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mercredi 5 janvier 2022

Nos sémillants connards

Conseil à l'Elysée

La triplette introuvable, agacée de la réfutation de ses injonctions par le souverain peuple en ses représentants, oublie la séparation des pouvoirs et tient à dicter sa loi aux élus du parlement ! Véran est le plus agressif qui lors d'un échange dans l'hémicycle du Palais Bourbon où il avait le dessous, avait osé un « ...c’est ça, la réalité. Si vous ne voulez pas l’entendre, sortez d’ici! »
Sortez d'ici ??? Les députés sont chez eux au Palais Bourbon depuis la tirade de Mirabeau aux Etats. Ils n'en sont pas moins pauvres en esprit pour n'avoir pas sorti les pancartes dès la reprise de séance :

[ VERAN DEGAGE! ]


Castex pour sa part a passé ses nerfs sur ses contradicteurs lors du débat sur le passe vaccinal, toujours à l'Assemblée nationale, après le refus de poursuivre toute la nuit par une majorité de circonstance sur les bancs : « Le virus galope et vous tirez sur le frein à main. Je pense, mesdames et messieurs les députés, à nos soignants qui eux ne s'arrêtent pas à minuit, comme vous l'avez souhaité. C'est purement irresponsable!».
Il oublie que charbonnier est maître chez lui et que les députés sont là chez eux, le règlement d'assemblée à la main. C'est la démocratie !
D'où notre préconisation :

[ CASTEX DEGAGE! ]


Mais le champion restera pour quelques semaines Miquet à la Houppe et son « J'EMMERDE ! » qui ne vaudra jamais le "j'accuse" de Zola mais fera le bonheur des meetings et manifs. Monsieur le Président de l'Europe ne se sent plus pisser. Il devrait consulter, même si l'urologie est plutôt dans les mains de l'opposition. D'ailleurs le Guardian n'hésite pas à écrire que sa vaccination strategy is to "piss off" people who have not had coronavirus jabs en leur rendant la vie quotidienne de plus en plus impossible.
Après insultes et avanies tout au long du quinquennat (traversez la rue!), voici qu'il compte achever son mandat sur "l'emmerdement" des non-vaccinés, et dans la foulée met en doute la qualité de citoyen des mêmes. Pour qui se prend ce petit monsieur à moumoutte et pattes "Village" ? On attend avec gourmandise les slogans de pancarte qui vont défiler samedi contre le passe vaccinal. Je propose, bien dans le ton :

[ CACAMAK AUX GOGUES! ]


amas de pancartes

Des esprits forts ont analysé l'insulte (préméditée, lue et relue avant tirage) comme une tentative de casser le camp électoral de V. Pécresse en enrôlant les citoyens raisonnables, excédés des mesures-barrières que le pouvoir justifie en boucle comme nécessaires pour faire front au danger que représente la cohorte très minoritaire des pelés et galeux antivax. Il n'est pas une heure sans que cette culpabilisation ne sorte sur les plateaux télé. Nous n'entrerons pas dans ce débat, mais il est clair aussi que mettre le projecteur sur les dissidents laisse dans l'ombre l'impréparation assumée de l'hôpital général public, comme les protocoles médicinaux qui marchent ailleurs. La gestion de la crise est politique, et en période électorale, elle ne pouvait que déraper. L'emmerdement des Français n'est que le début des provocations ciblées.

Des esprits moins forts mais plus fins, comme Valérie Lecasble, font la démonstration que toute la séquence 2021 est jouée d'avance à l'Elysée, que toutes les interventions du président et surtout le ton qu'il emploie, repentir, arrogance, fraternité, autorité, sont délibérés et le fruit d'analyses politiques de l'opinion dans les soupentes du château. Même la syntaxe utilisée est pesée ; le "je" est précis, impérial, à croire que M. Macron n'a ni empathie ni affect. Il manipule en permanence pour à la fin trancher sans discussion possible, mais le manteau de César est peut être un peu trop ample sur lui.

Peut-être que le salut viendra de Berlin quand Olaf Scholz et Christian Lindner enverront le mari de Brizitte se faire foutre sur les eurobonds. L'insulte scatologique pourrait hâter la censure allemande de la Chancellerie du reich qui n'a que faire des sauteurs.

mardi 2 février 2021

Comment va-t-on du virus au roi ?

Le Piéton a été approché par une jeune journaliste de la Radioactive qui voulait connaître les incidences de la crise sanitaire sur la pensée et la propagande du royalisme (c'est moi qui le dit comme ça, puisque je ne veux pas citer mot à mot un message personnel). Sur le moment je lui ai répondu que la monarchie, que je prônais ab-solu pour gouverner le domaine régalien strict, n'était pas impactée puisque protégée des influences extérieures à son projet. Et je l'ai adressée aux porte-paroles officiels du mouvement royaliste...

bureau d'une journaliste de radio

Mais à la réflexion (on me dit dans l'oreillette qu'il fallait commencer par là) on s'aperçoit que s'il n'y a pas d'inflexion de l'axe de propagande monarchiste, plusieurs paramètres ont été modifiés en périphérie du projet, à commencer par les excès de la mondialisation qui donnent du grain à moudre pour l'autosuffisance du pays dans les domaines essentiels que sont les molécules-bases stratégiques et la munition de l'infanterie. Mais finalement c'est bien le principe de subsidiarité qui en prend un coup.

Pour contrer la pandémie chinoise, nous nous sommes embringués dans une européisation de la réponse qui nous a fait perdre trois mois dans l'approvisionnement des vaccins, pour commencer, et on ne sait combien de semaines maintenant que les usines pharmaceutiques peinent à fournir à nos conditions. Quelle mouche a piqué le gentil M. Macron pour remettre la clé de la riposte à la Commission de Bruxelles, sachant la lourdeur bureaucratique d'une administration fédérale qui n'est jamais comptable de ses résultats ? Un tropisme napoléonien sans doute. Si nous avions dû, pour des raisons de coûts de développement et de logistique, nous associer à quelques-uns, nous aurions été mieux inspirés de prendre la Grande Bretagne comme chef de file puisqu'elle a gagné à Waterloo. Ceci vaut pour autre chose.

Le Ministère de la Défense nous passe en ce moment des images de l'entraînement de forces spéciales provenant de pays tiers européens, Estonie et Tchéquie jusqu'ici, dans le cadre d'intervention de la force Takouba au Sahel. Avec le renfort allemand dans l'instruction des recrues africaines, celle des Anglais dans l'aéromobilité et quelques autres qui ont détaché des moyens en soutien sur nos arrières, la chimère d'une défense européenne continue de vivre sa vie en attendant la conjonction des astres. Nous avons plusieurs fois démontré qu'elle en resterait à sa nature de chimère puisque aucun pays européen n'entend troquer la sécurité projetée par la France contre la sécurité établie par l'OTAN. L'affaire des vaccins nous montre autre chose : c'est le leadership et la capacité de réaction.

La coordination et la cohésion obtenues à la suite du Brexit ont permis de grouper les négociations de commandes des vaccins, la bureaucratie ayant pris son tribut en matière de temps. La procédure (qui a quand même abouti) est inapplicable en matière de guerre, ce qui pose la question de l'entité décisionnaire à la faire. Que les dépenses préparatoires à la guerre soient mutualisées, pourquoi pas d'autant qu'elles le sont déjà pour l'avion de combat du futur, le char lourd franco-allemand, des missiles etc... mais cette communauté de défense s'arrête à la première sirène d'une attaque ! Il sera extrêmement difficile de faire réagir dans les temps un gouvernement national, et à moins qu'une grave crise internationale n'ait mis tout le monde sur le pied de guerre, on voit mal les pays débattre d'une stratégie de protection et riposte à la vitesse des missiles balistiques. Palier cette phase de compression de la décision oblige à refaire un commandement intégré et souverain en la matière : on l'a déjà, il est à Mons en Belgique et s'appelle le SHAPE.

