montrer un retard de trois mois (3!!!) sur la procédure britannique. D'un côté, on va à l'essentiel - vacciner la population le plus vite possible pour bloquer l'affaissement économique et sauver des vies - de l'autre, on s'emploie à réaliser pour s'en vanter ensuite l'exploit bureaucratique de mutualiser les commandes, mais dans les délais abscons d'une fédération de papier, alors que la Santé reste dans l'Union une compétence nationale.
Le Spiegel (clic) s'en prend très vivement à la présidente allemande de la Commission, Ursula von der Leyen, pour son arrogance, ses ambitions de carrière et sa faible compétence dans l'emploi, toutes choses qui dans ses postes précédents ont été remarquées avec une adresse certaine à se défausser sur autrui quand elle n'abandonnait pas le poste avant l'audit. AKK qui lui succède au ministère de la Défense à Berlin, n'a pas encore terminé de passer la serpillière sur l'ère Von der Leyen et le ministre allemand de la Santé tire à boulets rouges sur la Commission européenne et sa présidente (lire l'article). Les Anglais ont certes aussi leur bureaucratie, mais ils savent la shunter dans l'urgence. Ça leur a fait gagner des guerres dans le passé.

Reste la question qui hantait M. Barnier : Singapour-sur-Tamise. La City de Londres est un des géants mondiaux de la bancassurance et le traité l'empêche de démarcher librement la clientèle continentale. Il est certain que ces dispositions réduisent la masse des dépôts bancaires et la collecte de primes. Mais le savoir-faire, le talent et la perversité financière sont toujours les moteurs de la City avec trois marchés de capacité mondiale qui n'ont pas de concurrents continentaux, je cite : le London Stock Exchange comme bourse des valeurs et leur introduction, le London Metal Exchange comme marché des non-ferreux et de l'acier, le London Bullion Market pour les métaux précieux, et le marché interbancaire des capitaux parmi les plus fournis et achalandés de la planète. S'ajoute le Llyod's, leader incontestable dans l'assurance et la réassurance. On voit bien qu'on n'est pas chez les miquets ! Mais d'autres que le piéton impécunieux le verront aussi. Et s'il est plus difficile aujourd'hui de vendre un plan d'épargne-logement anglais à madame Michu, le phare de l'ingénierie financière hors-normes et hors-réseau brillera désormais de mille feux puisque la surveillance de Bruxelles aura baissé d'intensité. D'ailleurs tous les discours ronflants de l'Europarlement contre les paradis fiscaux n'ont jamais entamé les capacités créatives de la perfide Albion. C'est là-bas qu'aurait dû aller M. Cahuzac lors d'un week-end shopping avec la belle-fille de Michel Drucker. Et puis, comme nous le montre l'actualité des bourses chaque jour (MNI), la haute finance aujourd'hui, c'est le cerveau d'un gnome génial, une tablette connectée où il faut, et un rail chaque matin. Penser à changer de narine. Le reste vient naturellement et c'est de l'or.

le Ring du London Metal Exchange

Une incidente d'actualité : depuis hier dimanche, "les demandes pour les visas British National Overseas (BNO) sont ouvertes. Les citoyens de Hong Kong détenteurs de passeports BNO ont le choix de vivre, travailler et étudier au Royaume Uni, libres d'y reconstruire leur vie. Nous sommes fiers de ce jour historique par lequel nous honorons notre promesse aux Hongkongais" dixit la ministre de l'Intérieur britannique Priti Pratel. C'est indéniablement du renfort pour le royaume. Hong Kong est troisième au classement PISA, la plupart des immigrants sont des gens formés dans des métiers d'avenir, sinon fortunés. Il leur suffira de se maintenir cinq ans (je vous fais grâce des détails) pour obtenir la citoyenneté britannique de plein droit. On estime que sept mille réinstallations sont déjà effectuées, l'argent continue d'affluer pour couvrir le reset hongkongais. La Chine populaire enrage et, avec un culot monstre après sa brutale reprise en main de l'ancienne colonie contrevenant au traité anglo-chinois de 1984, dénonce une atteinte au droit international ! Rien n'effraie plus les communistes que de perdre leur pantalon en public.

Ceci mis à part, des difficultés sont attendues avec l'Ecosse et peut-être l'Irlande du Nord, qui sentent la courroie de la camisole se détendre. Mais si la prospérité revient au Royaume-Uni, ces nations de rugby pèseront les inconvénients d'un désarrimage, dont la faisabilité pratique n'est pas démontrée, à l'aune de celui enduré par la Grande Bretagne dans la procédure européenne. Le vice caché du royaume est peut-être dans le timing. L'incarnation de l'unité britannique est une reine très respectée mais à la fin d'un long règne, finissant en vrille, dont le successeur aura beaucoup de mal à obtenir l'oreille des milieux d'affaires, et dont le fils du sus-dit est un gros point d'interrogation, ou d'exclamation comme on veut. La classe politique, aussi corrompue que la nôtre, devra néanmoins faire le pont entre les institutions de la couronne et les institutionnels de la finance et de l'industrie, ce qui n'est pas écrit d'avance ! Mais l'histoire a montré que les peuples britanniques en danger pouvaient précipiter en cohésion solide entre deux disputes, comme les Afghans un peu. Le Piéton leur souhaite sincèrement de réussir, non pour l'exemple (on a déjà dit pourquoi ici) mais pour le bonheur de nations courageuses qui font notre admiration aussi souvent qu'elles nous agacent. Sacrés Godons !

coquelicot

jeudi 24 décembre 2020

L'Accord de Noël

15:06 GMT - Comme celui du Good Friday entre les factions nord-irlandaises, l'accord anglo-européen du Brexit restera dans l'histoire comme le Xmas Deal. Il ne s'agit rien moins que de maintenir l'économie de la Grande Bretagne (celle d'Ulster y est déjà revenue) dans la zone de libre échange appelée "Espace économique européen" (EEE) en libérant les Communes des institutions normatives continentales. Avec quelques ajustements à la marge, c'est assez précisément la position dont voulait s'assurer Margareth Tchatcher quand elle entreprit son combat contre la Bureaucratie delorienne.

B. Johnson
On sait quels furent les ressorts du Brexit dans l'esprit populaire, choqué par l'envahissement dans tous les compartiments de la société britannique, et nous n'y reviendrons pas. Mais ce qui était impossible il y a encore quinze jours a été dénoué en moins de trois jours comme par miracle. Les correspondants permanents de presse à Bruxelles nous donneront le fin mot de l'histoire, mais d'ores et déjà, la conjonction de planètes (Saturne et Jupiter) appelée "Etoile de Noël" a moins fait pour l'accord que la conjonction de la Chancellerie allemande et de la Commission allemande, la première pressant la seconde de résister aux fédéralistes forcenés pour le bien des affaires de la Deutschland AG. Le perdant, s'il en faut un, c'est Michel Barnier et le team de négociation de trois cents experts qu'il avait réuni pour faire plier les maigres délégations anglaises successives ; quand celles-ci avaient joué la "géopolitique" contre la "logique impériale" ! On oublie que Theresa May avait en son temps abouti et que les Communes ont retoqué l'accord qu'elle avait obtenu au motif d'insuffisances graves... pour finalement avoir bien mieux : le beurre, l'argent du beurre et le cul de la crémière.

C'est une petite note pour faire date ce matin, mais on ne peut conclure sans rapporter la réflexion à chaud de Marc Fiorentino :

« Nous avons cru...
Qu’il n’y aurait pas Brexit. Et il y a eu Brexit.
Nous avons cru que le Brexit provoquerait un chaos, il n’y a pas eu de chaos.
Nous avons cru que l’Europe exploserait et que le Brexit provoquerait un effet domino, l’Europe n’a jamais été aussi unie que dans cette négociation et aucun pays n’a envie, pour l’instant, de suivre l’exemple de la Grande Bretagne.»
«Cela n'enlève rien...
Au caractère historique de l’événement.
La Grande Bretagne redevient une île.
La Grande Bretagne n’a jamais été vraiment intégrée à l’Union européenne.
La voilà à nouveau indépendante.
La phase transitoire pourrait être compliquée, mais à terme le calcul de la Grande Bretagne est simple :
Devenir la plaque tournante du commerce international et de la finance internationale.
Un paradis fiscal et réglementaire.
C’est notre scénario.»


