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dimanche 6 mars 2022

Le sursaut, c'est maintenant !

A l'heure où s'écrivent ces lignes, nul ne sait si Tamerlan II, que l'on dit bunkérisé dans l'Oural, appuiera ou non sur le bouton nucléaire pour éviter d'enliser sa formidable armée dans les ruines ukrainiennes qu'il étend avec méthode, d'autant plus que la guerre économique déclarée par le monde libre à la Fédération de Russie est vécue par le Kremlin comme une déclaration de guerre tout court ! Reportez-vous aux sites spécialisés pour modérer vos angoisses et prenez du Xanax, il ne s'agit pas de ça aujourd'hui.

La menace irrationnelle qui pèse maintenant sur l'Europe a le mérite de remettre à zéro le compteur des "valeurs" et de revenir aux fondamentaux de la sûreté des nations. Rien ne sert d'avoir fait de longues études, il n'est de fondamentaux que de bons sens ! Le reste est cuistrerie. Vivre en sûreté de son travail pour améliorer sa condition est la première récompense qu'apporte à l'homme le périmètre d'une nation. Tous les mots comptent. Pour y atteindre, la production de biens (ou services) et la sécurité des échanges sont deux prérequis qui n'en convoquent pas moins des qualités humaines indispensables à l'harmonie économique du projet national : parce que la meilleure des organisations - les meilleures lois de la cité - ne vaudront que si elles s'exercent sur une population éduquée dans la voie d'un bonheur chaque jour conquis.

Que nous montre la guerre d'Ukraine dès maintenant, bien qu'elle soit loin d'être finie ? Que nous avons perdu tous les instruments de notre souveraineté et sommes à la merci d'un dictateur fou, armé de seize cents bombes atomiques prêtes à l'emploi, dont une seule couchera notre détermination à lui tenir tête. Le scénario de la dissuasion manquée a déjà été évoqué sur ce blogue (ici par exemple) et par le libellé "dissuasion". Pour évacuer ce gros problème, disons qu'elle ne sera crédible que lorsque la population française sera hébergeable en abris antiatomiques comme nos voisins suisses, et qu'un bouclier anti-missiles étanche (Aster) protègera toutes les régions utiles du pays. Autant dire, jamais ! Les arguties gaulliennes et "galloises" contre la protection du peuple qui ruinerait la menace de riposte ultime, ne m'ont jamais convaincu plus loin que notre incapacité budgétaire à le faire.

Retrouver une souveraineté n'est pas un programme, mais la queue de trajectoire d'une réforme d'ampleur qui risque d'aboutir dans vingt-cinq ans. Il nous faut casser dès aujourd'hui le paradigme actuel dans tous les compartiments qui dépendent d'autrui parce que rien, absolument rien n'est possible, dans l'état de calamité financière où la Cinquième République dévoyée a conduit notre pays. Ne rabâchons pas, mais gardons à l'esprit que nous sommes déficitaires en tout et de beaucoup maintenant, comptes publics, comptes commerciaux, balance des changes, autonomie alimentaire, énergie, matières premières, l'ensemble ayant construit une montagne de dettes souveraine et sociale jamais vues dans ce pays doté de si riches atouts. Cette banqueroute républicaine nous prive en plus d'une défense à la hauteur de nos intérêts vitaux. Il nous faut donc REPARER le pays avant tout, ce qui implique de mettre à plat tout le système de l'Etat-providence d'un côté, et toute la gouvernance de la nation de l'autre, une bureaucratie ravageuse ayant tout avalé. Il y faudra beaucoup de pédagogie, mais les Français sentent venir la fin d'un monde qui n'est plus soutenu par rien. On fait la liste ?
  • Remplacer le régime de pensions d'Etat par un régime à points équilibré dans ses comptes publics ;
  • Réduire l'assurance-maladie à l'essentiel : les dépenses hospitalières, les instituts et cliniques spécialisés et les dispensaires municipaux ;
  • Ramener les allocations familiales aux besoins des familles et cesser les allocations de solidarité ;
  • Couper le cordon ombilical étatique avec la médecine de ville ;
  • Changer d'Etat en conservant un Etat régalien compétent et en décentralisant au niveau idoine le gouvernement du quotidien et l'assiette fiscale qui le porte ;
  • Décentraliser complètement l'éducation nationale de la maternelle à l'agrégation pour dégonfler le mammouth ;
  • Rupture (progressive) du financement public des observatoires, hauts commissariats, agences, fondations, instituts et autres associations d'intérêts spécifiques ;
  • Désengagement de l'Etat des "avancées" sociétales et caritatives ;
  • [votre propre proposition précédée du chiffre 9 en commentaire ].
Les masses de manœuvre ainsi dégagées permettront d'enclencher une phase de réduction progressive de la dette souveraine pour asseoir une future indépendance des marchés financiers, puis de briser les fers aux pieds de nos entreprises afin de commencer à remonter la pente du déficit des échanges extérieurs.
Au plan géopolitique, nous ne pourrons attendre l'effet des mesures prises pour réarmer. Il faudra donc "soigner" les dépenses militaires à mesure des économies obtenues dans d'autres chapitres du budget national. Mais les plus gros efforts attendus de la réforme de l'Etat concerneront la Justice, l'Hôpital, les forces aériennes et navales, en attendant de mettre à niveau l'armée de terre en remontant nos manufactures avec les agents techniques indispensables.

futur porte-avions français
- Le "Jacques-Chirac" en opérations -

Nos entreprises industrielles, agricoles et commerciales sont la clef du renouveau parce qu'elles font masse. Elles demandent moins de subsides que de libertés et de débureaucratisation. Les talents, l'envie existent dans tous les domaines d'activité, qui ne demandent qu'à s'exercer dans un champ d'application débarrassé du foutoir administratif et fiscal français typique de l'Ancien régime. Qu'on le garde en mémoire ! Et pour ne rien oublier et réformer dans la joie, extraire le domaine régalien de la dispute démagogique ne saurait nuire !
Qui s'y collera ? On voit mal ce peuple en état de révolte sourde accepter un dictateur à la romaine qu'il n'aurait pas choisi. Faut-il attendre la première détonation atomique à l'orient du Rhin ? Préparez-vous, messeigneurs, c'est le moment, c'est l'instant.

vendredi 11 février 2022

Sept Plaies françaises

En son temps, Alain Peyrefitte écrivit Le Mal français : la France avait loupé la Réforme et était tombée du côté obscur de la force archaïque et hiérarchisée à outrance. L'Europe protestante allait briller de mille feux - la banane bleue d'aujourd'hui - quand nous resterions empêtrés dans les génuflexions, la corruption cléricale et des règles obsolètes en tous domaines, agravées par un contrôle social, parfois féroce, qui aboutira à la sanglante Révolution française. En gros, bien sûr, en gros ! Mais nous n'allons pas faire le procès de la Révocation de l'Edit de Nantes, décision malheureuse pour la seule gloire du roi, qui allait déclasser durablement le pays dans les arts et les métiers. Les canons de Gribeauval furent forés par les Maritz, fondeurs protestants de Berne, car nous n'en avions plus. Ce n'est pas le vrai sujet.

Marianne en larme

Le vrai sujet est que la France a atteint un palier de décadence si bas qu'il faut sans doute chercher en nous-mêmes les raisons de cet effondrement historique parce que les causes extérieures n'expliquent pas tout. Le constat est très simple parce que chiffrable (tous les ministères produisent des chiffres, des bilans). En aucun des cas cités il ne s'agit de sentiment, de perception. Non, des faits absolus :

- Déficit commercial humiliant comparé au résultat de tous nos voisins ;
- Dette colossale gagée sur rien ni quedalle pour un pays avec tant d'atouts ;
- Déficit budgétaire primaire avant service de la dette (l'Italie est en excédent) ;
- Déficit budgétaire total agravé par une gestion électoraliste de la pandémie ;
- Déficit social (CNAM, CNAV, Assedic) insoutenable qui nous oblige à faire la pute sur le Golfe ;
- Désindustrialisation quasiment achevée par le patronat mondialiste (toute relance augmente les importations) ;
- Souveraineté alimentaire en péril malgré la PAC organisée à notre profit (même là nous avons merdé);
- Souveraineté énergétique perdue - 16% de gaz russe - (on la retrouvera peut-être dans quinze ans par les EPR et les SMR) ;
- Insécurité générale, impossible à combattre avec les armes législatives émoussées par la naïveté de gouvernements tétanisés par des "valeurs" de gauche.
Ceci est le constat, volontairement abrégé. Quelles en sont les causes ? A mon avis ?

Il y a sept causes, toutes humaines, les 7 plaies françaises :

  • (i) Une classe politique sous-calibrée et vénale par défection des vraies élites qui font carrière ailleurs que dans le marigot politicien.
    Dans sa vie professionnelle ou civile chacun de nous a croisé des types qui en imposaient, de grande culture, d'autorité naturelle et toujours les plus aimables. J'ai rencontré parmi ceux-là il y a longtemps le Cévenol Julien Tardieu, maire de Paris, comme le sénateur aveyronnais Raymond Bonnefous. Des gens que l'on écoutait avec attention et respect. Aujourd'hui la ville de Paris est dirigée par une inspectrice andalouse du Travail qui désespère de son arrogance ses équipes municipales et dont le seul talent politique fut de se glisser dans son emploi en détournant l'esprit de la loi PLM, sans avoir jamais gagné un arrondissement parisien. Quant à la vénalité de notre classe politique, sa corruption est de notoriété publique, et quand s'y ajoute l'avarice d'un François Fillon, stipendié par une société du Kremlin, il n'y a plus qu'à tirer l'échelle.

  • (ii) Une immaturité politique chronique du corps électoral qui court après les vessies éclairées et rechigne à lanterner ses représentants.
    Que notre classe politique ne soit pas au niveau (elle vote par clientélisme toutes les calamités budgétaires) est une chose, qu'elle soit élue est plus grave. Les Français n'aiment que le spectacle politique, pas la politique de la cité. Ils n'y comprennent rien et ne savent toujours pas que les milliards qui volent au-dessus de leurs revendications sont tirés de leur poche. Les peuples voisins le savent, eux !