En résumé, la pandémie a légèrement amélioré la propagande monarchiste dans le sens d'une facilité accrue à faire la démonstration d'un régime meilleur, comparé à l'existant, pour la seule raison d'une liberté retrouvée dans les choix essentiels par le rapatriement des compétences stratégiques entre des mains qui ne tremblent pas en fonction des sondages, ce qui n'induit pas de sortir de l'Union européenne. En ce sens, la question de la jeune journaliste de France Inter était pertinente et la réponse du Piéton trop abrupte.

rose rose

mercredi 2 décembre 2020

Coronaviral ! Mon cousin.

Vous avez dit "coronaviral" ? Quand M. Pozzo di Borgo tweeta hier que les Français revenant des stations de ski étrangères seraient mis au lazaret, j'ai répondu aussitôt que c'était un gag de la twittosphère comme on en voit tant. Jusqu'à ce que ce midi dans ma lucarne bleue, je vois M. Castex de Prades chez M. Bourdin du Vigan affirmer sans rire que la police de l'air, des frontières et la gendarmerie alpine allait chopper les évadés du confinement pour une mise en quarantaine de sept jours ! Après avoir bu un verre d'eau, je me suis dit que la sonnerie s'entendait de loin, c'est même à ça qu'on la reconnaît. Dans la même fenêtre de propagande, j'entendis le présentateur nous affirmer que M. Macron allait demander à nos voisins de fermer leurs stations de ski pour le solstice d'hiver au seul motif que les stations françaises ne seront pas praticables autrement qu'à raquettes, et qu'il est inadmissible au nom de la concurrence non faussée qu'ils promeuvent leurs pistes de ski. Sans limites, vous dis-je, même géographiques !

M. Jean Castex


Nous avons eu l'attestation obligatoire dérogatoire de confinement pour sortir le Youki dans le cas où la BAC en maraude ne verrait pas la laisse et le fauve attaché ; l'interdiction d'accès aux rayons non essentiels du supermarché pour ne pas désespérer le petit commerce parfaitement non essentiel ; la "jauge" des trente orants de cathédrale obligeant les curés à de multiples fournées ; voici qu'aujourd'hui on va patrouiller cols et chemins creux comme de vulgaires patriotes de la Génération Identitaire ! Skis aux pieds, à l'épaule, sans skis ? Le pandore des neiges n'a pas fini de demander des instructions à la base sur le talkie-walkie. Duel à mort entre Kafka et Ubu ! Cela me fait penser aux films en noir et blanc où la colonne de fuyards juifs est repérée dans le blizzard par la section de Gebirgsjägers autrichiens à cinq cent mètres de la Suisse. Tirera, tirera pas ? Ma question de contribuable : M. Castex va-t-il débloquer des crédits exceptionnels d'essence pour les hélicoptères ?

La tentation est grande dans ce billet d'asséner quelques vérités bien que d'autres plus talentueux s'en chargent déjà. M. Castex n'est pas issu de la génération spontanée, mais du lent mûrissement politique de la Classe aux affaires qui s'acharne à produire du second choix, un peu comme dans le secteur automobile. Et pourtant, tout le prédisposait sur le papier aux plus hautes fonctions : Gersois de souche depuis le temps des Wisigoths, maire en pays catalan bien qu'énarque (mais promotion "Victor-Hugo"), administrateur minutieux et éprouvé dégageant une certaine autorité, on s'étonne que Matignon l'ait si vite transformé en Fernandel de Brescello, ses apparitions les plus pénétrées déclenchant immanquablement les rires ! La faute sans doute aux coaches de communication du Château qui ont voulu faire du paysan madré, à la Chirac un peu, un bourgeois gentilhomme. Il n'en rate pas une, à moins que ce ne soit un rôle convenu avec la professeure de théâtre qui gouverne l'Elysée !
Il restera dans les Annales de l'an 2020, (Quand la France s'effondra), les stations de ski françaises ouvertes pour leur bon air, sans bars, sans restaurants ni remontées mécaniques pour des raisons que la raison ne connaît pas.
Mais l'année n'est pas terminée ! Attachez vos ceintures !

vendredi 3 juillet 2020

Ce pays dont le peuple est un enfant

S'installent aujourd'hui les conseils municipaux issus du second tour des élections municipales. Administrant peu de pouvoirs quand ceux-ci remontent à la communauté urbaine, ces utilités démocratiques n'ont pas convaincu, à juger du taux faramineux de désintérêt d'un électorat volontairement confiné chez soi. La victoire des zunes et des zuns frise le ridicule dans certaines villes comme Vitry-s/Seine (77% d'abstention), Melun (77%), Mulhouse (75%), Venissieux (74%) etc... où les maires doivent leur poste à un dixième des électeurs inscrits voire moins. Le tapage à venir du secteur associatif, qui sera appâté par l'illégitimité du premier magistrat légalement si mal élu, sera un facteur de désordre à la base même de la démocratie française au moment où le pays entre dans une phase de décroissance économique et de défiance politique forte. Autant dire que le régime ne fonctionne plus. Seuls perdurent l'Etat et ses administrations, passablement démotivés.


Mais la classe politique qui vit sur le régime politique n'en a cure. La haute bourgeoisie d'Etat agite le cadavre de la république au moyen de cent fils tant que le peuple-enfant veut y croire à défaut d'imaginer aucune alternative sauf, et depuis longtemps, le chaos ! Le chaos qui menaçait les dissidents sous De Gaulle déjà, les tradi-bourgeois sous Giscard d'Estaing, les classes moyennes sous Macron. Mais il n'y a pour l'instant pas plus de chaos dans notre société que de beurre à la roulante des tirailleurs. "Les gens" sont des enfants, c'est tout ! Paniqués au moindre orage, ils ont plébiscité la constitutionnalisation du principe de précaution, applaudit à la fermeture de Fessenheim sans rien comprendre et sont prêts aux lâchetés ordinaires que nous connaissons bien dans notre histoire, si quelque chose ou pays menace leur fausse tranquillité. Référendez sur tout, a-t-on envie de dire au pouvoir, et contrairement à la Suisse experte en cet exercice, nous verrons rouler sur la pente le chien crevé de l'Opinion qui va descendre la rivière. C'est Roselyne Bachelot qui récemment mettait "les gens" face à leur addiction d'éternels assistés. Il est utile de l'entendre répondre à la commission d'enquête parlementaire sur la pandémie de Covid-19 (court extrait) :



La revitalisation du pays peut commencer à la base, dans les communes, à partir de noyaux citoyens comme on en a vu sur les ronds-points au début de l'insurrection des gilets jaunes. Mais la haute administration s'en méfie, qui charge les villes de responsabilités en tout genre et sociales surtout, sans dégager à leur profit les crédits nécessaires et suffisants. Même en soutenant le contraire comme le fit M. Macron dans son one-man-tour en province l'an dernier, la démocratie locale est castrée par l'impécuniosité, quand ce ne sont pas les strates supérieures qui lui font du chantage. Ainsi la mise en pratique de toute décision positive pour sortir localement les gens de l'assistanat (c'est un exemple) va se fracasser sur les règlements après s'être usée dans les rouages d'une administration tsariste manœuvrant aux principes. C'est donc plutôt une bonne nouvelle que M. Jean Castex, maire de Prades en Roussillon, prenne aujourd'hui les commandes de l'Etat. Sur ce plan de la vie publique communale, il en connaît suffisamment pour être utile aux territoires et brider la stratégie d'écrasement portée par la technostructure dont il fait paradoxalement partie.