Pas mieux ! Mais pour aller plus loin, il faut voir la synthèse en dix-sept pages sous forme de tableaux des accords sur le site SCRIBD - rubrique : Government Analysis of the Deal Document.
Le Royaume-Uni bat l'Union européenne 41 à 24, un score rugbystique !

lundi 30 novembre 2020

Frexit & Chimères

S'ouvre aujourd'hui le calendrier de l'avent, l'avant-Brexit. Dans un mois, nous saurons si l'impossible n'est vraiment pas anglais ! Ce billet a été annoncé dans l'article du 22 novembre 2020 titré L'Heure de l'empire sous l'hypothèse d'une fédéralisation européenne forcée par les Etats-Unis pour permettre leur désengagement du vieux monde. Nous jugeons le Frexit impossible à réaliser tant que la communauté économique et financière sera debout, et nous invitons le distingué lectorat de Royal-Artillerie à comprendre nos objections. Mais revenons d'abord sur la tentation du retrait américain par une prochaine administration.


chimeres en gargouilles de Paris


Pourquoi partiraient-ils ?


Essentiellement pour suivre la dérive des pôles stratégiques qui situe le centre de gravité du monde dans le Pacifique Nord et bien moins désormais dans l'Atlantique Nord. C'est Barack Obama qui a initié le mouvement. A cela s'ajoute la frustration de voir les puissances européennes dégager des ressources budgétaires du domaine de leur défense au bénéfice de régimes sociaux jugés outre-atlantique exorbitants. Le Pentagone s'irrite à l'idée de payer les pensions de retraite européennes en couvrant le manque à cotiser de pays ingrats, même si les Etats-Unis se rattrapent en vendant beaucoup d'armement en Europe. Il n'en demeure pas moins que tant la démographie que le PIB de l'Union la placent dans le triumvirat économique mondial et que plus rien ne justifie le maternage militaire américain.

Ce qui freine le repli américain est la crainte du chaos stratégique. Comme le suggère l'article précité, des lignes de fracture existent dans l'Union européenne qui ne demandent qu'à s'élargir au fur et à mesure des défis que lui oppose le reste du monde. Jusqu'ici l'intégration des armées dans l'OTAN et les manœuvres fréquentes en coalition sous un état-major unique ont forcé la coopération pour finalement construire un outil de représailles crédible ; mais disons-le carrément, chaque pays majeur de cette Union a sa propre stratégie de puissance qui ne demande qu'à s'exprimer. Rapidement :

Le Royaume-Uni sur le départ a bien vu la dérive des pôles et s'estime en capacité d'en profiter au sein du Commonwealth. Il est associé-captif des Etats-Unis pour sa dissuasion nucléaire et doit donc composer.

L'Allemagne donne des gages de bonne volonté au sein de l'Europe pour sans doute masquer sa propension à dominer tout son hinterland oriental qui lui sert de sous-traitance industrielle et de marchés d'appoint. Elle ouvre le plus grand possible l'immense marché russe à ses productions badgées "Germany". Elle voit sa défense stratégique mieux garantie par le croisement d'intérêts commerciaux mais cette vision pacifique achoppe sur les limites de sa crédibilité militaire réduite à la portion congrue. Elle a besoin de revamper ses forces armées pour ne pas se faire humilier par le Sultan-Calife et tenir son rang en Mer baltique. Donc elle réarme pour faire sérieux.

L'Italie a depuis longtemps compris qu'elle était seule en Méditerranée malgré les encouragements français, et craint surtout de lever contre elle toute coalition de circonstance dans ses eaux. A la charnière des deux bassins maritimes qu'elle surveille, elle coopère avec toutes les nations méditerranéennes selon ses moyens, y trouvant des apaisements que la force ne lui procurera pas, même si elle a construit une marine de guerre performante.

La France est le mouton noir de l'Alliance atlantique. Elle refuse d'accepter son déclassement historique, s'arc-boutant sur des positions fragiles comme le siège permanent au Conseil de Sécurité, les bases militaires et navales disséminées en Afrique, les possessions ultramarines qui l'impliquent dans la stratégie des grands mais lui coûtent un bras. Elle s'est mise en tête de construire sous son égide une défense européenne indépendante (ou autonome) sans parvenir à comprendre les réticences de tous ses partenaires à ce projet.

Les autres pays ouverts sont concernés par la défense de leur propre territoire avec des bonheurs divers selon les mitoyennetés géopolitiques. Quant aux pays enclavés, ils ont la chance d'avoir un théâtre d'opérations parfaitement défini pour lequel ils déploient des moyens adaptés au plus juste, comptant sur le renfort atlantique au besoin. Finalement c'est simple !

Probabilité d'un retrait


Joe Biden arrive à la Maison Blanche - enfin presque ! - avec le vieux slogan de l'Amérique guidant les peuples vers la démocratie qui brille des mille feux de la liberté... Il promet de ne pas malmener ses alliés mais ils doivent s'attendre en contrepartie à être convoqués au rétablissement de l'imperium occidental sous la férule américaine. Face aux empires revenus et quelques autres gros morceaux comme l'Inde, l'affaire n'ira pas de soi. Quel stratagème les "services" trouveront-ils pour forcer le passage des peuples opprimés vers l'utopie démocratique ? J'ai l'impression d'avoir vu le film.
Dans la deuxième partie, la vieille Europe traîne les pieds puis refuse de s'impliquer comme certains en 2003 dans l'affaire d'Irak*, et la nouvelle Europe se rallie au Pentagone (comme en 2003) pour conserver son parapluie nucléaire. Devrait s'enclencher alors la désintégration du NATO (bras militaire de l'Alliance ainsi appelé par commodité) en Europe occidentale, et dans l'impossibilité stratégique pour les Etats-Unis de maintenir un dispositif militaire sur la seule Europe orientale, la décision de fonder les Etats-Unis d'Europe pour éviter le chaos devrait leur permettre de sortir du théâtre d'opérations dans de bonnes conditions. Au même moment serait promulgué le TAFTA, si ce n'est déjà fait sous pressions allemandes. Sans même parler des déficits de contribution européenne au budget de l'Alliance dénoncés depuis trente ans, la tentation sera forte au Pentagone et au Sénat de laisser la riche Europe se défendre par elle-même en Eurasie. Nous ne parlerons pas de la chimère alternative d'une défense européenne sous parapluie français qui fut traitée maintes fois sur ce blogue. Une Fédération sera alors mise en œuvre avec les incitations qui vont bien. Les pays illibéraux clients des Etats-Unis y seront contraints pour leur sécurité, la collaboration en confiance avec les Russes étant ruinée pour deux générations.

Outre la France (et le Canada), des pays qui comptent dans l'Alliance atlantique ont refusé l'aventure mésopotamienne : la Belgique, siège des commandements NATO, l'Allemagne, base-arrière logistique NATO, la Norvège, flanc-garde arctique NATO, la Grèce et pour mémoire la Turquie.


Tentation du Frexit


Comme la France, légataire universel du gaullisme boudeur, refusera de devenir un vingt-septième inter-pares de l'empire napoléonien et que ses amis refuseront net toute prééminence française dans la Fédération à quelque motif que ce soit, la tentation de sortir du jeu sera forte, au moins pour coller aux manifestations de colère publique, si la rue gouverne toujours ce pays.

Contrairement à un idée répandue au sein des droites dures, il n'est pas sûr que les populations poussent à un retrait de l'Union européenne. Les Français, abrutis de socialisme, ont perdu le goût du risque même si beaucoup mais minoritaires restent vaillants à soutenir le pays. Mais, comme on l'a vu chez les GIPSI en 2008, le retour à une monnaie nationale gagée sur la banqueroute sociale aura peu de supporters, à part les assistés à franc constant ! Le second problème perçu par les gens viendra du spectacle désolant de l'état de notre société providence. Comme le disait ce tantôt Christian Saint-Etienne dans L'Opinion à l'occasion de la sortie de la pandémie du coronavirus chinois : « Le décrochage de l’économie française sera le double de l’allemand en 2020, comme le nombre de morts par million d’habitants. L’Etat français est obèse, inefficace, incapable d’anticiper et la dérive des finances publiques obère l’avenir ». Qui fera confiance à cet Etat technocratique perpétuellement en déficits pour conduire un Frexit ? Et de quoi parle-t-on déjà ?

Le Frexit pour les nuls ou pour les Anglais


Le Brexit, qui est loin d'être achevé à l'heure où nous mettons sous presse, conjugue, au milieu de cent faiblesses, quatre avantages à son succès éventuel que la France n'a pas :

- Une monnaie de réserve internationale, 100% convertible, la livre sterling ;
- L'insularité de ses territoires (à l'exception de l'Ulster et de Gibraltar);
- Une place financière internationale dont l'ingénierie est la première au monde ;
- Un faisceau mondial d'influences réciproques avec ses dominions et l'ancien Raj indien, facilement tranformable en zone de libre-échange, le Commonwealth.
- Ajoutons-y l'orgueil inné de la race britannique.
En dépit de celà, le gouvernement de Boris Johnson n'arrive pas à s'extraire de l'imbrication économique malgré de nombreuses dérogations arrachées de haute lutte lors des traités d'entraves, les Opt-Out.