  • (iii) Une classe de grands patrons cooptés qui sédimentent dans les conseils d'administration et ne défendent qu'eux-mêmes.
    Il y a une arrogance très française des anciens élèves de nos grandes écoles qui ne connaissent personne de plus intelligent qu'eux. La plupart sont des super-employés payés une fortune, qui n'ont pas la fibre patrimoniale de certains homologues étrangers dont l'entreprise est leur enfant. Quand nous sommes opposés à eux, nous perdons presque à chaque fois parce que ceux-là sont habités par leur boîte quand nous, nous y habitons ! La râclée emblématique fut le contrat nucléaire civil perdu par la crème atomique française aux Emirats au bénéfice des besogneux du coréen KEPCO (Hyundaï).

  • (iv) Un peuple dont le cerveau a été javélisé à l'assistanat public du berceau à la tombe et qui choisira toujours l'avantage immédiat.
    Si nous sommes fiers d'être le peuple des droits de l'homme quoique dans le passé nous imposâmes les nôtres sans trop chercher ceux des autres, nous sommes devenus depuis la récompense du CNR-1945 à un peuple battu le "peuple des droits" tout court. Des droits à ! Des avantages acquis ! De la "lutte" ! De la grève ! etc... ou, pour faire plaisir à M. Zemmour : « nous avons trop revendiqué, nous n'avons pas assez servi !» (PP capitulant en juin 40). Notre appétit insatiable d'allocations en tout genre, notre complexe égalitaire, notre soif de loisirs, ont fini par ruiner notre modèle social auquel s'accrochent encore quelques fous, inconséquents et parfois bêtes à manger du foin. Les Français ont mis la France en coupe réglée. Chapeau les cons !

  • (v) Une classe de hauts fonctionnaires qui a capté l'Etat à son bénéfice et décide de tout dans un complexe de supériorité (le néo-colbertisme sans Colbert).
    L'impéritie de la classe politique - et ça remonte à loin - a obligé l'Administration à prendre le pouvoir pour que la maison France soit tenue. Ainsi le pays a-t-il traversé la IVème République sans graves dommages (mise à part la guerre socialiste d'Algérie) et même avec quelques succès. La fabrique des hauts fonctionnaires supplanta rapidement dans la conduite du pays les anciens élèves des Grandes écoles d'ingénieurs et d'artillerie parce qu'elle tint très tôt les cordons de la bourse et qu'une partie considérable de cette aristocratie est entrée dans les hémicycles de décisions politiques auxquelles elle aurait dû être naturellement subordonnée. Cette classe - La Casta en Italie - est inexpugnable. Elle fait même la pluie et le beau temps, et quand l'orage gronde, elle fait élire l'un des siens, Emmanuel Macron, qui la protègera.

  • (vi) Une immigration de peuplement délibéré, au motif de dénatalité des souchiens, qui appauvrit le niveau moyen général, les caisses publiques et qui bourre les prisons.
    Que la terre soit basse, qu'au cul des bennes puantes l'odeur soit incommodante, que les chantiers de plein vent soient fatigants, froids ou trop chauds, que le BTP paye mal, que le travail posté en usine use prématurément la santé etc... oblige à importer des nègres. Il est carrément stupide de les prendre en otage dans la dénonciation de nos insuffisances. Il faut bien faire tourner les bétonnières et cuire le pain. Que par contre on légalise les regroupements familiaux de gens uniquement intéressés par les prestations sociales et qui pis est pour certains, transportent de chez eux une haine viscérale de la France, est d'une grande idiotie. Nous savons quels imbéciles ont signé.

  • (vii) Une orgie soviétique de normes, règles, correctifs en tous domaines pénétrés par l'Etat qui veut absolument tout contrôler avec des administrateurs de terrain sous-formés ou incapables. D'où le blocage de la créativité, de la recherche, de l'entreprenariat et surtout de l'enrichissement personnel qui reste ici un péché.
    Le paysage normatif et réglementaire français est tellement monstrueux que je ne vais pas épiloguer. A notre propre vice jacobin - les "bureaux" de Maurras - nous avons ajouté celui de la technocratie européenne qui produit du texte à jet continu, étant jugée et payée à la ligne !

Est-ce la peine de développer plus encore ? Chaque lecteur de ce blogue a déjà compris : il ne suffira pas de "réformer" le pays. D'ailleurs avez-vous entendu un candidat à la présidentielle prendre à bras le corps une des sept plaies ? la sixième par M. Zemmour, mais qui ne résout pas le problème posé par la paresse d'un peuple amolli.
Aucun candidat n'a la carrure pour conduire la révolution nécessaire, que le peuple n'acceptera pas en plus ! Ce pays irréformable va donc être exposé en proie dès que les taux d'emprunt dépasseront nos capacités de service de la dette parce qu'il faudra taper où les Français sont le moins prêts à recevoir des coups : les prestations sociales, ce fameux pognon de dingue qui nous fait champion du monde de l'Etat providence à compte d'autrui. Autrui étant nos enfants et leurs propres enfants.
Demain, les 7 atouts français ?

Nous n'avons pas parlé d'une autre grave question : nos armées, surestimées en capacités de combat intensif. Entre la dissuasion nucléaire et nos unités (très entraînées certes) de gendarmerie coloniale, nous avons des unités de démonstrateurs, nous n'avons pas la masse critique dissuasive dans aucune des trois armes. C'est le CEMA Lecointre qui l'a dit juste avant de partir. Faut-il faire un article sur cette supercherie ? Pas la peine. Le site Atlantico s'en est occupé. L'obsession islamiste et le maintien de l'ordre africain dévorent les crédits qu'il faudrait allouer à l'armée de mêlée pour faire peur sur le continent et à la Marine pour tenir l'outremer. Nous en sommes loin. Lire l'article.
Dieu contienne la Russie !

samedi 4 mai 2019

Méditation au rond-point

Sur un réseau social à l'emblème de l'oiseau bleu, l'exquise Sophie de Menthon exprimait sa perplexité quant au soutien général que reçoit le mouvement des Gilets jaunes dans ce pays. Tout est dans le dernier mot :
@SdeMenthon - « Aux 60% qui soutiennent les gilets jaunes: il faudrait commencer à prendre conscience que vous contribuez à déstabiliser le pays et qu’il n’y a rien d’autre à attendre sinon vous endetter vous et l’État @MouvETHIC. Sans compter que vous encouragez la violence. Incompréhensible.»

Ce sentiment d'incompréhension est largement partagé chez les élites françaises qui pointent les incohérences et incompatibilités des revendications populaires dans le pays le plus redistributeur qui soit, le plus taxé, le plus endetté pour faire l'échéance de ses fonctionnaires pléthoriques. On serait tenté de leur donner le point mais ce qu'elles ne voient pas est une nation malade d'elle-même. La Nation française a pourri sur pied, elle s'effondre lentement. Et la nature ayant horreur du vide comme le montrent les villages en ruines recouverts de lierre, cette Nation malade habitant le plus beau pays du monde va être submergée par les nouveaux barbares, vigoureux et pleins d'envies. Abonné à l'Itinérant, hebdo de clodos jadis ayant muté en magazine de qualité (je recommande), je lis par curiosité et un peu en diagonale le cahier d'annonces légales qui le fait vivre. Sans avoir besoin de pointer, les deux tiers des annonces sont le fait d'entrepreneurs étrangers ou d'origine étrangère par leur patronyme. Les deux tiers !!! Deux tiers du risque économique de base est pris par des étrangers en France ? Dans mon chef-lieu de canton de 30000 habitants il ne reste qu'une boulangerie française ; toutes les autres sont arabes (ou perse) et elles gagnent chaque année un prix au concours départemental du pain. Le matin passe la benne à ordures : qui est au cul du camion ? Des étrangers. L'emploi paie mal ? pas du tout, très bien au contraire. Mais il faut se lever à 5 heures. Près de la gare s'est construit un gros ensemble immobilier, un quartier entièrement neuf gagné sur les épandages : j'observais cet hiver sous la neige les pointes d'épingles noires qui bougeaient sur les immeubles en construction. Les trois-quarts des ouvriers du bâtiment sont noirs. Mon voisin a fait isoler son pavillon par l'extérieur, tout le chantier parlait arabe. Trois maisons ont été construites à la place d'un garage désaffecté tout à côté de chez moi, tout le chantier parlait balkanique... je peux en faire dix pages sans oublier la métallerie d'en-face autrefois française (des amis y travaillaient) aujourd'hui yougoslave (je ne sais de quelle ethnie)... Tout ça pour dire que le grand remplacement dénoncé parfois abusivement par la bande à Camus est surtout un remplacement dans le travail. Qui livre chez Fedex, UPS, DHL, TNT si ce ne sont des arabes ou des noirs ? Qui va monter demain chez moi mon lave-vaisselle Bosch made in Turquie, 10 euros que ce sera un noir ! Gros déficit de courage dans la population de souche, Antilles comprises. Alors le mal-être se diffuse, le cancer de la frustration métastase, la culpabilité pointe son nez, le Gaulois râle, la Nation se liquéfie.



Le mouvement des Gilets jaunes ne mobilise pas grand monde, trente ou cinquante mille, cent mille, deux cent mille sur une population politique de quarante-cinq millions de citoyens. Mais à son spectacle, chaque samedi, la Nation (ou 60% de la nation selon Mme de Menthon mais c'est monté à 84% en novembre 2018) résonne de l'expression de ce mal-être, elle vibre ! S'il est reconnu que l'assistanat généralisé a provoqué chez nous un affaissement mental sans égal en Europe à tel point que le sevrage devient dangereux, la route est courte vers la mise en cause des cadeaux empoisonnés que fit le Conseil national de la Résistance de 1945 à un peuple battu. On ne peut comprendre cette dépression sans dénoncer le régime politique conservateur qui depuis cinquante ans trafique la représentation politique et stérilise l'innovation sociale par l'arrosage des clientèles. Cette perception d'un régime en défaut fut patente au sein du mouvement des ronds-points de 2018, qui se défiait de tout ce qui pouvait ressembler à un corps intermédiaire, chambre ou ordre professionnels, parti politique, syndicat etc... La construction même de la Vè République en est ébranlée dans l'esprit des citoyens, sa constitution est vue comme une entrave, l'organisation des pouvoirs qu'elle induit, le boulet du forçat à la cheville du citoyen. On ne peut gouverner durablement une démocratie comme la nôtre si la moitié du corps électoral est barré d'accès aux hémicycles législatifs. Il n'y a pas lieu aujourd'hui de dauber sur la gabegie généralisée du régime de prébendes, la corruption morale d'une classe politique professionnalisée, la dictature d'une technostructure d'habiles et malins formatés à l'identique dans les canaux d'alimentation des cours, cabinets et administrations du pouvoir central. Non, nous nous en tiendrons au déclassement de la moitié de la Nation, ailleurs les Intouchables, ici les Invisibles.

