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jeudi 2 décembre 2021

Gary l'écologue

Bicentenaire de Napoléon ! Ne peut tomber une autre jour qu'à la Saint-Austerlitz. Il est des gens biens qui sont morts un 2 décembre et pas qu'à la célèbre bataille ; et des célébrités aussi, la plus récente étant le président Giscard d'Estaing. A les rapprocher dans le temps, il avait quelque chose que plus tard Emmanuel Macron montrera, le superbe orgueil qui lui coûtera son poste ; mais on ne s'est pas levé ce matin pour chuinter. Si Bonaparte fut notre chef d'Etat le plus atypique, il est un autre natif du jour qui en fit voir de toutes les couleurs aux diseuses de bonne aventure, Romain Gary. Aviateur décoré, écrivain primé, diplomate distingué, cinéaste incompris, suicidé ! c'est lui que nous choisissons cette année pour la Saint-Austerlitz.

Romain Gary

Romain Gary est mort en 1980. il est "le type bien" d'aujourd'hui. Le dernier livre que j'avais lu de lui était l'histoire des fils de pute de Mama Rosa mais j'ai perdu le titre. Le site Commentaires & Dissertation propose une notice biographique récente qui va bien en cliquant ici. Compagnon de la Libération, il mourut commandeur de la Légion d'honneur. Nous y ajouterons la modeste critique d'un ouvrage écrit en 1956 (Goncourt dans la foulée) et qui est de plein pied avec l'écologie des hommes d'aujourd'hui : Les Racines du ciel.

Comme vous ne le savez plus, c'est l'histoire d'un ancien du STO qui s'est toqué des éléphants d'Afrique et qui part en croisade pour les sauver de la chasse capitalistique. L'ivoire des Blancs, la viande des Noirs. C'est un des premiers romans écologiques de qualité lisible, qu'on aurait pu sous-titrer jadis : "Faut-il s'encombrer de la Nature ?" mais qui aujourd'hui prend tout son sens avec l'extinction des espèces en concurrence avec la nôtre. La Wikipedia a fait un sacré bon article sur ce roman mythique (clic). Mais un mec formidable a créé tout un site sur le bouquin et il serait déloyal de le pomper. Faites-vous une tisane, un thé ou un café selon l'heure et allez voir Racinesduciel.overblog. Vous y passerez un bon moment, et je m'économise une facile gloire que d'aucun, copieur impénitent du Monde-abonnés, ne se refuserait pas (clé).

Romain Gary m'intéresse parce qu'à quelques mois près, il avait l'âge de mon père et fit la guerre de 39-40 lui-aussi dans un bombardier comme navigateur, tout pareil ! Mon père s'est crashé deux fois avec un Cercueil volant MB210 de l'avionneur Marcel Bloch, bientôt Dassault ; il en réchappa parce qu'ils n'avaient que peu d'essence sinon au touchdown ces machines prenaient feu ; la première fois de nuit en rentrant de la Ruhr, la seconde en revenant d'Oran ; Gary a eu plus de chance, si l'on peut dire, puisqu'il volait sur Douglas A-20/Boston, un appareil fait pour rester en l'air. Son combat du 25 novembre 1943 au sein du No.342 Squadron RAF des FFL est entré dans la légende. Pour faire court, l'appareil prit la flak allemande à l'aller, qui enleva la vue à son pilote, mais la mission sur la rampe de V1 comme le retour et son atterrissage en Angleterre furent conduits à la voix du navigateur dans les écouteurs du pilote aveugle ! Gary, blessé au ventre, s'évanouit, une fois l'avion posé. L'histoire est invendable à moins d'être vécue.

Pessimiste indécrottable, diplomate distingué avec la pointe d'humour qui va bien, Romain Gary sut garder une certaine distance avec la vie qui lui en avait fait voir de toutes les façons. Il se fit sauter le caisson au 108 Rue du Bac quand il jugea l'heure venue. Il avait tout vu et soixante-six ans.

Avec Jean Seberg


Jean Dorothy Seberg en Jeanne d'Arc d'Otto Preminger, comment ne pas tomber amoureux ? Les congrégations s'y précipitèrent, jusqu'aux Capucins en scarpos grossos. Et tous ses autres films ! Les Oiseaux, Bonjour Tristesse, parmi trente, magnifique... et plus sur Allo Ciné. Pschitt à quarante ans ; Romain Gary tiendra quinze mois de plus et niera in fine qu'elle soit la cause de tout ! Un monde disparut alors. Il nous reste les éléphants.


Douglas A-20 bomber
Bombardier Boston

lundi 15 novembre 2021

A quelque chose malheur est bon !

grande vague

Peu importe que la science soit fausse ou sollicitée dans l'affaire du dérèglement climatique si, à l'annonce du grand crématorium où l'on passera les gens comme du bois, il y a des avantages écologiques collatéraux ! Il faut faire peur, il n'y a que ça d'efficace à mouvoir l'espèce humaine et les personnels politiques qu'elle a choisis pour décider à sa place. Les faits scientifiques ne sont pas ouverts au débat parce qu’ils sont fondés sur la physique et non sur un quelconque consensus ; mais de cela trop nombreux encore sont ceux qui ne veulent rien savoir. La crise d'inadaptation de l'espèce humaine à la mutation climatique n'appelle pas au happening en voirie à calicots et bannières, mais au redimensionnement de notre destin d'homme sur une planète finie que nous surexploitons.
Quelle qu'en soit la cause, le changement climatique indéniable et désormais redouté nous offre la chance de nettoyer cette planète et de produire propre pendant le temps qu'il nous reste avant l'Armaggedon. C'est un résultat déjà inestimable, à voir la porcherie généralisée que nous laissons pour l'instant aux générations montantes ! Pour ce faire, chacun doit y mettre du sien dès maintenant, sans attendre l'édiction d'obligations compliquées que les bureaucraties mettront des mois, des années à écrire.

Commençons par revoir notre mode de consommation en préférant les productions locales en tous domaines afin d'abolir l'empreinte carbone d'approvisionnements lointains ; une façon intelligente aussi de lutter contre la mondialisation entropique qui nivelle tout. Profitons-en pour participer à la gestion des ressources en tout genre en privilégiant une certaine frugalité, tant dans la nourriture que dans les achats de confort, en associant les exercices physiques que jusqu'ici nous avions différé à meilleur entrain.

Est-il possible à notre niveau de gérer la démographie qui est un des trois ou quatre grands défis sur la voie de la sixième extinction ? Sans entamer la liberté individuelle ? Parfaitement, en promouvant la limitation des subsides natalistes aux besoins démographiques du pays. Des allocations familiales limitées à deux ou trois enfants par foyer (selon les calculs de renouvellement) seraient un bon début mais en prenant en compte le premier né, ce qui ne serait que justice. La gestion démographique de continents excédentaires comme l'Afrique nous dépasse, mais elle va se poser avec acuité très rapidement quoiqu'en pensent les ligues morales et les églises. Doit-on réfléchir à un protocole malthusien associant l'aide au développement aux résultats démographiques du pays aidé ?

Dans le programme de réduction de l'effet de serre, les transports et la voiture surtout occupent une place de choix sur les écrans. Gérer l'automobile qui est, comme l'indique son nom, un gage de liberté individuelle auquel nous tenons tous, demande du doigté et une certaine simplicité si l'on attend des résultats positifs. Une proposition qui en vaut d'autre et n'en remplace aucune, serait de favoriser l'échange de voiture d'une catégorie Crit'Air donnée contre un modèle de catégorie meilleure*.

Il est aussi des réflexes individuels dictés par le bons sens qui n'interdisent pas aux édiles d'en faire autant. Un exemple : les décharges sauvages qui peuvent transformer des friches en lac de déchets comme on en voit en région parisienne. Ces décharges qu'utilisent les artisans déclarés ou non et les particuliers bricoleurs devraient être surveillées au point d'accès par n'importe quel moyen. Amende au contrevenant ? Que nenni ! Le flagrant délit devrait ouvrir automatiquement une procédure immédiate de réparation en nature débouchant sur une contravention du montant du préjudice subi par la commune (voir la note**).

tasse de thé
Pause !


Sinon, qu'a décidé la COP26 de Glasgow ? Le Pacte climatique qu'ont signé cette nuit deux cents nations est un "deal" au sens plein, un compromis entre les pays émergents addicts au charbon malgré eux comme l'Union indienne, et les pays développés qui n'en ont plus besoin ou presque, sauf impéritie crasse, comme l'a montrée l'Allemagne écologiste. Les nations balnéaires, pieds dans l'eau, vue imprenable sur l'horizon tsunamythique se sont émues de voir trois jours passer à bouger adverbes et attributs d'un bout à l'autre de chaque phrase, se sachant déjà condamnées.