La France est tout à l'opposé.
- Elle n'a pas de monnaie alternative crédible (même Marine Le Pen s'en est rendu compte, c'est dire).
- Sa géographie la place au cœur des flux logistiques européens qui ne peuvent l'éviter qu'en traversant les montueuses républiques alpines. Elle bloque la péninsule ibérique jusqu'au Maroc (prochain candidat au Marché commun).
- La place financière de Paris, si elle monte en technicité, ne sera jamais une place de premier plan, enchâssée qu'elle est dans une République socialiste, ennemie du succès et des profits (la Bentley du Garde des Sceaux élévé par une veuve femme de ménage fait jaser les jaloux !).
- Son domaine ultramarin ne lui est d'aucun secours puisqu'elle le porte à bout de bras et que les ZEE immenses n'ont de valeur qu'exploitées. Nous ne les exploitons pas faute d'investisseurs, à peine si nous avons les moyens de les défendre dans le domaine de la pêche industrielle. Et pour la citer, la Francophonie reste cantonnée à la culture et aux valeurs humanistes ; elle n'est pas tranformable en zone de libre-échange ayant du sens.

Tout comme chez les Anglais, la libération des chaînes européennes achoppe devant l'imbrication économique bien plus nouée chez nous puisque nous sommes un pays-fondateur de la CEE au cenntre du jeu. Le marché des produits français est d'abord le marché européen, bien avant la grande exportation pour des produits de niche comme le luxe, la nourriture chère, l'armement. L'aéronautique est une coopération industrielle franco-allemande hors-sujet. Défaire les mille liens européens en France relève des travaux d'Hercule et nous n'avons aucun Hercule au bataillon. Personne en France, à notre connaissance, ne s'est sérieusement attelé à l'étude des travaux nécessités par le Frexit en chassant le diable dans tous ses détails, à part Michel Barnier. N'ayant aucunement la prétention de lire dans les feuilles de thé (quoique!), nous attendrons donc le 2 janvier 2021 pour amender le constat d'impossibilité à la lumière de la séparation effective du Royaume-Uni de l'Union européenne.

armement d'un Rafale
50% des Rafale sont cloués au sol pour entretien ou réparations (source Cornut-Gentille)


Conclusion


Les Anglais y parviendraient-ils à la fin, en acceptant d'en payer le prix, que nous ne saurions transposer l'exploit en France de par les contraintes géopolitiques et économiques qu'un Etat aux abois ne pourra desserrer. Quarante ans de clientélisme démocratique ont rendu le peuple réfractaire à juste raison à tout sacrifice consenti au bénéfice de toujours les mêmes. La politique sociale poursuivie en dépit de l'insuffisance de ressources nous a conduits à la banqueroute, et le régime de combines parlementaires jette les bourgeois vainqueurs d'un jour sur les biens et avantages des bourgeois vaincus, à charge de revanche, le peuple faisant l'écart de points ! Le régime dévore la nation qui lui est distincte.

Nous ne sortirons pas de la nouvelle union européenne, fédérative, confédérée, que sais-je, parce que nous en sommes incapables quelle que soit l'intensité des vociférations souverainistes ! Ce pays, envahi de problèmes et de dettes, n'a plus de ressort et encore moins un Projet national comme en ont connu nos ancêtres. A chaque étape compétitive, à chaque défi mondial, nous reculons d'une case parce que nous avons tout remis dans les mains d'un Etat qui ne mérite pas notre confiance. L'affaire de notre indépendance est pliée, sauf si !

Sauf si... l'Union européenne se désagrège avant même que nous choisissions d'en sortir. Le retrait américain, envisagé dans cet article, porte en lui les germes explosifs d'une rupture Est-Ouest sur le continent ; mais au milieu des ruines, la France telle qu'elle est gouvernée aujourd'hui sera un bouchon dansant sur la houle des circonstances parce qu'elle n'a aucun Projet en propre. Toute la prospective française s'applique au projet européen, nous n'avons aucun projet de renaissance française promu par un organisateur du temps long porté par la nation. Nous ne cessons depuis vingt ans de convoquer l'Europe à palier nos carences, et ce dans tous les domaines, jusque dans la culture de la betterave ! Pour susciter un changement de paradigme et se défaire des embarras d'un régime politique suranné, perverti par une bourgeoisie d'Etat qui en a fait sa chose à travers la haute fonction publique, il faut se séparer de la technostructure que Charles Maurras appelait "les Bureaux". On se doute bien que drappée dans sa "légitimité indiscutable", elle lèvera tous les remparts prévus pour sa perpétuation.

En fait nous ne resterons la France que par un mouvement qui ressemblera à une révolution, et pas seulement sous les préaux ! Nous ne resterons la France que si nous nous chaussons à la pointure de nos pieds et cessons de nous épuiser à régenter les mœurs sociales et culturelles du monde entier ! Courir avec des galoches en 45 quand on fait du 42 est impossible sauf à finir le dernier. Nous ne resterons la France que si nous concentrons nos atouts (on peut les citer en note) dans un périmètre contrôlé et si nous nous renforçons dans tous les domaines essentiels et coupons le bois mort, l'Etat-providence ouvert aux quatre vents dut-il en mourir ! Nous ne resterons la France que si nous sommes capables de coopérer loyalement avec nos voisins immédiats que la géographie et les quarante rois nous ont donnés.
La République jacobine à la française, avec son "pacte" venu d'on ne sait où, sa laïcité dévoyée dans l'injure, son "contrat social" que personne n'a signé, son impécuniosité chronique, ses valeurs mortifères et son arrogance notoire, c'est du lest pour un nouveau départ en dehors d'une Europe institutionnalisée. La reconstruction d'une monarchie fédérative, sociale et décentralisée semble inévitable pour affronter les défis du monde nouveau ; libre à elle de coopérer, d'optimiser ses dépendances, de vivre avec les autres sans contraintes déraisonnables, pour le bien de tous.

Au roi, et vite !




Postscriptum

Les atouts français sont réels malgré l'état de calamités de la gestion publique :

- le territoire exceptionnel d'abord qui fait de ce pays le plus beau du monde ;
- la richesse de ses terres arables et la diversité des terroirs producteurs ;
- un savoir-faire dans tous les domaines qui ne demande qu'à se libérer ;
- une jeunesse inventive et volontaire que l'avachissement moral de la classe politique n'a pas complètement pourrie ;
- des fleurons industriels reconnus ;
- des filières de confiance dont les étrangers sont friands ;
- une armée professionnelle responsive ;
- une histoire riche et lisible par tout le pays ;
- une culture, une littérature, une langue à nulle autre pareille qui a remplacé le grec ancien dans sa construction mentale.
- ......notez les vôtres...

dimanche 2 février 2020

Pipes and drums


Pour marquer le premier dimanche "libre" au Royaume-Uni, voici l'expression festive la plus british qui soit, le Royal Military Tatoo d'Edimbourg. Enjoy l'édition de 2013 (au casque pour les voisins).
Dieu bénisse l'Ecosse !

samedi 1 février 2020

Ça, c'est fait !


C'est fait ! Le Royaume uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord a quitté l'Union européenne. Il reste onze mois jusqu'à la Saint-Sylvestre pour veiller aux détails. Deux atterrissages : soit un traité de libre échange est paraphé entre Londres et Bruxelles puis ratifié par tout le monde et le Royaume uni retourne dans une sorte d'AELE associée au Marché commun, au pire il se retrouverait dans la position du Canada ou du Japon qui ont signé des traités avantageux ; soit aucun traité n'est acceptable pour l'une des deux parties ou les deux, alors la Grande Bretagne et sa petite remorque irlandaise deviennent pour l'Europe un pays tiers, étranger, ultramarin.


