Le Piéton vient ce dimanche au zinc du Blogue faire un peu de philosophie de comptoir. J'ai toujours été surpris du nombre de royalistes qui, les présentations finies, s'affirmaient agnostiques mais pratiquaient la religion de nos rois quand les circonstances l'exigaient. A creuser un peu, on devine qu'ils sont des monarchistes de raison convaincus et souvent plus affûtés dans leur argumentaire en faveur du roi que les autres royalistes. Ils regrettent au fond d'eux-mêmes de ne pas croire au mystère qui embellirait le modèle idéal d'une lumière surnaturelle.
Cette distance posée par le doute s'applique au roman de l'histoire monarchique depuis la colombe de Clovis jusqu'au vœu de consécration de la France au Sacré-Cœur de Jésus par Louis XV, ce qui, en passant, nous vaudra l'église Sainte-Geneviève, récupérée à la Révolution pour devenir le Panthéon de la République. L'autre champ d'exercice de ce scepticisme métaphysique s'applique à toutes les manifestations de la Providence, convoquée à tous motifs et desseins pour réparer les dommages causés par la nation au roi quand ce n'est pas l'inverse.
Nul ne peut démontrer que la Providence agit ou ne peut agir, ou sinon, qu'elle soit un concept produit par l'esprit des hommes. Cette indécision dans les causes à l'origine de changements divers définit assez bien les agnostiques - on ne parlera pas des athées qui n'ont aucun problème en l'affaire, relire Nietzsche et périr. En matière de religion, il en est de deux sortes :
(1) L'agnostique radical qui pense que la foi est irrationnelle, sans préjuger de l'existence ou de l'inexistence de Dieu qui le dépasse. Contrairement à l'athée, il est toujours sur le qui-vive pour capter tout signal faible de cette présence qui résoudrait son doute pour son plus grand bonheur. Dans la définition qu'Henry Duméry donne à l'encyclopédie Universalis, l'agnosticisme désigne soit les doctrines qui, sans récuser un ordre de réalité inaccessible aux sens ou à la froide raison, estiment qu'aucun moyen de le connaître ne nous est offert au moment ; soit les doctrines qui soutiennent que l'inconnaissable, échappant à tout jugement, échappe à celui d'existence : il n'y a pas lieu de réserver l'existence de ce qui ne peut être objet de science. Dans la pratique, l'agnosticisme est synonyme de scepticisme en matière philosophique ou religieuse. Tout est dit quand on lit lentement, on ne va pas chipoter.
(2) Le deuxième est l'agnostique terrifié (ou cosmique) qui reconnaît un principe inexplicable et autonome à l'origine de l'univers (il va plus loin que le boson de Higgs sans même parler des frères Bogdanoff) et ne conçoit pas de s'adresser d'aucune façon à cette hyperpuissance d'un autre monde. D'ailleurs bizarrement, l'évangéliste Jean nous précise que personne n'a jamais vu Dieu (1:18). Le Piéton, plutôt terrifié, milite pour que les docteurs en théologie obtiennent préalablement un master de physique quantique afin d'ouvrir l'angle d'acquisition de la lumière divine sans être foudroyés comme Uzza sur le chemin de Nacon. Ce n'est pas ironique, la foi a besoin de s'user contre les grands mystères de l'astrophysique.
Il existe d'autres postures agnostiques. Celle d'un Charles Maurras qui promouvait l'utilité des dieux dans la construction intellectuelle et morale de chacun et dans la pacification des sociétés humaines. Il privilégiait la mythologie grecque qui était la trame de la morale classique, applicable aux hommes de toutes époques mais il gardait ses distances de mortel envers l'Olympe, en se souvenant de Tirésias, quoiqu'il aurait pu guérir de sa surdité ! Plus proches de nous, des esprits tourmentés par l'affaissement de l'Europe dans la mondialisation réinventent le polythéisme païen, en oubliant que la Communion des saints de l'Eglise catholique est l'avatar utile de ce panthéon antique qui avait réponse à tout à sa manière. Nous avons un saint pour tout, même pour retrouver sa paire de lunettes égarée près du piano.
Ceux des royalistes qui croient au Dieu tout-puissant et attentif à chacun de nous, Qui par Son fils conduit nos affaires du quotidien, sont rassurés de savoir qu'Il est aussi inquiet qu'eux quant au devenir de la monarchie très chrétienne en France. Et à défaut de Le voir, le croyant Le sent partout actif. D'un côté c'est bien pratique. Une sorte de dévolution, certains diront de déresponsabilisation. Est-ce vraiment œuvrer au retour du roi que d'en confier l'avènement au dessein de la Providence ? Peut-être trop facile ! Démobilisateur ! Les limites à l'expansion du providentialisme au sein du Roycoland sont posées par les partis royalistes rangés derrière le prétendant de leur choix. Militer, pour eux, ne peut s'organiser à partir d'injonctions plus ou moins perceptibles en concentrant l'essentiel de l'énergie dans la prière et les supplications. Les mouvements doivent "positiver" pour survivre. Finalement leur continuation prime tout et cela vaut mieux, quand on compte. Vingt-cinq semaines d'années bientôt nous séparent de la chute du dernier roi (21 du dernier empereur) et les perspectives de restauration d'une monarchie en France tangentent l'infini. Aussi, faire carrière dans le royalisme est un emploi de longue durée indéterminée qui peut combler une vie d'homme, celle de ses enfants et petits-enfants. Mon arrière-arrière-grand-père Estoueno de Nébian était un cul-blanc du Midi attendant le retour de l'Elu ! A son âge avancé aujourd'hui, je l'attends à mon tour ! Le providentialisme par essence n'a nul besoin de militants mais d'orants. Pour l'agnostique, il repousse dans la nuit d'un futur improbable la réalisation du rêve royaliste. Est-ce la juste définition ? C'est une simple question.
