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dimanche 18 février 2024

Le carême de Royal-Artillerie

#2240 - Ceci est un billet de saison qui va limiter ses réflexions à la nature humaine profonde inatteignable. Inatteignable vraiment ? Le carême ne peut se définir comme un jeûne bien qu'il y soit réduit par l'Eglise en difficulté à faire passer dans les communautés chrétiennes la notion d'ascèse spirituelle ; car une période de retrouvailles avec soi-même, les volets clos sur son for intérieur, sa propre découverte de la distance qu'il reste à franchir vers la lumière de la vérité n'est pas à portée du vulgum pecus. Où sont passés les grands prédicateurs qui sortaient des monastères au carême pour électriser la foule des fidèles accourus ? Martyriser le corps pour élever l'âme est un grand classique religieux que l'on retrouve partout pour l'asservissement des âmes. Le carême n'est pas non plus une période de "partage" issue du biais caritatif qui transmute le message essentiel en manifestation publique des richesses des uns contre la pauvreté des autres. Le carême doit être éminemment égoïste. D'ailleurs le Christ des évangiles n'est pas parti au désert en joyeuse compagnie au milieu d'une cohorte d'orants jouant des nebel, des toph, des khalil et des kinnor ; mais seul, ne comptant que sur la force de son esprit. Et pour ne pas laisser mourir avant l'heure son corps d'homme, il le laissa certainement boire et manger contrairement aux écritures, sinon quelque chose cloche.

Penseur de Pixabay sous licence de contenu

Celui qui cherche un sens à la vie, croyant ou moins croyant - il n'existe pas d'incroyant viscéral - devrait profiter de ce temps d'ascèse pour faire le récolement de son être trinitaire. Son corps si imparfait est-il préparé à accueillir l'âme qui l'anime ? Cette âme est-elle connectée à l'esprit supérieur qui la guide ? Si oui, que lui insuffle-t-il ? Les règles de combat entre trois entités d'équilibre qu'elle va rencontrer à travers son être incarné !
L'esprit va l'aider à interagir avec le yin et le yang, l'ordre et le chaos, le bien et le mal. Le carême n'est donc pas affaire de perdrix et de truites. Et l'homme n'a que quarante jours à consacrer chaque année à cette retraite. De grands ouvrages offrent une étude approfondie de ces "paires".
Le "yin et le yang" dérive de la loi de gravitation universelle (jadis cachée) qui en fait deux concepts opposés donc associés qui règlent d'abord le principe de vie et le système solaire. L'ordre et le chaos ne se dissocient pas, l'un émanant toujours de l'autre et inversement sur l'abcisse du temps. Si sa loi préside à l'univers organisé sur une longue période, elle est à l'échelle humaine le marqueur d'une civilisation addictée à sa perpétuation. Son principe brime souvent le suivant. Le bien et le mal est un faisceau de conventions humaines réglant la vie pacifique en société dans les limites imposées par l'ordre. Le bien et le mal sont promulgués par les religions, qu'elles soient divines ou triviales, qui dans les deux cas ont leur codex et leurs clercs.

Dit en passant, le ramadan est aussi le temps du djihâd spirituel qui est le devoir religieux de lutter contre soi-même, amalgamant l'abnégation et la résistance aux penchants mauvais. Il est organisé différemment du carême chrétien, sur la base d'une journée renouvelée de jeûne, prière, introspection pendant trente jours. Il est un des cinq piliers de l'islam. On y mange beaucoup au clair de la lune.