Pour les deux ans de mandat qui lui reste, M. Macron et ses équipes robotisées s'attendent-ils à gérer les désordres attendus autrement que par la menace du chaos, en jetant les masses laborieuses mises à pied sur le secteur protégé, pour espérer une réaction à leur bénéfice de la petite bourgeoisie menacée dans ses positions sociales ? On a vu ce procédé de contrefeu à l'œuvre au long des samedis jaunes. Les syndicats subventionnés à mort tiendront-ils leur troupe ? Les ordres professionnels suffiront-ils à contenir le mécontentement ? Le dernier rempart de la république cédera-t-il ? On sent la police en érection mentale depuis la connerie majuscule de M. Castaner. La gendarmerie y suppléera-t-elle ? La Garde républicaine ouvrira-t-elle le feu ? Que de questions ! Dans l'attente de réponses, Bison Fûté annonce un week-end rouge vif pour les juillettistes. Les "morts" vont à la plage. Mais ceux qui n'attendront pas sont les chancelleries qui nous observent au milieu de ce foutoir.

Avec des comptes publics africains, une dette abyssale pour un pays doté de tant d'atouts, une récession économique sévère dans les seuls secteurs porteurs, une instabilité sociale exacerbée, la France va subir un sérieux déclassement en Europe où ses représentants entendront plus souvent qu'à leur tour : "Réparez votre foutu pays d'abord, avant de nous dire quoi faire !" (Mark Rutte à Macron il y a trois ans à Bruxelles). Et nous devons nous préparer mentalement à d'autres humiliations dans les affaires étrangères où, comme l'a signalé en mandarin la Chine populaire quand nous avons agité le chasse-mouche pour le dernier contrat taïwanais, nous pétons plus haut que notre cul ! Le Quai d'Orsay ne veut pas que la basilique Sainte-Sophie de Constantinople soit rouverte en mosquée (?!) Si, si !

dimanche 26 avril 2020

L'art du docteur


S'il est une chose que j'ai apprise lors du confinement viral, c'est bien que la médecine reste un art plus qu'une "science". Et c'est à la fois une bonne et une mauvaise chose. Les démêlées des praticiens debout au chevet des malades avec les "docteurs de la Loi" assis dans les fauteuils du mandarinat illustrent de manière fort éclairante ce segment de la Comédie humaine : il est de tout caractère et tempérament dans le corps médical comme dans le reste de la société. Pour ceux des lecteurs qui ont suivi les épisodes de la crise Covid-19, raconter la bataille de communication entre les pouvoirs publics, les experts divisés et la patientèle nationale serait lassant. Il est plus intéressant d'évoquer la révélation contenue dans l'incipit de ce billet.

L'art n'est fondé que sur l'intelligence. Une denrée concurrencée par la science des algorithmes qui ne s'appliquent qu'à des statistiques. Les études validées par le complexe médicalo-industriel ont établi que tel symptôme a décelé tant de fois sur mille que le sujet examiné était en défaut sur telle fonction organique ! En foi de quoi, le diagnostic entrant dans les limites acceptées de pertinence, le protocole de soins sera celui du code déontologique, le calcul d'erreur étant acceptable dans une société donnée. Et en avant l'intelligence artificielle qui va soigner les gens sur la base du dossier médical numérique, pronostiquer l'intensité des pathologies statistiques plus ou moins coûteuses et la durée de mise à contributions des caisses.

Depuis l'aube du monde, la médecine est un art fondé sur de longues études cliniques, l'observation et la mémoire. Il convoque la curiosité et l'irrépressible envie de guérir son prochain. Tout indique que les efforts de la Silicon Valley en matière de santé publique sont tendus vers la prolongation de l'humain par un cyborg de sa création, divinisant les chercheurs qui aboutiront, plutôt que vers l'éradication des pestes.

On pourrait appliquer aux essais de l'Institut hospitalier universitaire du Pr Raoult de Marseille la maxime de monsieur Deng : qu'importe la couleur du chat s'il attrape la souris ! Le chat, c'est tout un art en soi ! A quoi les pontifes de l'académie répondent qu'il faut préserver les rites contre le vent et la marée du succès. Finalement cette suspicion est très française. Imaginez que Didier Raoult roule en plus en Ferrari ! On me dit dans l'oreillette qu'il chevauche en santiags une peu convenable Harley-Davidson. C'est une rumeur.



lundi 20 avril 2020

The ROC !

La pandémie du coronavirus de Wuhan a mis sous les feux de la rampe le gouvernement souverainiste de la République de Chine de Madame Tsaï. Malgré la campagne intense d'ostracisation internationale de l'île soi-disant rebelle par Pékin, la petite république de seulement vingt-trois millions d'habitants s'est fait un plaisir de démontrer ce que peut l'intelligence dans la liberté d'innover par opposition à la caporalisation sociale mise en action par le Parti communiste chinois qui entend gouverner au quotidien et dans leurs gestes de chaque jour un milliard et quatre cent quarante millions de gens !

Chacun sait maintenant que les relations binationales entretenues avec Taïwan (ROC) se heurtent systématiquement aux condamnations de la Chine populaire qui en est arrivée à insérer dans ses contrats publics étrangers la devise d'une seule Chine, même dans les accords de jumelages des villes. Mais le blocage est contourné par les "chambres de commerce" qui s'interdisent aucun trou noir sur la carte du commerce mondial. Et Pékin de harceler plus encore les pays déviants, jusqu'à ce que la Tchéquie il y a un mois les envoie se faire foutre ! (clic)

En fait c'est à l'Organisation mondiale de la santé que l'étau communiste s'est desserré contre l'avis du Secrétariat exécutif qui avait pris fait et cause pour la République populaire de Chine derrière son précédent directeur général, Margaret Chan, en excluant Taïwan de toute participation aux travaux de l'organisation même en qualité de simple observateur. Les succès du combat solitaire taïwanais contre la pandémie, tardivement déclarée par les fonctionnaires internationaux sous influence chinoise, alors que Taïpei prévenait déjà d'une épidémie dangereuse en expansion, a obligé des pays pragmatiques à reconsidérer leur position vis à vis de la Petite Chine, libre et démocratique. Ainsi la République tchèque s'est-elle officiellement engagée dans une recherche de vaccin avec les scientifiques formosans. Hurlements de Pékin. A mesure que vont apparaître les effets néfastes pour ne pas dire létaux des atermoiements du Parti communiste chinois à déclarer l'origine et la propagation du virus SARS-CoV-2, derrière les dénonciations trumpiennes, plusieurs pays accepteront les secours de l'industrie taïwanaise capable de produire neuf millions de masques par jour, des tests et tous articles sanitaires en rupture partout ! D'où la photo largement distribuée sur les réseaux sociaux que voici :


Coincé dans la ratière où il s'est mis lui-même à sucer Zhongnanhai, le directeur éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus argue maintenant d'injures racistes à son endroit provenant des milieux taïwanais sans pouvoir démontrer l'origine des attaques, ce que Taïpei dénonce comme la énième insulte de cette administration corrompue à son égard. Autant dire qu'avec l'arrêt du financement américain, les jours du Dr Tedros à la tête de l'OMS sont comptés ; il y aura fait la preuve d'un souci politique personnel peu raccord avec la gravité du moment. Il faut être solide pour contenir la marée montante du mépris et ce docteur-diplomate est sous-calibré dans l'emploi. Mais cette victime de la discrimination positive n'est pas le sujet du jour.