Le "deal" ne vaudra que si les exécutifs nationaux l'accomplissent, mais le monde sera, bien avant la crue générale, submergé de promesses non tenues comme aiment les brandir les politiciens de tous bords devant les caméras. Après l'accord bilatéral de collaboration sino-américain, c'est le chef de la délégation chinoise qui a été le plus sincère en ne sacralisant pas l'objectif de réchauffement de 1,5°C : le plus grand succès du sommet de Glasgow est d'avoir finalisé le Réglement, dit-il. « Nous avons maintenant de quoi le mettre en oeuvre et de l'appliquer dans le sens du consensus obtenu ». Il est réaliste et prend acte. Ceci dit, ceci fait, même en l'absence de Xi Jinping, le tandem US-PRC que l'on n'attendait pas, s'est saisi de l'affaire. Est-ce l'effet Al-Gore ou l'effet John Kerry ? Poutine, ni présent ni cité, est un des grands perdants du sommet. Captif désormais de sa stratégie hybride en Biélorussie, il ne le sait même pas. Comme quoi, le KGB ne mène pas à tout !
Deux blessés graves à cette manifestation : Boris Jonhson qui est passé pour le clown que personne n'applaudit ; Scott Morisson, pour un menteur avéré !

La parole est aux peuples, maintenant. Sont-ils rassérénés ? Pas du tout. La crise démocratique avance derrière la crise climatique. Greta Thunberg l'a dit et il serait malavisé d'en rire vu son pouvoir de nuisance sur les conforts établis.


Sachant que les seuils de réchauffement de notre planète en surface de 1,5 et 2,0°C sont dorénavant franchissables à terme, il ne nous reste plus que l'Adaptation à creuser ! Sujet tabou s'il en est dans la religion écologique. Adapter nos comportements aux dérèglements, préparer l'environnement de notre survie, avec méthode, sans hystérie, voilà ce que nous aborderons dans un prochain article en forme de vademecum survivaliste à la sauce militaire. L'autre sujet est la mise en mouvement de l'humanité menacée. A plus !


Notes :

* Tableau officiel des catégories Crit'Air en cliquant ici
** Le contrevenant constaté par tout agent devrait être ramené à la décharge sauvage, obligé à recharger son véhicule au maximum de la capacité d'emport, conduit à une décharge contrôlée à la bascule, et le droit de dépôt exigé à la sortie serait augmenté d'autant au titre de la contravention. L'incapacité à payer conduirait à la mise en fourrière du véhicule. C'est tout. Pas de temps perdu dans les procédures du tribunal de police. Un travail de garde-champêtre armé d'un calibre 12.

vendredi 23 avril 2021

Tous à la BAD !

bergerie

Jamais en retard d'un combat perdu d'avance, le royaliste de base renforcera la lutte d'intelligence contre la connerie en bottes de fer représentée par l'association Manche Nature de Coutances, en souvenir de Rodolphe Crevelle, parti trop tôt. De quoi est-ce donc qu'il s'agit, hein ? Ultra-simple :

Un éleveur d'agneaux bio des herbus salés avec vue sur le Mont Saint-Michel, entre le Bec d'Andaine et la Pointe du Grouin du sud, a construit dans les années 2000 une bergerie basse tout en bois pour abriter ses brebis le soir, veiller à l'agnelage et démarrer les agneaux au chaud. Le mode d'élevage naturel à taille humaine a été cité en exemple par la Chambre d'Agriculture et par plusieurs associations de surveillance des sites du Mont. Le préfet de l'époque, Jean-Marc Sabathé, jugeait la bergerie démontable en bois, adaptée à son environnement et pas un "hangar moche en métal". Sauf que l'édifice, aussi intégré soit-il entre les haies et peu visible, mesure mille mètres-carrés, en excès donc sur les dispositions de la loi Littoral. François Cerbonney argue du confort de ses bêtes pour justifier la surface, mais le kaporalisme écologiste n'en a voulu rien savoir et a dégainé en justice. Parmi les attendus de l'association on notera l'atteinte portée à la démocratie par les élus locaux qui ont amendé la loi au bénéfice d'un justiciable et la rupture d'égalité constatée par les faveurs coupables faites par le maire au berger, lequel serait-y pas plus ou moins un parent éloigné du sénateur de la Manche, disent les mauvaises langues qui n'ont pas de prés salés.
Sans oublier la petite mention égalitariste du connard d'astreinte ailleurs : « Enfin il ne faut pas oublier le problème économico-social d'un produit certes bon, mais rare (ndlr: il parle de l'agneau de pré-salé dans l'assiette), donc cher, donc accessible à peu de gens. ».

Entre le président de Manche-Nature, le sénateur Bizet et le président du TGI, c'est le concours de celui qui a la plus longue. Le juge d'exécution des peines avait donné jusqu'au 19 avril pour démonter la bergerie. François Cerbonney s'entête pour produire la meilleure qualité possible dans les conditions idéales pour le produit - c'était le leit-motiv de son projet au départ. Il est à 250 mètres de l'estran et pense, comme nous, que les dispositions de la loi Littoral visent l'urbanisation des bords de mer plutôt que des intallations techniques auxquelles s'adossent des activité d'entretien de certains espaces fragiles - les moutons sont le meilleur désherbant qui existe et leur déjections un fumier naturel - relire l'histoire des drailles cévenoles. Bref ! Ayant perdu en appel, le berger déclare sa bergerie, zone à défendre contre la connerie humaine, et ça nous va.

Avant de vous inviter à le rejoindre dans sa lutte, signalons une fois encore que toutes ces lois jacobines d'application générale sans discernement sont bien inférieures aux coutumes locales des temps anciens quand il s'agit de défendre le bien commun. L'égalitarisme est un bêtise française. Encore un truc révolutionnaire que le monde entier nous envie sans jamais nous l'acheter !

C'est le maire de Genêts qui a le dernier mot :

« Je considère qu’avec la qualité de son travail, son savoir faire et le rôle indispensable des troupeaux pour l’équilibre naturel de la baie, François Cerbonney et sa bergerie font partie d’un patrimoine qu’il faut préserver. Les lois sont parfois incohérentes, c’est mon rôle d’élue de le dénoncer.»
Catherine Brunaud-Rhyn



mouton du Mont Saint-Michel

La Bergerie Aude François
François Cerbonney
Le Grand Port
50300 Vains-Saint-Léonard
agneaux at pres-sales.com

jeudi 30 mars 2017

Passons aux énergies renouvelables

Centrale de Crucey (Eure & Loir)
Le malheur de l'humanité n'est pas d'avoir laissé la belle Ève manger la pomme du boa, mais d'avoir découvert qu'un kilo de pétrole avait la puissance d'élever de mille mètres une tonne de n'importe quoi ! Et Rockfeller vint ! On connaît la suite dès qu'on a lu tous les Tintin au pays de l'or noir et la malédiction de la facilité qui s'est abattue sur beaucoup de pays détenteurs d'huile. A quelque chose malheur est bon, côté consommation les progrès furent gigantesques tant dans les transports que dans la chimie organique, sauf que la fracture des hydrocarbures par combustion charbonne l'atmosphère et menace d'aplatir le globe comme une pizza brûlante que couvrira bientôt l'océan réchauffé. D'où l'idée de ne pas creuser plus encore, de garder la ressource pour sa transformation noble (plastiques et steaks) et de capter en lieu et place les énergies anonymes et vagabondes que sont le vent, le soleil et l'eau qui bouge au gré de la lune.

Billets de soutien RA libellés "Jean Lassalle" à cliquer:
- Un berger à l'Elysée du 15/03/2017
- Jean Lassale, note liminaire du 19/03/2017
- But de la manœuvre du 22/03/2017
- Libertés basses du 24/03/2017
- Une autre Europe demain du 27/03/2017

Jean Lassalle fait des énergies renouvelables un des points importants de son programme électoral avec ses mots à lui :
« La valeur d’une vie humaine ne peut plus se calculer à la présence ou l’absence de ce liquide sous ses pieds. Le nucléaire a été longtemps présenté comme une alternative, mais après l’accident de Fukushima, et alors que l’ensemble nucléaire français vieillit, nous devons reposer la question. Des choix énergétiques difficiles sont devant nous, et ils nous engageront pour longtemps. Prenons le temps de les comprendre et d’en débattre.
Les forces conjuguées du soleil et des marées sont susceptibles de produire autant d’énergie que le pétrole, et de se substituer au nucléaire. Dans notre pays où le soleil ne se couche jamais, ou sur le continent africain, comment croire que l’énergie solaire puisse nous faire défaut ? Je suis certain que le solaire se serait développé bien plus vite si les intérêts pétroliers ne l’avaient freiné.
Mettons au service de la transition énergétique les moyens consacrés aujourd’hui à la « dérégulation » et la privatisation de l’énergie, et les énergies nouvelles prendront rapidement le relais ! Nous pourrons clore paisiblement ce qui est devenu le cauchemar du pétrole, et libérer la France de sa dépendance aux pays qui nous le vendent.»

Si les énergies renouvelables ne sont plus aujourd'hui des fadaises d'hurluberlus exilés en Haute Ardèche - elles ont pris les trains de l'industrie énergétique - d'autres contestations naissent à mesure de leur développement, et dans le camp souvent de leurs premiers promoteurs, les écologistes. Est-ce le rapt du concept par des gens efficaces qui vont faire des sous sur les énergies renouvelables, qui a braqué tant de gens contre les barrages hydroélectriques ou contre les éoliennes ? L'enjeu visant à remplacer les énergies fossiles est suffisamment énorme pour qu'on saute d'échelle et abandonne les microturbines et les pompes à hélices pour industrialiser dans le sérieux ce que l'on appelle désormais des "fermes", des "champs". Nous ne sommes plus à la pièce mais par centaines, d'hectares pour les fermes solaires, d'unités pour les champs éoliens offshore. Il n'y a pas le choix ! Et si la filière gagne de l'argent sans subventions, le succès de la conversion énergétique est assuré, nonobstant l'intrusion de pales géantes dans le paysage partout.