Pour pratiquer un carême, à défaut d'avoir lu François Cheng, il suffit de partir à la recherche de son âme et de se souvenir de la maxime : « L'esprit raisonne, l'âme résonne ; l'esprit se meut, l'âme s'émeut; l'esprit communique, l'âme communie. » Si l'esprit est le yang normateur de la paire cosmogonique, l'âme en est la sensibilité, la plasticité de la pensée, le moteur du corps ; et contrairement à une idée sottement répandue, l'âme obscure à elle-même malgré tout se voit. Quand vous augmentez l'harmonie de l'environnement de vous-même, émane de votre corps de brute le bonheur d'y avoir atteint. Et ça se voit dans une glace. De la même façon que vous verrez en autrui la couleur de son âme dès qu'il apparaitra sincère et bien disposé à votre endroit jusqu'à rayonner de bonheur. Vous vous imprégnerez du bonheur proposé.

Il sera utile de commencer l'exercice par une recension (clic) du De Anima d'Aristote qui vous dévoilera les trois âmes de l'homme : l'âme "sensitive" qui est le propre de l'animal, par opposition à l'âme "végétative" de la plante captive, l'âme "intellective" de l'homme qui comprend les deux autres mais est capable de connaître et de spéculer. Mais spéculer sur quoi ? il n'est de philosophie que de la mort. L'eschatologie qui devait y préparer fut jetée aux orties par les Modernes et a disparu des sermons en chaire, remplacée depuis soixante ans par de mièvres litanies auxquelles ne manquent plus que le balancement rythmé des corps en transe. Encore était-elle épurée de toute transcendance par les images sulpiciennes qu'on enfonçait dans les jeunes esprits jusqu'à leur faire croire au Vieillard tout puissant dans sa grande barbe blanche. Aujourd'hui Lui-même a disparu pour ne laisser la place qu'à l'Amour immatériel et matériel de la charité chrétienne qui a tout dévoré.

Comment pratiquer un carême ?

La première chose à faire est de commencer un cahier en notant toutes ses pensées concernant le corps, l'âme et l'esprit. Il faut s'y mettre chaque soir avant de dormir. Au début, on peut se contenter de faire la critique d'ouvrages tiers. Puis peu à peu appraîtront des idées personnelles induites par ces lectures et votre propre méditation.
Au soir du quarantième jour, brûlez le cahier. Tout aura été assimilé, et si vous êtes fétichiste, récoltez les cendres et confiez-les à une boîte à cirage sur laquelle vous noterez l'année. Et faites-en collection.

boîte à cirage de luxe Henson
- une urne à pensées de carême -

L'âme qui nous meut et nous émeut est immortelle puisqu'elle ne participe pas de la corruption physique d'un corps fini, programmé dès le premier jour pour disparaître. Rendre l'âme n'est pas mourir mais transmettre. Appliquez-vous à savoir quoi ; quand vous aurez trouvé, cherchez à savoir à qui.



Anima Christi Sanctifica Me

jeudi 13 février 2020

Du racisme et des femmes

Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément (Boileau)
Avec les mots de tous les jours voici dix minutes féministes de Solveig Mineo qui démonte la violence raciste de la rue dans un discours linéaire sans raté, hésitation ou retenue, cash ! ce qu'on appelle une performance. On a compris qu'elle défend avec talent sa communauté occidentale, la nôtre. Elle mérite nos encouragements et un suivi.

- Cliquez sur l'image pour accéder à la vidéo -

La belle a une station radio, AllôChaton, un studio vidéos et un site de combat d'excellente tenue qui vaut le détour : BELLICA.
Courez-y, c'est mieux que pas mal !

dimanche 22 septembre 2019

Born to be wild


Aujourd'hui la République aurait fêté ses 227 ans si elle n'avait dû laisser place à des régimes de cohésion pour recoudre le tissu national. Le 22 septembre 1792 fut le premier jour de l'An I. Le pays est aujourd'hui divisé comme jamais, le Tiers se révolte, les aliens ont un agenda public de subversion, en commençant par les territoires les plus communautarisés par les sectateurs du prophète. La République est à nouveau malade d'elle-même ! Mais ceci est une autre histoire.