Taïwan n'a jamais appartenu à la République populaire de Chine. En fait elle n'entre dans l'Empire du Milieu qu'en 1683 sous la dynastie mandchoue des Grands Tsings. Jusque là elle sera découverte par les Portugais qui la nommeront Formosa, colonisée par les Hollandais puis par un général de pirates chinois qui fondera une dynastie éphémère. Les Tsings la perdront au traité de Shimonoseki de 1895, et elle sera réoccupée par les armées chinoises de Tchang Kaï-Chek, président de la République de Chine, qui s'y repliera en 1949. On sait la suite. Il apparaît donc que cette terre n'est pas chinoise depuis des temps immémoriaux comme le fait croire le pouvoir communiste.

L'Empire chinois sous aucune dynastie ne fut une thalassocratie régnant sur les mers dont il fut riverain. Au plus loin, l'empereur exerçait sa suzeraineté sur les rois des Ryûkyû à la limite de l'océan, et l'archipel inhabité des Senkaku, aujourd'hui disputé entre la Chine et le Japon, fut donné par l'impératrice douairière Tseu-Hi à un entrepreneur herboriste de la cour pour y cueillir des plantes à infusion - c'est l'origine de la revendication. Disons pour être juste, que des expéditions océaniques furent lancées au XVè siècle par l'amiral Zheng He, un eunuque hui, qui est encore aujourd'hui une icône de la grandeur chinoise. A la mort de l'amiral (1433), la Chine referma ses portes, détruisit les grands navires et vécut sur elle-même en complète autarcie, l'ouverture au monde étant terminée pour longtemps. Autant en fut-il pour aucune revendication outremer qui ne se manifesta jamais !

Mme Tsai Ing-wen, Présidente de la République de Chine

Taïwan a une histoire propre, une culture propre fortement influencée par la civilisation japonaise, et des pratiques démocratiques semblables aux nôtres. Pourquoi devrait-elle accepter la tyrannie brutale et obsolète du Parti communiste chinois ? La République de Chine n'a nul besoin de la République populaire, sauf à commercer sur un grand marché comme le font toutes les économies du monde. L'île est complètement indépendante. Mais sous la présidence de Mme Tsaï, l'île a ouvertement soutenu le mouvement de démocratisation à Hong Kong, ce qui n'a pas arrangé ses affaires dans les ministères de Pékin. La menace militaire s'en est accrue d'autant.

L'hybris de Xi Jinping à étendre ses limites de souveraineté maritime dans les deux mers de Chine sous la menace explicite d'une guerre navale n'a aucune justification historique, encore moins économique. Les canaux de collaborations économique et financière sont multiples avec tous les voisins de la Chine pour le bénéfice de tous. Déplacer l'escadre est pur orgueil ! Et dans le passé, ce genre d'arrogance poussant les autres à l'exaspération a conduit à des désastres. Qu'on se souvienne du Reich allemand de 1871 qui à la charnière du siècle dominait l'industrie occidentale de la tête et des épaules, fournissait les sciences et les techniques à tout le monde, mais a chopé le virus colonial et démontra à la thalassocratie impériale britannique qu'elle devrait compter désormais sur un concurrent qui à la fin la dominerait. Le Reich en mourut.

mardi 31 mars 2020

Notre bel avenir

Cellezéceu des conseillers qui construisent chaque jour la pensée et l'action de nos ministres suffisants auront grand avantage à leur déferrement aux Cours de justice à la sortie de la crise sanitaire. Ils y risqueront la prison ; à la Rue, la lanterne !



Le contrôle des foules a muté en contrôle des peuples à l'occasion de l'épidémie de coronavirus chinois. Si le monitoring des confinements est devenu d'acception commune dans les pays totalitaires, il est plus significatif de voir les démocraties libérales s'y prêter maintenant sans murmures : la confiance en l'homme honnête s'y est éteinte au bénéfice supposé de la sûreté générale de l'espèce. Lois et décrets de restrictions nécessaires des libertés et droits individuels pleuvent sans que ne bronche un peuple maté par la peur. On savait que "les droits de l'homme" était une allégorie de cuisine diplomatique servant à cibler des régimes malfaisants, on sait aujourd'hui que l'expression relève d'une mythologie qui commence aux Lumières et finit au Patriot Act puis chez nous aux lois d'exception anti-terroriste qui se succèdent à tout motif sécuritaire dans le feu de la réaction médiatique.

Le spectacle que donne la France au monde est une tragédie dont se joue le premier acte. Mais la pièce en a trois. Combien de fois avons-nous dit ici que nous avions l'Etat le plus cher mais qui gouverne le moins bien ! La faute aux hommes qui l'ont investi mais aussi à sa propre infrastructure complètement dépassée. Redondances, encrassement bureaucratique, sinécures et rentes en tout genre - que fait Jack Lang qui ne parle pas dix mots d'arabe à l'IMA ? - népotisme et emplois réservés, régimes spéciaux. Mais c'est du système français de santé publique qu'il faut parler. Il est le plus cher sur terre et sans doute jusqu'à hier le plus près de la formule « que le monde nous envie ». Il s'avère maintenant que cette réputation est ô combien usurpée. Il s'avère être un des plus mal organisé de l'OCDE avec en prime les plus mauvaises conditions de travail et salaires. La révolte hospitalière qui dure depuis un an n'est donc pas une manœuvre politique d'un appareil socialiste battu dans les urnes. La réponse du pouvoir ne devait pas être la matraque de Lallement, mais une remise à plat de *tout* le système de santé français en vue d'éliminer de coûteuses inutilités administratives, des niches dispendieuses, des palanquées de profiteurs urbi et orbi ! Des millions de cartes vitales surnuméraires actives, des milliers de centenaires à l'étranger qui n'en finissent plus de mourir, le pillage des caisses d'allocations lâchement consenti par leurs responsables parce qu'il faut bien faire carrière ! Ni la recherche médicale ni la faculté de médecine ne sont en cause mais comme partout en ce pays soviétisé à la Libération, c'est l'encrassement des règles, procédures et protocoles qui plombe toute efficacité. A quoi s'ajoute l'impéritie de freluquets qui jouent avec les crédits de sûreté pour améliorer leur bilan ministériel, comme un certain Emmanuel Macron à Bercy. Même si la statistique d'attrition du coronavirus est relativement faible au moment où nous mettons sous presse, les errements médiatiques du pouvoir, la confusion des étages, les querelles d'ego des conseillers ont abouti à ce que la confiance de l'opinion s'effondre. La Casta appelle à serrer les rangs pour sauver ses fesses, rien n'y fait, les "gens" doutent et s'accrochent à tous les pitons de la paroi pour ne pas sombrer dans la dépression. Surtout le quatrième âge qui voit bien tomber les mouches autour de lui et dont la rumeur prédit l'abandon aux portes de l'hôpital. Devant ce dégoût national, la tentation d'autorité est grande puisque la logorrhée ne marche plus.

Le deuxième acte sera la sortie de crise sous le régime du pseudo-article 16 que le Sénat a accepté. On relancera la machine économique gravement détériorée par les décisions de confinement tardif, sans aucune garantie qu'elle reparte tant sera grand le nombre de morts dans le secteur marchand. Mais ce n'est pas d'usines qu'il s'agit maintenant : c'est la politique présidentielle qui va être l'argument de cette partie de la pièce. Il faudra remonter du puits de l'oubli les réformes emblématiques un moment enfouies pour calmer le mécontentement, jouer la partition de l'entente romantique franco-allemande et appeler une énième fois à la solidarité européenne pour combler la béance de nos déficits augmentés. Mais les lois un moment retenues, les décrets d'application différés, l'appel aux eurobonds, l'imploration de renforts pour notre aventure sahélienne, tout cela risque fort d'échouer ! Pour la seule raison que ce peuple et nos voisins n'auront ni l'un ni les autres confiance dans un gouvernement d'incapables et pour faire simple, de baratineurs ! Il restera deux ans au quinquennat de M. Macron pour passer la Réforme en force afin d'avoir un bilan. C'est sur ce résultat qu'il est jugé par ses pairs européens. S'il échoue il obtiendra le droit de se taire, et nous avec !

