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mardi 31 juillet 2012

Un enkroumage avant congé


La longue histoire de Sainte-Sophie de Trébizonde
Construite par l'empereur byzantin Manuel Ier Comnène dit le Grand entre 1238 et 1263, l'église Sainte Sophie fut convertie en mosquée après la prise de Trébizonde par le sultan Mehmed II en 1461, et l'intérieur fut passé au blanc de chaux. On lui attacha une fondation charitable et pendant quatre siècles cet édifice remarquable a suscité l'intérêt de voyageurs et chercheurs si l'on en croit les relations de voyage d'auteurs connus (Çelebi, Pitton de Tournefort, Hamilton par exemple). Les intempéries et l'usure du temps ruinèrent l'église admirablement située sur un promontoire dominant la Mer Noire. Sur les encouragements de Rıza, Efendi de Brousse, elles furent relevées en 1864. Pendant la Grande Guerre elle servit d'entrepôt, de dispensaire pour les cholériques de l'armée russe, et à nouveau de mosquée à la fin des hostilités. De 1958 à 1962, la restauration fut parachevée par la collaboration de la Direction Générale des Fondations de Turquie et l'Université d'Edinburgh qui retrouva les fresques sous le badigeon, pour rouvrir finalement comme musée (ou plutôt comme témoignage d'une époque révolue) en 1964.


Avec son plan sur croix carrée surmontée d'un dôme haut, l'église est un bel exemple d'architecture de la dernière époque byzantine ; il n'en reste plus beaucoup en Turquie. Le narthex qui supporte une chapelle ouvre sur trois nefs. La nef médiane s'achève par une abside pentagonale et les deux nefs latérales par une abside semi-circulaire. L'édifice dispose de trois porches d'accès au nord, à l'ouest et au sud.
Les fresques qui sont la décoration majeure de Sainte Sophie ont été exécutées vers 1260 et présentent des thèmes bibliques. Sur le dôme trône un Christ pantocrator magnifiant l'essence divine de Jésus. Inscriptions pieuses, frises d'anges, vie du Sauveur, son agonie, ses apôtres et diverses compositions en état moyen ornent l'ouvrage intérieur. Les mosaïques au sol sont très effacées par les divers usages du lieu. Au tympan du porche principal, se déploie un bas-relief figurant la vie d'Adam et Eve, très usé par la pluie. L'église a disposé tardivement d'un campanile séparé s'élevant à 40 mètres qui fut érigé en 1463 à la mode italienne. Il est toujours là, orné de fresques à l'intérieur. L'ensemble au centre d'un agréable jardin est répertorié dans les guides touristiques comme un but de ballade à trois kilomètres seulement du centre-ville. (une source parmi la douzaine)
Nous en étions là jusqu'à hier, enfin jusqu'au 23 juillet.


L'Affaire
Lors de la réouverture au culte après rénovation de la "Mosquée des Arabes" à Karaköy (Istanbul), mosquée créée il y a longtemps de la conversion de l'église gothique Saint-Dominique qui avait été restaurée déjà par les Ottomans en 1913, le vice-premier ministre Bülent Arınç déclara que la Direction générale des Fondations en ferait de même bientôt de la "mosquée" Hagia Sophia de Trabzon (c'est notre Sainte Sophie). Et de rajouter qu'elle était à l'origine un lieu de prière plus qu'un musée et que la réactiver était préférable. Il n'en fallut pas moins pour que le site orthodoxe russe Pravoslavie hurle au charron, en cyrillique, repris en français par le site cousin Orthodoxie.com qui lance le titre de sa réprobation : Après l’église de Nicée, les autorités turques ont l’intention de transformer l’église Sainte-Sophie à Trébizonde en mosquée. Malheur à moi !

Je trouve ignoble que la belle église de Trébizonde soit donnée au culte musulman, d'autant que le bruit court que les mosquées sont vides en ville. Et de m'imaginer déjà les peintres turcs affairés comme les trois Ripolins à couvrir les fresques admirables à la glycérophtalique, sans parler d'Adam et Eve à poil sur le tympan qui seront burinés ! Mon sang wisigoth ne fait qu'un tour et je porte le pèt sur Newsring aussi sec, dans le fil d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Non mais des fois !
Contré par un turc aussi peu informé que moi mais dubitatif, j'écoute le tilt de mon oreille droite et je plonge : c'est quoi réellement cette affaire ? Il faut toujours commencer par là, mais bon, la paresse et l'urgence de la dénonciation d'une calamité prochaine.... l'urgence prime la forme !