Pour ce dernier jour d'été - il a plu grâce à la danse ad hoc d'un Indien dans mon jardin - nous plaçons le dernier billet de la série en roue libre en proposant Born to be wild en souvenir de Peter Fonda qui nous a quittés il y a un mois.
"Born to be wild" en réponse au contrôle des mille premiers jours de la vie de chacun, décidé par monsieur Macron qui ne sait plus où il habite, dans un pays où l'enfant est un objet de convoitise sinon un poupon vivant de compagnie.


dimanche 29 juillet 2012

Le cigare polémologique

C'est l'été. Relaxez-vous. Les guerres se gagnent-elles en fumant, voire se commandent-elles mieux à travers la fumée d'un cigare ? Au cinéma certainement, mais c'est aussi ce que pensait sans le dire Sir Winston, roulant un Romeo y Julieta cubain entre ses doigts.
Hélas, cette façon d'estomper l'horreur des affaires est de moins en moins acceptée par les tyrans sanitaires qui obligent les traîneurs de sabre à humer le sang tiède des tripes puantes sans en bloquer les effluves par le tabac. Défense de fumer. A la salle de commandement, ça peut déclencher les sprinklers et noyer la tactique. Aussi ne compte-t-on plus les guerres conduites par des abstinents - le précédent chef des armées ne buvait ni fumait, on a vu les résultats ; guerres expurgées des vices du commandement à n'en plus finir de se terminer, puisqu'il leur manque le dernier coup de rein qu'apporterait la molécule. La liste est longue : Corée (les sudistes ne fument pas), Afghanistan (ce n'est pas ça qu'ils fument), Congo (ils n'ont pas le rond pour fumer), Azawad (la clope est haram), partout la loi Évin !

Dans un essai théologique (mais si!), Clive Lewis (1898-1963) stigmatisait à sa façon ce nouveau carcan qui menait à l'inaboutissement de l'entreprise :
« De toutes les tyrannies, celle exercée pour le bien de ses victimes peut être la plus opprimante. Aussi vaut-il mieux vivre sous la coupe d'un reître voyou¹ que sous la férule d'activistes moraux tout-puissants. La cruauté du reître médiéval pouvait s'assoupir parfois, sa cupidité être rassasiée au-delà d'un certain point, tandis que ceux qui nous tourmentent pour notre bien le feront sans relâche avec l'approbation de leur propre conscience. Ils auront d'autant plus de chances de gagner le Paradis qu'il auront réussi un Enfer sur terre. Leur vraie gentillesse vous brûle d'une insulte intolérable : pour nous guérir de notre penchant maladif que nous ne savons reconnaître comme tel, nous sommes ramenés au niveau d'avant l'âge de raison ou à celui de ceux qui jamais n'y parviendront, pour être reclassés parmi les bébés, les imbéciles et les animaux domestiques.»



On ne peut jouir d'un cigare à mi-chemin d'une cause à gagner. C'est une récompense qui se savoure lentement au crépuscule de l'action. On ne fume pas à midi. Comment s'y abandonner si tout reste à faire ? Comprendra-t-on maintenant pourquoi les castristes ont gagné ? Ils fumaient au bivouac, pas au carnage, et leur cerveau était une formule enrichie à la nicotine. Faut pas être normal pour attaquer le train blindé de la légende et gagner.

Une icône chasse ŀ'autre, l'affaire syrienne est en bonne voie si le général Tlass prend les commandes à la caisse à sable. Il fume, c'est aussi simple que cela. En plus il a la gueule d'un vainqueur ! Mais les mauvaises langues de la diaspora le taxent déjà de cousinerie, télégénéité, népotitude, orchotomisie et fatuitude, pour ne pas lui obéir (traduction libre de l'arabe dialectal de l'avenue Foch).
Quand on vous dit qu'il ne suffit plus d'être riche et beau pour ne pas être con, ou de fumer un partagas pour refaire le monde !




(1) pour un Américain, le "robber knight" du Rhin est le type même de la brute indépassable.

mardi 21 février 2012

Le Parc aux Cerfs


Aujourd'hui, Mardi gras de la nouvelle lune.