Manque de pot, même en force ça ne passera pas. L'opinion refusera et attendra les commissions d'enquête promises pour connaître le fin mot des divers scandales de sous-équipement des hôpitaux publics, de négligence distanciée des pouvoirs au début de l'épidémie annoncée par la ministre de la Santé en janvier, des mensonges encloués dans la communication officielle, des choix inappropriés, des atermoiements d'un commandement peu sûr de lui qui auront coûté beaucoup de vies. France, pays de l'Est, le peuple voudra des têtes !

Comme le pressentent quelques esprits plus déliés de la sphère politique, l'insurrection-qui-vient convoquée par le Comité invisible de Tarnac finira par arriver vraiment. Ce sera l'acte 3. Le refus général des réformes dans ce que certains nomment la giletjaunisation de l'opinion s'augmentera d'une remise en cause de l'Union européenne qui a failli une fois encore, même si ses réticences sont explicables ! C'est le Conseil européen qui gouverne, et qui le constitue ? Explicables mais pas vendables à des peuples excédés. Bouc émissaire commode, les institutions européennes, ressenties comme une bureaucratie grassement payée à ne s'occuper que d'elle-même quand elle arrête de brimer les libertés populaires, seront instrumentalisées dans les pays latins pour sauver la classe politique en danger de relégation. Le gouvernement Conte a déjà montré du doigt l'inaction de Bruxelles qui fait suite à l'abandon européen dans l'affaire des bateaux de migrants. Combien de temps M. Macron résistera-t-il à la vague de libération nationale qui montera du pays profond ? Cherchera-t-il à nouveau à faire-nation ? A se cabrer contre l'Allemagne et les Pays-Bas qui nous prennent pour des gitans ? Tentera-t-il de sauver sa réélection par un programme de frexit édulcoré qui conserverait le marché commun et cesserait les dévolutions non commerciales ? Les pays de l'Europe sérieuse réagiront-ils en créant leur propre système monétaire autour d'un euromark débarrassé du passif des pouilleux ? Mme Lagarde décide de bourrer les actifs de la BCE avec les junk bonds latins irremboursables : la confiance en l'euro va-t-elle en pâtir, qui déciderait l'Allemagne et ses affidés à la rupture ? Des questions, trop de questions qui ne seront pas réglées cette fois par les forces de l'ordre et les lois de confinement des opinions interdites, mais par l'émeute.

Le peuple n'a pas encore saisi - on ne lui en parle pas dans les lucarnes bleues - quelle sera la situation économique générale de la France à la sortie de la crise. C'est tout le tissu à petites mailles qui sera déchiré et bien des PME n'auront survécu que perfusées aux subventions, sans parler des grands brûlés de la Cote que leur sous-capitalisation exposera en proies ! Quand cesseront les cautères, ces producteurs de TVA tomberont comme des dominos. La situation déjà catastrophique des finances publiques (et sociales) ne permettra pas de continuer à injecter les comateux sauf à appeler le Golfe Persique à notre secours, à milliards ! Le faible espoir d'être remboursés poussera les créanciers à négocier de juteuses compensations. La France fera la pute !

Demandez le programme !




samedi 28 mars 2020

Royco, le rêve passe et Dieu rit !

Sur un forum catholique intégral proche de l'Union des cercles légitimistes de France qui promeut le roi par la rechristianisation du pays, des participants doutent à voix haute des capacités du mouvement à profiter des crises sociale et économique pour faire avancer la cause du roi, en termes directs et sans fard : « ... quant à proposer un gouvernement royaliste, il faudrait d'abord être en ordre de marche avec une proposition globale (Roi-constitution-gouvernement) connue et envisageable pour les Français. »

Si des tentatives ont bien eu lieu dans un passé récent (AR, GAR), les royalistes n'ont jamais su déposer sur la table une offre politique construite, jamais ! Pas plus qu'ils n'ont su convoquer les moyens financiers de leur propagande. En attendant une génération rationnelle, le rêve passe et Dieu rit !


Chaque crise est exploitable pour le changement de paradigme, et faire cela ne nous convoque pas nécessairement à entrer en piste dans le cirque démocratique d'étage national où les dés sont pipés par les écuries partisanes et les scrutins trafiqués par des protocoles corruptifs de second tour. La société s'ébroue parfois et peut décider de notifier ses choix en dehors de la procédure électorale en blasphémant la sainte constitution.

La tout dernière fois, ce fut la jacquerie des ronds-points avec les gilets jaunes de la classe moyenne basse. Elle exprimait la colère du travail pénible et insuffisant pour vivre et mettait le doigt sur le coût faramineux de la société française la plus taxée au monde et qui ne marche pas. Aurions-nous eu une offre politique de monarchie active sociale décentralisée, lisible et facilement explicable, que nous aurions pu aller sur les ronds-points diffuser le petit livre blanc de la monarchie nouvelle ! Certains royalistes l'ont fait, mais à part d'expliquer les raisons du déclin, personne n'avait rien dans la main à proposer concrètement. Rappelons-nous quand le programme commun de gouvernement tripartite est sorti en 1979, il a été publié et diffusé largement par les partis de gauche pour que les gens comprennent bien de quoi il s'agissait.

Aujourd'hui la queue de trajectoire n'est pas d'aboutir à une révolution par les urnes mais de terminer les parlements et le népotisme, le clientélisme démocratique latin, l'énarchie et les si nombreux fromages républicains. Or les émeutes parisiennes des gilets jaunes ont montré que la cible était bien le Palais-Bourbon et en province aussi puisque les permanences des députés ont particulièrement souffert. On passera sur l'incendie criminel de la préfecture du Puy-en-Velay.

Sans doute nos lecteurs sont-ils trop jeunes ou moins encore pour se souvenir de mai 68 : tous les ministres ont déserté Paris pour se réfugier dans leur famille en province (Alain Peyrefitte, ministre de l'Education nationale - le réacteur de l'émeute - était planqué chez sa mère à Provins, même pas chez lui ! Il mourra sénateur.) Pourquoi fuirent les étourneaux ? Parce qu'ils avaient compris que c'était de leur peau qu'il s'agissait et qu'ils n'avaient pas envie d'entrer dans l'histoire. Ne sont restés à leur poste à Paris que le Premier ministre Pompidou et le Préfet de Police Grimaud. Le soir, Charles De Gaulle partait dormir au Grand Trianon de Versailles ! Dans sa fuite à Baden Baden, il avait pris femme et famille pour ne pas les laisser au milieu des dangers. Cela pour dire qu'il n'est pas besoin d'entrer dans le jeu démocratique républicain pour faire avancer le schmilblick.

Aujourd'hui la preuve est renouvelée de l'incapacité du système à résoudre une crise relativement mineure parce qu'il sécrète naturellement l'incompétence au bénéfice des proches, des relations, réseaux et recommandations. Tout indique que la sortie de crise Covid-19 va être très dure pour le gouvernement. Mais que vont faire les gens ? voter et rentrer chez eux ? sans doute pas. Marcel Gauchet prédit que « une immense violence couve dans ces insatisfactions accumulées. Si elle éclate, elle confèrera aux manifs de gilets jaunes le statut de plaisanteries d’après-banquet.» ((Marianne et JP Brighelli). Les rues pourraient se remplir à nouveau de mécontents en grand nombre si l'on n'oublie pas que 84% de l'opinion soutenaient les GJ au début, avant la captation des manifestations par l'extrême gauche et ses slogans d'un autre siècle.