Reste l'énergie nucléaire, formidable technique plus efficace encore que le kilo de pétrole, mais qui a commencé par le péché originel d'Hiroshima et Nagazaki. Certains ne s'en sont jamais remis et le combat pro/anti tourne à la guerre de religion. Mon dieu est plus puissant que le tien. L'avenir de l'énergie nucléaire est dans sa transformation atomique, la fission du noyau cédant le pas à la fusion. Trois fois plus d'énergie est libérée par la fusion et la ressource est inépuisable puisqu'il s'agit d'eau de mer : un tonne d'eau salée comprenant 33g de deutérium va produire autant d'énergie de 700 tonnes de pétrole. Tous les espoirs du monde reposent sur le Tokamak industriel d'ITER en construction à Cadarache. Dans l'hypothèse assez probable d'une validation de l'industrialisation de la fusion contrôlée, les premières centrales pourraient tourner dans la seconde moitié du XXIè siècle. S'il est vérifié que les sous-produits ne sont pas radioactifs (essentiellement de l'hélium 4), le seul frein à l'exploitation du procédé ne pourra être que le prix du kilowatt-heure produit, et bien sûr les éternels contempteurs du progrès laissés pour compte.

Le souci premier de Jean Lassalle est de briser notre dépendance au pétrole étranger. Qui ne serait d'accord s'il fait défiler sous ses yeux nos fournisseurs ? Spectacle pénible...
Question : comment ferons-nous rouler nos automobiles de la liberté ? Voudrait-on nous encager tous dans des transports collectifs ? Je me méfie. La pile à combustible alors ? L'hydrogène. Quelqu'un a-t-il quelque chose contre l'hydrogène ? Non ? Je savais bien qu'on y arriverait.

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mercredi 15 mars 2017

Un berger à l'Elysée ?

On m'a posé une question...
Je soutiendrai Jean Lassalle s'il obtient ses cinq cents parrainages pour sept raisons que voici :

(a) Il avance sur des principes et pas sur des promesses (détaillées chez les autres, qui pis est !);
(b) Son régime refonde le gouvernement du pays (au sens large) sur la mosaïque ancienne des communes qui sont la chaîne et trame de la France ;
(c) Il a un souci permanent du bien commun et le distingue bien des intérêts majoritaires ;
(d) Il identifie parfaitement les lobbies industriels et financiers dont l'agenda est étranger au projet "France";
(e) La république vertueuse (non-OGM) est son modèle indépassable ; il est donc adaptable ;
(f) Son approche accouplant l'autorité naturelle et propre en haut et les libertés basses est tout à fait maurrassienne mais il ne le sait pas, ce qui ajoute à sa sincérité ;
(g) Il a un vrai tempérament, il est dur au mal et a su gagner sa vie, il bénéficie d'un vrai parcours professionnel et politique d'expérience.

S'il entre en campagne pour de bon, Royal-Artillerie présentera (et critiquera honnêtement) ses orientations dans des articles qui se succéderont jusqu'au 22 avril.

Le piéton du roi n'est pas manipulable et ne votera pas en fonction des projections de second tour que nous servent chaque jour des instituts douteux et que relaient une presse arrogante, méprisante et... subventionnée. Seul compte aujourd'hui l'attelage d'un programme et d'un homme capable de le porter cinq ans et plus.

Voici maintenant ses quatre axes d'affirmation qui charpentent son projet (clic):

(i) Se débarrasser de la barbarie financière (original JL)

(ii) Découpler la gestion de l'espace naturel et le profit capitaliste (original JL)

(iii) Refonder la grille administrative française sur les communes en leur rendant la « clause de compétence générale » (original JL)

(iv) Réindividualiser le capitalisme de production à la base (original JL)


Postscriptum du 18/03/2017 : Validation des parrainages (clic)



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lundi 28 mars 2016

Où l'on reparle des frontières...

La série d'attentats islamistes en Europe occidentale renforce le parti du combat de tranchée. Quoi de plus naturel pour attraper les Freux d'Allah que de remettre partout les barrières douanières laissant ensuite à chaque pays la responsabilité de la chasse sur son territoire. C'est tellement évident que pointe au fond du cortex reptilien du Néanderthal Nouveau le doute métaphysique : Et si c'était trop simple ? Une fois les frontières blindées et le Mur de l'Atlantique relevé - comment, par qui et à quel prix? - nous nous sentirons à nouveau chez nous. Sauf que...



On apprenait jadis au collège que le territoire métropolitain faisait 550.000 km², soit mille kilomètres en hauteur, de Dunkerque à Tamanra au Perthus et autant de Brest à Strasbourg. Ce grand pays est troué partout de nids à rats* où s'avère gésir la menace la plus menaçante, auquel cas il ne faudra pas attendre longtemps pour que le principe de l'infranchissable relève aussi les octrois des villes et barrent les routes de postes de gendarmerie cantonale, et ailleurs de portiques capables de faire un fond d'œil des conducteurs à transmettre en temps réel au commandement central de la Vallstasi, enfoui dans les carrières de gypse de Taverny (Val d'Oise). C'est une amélioration sensible du dispositif de coercition que connut la France occupée par nos cousins germains.

(*) M. le Ministre de la Ville en compte une centaine en métropole.


Des voix s'élèvent du camp de la frilosité pacifiste pour annoncer un coût économique sensible pour la France et ses voisins et au-delà. Ce qui tombe mal pour un Etat en faillite incapable d'impulser aucune amélioration mais ayant tout fait pour gélifier l'emploi chez nous quand il croît partout ailleurs. Se sont penchés sur le problème le Commissariat français à la stratégie, mieux connu à l'enseigne de France Stratégie, et la Fondation allemande Bertelsmann qu'on ne présente plus.

France Stratégie chiffre à dix milliards d'euros par an (source FS) l'abandon du dispositif Schengen. La généralisation des contrôles permanents serait équivalente à une taxe de 3% sur le commerce entre les pays de la zone Schengen, qui diminuerait structurellement de 10 à 20%.
La Fondation Bertelsmann (épaulée par l'Institut Prognos) voit grand. Son travail couvre 42 pays qui représentent 90% du commerce mondial. On y apprend que le rétablissement des contrôles au sein de l'espace de libre circulation Schengen entraînerait dans l'Union européenne un surcoût des échanges commerciaux situé entre 470 et 1400 milliards d'euros en dix ans selon l'hypothèse dérivée (Source FB). La France en serait pour 80-244 Mds€ et l'Allemagne pour 77-237 Mds€ selon l'hypothèse dérivée. Mais c'est la Grande Bretagne qui douillerait le plus avec une fourchette de 87-264 Mds€ sans prendre en compte le Brexit. Tous les autres pays seraient touchés jusqu'aux Etats-Unis et en Chine.

On savait l'Union européenne première zone économique mondiale mais sans doute pas à ce point ! Le Big Bizness va-t-il laisser faire ? Inutile d'envisager une quelconque opposition musclée des miquets que nous nous sommes choisi comme gouvernants. Les "gros cigares" ne se laisseront pas impressionner par qui vous savez, sauf à laisser les démagogues s'agiter dans les lucarnes bleues, la main sur le cœur et le menton haut. Alors quoi ?


La menace est l'espèce humaine, pas les bocaux de Nutella

La libre circulation des marchandises doit être maintenue le plus possible afin de préserver nos atouts : import-export, investissements industriels et logistiques, agriculture commerciale sont les atouts européens. Notre compétitivité internationale n'est pas un slogan, elle induit l'emploi et par ricochet le financement de nos modèles sociaux ; elle est donc primordiale pour tous ceux qui n'émargent pas au payroll public. Dans le mensuel NPI, Nathaly Stey nous précise que les contrôles aux frontières intérieures de l'UE, en diminuant la fiabilité des délais de livraison, mettrait à mal les schémas de production décentralisée faisant appel à des produits semi-manufacturés en provenance de plusieurs pays européens. A terme, une telle évolution aurait des conséquences sur l'accueil d'investissements sur le territoire européen. L'abandon de Schengen aurait surtout un effet très lourd sur les travailleurs frontaliers (source NPI).

La logique voudrait donc que l'on sépare les flux - le fer d'un côté, le steak de l'autre - et que l'on privilégie pour y atteindre le fret massifié et le report modal. C'est bien la route ouverte à tout le monde qui crée le problème "Schengen". Deux vecteurs hors-route sont convoqués à cette spécialisation, la voie d'eau et la voie ferrée. Par chance elles participent à l'équation environnementale. Favoriser le report modal consiste à mettre côte-à-côte le navire de haute mer, la barge fluviale et le train-bloc au détriment du camionnage qui atomise le transport et suscite les contrôles (comme à Calais). L'Europe occidentale a tout le savoir-faire nécessaire pour améliorer son report modal et elle peut investir dans la séparation des flux routiers en approche des frontières si on en reste au schéma de frontières intérieures blindées. Les passagers seront, eux, bombardés de rayons dans les gares, aérogares, et postes douaniers jusqu'à la généralisation de la biométrie partout. Nous vivrons alors une époque formidable de flicage global comme ne pouvaient l'imaginer les polices communistes dans leurs rêves les plus fous. Non ? Alors quoi ?