Renaissance de la mosquée Hagia Sophia
Les dernières photos glanées dans des albums de touristes montre que l'église Sainte Sophie, si elle est toujours debout et régulièrement balayée à l'intérieur, souffre des outrages habituels du temps sur l'appareil de briques et de pierres tendres qui la constitue. Les fresques sont très usées et les bas-reliefs méconnaissables. On peut croire que la ville n'ait pas les moyens de prioriser sa restauration, n'en voyant pas l'usage plus loin qu'un but de promenade, et l'idée du vice-premier ministre de la mettre au catalogue de l'AKP - parti islamique modéré mais actif - comme subterfuge pour la restaurer, part peut-être d'un bon sentiment. Les termes de l'allocution s'appliquaient plus à la conservation d'un patrimoine qu'au dernier avatar de La Conquête.
Je le dis tout net, le site Orthodoxie.com s'est ridiculisé dans ce battage, et moi, pas moins.

L'utilisation comme mosquée a quatre siècles d'âge. Certes mon contradicteur sur Newsring, prétendûment journaliste, n'a pas eu l'intelligence de pousser son enquête, et j'aurais pu sortir l'arme dialectique imparable "à quelque chose malheur est bon", lui démontrant que cette contribution ne pouvait que l'éclairer sur la perception de la politique intérieure turque en Occident, mais c'était biaiser. Il s'est enferré dans la non-implication du régime dans les assassinats de prêtres et, pendu au piton mis à dessein, il y a perdu son temps de parole car c'était évident que le pouvoir turc n'avait aucun intérêt à laisser courir des spadassins incontrôlables (même si le procureur de Matalya était limite grotesque en offrant des circonstances atténuantes parce que les victimes imprimaient des bibles). Ces désordres ciblés sont-ils un effet de la subversion du réseau Ergenekon ? On le saura. Mais au départ, sur Sainte Sophie, on s'est fait enfumer.

Dernier message avant clôture estivale : méfions-nous donc des idéologues et parmi eux surtout les religionnaires, en se gardant bien d'entrer dans leur querelle. La vérité n'est pas leur raison.





lundi 25 juin 2012

Un peu d'éternité dans l'impermanence

C'est un texte qui avait été placé le 17 juin 2012 sur la plateforme de débats Newsring à propos d'une monarchie européenne. Il est archivé sur Royal-Artillerie parce qu'il le vaut bien, dirait Claudia Schiffer.

Les vieilles nations ont besoin d'un soupçon d'éternité au-dessus de l'impermanence du monde. C'est ce qui les tient droites. La monarchie répond exactement à ce besoin en pérénisant la pointe de pyramide, et aucune des monarchies européennes pas plus que l'empire nippon n'envisage d'abaisser sa construction institutionnelle vers le royaume de l'éphémère.
Les monarchies constitutionnelles exigent des réglages fins dans leur fonctionnement et dépassent la forme des lois qui les règlent pour n'en garder que l'esprit. La monarchie britannique est une alchimie bizarre où sous la triple clef de voûte du monarque (Etat, nation, église) les idées du gouvernement démocratiquement élu sont testées obligatoirement chaque semaine sur le titulaire de la charge qui exerce ses prérogatives de conseils et remontrances. Le pouvoir dans les mains de la Chambre des Communes le cède à l'autorité du monarque fondée presque tout entière sur l'affect populaire. Et ça marche. Un premier ministre britannique alternant au gré des glissements de l'Opinion ne revendiquera jamais l'incarnation de la nation. Aussi est-il déchargé de ce souci pour faire son travail.

A contrario, le président français, le plus souvent mal élu sur un socle de départ à 20% des votants (moins encore si on compte tout le monde) restera empêtré entre sa fonction de représentativité, sa fonction de guide politique et un management du quotidien récompensant sa clientèle. C'est peu dire qu'on mélange les genres, et que rien ne se fait bien.

Ceci dit, au niveau de l'Europe institutionnelle (puisque c'est la question) rien ne sera viable tant que le débat n'aura pas été tranché une fois pour toutes entre confédération et fédération. Aussi le choix du régime politique d'une autorité européenne est-il prématuré pour ne pas dire oiseux. Surtout dans le désordre actuel provoqué par le niveau médiocre des acteurs en fonction.

PS : Et le 22 juin M. Hollande achetait la Fédération à Rome

jeudi 21 juin 2012

Faire évoluer la corrida


Demain c'est la feria de Saint-Gilles (salut André, mais je ne viendrai pas cette fois), l'occasion de revenir sur un débat sanglant qui eut lieu au mois de mai chez Newsring. Le piéton y a contribué dans les limites de son équanimité, à preuve la contribution rapportée ici et augmentée d'une proposition œcuménique (per un còp !):

« La façon dont les diverses cultures taurines prennent formes et significations les unes par rapport aux autres permet d’identifier, de délimiter et de différencier une aire culturelle sous influence hispanique. Cette approche s’inscrit pleinement dans une réflexion plus générale sur la territorialité » (Jean-Baptiste Maudet).