Quand j'étais petit, aimant déjà l'histoire, le Parc aux Cerfs m'apparaissait en songe comme un hôtel particulier bas de plafond, aux rideaux noirs toujours tirés et dont le portail d'entrée était gardé par la police secrète du roi. Il s'y passait des choses pas catholiques avec des petites filles qu'on menait de Paris pour éponger les humeurs d'un roi libidineux. Puis je quittais ma montagne et vint vivre à Versailles sur les anciens marais de Villeneuve l'étang, un quartier à typhoïde. En quelques années j'ai dû faire des centaines de kilomètres à pied dans la ville royale et découvris-je ainsi le vrai Parc aux cerfs.

C'est un quartier de plan américain que l'on aurait désigné aujourd'hui comme une cité administrative. On l'appelle aujourd'hui le quartier Saint-Louis. Les lots à bâtir furent attribués par brevets de place, leur superficie moyenne était de 300 toises-carrées soit 588m² de nos jours. Le défaut de bâtir dans les délais prescrits annulait le brevet de place. Appuyé au Potager du roi, le nouveau quartier jouxtait par sa pointe ouest celui des ministères. Des gens de la maison du roi vinrent s'y loger, des commis de l'administration et bien d'autres aussi capables d'obtenir un brevet comme un marquis de Seignelay, sans doute le fils du Grand Colbert. On y vit une population bigarrée composée de musiciens, officiers de tous les corps de la place, ordinaires et artisans attachés au château, écuyers, baillis, juges, une population finalement très mélangée. On le sait parce que les Archives disposent encore des plans d'attribution des lots avec nom et qualité du bénéficiaire. Tout ceci n'est pas croustillant.

L'hôtel sulfureux où nuitamment venait le roi encapuchonné n'existe pas, pour la simple raison que le roi ne commandait pas à sa personne comme il l'aurait voulu et que ses bons plaisirs s'exerçaient au château ou dans les demeures royales disséminées dans le royaume ; mais le marquis d'Argenson, ancien ministre des Affaires étrangères, écrit dans son journal à l'année 1753 que le roi s'éclipse tous les jours vers une maison qu'il aurait à Versailles, où il passe deux heures sans que l'on sache ce qu'il y fait. L'a-t-il simplement entendu dire dans ce nid de rumeurs qu'était la Cour ? A d'autres moments, il évoque les pucelles apportées de Paris dans les cabinets de Level, valet de chambre du roi. Les gourgandines, parfois jeunes, parfois moins, inexpertes ou délurées existèrent bien, puisqu'on en a des témoignages convergents et il n'est pas fait mystère que Madame de Pompadour soustraita les distractions de son bienfaiteur à de plus jeunes mains que les siennes quand son automne fut venu. Qui étaient-elles donc les mignonnes vicieuses ?

Ne nous fions pas trop au roman historique de Jules Michelet qui aurait effrayé Charles Perrault, allons plutôt aux sources d'époque. La plus connue et reconnue fut Marie-Louise O'Murphy de Boisfaily dont le bonbon fut loué par tout Paris et que le grand Casanova déniaisa avant de la livrer vierge au château, dit-il dans ses Mémoires. D'une vieille famille irlandaise échouée à Rouen, ce n'était pas une de ces petites grisettes de barrière qui se sacrifiaient très jeunes pour acheter l'entrecôte et une vie, si affinités. Quoique la Murphyse, comme on l'appelait dans les couloirs, avec plus d'esprit qu'on n'en prêtait à ses rondeurs, sut établir sa situation. Elle eut du roi une marquise de la Charce et se fit épouser par le sieur d'Ayat, gentilhomme auvergnat rapé mais digne, dont elle eut un général de fils qui fit belle carrière sous trois régimes. Deux mariages plus loin (après deux veuvages et un divorce) la belle Morphyse s'éteignit à Paris à l'âge de 77 ans, munie des sacrements de l'Eglise.

