Affichage des articles dont le libellé est AF. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est AF. Afficher tous les articles

jeudi 10 août 2023

Rappel CMRDS et programme

la Ducati Monster à l'attaque
(clic--> AF)

D'où que tu viennes jusqu'à Moulins, il te reste dix jours pour vérifier les freins et vidanger l'huile. Mais j'oubliais ; le royco 3.0 n'ira qu'à pied, à cheval, en voiture... si tant est qu'elle soit attelée. Il doit se mouler dans le siècle woke & vegan bio peace & love, et celui qui croyait sortir à cette occasion sa belle Ducati de-la-mort-qui-tue passera pour un écoterroriste au guichet des inscriptions.

Rassurez-vous. L'édition 2023 du Camp Maxime Real del Sarte sera tout ce qu'il y a de classique, mais les enfants de ceux qui y participeront après demain ou dans plus longtemps seront très certainement marqués au fer rouge de l'écologie dure sans steak, dès lors que la moitié de la planète aura déjà brûlé. Il n'est plus temps d'en discuter les causes - que nous importent les affrontements dialectiques entre scientifiques ayant publié sous comité de relecture et experts du dimanche voulant monter le son pour submerger leurs contradicteurs - elle brûle ! C'est irréfutable ! Le Secrétaire général des Nations-Unies a dit que nous entrions en "ébullition".

La leçon climatologique est-elle inscrite au programme de l'université d'été 2023 de l'Action française ?
Je ne la vois pas, pourtant le sujet est aujourd'hui bien plus politique que scientifique puisqu'il s'agit d'adapter nos sociétés fragiles à la catastrophe que l'on croyait repousser aux calendes grecques par des COP monstrueuses d'ennui. Le leitmotiv de ce 69ème Camp est « Politique d'abord ! »
On y est en plein ! A vos extincteurs, messieurs.


Programme CMRDS 2023

PS du 27 août : Et il y a eu du monde.

photo du camp le soir

jeudi 20 juillet 2023

CMRDS 2023

Communiqué AF - « La France est en crise. On nous le répète année après année. Mais il ne sert à rien de le déplorer, de se lamenter sur le déclin de la culture, sur les fêlures du vivre-ensemble, sur la baisse de la croissance, sur l’illégitimité de nos représentants, sur la dégradation de l’environnement ou sur les guerres qui déciment les peuples.
Ces crises existent, certes, et il est important d’en renouveler le diagnostic, mais il faut surtout leur apporter des réponses. Or la réponse devra être, d’abord, politique.
Loin de guetter un sauveur providentiel ou un Grand Soir improbable, loin d’exiger un retour en arrière impossible ou un homme nouveau fantasmatique, le projet capétien, tradition vivante et critique, s’appuie sur le passé pour mieux bâtir l’avenir. »

Le Camp Maxime Real del Sarte 2023 se tiendra du 20 au 27 août en pays bourbonnais près de Moulins (Allier) dans un mois.
Les premiers détails et le tarif sur le site AF-RN.
Programme des conférenciers à suivre.
Astiquez vos machines !

un enfant passe le jet sur son vélo

lundi 17 juillet 2023

Emile et le loup

les estives du Vernet

Le drame du Haut-Vernet a convoqué en commentaires tout ce que la république compte de canaux de presse, et bien au-delà, puisque on a vu des journaux de haute tenue comme le Guardian de Manchester mettre son écot au pot commun. C'est terrible à dire, mais le malheur fait plus d'audience que le bonheur et les tarifs publicitaires des chaînes s'en ressentent tellement qu'il faut entretenir la flamme jusqu'à la dernière extrémité, quand elle vacille et diminue jusqu'au désintérêt du public, soufflée par un malheur plus grand ou la mort du dalaï lama.

Malgré la meilleure volonté des autorités compétentes et la sincérité pétrie de bon sens du maire de la commune, on ne put rien donner de plus que "rien" en pâture à la presse avide de sensations communicables ; jusqu'au jour où le maire, redoutant les camping cars et les pique-niques du crime dans les prairies du hameau, ne décide de barrer la route par arrêté municipal pour le week-end. C'est à ce moment que les chaînes d'information en continu pétèrent un câble pour continuer à nourrir le moloch de la Pub.

On sut alors que le père de l'enfant était "autoritaire et directif" en battue, dirigeant les autres (c'était son gosse quand même !), certainement d'Action française, et pire si possible, du bastion social dissous à Marseille par Christophe Castaner en avril 2019. Qui pis est, le mec s'était inscrit sur une liste électorale de soutien à Zemmour. Pour bien enfoncer le clou, la famille était présentée comme fermée (sectaire), nombreuse et, circonstance aggravante, pratiquante à la mode traditionnelle. Messe à la chapelle du hameau, messe dominicale à l'église paroissiale. Deux messes, rendez-vous compte ? Les témoignages positifs des voisins infirmant cette dérive n'étaient pas pris en compte parce que moins vendeurs. Et s'il n'y avait que ça ? Pensez donc que la mère avait invoqué Benoîte Rencurel, la voyante du Laus tout proche pour qu'elle lui ramène son petit. La maison des grand-parents était remplie par la parentèle - ce qui en creux nous signale que c'est le meilleur moment pour un gamin de disparaître. Qu'y faisaient-ils tous ? Des prières ? Et là, le maire ferme la route aux connards :
« Que nous cache-t-on ? Que se dit-il maintenant derrière les volets clos de ce hameau si chargé de mystères ?» (Dominique Rizet - BFMTV)

On n'a pas osé ressortir le crash de l'A320 de la Germanwings à proximité en 2015. Les fouille-merde auront tout essayé, jusqu'à la Bête du Gévaudan ou la louve qui aurait capturé le petit Remus pour remplacer l'un des siens (penser aussi à L'enfant-loup de l'Aveyron ici) ; sauf que les saint-hubert ne l'ont pas sentie. Alors c'était un aigle, un grand aigle royal, de ceux qui enlèvent un jeune chamois jusqu'à l'aire, ce qui expliquerait l'absence de piste olfactive et d'indices matériels. Mais la quête circulaire d'un aigle se voit en campagne ou en montagne comme le nez au milieu de la figure. Et nul ne l'a vu. N'en déplaise aux journalistes, il n'y a aucune nouvelle à mâcher, le "scandale identitaire" a fait pschit, et les hypothèses les plus diverses sont confinées à l'intérieur du cercle des enquêteurs.

Alors, on est bien obligé de laisser sa chance à l'hypothèse du tiers extérieur, même si le Haut-Vernet est un cul-de-sac. La même disparition s'est produite à Ganagobie en 1989 avec la même absence de conclusion. Le gosse s'appelait Yanis et ce village est à une heure de route du Vernet. On sent la réplique (le copycat comme on dit dans les séries américaines), on ne l'explique pas. Par chance, une canicule atroce attaque le sud et en son for intérieur M. Macron a dans la main la pelotte de chamboule-tout ! Schiappa ? Ndiaye ? Borne ? On commençait à s'emm...

Normalement, le billet devrait se terminer par un vœu. J'adresse aux parents de l'enfant l'expression la plus sincère de tout mon soutien jusqu'à bonne conclusion de ce drame terrible. Malgré les insinuations délétères de la presse à fric, qu'ils sachent qu'ils ne sont pas seuls.

mardi 9 mai 2023

France, danger droit devant !

Le colloque Action Française du 13 mai précèdera le cortège traditionnel AF de Jeanne d'Arc du lendemain dimanche. Son thème est "La France en danger" et les intervenants sont énumérés dans l'affiche reproduite ci-dessous. Allez-y.

affiche rouge du colloque avec François Marcilhac, Laurent Henninger, Roch de Cauvigny, Anne-Laure Bonnel, Jean Messiha, Bernard Lugan, Jean-Frédéric Poisson, Philippe Mesnard, Pierre-Yves Rougeyron et Hilaire de Crémiers

A côté des intervenants habituels qu'on ne présente plus, sont invités Laurent Henninger et Anne-Laure Bonnel.
Laurent Henninger est un spécialiste "défense" réputé qui a publié des ouvrages de référence sur la question. Il est certainement intéressant d'entendre quelqu'un qui est allé au fond du "danger" que représentent la méprise stratégique franco-russe et les sous-dotations des armées françaises dans un monde en révolution (Babelio).
Anne-Laure Bonnel est une journaliste d'extérieur, reporter de guerre qui va où d'autres vont moins (Donbass, ronds-points, Liban etc). Rapporter des réalités de terrain peut vous faire accuser de ménager la chèvre et le choux, mais revivifier la première victime de la guerre, la vérité, n'est jamais inutile dans un monde où la désinformation fait rage (Gala).

Espérons que ces deux-là auront la plus longue exposition dans ce colloque, puisqu'on connaît déjà ce que diront les autres.
La France en danger ? Parlons-en.

Puisqu'on a commencé par la guerre, faisons-en le premier paragraphe.
(1) Au plan stratégique, la France est en danger de vanité, d'abord sur ses outremers, mais aussi dans ses responsabilités continentales à tenir son créneau au rempart de l'Alliance. La guerre d'Ukraine a dévoilé au grand public des insuffisances graves dans l'équipement de nos unités appelées à combattre en haute intensité, sans même parler d'une masse critique pour le combat de mêlée qui n'existe pas. Les bons esprits (qui redoutent que des crédits sociaux soient détournés vers le réarmement) soutiennent que notre position géographique en fond de court nous dispense du déploiement de masses blindées sur le Rhin. Ils se trompent, car une guerre européenne, hybride et classique, n'aura pas de front. Elle sera partout.
Faute de disposer de moyens de défense conséquents, nous serons un poids mort, revenus de notre arrogance génétique et définitivement déclassés. Réarmons quoi qu'il en coûte !
En zone indo-pacifique, nous sommes à la merci d'intrusions de forces navales ou paramilitaires étrangères qui pourraient submerger certaines îles et s'y maintenir avec le concours d'une population retournée par une propagande habile. Certains ont vu comment nous nous sommes fait jeter du Sahel.
Simple aparté : si nous avions disposé en Nouvelle Calédonie d'une base navale défendue et dotée de moyens adéquats de projection, le retournement australien n'aurait peut-être pas eu lieu.