Sans aller jusqu'au Mexique, nous observons que le taureau est un marqueur puissant de territoires contigus allant du Rhône au Cap Saint-Vincent (Algarve). La décision de la Catalogne d'effacer cette empreinte ne brise pas l'arc taurin qui passe au-dessus par l'Aragon et la Navarre. Si ces "pays" ne peuvent être définis entièrement par leur participation à la tauromachie, ils s'y reconnaissent ensemble et cette occupation fait lien entre eux.
Le lobbying d'abolition des corridas y est perçu comme une intrusion dans leurs moeurs quelle que soit la pertinence ou l'ancienneté de leurs traditions. Et cette intrusion est partout celle du Nord. Sans remonter à la Croisade, on voit que la pression du Nord a été continue sur les modes de vie du Sud et les faiseurs d'opinion d'aujourd'hui parlent aux méridionaux comme à des enfants incorrigibles. Tout ce qui naît au Sud est risible, inconséquent, futile ou éphémère, d'ailleurs le Sud n'a pas de prix Nobel (ndlr: cette affirmation est un argument du lobby pour diminuer le niveau intellectuel de l'hispanité) !

Mais s'il plaît aux méridionaux de vivre tels qu'ils sont, à quel motif légitime des étrangers venus d'on se sait z'où, auraient compétence à réviser leurs moeurs pour leur dicter le bon comportement, leurs saines distractions, même leurs croyances acceptables ? Les abolitionnistes peuvent-ils comprendre qu'ils poussent le monde à l'uniformisation où toute différence culturelle finira écrasée par un Code moral universel. Qui montera au Sinaï le chercher ? Le peuple élu ?
La diversité n'est acceptable à leurs yeux que s'ils la contrôlent eux-mêmes.
Sur ce fil (ndlr: Newsring) nous observons la dictature des végétariens ! Et le Sud pouffe !
(fin de la contribution NWSRG)


Le jacobinisme à l'oeuvre chasse en meute, il suffit de s'intéresser cinq minutes à leurs blogues et réseaux sociaux caporalisés par deux ou trois grandes gueules pour le savoir. Il était inutile dès lors d'affronter sur Newsring les autistes de la bronca occitane Benchetrit-Szala-Altmeyer-Brocéliande (c'est une blague, il y a aussi Brizard, Rossi et Bassignani) et j'ai choisi de développer l'argument sur Royal-Artillerie, non pour soutenir l'afición qui se porte bien sans nous, mais pour explorer voies et moyens de vivre ensemble dans l'arc taurin. Peut-on vaincre la Mort sans tuer ? Telle est la question fondamentale.

Pour y parvenir il faut changer les codes et d'abord bien séparer les spectacles taurins participatifs comme la course landaise et les corridas professionnelles. C'est de celles-là dont nous parlons maintenant.
D'entrée, il n'y pas de demi-mesures ni de faux-fuyants, le combat reste un combat et l'animal doit être apte autant que le torero. Exit les corridas au rabais où, faute d'argent, on convoque des "amateurs" pour affronter des taurillons qui vont se faire littéralement massacrer. Quand une corne traverse l'un de ces gangsters, mon oeil brille d'intérêt. Un torero vise au surhomme, les miquets ne sont pas convoqués.
C'est d'abord la mise à mort qui hérisse les consciences progressistes et le sang versé à la pique. C'est aussi la confrontation terrible du cheval monté enfermé dans l'arène et du taureau quasi-sauvage qui fait plus que son poids.
Toute la beauté du combat est dans les passes de cape et la pose des banderilles. Ce n'est pas simplement une chorégraphie brillante et courageuse ; c'est une "lecture" de l'animal mais également de l'homme par les aficionados. Disons qu'il faut être formé pour y comprendre quelque chose, comme au criquet - un vrai sport de végétarien. Allons à la fin, à la faena. Quand le taureau est-il battu ? Lorsque il ne charge plus l'homme qui lui tourne le dos et s'éloigne en traînant la muleta derrière lui. Le combat est à mon sens terminé. La suite n'est pas utile même si le sacrifice participe du rituel, car elle convoque par moment des pulsions qu'on n'aime pas voir. Supprimons la mise à mort, après avoir supprimé le tercio de piques du début. Je pense qu'à ce compte un public averti pourra continuer à venir aux arènes sans exciter l'ire des défenseurs des animaux. Il y aura d'autres réglages à faire et une pédagogie de l'exercice à mettre en place. Les taureaux seront dans la force de l'âge provenant d'élevage réputés et les toreros certifiés d'expérience. Terminé les novilladas. Alors on aura transcendé le mythe en substituant à sa "réalisation" les signes du sacrifice, et seulement les signes.
Restera à éduquer les foules, en commençant à l'école primaire.
Les profs devront-ils avoir pratiqué ? C'est tout ce qui restera du débat.





- Il existe peu de littérature taurine ou tauromachique mais les Editions Verdier ont créé une collection spécialisée que vous pouvez découvrir en cliquant ici.
- Pour l'édification des adversaires de la tauromachie, le mot-clé "corrida" en moteur de recherche présente beaucoup de photos de toreros embrochés. Qu'ils soient rassurés, le Minotaure sait punir.
- Royal-Artillerie avait publié en 2010 un long article sur la tauromachie qui a été repris par extrait sur Newsring au mois de mai, déclenchant la fureur des végétariennes.

mercredi 25 avril 2012

Les deux candidats et leurs promesses



La question à la cantonade était de savoir qui de M. Hollande ou de M. Sarkozy pourrait mettre en oeuvre son programme électoral. La contribution d'entre-deux-tours au forum Newsring est divisée en deux sujets.