Passer à l'offensive serait plus économique et moins liberticide

Effectivement, on pourrait moins se défendre et attaquer plus. En commençant par chez nous ! Quand un gouvernement, normalement monté, décidera-t-il de purger les "quartiers" de leur armement ? On sait faire parce que l'histoire nous a montré comment faire. On sait aussi spécialiser la procédure aux populations intéressées. Expliquer cela dans ce blogue contreviendrait aux lois, mais...

Priorité au renseignement : le renseignement offensif doit être ciblé par économie des moyens et commandé par des gens intelligents et non par des courtisans. Les résultats doivent être traités à part selon des procédures légales adaptées, supervisées par des parquets spécialisés. Ces résultats doivent être mis hors d'état de nuire et leur environnement neutralisé pour de bon tout en préservant les ratières utiles. Autant dire que le cadre légal pourrait mieux faire. Mais ceci serait un chapitre supplémentaire qui nous départirait de notre sérénité proverbiale.


En conclusion, pour mettre efficacement nos concitoyens en sûreté, nous avons le choix entre le flicage global qui a la faveur des esprits simples et l'attaque frontale de la menace. Pourrons-nous attendre treize mois ? Peut-être !

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samedi 31 janvier 2015

Un projet fou à la Gaudi

Connaissez-vous Laurent Bouvet ? Non ? Nous sommes deux ! Enfin jusqu'à hier. Figurez-vous que ce monsieur a l'intention de se construire un château aux portes de Paris, château que lui offrirait son propre jus de crâne. Cela m'a intrigué tout de suite, car si j'en ai connu des capitaines d'industrie capables de tout réussir, je n'en avais encore jamais croisé d'aussi gonflés. Alors j'ai parcouru son projet, copieux projet, fort documenté, bien vendu et j'ai finalement compris qu'il fallait que je vous en parle. Avant de continuer, je dois vous avouer que pour lui le royalisme est poussiéreux, donc ce billet n'est pas un coup de main entre cousins. Il se justifie par la seule pertinence du projet. On y arrive.

Jusqu'en 1870, il y avait à l'ouest de Paris en passant la Seine un château que tout le monde aimait. Et d'abord nos souverains. Dressé sur les hauteurs du méandre, on y goûtait le bon air pour se changer de la puanteur parisienne. Le parc était vaste avec de belles allées cavalières et ses ombrages descendaient en terrasses vers le fleuve. Il existe toujours, c'est le parc de Saint-Cloud. Le château était magnifique, lors du Siège de Paris les canons français du Mont Valérien l'ont bombardé, les Prussiens l'ont pillé. Il en reste les fondations (comme aux Tuileries), les plans détaillés, des gravures d'époque et les photos de ruines majestueuses qu'il a fallu raser en 1891. Sauf l'argent, il ne manquerait rien pour le reconstruire. Mais l'argent n'est pas un problème et comme le pétrole, on peut le pallier par de bonnes idées. C'est le noeud de la question.

Le distingué lectorat de Royal-Artillerie, qui a depuis longtemps jeté ses perruques aux enchères, connaît le crowdfunding. M. Bouvet sans doute aussi. Vous blindez sur un projet juteux et vous récupérez quelque chose d'augmenté plus tard. La souscription intéressée, voilà l'invention. Le château doit se financer par son propre usage, billetterie touristique de visite des salles régaliennes remeublées, salle de conférences, chambres de palace, restaurant gastronomique, slow food, fast food... J'ai d'autres idées mais nous digresserions. Vu sa situation de proximité de la ville la plus visitée au monde (enfin je le crois) et sa position dominante, je pense le projet réalisable. Avant d'en suggérer les étapes, nous allons regarder une vidéo très courte (2:33) en 3D :



La difficulté est toujours d'amorcer. Supposons l'équipe de réalisation constituée, le ver dans le fruit extirpé, l'association écologique de contrariété déboutée, le dossier achevé et le chemin de croix administratif terminé (après 2017), il faut ouvrir le chantier. Le mécénat privé est incontournable pour signer les premiers contrats d'architecture et de gros oeuvre. Puis la chose s'érigeant, il est plus facile de convaincre les indécis au fur et à mesure de l'avancement des travaux si la promotion de la vente est bien faite. Elle le sera. D'autres que nous pensent l'affaire jouable, ce qui nous rassure. Ce lien donne accès à la presse. Nous recommandons l'entretien accordé à Royauté-News le 2 février 2013.

Reste à trouver l'esprit du projet dans ses finalités.
La dimension patrimoniale de régimes disparus, si elle parle à quelques notabilités vieillissantes, ne déclenchera pas la ruée des porteurs de parts. Aucun contemporain (au sens rare d'avoir connu soi-même celui qui vit l'homme qui vit l'ours) n'a vu ni le château dans son éclat, ni ses ruines. L'angle d'attaque du grand complexe touristique sur l'axe Paris-Ouest-Versailles nous semble plus rémunérateur en termes de souscriptions, même si mon appréhension naturelle de la démocratie me ferait pencher pour un mécénat total international. Il y a énormément d'argent en circulation qui cherche à s'arrêter sur de bons projets avec une dose raisonnable de prestige. Quoi de mieux que le nouveau château de Saint-Cloud ! Mais c'est imprononçable en chinois.

Il est une question que les promoteurs de la reconstruction n'abordent pas encore, celle de la propriété de l'ouvrage achevé. Si l'emprise peut être donnée à bail emphytéotique par l'Etat aux promoteurs immobiliers, l'ouvrage achevé pourrait appartenir à la masse des souscripteurs qui en ont financé l'érection, à moins qu'ils ne préfèrent une autre récompense. Au fait, de combien d'argent parle-t-on ? Si c'est en haut du mur qu'on voit le maçon et pas au pied, moins de deux cent millions d'euros d'aujourd'hui ; soit donc dans le domaine du possible à l'aune des capitalisations boursières de la nouvelle économie.

Le site de référence s'appelle Reconstruisons Saint Cloud. Complet et très bien fait, vous saurez tout, même ce que vous n'oseriez par ignorance demander : son histoire qui commence en 1577, ses agrandissements, embellissements, ses hôtes, ses drames, la tragédie hunnique qui l'acheva. Nous vous recommandons à la fin de la visite le volet "Adhésion". Puis cliquez sur le plan des Domaines du Parc de Saint-Cloud pour vous faire une idée où vont aller vos sous.

S'il n'y a plus de duels dans la brume du parc au petit matin, sauf devant la caméra, les activités en tous genres y sont déjà nombreuses et le château reconstruit devrait les multiplier. Le site donne plusieurs pistes. Ailleurs, on parle même de promouvoir un trail de course à pied à travers trois zones vertes contiguës, le parc de Saint Cloud, le bois de Fausses-Reposes et la forêt de Meudon. Les amateurs d'exploit sont chaque année plus nombreux à venir du monde entier et ce serait une alternative écologique exceptionnelle aux marathons urbains internationaux où l'on respire de la suie. Par ses accès nombreux et variés en périphérie immédiate de Paris, l'utilité du château de Saint-Cloud tombe sous le sens si on développe celle du parc.

A bientôt donc, au son des pelles mécaniques !





Reconstruisons Saint-Cloud !
33 bis Boulevard du Château
92200 Neuilly-sur-Seine
↪ Le site de l'association

Autres sites utiles :

↪ Chronologie du Siège de Paris
↪ Musée des Avelines
↪ L'histoire de Saint Cloud
↪ CyberArchi - Saint Cloud

lundi 11 février 2013

Une fièvre de cheval !

Les puceaux économiques "découvrent" le monde du trading. Le seul à y comprendre quelque chose à l'antenne est le député Bové parce qu'il a fait un rapport sur les filières agro-alimentaires intra-européennes le 4 mai 2010 au parlement de Strasbourg. Rapport adopté. Il préconisait les filières courtes pour dégraisser le prix producteur des marges en cascade à suivre afin de hausser mécaniquement le revenu du paysan. Dans le Scandale Findus, nous y sommes en plein même s'il n'y a aucun paysan dans le schmilblick cette fois. Remontons la montre.

Il est fort improbable qu'un abattoir, homologué EU où que ce soit, trafique sur la viande, car c'est le grand marché commun qui est son seul respirateur contre l'asphyxie des importations des pays émergents à bas coûts. Il ne va pas étiqueter "boeuf" une viande que tout professionnel de la cheville va identifier en couleur et texture comme de la viande équine. Elle peut aussi être bloquée en douane car il ne s'agit pas ici de cent kilos mais de tonnes qui ne passent pas inaperçues. Pourquoi le patron de l'abattoir risquerait-il le suicide économique et la case prison. Mafia ?
C'est la chaîne physique qu'il faut suivre car la chaîne de trading ne voit pas le produit, elle travaille sur factures, certificats de qualité-quantité, documents de transport et douane électronique. Quand la maison Spanghero de Castelnaudary dit à la radio qu'elle n'a pas ouvert les paquets et s'est contentée de faire suivre (ndlr: sous ses propres factures et son numéro de TVA intracommunautaire), elle avoue un malaise car un préparateur de viande ne doit pas jouer au trader aveugle : dans la chaîne de transformation, sa marque imprimée sur le produit est jugée comme une garantie par les acteurs d'aval. C'est comme une pièce de sous-traitance automobile qui est emboutie avec le losange chez Renault, quelle que soit sa provenance elle devient une pièce Renault, donc top-qualité (clic).
On peut croire aussi que la Tavola (Comigel) de Capellen n'a pu être trompée sur la race que si la viande a été transformée chez Spanghero, car couleur et texture toujours, ne peuvent pas tromper une chaîne de traitement final, sauf...sauf si le cheval était incorporé volontairement dans la préparation finale à base de boeuf ; mais faire cela ne peut pas passer inaperçu des ouvriers qui parlent. C'est un peu ce qu'indiquent les prélèvements anglais, la teneur en cheval est variable de 0 à 60 et 100%. Il y a mélange quelque part et on ne voit pas où, sinon à Castelnaudary ou à Capellen. Les traders même inutiles dans la filière sont à mon avis hors-course.