(2) Après ce sous-investissement, parlons du désinvestissement. Ce qu'on appelle la "fuite des cerveaux" n'est pas une expression galvaudée, comme le grand remplacement de Renaud Camus. Il y a un mouvement d'exorbitation de chercheurs et de jeunes entrepreneurs qui fuient une société sclérosée et revendicative pour se réaliser ailleurs. Exemples nombreux, jusque dans les couche CSP-. L'insuffisance crasse de la classe politique française et le goût technocratique des complications a fini par motiver d'aucuns coincés de partout malgré leur courage ou leurs bonnes idées à partir. Nous aurons bientôt une diaspora française dans tous les pays du monde comme les Chinois ont leurs Chinatowns. Les "quartiers français" (avec bordel de luxe obligatoire) seront autant de relais pour les migrants francophones. La valeur qui est ajoutée au loin ne l'est plus chez nous. Malheureusement l'horizon ne s'éclaircit pas, le tapage le plus bruyant contre nos blocages provenant des masses archaïques de la gauche plurielle agrippée au codex antique du socialisme à compte d'autrui comme la moule au bouchot. Le socialisme nous a coulé ; on en redemande !
Après la saignée des deux guerres mondiales qui ont couché la fine fleur du pays, voila que la dictature des bureaux fait décamper les praticiens de l'intelligence, mettant en danger la remise à niveau de notre pays, ouvrant ce faisant la voie du toboggan de notre inéluctable déclin. Il nous restera qui ?
Petit aparté : quand je vois partir de purs produits des communautés asiatiques sensées s'incruster, je doute encore plus de notre attractivité.

(3) Qui les remplace ? Eric Ciotti, en perdition dans le champ politique, vient de découvrir l'eau chaude de l'immigration soutenue qui menace nos us. Hélas, les migrations sont le propre de l'homme autant que le rire. Sinon nous serions tous encore dans la vallée du Grand Rift éthiopien. S'il est peu douteux que des technocrates onusiens cherchent à faciliter la montée des populations pauvres vers les nations riches, l'affaire se présente plutôt comme une simple mécanique des fluides : dépression, surpression, contrepression ou dit autrement sur Royal-Artillerie depuis trois lustres : entropie générale jusqu'au gap acceptable des niveaux de vie. La faible appétence des populations européennes à se salir dans les travaux pénibles appelle à son remplacement qui veut bien, des populations laborieuses sans espoir d'aucune amélioration de leurs conditions d'existence chez elles. C'est la surpression. La contrepression vient des mesures de freinage des Etats européens sans solution d'intégration des nouveaux venus, tant au plan économique et financier qu'au plan des frictions civilisationnelles. On a le cas aujourd'hui des réfugiés soudanais qui, où qu'on les questionne, au Tchad, en Egypte, au Sud-Soudan ou en Libye, déclarent tous vouloir atteindre l'Europe et sa pax romana. Ce n'est pas un mirage pour eux. Tout ça pour un concours de bites entre généraux soudanais en érection mentale. Et on touche là du doigt le moteur de l'émigration continue en Afrique : la contre-gouvernance des élites autoproclamées qui ont capté les pouvoirs civils presque partout. Rares en Afrique, mais il y en a, sont les pays gouvernés par la raison. La solution ? il n'y en a pas. Un peu comme avec la hausse des océans. Après on peut faire des moulinets contre le complot des illuminati...
Dernier aparté : les mesures de régulation de l'immigration sont connues, certaines peut-être moins:
  • Licencier tout le personnel politique à poste jusqu'au rédacteur de cabinet ;
  • Déporter les mêmes aux Kerguelen, Saint-Paul, Nouvelle Amsterdam et Crozet, l'ivraie comme le chiendent repoussent ;
  • Rapporter le regroupement familial ;
  • Réguler les entrées licites aux quotas ;
  • Récupérer et concentrer les clandestins pour puiser dans un vivier d'OS afin de fournir les secteurs en forte dépression ;
  • Régulariser les travailleurs à temps plein cotisables (l'appel d'air est un leurre, il ne diminue jamais) ;
  • Respecter la sueur d'autrui et dételer les chômeurs professionnels.

(4) Le dernier danger avant le prochain est l'état de calamités des finances publiques en France au sens large, qui va nous autoriser à candidater pour un siège prestigieux à l'Union Africaine. On ne va pas y revenir aujourd'hui, ni lors du colloque du 13 mai apparemment ; sauf à redire quand même, que tant les marchés par le biais des taux de prise en pension de nos bons du Trésor que le Fonds monétaire international par ses remontrances appuyées, vont entamer notre souveraineté en encadrant notre gouvernement de contraintes semblables à une mise en tutelle.
Mais le jour où les jeunes générations comprendront qu'elles se sont fait baiser dans les largeurs par les hypothèques prises sur leurs têtes, bonjour les pogroms dans les EHPAD ! Anciens, séniors ou simplement vieux, ne vous départissez pas du sachet de ciguë !

affiche AF Jeanne 2023 pour le 14 mai à 10h à l'Opéra

Bon colloque ! Bonne Jeanne !

dimanche 5 février 2023

6-février en 2023

bouton antiparlementaire
Ayant eu le privilège de bien connaître l'un des camelots du roi qui avancèrent vers le pont de la Concorde en ce funeste jour du 6 février, j'en appris qu'il n'y avait aucune insurrection qui vaille sans chef décidé à vaincre. Relire aussi Lucien Rebatet qui s'y battit et à l'occasion, Robert Brasillach qui fut tué le même jour onze ans plus tard, ce jour même où naissait Bob Marley. Il est de ces collisions !

On a dit beaucoup (trop) contre le colonel de La Rocque, on a dit beaucoup moins contre les chefs absents de l'Action française qui avaient arpenté les tréteaux en appelant le peuple à renverser la Gueuse, sans qu'on les retrouve le jour venu sur le pavé parisien. Maurice Pujo se fendit d'une longue analyse justifiant l'échec de cette journée par le déroulé prévisible des événements du lendemain qui en annuleraient tous les fruits.
Dit en plus court, l'insurrection n'avait pas téléphoné avant son entrée en gare !

Ce blogue a chaque année commémoré le 6-février-34. Nous n'ajouterons pas de révélations inédites ou moins sues, mais profitons de cette méditation annuelle pour prévenir les jeunes militants de ne pas s'engager à corps perdu dans une manifestation si leurs chefs ne l'ont pas préparée, ne sont pas devant, et si le nombre critique n'est pas atteint. Certes ce n'est pas un métier que la révolte, mais ça y ressemble.
Benito l'ancien était plus affûté à l'ouvrage que nos penseurs au marbre.

bouquet
PSAUME VII
J'ai passé cette nuit au mont des Oliviers.
Etais-je auprès de vous, bien indigne, Seigneur ?
Je ne sais, mais la chaîne était lourde à mes pieds,
Et je suais aussi, comme vous, ma sueur.

Ce n'est pas sans grand mal, voyez-vous qu'on arrache
Notre cœur aux seuls biens auxquels il fut voué
Et l'ange vient trancher plutôt qu'il ne détache
Le fil de ce bateau que vous aviez noué.

Vous avez trop connu cette terre où nous sommes,
Vous avez trop aimé l'air que nous respirions,
Pour n'avoir pas souffert ce que souffrent les hommes
Et n'avoir pas gémi dans votre passion.

Ah ! si demain, Seigneur, du jardin des Olives,
Je pouvais repartir vers le monde qu'on voit,
Laissez-moi boire encor aux fontaines d'eau vive,
Et laissez s'éloigner cette coupe de moi.

Mais s'il vous faut encor mon attente, Seigneur,
S'il vous faut l'aube noire et la plus dure peine,
Prenez l'arrachement et prenez la douleur,
Que votre volonté soit faite et non la mienne.
(Robert Brasillach, Fresnes, 5 février 1945)

samedi 20 août 2022

UDT.AF moins 5 - On se hâte !

Si le Camp Maxime Réal del Sarte est organisé pour les jeunes royalistes jusqu'à l'âge de trente ans, leurs aînés peuvent aussi participer au même endroit à quatre jours de manifestation parallèle groupés en université d'été du jeudi au dimanche. Le site AF communique les informations essentielles :

« Du 25 août au 28 août : l’université d’été débute le jeudi matin. Il est possible d’arriver le mercredi soir pour dîner.

Au programme : conférences, débats, moments conviviaux, nombreux stands artisanaux, littéraires, gastronomiques etc., et banquet festif pour clore cette belle semaine !

Le camp des petits chouans (3-15 ans) assure une prise en charge des enfants les matinées autour d’activités multiples ; les après-midi ils sont à la charge de leurs parents.

Le couchage s’effectue sous tente personnelle sur le site (ndlr: c'est plus marrant si vous avez des gosses), ou bien par vos soins dans des gîtes ou hôtels disponibles à proximité (ndlr: que vous aurez réservés déjà - on est au mois d'août). ». On peut apporter sa moto pour faire des runs le soir dans le bled.

Oui, c'est de la provoc ! On ne le fera plus.

mercredi 20 juillet 2022

CMRDS moins 30

affiche Cmrds
Dans un mois vous serez sous les frondaisons du Chäteau d'Ailly en train de prendre vos marques au Camp 2022 Maxime Réal del Sarte. Vous y passerez une semaine de formation intense aux principes monarchiques et au mode d'agit'prop qui les servira le mieux. Royal-Artillerie promeut le camp depuis 2006 par tracts et libelles en y associant depuis quelques années la moto. Parce qu'il y a du motard dans l'esprit "royco". Forte individualité, grosse bulle sociale, solidarité inépuisable de la communauté.
La horde des trotskards est tout l'inverse, elle hurle en meute, et se brise au contact qui la dégrise. Elle ne construira rien sur des principes qu'elle ne prendra jamais plus le temps d'assimiler, la vie va trop vite, elle est trop courte. Brûler, casser, adrénaline, conjonction furtive, exploit combiné, retex solitaire.