Le fusible de la croissance

M. Hollande a placé d'entrée un fusible sur le circuit des réformes promises, fusible qui s'appelle le taux de croissance.
S'il n'obtient pas le taux programmé, il passe en mode pédalo-zen à la Chirac. Or ses "intentions" de croissance - il y a quelque chose de stupide dans l'expression - sont hors de portée immédiatement pour sûr, et à moyen terme sans doute, sauf à engager un plan européen de reprise économique. Notons qu'un plan franco-français est impossible à réussir dans le piteux état de nos comptes publics et compte tenu de la haute pression fiscale actuelle, et sans parler de la fuite probable d'assiette (sujet déjà traité sur Newsring).
Deux raisons au moins me laissent penser que tout plan éventuel de reprise se fera sans la France aux manettes, même si elle en profitera par effet collatéral :
La première est que l'Allemagne a acquis le majorat nécessaire à la conduite de l'Union sous un chancelier prussien, et qu'elle ne rendra pas les clefs à un apparatchik départemental français. La seconde est que les pays en faillite structurelle, comme la France et les autres pays latins, ne seront pas invités à définir cette relance européenne qui restera de l'initiative des pays du Nord.
A cette seule condition d'une reprise européenne, qui se fera sans que M. Hollande y dicte sa loi, une partie du programme du nouveau président pourra être mise en oeuvre, celle ayant le moins d'impact budgétaire immédiat.
La seule façon de convaincre les pays sérieux est de suivre un plan de réduction de la dépense publique. La clientèle de M. Hollande s'y refuse ! Les trois déficits structurels, amplifiés par la non-réformabilité du modèle social français, nous placent en première ligne des attaques de la spéculation sur le défaut souverain français. Mais ceci est vrai aussi pour son adversaire.

Un second mandat plus libre

Contrairement à ce qu'affirme M. Sarkozy, on sait moins son programme qui, à ce qu'en montrent les écrans, est d'abord une critique soutenue des mesures prônées par son adversaire, que celui de M. Hollande dont tout le monde parle en bien et en mal.
Tant de mesures de bon sens et parfois utiles auraient dû être prises sous le quinquennat finissant qu'on demande sans malice que le titulaire du poste nous explique une bonne fois les impossibilités qui l'en ont empêché. Un président disposant de plus de pouvoirs que le roi Louis XIV, avec deux gouvernements - l'un à Matignon, l'autre à l'Elysée - et une chambre basse aux ordres, découvre en fin de mandat que la République boîte bas. Et les gens écoutent la magie des promesses qui ne sont là que pour leur plaire ! C'est la démocratie d'opinions.
M. Sarkozy n'est pas dans la position d'être élu par opposition, il le sait, mais par adhésion. Pour y atteindre, la démagogie est le seul moteur qui tourne rond en République, mais l'adhésion oblige à cesser le clivage, ce qui n'est pas dans le tempérament du président-candidat. On verra rapidement s'il est capable de muter vers le rassemblement.
La seule raison permettant de prévoir une application de ses propositions, si la situation financière du pays le permettait, est la limite constitutionnelle du poste à deux mandats, qui le libère d'une troisième campagne et de la présentation d'un bilan, déjà catastrophique avec ou sans crise.
Mais, à mon avis, les contraintes budgétaires et corporatistes auront raison de ses intentions, car il n'y a plus d'os à ronger pour jeter aux pouvoirs concurrents, les caisses sont vides et la haine est installée.

jeudi 22 mars 2012

La globalisation ou la guerre



Les débats électoraux sont toujours des boosters de mots. A côté des mots défendus, parfois temporairement comme "immigrés", il y a les mots invertis. Ainsi en est-il de la "mondialisation", jadis heureuse et progressiste, aujourd'hui très connotée. Il est curieux que son premier opposant ait été entraîné en même temps dans sa ruine, je parle du mot "altermondialisation". A été créé en remplacement, le mot "démondialisation" ou l'utopie du détricotage des niveaux de vie du tiers-monde. On s'affaire en thèses à l'université de Saône & Loire. Mais venons à la guerre.

Sans qu'elles soient liées à la race comme le soutenait ce vieux comte d'Arthur, les inégalités des conditions d'existence de la race humaine sont frappantes. Elles engendrent depuis l'aube du monde la mise en mouvement des peuples. Plus ou moins pacifique s'il y a de l'espace, à charge de revanche et plus violente si le sentiment domine d'avoir été laissé pour compte par le Grand Toooot.