Pour représenter les gens et en même transporter les disputes de la rue à la Chambre, il n'y a que des élections à la proportionnelle. On objecte à l'établissement de la proportionnelle dans les scrutins nationaux qu'elle empêcherait la formation de majorité de gouvernement du pays. Ce qui exclut l'exercice de coalition que pratiquent tous autres les pays européens. Sont-ce des génies de la démocratie ? Peut-être ! Nous avons déjà montré ici que la coalition est jouable dans des systèmes à la proportionnelle sous condition de contrainte, nous n'y revenons pas (cf. Parlementarisme de 2007 sur ce blogue).
L'autre objection est double. D'une part, la confection des listes électorales ouvriraient la porte à l'allégeance et à la caporalisation des groupes parlementaires. La transformation du député libre en godillot date des débuts de la Cinquième où l'électeur et le mode de scrutin majoritaire à deux tours envoyaient à la chambre des bataillons UNR ou UDR ou RPR tout à fait mécaniques de soldats stupides aux ordres, ce qui n'a pas augmenté l'estime des électeurs à leur endroit. D'autre part, le déracinement du député soi-disant hors-sol l'éloignerait encore plus de ses mandants. Ce qui est un gag quand on voit la distance mise entre eux deux. Essayez d'avoir rendez-vous. Mais notons que cette distance imposée s'est un peu réduite depuis l'explosion de la colère. Il y a cent façons de connecter l'élu au peuple, il suffit d'en choisir une qui soit distincte du mode électif.

Instaurer la proportionnelle et dissoudre l'Assemblée nationale dans la foulée aurait été une mesure suffisamment dramatique pour stopper la dérive du ressentiment général à l'endroit du Macronisme. Au lieu de quoi l'Elysée a mis en page un catalogue des Trois Suisses de la Réforme tranquille sur déficits aggravés et dette accrue. Qu'il ne se plaigne pas maintenant que le compte n'y soit pas dans le cœur des révoltés, malgré l'avalanche de milliards toujours non financés. Les gens n'attendaient pas la manne des Hébreux, mais une refonte du modèle social vers plus d'efficacité, de libertés et quelque part de bonheur. Le pouvoir, isolé dans l'entre-soi, captif d'une discipline de projet, ne l'a pas compris. Ce qui manque à ces messieurs, ce n'est certes pas l'intelligence pure ni la pugnacité, moins encore la résilience, c'est tout simplement la culture de l'Etat et celle du gouvernement des nations, choses qui ne s'apprennent pas dans une école de bachotage. Ces gens sont des touristes. Ils vinrent, cherchent à durer, seront chassés à marée descendante. Ceux qui les précédaient étaient des nomenklatouristes issus des partis politiques, blanchis sous le harnois de la prévarication, corruption, concussion et arrogance pour faire bon poids. Pour que ça marche, il faut barrer les cons et les rusés de l'accès au pont du navire. Le régalien doit être remis entre des mains compétentes et intègres, une aristocratie au sens premier. En reste-t-il ? Il semblerait plutôt que les meilleurs dans ce profil aient déserté la politique pour l'aventure personnelle dans des champs d'action où ils peuvent se réaliser sans perdre leur âme et l'honneur. A défaut d'en trouver suffisamment si l'on doit compléter les tableaux d'effectifs de forts en thème sans imagination, il faudrait au moins que la pointe de pyramide soit née pour l'emploi et ne combatte pas toutes griffes dehors pour s'y hisser ! En attendant que le régime nouveau stabilise l'Etat central, les royalistes devraient diffuser plus largement l'offre de compétence et pérennité de la monarchie pour la France de demain, sans se perdre dans les vieilleries d'hier. Dit en passant, les 60% de Mme de Menthon correspondent à la prévision d'abstention aux prochaines élections européennes.


lundi 4 février 2019

Le régime fait problème

Et si finalement c'était trop simple ? Le régime est en cause directement et son changement, voire a minima la réforme drastique de l'Etat, sont la mère de tous les remèdes au chaos actuel. C'est simple : améliorer les conditions de vie des Français moyens et pauvres exige que soit réinjecté dans le circuit économique tout l'argent qu'on pourra récupérer des dérives démocratiques qui arrosent sans discernement les champs d'inutilités. La sphère publique engloutit chez nous bien trop de plus-value créée si difficilement par l'activité humaine. Un slogan ?

L'Etat dévore la Nation !


Un régime démocratique truqué comme le nôtre jette à chaque élection la moitié du pays sur l'autre, et pour tenir la distance jusqu'à la prochaine, récompense ses clients. Cette récompense est toujours tirée de la ponction sur les perdants pour arroser les gagnants ; et pour pérenniser l'arrosage, il faut augmenter le périmètre d'intervention de l'Etat afin de sanctuariser les avantages concédés. Outre les fameuses mesures sociales en faveur des plus démunis, qui vont bien sûr créer des bureaux et des fonctionnaires pour les accompagner, on invente des "droits à" et des fromages très nourrissants. Un exemple ponctuel de fromage qui n'est pas de gauche : *En décembre 2009, une mission sur « les conséquences sociales de la mondialisation » est confiée à Christine Boutin pour enrichir les propositions du G20* (*Lci.tf1.fr-9.06.2010). ¤Le poste évolue en avril 2010 en "collaborateur de cabinet" du ministre du Travail Éric Woerth, avec une rémunération de 9500 euros par mois, qu'elle cumule à une retraite mensuelle de député et conseiller général de 8600 euros¤ (¤France Info-9.06.2010). Selon Le Canard enchaîné du 9 juin 2010 (page 2) : laquo; cette nomination aurait permis à Nicolas Sarkozy de faire taire les critiques de l'ancienne ministre envers le gouvernement (elle avait été débarquée par Fillon) et surtout d'écarter son éventuelle candidature à l'élection présidentielle de 2012 ». C'était une récompense électorale anticipée ! Elle dévoile l'état d'esprit des politiciens parvenus aux affaires : c'est rien, c'est l'Etat qui paye. Vous pouvez maintenant évoquer cent autres cas semblables de tous les bords politiques.

La Casta comme disent nos cousins italiens quand ils évoquent leur classe politique, est corrompue mentalement et matériellement jusqu'à l'os, et les désordres en cours sont en partie provoqués par le dégoût et la défiance des électeurs à son endroit. Assertion gratuite ? Que nenni ! Le Baromètre de la confiance politique du CEVIPOF 2019 (clic) signale que 79% des Français éprouvent soit du dégoût pour la classe politique (39%) soit de la défiance (28%), de l'ennui (10%) ou de la peur (3%).

Le glouton, emblème de l'Etat français


Si le peuple est souverain de par la Constitution, il va bien falloir qu'il se substitue à cette classe dans son ensemble pourrie, à quelques exceptions près de proximité que nous connaissons chacun. Le précipité populaire en cours n'augure pas encore d'une intelligence suffisante tant les vœux émis sont contradictoires (plus de services publics, moins de taxes et des retraites augmentées), mais il devrait suffire d'une éducation rapide à base de bon sens pour enfin l'éclairer, ce que La Casta s'est toujours refusée à faire puisqu'elle a préempté le pouvoir, les filières de pouvoir et l'éducation au pouvoir.

La Casta représente le peuple o-bli-ga-toi-re-ment. Savez-vous de quand date la préemption ? C'est subtil. Du 15 juin 2000, quand les jugements d'assises rendus au nom du peuple souverain furent passibles d'appel. Le mirage se liquéfiait, le peuple constitutionnel n'était crédible que jusqu'à midi. A midi dix, c'était un ramas de beaufs, diabétiques et consanguins, une foule... qui jouait aux juges mais qu'il convenait de guider entre les lices bourgeoises de la pensée autorisée pour bien garder les moutons. Royal-Artillerie appelle à briser les lices bourgeoises et, jamais en retard dans l'éducation des masses laborieuses et démocratiques, propose un axe de réflexion simple et testé ailleurs pour améliorer les conditions de la vie humaine ici, celui qui vise à tirer des ressources d'un Etat-providence lamentablement obèse, perverti par les dérives électoralistes évoquées plus haut : techniquement, on va nourrir notre projet à partir de la graisse du mammouth.

Commençons par la répartition de la dépense publique (les chiffres arrondis fournis par Contrepoints sont de 2017 mais ça change peu):

TABLEAU A
286 milliards d'euros) à l'Etat
169 aux collectivités territoriales
760 aux dépenses sociales
77 aux investissements
Total : 1.292 Mds€

On voit que le gros poste est la dépense des régimes sociaux ; elle se ventile ainsi :

TABLEAU B
250 milliards d'euros à la santé
45 à l'emploi
21 à la pauvreté et l'exclusion
325 à la vieillesse
18 au logement
55 à la famille
46 aux frais de gestion des dépenses sociales (c'est beaucoup)
Total 760 Mds€

Les plus gros postes sont finalement au nombre de trois : Etat (tableau A), Santé et Vieillesse (Tableau B).

Même si la réduction herculéenne de la dépense publique doit chasser le gaspi dans tous les compartiments de la République, on ne résoudra pas ce déficit monstrueux de 69 milliards d'euros sans taper sur les gros postes. Le plus cher est le régime de retraites déficitaire. A quoi bon s'enfouir la tête dans le sable pour ignorer qu'on vieillit plus longtemps en entrant plus tard dans la vie active ? Le tabou de l'âge légal de départ participe de cette sottise française que le monde entier découvre puisque, endettés jusqu'au cou, nous maintenons l'âge le plus jeune de l'OCDE pour des raisons idéologiques. Tous nos partenaires sont à 65 ans et cet âge glisse dans le futur pour suivre le taux de survie. Qu'attendons-nous pour être raisonnables ? Que le FMI nous l'impose ? D'autre part le défi de la durée de cotisation pour des actifs tardifs sera résolu par la retraite à points et par la défiscalisation des cotisations complémentaires libres. Quant aux régimes spéciaux non financés, puisqu'ils sont abondés par l'ensemble des contribuables, ils doivent disparaître par le seul principe d'équité, équité chérie, et tout de suite.