Le royco est formé dans les arcanes de l'Action française le plus sûrement, puis continue de progresser toute sa vie par la lecture de l'océan didactique mis à sa disposition par les chapelles et les éditeurs de métier, les bouquineries aussi, et par des conférences nombreuses qu'il suffit d'écouter. C'est pour la vie ! Pour ce qui le concerne, le piéton du roi s'attache depuis quelques années à se nourrir de témoignages de première main sur la chute de la monarchie traditionnelle, pour s'imprégner de la Conversation de l'époque dans toutes les couches de la société et percevoir la vérité par les pores de la peau. Le travail des historiens est resté jusque ici très académique et séquencé par les annales. A la fermeture de ces monuments d'érudition, on n'éprouve pas la sensation de chaleur d'une vérité révélée.

Le défi d'une restauration, puisque c'est pour cela que vous êtes convoqués près de Roanne, est que les erreurs du passé ne se répètent pas. On glose sur les cinq Républiques, mais la monarchie s'est effondrée cinq fois elle-aussi, certes à l'avantage d'icelle deux fois par la guerre extérieure (15 et 70) contre une seule fois aux premières (en 40). Finalement c'est le vrai sujet d'étude : sur quoi et qui fonder une restauration monarchique ; comment le mieux franchir l'obstacle de l'accession ; comment se maintenir jusqu'à emporter la confirmation que le droit du prince naît du besoin du peuple. Ce n'est pas aujourd'hui le jour de vendre le projet Royal-Artillerie de découplage des domaines régalien et public mais de préparer la moto au voyage. L'avant-goût ?
Au casque, deux fois !

jeudi 24 mars 2022

Nouveau Secrétaire général AF

Après Juhel, Steinbach, Bonnaves, Tilloy, Kayanakis, Pujo, Perceval et Bel-Ker, Francis Venciton est arrivé. La Vieille Maison vient de choisir son nouveau Secrétaire général au banquet des quatrevingt chasseurs, plus sûrement chefs de section et présidents fédéraux comme le déclare l'Action française sur son site officiel (clic). Bienvenue à l'impétrant !

Francis Venciton
Francis Venciton fut le second de François Bel-Ker. La notice AF précitée vous dit tout et la Wikipedia déjà un peu. C'est le bon choix. Le bon choix pour faire quoi ? On attendra le compte-rendu de séance pour mieux le comprendre. Erudit actif et motivé, ne gardant pas la canne dans sa poche, il va affronter la sortie de crise : tous les mouvements politiques se savent au seuil de profonds bouleversements de la société politique française, bouleversements provoqués par la faillite citoyenne du régime de la Vè République dégénérant de coup d'Etat en coup d'Etat par amendement de la Constitution originelle de 1958.
Le facteur déclenchant pourrait être le faible taux de participation à l'élection présidentielle déjà pliée et aux élections législatives toujours truquées par une loi électorale protégeant les sortants et les combines d'appareils. En un mot comme en cent, le peuple n'en veut plus, qui vote avec ses pieds, surtout du côté de la jeunesse, laquelle n'observe même pas le processus électoral dont elle se contrefout. Son "monde" est numérique et mondialisé, les cuisines partisanes de notre belle république en soins intensifs ne l'émeuvent pas. C'est je crois le gros défi finalement pour Francis Venciton : déborder des groupes militants surformés à la conquête d'une jeunesse à convaincre que la politique va, quoiqu'elle en pense, s'occuper d'elle et gravement !

Peut-être que le reset stratégique global actuel, qui va rebattre toutes les cartes d'Ushuaïa à Vladivostok, serait une façon d'entrer en conversation. Faut-il encore avoir une image nette de la projection en jetant les grilles d'analyse qui ont échoué et en privilégiant une lecture savante de l'espace-monde actuel. Eriger ex-nihilo un système géopolitique adapté à une paix durable sur terre est le défi mondial qui n'a d'égal que le réchauffement climatique. C'est un gros travail, certes, mais la jeunesse attend qu'on la hisse à ce niveau. Aux monarchistes convaincus de le faire puisque la politique des intérêts particuliers enchéris d'émotions décisives nous a conduits aux portes du cataclysme nucléaire. Davos avait tout faux.

samedi 5 février 2022

L'âne du jour

F. de La Rocque
Lt-colonel François de La Rocque
Président des Croix de Feu
Le 6 février tombe un dimanche cette année. En 1934, c'était un mardi de vent froid, ce qui n'avait privé les ligues patriotiques de marcher sur le Palais Bourbon pour dénoncer une fois encore une classe politique pourrie jusqu'à l'os. Chaque année ou presque, Royal-Artillerie fait un "petit quelque chose" pour le 6 février 34 où nous eûmes des morts.
On aurait de quoi démontrer que ce funeste jour fut le jour zéro du déclin de l'Action française qui avait conduit l'insurrection, et, partant, celui du royalisme populaire. Chauffés à blanc, les sections de camelots s'avèreront impuissantes à franchir le rempart des gardes mobiles et républicains dont on fit donner la cavalerie. Sera établi pour longtemps que tout combat contre la Gueuse devra se faire en alliance, voire en coalition. Et les premiers surpris au soir de l'émeute furent peut-être les camelots invincibles qui surestimaient l'effet d'entraînement et apprirent que les autres mouvements "dégagistes", Croix-de-Feu en tête, n'étaient pas royalistes, eux. Ils surent aussi que les grands noms de l'AF étaient absents, Charles Maurras écrivant son article au vitriol au siège du journal. Pour faire plus court encore, l'Action française est devenue le 7 février 34 un journal d'opinion, des lecteurs, et c'est tout ! Peu à peu, les "activistes" s'adressèrent en nombre aux mouvements fascisants qui naissaient en Europe pour régénérer par l'esthétique païenne une civilisation avachie, sans faire confiance aux princes moins encore aux rois.

Aujourd'hui, l'Ecole de pensée pense et distribue les bons points en maître d'école, mais elle ne sera pas au moulin tant occupée qu'elle est au four, à cuire son pain de presse. Les masses mécontentes de la Vè République, que les partis politiques ont détournée à leur profit, ne cherchent qu'à chasser la canaille des hémicycles comme elles attendent que d'autres chassent la racaille des cités. Le dégagisme fut le ressort de l'élection d'Emmanuel Macron et l'arrivée en force à l'Assemblée nationale d'une députation de puceaux leva bien des espoirs d'un renouveau, d'un rajeunissement. Mais au lieu d'apporter la fraîcheur attendue en ces lieux moisis par l'histoire, ceux-là se sont laissées circonvenir par les vieilles crapules politocardes qui, elles, en avaient gardé sous le pied et surent les contenir à coup d'arcanes et de réglements.
Si elles aspirent à une république propre, intègre et juste, les masses mécontentes ne considèrent pas (encore) qu'une monarchie soit une clef de résolution du problème. Demandez-leur. On est dans la même configuration qu'en 1934 : un mécontentement général dans le pays, mesuré à 84% par les sondeurs avant la grande manifestation des Gilets jaunes du 24 novembre 2018 : pas d'appel au roi ! Se pose la question des moyens de conviction de ces masses puisque jusqu'à plus ample informé nous vivons encore et pour longtemps sous la loi du Nombre. Après avoir bien pensé, où faut-il aller ensuite pour renverser ce régime une bonne fois ? J'allais répondre "aux armureries", mais c'est plutôt ma langue au chat !

Si les grands noms de l'Action française (à part Maxime Real del Sarte) étaient aux abonnés absents, Drieu La Rochelle, lui, était à la Concorde, comme Brasillach d'ailleurs. Il en dit long et aussi :
« Un énorme flot noir, luisant de bourguignottes, qui depuis un moment s’amassait un peu à droite du pont s’enveloppe d’un léger nuage… Les revolvers partent… Le flot noir s’élance, craquant de cent coups de pétards, et s’élance furieusement, dirigeant tout sur les Champs-Elysées ; serrant de près, je vois l’escadron brandissant ses sabres qui s’élance aussi. C’est une course gémissante à travers pelouses et bosquets. Les paquets de mobiles bondissent partout, tiraillent. Ils tirent bas ; je ne vois que deux blessés et deux ou trois balles claquent sur le bitume autour de moi. Je suis dans les allées, je crois que les chevaux n’iront pas entre les arbres. Je souffle. Mais une troupe de chevaux arrive du côté de Boissy-d’Anglas. Je me planque derrière un arbre, à genoux. Des cavaliers m’arrivent à droite et à gauche et me lancent leurs sabres. Je reçois un léger coup sur l’épaule, de très loin. Le type à casque me hurle son cri. Je repars jusqu’au Rond-Point. Les masses de mobiles suivent. Au Rond-Point, les fuyards furieux brûlent un autobus. La nuit, les espaces déserts dévorent peu à peu la foule qui s’en va, haineuse et revancharde.»


violettes
in memoriam Robert Brasillach
† 6 février 1945
R.I.P.

jeudi 3 février 2022

Offre de soutien AF aux candidats

La grille de soutien de l'Action française aux candidats à la présidence de la République est publiée (clic). Le Bureau politique jugera de l'intérêt de chacun sur la base de neuf intentions précises (le découpage est de Royal-Artillerie):
bannière AF

  • l'indépendance programmée du pays en sortant à terme de l'Union européenne ;
  • la sortie de l'OTAN ;
  • le retour à une monnaie nationale ;
  • la souveraineté juridique en proclamant la prééminence des cours françaises sur toute cour extérieure au pays ;
  • la restauration des libertés basses en déjudiciarisant l'expression d'opinions et la recherche historique et en supprimant les passes ;
  • le retour de l'éducation des enfants à la sphère familiale ;
  • le réaménagement du territoire en stoppant la métropolisation ;
  • la réindustrialisation du pays ;
  • brider l'immigration et combattre le communautarisme.
Le communiqué du BP se termine ainsi :
« L’Action française n’ignore pas que le régime républicain, indépendamment de la bonne volonté de patriotes sincères, interdit toute politique efficace de long terme dans ces domaines. Elle soutiendra toutefois tout candidat qui fera siennes ces exigences d’intérêt national, puis tout dirigeant politique qui les mettra en œuvre dans le souci du Bien commun. Elle n’en continuera pas moins de lutter pour préserver l’héritage et ramener l’héritier, la monarchie royale étant seule à même d’assurer une politique pérenne garantissant le salut de la nation et la prospérité des Français.»

fleurdelis AF

Commentaire :

Nous pourrions évaluer le "programme d'action" point par point mais nous préférons le mettre en situation.