Discours du Premier ministre de Sa Gracieuse Majesté lors de la soirée du Brexit

Tonight we are leaving the European Union
For many people this is an astonishing moment of hope, a moment they thought would never come
And there are many of course who feel a sense of anxiety and loss
And then of course there is a third group – perhaps the biggest – who had started to worry that the whole political wrangle would never come to an end
I understand all those feelings, and our job as the government – my job – is to bring this country together now and take us forward
And the most important thing to say tonight is that this is not an end but a beginning
This is the moment when the dawn breaks and the curtain goes up on a new act in our great national drama
And yes it is partly about using these new powers – this recaptured sovereignty – to deliver the changes people voted for
Whether that is by controlling immigration or creating freeports or liberating our fishing industry or doing free trade deals
Or simply making our laws and rules for the benefit of the people of this country
And of course I think that is the right and healthy and democratic thing to do
Because for all its strengths and for all its admirable qualities, the EU has evolved over 50 years in a direction that no longer suits this country
And that is a judgment that you, the people, have now confirmed at the polls
Not once but twice
And yet this moment is far bigger than that
It is not just about some legal extrication
It is potentially a moment of real national renewal and change
This is the dawn of a new era in which we no longer accept that your life chances – your family’s life chances - should depend on which part of the country you grow up in
This is the moment when we really begin to unite and level up
Defeating crime, transforming our NHS, and with better education, with superb technology
And with the biggest revival of our infrastructure since the Victorians
We will spread hope and opportunity to every part of the UK
And if we can get this right I believe that with every month that goes by we will grow in confidence not just at home but abroad
And in our diplomacy, in our fight against climate change,
In our campaigns for human rights or female education or free trade we will rediscover muscles that we have not used for decades
The power of independent thought and action
Not because we want to detract from anything done by our EU friends – of course not
We want this to be the beginning of a new era of friendly cooperation
Between the EU and an energetic Britain.
A Britain that is simultaneously a great European power
And truly global in our range and ambitions
And when I look at this country’s incredible assets
Our scientists, our engineers, our world-leading universities, our armed forces
When I look at the potential of this country waiting to be unleashed
I know that we can turn this opportunity into a stunning success
And whatever the bumps in the road ahead
I know that we will succeed
We have obeyed the people
We have taken back the tools of self-government
Now is the time to use those tools to unleash the full potential of this brilliant country and to make better the lives of everyone in every corner of our United Kingdom.



Pour les besoins de la démonstration, il vaudrait mieux un Brexit sec afin que les Anglais nous fassent la démonstration de leur génie ; mais les liens tissés depuis si longtemps avec l'Europe occidentale ne pourront être défaits si facilement, et le meilleur pronostic reste un traité de libre-échange a minima dans le style du traité euro-norvégien voire euro-turc.

Jouons aux devinettes. Que se passerait-il si la Grande Bretagne choisissait le grand large churchillien et bâtissait un Hong Kong au bout du tunnel sous la Manche ? L'exemple du succès britannique obligerait la technocratie européenne à desserrer l'étau des normes, règles et lois qui étouffent le vieux continent ; et sans doute les nations européennes retrouveraient-elles des couleurs. Quant à la France prise en étau entre l'expansion britannique souhaitable pour notre commerce extérieur et la rigueur budgétaire allemande, elle serait forcée à la réforme sous peine de déclassement durable et perte d'influence politique lourde (ça a déjà commencé). Mais une réforme imposée de l'extérieur susciterait ici l'insurrection, voire une révolution tant le monarque et sa cour sont haïs, ce qui permettrait peut-être d'assainir le pays par sa ruine préalable (humour).

Nécessité faisant loi en pays pragmatique, le plus probable dans ce jeu de devinettes, en cas de désaccord, n'est-il pas qu'une Grande Bretagne libre devienne le cinquante-et-unième état de l'Union sinon un Porto Rico de luxe associé ou intégré dans le nouveau marché nord-américain renégocié entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique, le USMCA.

En fait Boris Johnson a pléthore d'options et dispose de l'atout maître qu'est l'architecture mentale du rosbif : un tempérament incoercible et une dialectique intime le poussant à l'audace. Crazy BoJo pourrait réussir le spectaculaire rétablissement d'une nation jusqu'ici décadente.
Quel encouragement !



Carte des problèmes futurs : Grand Londres, Ecosse, Ulster


La démarche est-elle répétible en France ? Rien n'est moins sûr. La Grande Bretagne est une île excentrée et la couronne anglaise règne sur trois autres pays riches et grands, alors que la France, bien que baignée par six mers, est un carrefour européen continentalisé et toutes nos projections au-delà des mers le sont au bénéfice d'Etats mendiants qui mesurent leur affection à la somme des virements. En outre, nous sommes le verrou de la péninsule ibérique que notre retrait enfermerait. La géographie est à elle-seule un défi hors de portée, surtout d'un pays en faillite incapable d'offrir aucune compensation.

Au plan de l'économie, toutes nos industries sont communautaires ainsi que tout le secteur agro-alimentaire, à part la viticulture qui produit local et livre mondial. Il nous reste en propre les coiffeurs et les bars-tabacs. Tous nos comptes publics sont dans le rouge, notre dette est de type tiers-mondain et notre royal prestige s'est enfui derrière l'impéritie des gouvernements successifs d'une République aux seins de plâtre. Alors bonne chance aux Frexiteurs, la pelote d'ennuis à dérouler est bien plus longue qu'ils ne se l'imaginent, mais ils font bien partie des Français d'aujourd'hui, incultes en économie mais exportateurs de valeurs et modèles dont personne ailleurs ne veut. Le Brexit est le faux exemple. Avant d'envisager quoi que ce soit, il faudra annuler le lavage de cerveau français aux poisons du CNR-45 et rééduquer les nouvelles générations aux idées neuves ou réinventées et à celles qui font le succès des empires revenus... qui forment les fondamentaux traditionnels !


Nous avons 1 nouveau message :

From the white cliffs of Dover (clic)

mercredi 2 octobre 2019

Des travaux et des jours sans lune



Boris Johnson persiste et signe : ils partent ! Le 31 octobre à minuit GMT ! Quoi qu'exigera ou dira la Commission européenne, le Royaume uni, qui a déjà dédoublé ses amarres, déhalera de sa position critique en tirant sur l'Irlande. Pas sur l'Éire ou l'Ulster, mais sur tout l'île d'Irlande. Avouons que c'est assez rusé. Il claque la porte, mais sans pêne ni gâche, elle battra sur son dormant comme une double porte de saloon. Plus exactement, il ferme le lourd portail devant et ouvre en grand la porte de derrière.

Pas question de revenir sur les accords du Vendredi saint et de rallumer la guerre de religion par des postes de douane entre les deux irlandes. C'est toute l'Irlande (pas encore réunifiée) qui dès lors devient un sas de décompression douanière, le contrôle physique des mouvements, gens et denrées, ne pouvant se faire que par des brigades volantes autour de Belfast ou Larne, et par des contrôles à l'embarquement sur les ferries anglais de la mer d'Irlande, au sein du royaume donc. Ce qui aboutira à laisser l'administration anglaise maîtresse de tous les flux circulant vers et dans l'archipel britannique. La contrebande sera totale. Ce joyeux bordel sera inacceptable pour l'Europe sérieuse mais l'Europe rieuse, dont nous faisons désormais partie avec nos cent pour cent de dette, rira !

Restera à faire payer les milliards que doit le royaume à ses partenaires continentaux. A part de déclencher une guerre, que ces salauds ont l'habitude de gagner, nul ne voit comment l'y contraindre. Nous anticipons que si cet "arrangement" n'est pas une solution pérenne, il peut éloigner les calamités et retarder la prise d'indépendance de la nation écossaise qui verra les inconvénients du Brexit moins sévères qu'annoncés et s'y adaptera.



Un mot sur la crise institutionnelle américaine. Donald Trump a mis plusieurs jours à comprendre que cette fois les Démocrates voulaient sa mort. Nancy Pelosi qui bloquait jusqu'ici toute procédure de révocation pour battre Trump à la loyale, dans les urnes, a consenti à ouvrir la boîte de Pandore de l'impeachment, à la condition que l'affaire progresse au pas de charge chez les Représentants, sans compter les week-ends, les délais de courtoisie, les atermoiements pour convenances personnelles eu égard aux personnes convoquées. Trump comptait sur des délais pour se retourner et retourner l'opinion contre le parlement, il n'en a pas. Même si les inélégances dont on l'accuse risquent de ne pas suffire pour arracher un vote au Sénat, la pression du temps peut lui laisser tweeter une énormité qui l'achèvera. Est-ce sur son caractère impétueux que compte Pelosi pour le tuer ? Pour l'instant il tourne comme un canard sans tête et les rats pointent leur museau aux dalots.