C'est ainsi que la race européenne, posée en fond de tableau sur la péninsule tempérée, a vu s'inviter chez elle toute la grande steppe parce que son herbe était plus verte et son climat moins rude. Quelqu'un, un traître, avait sans doute parlé. Sinon auraient-ils choisi peut-être le sud-ouest comme Tamerlan la Perse, ou le sud-est comme les Mongols l'empire han. Aujourd'hui il n'est plus à craindre d'indiscrétions, le monde est un village, et à moins de vivre paumé dans une vallée encaissée de Nouvelle-Guinée avec un os dans le nez, on sait les mots-clefs du monde, Louis-Vuitton, Omega, aïPade, Cadilac, Goutchi... On me dit dans l'oreillette que c'est plutôt, "liberté", "démocratie". Foutaises, je maintiens que c'est American Express, Champagne, Doltchéegabbana !

Chacun sur terre sait maintenant qu'il est de plus beaux pays que le sien, de bien meilleures possibilités ailleurs, de conditions de vie tellement supérieures qu'il n'est même pas la peine d'en mesurer l'écart. Au sortir de la deuxième guerre mondiale, le brassage des gens commençait à diffuser ces écarts. C'est ainsi que progressivement la doctrine libérale victorieuse agrandit son champ d'action en passant de l'organisation mercantile des marchés au développement massif. Le GATT de 1947, ancêtre de l'OMC et donc le premier élan de mondialisation, visait à fluidifier le commerce international de la zone OCDE en abaissant les obstacles douaniers pour élargir les marchés de biens, affaisser les prix au consommateur et soutenir l'emploi dans les niches d'atouts. En 1994, les pays signataires étaient passés de 23 au départ à 120, et on s'aperçut que le régime libéral avait favorisé, pour servir ce grand marché, le décollage d'industries manufacturières dans la partie la plus grouillante du Tiers-Monde, celle que tous les géographes condamnaient : l'Asie du Sud-est. L'idée fut généralisée avec l'OMC.

La mise en application des idées libérales ne date que de 60 ans, peu de choses pour "refaire le monde", et on voit bien l'état inachevé du chantier global. Mais la vaccination du Tiers-monde au progrès possible a modifié les comportements dans les pays du Sud. De la revanche sur son propre sort injuste, on est passé à la mobilisation personnelle de ses moindres talents pour entrer dans la vie économique active et acheter la Rolex de Séguéla. Certains peuples ont des prédispositions, d'autres s'éduquent. Et les exemples fleurissent de réussites acquises autour de soi par le travail, donnant envie de s'y mettre soi-même. Ainsi l'amélioration des conditions de vie est-elle palpable, à proximité, et déjà moins accessible à l'autre bout du monde seulement. Il faut poursuivre dans ce sens pour que l'écart ressenti entre les conditions vécues et les conditions rêvées ne rémunère plus le déracinement, et que chacun soit persuadé d'une amélioration accessible par l'effort.

En conclusion

Démondialiser c'est freiner l'activité économique du Tiers-Monde, voire stopper l'espoir. Des milliards de gens connaissent l'espoir, pour eux ou pour leurs enfants. Stoppons-le et verrons-nous sourdre alors dans notre village global des insatisfactions telles que l'injustice ne pourra être apaisée que par la violence du Sud contre le Nord. Et le monde prendra feu. Juste pour la petite histoire, quand le général De Gaulle retira la France du GATT en 1963 pour marquer sa différence as usual, le tollé mondial fut tel contre le protectionnisme immoral des Français que le même général réintégra dare dare l'accord la même année, malgré l'appui de notre bombe atomique !

La globalisation fait accéder le monde entier à la vitrine magique des belles choses. Il est facile de comprendre qu'à l'égalité des envies doit répondre, sinon l'égalité des conditions de leur satisfaction, du moins l'espoir d'y parvenir. L'espoir fait vivre... en paix. M. Montebourg est court, même si la globalisation est en train de se faire à notre détriment, parce que c'est imparable sauf troisième guerre mondiale. S'il y a des moyens de participer, c'est par l'offensive économique à outrance ; nous y reviendrons, mais c'est une question de burnes, presque dire impossible avec les gens en cour.

Note : ces deux derniers paragraphes ont été postés sur Newsring
Ndlr juin 19: ce billet répondait à Arnaud Montebourg qui prônait la démondialisation.





mercredi 22 février 2012

Au bord du gouffre...

...la Grèce doit sauter !

La première moitié de ce billet (police Times) est une contribution au débat sur le site de Frédéric Taddeï www.Newsring.fr, contribution postée le 17 février à la rubrique Monde. La seconde moitié est de géopolitique ; c'est donc celle que nous développons ici pour les lecteurs de Royal-Artillerie.