Aucun des candidats déclarés à ce jour ne promeut le Frexit ni de quitter l'Eurogroupe. Les difficultés que rencontre la Grande Bretagne dans la mise en œuvre du Brexit, alors qu'elle est une île britannique déjà séparée de l'Union, anticipent l'impossibilité géopolitique de la sécession. Concernant la monnaie, les candidats ont compris le refus catégorique de tous les peuples gitans d'abandonner l'euro en 2008, aucun n'ayant confiance dans une piastre nationale locale. Les Français, pareil ! Aucun candidat ne propose non plus de sortir de l'Alliance atlantique ; les plus téméraires exigent de sortir du commandement intégré de l'OTAN, ce qui dénote un défaut d'analyse du sujet "défense". A priori donc, l'Action française n'adoubera personne, sauf à marquer son intérêt à l'occasion pour telle proposition de l'un, telle proposition de l'autre ; faudra-t-il encore disposer des moyens de se faire entendre.

Nous aurions préféré que l'AF fasse à grand bruit la démonstration concrète, rapide et actualisée de l'impérieuse nécessité d'un retour de la monarchie sur le domaine régalien, qui est le plus maltraité par le pouvoir et le plus essentiel pour l'Etat ; plutôt que d'égrener des mesures, pour un tiers infaisables, pour les deux tiers noyées dans le vacarme de la propagande électorale dont les chaînes bombardent l'opinion, car ils sont nombreux les candidats à la réindustrialisation dans un réaménagement du territoire. A défaut de le voir paraître dans la presse mainstream dans les jours qui viennent (pour le 6 février ?), nous penserons que ce communiqué est à usage interne, même s'il est déjà référencé chez Google-actualités par la clé de recherche "action française".

samedi 7 août 2021

Camp A.F. 2021

« Bien que l’Action française ne croie pas à l’instauration possible d’une "bonne" République en raison des tares inhérentes à ce régime, et qu’elle considère toujours que l’instauration d’une monarchie active soit la première des priorités dans l’intérêt des Français, elle ne saurait toutefois se désintéresser des élections, présidentielle et législatives, qui, en façonnant l’équilibre politique des cinq années suivantes, conditionnent en grande partie l’avenir du pays.»

moto en chemin


L'université d'été de l'A.F., connue sous son nom générique de Camp Maxime Real del Sarte depuis 1953, s'attelle à former la jeunesse au concept maurrassien de l'empirisme organisateur, du moins lui en donne-t-elle le goût, libre à chacun de lancer ensuite les filets de son propre laboratoire intellectuel dans l'Océan Maurras. Nul n'a jamais été déçu de sa participation au camp, outre la chance donnée d'y faire de solides amitiés.
Le programme de cette session est consultable en cliquant sur notre image motarde ci-dessus. Dans une quinzaine donc, sauf confinement coronavirien, commencera près de Roanne le 67ème Camp Maxime Real del Sarte qui diffuse sur une semaine la pensée maurrassienne de l'Action française. S'y réunissent des "jeunes" de quinze à trente-cinq ans et la crème de la Vieille Maison pour en ressortir gonflés à bloc, les uns étonnés d'être toujours là au pupitre, les autres d'avoir touché au graal de la pensée politique. A quel effet ?

L'effet est rampant plus qu'évident. Plusieurs personnalités du monde politique sont passées par un camp d'Action française, qui en ont retenu l'essentiel, une approche de la Cité fondée sur une doctrine politique adossée à l'histoire. Mais la plupart de ceux-là n'ont pas fait aboutir le projet national qu'ils caressaient. Si le CMRDS entretient la flamme, le CMRDS n'est pas un complot. Les sections royalistes peuvent s'y ressourcer, mais ce sont elles qui sont chargées de mettre en pratique le fameux coup d'Etat s'il était possible.
Et il y a loin de la coupe au lèvres.

La dernière météo favorable à la diffusion d'une alternative à la Cinquième République fut celle des Gilets jaunes sur les ronds-points. Pour la première fois depuis longtemps, le système de démocratie représentative était rejeté par la classe moyenne basse, celle qui fait et défait l'élection. On n'avait plus sur les écrans les révolutionnaires encartés, aux calicots bien calligraphiés et aux slogans automatiques, non ! ils étaient ce que Mélenchon en campagne avait appelé "les gens". Aucun pilier du système ne trouvait grâce à leurs yeux mais, après la manifestation colossale du 17 novembre 2018, sous la pression de l'extrême-gauche en panne sur son chemin traditionnel, le mouvement muta en contestation systématique de tout et rien, ne laissant plus de place à la conversion raisonnée des foules. La séquence des ronds-points transformés en de multiples pôles de discussions politiques, était finie. Les royalistes n'avaient pu y accéder, pour diverses raisons, dont la faiblesse des effectifs actifs n'était pas la moindre, et l'insuffisance de formation à l'agit'prop de contact, patente. Le programme affiché du CMRDS 2021 n'y répond qu'en partie. Yakafokon.......etc.

logo AF

vendredi 5 février 2021

6 février 2021

Pont de la Concorde vers le Palais Bourbon


L'émeute du 6-février-34 est un marronnier nationaliste, plus particulièrement commémoré chez l'Action française, à tort peut-être. Nous avons déjà fait le tour de la question toutes ces années passées (clic) et en avons conclu, comme le Groupement d'Action Royaliste, que Charles Maurras était un immense maître à penser et jamais l'organisateur d'aucun coup de force. L'aurait-il voulu quand même, qu'il ne disposait pas des cadres capables d'aboutir. Maurice Pujo dans une explication ultérieure le disait autrement (clac) mais cela revenait au même : l'Action française n'était pas dans l'action !

Aujourd'hui, le mouvement royaliste de référence, la Vieille Maison, s'est reconvertie en "école de pensée" tout en faisant sortir dans la rue ses sections de militants ci et là en France pour coller, défiler parfois et vendre le journal. L'impact est pour l'instant modéré.

Dans un entretien donné à Romain Ducoulombier par Olivier Dard pour la revue ANR PAPRIK@2F en 2015*, on peut lire en réponse à la question d'actualité de l'émeute :
Pensez-vous que la France soit aujourd’hui dans une situation analogue à celle du 6 février 1934 ?
« [...] On peut sans doute voir au moins deux points communs. Le premier est un pessimisme profond associé à l’idée de déclin voire de décadence et qui résonne comme en écho entre les années trente et aujourd’hui. Il y a bien une crise d’identité même si elle est formulée différemment.
J’y ajouterai, en m’excusant de me citer, la question du « choix impossible », sous-titre que j’ai donné il y a quinze ans à l’ouvrage que vous mentionnez. J’entendais signifier par là que les décideurs avaient une meilleure connaissance des enjeux et des mesures à prendre pour redresser le pays que la mémoire, très négative sur cette période, en avait retenu. Pourtant, un mélange de fatalisme et d’impuissance qui n’excluait pas chez certains les rodomontades régnait sur le pays et se traduisait par une crise de la décision. Je vous avoue qu’en observant l’actualité, je ne suis pas sans y penser.»
*source : Le 6 février 1934 n’est nullement un coup d’État fasciste.

En février 2021, nous découvrons une société divisée entre jouisseurs et trimeurs, matée par la pandémie du coronavirus chinois, une crise relativement mal gérée par les équipes en place (la France est 73è sur 98 pays classés de la Nouvelle-Zélande au Brésil selon Lowy Institute, Sydney). Les handicaps français ont explosé et l'enflure de l'Etat est masquée par la mise en œuvre du collectivisme invasif qui prétend régler la santé de tous et de chacun au débit de la peur de la mort, à partir de la grille de décision jacobine. Les décisions d'autorité suintent d'un empilage incroyable de strates administratives dont les responsabilités s'annulent, mais qui sont typiques de l'usine à gaz socialiste montée en quarante ans pour nourrir le plus de militants possible. On trouve sur Internet des organigrammes de ce foutoir unique au monde, qui font doucement marrer tous nos voisins et au-delà ! Nous allons finir par être le contre-exemple académique de la performance administrative qu'on enseignera dans les universités. Il restera à stopper l'ENA et en raser les bâtiments jusqu'aux fondations pour que reste en mémoire sa nocivité. On ne gardera que le mur du quai, le portail principal, et ça se visitera !