Les autres furent menu fretin convoqué et approuvé par la Pompadour pour éviter qu'une courtisane adroite ne s'enkyste dans les faveurs royales par les voies naturelles. Contrairement aux histoires de loups-garous colportées pour nuire au régime, Louis XV friand de chair fraîche était d'abord un baiseur à la bourgeoise plutôt qu'à la hussarde, le seul affaissement qui puisse lui être reproché. Cette organisation des plaisirs privés du monarque dura vingt ans. Des historiens américains, en croisade de purification de l'histoire, ont "chiffré" le prix du stupre à des sommets, sans craindre le ridicule de leur comptabilité. Il est sans doute vrai que la maxime de Sacha Guitry soit fausse en l'affaire : "les femmes les moins chères sont celles que l'on paie". Entre le prix du chagrin versé aux mères-maquerelles, les cadeaux de repentir, les pensions aux bâtards et la maison, il y eut dépenses. Même après la mort de Madame de Pompadour, on épongera le roi encore vert de cette façon, sans conséquences autres que la progéniture barrée et non reconnue. Jusqu'à ce que l'andropose lui indique les réformes à faire pour pérenniser la monarchie. Hélas il n'eut pas le temps de conclure.

En réaction, lui succéda un roi qu'on disait ennuyeux, élevé par le parti dévot, qui n'eut jamais l'ombre d'une tentation. Dès lors la maison de Bourbon exilera la bagatelle de ses occupations, et ironie du sort, y perdra aussi sa créativité. Le char fut lancé sur le mur de la République sans qu'ils l'aient jamais vu. Après les amours contrariées du Consul empereur, après la gestion notariale des Bourbons revenus (Zoé Talon !!!), le peuple préféra bientôt le panache du duc d'Orléans. Hélas pour les cancans ! Bien qu'il eut quatre fois plus de gènes de Louis XIV que Louis XVI, Louis-Philippe ne renoua pas avec les débordements ancestraux et demeura sage comme une poire belle-hélène sur la glace. Il engendra dix enfants.



Les experts en conjectures situent le mini-sérail de Louis XV au bord du quartier neuf (auj. Saint-Louis), de manière à n'avoir point à guetter à la grille le moment de sortir le "cadeau" du jour. Plus précisément et compte tenu des brevets de place - s'ils sont justes - ils situent la maison au tournant de la rue des Tournelles face à l'Hôtel des Gardes du Corps du Roi sur le plan de Jean Delagrive, vers la rue saint-Médéric, rues qui jadis ne communiquaient pas. Retenons que cette situation n'est pas très propice à l'incognito du roi que tout le monde connaissait et ses gardes d'abord. D'autres, et nous en sommes, la placent dans une situation plus retirée, à l'angle de la rue des Mauvais Garçons (auj. Edouard Charton) et de l'impasse de la Huchette (auj. disparu) avec accès prompt à l'avenue de Sceaux, mais sans soutenir la thèse d'Argenson. Nulle plaque n'ose fixer le lieu du lupanar le plus célèbre au monde, ce qui ne fut qu'une pension de jeunes délurées en stage de bonne épouse. On lira pour terminer les perfidies du marquis d'Argenson pour le plaisir de la médisance. Extrait :