L'autre gros poste est l'Etat. C'est un morceau difficile à percer, mais on sait que la dépense majeure est dans les effectifs. Sans se disputer poste par poste, ni se réfugier derrière le flic ou le pompier, on sait quand même que le volant de surnuméraires est très important. Nous sommes au-dessus de la moyenne OCDE de presque deux millions de postes et les autres pays développés ne sont pas sous-administrés. Même si nous avons une attirance pour les services publics (comme l'Autriche ou le Danemark) les surnuméraires, c'est-à-dire les doublons, ceux dont le travail est dupliqué ailleurs, sont très nombreux. Fillon voulait dégager 500000 postes par attrition naturelle des départs à la retraite. C'est un minimum, pourquoi ? Parce que lors de la déconcentration des pouvoirs publics dans le cadre décentralisé, les fonctionnaires d'Etat auraient dû être poussés en masse vers les nouveaux emplois des régions, au lieu de quoi, soutenus en cela par un parlement envahi de fonctionnaires, les postes ont été maintenus au niveau de l'Etat central, personne n'acceptant d'être muté à Vesoul. Sarkozy a pu dégraisser presque 200000 postes payés à rien foutre, mais celui qui fréquente l'Etat central sait qu'il en reste beaucoup. Donc 500000 est un bon chiffre dont on peut trouver l'articulation dans les propositions électorales de François Fillon ; il se complète par la remontée des heures hebdomadaires de travail présence à 39 heures.

Dans ce chapitre "Etat", il reste bien sûr tous les débordements publics sur la sphère privée à travers une foultitude de comités théodules appelés hauts commissariats, commissions, agences, fondations, hautes autorités, défenseurs, délégués etc... On a recensé plus de cinq cents postes du style de celui de Chantal Jouanno, sans parler de l'audiovisuel public et son excroissance CSA qui font un peu relique soviétique en 2019, non ? Il faudrait chiffrer plus finement mais la destruction de ces empiétements sur la sphère privée, outre les économies engrangées, ôterait un motif important d'insatisfaction populaire. Les Français aiment la politique sociale ? Qu'ils créent et financent sur cotisations des associations qui la prendront en charge. Pourquoi, moi, dois-je cotiser par mes impôts à la société cynégétique... du Vercors ?

Le troisième gros poste est celui de la santé. C'est un sujet sensible surtout dans un pays où la pyramide des âges rétrécit à la base et où la quasi-gratuité des soins est entrée dans les mœurs publiques au même titre que le pinard et le fromage. Raison de plus pour privilégier une gestion serrée non pas du stock d'infirmières mais des bureaucrates et des ayant-droits. Comment ? En consultant les professeurs hospitaliers qui savent très bien où ça coince malgré l'huile surabondante des rouages administratifs, et en réprimant la fraude de façon impitoyable. Le juge honoraire Charles Prats en a fait son cheval de bataille, souhaitons-lui d'aller jusqu'au bout et de dénicher quelques millards qui pallieront des manques ailleurs, comme par exemple dans les soins dentaires. Dit en passant, l'AME (Aide médicale d'Etat) protégeant les étrangers de maladies transmissibles aux autochtones (ce fut l'argument de départ) devrait être auscultée dans le détail pour éviter les soins de confort et le tourisme médical provenant du Maghreb et du Proche Orient. Il s'agit d'un milliard par an. On ne peut pas non plus accepter la surconsommation médicale. Si les patients veulent conserver le bénéfice d'une prise en charge maladie quasi-gratuite sur crédits publics, ils doivent être raisonnables et pour ce faire, contraints ! Cela ne plaît pas, mais rien n'empêche les hypocondriaques de consulter des médecins non conventionnés qui leurs factureront des honoraires conséquents à la hauteur de leurs espérances de guérison.

Hôtel de région à Montpellier, avec les immeubles administratifs de part et d'autre.


Quand on aura terminé par ces évidences, il faudra passer au crible les dépenses des grandes collectivités locales, métropoles et communautés urbaines qui sont des nids de neveux à notes de frais gargantuesques. Un stage dans un conseil départemental ou régional vous apprendra tout. Ne cherchez pas, les plus grands coulages de crédits publics sont dans le midi, il faut le dire. Une gestion à la limite mafieuse coûte très cher, mais nous n'allons pas accabler d'avance ceux qui vont passer bientôt sur le grill de l'incompétence crasse, des passe-droits, de l'absentéisme et des durées de travail si courtes qu'elles en sont devenues grotesques.

Quand nous aurons fait de l'huile avec le gras du mammouth, on servira en premier la Justice qui est chez nous dans un état déplorable. Elle est notre honte en Europe. Puis nous commencerons à économiser pour réduire la dette française avant qu'un retournement de tendance sur le marché des bons souverains n'en renchérisse le prix et nous mène de la faillite à la banqueroute.


Les Gilets jaunes sont-ils aptes à comprendre qu'ils ne sont que les atomes d'un tout ? Je le crois dès lors qu'ils accepteront que pour s'en sortir, l'intérêt général doit primer les intérêts particuliers sans que ceux-ci ne soient bafoués pour autant. Les milliards non ponctionnés resteront dans le circuit marchand, dans la consommation de masse et l'investissement des courageux. Les marchés s'élargiront, la production augmentera et peut-être que certains exilés se diront que la France - plus beau pays du monde - risque bien de devenir un eldorado, et qu'il ne faudra pas traîner pour y tenter sa chance.

Arrêtons donc avec ces bêtises françaises qui n'ont plus cours ailleurs, dans le style "les plus riches paieront", "il faut partager la richesse" (sans se casser le cul à en créer), la "solidarité" des actifs et des feignants, la retraite magique à 60 ans et, chez un peuple battu, l'assistanat du berceau à la tombe (il y a des allocations d'obsèques).

Le bonheur français doit être apporté à chacun en se réalisant dans un boulot rémunéré correctement, au mérite et service rendu aux autres, occupation qui doit ouvrir des perspectives de progression par l'effort. Au lieu de quoi le bonheur français est sous Prozac à ce que dit la faculté de Médecine. Mais il faut commencer par rétablir la confiance entre les dirigeants et les citoyens, comme elle pouvait l'être par exemple sous la présidence de Georges Pompidou qui disait jadis : « Tout franc épargné, est épargné pour la France. Quant à ce qu'on en fera, faites nous confiance ! ». Nul n'en doutait.

Débarquons tous nos petits marquis poudrés, nos raisonneurs à compte d'autrui, et cherchons des hommes bien nés mais surtout d'expérience ! Comme disait Catherine II à Denis Diderot qui faisait le chemin de Saint-Peterbourg : « Avec tous vos grands principes que je comprends très bien, on fait de beaux livres et de mauvaise besogne. Vous oubliez dans tous vos plans de réforme la différence de nos deux positions : vous ne travaillez que sur le papier qui souffre tout ; il est tout uni, souple et n'oppose d'obstacle ni à votre imagination ni à votre plume. Tandis que moi, pauvre impératrice, je travaille sur la peau humaine qui est autrement irritable et chatouilleuse.»

Si vous voyez quelqu'un qui ferait l'affaire et accepterait qu'on le hisse sur le pavois, faites-moi signe. Je sais plein de trucs à ce sujet.





Addendum du 22/02/2019 : Synthèse contributive au Grand débat national postée ce jour sur le site du gouvernement (clic)
La revitalisation de la classe moyenne inférieure et la réindustrialisation (progressive) des territoires convoquent, à côté des investissements privés, des moyens budgétaires qui n'existent pas.
Il faut les trouver dans la dépense publique dont la réduction est la mère de toutes les réformes. Les trois plus gros postes de dépenses sont l'Etat, la Santé et la Vieillesse.

(i) Il faut gérer l'Etat avec modestie en écoutant la Cour des comptes et freiner le coulage clientéliste. Stop aux fromages républicains et aux structures gouvernant la dérive invasive de l'Etat dans la société (même si les Français, intoxiqués depuis 1945 à l'assistance, en redemandent).

(ii) La Santé doit être auditée sérieusement dans les gaspillages de tous ordres dont beaucoup proviennent de l'absurdie bureaucratique. Ecouter les professeurs hospitaliers qui vivent au coeur de la machine mais avec un état de conscience supérieur à la moyenne, serait ne pas perdre son temps.

(iii) On a tout dit sur la vieillesse. Il faut jeter aux orties les dogmes et principes obsolètes pour s'attacher à une gestion de bon père de famille qui reculera l'âge de départ à la retraite pour cause de vieillissement prolongé et arrêtez de faite supporter par la CNAV les dégraissements des entreprises.

Hors-sujet : le chômage. La caisse doit équilibrer ses comptes et l'Etat cesser d'y mettre ses doigts, en imposant par exemple au régime d'indemniser les intermittents du spectacle qui ne couvrent pas les frais. C'est indigne de se moquer du paritarisme quand l'ordonnancement des dépenses lui échappe.

On ne cherche pas deux ou trois milliards. mais bien trente pour commencer. Ensuite, viendra le tour de la Dette, humiliante pour le plus beau pays du monde. Mais a-t-on encore de la fierté en France sans que le ridicule ne nous tue ?
Merci au gouvernement pour avoir ouvert cet espace.




samedi 25 novembre 2017

Angela Merkel nous plante !

L'hémicycle du Bundestag d'octobre 2017 ci-dessous montre à l'évidence que la coalition de Mme Merkel est très minoritaire, et plus encore si l'on sait que seulement 200 sièges sur 709 lui appartiennent en propre, 46 étant détenus par la CSU bavaroise. Si elle demande de nouvelles élections c'est parce qu'avec un noyau dur de 28,21% elle ne peut "menacer" aucune formation concurrente et qu'elle espère améliorer sa communication de campagne sur les thèmes qui bloquent, dont l'invasion consentie n'est pas le moindre. La démocratie parlementaire dans tous ses états.