Organigramme Santé France


Bien que nous ayons un Etat profond encrassé, un exécutif pagnolesque, une chambre basse de godillots complètement déconsidérés et un sénat aussi inutile qu'idiot utile des pédomanes (la chambre des 13 ans), la peur est trop grande pour que se lève la révolte populaire (dixit Machiavel). On a écrit beaucoup d'ouvrages sur la gestion des foules et de l'opinion dont l'application est mesurable aujourd'hui et dont on ne doute pas que le pouvoir les ait lus. Ce six-février sera un mauvais souvenir et pas plus, mais ne disparaîtra pas. Nous le terminons par ce mot de Brasillach dans Notre Avant-guerre :
« Si le 6 fut un mauvais complot, ce fut une nuit de sacrifices, qui reste dans notre souvenir avec son odeur, son vent froid, ses pâles figures courantes, ses groupes humains au bord des trottoirs, son espérance invincible d’une Révolution nationale, la naissance exacte du nationalisme social de notre pays. Qu’importe si, plus tard, tout a été exploité, par la droite et par la gauche, de ce feu brûlant, de ces morts qui ont été purs. On n’empêchera pas ce qui a été d’avoir été.»

la garde mobile à cheval en rang sur le pont de la Concorde

vendredi 22 janvier 2021

Un bout de chemin avec Enzo Sandré

Enzo Sandré chez Grégory Roose


Qui est-il, où est-il, loup y es-tu, que fais-tu ? Qu'importe au moment. C'est ce qu'il dit qui a de l'intérêt, beaucoup d'intérêt. Et il le dit sans l'emphase du mandarin en chaire, du prof d'amphithéâtre, du conférencier pénétré en salle de trente pelés ; mais simplement, avec conviction, calme et précision. Il faut dire que je suis un peu lassé des penseurs-conférenciers royalistes que l'on précède tout au long de l'exposé. Je ne citerai personne mais les radoteurs se reconnaîtront ; ils ont remarqué déjà ma chaise vide mais par chance on en perd chaque année, la régénérescence étant naturelle comme dans le modèle monarchique français. Arrive sur le marché de l'agitation royaliste du sang nouveau ; Enzo Sandré est typique de ce regain. De quoi s'agit-il maintenant ?

Notre ami Grégory Roose (qu'il faut remercier) a eu la bonne idée, ou s'est laissé convaincre, d'inviter sur sa chaîne pscp.tv un jeune cadre de l'Action française. Si celui-ci ne manie pas la rhétorique comme un tribun sous les préaux (et c'est tant mieux), Grégory Roose ne pourrit pas l'entretien comme aime à le faire Jean-Marc Morandini en hachant le discours, au plaisir de se faire valoir devant ses invités ; il le fit récemment avec Marion Maréchal-Le Pen - que le diable le mette ! Ceci dit, vous regarderez l'entretien de 48 minutes à la fin de ce petit billet en cliquant ici* ; on ne s'ennuie pas une minute. Mais nous allons sauter tout de suite à l'appel final qui aborde la réflexion stratégique !

Elle s'adresse à tous les patriotes, tous les natios : fédérez-vous pour prendre le pouvoir comme savent si bien le faire vos adversaires, leur dit M. Sandré. Il n'est pas sûr qu'il s'adresse aux partis, éternels perdants de la droite dure à l'enseigne de la porte battante, mais plutôt aux mouvements d'exaspérés qui précipitent de temps en temps en insurgés, à l'occasion des erreurs manifestes de gouvernance du pays. Il faut dire que si l'Etat républicain fait les choses, il les fait souvent mal et nous montre parfois un don d'accumulation rare en bêtises comme dans sa lutte désespérée contre le coronavirus chinois. Prendre le pouvoir se fit, se fait et se fera de force, aurait dit le Martégal. Le dernier coup fut fondateur de la Cinquième en 1958 ; on l'oublie. Le coup de force sera institutionnel (par les urnes) ou résoudra une situation de désordre général devenue ingérable, comme une insurrection sanglante dans la capitale, un soulèvement anarchiste dans les banlieues des métropoles, une banqueroute complète ruinant l'épargne des ménages, la subversion allogène débordant les pouvoirs publics. Saisir le pouvoir pour asseoir une autorité d'ordre sauvera la république (avec une minuscule au sens de "chose publique"), et si le changement de paradigme s'avère être la pré-condition de la survie de l'Etat-nation France, pourquoi devrait-on s'en priver ? Pour l'article 89 ? c'est risible si tout s'effondre. Mais M. Sandré y met trois conditions :
Un peuple non hostile qui laisse passer les étendards ; une occasion convoquant l'ordre comme dans les exemples ci-avant ; un appareil politique prêt à convertir sans délai l'opportunité en pouvoir établi. J'y ajouterais s'il me le permet, la vitesse d'exécution. M. Sandré ne fait qu'amorcer ces points dans l'entretien de Grégory Roose parce que c'est sa spécialité dans les ateliers AF, mais on peut retrouver le développement ad hoc sur les sites du mouvement.
Les cinq dernières minutes de l'entretien ci-dessous :



Si au débouché de la convergence des patriotes, la fenêtre d'opportunités étant ouverte, il fallait un protocole pour choisir l'impétrant, le Piéton suggère de s'en remettre à l'ordre naturel plutôt que dynastique, ordre naturel asséné maintes fois sur ce blogue : Ne nous inquiétons pas du premier à Reims, acclamons plutôt le dernier debout à Paris ! Sur les ruines fumantes ? Pour sûr, Enzo Sandré a buché le concept maurrassien pour arriver aux affaires par tous moyens même légaux. A partir de là, la brutalité des événements que l'on pourrait anticiper ne laissera aucune place au prétendant qui du bout des lèvres assure aujourd'hui ses partisans de sa parfaite attention en cas d'appel le jour venu... Parce que "le jour venu", il n'y aura aucun atermoiement, aucune hésitation, pas de voyage à Goritz, on n'attendra aucune réponse, aucune question ne sera posée. Ce sera juste un stick qui passera la porte. Ce "jour venu" ne fera pas 24 heures ! Acceptez-en l'augure, Messeigneurs les princes de la grande maison. Candidatez au surgissement certes, mais ne croyez pas tout ce que vous racontent vos courtisans. Sans doute est-ce d'un athlète dont nous aurons besoin au départ, plus que d'un penseur... et d'un peu de chance aussi. A moins que ce pays ne soit redevenu entretemps ce paradis qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être, à voir son capital d'atouts, le génie de son peuple et son étincellante beauté.

* Lien de l'entretien intégral chez Grégory Roose : youtu.be/kz5c7m0qFIA

vendredi 4 septembre 2020

Le roi par expérience

L'Action française ne cesse de produire ses textes doctrinaux à l'intention de ses adhérents. Voir la rubrique "Notions fondamentales" du site officiel. Après la question ouvrière, Kiel & Tanger (diplomatie d'une puissance moyenne), l'avenir de l'intelligence et avant la décentralisation, voici dont le fameux "empirisme organisateur" qui est l'exact opposé de la tabula rasa révolutionnaire. Dans un billet laissé jadis au bimensuel L'Action Française 2000, Stéphane Blanchonnet avait évoqué ce point de doctrine de manière concise, en termes choisis :

« La formule peut dérouter par son apparente complexité et sa tournure philosophique. Maurras s'empresse donc d'en donner une définition extrêmement simple, dégagée de toute technicité : "la mise à profit des bonheurs du passé en vue de l'avenir que tout esprit bien né souhaite à son pays". Ailleurs il en donne une expression plus concise : "Notre maîtresse en politique, c'est l'expérience".
Néanmoins, cette simplicité et cette modestie ne doivent pas occulter l'originalité de l'empirisme organisateur. Par lui, Maurras rejette à la fois les philosophies fatalistes, qu'elles soient optimistes (marxisme) ou pessimistes (guénonisme), pour lesquelles le présent est totalement déterminé par quelque loi absolue, et l'illusion démocratique pour laquelle l'avenir se construit sans aucune considération du passé et sur la seule base de l'opinion.
L'empirisme organisateur explique pourquoi l'Action française a compté dans ses rangs autant d'historiens (de Jacques Bainville et Pierre Gaxotte à Michel Mourre ou Philippe Ariès) et pourquoi, aujourd'hui encore, on peut suspecter une influence maurrassienne derrière tout observateur de la vie politique capable de s'élever au-dessus des considérations d'actualité pure pour mettre les hommes et les événements en perspective avec le temps long.» (SB)

Aujourd'hui se fêtent en France les cent-cinquante ans de la proclamation de la République troisième à l'Hôtel de ville de Paris. C'est le bon jour pour parler de monarchie. Voici l'article de doctrine. Nous apportons nos commentaires en italique s'il y a lieu, et d'un point de vue strictement personnel.




L’empirisme organisateur


La complexité apparente de la notion d’empirisme organisateur est déroutante. Cette méthode de construction doctrinale fait cependant l’originalité et la force de l’Action française comme école de pensée.

Genèse d’une méthode

Constatant la profonde division de l’esprit français au tournant des XIXe et XXe siècles, et postulant l’impossible retour de la chose publique sans doctrine, Maurras chercha une méthode pour jeter les bases de sa réflexion politique. Il emprunta l’expression d’ « empirisme organisateur » au critique littéraire Sainte-Beuve (mort en 1869) ; connu pour son absence d’esprit partisan, sa promotion du primat de l’expérience et son souci de rechercher les contradictions de tous les courants littéraires, politiques, ou philosophiques. L’empirisme organisateur se veut donc une démarche intellectuelle susceptible d’être acceptée par tous les Français, quel que soit leur parti, quelles que soient leurs croyances, ou quels que soient leurs préjugés, ainsi qu’un instrument d’une réforme intellectuelle et morale. Cette méthode se nourrit également de la pensée traditionnelle (antique et médiévale), contre-révolutionnaire et du positivisme d’Auguste Comte.


La raison et l’expérience

L’empirisme organisateur consiste à analyser le passé de manière critique, tant pour comprendre le présent que pour dégager de grandes lois de l’histoire. Comme le résume Maurras : « Notre maîtresse en politique, c’est l’expérience ». Aussi, les institutions sociales doivent être le fruit d’une sélection opérée par les siècles. L’empirisme organisateur peut donc se définir simplement comme « la mise à profit des bonheurs du passé en vue de l’avenir que tout esprit bien né souhaite à son pays ». Cette logique conduit Maurras à conclure à la monarchie.
L’empirisme organisateur implique également un principe d’ouverture consistant à accepter les observations valables d’où qu’elles proviennent, en examinant seulement leur rapport avec la réalité des faits. Enfin, d’une façon générale, il impose de ne jamais quitter la mesure rationnelle des possibles.