Or pour s'insérer dans l'alternative, l'offre politique royaliste n'est pas prête. Elle doit tenir en vingt pages, avec des diagrammes, des interactions entre les étages de pouvoir et l'administration des territoires. Pour faire "simple", il faut extraire le régalien strict à la dispute et le remettre au pouvoir permanent en échange de quoi les territoires s'administrent de manière autonome par la démocratie directe ou représentative selon le choix de chacun. Terminé l'uniformisation, le jacobinisme, le caporalisme. Cent républiques libres sous le paratonnerre royal. Le damier est brisé, c'est le moment, c'est l'instant, en voiture ! Il n'y a pas de voiture ! On n'y arrivera pas à travers des élections, ni par la prière. Alors quoi ?



lundi 23 mars 2020

Des lendemains tumultueux !

Un ami me signale que tous les "instituts" phosphorent sur la prospective post-Covid_19 afin de sortir le dossier que tous les gouvernements s'arracheront. Sans être collapsologue patenté, Royal-Artillerie rejoint la meute et vous livre la substantifique analyse d'un futur à connaître. Les gouvernements étrangers pourront cliquer sur la barre de traduction en tête de gondole (fin de la blague).

L'idée était de faire un dossier de quatre articles sur la spécialisation à outrance des fabrications qui impacte les chaînes de production partout comme on l'a vu lors du tsunami de Fukushima ; sur le rôle de l'Etat-stratège dans une société libérale ; sur le combat croissance-réchauffement climatique, et aussi, sur la fracture millénials vs. boomers. Mais le premier brouillon a laissé comprendre que la mondialisation était la mère de tous ces sujets et qu'il fallait creuser. Cela tombe à pic. Royal-Artillerie a fait plusieurs articles impliquant la mondialisation (37). Des bases existent qu'il faut actualiser et développer.


Ayant participé, de loin mais quand même, à des travaux du GATT*, je témoigne que la libéralisation des échanges par l'abaissement des barrières douanières et normatives avait deux buts : la planétarisation de la prospérité occidentale accroissant les productions et leurs marges, les échanges et leurs bénéfices, dans le cadre général d'une division internationale du travail (vieux thème testé par le COMECON). Le second but n'était rien moins que de gagner du temps sur un conflit sud-nord qui, en pleine guerre froide, semblait plus que probable sur les générations montantes quand exploserait la marmite démographique. Qu'en est-il résulté ?
*General Agreement on Tariffs & Trade, ancêtre de l'Organisation mondiale du commerce OMC

Un marché-monde s'est construit peu à peu avec pour chaque objet fabriqué une fourchette de prix étroite qui ciblait rapidement où cette chose devait être produite. En fait, comme on le verra des niveaux de vie, il y eut entropie des valeurs marchandes, sauf surtaxation locale de biens indésirables (comme les automobiles à Hong Kong). Un objet aussi international que le rasoir Philipshave vaut partout le même prix à +/-20%. Avant taxes c'est pareil pour les voitures selon le segment. Et cela va jusqu'aux fruits et légumes ! La mondialisation permet de profiter de l'inversion des saisons entre les hémisphères et offre à beaucoup de consommateurs pas forcément riches de goûter des curiosités comme en Europe les épices, les mangues, dorians, kumquat à des prix incroyablement bas qui réveilleraient les morts de la Compagnie des Indes néerlandaises. Le marché de chaque produit s'élargissant comme il ne le fut jamais même dans les empires coloniaux (les premières mondialisations), les producteurs s'enrichirent et les commerçants avec eux, jusqu'à engrener la roue d'une entropie des niveaux de vie. Et c'est déjà le défi que nous allons affronter en réduisant la mondialisation des échanges : nous ralentissons la progression des revenus du tiers-monde alors qu'il continue de croître en nombre de bouches à nourrir. En 2012, un billet titré La globalisation ou la guerre expliquait bien cela et se terminait ainsi :
Démondialiser c'est freiner l'activité économique du Tiers-Monde, voire stopper l'espoir. Quelques milliards de gens connaissent l'espoir, pour eux ou pour leurs enfants. Stoppons-le et verrons-nous sourdre alors dans notre village global des insatisfactions telles que l'injustice ne pourra être apaisée que par la violence du Sud contre le Nord. Et le monde prendra feu. La globalisation fait accéder le monde entier à la vitrine magique des belles choses. Il est facile de comprendre qu'à l'égalité des envies doit répondre, sinon l'égalité des conditions de leur satisfaction, du moins l'espoir d'y parvenir. L'espoir fait vivre... en paix.


Ceux qui chez nous veulent claquer la porte du village global ne voient pas qu'ils fournissent le carburant d'une confrontation sud-nord. Elle sera bien différente de celle que les bureaucrates du GATT redoutaient. Entretemps, le Sud s'est acheté la bombe atomique ! Non pas tant pour nous la mettre sur la gueule que pour nous dissuader de leur balancer la nôtre. Chine, Inde, Corée du Nord, Pakistan et l'Iran bientôt s(er)ont équipés. Les pouvoirs politiques du Sud ne s'y trompent pas : quand Donald Trump a lancé sa démondialisation, son premier contempteur au forum de Davos fut le président chinois qui se fit l'apôtre du libre-échange, pas pour prendre la pose, mais parce que la mondialisation est vitale pour tous les pays émergents, vitale au sens de vie ou de mort. Et encore la Chine maîtrise-t-elle sa démographie - ses problèmes sont ailleurs - mais l'Inde, l'Indonésie, le Brésil, le Mexique, le Nigeria, l'Afrique australe grouillent de populations impatientes ! La réponse académique est bien sûr de développer ces pays afin qu'ils répondent aux attentes de leur peuple, mais l'expérience montre que les figures imposées tardent à produire leurs effets, par le coulage de la corruption d'Etat principalement, alors que l'aspirateur à biens et services favorise rapidement les économies productrices, donne du travail, des salaires, l'espoir d'une vie meilleure pour les gosses.

C'est au moment du triomphe de la belle démonstration que s'élève la petite voix de Greta Thunberg. La croissance va étuver la planète. Si on ne peut laisser crever les masses oisives du tiers-monde, en décrétant que la croissance est un péché mortel, il va bien falloir à somme zéro, transférer des moyens de subsistance des pays développés vers les autres. Ceci revient à accélérer l'entropie des niveaux de vie et forcément laisser baisser le nôtre ! On va écouter une courte vidéo de propagande chinoise visant à mater les riverains de la Mer du Sud pour prendre le temps d'assimiler le concept d'empire revenu.


©China Global Television Network


Si les chefs d'Etat du monde n'arrivent pas à s'entendre sur l'entropie nécessaire pendant la journée, l'espèce humaine qui baise pendant la nuit va nous foutre la guerre ! Oh bien sûr, nous masserons nos chars en frontière et nous coulerons les barques des pouilleux assaillant le camp des saints pour sauver une économie en voie d'effondrement rapide, nous nous enfermerons sans grands moyens et sans voir les intentions mêmes pas cachées des empires revenus, les vrais, pas les conglomérats de la filandre comme l'Union européenne, non, ceux qui ont un agenda : la Fédération de Russie qui veut récupérer son glacis occidental afin de tenir sur l'Amour sans être prise à revers ; la République populaire de Chine, légataire universel de l'empire des Hans qui revient sur le limes impérial en captant toute l'eau des piémonts orientaux de l'Himalaya et ne laissera personne sur la ligne de crête, qui veut faire de la Mer du Sud un lac intérieur et gagner l'accès à l'Océan en reprenant Taïwan ; l'Inde qui a envie de tout vitrifier à l'ouest de l'Indus et repousser l'islam le plus loin possible ; et l'Iran ! Se souvient-on de ce que fut l'empire perse ? Bref, la démondialisation ouvrira l'appétit et tout le monde attaquera tout le monde ! Ce que justement redoutaient les pères du GATT pour les générations montantes. Cela vaut-il le coup ? Ne vaut-il pas mieux réparer la globalisation ?