Le troisième (et dernier) mot concerne Hong Kong à l'heure du 70ème anniversaire de la République populaire de Chine. Nul ne pouvait prédire, lors de l'anniversaire des trente ans du massacre de Tian An Men, que le territoire se soulèverait contre le pouvoir communiste à la première occasion. Il faut dire que le procédé chinois consistant à stériliser un par un et dans le temps les effets du traité sino-britannique de restitution du comptoir colonial, a accumulé tant de contraintes que la main de fer a fini par percer le gant de velours. Les hauts fonctionnaires capables d'analyser la situation ont été mis sur la touche et leurs très obéissants remplaçants boivent les paroles du grand président Xi, voire les devinent au lieu de réfléchir. Pas plus qu'en 1989 à Pékin, les cadres supérieurs du Parti communiste chinois ne sauront dénouer adroitement l'affaire de Hong Kong et il est à prévoir qu'un embrasement, spontané ou provoqué, ne soit le motif d'horreurs définitives... que le monde de la finance internationale oubliera vite avec regrets. Je suis très pessimiste.

Voilà ! Pas plus aujourd'hui. Si, on commémore aujourd'hui la division de Jamal Khashoggi au consulat séoudien d'Istanbul.

mercredi 28 août 2019

BoJo dictateur romain

Alexander Boris Johnson, quatorzième premier ministre de sa Gracieuse Majesté, semble fed up par le parlementarisme grand-breton et renvoie les Communes au 14 octobre. Ce qui lui laisse tout le temps de négocier à Bruxelles et à Belfast un meilleur accord que celui obtenu par Theresa May. D'autant que sa majorité n'est maintenant que d'une voix à Westminster avec le renfort de dix élus du parti unioniste irlandais. Ce n'est donc pas jouable et il ne tient pas à s'épuiser comme son prédécesseur ! Les parlementaires d'opposition hurlent au charron... On commençait à s'emmerder au bord de la Tamise.

Radio France internationale sort un petit topo bien fait qui nous évite de phosphorer pendant les vacances. Je vous le livre, libre de droits :



samedi 16 février 2019

Rule Britannia, Britannia rule the waves !

Une analyse d'un historien irlandais qui en vaut d'autres pour expliquer le Brexit : le syndrome impérial anglais. Radio France internationale s'est entretenue avec Fintan O'Toole qu'on ne présente plus (c'est une blague). Il n'en est pas moins un journaliste connu favorablement en Irlande grâce à ses contributions au Irish Times de Dublin. Sa page Wikipedia vous en dit plus.
L'Angleterre a des atouts sérieux et de nombreux handicaps, en particulier son déficit agricole historique et sa désindustrialisation massive. Parmi ses atouts nous citerons l'aéronautique, l'ingénierie pétrolière, l'industrie de défense, la navale de guerre, la biochimie, jusqu'à hier l'automobile, l'université et l'ingénierie financière de la City. Les acteurs de ce dernier domaine sont violemment opposés au Brexit qui va supprimer des positions avantageuses acquises par un savoir faire indiscuté dans le monde entier : les subprimes, la titrisation, c'est eux ! Mais c'est à New York qu'on a sauté par les fenêtres. Relire Nylonkong Galaxy sur Royal-Artillerie.

Ce qu'il reste d'industrie britannique est complètement intégré à l'industrie continentale. Renverser ces alliances techniques est quasiment impossible sauf pour quelques politiciens de rencontre comme Boris Johnson qui n'a jamais travaillé de ses dix doigts. Contrairement à une idée répandue au Royaume-Uni, le Commonwealth blanc n'est peut-être pas la zone d'atterrissage rêvée pour la nouvelle Grande-Bretagne en ce sens qu'il n'attend rien de la vieille métropole. Ses "dominions" ont appris à se passer d'elle depuis la fin de la seconde guerre mondiale et rien ne signale un appétit particulier des "colons" pour le retour de l'arrogance anglaise. Sans oublier que ce sont beaucoup d'Irlandais, Gallois et Ecossais qui ont été obligés de faire souche outremer. De son côté, le Commonwealth de couleur (l'Inde surtout) a déjà récupéré de l'ancienne métropole les fleurons qui l'intéressait et ne projette pas son avenir à travers un traité de libre-échange avec Londres, même si la gentry locale y envoie ses gosses étudier. Dans sa définition normande, le Brexit est un bâton merdeux, plus facile à prendre qu'à lâcher ! Voyons maintenant ce que nous dit Fintan O'Toole :






mardi 23 octobre 2018

Le Brexit tuera le Frexit

Il y a la fable des "Animaux malades de la peste" mais ce n'est rien comparé aux réalités du royaume d'Angleterre malade de la politique. Les parlementaires les plus stupides que la terre ait portés - c'est un concours entre nos démocraties occidentales - sont en train de favoriser l'éclatement du Royaume uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord, si ce n'est la Grande Bretagne elle-même. C'est bien sûr la tragi-comédie du Brexit qui est à l'origine de ce maelström mais on oublie quand même que la chose prend sa source dans la connerie majuscule de David Cameron, premier ministre jadis, qui vendit ce choix inconséquent à sa majorité parlementaire pour durer. Bien plus que Boris Johnson ou Nigel Farage c'est ce politicard bien propre sur lui que les Britanniques ont à blâmer maintenant, quoiqu'ils aient voté.

- Carte des résultats du référendum du 23/06/2016 -
Passons aux cartes. Si le Brexit au Royaume uni a été approuvé par 51,9% des suffrages exprimés, il est loin d'avoir conquis tout l'espace. La carte des résultats du référendum ci-dessous montre le nuage de nuances et le petit tableau de gauche les pourcentages respectifs des refus de sortir. On voit nettement que l'Ecosse ne sortira pas de l'Union européenne mais du Royaume uni, et que l'Irlande du Nord serait dans les mêmes dispositions mais son cas est trompeur. Les bastions catholiques ont voté contre et ont fait basculer le résultat global de la province. Une carte détaillée le montre bien (clic). Le Pays de Galles est partagé entre sa façade maritime qui commerce avec la République d'Irlande et l'intérieur moins favorisé, ancien pays de mines et d'industries. Mais le plus déterminant est le refus du grand Londres et de nombreux comtés de l'ouest. Quels que soient les débats aux Communes, la solution n'existe pas au sol, dans la vraie vie. La loi élémentaire de la démocratie (majorité plus une voix) va se fracasser sur le mur du bon sens ! Nul ne peut ruiner sans réaction l'électeur d'ici par le vote d'un électeur de là. Il ne s'agit pas de choisir un gouvernement entre partis de gouvernement mais de carrément changer de paradigme jusqu'à mettre en péril, outre la couronne mais c'est secondaire, l'économie et partant, le prestige du Royaume uni.

Si les chefs du Brexit n'ont rien préparé ni étudié et ont quelque part floué leurs électeurs (mais c'est la loi du genre aurait dit Charles Pasqua), les études des conséquences du Brexit sortent chaque jour depuis 2016 et aucune n'y est favorable. Reportez-vous à la presse intelligente pour en connaître le détail, ce serait trop long ici.

David Cameron
Nous n'avons pas invité jadis les Britanniques à nous rejoindre ; ils ont frappé à la porte en 1962 puis en 1967, à une époque où ils étaient très malades (épuisés par la Seconde Guerre mondiale), à tel point qu'il fallut leur faire des cadeaux, puis les exempter de bien des contraintes que les continentaux acceptaient. Le pays avait fini par remonter la pente en réformant son modèle social des Unions sacrées et en profitant le plus possible du grand marché commun. Gavés aujourd'hui à tel point que jusqu'au référendum maudit, tous les entrepreneurs européens rêvaient de la Grande Bretagne, ils s'estiment maintenant vassaux de l'empire et défiés dans leurs mœurs nationales. Qu'ils partent donc ! Faisons-leur cadeau (encore un) du solde de tout compte ! Et nous, asseyons-nous pour fumer un Partagas en regardant s'éloigner les falaises blanches de Douvres !

Si nous, n'y verrons pas grand changement - ne produisant rien ou si peu, ils sont obligés d'importer tout sauf l'ingénierie financière - eux par contre vont faire le grand bond en arrière et plouf ! Dans l'Atlantique ! Négocier du faible au fort avec l'administration Trump, le Foreign Office n'a jamais su. Du faible au fort avec la Chine, du faible au fort avec le Japon ? Et à la fin, du faible au fort avec Bruxelles ? Boris Johnson, très au fait de ces difficultés, les enjambent en faisant la promotion du génie séculaire du Rosbif qui a tout gagné après Hastings !