Commentaire :
Charité bien ordonnée... Si l'avenir seul doit être notre souci, la méthode de l'empirisme organisateur doit être intégrale et ne pas construire des ponts au-dessus de problèmes "domestiques". L'histoire a démontré que les schismes affaiblissaient durablement les institutions concernées. A la mort de Maurras, les "légataires" du Martégal s'arrachèrent les débris d'une gloire entamée par les années de guerre, plombant durablement l'Action française. Le mouvement royaliste qui se divisa ensuite dans la querelle dynastique ressuscitée lors de Millénaire capétien, juste avant la Cagade d'Orléans, en pâtit terriblement, jusqu'à un point tel que l'adhésion aux idées monarchiques doit aujourd'hui faire l'impasse sur les chapelles et les maisons pour exister.


Conséquences et applications

L’empirisme organisateur donne au royalisme d’Action française son efficacité. Contrairement au royalisme du XIXe siècle, celui-ci ne se contente pas de la tradition (remise en cause a priori par certains courants intellectuels) non plus qu’il ne s’appuie sur la Providence ou le droit divin : il allie la tradition à la volonté. C’est ainsi que Maurras affirme que « toute tradition est critique ».
Le primat de l’expérience conduit à la critique de la démocratie parlementaire, dans laquelle le pouvoir dépend des suffrages, donc de l’opinion et de ses variations, condamnant le régime au présentisme. Maurras y dénonce d’ailleurs un « régime d’amnésie ». La monarchie au contraire, présente l’avantage de rendre l’exécutif indépendant de l’opinion et de ses passions. Enfin, du fait qu’elle pousse le souverain à inscrire son action dans la continuité de celle de ses prédécesseurs (qu’il la poursuive, l’amende ou l’interrompt), elle se trouve être elle-même un produit de l’empirisme organisateur.

Commentaire :
La monarchie est "démontrable". L'Enquête sur la monarchie (1900) de Charles Maurras s'est attachée à cette démonstration pour aller de l'avant et rompre avec la pieuse nostalgie de régimes éteints (ndlr: ...d'eux-mêmes). La cause du roi gagnerait beaucoup à être "démontrée" en lieu et place de la critique permanente du régime actuel qui, de la part du mouvement royaliste, se noie dans le concert des mécontents de plus en plus nombreux. En pratique, il serait plus rémunérateur de faire des propositions claires, compréhensibles et complètes que de rejoindre le vacarme de casseroles d'un peuple floué par le régime parlementaire.






L'énigme du présent trouve sa solution dans le passé !

(Patrick Boucheron du Collège de France sur Arte 28' septembre 2020)

vendredi 21 août 2020

One Shot !

BILAN du CMRDS 2020

(29/08/2020)


270 campeurs
18 intervenants
40 conférences et cercles d'études
15 personnels logistiques

!





 PORTES OUVERTES EN GRAND !


lundi 10 août 2020

Semer le roi à tout vent !

Temps lecture: 8min + 9min vidéo
Ensemencer l'opinion à l'idée du roi fut le leitmotiv de Royal-Artillerie dès sa création en 2005 (À Propos). L'idée n'est pas d'hier, de grands esprits sous la Révolution recommandaient de ne jamais cesser d'évoquer le roi pour que ne disparaisse pas la monarchie dans l'esprit populaire. Ce travail patient et la fureur sanglante des alternatives a conduit à la Restauration monarchique de 1814 pour revenir à l'état de paix, l'année suivante, jusqu'à ce que l'oligarchie d'alors se sente débinée et retrouve le goût du pouvoir, juchée sur les épaules d'un peuple au labeur, éternel cocu de l'histoire. Ce fut la monarchie de Juillet avec le roi des bourgeois, préoccupé par sa survie et soupçonneux de tout. Il gouverna ce pays pendant dix-huit ans en louvoyant autour du juste milieu sans réel affect populaire et, bien que fondé de pouvoir de la Forge et de la Banque, le couple royal finit par s'enfuir jusqu'au Havre sous le nom de Mr and Mrs Smith. Nous ne militons pas pour revenir au roi de Juillet ! Entendons-nous bien, si la démocratie en action a parfois sauvé la nation comme en 1848, son honneur en 1870 ou son avenir en 1958, l'infantilisme chronique du corps électoral français qui, unique en Europe, gobe tout et n'importe quoi, nous a conduit de revendication sociale en revendication sociétale au désordre actuel, qui n'est que les prémices du désastre annoncé par un virus de rien du tout. Ce n'est sans doute aucun pas par la démocratie que ce pays se relèvera. On a fait le tour de la question et ses pouvoirs semblent sous-calibrés rapporté à l'enjeu qui n'est pas moins que la survie de la nation française... dans le plus beau pays du monde mis à sac par une élite corrompue. Il faudra autre chose que la palabre parlementaire ou cantonale (démocratie directe) ! Quelque sorte de dictateur à la romaine, nommé pour le temps nécessaire à nettoyer la merde des écuries républicaines. Faudrait-il encore savoir préparer la nation au sursaut ! Nous en sommes loin.
Dans une vidéo conduite par Kévin Primero l'an dernier, Yves-Marie Adeline revient sur son essai d'acclimatation du roi en France à travers une précampagne électorale dans laquelle il avait réussi à entraîner l'Alliance royale, son parti. On sait qu'il a payé de sa poche pour vérifier son intuition, et sortir du bois lui a coûté cher et pas seulement en argent mais aussi en considération des autres chapelles de la contemplation. Pensez donc ! il n'avait pas déclaré de prétendant en douane ! Rien que pour cela il mérite notre attention :


Comme il l'a avoué par la suite au moment de rendre son tablier, les Royalistes ne l'ont pas suivi. A diverses raisons ils n'ont pas cru au canal électoral pour faire la propagande du roi, au motif éternel de ne pas se salir les idées ; et ceux qui bougeaient encore dans le microcosme se sont réfugiés dans les abonnements de presse et la lecture des blogs morts (dont celui-ci) en guise de militance. Quelques excités s'étripent encore au nom du roi sur de rares fora, à nul effet. On crie parfois, on écrit sans être lu (ici aussi), on affiche en sauvage dans les rues sans déranger le chaland qui passe. Celui que je vous propose ci-dessous maintenant a fait un bilan d'exploitation de l'agit'prop royaliste. Adrien Abauzit présente rapidement le catalogue de ses recommandations pour hâter le retour du roi, à commencer par la lessive mentale des esprits pollués par les mille et une idioties colportées par le clergé républicain et ses maçons. On l'écoute et on en parle :


Parmi les terrains en culture, il cite et commence par le « concept ». C'est peut-être le problème bloquant. Le peuple français ignore ce qu'est la monarchie qu'il se représente plutôt sur papier glacé n'ayant d'autre compte à lui rendre que sa popularité auprès des influenceurs cathodiques. Et ce ne sont pas les nouveaux surbronzés, échappés de monarchies dictatoriales, qui aideront à tordre le bras à cette idée fausse. Les avantages de la monarchie nationale ne se découvrent qu'en l'opposant à la démocratie d'étage national. Garante des libertés de premier échelon, elle gouverne l'Etat le moins susceptible d'enfler par intrusion dans la société civile qui heurte les libertés basses. Le temps long que donne la permanence en haut peut encadrer un projet d'envergure, quand la démocratie est un combat incessant où les vaincus d'aujourd'hui renverseront demain leurs vainqueurs pour s'en repaître. L'intérêt général n'existe pas sauf à travers le prisme partisan ; il n'y a personne au-dessus de la mêlée - on sait tout ça... Depuis l'instauration du quinquennat, nous vivons le renversement démocratique perpétuel parce que l'impermanence autorise l'espoir de tous les chefs de parti de gouverner un jour, même par surprise, afin de s'établir socialement avec leur famille. L'envie proudhonnienne est à son comble ; à moi, à moi, à moi, c'est mon tour ! Même de flamboyantes nullités, à voir que plus cons qu'eux ont réussi, y croient. Brisons-là notre mauvaise humeur.

Plus difficile pour le peuple des Bronzés, le « concept » monarchique traditionnel est architecturé sur la transcendance qui relie le roi à l'autorité du Christ, ce qui a généré cette idée de droit divin que certains ont pris pour la libre-pratique de toutes les turpitudes imaginables. Les bons auteurs sont illisibles par le populaire - essayez vingt lignes de Jean Bodin - un digest de saint Thomas d'Aquin serait-il une vulgarisation utile en trente pages ? Tentons le De regno ad regem Cypri, traité politique à l'attention de Hugues III d’Antioche-Lusignan ? C'est mieux que Le Prince de Machiavel mais l'existence évidente de Dieu au XIIIè siècle est-elle évidente de nos jours encore ?Non, et pourtant toute la charpente monarchique occidentale repose sur cette phrase du De regno : « Il faut que tous les rois du peuple chrétien soient soumis au pape comme au seigneur Jésus-Christ lui-même. En effet, ceux de qui dépend la responsabilité des fins antécédentes doivent être soumis à celui dont relève le soin de la fin ultime et être dirigés par son autorité ». Le premier ordre du royaume serait donc le clergé ! L'agnosticisme généralisé des peuples d'Occident va l'interdire et débander les rangs du roi transcendantal, même si un nouveau contrat social proche de la doctrine sociale de l'Eglise a ses chances dans la situation de désarroi des laissés-pour-compte qui forment une majorité des habitants de ce pays, à en croire les scores de soutien aux Gilets jaunes au début de leur insurrection (84% au plus haut fin 2018). Mais remettre le clergé aux affaires ne se discute même pas. Ce qui ne doit pas empêcher la rechristianisation du pays qui ne peut nuire, sauf à importer chez nous tous les astro-physiciens du royaume de Saba ! Mais par qui alors ? L'Eglise du pape François se bride d'elle-même. Relever le défi monarchique en commençant par la religion est un tunnel bouché. Il faut faire autrement.