Passons en revue les problèmes causés en Europe occidentale par le coronavirus de Wuhan et signalons après des pistes de réparation :

- Le premier choc fut d'apprendre que les génies qui gouvernent cette république endormie ont dégonflé les stocks stratégiques de masques respiratoires, comptant se refaire sur les usines chinoises alors que la Chine est un foyer épidémique permanent et donc que les productions nationales seront réquisitionnées en cas de crise sanitaire. Celui qui a signé la décision doit être déporté aux Kerguelen, à défaut injecté au chlorure de potassium.

- Le deuxième choc fut d'apprendre qu'avec une toute petite épidémie en métropole (regardez bien les chiffres c'est peanuts pour une population de soixante millions d'habitants), nous n'avions pas la moitié des lits de réanimation nécessaires et qu'à part de déclencher le Plan Blanc (pour faire quoi) nous n'arrivions pas à augmenter suffisamment ces équipements. Il semble que le ministère ait été tétanisé par Bercy pour passer les commandes en temps et en heure avant le tsunami redouté par Mme Buzyn. Faut-il encore trouver des producteurs locaux puisque chaque pays se réserve ses productions nationales.

- Le troisième choc fut de constater l'amateurisme des pouvoirs publics (du moins l'exécutif politique) incapables de décider les mesures d'urgence sanitaire qui marchent ailleurs. Nous sommes bien sûr tellement supérieurs aux asiatiques juste bons à fabriquer des poignées de porte ! Mais cinq pays ont fait face au coronavirus de Wuhan avec succès sans stopper les machines. Ils ont contrôlé leurs frontières et imposé une hygiène individuelle et publique de haut niveau, quasiment psychotique. Je cite Taïwan, la Corée du Sud, le Japon, Singapour et Hong Kong.

- Le quatrième choc n'a pas eu lieu : Depuis l'attaque au sarin du métro de Tokyo en 1995, les services de sûreté se méfient des opérations de guerre asymétrique en zone confinée. En passant, les treize membres de la secte ont été pendus en 2018. Mais l'attaque au gaz n'est pas grand chose comparée à l'attaque biologique, parce qu'on la décèle immédiatement, après quelques victimes quand même ! L'attaque biologique, elle, est sournoise car sa létalité est différée dans le temps et l'espace et ne peut être décelée que par une forte mortalité de cas identiques aux Urgences. Or nous savons maintenant que les pouvoirs publics ne sont pas prêts, pour ne pas dire pire. Quelques décès du coronavirus et on remue ciel et terre, on déplace des avions-hôpitaux, un porte-hélicoptères, on appelle l'industrie au secours... on est morts ! N'imaginez même pas une attaque à l'anthrax aux quatre coins de l'hexagone : un carnage !

La première décision à prendre - mais pourquoi les annonces tardent-elles, elles rassureraient les gens - est de reprendre les fabrications stratégiques sur le territoire national immédiatement en économie de guerre. D'éventuelles coopérations de proximité avec nos voisins peuvent légitimement s'envisager mais nous devons être sûrs. Notons que l'Allemagne a refusé d'aider l'Italie. Il faut ensuite remonter au niveau requis les structures de lutte hospitalière, quitte à les mettre sous naphtaline en attente de mobilisation. L'ancien hôpital du Val de Grâce est tout indiqué pour Paris et sa petite couronne.



La deuxième décision sera bien plus dure à prendre : il faut détruire toute la chaîne de commandement qui part du ministère et finit aux Urgences. Le scandale des masques et des respirateurs qui doivent doter le personnel soignant impose un acte fort dont se souviendront d'autres services tout aussi incompétents et arrogants dans notre belle république corrompue. Tuons le poulet pour effrayer le singe.

Rien ne sera plus comme avant, clament les pythonisses à plateaux. L'Etat, l'Etat, l'Etat, même le président encense l'Etat-providence qui avait disparu malgré 56% de dépenses publiques dans le PIB français. L'Etat est central en stratégie, partout au monde, et pour cette raison, le nôtre est en même temps coupable, du moins les politiciens qui se succèdent à sa gestion. Nos précautions sanitaires ont été désarmées au prétexte d'économies que la classe politique ne sait pas faire sur le futile et le clientélisme. On dépensera une fortune sur les PMA comme sur l'IVG et cent autres postes du coulage social, mais on réduira les moyens de réanimation pour compenser. Les exemples feraient dix pages. Le moment est venu de reconstruire l'appareil étatique en le concentrant sur ses missions essentielles qui devront être sacralisées, quoiqu'il en coûte aux bénéficiaires actuels des largesses incontrôlées - combien de millions de cartes vitales en circulation ?
C'est là que prend tout son sens un projet de société comme le rebrasse Frédéric Winkler, reconstruit sur les fondamentaux du pays, ce qui est valable pour d'autres pays bien sûr.

Reste maintenant le dernier point, la fracture inter-générationnelle
. C'est l'état des lieux qui pose problème. Que la crise climatique soit ou non le fait de l'espèce humaine ne doit pas masquer le constat que la terre est sale, les océans sont sales, la pollution de l'air, des eaux et des sols est partout. C'est un grand chantier international de nettoyage dont il s'agit, et les atermoiements, excuses et explications de la génération aux commandes la disqualifient de continuer à gérer. On ne parle pas là du climat mais de la merde !

L'autre poste du passif est le niveau d'endettement absolument phénoménal des nations, endettement et déficits encore accrus par la lutte contre le coronavirus de Wuhan. Je me pose la même question que Marc Fiorentino, mot pour mot : « Mais à la fin qui paie ? Quand toute cette crise sera terminée, on aura oublié la "solidarité" et on reviendra aux contraintes budgétaires et chacun viendra réclamer son argent, l'Etat, les banques, les bailleurs. Et il faudra rendre les "cadeaux". Peut-être pas ! Si à terme ce sont les banques centrales qui détiennent les dettes des Etats qui elles-mêmes contrôlent de fait les banques centrales, pourquoi n'assisterait-on pas au niveau mondial à un "abandon de créances" massif, une annulation pure et simple d'une partie de la dette ? »
La génération montante est condamnée à purger ce passif d'une façon l'autre, mais le clearing de Fiorentino est la bonne idée.

Au bilan il y a quand même de l'actif :
D'abord et bien qu'on nous l'annonce chaque année comme imparable, notre génération a bloqué la troisième guerre mondiale à la fois par la terreur nucléaire et par le développement des grands pays émergents qui ont intérêt à la paix. L'expansion des zones de libre-échange, un produit typiquement occidental, a arraché à la misère des centaines de millions de pauvres gens condamnés à une misère endémique par tous les géographes des années cinquante, spécialement en Asie. C'est ça de moins à faire. Et pour finir, nous avons numérisé la planète, apportant les moyens de communiquer à grand débit jusqu'aux fins fonds du monde ! Il y a fallu beaucoup d'intelligence et beaucoup de câbles et équipements de routage et stockage, on n'y pense jamais. La jeunesse n'abandonnera certainement pas cet héritage-là. Pray for millenials !

Chaque jour redonne une chance...

(C'était un peu long sur la fin, mais c'est la faute au confinement)

dimanche 15 mars 2020

Couvre-feu !