12 février 1753. —On assure que le roi couche avec une nouvelle maîtresse, fille de madame Truchon, et que madame de Pompadour y a consenti et l'a donnée elle-même, voulant conserver son poste de bonne amie, mais qu'elle ne tardera pas à être renvoyée malgré cela, et que mon frère savoit bien ce qu'il faisoit en se brouillant avec elle (ndc: son frère était Secrétaire d'Etat à la Guerre).
C'est Bachelier, vieux valet de chambre du roi, qui lui fournit ces passades. Il lui a fourni une jeune beauté de Montpellier, fille de la présidente Niquet, que je connois. Il faut bien que la marquise souffre tout cela. Tout ce qui coûte est malsain à l'État, et les p... coûtent fort cher à ceux qui peuvent les payer.
Février 1753.— La comédie du Méchant, de Gresset, a été faite sur mon frère, madame de Chaulnes en ayant fourni les matériaux à l'auteur. C'est un méchant pour le plaisir de l'être, qui passe son temps à ourdir les plus détestables tracasseries, qui se fait un jeu de nuire, attristé du bonheur d'autrui et joyeux de son préjudice, et finit par être démasqué et chassé d'une nombreuse société, où il charmoit par sa fausse douceur, son esprit à la mode, par le bon ton, et surtout par l'intérêt qu'il sembloit prendre à tous et qu'il ne prenoit que pour les détruire.
Toute la cour quête pour trouver 100,000 livres pour faire rester à l'Opéra le chanteur Gélyot, et ils sont presque trouvés, moyennant quoi il se fait 10,000 livres de rentes et promet de rester encore deux ans. On n'en donnerait pas tant pour tirer de la misère quantité d'honnêtes gens qui meurent de faim. On ne voit que folie et sottise à chaque démarche de la cour.
— Strasbourg. La mort du préteur Klinglin, dans la citadelle de Strasbourg, a mis fin à son procès ; mais on continue le procès criminel contre son fils.
— Lebel amène au roi des petites filles dans sa chambre, au su de la marquise. Cette chambre du valet de chambre se nomme le Trébuchet, parce qu'on y prend les jeunes oiseaux. Mais madame de Pompadour demeure l'amie du roi; elle seule se croyant capable de donner à la cour un air de magnificence par l'encouragement des beaux-arts et des dépenses frivoles. Cependant elle songe déjà à une belle retraite, et a acheté l'hôtel d'Êvreux 7 à 800,000 livres.










samedi 19 septembre 2009

in memoriam Kennedy

Mme Kennedy-ShriverSed Contra.fr rend hommage à Eunice Kennedy, la soeur du Lion du Sénat, disparue deux semaines avant lui. Elle restera dans l'histoire américaine comme la Mère Térésa des Embryons entre quelques autres occupations nobles tels que les J.O. Spéciaux pour aliénés. L'article de Sedcontra est .
Ayant compris que l'avortement volontaire légalisé était une "facilité" inattaquable en démagogie, elle oeuvra pour l'adoption de masse en lançant en 1972 son fameux : « One Million for Life ». Il s'agissait de trouver un million de couples adoptants. En France, ils suffiraient à peine à sauver les 220.000 embryons interrompus chaque année. Nous n'avons pas d'Eunice Kennedy ici...

Royal-Artillerie s'implique rarement dans le champ des valeurs qui est labouré par des blogues de grand talent. Une exception cette fois, une fois, sur l'avortement.

Quand le vénérable président Giscard d'Estaing donna le feu vert à Simone Veil pour vendre l'avortement maçonnique à la France en 1975, j'ai vu se briser le tabou et se dessiner les dérives auxquelles nous assistons aujourd'hui en marge de la bioéthique. On allait bricoler la vie ! Et je le disais alors autour de moi, sans grand effet dans une période d'hystérie consumériste, où les grossesses gênaient les épouses pour enfiler la petite robe noire "dirty week-end" avec laquelle elles frottaient chaque samedi soir, où plus aucune mère n'allaitait (beurk... l'odeur !), et où les moeurs libérées permettaient à tout un chacun de baisouiller au sein d'un groupe prédéfini, sans craindre encore le coup de pied de Vénus. Le Sida allait tout ficher par terre, encore que la rumeur le cantonna longtemps aux rétro-viseurs.

poussette ancienneAujourd'hui, la jet set commande le mioche sur catalogue à des instituts spécialisés qui se chargent de tout, de la conception à la livraison en passant par le tri des invendus. D'accord ! c'est en Californie ; il faudra donc dix ans pour que ça traverse. Ici, nous ne sommes pas à la traîne pour autant, au scalpel nous coupons en deux les petits bonshommes pour les passer par le col en deux fois, direction le four.
On pique aussi les tarés ou les accidentés irrécupérables. On en choppe un sur dix... Les hoirs se défendent déjà de n'avoir jamais précipité le départ de l'ascendant au cul cousu d'écus. C'est pourtant si facile ! Un piqure de chlorure de potassium et l'oreiller pour étouffer le bruit d'une rapide mais douloureuse agonie.