La question peut se poser maintenant sur l'appel au trading de la part d'une société aussi établie que Spanghero (plus rien à voir avec la famille rugbystique). Les grandes maisons traitent au plus près de la source (coopérative) sinon à la source. C'est vrai dans l'acier comme dans le colza. Très peu de produits sont captifs du trading¹. Tout intermédiaire a un prix de chaîne, tant de marge commerciale que de coût de contrôle. Les "traders" sont utilisés par de petites structures multi-produits qui n'acquièrent jamais une stature impressionnante sur un seul marché-produit pour pouvoir entrer à la source. Les acteurs de la chaîne travaillent à faible marge sur des dossiers import-export nombreux, si possible répétibles, et sont rompus aux opérations de transport et douane qu'ils exécutent très vite, comparé parfois aux services achats stratifiés des grosses entreprises qui remuent monts et montagnes à peu d'effet, la preuve. Soit l'acheteur de Spanghero est un fainéant, soit il a un intérêt personnel à acheter au trading, car son entreprise de toute façon y perd. Un coup de fil au directeur de l'abattoir Dracula & Co de Transylvanie pour quatre ou dix camions-frigo de découpes bovines prend dix minutes quand on a cette notoriété. Mais aussi, rappelons aux jeunes générations que la filière viande française n'a jamais été exempte d'un soupçon mafieux dans le passé, le circuit de la cheville étant artificiellement long par rapport à nos voisins.

La phénylbutazone est le risque : un moment administré aux humains contre la goutte et les entorses, cet anti-inflamatoire puissant est aujourd'hui interdit en pharmacie et utilisé comme analgésique et antipyrétique pour les chevaux de course, parfois les chiens. En clair, c'est le remède de cheval déconseillé aux hommes ; il tue les globules blancs. Or les Anglais ont découvert de la phenylbutazone dans les résultats d'analyse, ce qui leur a mis la puce à l'oreille du cheval. Or le cheval de Dracula est un vieux trait !





(1) Les produits "pur trading" sont rares : dans les années 80, l'urée est arménienne, les pistaches iraniennes, les noisettes chinoises, les champignons en boîtes pour pizza (pieces and stems) grecs pour ne parler que des denrées. Le sucre, le thé sont aussi des produits de trading avec des chaînes par origine. Sans en être captif, le trading non alimentaire passe du fer à béton, du bitume, du jute, des sacs PP, du ciment, et une foultitude des pièces de rechange, composants etc...

lundi 18 juin 2012

Nous survivrons


La victoire des incapables aux élections législatives - il n'y avait pas le choix de capacités répondant à l'enjeu - nous amène à considérer sérieusement les possibilités de repli sur nos tenures, pour survivre à la grecque, en attendant que l'Europe meure et nous libère de la gangue de l'Etat-providence, avant regain.

L'arbre à pain
Dans le tiers sud du pays, il subsiste un miracle de la nature que l'on appelle châtaignier. Véritable arbre à pain de la cévenne, il est une base sérieuse pour toute exploitation de polyculture méridionale en dehors des plaines surchauffées de la garrigue. Son ombre n'est pas dangereuse au bétail contrairement à celle du noyer et il n'est pas difficile sur la qualité du sol. Convenablement situé et sans apport ni effort, le châtaignier devient un grand arbre qui couvre le sol de ses fruits en automne. Il suffit de les ramasser. Pour alléger le faix, l'usage veut qu'on écorce la châtaigne sur place et que seul le fruit comestible soit rapporté. Les châtaignes sont cuites à feu vif dans une grande poêle trouée et deviennent pareilles à celles du cornet de marrons ; mais la plus grande quantité est traitée pour la conservation.
On les fume à la clède jusqu'à dessication. Il reste à les battre dans un sac pour que la peau tombe et on les range au sec et au frais. Cuites à l'eau plus tard elles donneront un bouillon marron sucré.
La feuille de châtaignier sèche fait une excellente litière pour les animaux, exempte de parasites à cause des tanins ; les ballots de feuilles jadis se vendaient au quintal (50 kilos).
On vendait aussi le surplus de menu bois, les jets de souche et les branches latérales inutiles qui, refendus et formés en cercles, servent à tout.
L'arbre fournit un bois d'oeuvre quasiment imputrescible et les sujets conduits pour être les plus droits donnent la futaille à conserver le vin, industrie qui remonte en Cévennes à l'Antiquité.

L'herbe verte
Au débroussaillage, on fera place à la culture du chanvre indien qui va être légalisée par le showbiz socialiste. Les traversiers d'adret sont exactement les supports de cette culture importée, bien plus rémunératrice que les oignons qu'il faudra malgré tout conserver par endroit pour leurs qualités nutritives. A noter que l'huile de chanvre passe dans un moteur diesel atmosphérique. Consommée crue c'est un apport décisif en omega-3. Les tiges de chanvre sont une base textile recherchée car la fibre est très résistante à la traction. On me dit dans l'oreillette que le chanvre peut aussi se fumer. Faut voir.

Nous recommandons aux survivors d'acquérir dès demain de la broussaille cévenole avec le mas en ruine qui vous signale le puits ou la source. Pas cher, et d'avenir, faites marcher vos neurones. Les traversiers doivent être débroussaillés dès à présent et les châtaigniers convenablement élagués et replantés par endroit avec soin. En attendant, il faut un lexique pour le châtaignier cévenol, le voici :

* Bodzonet - bouiillon de châtaignes vieilles
* Brozucados - châtaignes devêtues fraîches
* Burla - battre les châtaignes séchées dans un sac pour ôter la peau
* Céoucléÿro - Jet droit montant d'une souche débarrassées de tous rejets. Se coupe au bout de 7 ans.
* Costognosous (los) - la période de ramassage des châtaignes (octobre-novembre)
* Clédo - fumoir à châtaignes
* Djenos-longos - arbre à châtaignes communes
* Djors - pousses parasites que l'on coupe au ras de leur reprise.
* Dooufinecos - arbre à marrons du Dauphiné, ne se sèchent pas.
* Dongal - châtaignier douvain greffé que l'on conduit droit pour la tonnelerie. Se coupe chaque 20 ans.
* Dougat - Jet qu'on laisse monter plus vieux que 7 ans pour obtenir des pièces de tonnellerie plus fortes
* Lentos - châtaignes séchées de conservation
* Ofotchous - châtaignes grillées dans leur peau brûlée
* Pélous - coques piquantes de la châtaigne


Postscriptum : Royal-artillerie a commis en 2006 un billet sur la frugalité cévenole :
Manger sous l'Ancien régime.


 - Emblème de la nouvelle France -



mercredi 4 avril 2012

Paysannerie, des projets à taille humaine


Le congrès d'Aicirits n'a certainement pas convaincu la gent paysanne que sa situation empirera plus avec tel candidat qu'avec tel autre, puisqu'elle empirera de toute façon. La PAC de Bruxelles coûte cher à certains pays qui ne font pas de l'agriculture une priorité. Pensons à l'Angleterre mais elle n'est pas la seule. On peut dire aussi que la mise à niveau du secteur primaire des pays de l'Est après celle des pays du Sud a englouti beaucoup d'argent et les aides européennes faibliront indubitablement. La paysannerie française n'a plus grand chose à attendre de Paris dès lors que la politique agricole et le développement qui l'encadre sont une affaire euro-régionale, voire transrégionale. D'où le désenchantement palpable et cette vague de suicides des petits cultivateurs ou éleveurs.
Le congrès de la FNSEA a montré aussi que les gros bataillons de la profession sont peu à peu remplacés par les gros paysans tout court qui ont acquis une vision industrielle de leurs métiers, à faire rire les vrais, où il en reste. Ainsi comme chaque année depuis dix ans, on ouvre le bal par l'histoire d'eau. Les pissenlits sortent plus tôt car ils vont chercher plus profond leur nourriture. Les blés seront plus courts de vingt centimètres et les tiges secondaires végèteront sans épis. La luzerne s'en tirera com'dhab mais c'est moins sûr pour la fétuque rouge. Quant au maïs, n'en parlons même pas ; plante des tropiques humides elle ne peut passer sa vie au désert. Les sondes des nappes phréatiques sont basses, les rivières à l'étiage déjà, les puits sonnent secs, on entend bourdonner la... solidarité nationale. Mais la solidarité avec qui, la solidarité avec quoi. L'impôt sécheresse de saint Raymond (1976), s'il fit des fortunes chez les gros consommateurs d'eau - certains purent acquérir des hectares au Canada pour valoriser à l'année leur chef de culture - a laissé le souvenir d'une solidarité lourde, ciblée sur une catégorie sociale généralement détaxée soutenue par la classe imposable. Pas terrible.