Voir l'analyse des services du Bundestag en cliquant ici

Croit-elle améliorer ses positions dans un nouveau scrutin qui ne pourrait intervenir avant Pâques ? Rien ne l'assure d'expérience puisque la République fédérale n'a jamais été confrontée à cet émiettement démocratique depuis le régime de Weimar, et sous le regard amusé d'une extrême-droite à 92 sièges dont les motifs d'élection n'ont ni disparu ni faibli. D'aucun pensent à l'inverse qu'avec une participation très honorable de 76% en septembre, de nouvelles élections ne feront pas bouger les lignes suffisamment pour relancer les dés. Une reconduction de la coalition sortante ne produira pas la même politique car Martin Schulz n'y est pas à l'aise. La CSU sera tentée de durcir le ton et le SPD de se gauchiser pour offrir une réelle alternative au régime patriarcal rhénan. Une coalition reconduite, malgré l'hémorragie des voix, pourrait s'entendre sur toute une série de mesures mais devrait aller au Bundestag pour arbitrer librement les antagonismes qui surgiront immanquablement au conseil des ministres. Ce ne sera plus du tout la même gouvernance. Il faudra en permanence convaincre, démontrer, prouver, ce qui affaiblira la chancelière.

Le pronostic est que la carrière d'Angela Merkel est en phase terminale. Elle n'est plus la solution mais le problème¹. Le doute à ce niveau est un ferment de désintégration de la coalition démo-chrétienne où vont s'éveiller des sauveurs. Quoiqu'il en soit le charme est rompu et avec lui l'autorité naturelle de la Chancelière, tant au plan intérieur qu'au niveau européen.

Mutti devrait avoir la sagesse de quitter la scène et laisser les autres s'arranger sans elle, bien que la politique soit toute la vie de ce parfait caméléon, opportuniste en diable², élevé et marié deux fois dans le monde universitaire, sans enfants à elle. On devine le crèvecœur que représente ce genre de décision à seulement 63 ans. Quant à l'Allemagne ?
Les tirages augmentent, les radios-télévisions montent le son, mais la Deutschland AG s'en bat lec ! L'usine tourne à fond, les carnets de commande sont pleins, le chômage est au taquet, les soutiers affluent de partout, le fric rentre comme jamais. Alors la politique, vous savez... L'Allemagne n'ira pas plus mal, de quoi pousser Jean-Luc Mélenchon au bouillon de ciguë !


Mais c'est bien à Paris que les choses se compliquent. "Houston, on a un problème !".
Le plan Macron, qui malgré un savant emballage ne visait rien d'autre que l'émission d'eurobons de mutualisation des pertes sous une forme sophistiquée, est plus qu'en péril. Les Libéraux n'en veulent pas, mais pas qu'eux. Pourquoi dépenser le bon argent teuton à sauver la république des cochons français qui se vautrent dans leur bauge collectiviste ? D'autant que les promesses de redressement structurel se font attendre. Même Bruxelles en doute de plus en plus, qui annonce la non-conformité du projet de budget 2018 et suppute un magouillage futur pour sortir de la procédure de déficit excessif, qui nous est appliquée comme aux mauvais élèves de la classe européenne.

Si l'Allemagne fait défaut sur l'engagement merkélien, le château de cartes de la réforme européenne qui sauverait la France par injection de crédits européens d'investissement s'écroule, puisqu'il était convenu d'amorcer quelque chose à Paris pour pouvoir revenir à Berlin aux petits-déjeuners de la Chancellerie du Reich. La complicité, feinte ou réelle, entre les deux parrains de l'Europe n'aboutit pas. Encore moins si les Libéraux du FDP entraient dans la coalition jamaïcaine. Et on ne va pas tarder à ressentir un frisson d'excitation chez le groupe de Visegrád renforcé de l'Autriche, comme en éprouvent des colonies avant l'indépendance ; mais aussi chez les bons élèves efficaces en gestion publique, négligés pour leur moindre taille par la team'com de l'Elysée, que sont les Pays-Bas, le Danemark, la Suède et la Finlande, la vieille Hanse en sorte.

En résumé et pour la France, qui est, je le répète, notre souci, les réformes courageuses du code du Travail et du système de formation professionnelle ne sont, vues d'ailleurs, que du simple bon sens qui a bien trop tardé chez le "pays qui sait tout". Elles ne peuvent cacher longtemps la perpétuation du cancer français avec son armée de feignants sur crédits publics, ses régimes communistes spéciaux, ses caisses vides. L'aura du sémillant président que le monde nous envie pourrait rapidement pâlir sans le soutien de l'Allemagne. Si le pronostic du retrait définitif d'Angela Merkel se confirmait, son successeur se ferait, n'en doutons pas, un plaisir de remettre en cause les facilités accordées au beau baratineur français, notre Justin Trudeau à nous, pour replacer la France face à sa gabegie éhontée. Contrairement à bien d'autres pays européens (Grèce comprise) nous n'équilibrons même pas notre budget primaire (avant service de la Dette) en écrasant le pays d'impôts et taxes ; de quoi recevoir un jour à la table du Conseil européen le fameux ¡cállate!³ du roi d'Espagne à Hugo Chavez. Ainsi disparaîtrions-nous du cercle décisif comme sous la présidence Hollande et nous n'accéderions même pas à la couronne de Reine des Gitans, lesquels sont bien meilleurs en gouvernance sans nous ! Ciel sombre pour une République soviétisée toujours en retard sur ses voisins !
(vendredi 24.11.2017)

Note (1):
Le président SPD Steinmeier consulte à tout va mais la répartition des sièges parle d'elle-même : tous les groupes sont en position de chantage. Les voici par ordre décroissant :
  • CDU (démocratie chrétienne) : 200
  • SPD (gauche sociaux-démocrates) : 153
  • AfD (extrême-droite) : 92
  • FDP (libéraux) : 80
  • Die Linke (gauche radicale) : 69
  • Les Verts (RFA charbon et RDA lignite) : 67
  • CSU (sous-groupe démo-chrétiens bavarois): 46
  • Non-inscrits : 2
  • Total 19è législature : 709 sièges
On remarque que l'alliance hypothétique des gauches et des verts (153+69+67=289) dépasse l'alliance CDU+CSU (=246). La majorité étant à 355, chaque coalition convoquerait 66 sièges dans le premier cas et 109 sièges dans le second. Plutôt que la coalition jamaïcaine de Mme Merkel menacée du chantage permanent des Libéraux, c'est un gouvernement minoritaire des gauches qui serait logique avec les résultats électoraux de septembre. Que fait M. Steinmeier ? Cherche-t-il 66 réponses ou 109 ? Ou les 153 permettant de reconduire la coalition sortante ?

note (2) : lire l'article d'Odile Benyahia Kouider dans L'OBS en cliquant ici.

Note (3) : La ferme !

lundi 8 mai 2017

Et c'est reparti pour un lustre !

C'est fait ! Vox populi, vox dei : Emmanuel et Brigitte Macron ont acquis le droit de pendre la crémaillère dans la bonbonnière de la marquise de Pompadour et d'y inviter tous leurs amis pendant cinq ans, ou plus... si affinités avec le peuple français qui n'existe d'ailleurs pas. Quelle belle aventure d'amour, Guenièvre et Lancelot du Lac héritent de Camaaloth ! La reine fut professeur de latin et de français, ce qui nous ramène à des premières dames à bagage que le temps des poules nous avait fait oublier. Pour le reste, c'est à lui qu'on s'adressera désormais en lui donnant du monsieur le président ; elle, le regardera vieillir deux fois plus vite que d'habitude et la rattraper de cette façon ; c'est la fonction la plus usante du microcosme. Pour une fois, elle sera assumée par un homme de presque quarante ans, ce qui ne déplaît pas au pays, lassé des croûtons rassis des partis en cour. Le dernier jeune président fut aussi le premier d'entre-eux, Louis-Napoléon Bonaparte qui accéda à quarante ans et fut l'unique président de la II° République. Tout commence maintenant pour deux attelages inédits à la ville comme au palais, le premier ministre ayant pour référent une pointure intellectuelle quoiqu'on en dise, un khâgneux philosophe et énarque, lauréat du concours général, ce qui compte peut-être plus que le reste. A la ville, l'écart de génération n'est pas plus grand qu'entre Melania et Donald (je sais ce que vous voudriez dire).

Sans augurer de l'avenir - en aura-t-il un à l'issue des #MacronLeaks en cyrillique ? - on peut avancer que le président Macron a su évaluer par le principe de réalité la position géopolitique et les ambitions françaises jouables, bien avant les incantations vociférantes en meeting. Il ne cassera pas la baraque à l'extérieur, nous n'en avons plus les moyens et c'est un gage de succès comme aurait pu le lui dire Edmond Burke. La tabula rasa sied aux esprits simples et aux orgueilleux incultes. Oublions par contre le programme électoral qui ne survivra pas tel quel à l'élection. Ce pays est irréformable sauf au cœur d'un drame national. Pompidou disait qu'on ne pouvait en France faire bouger les lignes qu'à chaud. Par la raison ou le bon sens, c'était impossible. Comme on n'est pas (encore) en guerre intérieure, il s'agit maintenant d'attendre que les oppositions s'usent jusqu'aux congés d'été avant de gouverner au mieux des intérêts bien compris du pays et naviguer entre contraintes intérieures et dépendances extérieures as usual.

Mais il est un fait nouveau : la haute bourgeoisie s'est ralliée d'un bloc. Jacques Attali disait l'an dernier, parlant de la fusée Macron : voilà un bon produit, un bon logiciel, y a plus qu'à ! On jugera de l'influence de la Haute dans l'évolution de la contestation et dans la mise en œuvre in fine des réformes indispensables au dernier pays marxiste d'Europe ; soit par extinction du mécontentement à travers les syndicats ouvriers et le mouvement pseudo-alternatif qui canaliseront le mécontentement vers le cocufiage, soit par extinction de l'embrasement que les pouvoirs bourgeois auront provoqué pour atteindre aux circonstances de désordre nécessaires à la proclamation de l'article 16 de la Constitution, un 18-Brumaire moderne.



Dans leur analyse du mode de désignation du chef de l'Etat, le Groupe d'Action Royaliste* avait cité Danielle Mitterrand qui bornait ainsi la capacité d'intervention de son président de mari : « Après 1981, je demandais à François Mitterrand : "Pourquoi maintenant que tu as le pouvoir ne fais-tu pas ce que tu avais promis ?" Il me répondait qu’il n’avait pas le pouvoir d’affronter la Banque mondiale, le capitalisme, le néolibéralisme. Qu’il avait gagné un gouvernement mais non pas le pouvoir. J’appris ainsi qu’être le gouvernement, être président, ne sert pas à grand-chose dans ces sociétés sujettes, soumises au capitalisme. J’ai vécu l’expérience directement durant quatorze ans. En France, on élit, et les élus font des lois qu’ils n’ont jamais proposées et dont nous n’avons jamais voulu.»