Quant on observe notre société française de près, c'est à dire autour de soi, on voit des landaus de la FSSPX, encore plus de poussettes noires, quelques turbo-poussettes américaines à grandes roues pour bobos mixisés, et assez peu de mamans voilées qui pousseraient la relève djihadiste. Curieusement vous croisez rarement les fruits du rut souchiste. De même pour les jaunes, les indiens, les philippins ou malais, à une précision près : les asiatiques ne baisent pas beaucoup après le premier fils, du moins à la maison. En l'absence de statistiques ethniques qui n'auraient d'intérêt que la nécessaire curiosité du citoyen contribuable, on ne peut dire comment se répartissaient l'an dernier les 828.404 naissances enregistrées à l'état-civil. L'Insee a lâché qu'un enfant sur cinq avait des racines étrangères. La marche à pied dans la capitale en donne un peu plus ; mais qu'importe !

tableau INSEE
Il est par contre assez vraisemblable qu'une bonne moitié des avortés à tous motifs sont des souchistes, sans qu'il me soit permis de les qualifier d'avortements de confort comme le font trop souvent les ligues pro-vie dans des poses mélodramatiques qui desservent leur juste cause. En dix ans, nous aurions eu un million de frankaouis de plus ! Ça vaut la peine de se battre ... intelligemment.

Cessons les défilés républicains qui ne font que 29 secondes au journal du Vingt-heures, tout acquis au droit de jouir sans entraves, cessons les opérations coup de poing avec le fût d'hémoglobine et toutes outrances d'affligés comme de se coucher sur les rails du TER quand la dernière micheline est passée. On me dit dans l'oreillette que ça ne s'est jamais fait. Maintenant ça se fera !
Il ne s'agit que de convaincre le personnel politique, le petit personnel hospitalier et le corps médical, ces deux derniers restant très réservés sur le vol d'une vie sauf en cas de grave complication. Jusque vers les années 80, la maïeutique française privilégiait la nouvelle vie à celle de la parturiente. On entend souvent dénoncer par les associations de planning familial les carences du service public hospitalier dans ses département d'IVG parce que les chirurgiens sont insuffisants. On ne peut les obliger à ce "travail" ! Ce que dénonce certains prosélytes du Planning.

liasse de billets de 20Mais il est un levier plus efficace et moins bruyant : le plafonnement au taux actuel voire une diminution progressive des taux de remboursement de l'acte d'interruption de grossesse par la Sécurité Sociale. Les motifs sont faciles à trouver avec un déficit courant de vingt milliards que les mesures dispersées de l'Etat ne parviennent à réduire.
Franchises? déremboursement du paracétamol? forfait hôtelier du CHU?...
Que tout le monde s'y mette donc !

La mesure a sa perversité, couleur qui convient bien au sujet, en ce qu'elle ferait sortir du champ d'interruption toutes les structures du secteur marchand. Par exemple dans les Bouches du Rhône, la plupart des cliniques privées ont démonté leur département IVG pour défaut de rentabilité. La mesure généraliserait ce reflux à tout le pays. Ne resteraient donc en piste que les services publics hospitaliers, qui sont considérés comme plus moraux que leurs confrères en cliniques, et partant, plus facile à convaincre de la monstruosité de l'acte, en utilisant un autre mot.

J'ai mis quarante minutes à écrire ce billet. Il en ont tué 18 pendant ce temps¹ !

Note (1): 60x24x365/220000=1IVG toute les 2,39 minutes.



foetus farceur
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