Papandréou avait eu la bonne intuition quand au sommet du G20 de Cannes il avait sorti son référendum du chapeau. Cris d'orfraies de la nomenklatura en charge de la pensée dominante à l'idée de pouvoir être contestée par l'un de ses souverains !
Le camp des sceptiques grandit chaque jour en Europe du Nord quant au pronostic. Et sans doute n'y a-t-il pas besoin de longues années d'amphitéâtre en économie politique pour douter qu'un pays sans Etat ni économie puisse survivre à la saignée des médicastres. Aussi le choix de nous quitter n'en est plus un pour la vieille nation.
Le peuple grec doit être "mouillé" dans le Saut par un référendum, après la description honnête de son avenir. La remise en selle aux législatives d'une classe politique douteuse ne résoudra rien. Certes, ce faisant, la Grèce plantera les banques, les zinzins¹ et les Trésors qui ont pris des bons grecs sachant le pays pourri, elle laissera une ardoise aux marchands d'armes (RFA), mais elle tarira le drainage de son propre sang par ses créanciers. Lui fermera-t-on l'accès aux marchés ?
Pourquoi irait-elle ensuite sur les marchés dès lors qu'elle n'a plus à faire les échéances ? Pour payer l'Etat au sens large chaque mois. Il suffit de trois choses pour y parvenir et elles ne peuvent se faire que par l'électrochoc du saut :
(i)- Etablir les rôles fiscaux et encaisser les taxes ; peut-être qu'une flat tax simplifierait la réforme.
(ii)- Lever de la rente perpétuelle à 3% auprès des capitalistes résidents ou d'outremer, essentiellement l'église orthodoxe et l'armement naval.
(iii)- Passer un traité d'alliance avec la nouvelle Russie orthodoxe pour obtenir des conditions privilégiées d'accès à l'énergie, et imprimer des drachmes à bon compte.
L'effet domino ?
Tous les analystes des banques et des zinzins le prédisent mais aucun économiste distingué n'y mettrait sa main au feu. L'économie grecque ou ce qui en reste, c'est peanuts au niveau de l'Union européenne, et il est idiot de mettre dans ce jeu l'Espagne et surtout l'Italie. Le FES peut aider le Portugal sans problème, et les Portugais sont bosseurs.
Les nations rieuses ne menacent pas les nations sérieuses. Schäuble a-t-il l'air menacé ?

La minute géopolitique

Disons déjà que du fameux "effet domino" la Grèce se tape si elle sort du schmilblick européen ! C'est le point (iii) qui est intéressant. A voir l'extrême méfiance des autres états européens à l'endroit du gouvernement grec et de sa fonction publique, on peut avancer que sera noyé sous les larmes de crocodile son largage de l'eurozone avec les conséquences sociales et comptables que l'on sait. Renchérissement de la Dette en euros, dévaluation vertigineuse de la monnaie de substitution, fermeture des comptes d'épargne et comptes courants, chômage de masse, généralisation du troc, assèchement des caisses publiques, émeutes, répression...). Il faut se rappeler l'Argentine, assujettie à une monnaie étrangère incontrôlable qu'était le dollar US.
C'est pourquoi la Grèce doit sauter pour sauver ce qui peut l'être encore en appliquant les deux recommandations (i) et (ii) ci-dessus. Et la bonne idée serait d'en prévenir le grand frère russe pour s'assurer du minimum vital qu'est l'essence. Le traité d'alliance qui - après les effusions spectaculaires de l'Orthodoxie - servira d'abord à financer les concours russes et mettra une base navale hellène à disposition de la Flotte de la Mer Noire, non pour escale mais pour stationnement et construction et réparation navales. Le rêve du Csar en eaux chaudes. Tout le paquet devrait être mis d'ailleurs sur la mer puisque la flotte commerciale grecque est encore la quatrième du monde (clic sur le rapport ONU 2011) avec 3213 navires et la première en tonnage avec 202388152 dwt. La mer, ce sont des chantiers navals pour servir toute la Méditerranée orientale, une vraie industrie de mécanique marine à créer avec les Russes, et bien sûr le tourisme que la moindre valeur de la drachme renflouera.
Il y aura sans doute deux ans de mauvais, où il faudra retourner son bout de pelouse pour y faire des légumes, mais rapidement le soleil ramènera les sourires et les Anglaises en shorty.

Ce renversement d'alliance aurait un impact régional conséquent. L'ami des Grecs sur zone est le Serbe. Orthodoxie, alphabet, ennemis communs (Albanie, Turquie), proximité mentale. La Serbie dispose d'une vraie industrie avec laquelle elle espère entrer dans l'Union européenne. La Grèce, avec son tempérament commerçant, peut être une aide significative dans la distribution serbe sur les pays méditerranéens, et en Afrique où les communautés grecques sont nombreuses et actives.
Le tout est de convaincre le peuple de jouer cette renaissance à pile ou face, par référendum, et de faire la nique aux proconsuls germaniques. Avec la composition politique du pays², le choix du Saut n'est pas impossible.
Dans la mesure où les experts présdisent pour nous faire peur que le défaut calamiteux dynamiterait les partis politiques (ce ne sera que justice) et où l'Etat cachexique devra reculer sur son domaine régalien abandonnant la solidarité à l'Eglise orthodoxe, il ne serait pas incongru de fermer la voûte de l'Etat reconstruit a minima par un chef d'Etat permanent délié des joutes picrocholines, un roi quoi !