Gouverner au sens plein à notre époque revient à optimiser les dépendances. Royal-Artillerie le rabâche depuis dix ans. La faillite annoncée des programmes hyper-souverainistes et les prémices d'un hard Brexit infinançable par les Brittons - le UKIP est en voie de désintégration au Royaume-Uni - a convaincu une majorité importante du corps électoral français que nous n'étions pas une île. Sans blague, nous sommes déjà mitoyens avec sept pays ! Au-delà, la France est imbriquée dans le monde pour le meilleur et pour le pire, et pas plus que sous François Mitterrand, elle n'est ni sera seule ! Mais optimiser les dépendances n'est pas s'abstenir de gouverner comme s'y est vautré ce brave monsieur Hollande, incapable de briser la coquille élyséenne. Il a dépensé son temps à se chercher des excuses, des traîtres et des miroirs, comme nous le révélait le bouquin de Davet & Lhomme qui l'a tuer. Tout le contraire de "fonctionner", présider la V° République c'est du haut niveau, quasiment surhumain, exaltant au bout du compte quand on a cumulé les gains ! Macron y croit. Croyons-y avec lui quelques semaines.

Pour conclure, constatons qu'au pantographe de la mondialisation, la France est un beau pays moyen, souvent le premier du pack des moyens (clic p.379 et >) : pnb/$ (5°), population (20°), défense (5°). Faut faire avec intelligence et ruser un peu avec nos outremers ! A défaut de rente minière, à nous de pousser partout nos atouts - il en reste - en commençant par libérer la créativité qui en permet leur exploitation. Ce pays est intelligent mais bridé par la soviétisation imposée à la Libération. Ses atouts sont : dans le désordre, l'agriculture commerciale, l'agro-alimentaire, la pharmacie, l'aérospatial, l'atome, les start-ups, la bancassurance, le luxe et le tourisme (culture, œnologie et gastronomie) sans oublier la deuxième zone économique exclusive et bien sûr, le concours Lépine.

Sortons des débats politiques... ils ne créent aucune richesse, au contraire. S'ouvre maintenant une période des luttes sociales et corporatistes annoncées pour contrer d'emblée la politique réformiste de M. Macron (ultra-libérale paraît-il, malgré des taux de prélèvements et redistribution proprement collectivistes - gag!). C'est la Gaule éternelle livrée à elle-même qui attend son Pacificateur. Mais il faut purger la colère populaire d'abord ! Vous avez les indices, on en reparle ?


Madame Première

Note (*): L'article du Groupe d'Action royaliste est à lire in extenso par ici (clic)

 

COMPLÉMENTS D'OBJET DIRECTS

De quoi s'agit-il quand on parle d'optimisation ? Faisons l'inventaire des chaînes existantes qui ne sont pas toutes de captivité mais aussi de transmission :

- Approvisionnement énergétique
(sujet abordé dans le billet précédent) Le mix énergétique français est à régler au mieux de nos intérêts mais il est facile de comprendre que des négociations au niveau européen avec les producteurs d'énergie étrangers auraient plus de poids. Si l'Europe discute avec Gazprom ou la Sonatrach pour un marché de cinq cents millions de consommateurs etc... Optimiser c'est avec l'Europe.

- Droit européen
Les cours européennes de justice nous contraignent, c'est vrai, mais à y porter nos analyses, nous agissons déjà. Il faut certainement s'impliquer plus dans le travail juridique où nous sommes reconnus très bons.

- Droit international
La charte de San Francisco nous gouverne à notre insu, mais nous avons l'avantage du fondateur et bénéficions d'un siège au Conseil de sécurité assorti d'un pouvoir de veto. Nous avons aussi une certaine aura en assemblée générale qu'il faut savoir exercer intelligemment. Bien menée, la contrainte onusienne n'en est pas une et peut rehausser le prestige de notre diplomatie.

- Code international de commerce (OMC CEE)
Les lois internationales du commerce existent depuis la Renaissance et leurs contraintes sont les garanties de nos clients et fournisseurs. Hors ces lois, nous perdrions toute crédibilité, comme s'y sont essayé quelques pays émergents à leurs dépens. Le premier secrétaire général de l'OMC fut un Français. Nous y existons donc. A nous de peser dans le sens de nos intérêts et faire agir le niveau compétent sous pression, souvent l'Union douanière européenne. Il suffit de travailler et de ne jamais lâcher le bout. On ne voyait pas trop un Harlem Désir dans le schmilblick.

- Monnaie étrangère et commune
Nous avons déporté à Francfort le pouvoir de battre monnaie pour une raison simple : nous étions incapables seuls de brider notre création monétaire. Adepte de la politique du chien crevé au fil de l'eau, la classe dirigeante française, addictée au collectivisme répartiteur, a constamment soldé ses comptes par la dévaluation. Les acteurs économiques trafiquent aujourd'hui en euro et s'en trouvent bien, j'en témoigne. Cette monnaie a autant de valeur que les quatre autres grandes monnaies du monde (GBP, CHF, USD, JPY) ce qui ne fut jamais le cas du franc français après la dévaluation Poincaré de 1928. Si nous avons perdu ce pouvoir, c'est de notre faute, y revenir ruinerait non seulement l'épargne populaire, mais notre crédibilité internationale jusqu'à l'humiliation de passer par l'euromarc ou le dollar dès que nous traiterions à l'étranger. L'accès aux prêteurs internationaux ne se fera jamais en francs nouveaux. Même à l'époque, nous émettions des bons en devises ou en eurofrancs (francs expatriés), pas en francs domestiques. Pour parer le premier choc pétrolier en 1973, Giscard d'Estaing, ministre des finances de Pompidou, fut même obligé d'emprunter en garantie-or auprès des épargnants français qui n'avaient aucune confiance dans la monnaie nationale.
Il n'y a rien à optimiser là, sauf à peser au conseil de la BCE et à rétablir nos comptes publics comme promis. Le jour où nous serons en excédents, nous n'aurons plus envie de repasser au franc.

- American way of life (culture)
L'américanisation de nos sociétés est souvent perçue comme une mode, une tendance... mais c'est parfois une véritable contrainte quand elle guide les goûts du public consommateur en stérilisant le champs des choix qui lui sont offerts. Il y a beaucoup à faire contre cette globalisation, à commencer par libérer la création domestique pour la sortir du sillon gauchisé. Même si ce n'est pas de la vraie culture, les productions d'EuropaCorp de Luc Besson démontrent qu'on peut jouer dans la cour des grands. Un "ministère" est-il la meilleure méthode ? Selon Frédéric Mitterrand, le ministère de la Culture est un fromage où toutes les dépenses sont fléchées vers les abonnés au Système, et où se recopie le modèle subventionné français, pas toujours formidable. Le cinéma est le volet le plus visible mais il y a quantité d'autres tonneaux des Danaïdes.

- Contraintes atlantiques
Il s'agit dans l'esprit des gens de l'Alliance éponyme**, mais les relations économiques et politiques entre l'Amérique du Nord et l'Europe occidentale suggèrent un billet dédié, ce serait trop long. L'OTAN est un outil de guerre à disposition, qui ne nous oblige pas plus que nous ne le voulons. Les preuves sont... désarmantes, l'affaire d'Irak de 2003 les résume toutes, l'affaire d'Afghanistan en rajoute une couche. Nous nous sommes abstenus là avec quelques autres et y sommes allés ici de notre plein gré, sous Jacques Chirac. En plus, la participation au commandement intégré et à ses procédures imposées nous a forcés à rehausser les nôtres qui commençaient sérieusement à dater.

Finances internationales
Les financiers internationaux n'ont jusqu'ici jamais manqué à l'appel du renflouement de notre gabegie nationale, ce qui laisse penser que, vu de loin, le pays est solvable et sûr, pour deux raisons : a) l'impôt rentre, même si le taux de prélèvement est exorbitant à la limite du racket fiscal ; b) le patrimoine des ménages excède la dette souveraine. Certains ont du mal à l'encaisser, mais la finance anonyme et vagabonde n'est pas notre pire ennemie, elle paie rubis sur l'ongle ! Par contre, nos déficits structurels la convoquent à la table des décisions politiques. La politique de la France ne se fait pas à la corbeille mais la corbeille téléphone souvent quand même. Le pouvoir sera toujours prudent avec la Banque puisque nous aurons longtemps besoin de preneurs de bons du Trésor.
Note (**): Le blogue Royal-Artillerie recense 47 billets libellés OTAN ou NATO. Bon courage.

lundi 20 mars 2017

Pékin : contraindre autrui au libéralisme

Cet article a paru dans l'Action française 2000 du jeudi 16 mars (n° 2951) en page 7 sous le titre La Dictature libérale d'un Etat communiste. Il accompagnait la mission du Secrétaire d'Etat Rex Tillerson en Asie du Sud-Est et particulièrement sa visite à Pékin, préparatoire au sommet Xi-Trump du mois d'avril en Floride. Le texte original entre en archives RA.