Que voulez-vous la porte était gardée
Que voulez-vous nous étions enfermés
Que voulez-vous la rue était barrée
Que voulez-vous la ville était matée
Que voulez-vous elle était affamée
Que voulez-vous nous étions désarmés
Que voulez-vous la nuit était tombée
Que voulez-vous nous nous sommes aimés.

Paul Eluard - Poésies & Vérité, 1942


jeudi 12 mars 2020

Le vendredi 13 du coronavirus



Et Jupiter lança l'éclair qui foudroya ces élections municipales que son parti tentait de perdre ! C'était du moins ce qu'anticipaient des sources généralement bien informées au zinc de La Civette en bas de chez moi. Bien vu les pochetrons, mais ce n'est pas ça ! On confine les vieux qui vont tous passer à l'eau ferrugineuse, l'Education nationale ferme, Bercy inverse la pompe à phynances et inonde le pays d'argent pour combattre au rempart le plus exposé. Toute remarque de Francfort ou de Bruxelles est d'avance mise à la broyeuse. A nous Keynes ! On va emprunter puisqu'on est à sec !

Anticipant la saturation d'un système hospitalier déjà démotivé, le Piéton du roi partage gratis pro Deo les remèdes sanitaires de ses aïeux du Midi, qui ont vécu, sauf à la fin, loin des médicastres et traversé la crise du phylloxéra et la grippe espagnole du Texas :

Dedans : Aérer les pièces en grand deux fois par jour sinon quand le soleil tape. Au retour de la vigne ou de l'atelier, on se lavait les mains et les avant-bras au savon de Marseille dans une cuvette dont on ne récupérait jamais l'eau. Des deux grands-pères, le Cévenol ne mettait jamais les pieds sous la table sans les avoir lavés eux-aussi. De cette habitude transmise de père en fils depuis Jésus-Christ, je n'ai su jamais le motif sanitaire précis, bien que le lavement de pieds fasse partie des trucs catholiques.

Cette génération était taiseuse et ne parlait jamais la bouche pleine si parlait-on encore à table. Les bulles égotiques étaient plus larges qu'aujourd'hui et il n'était jamais besoin de s'approcher d'autrui pour lui parler "les-yeux-dans-les-yeux" ; cela aurait été vécu comme une intrusion. Notre mode d'échanges actuels impose le port du masque de base. Les hypocondriaques iront chercher un masque de peintre à cartouches chez Monsieur Bricolage.

Viennent ensuite quelques conseils d'hygiène moins banals. Se laver les dents au réveil avant de petit-déjeuner (et après bien sûr) pour ne pas réingérer la flore bactérienne résiduelle du sommeil. Se gargariser au Synthol à 10% une fois par jour. Verser un demi-verre d'eau de Javel dans chaque siphon du logement chaque jour. Si des évacuations sont paresseuses les déboucher sans attendre au Destop ou à la soude caustique (moins cher). Bizarre mais utile, tirer la chasse des WC après avoir rabattu le couvercle pour ne pas disperser l'aérosol formé par la trombe d'eau ; elle est toujours chargée en flore bactérienne intestinale.

La question des animaux domestiques n'est pas traitée mais ils sont de potentiels pestiférés eux-aussi, sauf les chauves-souris bien sûr.

Dehors : outre le masque en intissé, porter des lunettes fermées dans la cohue. Ne toucher personne et mettre des gants de peau (Millau) plutôt qu'en plastique pour ne pas donner l'impression d'un isolement motivé. Ne pas tenir les rampes, les barres, les poignées sauf si c'est nécessaire. Faire ses courses avec les protections indiquées et les poser chez soi sur une table en passant tous les emballages externes à l'alcool à brûler. Ne déballer que ce qui va être cuit. Enfin, passer chaque jour plans de travail, porte de frigo, de four, de lave-vaisselle et toiles cirées à l'eau de Javel 5%. Les précautions peuvent sembler fastidieuses mais on parle maintenant d'une épidémie galopante et grave, et tous les fluides corporels sont des vecteurs.




Les conséquences probables de l'épidémie feront plus tard l'objet d'un billet prospectif, mais déjà on entrevoit une solution au mécontentement hospitalier par la révision des procédures, dotations et capacités. Restera l'impact géopolitique : on changera de paradigme global quelle que soit la résistance des profiteurs de la mondialisation.

mercredi 11 mars 2020

Voter ?


Ma commune qui avait formé une intercommunalité avec deux villes voisines et partageait certains services municipaux, s'est laissée absorber ensuite dans une communauté urbaine géante de soixante dix communes et quatre cent mille habitants. Autant le dire tout de suite, elle y a disparu. La mairie décide encore dans quatre domaines : loisirs-culture, police municipale, écoles primaires (cantines) et spéculation immobilière (bétonnage des friches industrielles). Le reste est parti.
Les services municipaux maintenus "font suivre". Sans s'étendre sur le mur de mauvaise foi que personnellement j'ai affronté dans le cas d'un sinistre où la ville, maître d'ouvrage, était impliquée jusqu'au cou*, je partage un doute général avec mes voisins : on va voter pour QUOI ? A quoi ces braves gens me répondent pour QUI vont-ils voter. L'élection municipale devient un casting ! Cela n'empêche aucune liste de bourrer les boîtes aux lettres de programmes.
*Je n'avais pas tourné de vidéo de l'accident et n'avais recueilli aucun témoignage un dimanche d'hiver en fin d'après-midi, sous l'orage qui avait défoncé la clôture d'un chantier municipal ! Contact en live avec le service compétent refusé.

A lire les professions de foi, on n'y voit que dépenses de confort, de la Maternelle à l'EHPAD, et embellissements visibles conjuguées au refus de tout développement économique qui pourrait permettre peut-être de financer ces avancées sociales. Les nuisances, chère médème, les nuisances, l'air, le bruit d'usine, le réchauffement climatique ! Et à la fin, la palanquée de fiers-à-bras qui vaincra commencera à utiliser la fameuse capacité d'auto-financement résiduelle laissée par l'équipe sortante pour montrer aux badauds leurs réalisations prestigieuses, avant que de pétitionner pour l'augmentation des subventions publiques de l'Etat et du département. Aucune valeur ajoutée n'entre en ligne de compte, mentalité de moutons, les Hébreux au désert, Tintin au Congo, exigeants en plus !

Il fut un temps, quand les communes avaient toutes les compétences municipales, où il était avisé pour certains groupes politiques de faire de l'entrisme pour acquérir un peu de visibilité et montrer leur connaissance des dossiers. Ce temps est révolu dès lors que se forme une technocratie au niveau de la communauté urbaine, qui va sédimenter et devenir inexpugnable. On commence à le sentir lors des débats d'assemblée. Cette voie parallèle d'accès à une enceinte décisionnaire devient sans objet.

Pourquoi dès lors participer aux élections municipales ? Par habitude ? Pour serrer les mains des édiles, parler au conseiller-maire, au député, à mon ami le chef de la police ? L'habitude... anticiper le pointage des listes entre deux tours où pour la première fois je me serais abstenu. Pourquoi ? Et pourquoi leur répondrais-je qu'ils jouent dans une pièce idiote qui, au-delà des services rendus à quelques lobbies fonciers intéressants, ne sert qu'à former le collège électoral du scrutin sénatorial, scrutin destiné à donner une seconde chance aux battus, aux seconds couteaux, aux apparatchiks de parti méritants. Si encore j'étais inscrit à Paris, je serais motivé à foutre dehors Dame Bêtise, ses rats, sa crasse, son incompétence, son ostracisme, sa cour de tiers-mondains de la jaquette, sa végétalisation étique et le goût des fonds perdus.

Le Covid-19 pourrait-il me donner la réponse ?

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