Cette distance posée par le doute s'applique au roman de l'histoire monarchique depuis la colombe de Clovis jusqu'au vœu de consécration de la France au Sacré-Cœur de Jésus par Louis XV, ce qui, en passant, nous vaudra l'église Sainte-Geneviève, récupérée à la Révolution pour devenir le Panthéon de la République. L'autre champ d'exercice de ce scepticisme métaphysique s'applique à toutes les manifestations de la Providence, convoquée à tous motifs et desseins pour réparer les dommages causés par la nation au roi quand ce n'est pas l'inverse.
Nul ne peut démontrer que la Providence agit ou ne peut agir, ou sinon, qu'elle soit un concept produit par l'esprit des hommes. Cette indécision dans les causes à l'origine de changements divers définit assez bien les agnostiques - on ne parlera pas des athées qui n'ont aucun problème en l'affaire, relire Nietzsche et périr. En matière de religion, il en est de deux sortes :
(1) L'agnostique radical qui pense que la foi est irrationnelle, sans préjuger de l'existence ou de l'inexistence de Dieu qui le dépasse. Contrairement à l'athée, il est toujours sur le qui-vive pour capter tout signal faible de cette présence qui résoudrait son doute pour son plus grand bonheur. Dans la définition qu'Henry Duméry donne à l'encyclopédie Universalis, l'agnosticisme désigne soit les doctrines qui, sans récuser un ordre de réalité inaccessible aux sens ou à la froide raison, estiment qu'aucun moyen de le connaître ne nous est offert au moment ; soit les doctrines qui soutiennent que l'inconnaissable, échappant à tout jugement, échappe à celui d'existence : il n'y a pas lieu de réserver l'existence de ce qui ne peut être objet de science. Dans la pratique, l'agnosticisme est synonyme de scepticisme en matière philosophique ou religieuse. Tout est dit quand on lit lentement, on ne va pas chipoter.
(2) Le deuxième est l'agnostique terrifié (ou cosmique) qui reconnaît un principe inexplicable et autonome à l'origine de l'univers (il va plus loin que le boson de Higgs sans même parler des frères Bogdanoff) et ne conçoit pas de s'adresser d'aucune façon à cette hyperpuissance d'un autre monde. D'ailleurs bizarrement, l'évangéliste Jean nous précise que personne n'a jamais vu Dieu (1:18). Le Piéton, plutôt terrifié, milite pour que les docteurs en théologie obtiennent préalablement un master de physique quantique afin d'ouvrir l'angle d'acquisition de la lumière divine sans être foudroyés comme Uzza sur le chemin de Nacon. Ce n'est pas ironique, la foi a besoin de s'user contre les grands mystères de l'astrophysique.
Il existe d'autres postures agnostiques. Celle d'un Charles Maurras qui promouvait l'utilité des dieux dans la construction intellectuelle et morale de chacun et dans la pacification des sociétés humaines. Il privilégiait la mythologie grecque qui était la trame de la morale classique, applicable aux hommes de toutes époques mais il gardait ses distances de mortel envers l'Olympe, en se souvenant de Tirésias, quoiqu'il aurait pu guérir de sa surdité ! Plus proches de nous, des esprits tourmentés par l'affaissement de l'Europe dans la mondialisation réinventent le polythéisme païen, en oubliant que la Communion des saints de l'Eglise catholique est l'avatar utile de ce panthéon antique qui avait réponse à tout à sa manière. Nous avons un saint pour tout, même pour retrouver sa paire de lunettes égarée près du piano.
Ceux des royalistes qui croient au Dieu tout-puissant et attentif à chacun de nous, Qui par Son fils conduit nos affaires du quotidien, sont rassurés de savoir qu'Il est aussi inquiet qu'eux quant au devenir de la monarchie très chrétienne en France. Et à défaut de Le voir, le croyant Le sent partout actif. D'un côté c'est bien pratique. Une sorte de dévolution, certains diront de déresponsabilisation. Est-ce vraiment œuvrer au retour du roi que d'en confier l'avènement au dessein de la Providence ? Peut-être trop facile ! Démobilisateur ! Les limites à l'expansion du providentialisme au sein du Roycoland sont posées par les partis royalistes rangés derrière le prétendant de leur choix. Militer, pour eux, ne peut s'organiser à partir d'injonctions plus ou moins perceptibles en concentrant l'essentiel de l'énergie dans la prière et les supplications. Les mouvements doivent "positiver" pour survivre. Finalement leur continuation prime tout et cela vaut mieux, quand on compte. Vingt-cinq semaines d'années bientôt nous séparent de la chute du dernier roi (21 du dernier empereur) et les perspectives de restauration d'une monarchie en France tangentent l'infini. Aussi, faire carrière dans le royalisme est un emploi de longue durée indéterminée qui peut combler une vie d'homme, celle de ses enfants et petits-enfants. Mon arrière-arrière-grand-père Estoueno de Nébian était un cul-blanc du Midi attendant le retour de l'Elu ! A son âge avancé aujourd'hui, je l'attends à mon tour ! Le providentialisme par essence n'a nul besoin de militants mais d'orants. Pour l'agnostique, il repousse dans la nuit d'un futur improbable la réalisation du rêve royaliste. Est-ce la juste définition ? C'est une simple question.
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