Faire revenir l'Empire du Milieu au balcon du monde exige du gouvernement chinois des solutions sûres et définitives. Confronté à des défis insurmontables partout ailleurs, son seul atout est l'absence d'élections générales rapprochées qui obligeraient à dévier dans un sens puis dans un autre. Le premier défi est un héritage de l'enfant unique. Selon le Bureau national de la statistique, la pyramide des âges a ajouté en cinq ans 45 millions de personnes âgés d'un côté et a réduit de 33 millions d’emplois la force de travail censée les soutenir. Cette démographie inversée à l'allemande convoque les mêmes remèdes qu'outre-Rhin : la modernisation forcée de l'outil productif et le rehaussement technique de la main d'œuvre. Une réforme difficile est aujourd'hui la réduction d’énormes capacités excédentaires de production dévoreuses de crédits publics et leur redéploiement où nécessaire. Elle est décidée. Ceci veut dire en clair, des licenciements massifs dans les industries obsolètes et un recyclage général par une formation professionnelle d'ampleur. En libéral qui ne dit pas son nom, Xi Jinping n'entend pas ralentir la course à l'efficacité économique et à la qualité des fabrications toujours améliorée, parce que c’est le meilleur frein à l'invasion du sol national par des productions étrangères. L’élagage de millions d'emplois est compensé par des immobilisations massives sur tous les hauts de bilans privés et publics : 45 trillions de yuans (6,5 trillions de dollars US) sont programmés par les régions en 2017 (le régime est décentralisé depuis longtemps). Au dehors, le marché mondial est vital pour la rationalisation de la production et pour la commercialisation des excédents qui alimentent la pompe et grossissent les stocks de devises à réinvestir dans le pays ; ce monde extérieur doit être libre !
Les lois de la mondialisation ont prouvé leur efficacité chez qui sait faire. C'est le message que monsieur Xi a passé à l’Occident au sommet de Davos cet hiver. Entraver la libre circulation des marchandises serait bien plus grave pour lui que de bloquer l'accès à trois récifs de corail en Mer de Chine. Les discussions inévitables avec les Etats-Unis d'Amérique vont devenir globales et se durcir pour préserver l'accès aux marchés solvables du monde. Entre-temps la dénonciation du Partenariat Transpacifique par Donald Trump va lui montrer combien la mondialisation a horreur du vide si la Chine se substitue aux Etats-Unis.

Le fond de sauce chinois de la dialectique sino-américaine est dans une compréhension des intérêts impériaux réciproques : nous savons les vôtres, connaissez les nôtres. La liberté des échanges à travers les règles de l’OMC inventées par les Anglo-saxons, leur est indispensable pour rassurer un milliard presque quatre cent millions de gens. Pourquoi créer des problèmes dont la solution en créera de nouveaux ? Pourquoi vouloir faire payer au commerce mondial les dysfonctionnements que les Etats-Unis affrontent à un moment donné ? Le patron d’Exxon promu au Département d’État va très bien comprendre cela.
Pragmatique dans ses orientations et adepte des petits pas depuis Deng Xiaoping, la Chine vient de comprendre qu’il lui fallait sortir par le haut du tête-à-tête avec Washington et conceptualiser les relations internationales sur un plan global décompartimenté. Plutôt que d'asséner comme avant, elle discute, démontre et laisse les géo-stratèges inventer des menaces qu’elle ne brandit pas. Sa diplomatie et ses instituts linguistiques diffusent déjà une idée de libéralisme économique dans le droit fil de la liberté des mers défendue jadis par la Grande Bretagne à coups de canon. Mais la mondialisation n’induit pas la globalisation.

La Chine ne se fondra pas dans le moule décadent occidental. La dictature intérieure trop malmenée par le cyberespace et le caractère frondeur et violent des Hans, ne s'assouplira pas car le Parti sait combien le grand frère soviétique a payé cher sa naïveté, mais la promotion inlassable d’une libéralisation des relations extérieures va devenir une priorité sans pour autant déteindre sur une démocratisation des mœurs intérieures, simplement déjà parce que la démocratie obère le projet titanesque du China Dream. Monsieur Xi ne peut tout faire et n’en a pas envie.


Sources
(a) http://news.ltn.com.tw/news/focus/paper/1082360 - mode de négociation avec le Kuomintang de Taïwan.
(b) http://news.xinhuanet.com/politics/2017-02/28/c_1120545454.htm - décision du Groupe de conduite des affaires économiques du redéploiement des excédents productifs avec plans de formation pro.
(c) http://www.chinatimes.cc/article/64563.html - In 2017, China to Stimulate Economy with 45 Trillion Yuan Investment in Fixed Assets (6T$) auxquels s'ajoutent 154 milliards de l'Etat central dans l'eau, les transports et l'énergie.
(d) http://datanews.caixin.com/2017-02-27/101059600.html - China’s National Bureau of Statistics released in January 2017, at the end of 2016, the number of working-age population who were between the ages of 16 and 60 was about 33.25 million lower than in 2011. At the same time, China’s population aged 60 years and over at the end of 2016 increased by 45.87 million compared with 2011.
(e) http://news.xinhuanet.com/world/2017-02/26/c_129496228.htm (Fudan University on NAFTA) - U.S. does not face its own domestic economy, political, and social structure issues but rather blames unfairness and an imbalance in international trade deals, it will not help to solve its own problems. Rather, it will hurt others as well as itself.

Postscriptum:
La rencontre Xi-Tillerson relatée par le New York Times et par l'agence Chine Nouvelle.

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mercredi 23 novembre 2016

Trois réformes-mères


L'heure est à la campagne présidentielle, l'heure est à la réforme, comme chaque fois depuis, depuis... depuis 1848. Relire les bons auteurs de l'époque. La liste est longue chez ce pays empêtré dans un soviétisme que tous ses voisins ont abandonné et nous vous en ferons grâce, mais il est trois réformes, décisives pour mettre en œuvre toutes les autres, les voici en version courte :


I.- Séparation du Parlement et de l'État

L'État est ici l'administration du territoire et des peuples. En attendant qu'un roi simplifie l'épure constitutionnelle, le parlement est souverain en ce qu'il porte l'expression de la Nation. Il n'est pas logique que le parlement soit investi par les corps constitués publics, intermédiaires voire élémentaires, chargés de mettre en œuvre la politique de la Nation. Ils ne peuvent décider d'un côté et exécuter de l'autre. La pénétration de la fonction publique dans les rouages parlementaires est une absurdité dont s'est protégée la Grande Bretagne par exemple¹.

L'inégibilité des fonctionnaires cessera leur pression au parlement et permettra d'ouvrir la voie à la réduction du périmètre de l'État contre laquelle ils se battent becs et ongles. Comparé à nos partenaires de l'OCDE, nous avons 1,6 million de surnuméraires (source). Réduisons le périmètre pour réduire les effectifs (et pas l'inverse). On peut le faire en plus ou moins vingt ans.

La défense réglementaire du fonctionnaire est de se planquer derrière le travail pénible des infirmières sinon dangereux comme celui des policiers ou des pompiers, mais nous n'avons pas cinq millions d'agents de ces catégories². Revenons au régalien et tout le monde comprendra.


II.- Séparation des syndicats professionnels et des finances publiques

Les syndicats professionnels ouvriers et patronaux ne doivent pouvoir compter que sur les cotisations de leurs adhérents, ce qui est la première motivation pour en défendre les intérêts propres. Ceci ne veut pas dire qu'il faut pétrifier leur influence à la masse des cotisations actuelles. Dans la mesure où certains services aujourd'hui "publics" seront reversés aux partenaires sociaux responsables, la masse d'adhérents augmentera forcément pour simplement couvrir les besoins de tout un chacun.

Le tarissement des subventions publiques changera carrément le programme de défense des intérêts catégoriels qui resteront différents des intérêts généraux que les centrales syndicales amalgament pour accroître leur niveau de tapage. On passera du parasitarisme au paritarisme vrai.


III.- Etablissement d'une retraite équitable universelle par points

L'euro cotisé doit avoir la même valeur pour tous. Les régimes de pensions publiques et privées doivent être fusionnés pour aboutir à un régime unique. Le système par points permet ensuite d'arrêter les régimes spéciaux qui sont une vraie gangrène sur la cohésion nationale tant les disparités sont grandes.

La caisse unique par points supprimera naturellement les nombreuses caisses complémentaires et de substitution qui vivent dans le désordre et leur déficit perpétuel. Le futur statut de la caisse unique pourrait être apparenté à celui de la Banque de France pour y interdire les doigts crochus de l'État qui viendrait y calmer le prurit de son impéritie.

Les cotisations privées à des fonds de pension resteront du domaine personnel mais il ne sera pas question de les défiscaliser car cela amoindrirait la mise au pot commun.


Montesquieu


Voilà donc trois réformes-mères sans lesquelles aucune autre n'aboutira sauf à écraser l'émeute sous les chenilles des chars. Dans le fatras des propositions de la Droite et du Centre, on ne distingue pas de priorités ; on y exacerbe plutôt les dérives sociétales et politiciennes à croire qu'après les derniers coups de menton rien ne changera vraiment sauf l'habillage. François Fillon fait du Sarkozy-2007 et Alain Juppé du Chirac-1995. Pschitt citron et Pschitt orange.



Notes :
(1) Au Royaume-Uni les fonctionnaires de l'étage régalien sont barrés du Parlement. Le fonctionnaire étant réputé démissionnaire avant même d'avoir fait acte de candidature, la notion de décharge d'activité pour exercer un mandat électif est inconnue du droit britannique (source).
(2) Exemple de surnuméraire entre mille: Je connais une ville qui distribue des sacs poubelles une fois l'an à tous les foyers de la commune. Et il y a un bureau spécial, séparé des services administratifs et des services techniques de la municipalité, auquel on va pour prendre des sacs supplémentaires si besoin est ou quand on vient d'arriver. Ce bureau tient un registre de tous les foyers inclus dans les tournées de distribution avec le nombre de sacs livrés. Y sont employés deux agents municipaux à plein temps (pour assurer la permanence en cas de congés annuels, maladie ou imprévus) et l'affluence est si mince que vous n'y ferez jamais la queue et n'y verrez jamais personne entrer derrière vous même si vous restez longtemps. Pourquoi ?

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lundi 22 février 2016

Retourner les faux

On dit souvent que le Français est très majoritairement issu de souches paysannes. C'est sans doute pourquoi il a une passion particulière pour la cause agricole et des idées pour la défendre. C'est le but de ce billet, le piéton du roi étant, lui, greffé sur la souche viticole. Je lis souvent les analyses bretonnantes de Jean-Philippe Chauvin et partage toutes ses conclusions* mais, historien plus qu'économiste, il ne perce pas suffisamment la dictature des filières. Les paysans qui barrent les routes pour le lait ou le cochon sont victimes d'un modèle économique centré sur la liberté de l'offre, liberté régulée par la punition ciblée des subsides à éclipse qu'ils reçoivent. Sans faire un cours de Génie rural, on peut distinguer deux agricultures pour demain et on va voir que les filières porcines et laitières actuelles n'y sont pas.