(1) Les Zinzins : les investisseurs institutionnels, ceux qui ont accès directement aux adjudications du Trésor.
(2) « Le porte-parole du gouvernement a confirmé ce lundi 13 février la tenue d’élections législatives anticipées en avril prochain. Ce scrutin s’annonce mouvementé tant les équilibres politiques en place sont en train d’être bousculés par un peuple en colère. Et ce seront sans nul doute les élections les plus incertaines que la Grèce aura connues depuis la fin de la dictature en 1974. Car le bipartisme, qui a marqué la vie politique ces 30 dernières années, socialistes du Pasok d’un côté, droite de Nouvelle démocratie de l’autre, est en train de voler en éclats. D’après un sondage paru la semaine dernière, le Pasok est même passé sous la barre des 10% d’intentions de vote. Une chose est certaine, on va assister dans les prochains mois à une recomposition du paysage politique grec, où les partis de gauche, des communistes à la gauche réformatrice, pourraient jouer un rôle important. Ils n’ont d’ailleurs jamais été aussi haut dans les sondages. » (Stathis Kouvelakis, King's College, Londres)

jeudi 26 janvier 2012

La Dystopie* de Davos

*
Ce n'est pas nouveau mais ça vient de sortir : angliscisme désignant l'utopie en noir opposée aux lendemains qui chantent



Tel la famille Lion au bout du wharf sans solution, le monde globalisé semble avoir atteint la dernière frontière de ses idées. Ce n'est pas le dernier gourou du Ladakh qui nous le suggère mais la très capable équipe du Forum économique mondial de Davos. Pessimistes est faible, même s'ils y mettent les gants pour annoncer l'apocalypse à des "forumeurs" surtaxés, qui ont payé 55000 euros pour entrer se faire engueuler. Etat des lieux de la Planète bleue :

Lee Howell, directeur exécutif du WEF souligne que « pour la première fois depuis des générations, de nombreuses personnes ont cessé de penser que leurs enfants auront un meilleur niveau de vie qu’elles-mêmes » mais qui pis est « le sentiment de malaise est particulièrement prégnant dans les pays industrialisés qui, historiquement, ont été une source de grande confiance et d’idées audacieuses.» Autrement dit, la marche du monde est à front renversé, les pays de l'OCDE ont troqué la camisole du pendu des pays émergents ; leur déclin est inexorable. Pourquoi ? C'est finalement très simple et le constat est peu rémunérateur en termes d'économie politique puisqu'on n'y peut fonder aucune autre science que celle du bon sens. On y va ?

D'abord la démographie. Le louable combat pour la vie humaine a complètement déséquilibré la population de la planète. La moitié de la population mondiale a moins de 27 ans et les perspectives de débouchés sur une planète finie se sont resserrées. La population de vieux s'accroît proportionnellemnt plus vite dans des pays dont les Etats sont criblés de dettes, pays dont les ressources sont englouties à faire vieillir les inactifs. Ceci est le constat global. Mais si on observe des segments significatifs du globe on s'aperçoit que c'est encore pire. Trois moteurs du monde : Japon, Chine, Allemagne. Le premier pays a la population la plus âgée du monde, et la dette publique intérieure la plus forte. Ses effectifs décroissent régulièrement, diminuant le réservoir de main d'oeuvre et le stock de consommateurs. Ses caisses sociales sont renflouées en permanence ; il n'y a pas d'avenir autre que morose.
La Chine (20% de la population mondiale) a maîtrisé sa croissance démographique par la politique de l'enfant forcément unique, au prix d'un déséquilibre des générations, compliqué par une sélection des genres (on avorte en priorité les foetus féminins). Le vieillissement inéluctable de sa population va lui poser, dès 2030 selon les experts, des problèmes considérables, comme au Japon mais avec un coefficient 10 (1360 millions d'habitants contre 127).
L'Allemagne vieillit et diminue. La France aura plus d'habitants que l'Allemagne en 2050¹ avec un âge médian plus jeune, mais une carnation plus mate. Le vieux Frankreich deviendra le Frankistan. Ce sont des tendances lourdes et qui ne peuvent être dévoyées en seulement dix ans. D'où la difficulté à y remédier quand on laisse la main à des régimes électoralistes.

Parlant du rapport 2012 (Global Risks - 7° édition, 2012), le directeur général de Oliver Wyman Group signale que « pour bénéficier d’une retraite sûre et accéder à des soins de qualité, les individus sont de plus en plus appelés à assumer des risques qui incombaient précédemment aux gouvernements et aux entreprises ». Adieu donc la solidarité intrinsèque aux sociétés modernes, place au sauve-qui-peut, fini les schémas par répartition et fracture sociale de plus en plus grande, un véritable continent de riches s'élevant au-dessus d'un magma de pauvres.