Tiens, nos moutons ont avancé vers le bord de la falaise. Si les îles britanniques sont dans l'impossibilité de couper les ponts sans se désagréger, qu'en serait-il de la France ? Des souverainistes appellent au Frexit. Le pays est au cœur même du dispositif européen depuis 1952 et ceux-là imaginent qu'un référendum gagné où le Rassemblement national fait des voix, serait de pleine application dans les vieilles terres d'empire ? Ils se fourrent le doigt dans l'œil. On peut déjà tracer la frontière de notre Ecosse : le vieux duché de Bourgogne partira en bloc, avec la région lyonnaise et le Grand Paris en prime. Comment les en empêcher ? Vous plaisantez j'espère.

La France s'est faite pas à pas. L'hexagone n'est pas tombé du Ciel comme le pigeon sur Clovis ! Elle peut aussi se défaire, se déchirer, notre histoire est emplie de guerres civiles ouvertes ou feutrées. Le Frexit dégagé par la loi stupide du Nombre pourrait aboutir au partage du pays si des territoires refusaient le suicide national. Ne l'oublions pas et redevenons sérieux. On ne débrouillera pas l'écheveau européen de 65 ans d'âge à peine de devenir une simple zone de consommation. Optimisons nos dépendances pour le bien-être de notre peuple et la perpétuation de nos valeurs spécifiques et oublions la grandeur que nous n'avons jamais atteinte depuis la chute du Second Empire.



- Frontières de Charles le Téméraire -

jeudi 18 octobre 2018

Le gag irlandais



Les députés unionistes de Belfast refuse toute frontière physique entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande après l'effectivité de la sortie du Royaume Uni de l'Union européenne. Personne de sensé ne va dérouler 360 kilomètres de double concertina avec patrouille des chiens de Baskerville, poste de douane armée et autres foutaises de l'ancien temps. D'ailleurs il semble que l'équipe de Michel Barnier ait investi son temps dans une procédure de dédouanement numérique éprouvé en zone outremer, que le Piéton va vous dévoiler en exclusivité maintenant, c'est l'instant !

Ayant exporté pendant des années depuis l'Europe occidentale et les Etats-Unis vers la Chine continentale et autour, je vais vous parler du vol de documents. Pour les thèseux qui veulent pomper l'article dans une prochaine composition de grande école, disons que c'est une adaptation de la lettre de change lombarde du XIIIè siècle.

Comment ça marche ? Le colis (ou le container, palette, etc...) est individualisé par l'exportateur (ou chargeur) au moyen d'un bordereau de livraison physique (poids, dimensions, classe ONU si nécessaire) tiré d'une liasse fournie par le transitaire* ou l'agrégateur** et dont une copie est collée sur ce qu'on va appeler désormais une consignation. L'ordre d'enlèvement est alors donné par téléphone avec le numéro de la consignation qui correspond physiquement au code-barre apposé sur le colis/container/palette, en même temps qu'est transmise numériquement au transitaire/agrégateur une facture commerciale d'exportation avec le numéro du tarif douanier du Système Harmonisé (mondial).

La procédure se déclenche aussitôt que le transporteur de ramassage scanne le code-barre : elle consiste à découpler la consignation et les documents d'exportation. Le transport international va dès lors consister à propulser la liasse numérique dans les quatre tubes mis bout à bout : la douane export (qui fait un contrôle des chiffres et des statistiques), la compagnie aérienne qui va prendre en soute (dans mon cas, mais ce sera pareil au sol), la douane import (qui fait un contrôle et qui taxe), le transitaire à destination qui sera chargé de recoller les morceaux de la procédure et livrer le client final.

La durée de vol des documents (c'est une expression) est fonction de l'encombrement des tubes, de quelques heures à quelques jours, et la consignation physique n'y est pas liée, elle peut traîner une semaine ou un mois selon les capacités de fret et de manutention à chaque bout.

Pour les connaisseurs, cette procédure fournit les matrices documentaires attendues pour une lettre de crédit éventuelle mais elle n'y est pas liée, ni ne la remplace puisque elle ne crée pas de "papier". J'en vois au fond qui jouent à Super Mario !



Revenons sur l'île verte. Puisque le transport physique et la documentation peuvent être découplés, il n'est pas nécessaire de rebâtir une frontière en dur. Les échanges de marchandises entre les deux entités irlandaises (et partant, entre les pays extérieurs qui les livrent) doivent être simplement numérisées. Des contrôles douaniers aléatoires des opérations de chargement ou de déchargement vérifieront que les colis sont individualisés au code-barre dans un format réglementé et basta. Bien sûr les Douanes pourront lire le code-barre sur une tablette et connaître immédiatement la nature de la consignation, son origine, provenance, code danger, vecteur GPS (voir plus bas).

Cette façon de faire démonétise l'alarme des transporteurs qui brandissent les queues en frontières, les embauches administratives qui les ruineront et toutes histoires de loups-garous qui font rire les vrais acteurs. Question personnel servant le système, disons que déjà le transport national et international mobilise de la documentation et donc des agents administratifs chez les chargeurs, les transporteurs et les clients. Il suffira d'adapter les procédures actuelles au nouveau contexte et rééditer des formulaires (dématérialisés).

On peut monter d'un cran. Si les avions sont parfaitement identifiés et suivis pendant leur vol (transpondeur, squawk, etc), rien n'empêche d'en faire autant par le système Galilée pour les camions et les navires qui passeront une copie numérisée du manifeste (bordereau de chargement détaillé par colis) aux Douanes, le vecteur de transport y étant identifié par un code GPS.


La circulation des marchandises étant résolue, resterait la question des personnes. Ni la Grande Bretagne, ni l'Irlande ne font parties de l'espace Schengen. Que la République d'Irlande contrôle sa frontière comme aujourd'hui et refuse le transit sans visa vers l'Irlande du Nord, et le tour est joué.

Il y a donc des solutions pour contourner cette supercherie politique de la frontière et calmer ce pauvre Boris Johnson qui joue le rôle de sa vie. Comme nous le disions dans le billet de mardi dernier, l'affaire se débat aux Communes, une question d'ego et de supériorité aérienne dans un vol de grues cendrées. On amuse le bon peuple, on dramatise, on se donne de l'importance pour finalement appliquer bientôt ce que vous venez de lire.


Notes :
(*) Le transitaire est le facilitateur entre le commerçant ou l'industriel exportateur et le transporteur international. Il se charge de toute la paperasse (désormais dématérialisée). Il connaît un correspondant transitaire à l'autre bout à qui confier l'importation à destination.

(**) L'agrégateur est une société puissante qui exécute toutes les opérations de bout en bout (on dit door to door). Il dispose de flottes de ramassage, d'entrepôts sous douane, de moyens de manutention lourde et surtout de ses propres avions. A destination, c'est symétrique. Les agrégateurs les plus puissants sont UPS, Fedex, TNT et DHL.

Certaines agences maritimes en font autant avec quelques spécificités, mais elles connaissent aussi le découplement des consignations et des documents, mieux encore, elles éditent des documents de transport "interne" différents des documents classiques exigés par les lettres de crédit.

Postscriptum :
La question nord-irlandaise est loin d'être résolue dans les faits. Les communautés se regardent sans se mêler et la démographie catholique est la plus forte. A terme, 40 ans ? les catholiques seront majoritaires et il sera difficile d'empêcher la réunification de l'île sous l'autorité de Dublin. Cet article deviendra sans objet...


mardi 16 octobre 2018

Que nous apprennent les brèves du mardi ?

Remaniement ministériel :

(1) La technostructure n'attend rien de plus d'un ministre qu'un rôle de porte-parole dans un domaine délimité de la politique gouvernementale. Il est facile de croire que des refus, s'il en fut, ont plus tenu au devoir de se lever tôt pour aller se faire engueuler chez Bourdin. A preuve, les "fragiles" du gouvernement ont déserté au premier motif possible.

(2) Les politiciens de l'opposition qui touillent dans le long délai de promulgation afin de démontrer on ne sait trop quoi, sont dans l'inutile, ou le ridicule comme Eric Ciotti, puisqu'ils savent bien depuis la présidence Sarkozy, que les ministres sont les valets de pied du Château.

(3) Les éditocrates en ont beaucoup rabattu depuis que leurs injonctions sont restées lettres mortes et que Matignon s'est ouvertement moqué d'eux. Pris à contrepied, ils encensent aujourd'hui le cabinet Philippe III. La presse vit comme la bourse, entre hystérie et panique.


Déluge audois :

Les épisodes cévenols sont imprévisibles en intensité mais pas en occurence. Un des problèmes au défaut d'alerte sur le département est-il dans la gestion des heures de sommeil des fonctionnaires de la météorologie ? Crue monstrueuse à 5h du matin, alerte rouge déclenchée à 7h quand les ponts ont déjà sautés.