M. Abauzit cite dans son message « la république des Lumières » et la « France réelle », vieux slogan maurrassien celui-ci, qui opposait le fonds réel du peuple français aux pouvoirs usurpés par l'Etat légal au moyen de la supercherie démocratique. Le gros problème aujourd'hui est que les Lumières en leur temps ont produit chez leurs disciples une loi d'acception et référence universelles qu'on appelle Déclaration des droits de l'homme. Et ça, il n'est pas né le tribun de préau qui chevauchera le taureau fou de leur suppression ! On peut faire une thèse de quatre cents pages sur la nocivité des "droits", il n'empêche qu'ils sont gravés dans le marbre pour l'éternité comme les Dix commandement du Sinaï, et qu'il faudra accepter que les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits.
Quant au "pays réel", c'est un pays rêvé, inaccessible étoile ! Les révolutions agraires et industrielles d'après-guerre, couplées à une immigration de masse, ont durablement chamboulé notre société, ses codes, ses coutumes au péril de notre civilisation. Le pays réel n'est plus celui de Charles Maurras. Par contre l'Etat invasif actuel, que Maurras appelait Les Bureaux, doit être combattu par tous les moyens et ramené à l'intérieur du périmètre régalien où il doit être purgé d'abord et renforcé ensuite. Tous les autres domaines publics doivent être purgés des normateurs, bureaucrates et autres curés du progressisme social et anthropologique, carrément, et quoiqu'en disent les gnomes de Bruxelles ou les juges de la Cour européenne des droits de l'homme ! Nous ne sommes ni Hongrois, ni Polonais à qui l'histoire n'a cessé de répéter où faire. Va-t-on à l'anarchie de la démocratie d'opinions, changeantes, fluctuantes ? Dans Le Père Goriot, Vautrin déclare : « il n’y a pas de principes, il n’y a que des événements ; il n’y a pas de loi, il n’y a que des circonstances : l’homme supérieur épouse les événements et les circonstances pour les conduire. S’il y avait des principes et des lois fixes, le peuple n’en changerait pas comme nous changeons de chemise ». Bonjour le bordel ! Nul n'a su réguler l'anarchie même si le libéralisme à outrance finit pas porter de beaux fruits comme l'anticipe l'Ecole autrichienne d'économie, mais aux dépens de qui ? Du peuple, toujours ! Or disait Pierre Boutang, « le droit du prince naît du besoin du peuple ». Il faudrait donc "prouver" que c'est le régime de la monarchie qui répond le mieux au besoin du peuple. Et quoiqu'en pense Balzac, le peuple a besoin de principes, les gilets jaunes des ronds-points étaient des gens à principes. La monarchie a les siens ; reste à les vendre.

Sans doute est-il présomptueux de vouloir propager l'idée d'une royauté traditionnelle de droit divin, donc transcendée. Alors commençons par la monarchie stricto sensu. Sans opposer les deux concepts monarchie et royauté - le second peut découler du premier en cas de succès - on peut les distinguer. Le monarchisme privilégie une loi de gouvernement des hommes dont la pertinence est rationnellement démontrée ; le titulaire de la charge n'a besoin que des qualifications réclamées par l'emploi, qui d'ailleurs peuvent être très exigeantes selon la situation du moment. C'est le but à atteindre qui importe. Tandis que les royalistes es qualité reconnaissent la transcendance (le roi est second en tout dans un souci de tempérance du despotisme naturel du prince) et ils enferment le titulaire dans un corset de prescriptions aux origines souvent floues mais d'acception commune chez eux. Chaque pays a son propre corset royaliste alors que le principe monarchique est universel. Sans remonter aux ancêtres, les deux penseurs contemporains de la monarchie sont le professeur autrichien Erik von Kuehnelt-Leddihn (†1999) et le professeur allemand Hans-Hermann Hoppe (Démocratie, le dieu qui a échoué).

Les difficultés de tous ordres sont telles dans le retour du roi en France que je privilégierais l'approche technique plutôt que l'approche par les rogations et les flagellations. Laissons de côté pour l'instant le vitrail magnifique et démontrons la supériorité technique de la monarchie dans le gouvernement des gens, comme le font les deux auteurs précités, et opposons-la aux déficits d'intelligence du régime actuel qui ne survit que par sa voracité à contraindre tout un chacun à lui confier sa vie et ses pensées. Laissons de côté la transcendance quitte à y revenir plus tard. Lundi prochain commence le soixante-sixième Camp Maxime Real Del Sarte de l'Action française près de Roanne. On va y reconstruire un Etat nous dit le programme. Prions le Ciel pour que celui-ci soit un jour fort en l'essentiel et débandé pour tout le reste, afin que fleurissent partout ces libertés basses qui nous manquent tant ! Au fait, la Saint-Barthélémy c'est bien le 24 août ? Entre le 4 qui abolit les privilèges et le 24, il y aurait de quoi faire !



Cépatou mais pour Roanne, faudrait s'y mettre !

jeudi 16 juillet 2020

Programme du CMRDS 2020

La Restauration nationale - Action française a édité le programme du camp de formation Maxime Real del Sarte (CMRDS), réservé aux étudiants, lycéens et jeunes travailleurs (15-35 ans) près de Roanne du 16 au 23 août prochain (dans un mois tout juste).

Royal-Artillerie le diffuse tel quel, avec quelques ajustements typographiques.
Tout ce que vous vouliez savoir sur le CMRDS sans jamais oser le demander est ici, et cette année, c'est du lourd, qu'on en juge !


Quinze conférences magistrales


JUSTICE
  • La Justice au cœur du régalien par M. Henri Bec, magistrat honoraire, président de la Restauration nationale
  • Au service du droit par Me Benoît Dakin, avocat honoraire du barreau de Dieppe
  • Justice, droit et politique par M. Frédéric Rouvillois, agrégé de droit public
SANTE
  • De la Providence à la Sécurité sociale par M. Pascal Cauchy, Secrétaire général du Comité français des sciences historiques de Sciences Po
  • Au cœur de la santé publique par le docteur Dominique Soyris, psychiatre
  • L’Etat : un “hôpital général” par M. Philippe Mesnard de Politique Magazine
SECURITE
  • Histoire de la sécurité extérieure par le général Jean-Marie Faugère, Lieutenant pour la France de l'Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem
  • L’Afrique et les nouvelles tensions par M. Bernard Lugan, maître de conférences des universités
  • Actualité de la sécurité extérieure par M. Charles Saint-Prot, docteur en sciences politiques
FINANCES ENSEIGNEMENT

Dix-neuf cercles d’études

  • Le libéralisme par M. Antoine de Crémiers
  • L’empirisme organisateur par M. Charles Laroche
  • Clavel l’inclassable par M. Gérard Leclerc
  • La question européenne par Christophe Réveillard
  • La démocratie par M. Adrien Molin
  • Le compromis nationaliste par M. Luc Compain
  • Le royalisme et la Résistance par M. Francois-Marin Fleutot
  • Y-a-t-il un “cas corse” ? par M. Marc Savina
  • Les valeurs républicaines par M. Adrien Molin
  • La politique naturelle par M. Sernin Métayer
  • L’AF et la question sociale par M. Jean-Pierre Deschodt
  • Être journaliste en France aujourd’hui ? par M. Paul-François Paoli
  • Le nationalisme intégral par M. François Marcilhac
  • Le quadrilatère maurrassien par M. Charles Laroche
  • Géopolitique par M. Jean-Yves de Cara
  • La monarchie marocaine par M. Charles Saint-Prot
  • "Politique d’abord !" par M. François Marcilhac
  • Le populisme par M. Stéphane Blanchonnet
  • Pierre Debray par M. Philippe Lallemand

Quatre ateliers pratiques au choix !

  • Atelier dialectique
  • Atelier graphisme
  • Atelier video
  • Atelier de media training et relations presse
* Sport * Camaraderie

UDT 2020

Samedi 22 août, Université d’été ouverte à tous ! Journée de réflexion ” La cause du peuple “ sous forme de tables rondes : militants, adhérents, sympathisants ou simples curieux ? nous vous attendons ! 20H : Banquet camelot ! Infos pratiques et tarifs sur le site de l'Action française (clic). Reste un mois à languir avant de kicker la machine !
motarde en cuir

dimanche 12 juillet 2020

Action française, de l'antisémitisme au sionisme, une trajectoire inouïe

Avertissement. Ce 12 juillet on peut commémorer la mort du capitaine Alfred Dreyfus en 1935 ainsi que l'arrêt de cassation du jugement qui le réhabilite un 12 juillet également, en 1906. C'est l'occasion pour le piéton du roi de placer un article longtemps retenu, qui devait répondre aux accusations d'antisémitisme visant régulièrement l'Action française de la haute époque dans le milieu journalistique. Je demande pardon à ceux qui ne soupçonnaient pas cette trajectoire intellectuelle et en seront meurtris dans leur intime conviction de la culpabilité de Dreyfus !

Le chef de bataillon Alfred Dreyfus en 1934


C'est une affaire controversée que l'antisémitisme de l'Action française et on a beaucoup écrit sur le sujet, les tenants de l'antisémitisme d'Etat réfutant laborieusement la thèse de l'antisémitisme pavlovien du premier parti royaliste. Tous les arguments pour et contre existent dans l'océan de la production Action française de la haute époque (1899-1945) mais jamais au même moment. L'antisémitisme instinctif du Chemin de Paradis a muté, il s'est usé par le frottement des personnalités du Tout-Paris parmi lesquelles figuraient autant d'israélites et de convertis qu'aujourd'hui*, jusqu'à devenir une posture comme l'écrivait Bernanos d'Hitler, un type qui avait "déshonoré" l'antisémitisme par sa vulgarité. S'inventa à la fin l'expression précitée d'antisémitisme d'Etat, porte de secours offerte par les quatre Etats confédérés, qui laissait fermée celle de la dénonciation ad hominem du petit juif de la Rue Pavée.