La profession a globalement les moyens de parer au stress hydrique en développant un réseau de retenues collinaires et d'étangs déviés des rivières l'hiver. Le premier problème est bien sûr d'accepter un bon chef d'orchestre par bassin hydrologique, le deuxième de s'affranchir de certaines règles environnementales édictées par les contemplatifs de la nature qui s'approprient le choix des procédés d'exploitation sans jamais passer au cul de la charrue, le troisième, l'argent, le plus simple à régler : "y en a pas" ! Ne restent que les idées, le pétrole de la France. A défaut, ce sera la réserve d'indiens avec les musées cantonaux des arts tout du cru. Les cars de Chinois, les guides-interprètes slaves quadrilingues, les globes à neige dans la vitrine des Gifts-Souvenirs, les zizigougous made in Bengladesh, partout des tours Eiffel en fer blanc doré ! Et trois pastourelles bosniaques chaque jour sur les coups folkloriques de six heures avant l'apéro.

Allons bon ! Je crois plus en la Confédération, même si je hais Zappatoc¹ qu'en la FNSEA devenue pépinière politique. Ils tiennent en plus les écologues par les joyeuses. Partir des fondamentaux peut-être. Avoir la foi. Ne pas tout attendre des politiques. Mesurer la zone d'effort en fonction des atouts recensés et non pas sur un découpage administratif devenu burlesque ; travailler par pays.

Fondamentaux
Chaque "pays" de France a son histoire, son(ses) terroir(s), ses traditions de culture et de bouche, ses races d'élevage et parfois même un artisanat spécifique, comme le couteau de Laguiole sur l'Aubrac. Il faut construire sur ces bases en ne perdant jamais de vue qu'il doit y avoir un marché derrière toute activité et qu'à l'heure de la mondialisation, ce marché est illimité. La France des terroirs c'est mondialement de la bonne qualité à son juste prix, et une variété inconnue partout ailleurs, ce sont aussi des productions de luxe. Les labels d'origine sont primordiaux.

La foi dans l'entreprise
Un consensus local est la clé de contact de tout projet rural ; et une fois le projet défini, les étapes comprises par tous les participants, il ne faut plus mesurer sa contribution, encore moins n'apporter qu'autant l'arbre va faire de fruits. Il faut y aller de bon coeur et pousser à la roue.

Les politiques, oui mais pas qu'eux
Les conseillers généraux des cantons ruraux sont le plus souvent impliqués et moins influencés par l'opinion informelle ou la rumeur que leurs collègues de la ville. Néanmoins ils participent de majorités de gouvernement territorial et sont parfois "contraints". Ausi est-il judicieux de trouver sur la zone d'effort le coordinateur pour se passer de leur leadership, mais assez talentueux quand même pour être le porte-parole du projet auprès des politiques concernés. Même s'ils ne sont pas utiles, leur pouvoir de nuisance ne doit jamais être oublié.

La zone d'effort dans les frontières du vrai "pays"
Les découpages administratifs sont complètement dépassés. Ils ne subsistent que comme cisconscription électorale. Les ruraux connaissent très bien les limites géographiques de leur pays qui le plus souvent épousent les contours du bassin drainant. On doit considérer aussi que le développement d'un atout puisse déborder naturellement le dit-pays.

Un exemple mieux qu'un plus long discours : l'Aubrac justement dans son canton occidental.


Trois atouts : la production laitière de la blonde d'Aubrac aux yeux faits, le couteau de Laguiole, une race d'habitants "durs à cuire". Trois leaders, André Valladier inventeur de l'AOC Laguiole pour le fromage - rien à voir avec le cantal de la salers rouge - qui a poussé la coopérative Jeune Montagne à bien rémunérer les producteurs primaires pour monter en qualité et pouvoir décliner en gamme les sous-produits réclamés par la capitale, comme la tome fraîche d'aligot ; Thierry Moysset qui a lancé la Forge de Laguiole en démécanisant les postes de travail de façon à sortir un produit inimitable "fait-main" mais à prix correct ; Michel Bras et son restaurant étoilé à 65 salariés qui fait un appel d'air pour attirer sur le canton une clientèle sans soucis (?!) irrigant tous les services offerts.
Le maire de Laguiole, Vincent Alazard, accompagne le travail de son bassin d'emploi et fait le relais au département et à la région. Résultat, chômage zéro, immigrés zéro, clochards zéro, criminalité zéro. Ni Rolls en ville certes, ni misère non plus. On vit bien, sur des acquits solides, comme de vrais paysans de l'Aubrac.
Que pourriez-vous faire par chez vous ? Chiche !

(1) Zappatoc : Joseph Bové, l'agriculteur larzacois pour de rire, ainsi tagué par le brûlot tartare Steppique Hebdo.

mardi 14 février 2012

Le Nonagone du piéton du roi


Neuf propositions inédites plus une pour la détente (la gâchette), c'est la contribution de bon sens du blogue Royal-Artillerie au débat électoral pour la présidentielle. Ce mini-programme sans ordre de priorité est soumis au principe de non-cohérence, à savoir que les mesures ne sont pas liées entre elles. Leur choix est librement autoporteur.
Ce nonagone, non approuvé par cinq cents parrains, sera adressé aux candidats présidents de la République, et lequel répondra en acceptant d'inclure dans son propre programme une seule des neuf propositions gagnera la voix du Piéton du roi, qu'il pourra afficher dans sa salle de bains, au dessus du miroir. Sans se prendre au sérieux, l'affaire est quand même sérieuse, une fois.

PRIMO : Réhaussement de l'enseignement des langues vivantes.
Les professeurs de langues étrangères du collège au lycée seront progressivement recrutés parmi les diplômés locuteurs de leur langue maternelle, et les lycéens quitteront le second degré en parlant couramment deux langues étrangères.
Le ressort de cette mesure est à bander au niveau européen pour que tous les professeurs de langues de l'Union européenne soient locuteurs natifs. Ainsi le marché du professorat sera élargi - les profs de français enseigneront partout -, de même pour ceux d'allemand, anglais, italien, espagnol...
RA+
La capacité à s'exprimer naturellement dans deux langues étrangères est un atout de compétitivité indéniable. Les peuples ne disposant pas d'une langue universelle sont paradoxalement plus ouverts au monde et plus performants dans leurs entreprises, et dans les organisations planétaires où se prennent les grandes décisions ; cette aisance à jongler parfaitement avec au moins trois langues donne l'aisance nécessaire à la cafétéria pour s'ouvrir les portes des directions, toutes choses égales par ailleurs.

DEUZIO : Pour une tête bien faite.
Les langues mortes structurantes comme le grec et le latin seront intégrées de plein pied au programme des collèges, en commençant par les établissements zonés. On retirera des programmes les cours "sociétaux" décérébrants pour libérer des heures et on allongera l'année scolaire comme en Europe du Nord. Ces matières sont des formateurs inégalés de l'esprit et en priver la jeunesse d'où qu'elle vienne c'est du vol.
RA+
Ces deux langues sont à la base de notre civilisation. Des expériences ont été tentées dans des quartiers moins favorisés disposant de collèges difficiles,  de donner des cours de langues mortes sur une année. Ce fut un franc succès, les élèves ayant ressenti une augmentation de la considération à leur égard et une fierté bien placée ensuite. Ne jamais oublier que le grec est une formation de l'esprit aux mathématiques.

TERCIO : Achèvement du parc de logements sociaux.
Les permis de construire seront remontés au niveau de la sous-préfecture pendant sept ans. Après avoir fixé le mode de calcul et la fraction de logements sociaux obligatoires par commune, les nouveaux permis seront suspendus sur les communes n'atteignant pas le niveau règlementaire, pour n'être libérés qu'au jour du dernier mètre-carré social livré à la location.
RA+
La république se consume dans les satrapies locales surtout quand on leur offre le droit de déroger moyennant amende. Les riches paient. Si la cause du logement de tous est vraiment une priorité, et le spectacle de nos rues nous l'indique, l'amende inefficace doit être remplacée par le gel des permis. Il suffira de relever d'où proviennent les cris d'orfraie pour cibler une réaction plus fine, mais la seule menace déjà enclenchera un mouvement de construction à bas coûts.

QUARTO : Libération de la production d'énergie.
Le monopole de distribution électrique de l'EDF sera abrogé. Les systèmes individuels de production de courant ne seront plus reliés au réseau mais alimenteront les circuits domestiques dédiés à cette production. L'achat à perte sera terminé, et les foyers auront recouvré la liberté de produire sous la seule contrainte environnementale et de voisinage.
RA+
Contre le mondialisme, certains prônent le localisme. C'est à la force hydraulique que le point 4 est dédié. Dans ce cadre, rénové par l'intrusion des libertés citoyennes de premier échelon, il faut remettre en route les moulins, relever les biefs, placer des turbines et laisser prendre du courant électrique à la nature. Un syndicat d'usagers des eaux par quartier ou hameau peut régler la cohabitation de tous.