Démontage du journaliste séoudien à Istanbul :

(1) Les faits détaillés seront établis par la Sûreté turque qui a pu accéder à la scène de crime, mais tout laisse penser que l'affaire a été décidée par une faction méprisée de la haute société séoudienne afin de nuire au pouvoir du Macron des Dunes "MBS", si ce n'est à la famille du roi Salmane. A moins que ce ne soit un coup de couteau d'une société secrète wahhabite excédée par les libéralités nouvelles à l'endroit des zispissdicounasses qui refusent désormais de leur pomper le nœud.

(2) Aucun pouvoir vengeur, désireux de renvoyer un opposant chez son créateur, n'aurait choisi son propre consulat, dans la Turquie d'Erdogan en plus ! Au mieux aurait-il demandé conseil au Kremlin qui lui aurait proposé de descendre l'avion de la Pan Am !

Brexit :

(1) L'affaire n'est pas comme on le croit entre l'Union européenne et le Royaume Uni, mais entre la Grande Bretagne et l'île d'Irlande ! D'ailleurs la guerre que livre Theresa May aux Communes le prouve tous les jours. Laissons-les s'entretuer (politiquement) et passons l'accord avec le vainqueur, sachant que nous sommes directement impliqués dans la solution par la République d'Irlande qui est un des fleurons libéraux de l'UE.

(2) Le Brexit ne vaut que dur ! Sinon il ne prouvera rien ! En cas d'accord de libre-échange des personnes et des biens, les partis souverainistes français auront sauté pour rien comme des cabris en criant Brexit ! Brexit !




vendredi 21 septembre 2018

Pornographie du Brexit

Teresa M. in the Mirror
La crémière s'appelle Angela Kasner pour les repentis communistes, Merkel pour les croyants. Theresa Brasier, à ne pas confondre avec Teresa May qui est une pompeuse de nœuds recherchée dans les nuits londoniennes, s'appelle aussi May. Theresa est plus grande qu'Angela même sans talons, mais ne l'impressionne pas, ça la voûte. A vouloir le beurre et l'argent du beurre, elle a eu le dessous lors du sommet informel de Salzbourg. Pourquoi vous parlé-je de ça ? Parce que notre avenir se joue entre elles-deux. Si elles ne s'entendent pas (ce qui est pour moi improbable vu l'imbrication des industries) nous perdrons beaucoup dans le commerce trans-Manche depuis que les Anglais ne produisent plus grand chose et que nous leur fournissons beaucoup. Si elles s'entendent, ce sera sur notre dos, je veux dire le dos des gitans européens du Club Med. C'est nous !
Ce qui est en jeu, au-delà des incantations de messieurs Macron et Juncker qui ne veulent pas pervertir les "valeurs" du marché unique par un accord à la con avec le Royaume-Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord, c'est la zone de libre-échange ouest-européenne. Des pays que finalement nous connaissons mal (entendre Mélénchon parler de l'Allemagne nous signale le bougnoule qui n'est jamais sorti de chez lui) tiennent à cette ZLE comme à la prunelle de leurs yeux, parce que d'expérience et non par idéologie, elle représente la construction économique la plus florissante. Elle induit en outre des États à budget maîtrisé pour détourner le moins possible de flux et alléger le ballast sous l'activité marchande. De cette zone, nous n'en sommes pas !

Il est à parier que les intérêts bien compris des Pays-Bas, du Danemark, de l'Allemagne et de la République d'Irlande vont inventer les moyens inédits d'un accord avec la Première britannique parce que le commerce domine tout, l'expression des "valeurs" n'étant que son explication pour les demeurés. Business first ! laissons aux Latins l'émotion !

Le marché de la zone libre-échangiste précitée (on ne parle plus de Teresa là) représente 184 millions de consommateurs, hautement solvables. Autour de ce noyau mercantile, tournent les sous-traitants de la République fédérale (Tchéquie et Hongrie) et le groupe scandino-balte aux mœurs libre-échangistes. Avec la Norvège pétrolière, ces pays rajoutent 64 millions au bloc de départ.

La contestation du dogme macronien de solidarité radioactive regroupe donc 248 millions de consommateurs, soit presque la moitié la plus riche de l'Union européenne élargie, ensemble contigu que nous avons appelé plusieurs fois "l'Europe sérieuse". Etonnez-vous de ce que le Premier ministre néerlandais ait refusé le majorat français lors du dernier sommet de Bruxelles ! Commencez par réparer votre pays de cigales avant d'appeler les fourmis à contribution, a-t-il dit en dialecte !

Premier néerlandais Mark Rutte

Macron, Barnier, Tusk, Juncker et Moscovici peuvent aller se rhabiller, le Nord ne va pas se couper du marché britannique, non plus que de la City. Le désaccord intra-continental n'est pas intervenu tant que les négociations euro-britannique avançaient. Theresa May vient de déclarer au retour de Salzbourg qu'elle est dans une impasse. Faute d'accord dans un délai proche, elle va donc normalement vers un Brexit dur. L'Europe sérieuse, quoiqu'en disent ses représentants devant les objectifs, n'en veut pas, et de l'Endive de Savoie (Barnier) non plus. La crise possible dégagerait l'horizon en créant deux zones, l'Europe sérieuse et l'Europe rieuse, sans transferts compensatoires entre elles comme on le fait dans une vraie fédération. Chacun nettoie sa merde !

La France est incapable de se réformer pour toutes les raisons que l'on sait. Mais l'Italie si, qui dispose d'un excédent primaire avant service de sa dette et d'un gouvernement pugnace. L'autre gitane est l'Espagne dont le déficit rapporté au PIB est inférieur au nôtre et qui a des marges de progression en l'absence de contestation du camp retranché des "spéciaux". Ce qui nous pend au nez, c'est de nous retrouver seuls. La France seule disait Charles Maurras, mais jusqu'ici c'est l'Europe et l'euromark allemand qui servent de cache-misère. Nous sommes en déficit dans absolument tous les compartiments du jeu*. Notre classe politique est un ramas de couards et la technocratie n'a aucun poids politique. On va bouffer des rutabagas... à crédit !


Note (*): Dans le rapport Rapport 2017 de la Banque de France on lit : « La position extérieure de la France, qui reflète le patrimoine financier net de la Nation vis-à-vis de l’étranger, est débitrice à hauteur de 461 milliards d’euros à fin 2017, soit 20,1 % du PIB. C’est en-deçà de la limite européenne (35 % du PIB)». On doit donc être contents !

Postscriptum du 24.09.2018
Ceux des lecteurs, qui préfèrent un commentaire autorisé de la réunion de Salzbourg, feront leur profit des lumières d'Elie Cohen en cliquant ici sur Telos.


jeudi 29 mars 2018

Brèves du jeudi

Dans la dispute anglo-européenne du Brexit le pragmatisme légendaire des Rosbifs est en défaut sur la question irlandaise. Une carte nous montre la frontière tourmentée qui sépare, aujourd'hui virtuellement, la République d'Irlande et la province anglaise d'Irlande du Nord.

Les populations irlandaises refusent une frontière classique en dur (hard border) qui entraverait le commerce insulaire et la circulation des gens. Cette abolition de la frontière physique est l'effet le plus notable de l'Accord du Vendredi Saint de 1998 (vingt ans demain). Ni le Royaume-uni ni la République d'Irlande ne participent à l'espace Schengen pour, entre autres, éviter la mise en place d'un contrôle des passages de voyageurs entre eux-deux. Pour que le Brexit effectif ne change rien, il faut que l'Irlande du Nord demeure dans le Marché commun et partage les règles de libre-échange édictées. C'est le souhait exprimé localement lors du référendum coupable en donnant une majorité de 56% au maintien dans l'UE.

A ceux qui dénoncent une frontière "européenne" au milieu du North Channel coupant l'Ulster de la Grande Bretagne, on ne peut que répondre que les situations particulières tant économiques que fiscales existent déjà à l'Île de Man en Mer d'Irlande justement, et dans les îles Anglo-normandes, sans parler de Gibraltar. Est-il si difficile de créer un statut économique et fiscal nord-irlandais préservant la souveraineté de la couronne anglaise ? Les opinions politiques sont si divisées au Royaume-Uni sur la conduite à tenir qu'on peut soupçonner une politisation du débat, très éloignée des réalités.


Autre cagade de la semaine, la Catalogne ! Inutile de raconter les péripéties grotesques au parlement de Barcelone, on est toujours en retard d'une nouvelle qui annulera les précédentes. Mais le Dalaï Lama Puigdemont s'est fait rattraper par la Feldgendarmerie du IV° Reich dont les grand-pères ont combattu dans la Légion Condor ! Il va finir dans les geôles fachistes de la Fiscalia espagnole comme Oçalan, le leader kurde embastillé sur l'île d'Imrali, le château d'If turc.