(*) Son dernier article sur Nouvelle Chouannerie : Des agriculteurs abandonnés par la République (clic)


L'agriculture sympa est la ferme en polyculture**


... sur laquelle subsiste une famille qui peut être nombreuse et qui sert le marché local en produits frais et contrôlables. Il y a de l'avenir sur cet axe, pour la simple raison que c'est le seul modèle anticapitaliste, et que l'argent vagabond n'y viendra pas. La demande de produits propres augmentera sans arrêt. Les prix aussi ; mais l'hypocondrie latente du mangeur lui fera accepter un surprix "qualité" qui le sauvera du cancer. Dans cette agriculture, on peut ranger toutes les niches techniques à commencer par la viticulture et les laiteries, mais aussi le maraîchage, la production fruitière artisanale et la salaison.
Ces activités ne rendent pas riches, mais permettent d'élever une famille très convenablement dans un cadre naturel. Le contact direct avec le consommateur indique les déviations à prendre pour bien continuer. C'est le vieux modèle français qui malgré tout ne peut plus nourrir les villes.

(**) Il est intéressant de s'abonner au mensuel Country qui revisite à sa façon la série "Green Acres" : CLIC !


La seconde agriculture est celle des filières.



C'est un modèle adapté à la consommation de masse, d'autant plus pertinent pour accompagner la métropolisation de l'espace qui est en train de s'imposer. Ce que produit l'agriculture des filières et une matière première qui doit franchir un ou plusieurs stades de transformation pour atteindre le consommateur. Or les manifestations que nous voyons tous les jours nous indiquent qu'elle fonctionne en régime d'offre. J'allais dire bêtement. Les producteurs font tourner leurs exploitations et se présentent sur le marché pour écouler les matières premières. A partir de là tout leur échappe. C'est le plus mauvais modèle et pourtant le plus ancien, quasiment médiéval. Mais curieusement, c'est celui qui dès l'après-guerre fut poussé par le Génie rural, adossé au Crédit agricole qui suppléait au défaut de capital par des prêts gagés sur le travail. La seule pompe qui fonctionne au bénéfice de tous sur une filière agricole est la pompe aspirante. Le transformateur au contact du marché de consommation organise les productions intermédiaire et primaire, la filière n'ayant qu'un seul patron : le client final. Dans ce modèle, le transformateur passe des contrats d'approvisionnement (un peu comme dans le raffinage pétrolier). Certes, en période de surproduction il est plus avantageux pour lui de venir sur le marché spot, mais on peut le contraindre de diverses façons comme en compliquant les marchés spot ou en y raréfiant l'offre. Le Cadran de Pleven fut le boulevard d'accès des transformateurs à la mise en coupe réglée des producteurs porcins ! Si le transformateur n'a plus de place de marché global où agir hors-contrat, cela devient très difficile pour lui de gérer les approvisionnements qui lui sont indispensables à faire tourner l'usine. Renverser le modèle prendra du temps, mais l'impulsion est déjà donnée dans certains segments comme la volaille.


Cowgirl


Si on veut être complet (j'ose), il existe une troisième agriculture, mais qui n'impacte pas vraiment la crise agricole, motif de ce billet : c'est l'agriculture commerciale internationale qui fournit le marché mondial en denrées de base. Celle-ci n'a besoin ni des soins de l'Etat, ni même de la surveillance de Bruxelles même si elle en accepte les subsides. Elle est réglée par un cadran spécial commun à tous, chaque spécialité a le sien, qu'il soit à Paris, Londres ou Chicago (voir la carte). Les productions tropicales sont mieux connues (café, cacao, soja) mais nous y sommes aussi pour les blés meuniers, l'orge, le maïs-grain, le houblon, le colza etc... que nous appelons les "grandes cultures". Cette agriculture est forcément capitalistique, elle est organisée en groupements puissants capables de faire plier des Etats ; elle livre par bateaux complets et contribue plus à nos exportations que la filière automobile ! Les ministres qui se succèdent à Paris n'en comprennent pas toujours les tenants et aboutissants. C'est un métier relativement fermé, un peu comme le bitume, l'urée ou les pistaches.




Terminons du côté obscur de la force.

Les acteurs de marché pointent souvent du doigt la "grande distribution" et ils ont bien raison. La grande distribution dont la centrale d'achat la plus emblématique du secteur est celle des Leclerc, manœuvre toujours à la limite de la rupture de ses ressources. Pour avoir le prix final le plus bas possible, il faut acheter le plus bas possible, mais pour conserver de la ressource - i.e les couillons qui se lèvent tôt - il suffit de payer le "juste prix" un poil plus haut que le prix auquel on se suicide. Et si les paysans sentent bien cette politique délibérée contre leurs intérêts, les ministres qui se pavanent sur les foires ne s'en occupent pas. C'est au choix : ou bien ils sont bêtes, ou bien ils sont complices. Ne donnons pas de mauvaises idées, mais parfois, faire passer la justice de Laguiole résout bien des conflits. Une agriculture de filière renversée en "pompe aspirante" devra passer en force sur la grande distribution en clouant ses chauves-souris sur la porte des granges.


En résumé (?!), l'indice de bonheur brut du paysan est dans la ferme de proximité ; mais il peut aussi se réaliser comme maillon premier d'une filière de produits transformés qu'il intégrera complètement. Le paysan du Crédit agricole est foutu. Quand on fera les comptes, on y réintégrera le prix de la sueur avant de tirer les soldes. Après, on pourra parler de tout ça à Bruxelles. Si la conséquence première est de diminuer d'inutiles subventions : on y fera de l'audimat.


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lundi 21 décembre 2015

Du pacte à l'acte, un autre pacte !


Dans quatre jours, nous mettrons nos "petits" souliers dans la cheminée ou sous les boules du sapin. J'ai acheté de la neige en bombe au cas où la COP21 aurait échoué. Qu'attendre du Père Noël ? Des oranges et du chocolat.

Le vent mauvais des élections régionales à peine tombé que les politiciens professionnels s'entre-déchirent déjà sur les mêmes "coutures" qu'avant, la gauche partagée entre le modèle soviétique épuisé mais ronflant et une social démocratie rhénane mal adaptée ; la droite entre le masque libéral d'une économie toujours autant administrée et le chiraquisme social qui nous a forgé un mental de zébu ! D'aucun côté, la situation catastrophique de l'économie n'est sérieusement affrontée. Dette, chômage, submersion bureaucratique, déni d'autorité, la République molle défend ses derniers privilèges... à crédit... jusqu'au ridicule ! Que cela ne prive pas la mare aux connards de remous, la semaine passée fut consacrée à l'aller-retour de Claude Bartolone au perchoir de l'Assemblée nationale ! Chose qui ne me choque en rien, qu'attendait-on de pire chez notre parasélite ?

Les politiquarts¹ de service affûtent leurs "programmes", qui pour les primaires républicaines, qui pour faire parler d'eux pendant ce long transit de quinze mois qui nous sépare de l'élection présidentielle de 2017. Que les deux-tiers du corps électoral les vomissent leur en touche une sans faire bouger l'autre. Le métier fournit encore les trois repas par jour et un lit chauffé, à condition de promettre l'embellie au veau national ! C'est à droite pour le moment le plus intéressant : l'ancien président Sarkozy nous est revenu au volant de sa phase II. Il n'a pas fallu plus de cent kilomètres pour s'apercevoir qu'il n'y avait strictement rien de neuf, ni dans le bonhomme, ni dans le catalogue d'options gratuites. Comment dès lors envisager que les mêmes causes puissent ne pas produire les mêmes effets ? La bête est 100% politique, le verbe est pour les croyants :
- Ministre du Budget (1993-1995)
- Porte-parole du gouvernement (1993-1995)
- Ministre de la Communication (1994-1995)
- Ministre de l'Intérieur (2002-2004)
- Ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie (2004)
- Ministre de l'Intérieur (2005-2007)
- Président de la République (2007-2012)
Soit un total de 5183 jours (source Wikipedia)...
sans compter le temps passé à faire son courrier sur les bancs de l'Assemblée nationale.

l'homme qui ne rit plus
S'il lui reste encore quelque chose à comprendre dans la souffrance du pays, c'est qu'il n'est pas si doué que nous le crient ses groupies à cervelle de moineau. L'hystérie a de beaucoup dépassé la réflexion chez ses fidèles, et tous ceux qui comptent sur le Sarkozy Nouveau pour nettoyer les écuries d'Augias devraient se souvenir de ses piètres résultats dans les fonctions ci-dessus énumérées. Sans se taper tout le bilan de chef de la Police puis de l'Etat (dix années quand même !), on notera qu'après lui les croquemitaines de référence, Hortefeux, Guéant, furent des tigres de papier affairés à une politique du chiffre visant à déclamer leur supériorité dans les débats publics mais sans réel effet sur la sûreté intérieure du pays. Paroles, paroles, paroles... N'ajoutons pas la timidité des réformes économiques, décisions rapportées projet après projet selon l'ambiance donnée par les innombrables sondages de l'Elysée, ni l'explosion phénoménale de la Dette pour sauver les positions spéculatives des banques. Et pas non plus la dérive césarienne de construire à l'Elysée un gouvernement de substitution ayant barre sur le gouvernement responsable devant la Chambre afin de gérer l'impact politique de toute action.

Après l'avertissement sans frais du 6 décembre 2015, la classe politique revient au mode opératoire antérieur comme si de rien n'était, c'est dire son cynisme ! Vous nous avez compris ? Promettez, promettez, il en restera bien quelque chose ! Quelque chose qui pourrait bien déplaire à la nomenklatura si la nation arrive à défaire le nœud orwellien :
« Ils se révolteront que ils seront devenus conscients et ils ne pourront devenir conscients qu'après s'être révoltés » (Georges Orwell in 1984).

La paix mentale de la nation a disparu puisque l'Etat a failli, l'inquiétude progresse partout, chez chacun dans le désespoir, chez les autres, même nantis, dans la crainte de voir les premiers leur sauter à la gorge. L'éveil est possible mais une transition sans risques reste douteuse chez un peuple peu doué dans la prévision mais bien meilleur dans l'analyse gratuite des faits et causes. Si la révolte est annoncée c'est un classique du genre qui ne dérange pas les prébendiers prêts à faire battre tous les intérêts particuliers contre l'intérêt général pour sauver leurs positions. Ils nous referont un 18-Brumaire et tout aura changé pour que rien ne change... Nous aurons pour un temps l'homme fort. Quand y substituerons-nous un roi au-dessus de la mêlée qui tout simplement nous aimera ?

(1) Politiquart : 25% d'intérêt pour le bilan, 75% pour la prébende

 

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