QUINTO : Réarmement du voltigeur.
Le nouveau fusil d'assaut de l'infanterie sera développé et fabriqué dans les arsenaux français et ses munitions produites en France. Il est inadmissible que la munition d'infanterie soit de nouveau achetée aux Emirats ou en Israël, avec les problèmes de qualité que l'on sait.
RA+
Le triste score de l'embuscade d'Uzbin est en partie dû au défaut d'interopérabilité des munitions de fusil entre le soutien américain et nous. La munition française au calibre OTAN fut à l'origine conçue pour le fusil FAMAS, pur produit de la Manufacture de Saint-Etienne. Elle n'est pas standard. Le fusil ayant achevé sa carrière, il est question de le remplacer par un HK allemand sinon un Herstal belge, ce qui laisserait croire à tout le monde que nous sommes devenus incapables de faire un fusil en France avec des munitions interopérables ? C'est proprement énorme.

HEXO : Peine zéro pour les condamnés étrangers.
Les ressortissants étrangers condamnés au pénal seront remis à l'administration pénitentiaire de leur pays de naissance avec lequel sera passé un traité de collaboration, munis d'un "viatique" calculé sur la moitié du prix de journée en prison française. Les économies de places et de programme de constructions seront significatives, et la mesure éventuellement dissuasive.
RA+
La question de la surpopulation carcérale est centrale dans le budget de la Justice, l'enfant délaissé de la République. Se séparer des condamnés étrangers allègerait d'autant le stress sur l'institution et procurerait aux pays d'accueil des moyens financiers pour assurer leur réinsertion au pays natal et améliorer leur système carcéral dans un cadre coopératif.

HEPTO : Incarcération des condamnés politiques.
Suppression du sursis dans les condamnations de toute nature d'élus politiques dans l'exercice de leurs fonctions électives et inégibilité à vie. La République ne pouvant fonctionner que sous l'utopie de la Vertu, les comportements immoraux la mettent en danger.
RA+
Le sursis est aujourd'hui la règle en matière de concussion et l'inégibillité très rare. A tel point que l'on voit des politiciens condamnés en première instance et en appel, se faire "blanchir" par des électeurs hostiles à l'immixion d'une justice extérieure à la cité dans les affaires de celle-ci. La récompense du "condamné injustement" est un affront à la Justice qui ne doit pas être toléré.

OCTO : Régularisation des sans-papiers travaillants.
Tout travailleur, capable de fournir les preuves d'un emploi stable sur pièce de tiers non impliqué, sera admis à la procédure de délivrance de papiers administratifs et obligatoirement syndiqué à l'organisation de branche de son choix.
RA+
Fort avec les faibles, telle est la devise de l'Administration. Le minimum d'humanité demande qu'un travailleur honnête puisse disposer des papiers nécessaires à sa vie sociale. Ceux qui ont franchi les frontières et travaillent, parfois durement dans des métiers délaissés, ont montré assez de courage pour être positivement "oubliés". Reste à organiser la règle pour que la mesure ne soit pas une convocation à immigrer à tout prix.

ENNEO : Combattre l'obsolescence programmée.
L'allongement de la durée d'utilisation des biens fabriqués par l'industrie accroîtra mécaniquement le pouvoir d'achat des consommateurs et allègera la pression sur les matières premières. Un label octroyé par le Ministère de l'Industrie, et non par aucune corporation de fabricants, identifiera les produits dont la durée de vie n'aura pas été trafiquée.
RA+
L'obsolescence programmée des produits fut décrétée aux Etats-Unis en 1925 par l'oligopole des fabricants de lampes afin de doper leurs ventes. Elle s'est étendue à tous les compartiments de l'industrie, à tel point que les imprimantes électroniques actuelles recèlent des codes de mort technique au bout d'un certain nombre d'impressions. Un certain degré d'éphémérité est recherché dans tout produit de grande consommation, mais celle de la mode est la seule indomptable




DES PROPOSITIONS INÉDITES ET SENSÉES
C'EST SUR ROYAL-ARTILLERIE



BONUS : Développement de l'archipel des Kerguelen.
Colonisation choisie parmi les associaux de métropole, pour préparer le dernier refuge du génome gaulois avant réchauffement climatique, tout en faisant baisser la pression dans les quartiers de non-droit.



http://prin.tt/wGjj1g 

mardi 31 janvier 2012

L'Alliance royale et la question nucléaire



Le 13 janvier dernier fut la journée atomique du parti politique royaliste. Patrick de Villenoisy, candidat à la présidentielle de l'Alliance royale, est allé voir la centrale d'Avoine implantée au coeur du parc naturel régional de Loire-Anjou-Touraine. La centrale nucléaire dite de Chinon rassemble les développements successifs de la filière française, depuis le premier réacteur historique de la technologie graphite-gaz transformé en musée, jusqu'au quatre gros réacteurs à eau pressurisée qui débitent 900MW chacun et allument la moitié nord-ouest de la France.

La question nucléaire n'est pas un enjeu sociétal mais vital, encore moins un conte de sorcières. Il était urgent que le parti royaliste, génétiquement écologiste, prenne une position claire dans le débat stratégique en termes de sûreté des approvisionnements énergétiques après les doutes qui ont surgi par tout l'Occident à l'annonce de la fonte des réacteurs de Fukushima. Le coup de pouce donné aux énergies renouvelables est-il au fond si judicieux ?

Les énergies renouvelables existent depuis toujours car il fallait bien mouvoir les masses dès qu'on eut la mauvaise idée d'affranchir les ânes tournants. Moulins à eau, moulins à vent, étaient assez puissants pour couvrir la demande locale des meuniers, scieurs, foulons, pressoirs, pompes, norias, tours à forer et même marteaux-pilons, mais ces principes furent déclassés par l'explosion des besoins de la révolution industrielle. On passa à la vapeur et on y est toujours. Les centrales nucléaires sont des machines à vapeur. Chaque réacteur de Chinon délivre une puissance vapeur équivalente à 1266 locomotives Mikado, les dernières en service à la SNCF. On ne va pas ferrailler une pareille puissance sur un froncement de sourcils de monsieur Mamère parce que sa maman a raté son voyage organisé à Hiroshima en 45 !


Les énergies substitutives au courant de réseau n'ont pas disparu du paysage économique ; elles perdurèrent par endroit et cherchèrent à (re)conquérir la production domestique dans le mouvement de 68. Ainsi vit-on revenir près des rivières les roues Pelton, les Poncelet, les turbines Kaplan, capables de fournir le courant à une exploitation ; sauf que le sacrosaint monopole de l'EDF vous obligeait, et vous oblige toujours, à livrer le courant pour que l'EDF vous le revende. Vive L'Etat bête,  toi dont le règne est méconnu. Dans cette renaissance, le moulin à vent fut moins prisé pour la raison simple qu'il faut du vent. On a le même problème avec les éoliennes sophistiquées ; le vent ! Et qu'en pense Monsieur de Villenoisy venu observer la centrale trapue d'Avoine ?

La France dépend environ à 80 % du nu­cléaire pour ses approvisionnements en électricité. C’est une filière d’excellence dans laquelle notre pays est parvenu au plus haut degré de savoir-faire et de compétence au niveau mondial. Les énergies de substitution que sont l’éolien ou le photovoltaï­que ne sont pas prêtes. Elles représenteraient une augmentation considérable du coût de production en électricité. Si, notamment, nous considérons le coût de construction de l’éolien par rapport au nucléaire qui est déjà tout construit, nous arrivons à des rapports inimaginables de l’ordre de quatre fois le nucléaire pour l’éolien terrestre et de huit fois le nucléaire pour l’éolien offshore. Il faut bien préciser que ces coûts sont ceux calculés par rapport au fait que le nucléaire est déjà construit alors que l’éolien est à construire. Évidemment, l’éolien une fois construit, il faudrait diviser le rapport par deux ou même trois en sorte que l’éolien offshore, par exemple, ne représenterait plus que trois fois le coût du nucléaire.
Il faut aussi considérer les aspects écologiques et esthétiques, sans parler du fait qu’au moment où nos besoins en énergie sont les plus forts, l’éolien ne fonctionne pas, car en plein hiver nous sommes en période anticyclonale et il n’y a pas de vent. On sait que l’éolien fonctionne à 30 % de ses capacités potentielles et que la durée de vie de ses matériels n’excèdent pas pour l’instant une quinzaine d’années.
La différence est encore plus grande avec le photovoltaïque qui représenterait un coût comparatif considérable qui disqualifie, en l’état de nos connaissances, cette énergie.

L’Alliance royale tient aussi à rappeler que le désengagement par rapport au nucléaire représenterait un risque important. En effet, la filière nucléaire, qui attire à elle nos meilleurs ingénieurs, ne le ferait plus à l’ave­nir dans l’hypothèse où nous programmerions son démantèlement à terme. Nos ingénieurs se détourneraient ainsi d’une carrière condamnée. Il en résulterait un risque lié à la baisse de compétence qui rendrait cette filière dan­gereuse et lui ferait perdre son niveau d’ex­cellence. Dans la conjoncture économique actuelle de notre pays, cela relève de la plus grande impéritie que de préconiser ces mutations qui compromettraient nos approvisionnements stratégiques en énergie.