Les codes du XX° siècle sont obsolètes. Mais pieusement défendus. Leurs sauvegardes sont inadaptées au monde imbriqué et dangereux d'aujourd'hui qu'il faut quand même affronter. La constitutionnalisation du principe couard de précaution n'y supplée pas. Deux exemples : suréaction au nuage éruptif de l'Eyjafjöll en 2010, sous-réaction au krach hypothécaire des subprimes. La crise de l'euro montre qu'on n'a pas les outils pour la stopper. Les procédures réactives sont dépassées, il faut de la proactivité, de la souplesse, de l'autorité et du bon sens, pas des textes ! Dit en passant, c'est la définition d'une société monarchique gouvernée par un cabinet de talents comme nous en connûmes.

Le plus grave défi au genre humain, aux yeux des experts, est l'interconnectivité absolue. Nos vies dépendent maintenant de la "connexion". Que ce soit dans les activités professionnelles ou dans la sûreté personnelle, nous sommes à la merci du Réseau. L'interconnectivité est à la fois indispensable pour les entreprises et un gage certain de résilience en cas d'agression ou de catastrophe, les cellules filles pouvant palier l'absence de la cellule mère, utile aux administrations dans l'exploitation des données et la production de résultats préalables à la prise de décisions, agréable aux communautés d'individus qui facilement se retrouvent, mais en revanche extrêmement plastique dans l'organisation de la désorganisation comme l'ont montrées les émeutes de Seattle, Londres, Rome et les révoltes arabes devenues le prototype opératoire d'une révolution, redouté aujourd'hui par tous les régimes de force.

 Le rapport au WEF sélectionne cinquante risques majeurs et concrets, pas des concepts ; nous en reprenons neuf et adressons notre distingué lectorat à l'original du rapport 2012 :

Les neufs dangers majeurs :

(i) Déséquilibres fiscaux chroniques des Etats nourrissant le pronostic de krach systémique de l'interbancaire et la destruction du régime de devises. Le creusement de dettes publiques n'est pas tenable aux niveaux atteints.

(ii) Disparité sévère des revenus couplée à une gestion désastreuse des populations hors-d'âge. Inégalités criantes et injustice évidente sont plus que le ferment de grands désordres, mais l'étoupe de la mise à feu de nos sociétés.

(iii) L'augmentation des gaz à effet de serre et l'échec patent de la gouvernance énergétique mondiale qui va transformer la planète en four et stériliser d'immenses terres agricoles au moment du pic démographique.

(iv) L'urbanisation débridée écrasant tout, prolétarisant les peuples et asséchant les ressources en eau accessibles par les moyens modernes de captage. Les dégats à attendre de ces concentrations de misère sont plus désastreux que ceux des calamités naturelles aléatoires.

(v) Extrême volatilité des prix des matières et denrées ruinant les producteurs au bénéfice d'une spéculation illimitée dans ses mises.

(vi) Prolifération atomique incontrôlée, donnant des moyens de destruction massive à des Etats immatures ou exagérément spéculateurs des pressions induites.

(vii) Crise de l'eau et crise alimentaire provoquées par l'effet de ciseau de la hausse spéculative des prix et du défaut de productions vivrières de proximité (effet direct de la mondialisation) ; sans parler de l'hiver volcanique que pressentent les vulcanologues et qui est hors de l'épure politique puisque imparable.

(viii) Guerre cybernétique déclenchée en dehors des Etats par des groupes intéressés au chaos (le rêve de l'anarchiste historique) ou privilégiant le néotribalisme qui endommagerait, voire détruirait par endroit le Réseau cité plus haut, éteignant à proprement parler nos sociétés sophistiquées.

(ix) Modification du génôme humain par l'impact de produits consommés ou d'expériences assimilées ouvrant le champ de nouveaux risques pour l'espèce. Ce risque s'applique aussi à tout le règne vivant, animal et végétal.


Et après ?
A la fin du catalogue se pose une seule question qui appelle une seule réponse. Les décideurs de l'espèce humaine sont-ils aux manettes et affrontent-ils tous ces défis systémiques ? Pour plusieurs raisons, dont la moindre n'est pas l'éphémérité des pouvoirs gouvernant les grandes nations ou leur corruption profonde au bénéfice des dirigeants, le niveau de réponse est estimé inadapté et le demeurera parce qu'il n'a pas suffi jusqu'ici de gérer les crises. Il faut gouverner ! 
Gouverner, ce n'est pas godiller de la queue tel le chien crevé au fil de l'eau, mais prendre et faire appliquer à tous prix les décisions qui conviennent dans chaque domaine identifié, dans le cadre d'un accord global qui n'a pas besoin d'être formalisé mais exécuté avec courage, chacun allant à sa vitesse, mais dans le même sens.
Les yeux sur le compteur de leurs chances de réélection, nos gouvernants en sont bien loin !
Qui prendra la tête à Davos ?

Le truc du piéton : équilibrer son moral en lisant Le Fanatisme de l'Apocalypse de Pascal Bruckner (Grasset 2011, 20€)

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