Ce billet n'a évidemment pas l'ambition de clore le débat mais revient sur le laboratoire philosophique maurrassien que décrit si bien Eric Vatré*, pour montrer quelques bases de l'antisémitisme du martégal, et dans une seconde partie, porte témoignage de la persistance de l'effluve malgré un immense repentir déclenché par l'histoire.

Très tôt chez Maurras, tout ce qui touche à l'hébraïsme participe de la barbarie, même si les communautés israélites s'établirent sur le territoire devenu français depuis l'époque romaine et se seraient facilement intégrées ensuite sur tout le midi sans l'ostracisme du clergé catholique alors tout-puissant. Il n'est pas concevable pour Charles Maurras de mettre sur un pied d'égalité les ordres grecs, le monde hébraïque et le classicisme français. Cherchez l'intrus. L'intrus menace, comme il le fait comprendre dans la RAF du 1/2/1908. Sauver l'Occident (déjà !) des périls jaune (Japon), sémitique (l'Internationale juive) et islamique convoque pas moins qu'une croisade, avant d'endiguer le grouillement des contingents noirs qui vont nous assaillir. Au-delà des arcanes bibliques qu'il apprit à l'école des pères, on ne peut comprendre sa répulsion des juifs si on ignore son refus du monothéisme qu'ils incarnent par l'élection. Peuple élu, peuple dominant. Pour Maurras le Dieu unique est une centralisation hégémonique, totalitaire, et comme il le confiait à Gustave Thibon dans les bureaux lyonnais du journal : « N'est-ce pas plus doux de croire aux dieux sans nombre de la mythologie, depuis Apollon, père des arts, ou Vénus, mère de l'amour, jusqu'aux petits lares qui protègent nos foyers ? un Dieu unique, cette centralisation !»

Le monde hébraïque incarne à la perfection le monothéisme et ses travers, d'ailleurs il est à l'origine de tous les monothéismes. Ne dit-on pas que l'islam est né des pactes passés entre les Bédouins et les Juifs de Médine ? Le polythéisme quant à lui signe l'Europe primitive, et l'Eglise du Dieu seul eut fort à faire pour l'assimiler. Elle inventa la communion des saints qui en fut le succédané gagnant, à voir l'usure des pieds de plâtre de leurs statues !

Le jeune Maurras n'y va pas de main morte sur le nouveau testament en parlant des apôtres comme un "convoi de bateleurs, de prophètes, de nécromants, d'agités et d'agitateurs sans patrie" (Anthinea). Jacques Bainville de son côté moquera la maxime "ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'il te fît" comme sortie des vapeurs bitumineuses du Jourdain. Frénésie, communisme, anarchie jalonnent les saintes écritures et c'est bien tout le mérite de l'Eglise romaine d'avoir stérilisé le venin des évangiles et l'imbécilité du sermon de la montagne.

Charles Maurras naît au monde philosophique et littéraire parisien dans la compagnie ou le souvenir récent de grosses pointures antisémites telles qu'Arthur de Gobineau (†1882) qui exalte le génie indo-européen, Ernest Renan (†1892) pour qui le judaïsme n'est que du lest dans le christianisme, Edouard Drumont (†1917), talentueux polémiste viscéralement anti-juif et tant d'autres qui ciblent à chacun son tour les grands israélites de la place et les petits fourreurs aux enseignes imprononçables. Charles Maurras en gardera l'empreinte jusqu'au bout, jusqu'à ce cri de dépit à l'énoncé du verdict de Lyon : « C'est la revanche de Dreyfus !» On comprit alors qu'il n'avait rien digéré de la réhabilitation du capitaine juif, et que l'accumulation des malheurs d'autrui avaient sédimenté jusqu'à masquer le fond. Le cri du 27 janvier 1945 faisait remonter le fond. L'Action française ressortait du procès durablement entravée, marquée au fer pour des générations, jusqu'au risorgimento tenté par Pierre Boutang sur une dialectique complètement différente mais peut-être trop savante pour agréger en masse.

Cette veine antisémite produira à jet continu dans tout le pays jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Elle se tarira à l'ouverture des grilles des camps nazis d'extermination quand le monde saura qu'à prendre les mots à la lettre pouvait conduire finalement à la mort industrialisée d'un peuple pour ce qu'il est. Mais il faut être borgne comme la Gauche actuelle pour ignorer que les partis ouvriers de l'entre-deux-guerres étaient antisémites plus violemment encore que les ligues, ne voyant dans la forge et la banque que la main apatride du juif assoiffé du labeur des humbles.

Si l'antisémitisme, explicite jusqu'à l'injure, disparut des interventions et textes du mouvement royaliste d'après-guerre, quoique les expressions "cosmopolitisme" ou fortune anonyme et vagabonde visassent toujours les mêmes, le mépris du juif et la dénonciation des positions indûment acquises continua sous le manteau de la respectabilité, jusqu'à récemment, quand au quarantième anniversaire de la mort de Xavier Vallat (†1972), Haut-commissaire aux questions juives du régime de Vichy, un clash retentissant déstabilisa l'équipe rédactionnelle du journal L'Action Française 2000 par le départ tempétueux de Michel Fromentoux chez Rivarol, et le lancement d'une sorte d'Action française canal orthodoxe menée par Maître Elie Hatem pour continuer d'exalter le souvenir du maréchal Pétain (si si !).

Mais ceci a moins d'intérêt que l'engouement qui, dans le milieu royaliste, naquit dans les années cinquante pour Israël à l'occasion de sa contribution victorieuse à l'expédition franco-anglaise de Suez (1956), les capacités militaires d'une nation étant une valeur importante au catalogue ! La guerre des Six Jours dix ans plus tard en apportera la confirmation. Cette nation savait se battre ! Elle méritait notre alliance.

Le génie de l'Occident et de la race européenne s'accommodèrent alors fort bien des origines bibliques du Déluge puisque nous devenions raccord avec la légende de Japhet, fils de Noé et frère de Sem (la tige d'où poussera le rameau abramique) et de Cham qui peuplera les pays de la Mer Rouge. On verra sur cet axe des intellectuels comme Pierre Boutang et des chevaliers comme Serge de Beketch. Dans un droit de réponse au mensuel de la Restauration nationale, Le Bien Commun, Olivier Véron dénonce l'antisémitisme rampant d'un rédacteur sous couvert d'antisionisme. Le contre-feu est assez étonnant parce qu'il lie les deux concepts de manière aussi adroite qu'érudite, reprenant l'amalgame officiel du CRIF :

« À quoi bon étudier ou prôner l’histoire, les lettres, la philosophie et même la Politique et prétendre en maintenir le vague prestige parmi les lecteurs perdus de l’Action française si c’est pour leur ôter définitivement le goût ou le flair, avec des remugles d’Égalité et Réconciliation ? »

Vient ensuite la volée de bois vert sur le dos d'Olivier de Lérins que l'on pourra déguster ici. Pour vous la faire courte, mais le texte mérite d'être lu jusqu'au bout, Israël défend sa peau au bout du fusil sur la terre que Dieu lui a donnée avec tous les moyens que réclame la disproportion des forces engagées sur zone, quand les penseurs nationalistes français déclament par monts et salons en conférences qu'il faudra bien un jour gagner le pouvoir par tous moyens même légaux en évitant soigneusement d'en saisir aucun ! C'est vache, mais que dire d'un mouvement échoué sur la grève des hésitations depuis cent vingt ans. Olivier Véron en remet une fine couche vers la fin de son pamphlet :
« Est-ce que vous condamnez moralement la résistance désespérée mais belle menée par Bar Kochba et qui s’acheva dans le carnage des suicides de Massada, en un tragique défi de la liberté à la Rome impériale ? Elle a pourtant servi de précédent aux révoltes "inutiles" du ghetto de Varsovie et de plusieurs camps de concentration nazis, et elle sert encore d’ultime avertissement à tous les soldats israéliens qui jurent "plus jamais ça". Car l’efficacité de cette question pour les défis du XXIe siècle est évidente, mais ce sont les élèves officiers d’Israël qui l’étudient dans le tremblement des écoles de préparation à l’endurance et à l’intelligence bibliques et militaires ». Et de terminer sur les vingt-huit rois d'Israël qui se tiennent debout sur la façade de Notre-Dame de Paris.

Roger Peyrefitte insère dans l'ouvrage cité** plus bas la dialectique fondamentale de notre bel Occident : « Les juifs sont les épices, le grain de sénevé, le ferment indispensable du monde chrétien. Israël nous prouve que le monde chrétien est encore plus indispensable aux juifs pour épanouir leurs qualités »

L'antisémitisme d'Action française est officiellement mort, emporté par l'histoire des scandales monstrueux du XXè siècle, bien qu'il persiste en bruit de fond dans la société française, et maintenant à l'extrême-gauche surtout, en soutien des revendications palestiniennes. Si ce n'est plus un "marqueur" pertinent de la mouvance d'Action française, les rédacteurs qui se réclament de cette école de pensée devraient quand même faire attention à ne pas laisser déteindre une humeur trop vive, voire justifiée, à l'endroit de telle ou telle personnalité de confession ou d'origine juive, parce que la critique comme la banque ne prête qu'aux riches.

Ceux de nos lecteurs qui descendent de camelots du roi connaissent l'antisémitisme transmis dans leurs gènes intellectuels. Il est très difficile de s'en défaire, et des réflexes peuvent trahir inopinément le fond de leurs convictions. Il est un bon remède à cela pour casser la malédiction : se faire un ami juif. Ça marche !


Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite se dessèche ! Que ma langue s’attache à mon palais, si je ne me souviens de toi, si je ne fais de Jérusalem le principal sujet de ma joie ! (psaume 137 des vêpres catholiques)


*Charles Maurras, un itinéraire spirituel (Nouvelles Editions Latines, 1978)
**La meilleure sociologie des juifs de France se trouve dans Les Juifs de Roger Peyrefitte, Flammarion 1965

Articles les plus consultés