L’Alliance royale propose donc de main­tenir le nucléaire qui procure aux Français l’énergie la moins chère du monde. Nous ne considérons les autres énergies que comme des voies de recherche dans lesquelles nous préco­nisons d’investir pour trouver d’autres sources d’énergie et pour maintenir notre niveau de recherche. (BPO 67 - Bulletin périodique officiel de l'Alliance Royale n°67)

Les Français aimeraient bien que tous les candidats à la présidentielle soient aussi clairs que le comte de Villenoisy. La dispute y gagnerait en intelligence. Sans doute aucun il est judicieux de pousser les énergies renouvelables au niveau domestique pour les petites structures de production bien placées, mais en privilégiant la liberté d'installation de préférence aux subventions étatiques qui faussent le jeu. Qu'adviendra-t-il de tous ces ventilateurs quand ils ne seront plus favorisés par un prix d'achat extravagant du courant produit ? Libérons l'accès aux rivières en accord avec les usagers locaux, regroupés en syndic de l'eau comme dans l'ancien temps, et multiplions les moulins de rivière, partout branchés directement sur le circuit domestique de force et lumière de la maison ou du hameau. Nous y gagnerons globalement une réduction de l'appel aux centrales, et nous obtiendrons localement une sûreté de fourniture. Et laissons au génie nucléaire la mission de fournir tous les autres à bon compte. Comme le dit le candidat, nous avons un niveau d'excellence en nucléaire. Ne gâchons pas nos chances dans la guerre économique.





NB: Le Bulletin périodique officiel de l'Alliance royale (BPO) n'est pas réservé aux militants du parti. Vous pouvez vous y abonner en remplissant la fiche ci-jointe avec un chèque de 12€ ou un virement bancaire.



Mise à jour du 1er février 2012
Le Cour des Comptes vient de publier un rapport thématique sur la filière nucléaire. Ce rapport est très intéressant et complet. Une version visuelle abrégée prémâchée est disponible pour les journalistes !! Produit par la Cour des Comptes, il ne disparaîtra pas des écrans de sitôt. La synthèse est accessible par ici.
On en retiendra que le coût courant économique du parc nucléaire français ressort à 49,5 euros par mégawattheure. C'est déjà 7,5€ plus cher que le prix de cession Arenh sur le marché inter-négoce et 73% de plus que le prix (HT) facturé aux consommateurs de la première tranche horaire, 28,63€.

Commentaire : s'attendre à des hausses de tarif pour provisionner maintenance et démantèlement des réacteurs selon leur âge, est avisé. Mais même avec une hausse drastique des prix de l'électricité pour combler l'écart, la filière reste la plus économique.
Les 49,5€/MWh du rapport s'opposent aux coûts suivants des filières concurrentes :
20 à 50€/MWh pour l'hydraulique
60 à 90€/MWh pour le gaz
80 à 115€/MWh pour l'éolien ancré à terre
160 à 300€/MWh pour le photovoltaïque

mercredi 10 juin 2009

Africanisation mentale

défilé carnaval nègreCe n'est pas au moment où le vieux sorcier du Gabon rend le paquetage aux esprits de la forêt qu'il faudrait parler de l'africanisation de la France. Et pourtant ! Nous y allons tout droit. Ce n'est pas d'immigration qu'il s'agit, encore moins devrait-on se plaindre de l'immigration noire qui a l'avantage sur bien d'autres de parler la même langue que nous, et d'avoir avec nous une certaine complicité de culture populaire que l'on cherchera en vain chez les Kosovars, les Ukraniens, les Roms ou les Biélorusses qui se pavanent dans nos rues la sébille à la main ! Il s'agit de l'africanisation des mentalités de nos élites.
Tous les Africains qui accèdent aux études supérieures veulent devenir experts-comptables, avocats, banquiers, hauts fonctionnaires, voire traders en blanchissant ! Il s'en trouve si peu qui aient la fibre industrielle voire seulement entrepreneuriale que je n'en connais pas. Et ce n'est pas faute d'en avoir maintes fois cherché dans mon bizness. Autour de moi, les générations montantes françaises sont dans le même train que les Africains, à privilégier les salaires vite promis, Rolex et RayBan, à toute recherche dans la réalisation de soi-même à travers une empreinte industrielle pérenne.

A quoi servent nos jeunes ingénieurs qui font une spécialisation "commerce" ou "finance" à la fin de leur cursus ? Pourquoi maintenir une Ecole des Mines (Louis XVI - 1783), Centrale des Arts & Manufactures (fondation privée - 1829), l'Ecole des Ponts & Chaussées (Louis XV - 1747), une Ecole des Arts & Métiers (duc de La Rochefoucauld - 1780), si tout se passe en entreprise dans les bureaux du directeur financier et du secrétaire général, au bénéfice premier des actionnaires ?
Si la crise élague le bois mort, elle renforce aussi la marge d'exploitation des unités de production pour fermer les usines ici au prétexte de meilleurs coûts ailleurs. On parlera une autre fois des fonds de pension pèlerins.

pont de millau
La France ne dispose d'aucune rente minière, d'aucun monopole (la Bolivie a le lithium, l'Iran a les pistaches) mais nous allons être exploités comme l'Afrique en ses mines, dans ce qui nous reste de meilleur, notre vivier de doctorants, nos savoir-faire agro-gastronomiques, le nez de nos parfumeurs, notre génie aéronautique et, entre autres, notre patrimoine exceptionnel que d'aucuns voudraient bien démonter pierre à pierre pour meubler leurs Disneylands tropicaux.

C'est une mention dans le magazine Fortune du 8 juin 2009¹ qui me braque :
Douze tunneliers travaillent actuellement aux Etats-Unis. Nous sommes reconnus comme l'un des trois ou quatre pays au monde pour les grands travaux publics, ponts et tunnels. Nos références sont longues comme le bras et commencent au XIX° siècle avec le canal de Suez. Nous avons fait des chemins de fer partout, des ponts en quantité et si beaux, comme ceux de Normandie ou de Millau, des barrages alpins, des tunnels aussi monstrueux que celui du Mont Blanc ou de la Manche. Le catalogue est infini ...
Les douze tunneliers sont fabriqués chez Herrenknecht² en Allemagne !

tunnelier
C'est sans surprise à la réflexion, le pays a abandonné son industrie, croyant pouvoir vivre de vent ! Que les couilles molles de l'ENA aient poussé les sciences molles au détriment de l'esprit d'industrie dans ce pays autrefois patrie des forges et pilons, et que nous en soyons rendus à la branlette de la bancassurance et autres services fumants délocalisables à l'envi, est le résultat d'une captation d'héritage du génie français par les plumitifs, aussi gelés dans leur tête que les agriculteurs sans sol ou les cuisiniers d'entrecôtes sans vaches³. N'est-ce pas Serge Tchuruk qui proclamait Alcatel "faiseur de systèmes sans usines", pour abandonner Alsthom à ses chaudronneries ? Il faut dire qu'il en avait pliées beaucoup avant de s'atteler au géant français de la téléphonie.
Sarkozy déclarait il y a peu qu'un pays comme la France ne pouvait se passer d'industrie. Outre le doute qu'il y comprenne vraiment quelque chose et que la formule en circonstance lui ait été soufflée, on peut observer que le grand sursaut de la relance a d'abord bénéficié aux invisibles qui nous ont mis dans le sac, avant de conforter nos axes industriels d'avenir, mais après les secteurs obsolètes.

barrage
L'avenir de l'industrie est apparemment dans le domaine écologique et surtout celui de l'eau. Nous avons tous les moyens pour investir ces deux secteurs et y prendre une première place, surtout dans le second où les groupes français sont majors. Encore faudrait-il que nous puissions construire ici les éléments composant les unités de production correspondantes. Cela passe par la relance de toute l'industrie y compris la mécanique générale, l'industrie de contrôle des fluides, les moteurs, les fils et câbles, etc... L'argent du pays y fructifiera plus vite que dans un secteur automobile en pleine mutation que nos constructeurs semblent incapables d'accompagner.

Après avoir dit que le problème c'était l'Etat, on le rappelle aux manettes faute d'imagination. Hélas, aux affaires publiques, dans les cabinets exécutifs, dans les enceintes législatives, on trouve d'abord des agents de l'Etat, des assureurs planqués, des avocats sans clients, des employés associatifs, des financiers en rupture, des professionnels des préaux en viager, et les quelques scientifiques représentés sont des médecins. Les hauts fonctionnaires qui nourrissent les colonnes du Canard Enchaîné et staffent les grandes entreprises nationales sont quasiment tous issus de l'ENA et prédisposés à la combinazione. S'ils proviennent de grandes écoles scientifiques, ils ruinent leur talent par la pantoufle dans les cabinets ministériels (comme Forgeard et cent autres) où ils apprennent le "mafiatage" et la guerre clanique. Toute cette strate abonnée aux cocardes de pare-brise est stérile en temps de crise. Ça crève les yeux. Elle cherche d'abord à sauver les positions monopolistiques de ses réseaux, les influences personnelles qui sont autant de sésames pour ses familles, et ne poussera l'innovation que si elle y trouve argument pour s'enrichir. L'avidité ne crée pas le talent. Le dépassement de soi pour la gloire de laisser une trace concrète sur terre peut l'exalter. Il nous manque des Pierre-Paul Riquet, Gustave Eiffel, des Ferdinand de Lesseps, André Citroën, Yves Rocard, et quelques Vincent Bolloré supplémentaires, mais nous avons pléthore de John Law, Henri Germain, Stavisky, Jérôme Monod ou Alain Juppé !

hippopotame

Note (1): Fortune, V 159 - Nr 11 - Asia edition - p.12 Going underground.
Note (2): Herrenknecht AG Schlehenweg 2, D-77963 Schwanau (RFA) www.herrenknecht.de
Note (3): "Steak de boeuf" produit par la BP de Lavéra, parfaitement mangeable !



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