Il ne viendra à l'esprit d'aucun catalan de cesser cet opéra-bouffe d'une indépendance impossible et refusée par l'Union européenne qui en détient les clefs. Dans ce registre, les nationalistes corses montrent beaucoup plus de talent en avançant masqués derrière des procédures indolores, à notre avis insignifiantes mais électoralement lisibles et approuvées.


On en arrive à l'actualité tragique française. Notre billet de lundi dernier (Boxe !) a fait le tour de l'affaire de Trèbes. L'Etat par son président a eu les mots justes et tout a été bien fait. Il n'en va pas de même pour l'assassinat de Madame Knoll à Paris dont l'horreur a suscité une émotion légitime mais aussi des récupérations politiques indignes, contre le vœu de son fils Daniel qui a fustigé les participants à la Marche Blanche de mercredi en ces termes : « Je pense qu’aujourd’hui toute la France aurait dû être unie. Peu importe de quel parti on vient, je m’en fous... Je pense qu’il y a des gens bien partout, dans toutes les religions, tous les partis, toutes les couleurs de peau. Et il y a des abrutis, et chez nous aussi il y a des abrutis. Je le reconnais et je ne leur donne pas raison. Tout le monde aurait dû défiler dans le calme ».

Madame Knoll
En cause le CRIF, qui est de toutes les récupérations au bénéfice du sionisme israélien dont toute critique est amalgamée à de l'antisémitisme (n'est-ce pas monsieur Valls ?). Nul ne comprend que cette agence carrément étrangère puisse décider de bannir du cortège les représentants de millions de Français au motif si léger de l'extrémisme. Anathème ridicule !

En cette année d'autodafés virtuels (Maurras, Céline) où l'on purge la littérature de l'entre-deux guerres de textes antisémites, on se garde bien de montrer du doigt l'origine des assassinats anti-juifs de notre époque et de prendre les mesures de rétorsions qui s'imposent contre la mouvance antisémite d'importation qui revendique son islamité. Ilan Halimi, Sarah Halimi et Mireille Knoll mériteraient qu'on appelle chat un chat.

Les personnalités musulmanes en France sont économes de leurs condamnations et coupables de ne prendre aucune décision d'interdiction d'accès à leurs mosquées d'individus convaincus d'une haine inextinguible à l'endroit de la communauté juive (et des mécréants aussi). Mais à cause du conflit israélo-palestinien, il faut que soient bien séparés l'anti-sionisme et l'anti-sémitisme. En même temps qu'on met les imams devant leurs carences inexcusables, on doit mettre le CRIF à raison en dénonçant l'amalgame pervers qu'il promeut pour défendre ses patrons. Notons que l'Union des mosquées de France avait demandé à ses ouailles de participer à la Marche blanche.

Ce sera tout pour aujourd'hui.

lundi 4 juillet 2016

Du Brexit au Brexin

Exit subito ! L'insistance avec laquelle les fondateurs de la CEE poussent les Anglais a déclarer maintenant le divorce sans consentement mutuel est presque risible. Pourquoi avoir soutenu l'amarrage du Royaume uni au continent pour le presser de libérer la bitte après la surprise du résultat ? Nos politiciens de rencontre surfent au gré des courants, palpent l'émotion de l'opinion, y succombent eux-mêmes et gèrent leur vestiaire en conséquence. Le comble du chic est de demander de quitter l'Europe aux représentants du Royaume uni sur les champs de bataille de la Somme aux commémorations du centenaire. On a les peigne-culs qu'on élit !

N. Farage
La démocratie a ceci d'imparable qu'elle ne fonctionne raisonnablement qu'étroitement encadrée. C'est un outil dangereux à ne pas mettre entre toutes les mains. Les consultations populaires directes sur circonscription unique déroutent toujours la classe politique, qui s'active ensuite à dénoncer "l'idiotie" des réponses. Jeudi dernier, une seule question, apparemment simple dans sa formulation, a fracturé le vieux royaume en cinq morceaux, autant qu'il y a de nations fédérées en lui, et a suscité une vocation de principauté pour sa capitale historique. Ceci pour la politique. Pour l'économie c'est moins clair, après le coup de déprime en rachat des positions à découvert, les marchés se reprennent et réinitialisent leurs compteurs comme si quelque gnome de la City avait trouvé la clef qui tourne dans la boîte à musique de la démocratie britannique. Le "marché" ne s'y trompe pas qui est reparti à la hausse, la spéculation ayant anticipé le naufrage à venir du Brexit et des brexiteurs. Comment ? C'est très facile, on est loin d'un embarquement précipité des Rosbifs pour le grand océan. M. Juncker devra s'y faire.

D. Cameron
L'article 50 ne prévoit pas de couperet mais l'ouverture de négociations pour le détricotage des relations anglo-européennes. Le référendum était réputé consultatif contrairement au référendum écossais de 2014 qui était de pleine application. C'est aux Communes qu'il revient maintenant de décréter le retrait du Royaume Uni de l'Union européenne et de donner mandat au nouveau premier ministre de déclarer l'article 50 du Traité de Lisbonne aux autorités de Bruxelles. Selon la mafia parlementaire, ce nouveau premier ministre doit être un brexiteur, dur ou mou, pour respecter la vox populi, dei et tout le diable son train. Sauf que :
Le parlement anglais est très divisé sur la question ; la moitié des Tories et les deux tiers du Labour sont remainistes sans compter les libéraux du centre complètement eurobéats ; la décision, si elle est obtenue naturellement (le parlement est souverain), promet de heurter de front les tenants du grand large. Bien que le régime anglais soit réputé sous le nom de démocratie parlementaire de Westminster, il paraît osé de soutenir que les députés vont faire bloc pour s'opposer au peuple ayant exprimé son choix directement. Alors ? Avant de capturer le nouveau Cromwell, on dissout la Chambre et on sort les poubelles. C'est ça le truc.

B. Johnson
Dans la campagne électorale qui suivra la dissolution, les candidats à la députation vont afficher très clairement leur position sur l'Europe institutionnelle, ce sera d'ailleurs le sujet prioritaire dans tous les débats, au pub et aux courses. Le peuple appelé aux urnes enverra aux Communes les représentants qui lui conviennent, circonscription par circonscription, bourg pourri par bourg pourri. La composition du nouveau parlement indiquera très précisément l'état de l'Opinion au jour du vote et ce résultat sera considéré comme celui d'un second référendum.

La nouvelle Chambre déclarera-t-elle l'article 50 au Conseil européen ? Rien n'est moins sûr. Tout dépend du délai offert au public pour organiser ces élections, plus il sera long moins ils seront nombreux à vouloir partir car ils s'apercevront que les inconvénients de la rupture l'emportent sur une légitime fierté, un peu gratuite à la fin : le régime spécial euro-britannique négocié depuis le début par les premiers ministres anglais, et confirmé par le pacte du 19 février 2016 arraché par David Cameron au Conseil, suffit amplement à l'indépendance de la perfide Albion vis à vis du vieux continent, et si l'immigration sème à ce point la terreur dans les boroughs, on peut signaler que le problème de l'inintégration des aliens relève d'abord des intrants du Commonwealth avant de se poser sur les Européens de l'Est et sur ces p... de continental coloured catholics que nous sommes. La haine du Polonais ressemble beaucoup à la haine de l'Irlandais de jadis. Celui-ci catholique et européen affirmé remplacera-t-il à nouveau les ressortissants d'Europe de l'Est dans la détestation publique ? Peut-être bien, sauf à se retourner contre les Pakistanais, Indiens, Jamaïcains et autres niggers et rastacouères qui hantent les métros et les tabloïds.

T. May
Que la sagesse des nations britanniques me fasse mentir et qu'ils partent donc ! Ce sera beaucoup plus clair ensuite pour nous continentaux parce que nous gagnerons en autonomie par rapport aux Etats Unis et parce que nous pourrons aussi mieux résister à l'élargissement de l'Union ; mais le gros business ne semble pas d'accord sur le largage, comme Easy Jet qui menace déjà de transférer ses sièges sociaux en Irlande ou sur le Continent, ou la HongKong & Shanghaï Bank qui voudrait s'installer à Paris. Dans un an, on se rappellera peut-être ce tsunami politique du Brexit comme une gigantesque farce avec Farage en clown blanc et Johnson en auguste, l'apprenti-sorcier restant David Cameron, l'aristo un peu con qui joua son empire pour un cheval.

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