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mercredi 17 octobre 2018

Le Right Livelihood Award* 2018 à la France d'outremer

Le sommet de l'OIF à Erevan fut embelli par le prix Nobel alternatif de littérature donné à Maryse Condé. Voici comment nous en parle RFi :

(article de Radio France internationale republié sous licence libre)

(*) Le nom du prix suédois, Right livelihood, qui se traduit littéralement en français par « moyens d'existence justes », fait référence au cinquième point du noble sentier octuple du bouddhisme qui enseigne que chaque individu est responsable de ses actes et doit prendre seulement une part équitable des ressources de la terre. Le prix, bien qu'appelé le « Prix Nobel alternatif » en français, n'est pas officiellement lié au Prix Nobel (source Wikipedia).

lundi 10 décembre 2012

Un Nobel de la paix bizarre

Du discours d'Herman Van Rompuy à Oslo aujourd'hui je n'ai retenu que cet aphorisme choc : « En paix, les fils enterrent leurs pères. En guerre, les pères enterrent leurs fils ! » Hérodote d'Halicarnasse (484-420). Tout le discours que j'ai suivi sur Euronews magnifiait la pacification européenne par ses institutions communes. L'exercice était un peu convenu en remerciement du prix Nobel de la Paix attribué à l'Union européenne. Disons en passant, que le discours était de haute tenue et que le président Van Rompuy le délivra sans lire ses notes, ce qui pour nous Français est un véritable exploit, habitué que nous sommes à regarder nos politiciens de rencontre lire leur papelard pour juste nous dire bonjour. Le dernier en date fut M. Fillon, infoutu de dire sa colère de mémoire à la sortie de la Cocohée ; laissons ces bafouilleurs ! Beaucoup ont découvert leur Rompuy ce lundi (Van Rompuy à Oslo en version intégrale).

R. Schuman
L'Union est-elle la paix par elle-même, ou bien fut-elle créée par la paix ? Celle des cimetières. La question mérite débat. On rappellera avec profit que la collaboration franco-allemande était dans les cartons dès l'entre-deux-guerres mais que la grande dépression et le revanchardisme allemand en vinrent vite à bout. D'où l'idée de Robert Schuman après-guerre de ne pas en avoir. Marcher avant de penser ; et on construisit la CECA (Communauté européenne du charbon et de l'acier) qui ne se superposait pas aux offices mercantiles nationaux mais les remplaçait pour tout ce qui était commercialisation de ces produits, bases d'armement n'oublions pas. Génial, mais si quand même !
C'est aussi ce qui se passa au départ de De Gaulle en 1969, alors que la relation franco-allemande était quasiment évaporée dans nos rêves de grandeur (comme beaucoup de projets grandioses de l'époque) : Pompidou, l'auvergnat pragmatique, lança l'Airbus et un réseau de satellites de télécommunications européens laissant à d'autres plus tard les envolées lyriques. On notera d'expérience que plus on célèbre le "couple" franco-allemand moins on en fait. Nous sommes en phase de basse conjoncture, la RFA équilibre tous ses comptes publics à la fin de l'année quand la France des trois déficits entre en récession au même moment. Berlin rééquilibre donc la relation à son profit (EADS) avant de passer à autre chose...

Camp Bondsteel - huile sur toile de Céline Germès
Si la paix a créé l'Europe-institution, il est difficile de prétendre que celle-ci ait renvoyé l'ascenseur. La guerre de désintégration en Yougoslavie a démontré que le Soft Power tant vanté avait l'esprit très venté. A quoi nous servaient ces magnifiques corps d'armée couleur "vert et boue" si nous ne savions pas forcer la paix sur nos marches ? Nous sommes repartis comme en 1916 chercher les Sammies pour y mettre bon ordre, alors que nous avions tout sous la main... sauf la cohésion mentale. Et de nous plaindre ensuite qu'ils n'en aient fait qu'à leur tête, en dépeçant la Serbie pour sécuriser leur camp retranché Bondsteel au Kosovo. Cette pusillanimité bruxelloise et les antagonismes rémanents entre anciennes puissances, en dépit des grands principes proclamés à jet continu urbi et orbi, a conduit les nouveaux pays libérés à se jeter immédiatement dans le dépôt de candidature à l'Alliance atlantique, seule garantie sérieuse d'avenir à leur yeux. De bons esprits un peu seuls plaident pour une défense européenne dont aucun des nouveaux venus ne veut !

Si demain, pour une raison imprévisible, mais de celles qu'engendrent les états de forte tension sociale, la Grèce et la Turquie se prenaient à la gorge, on peut parier que l'Union européenne ne proposerait rien de plus qu'une séance de pré-conciliation, doublonnant (même pas) avec les discussions musclées qui auraient lieu au siège de l'Alliance à Bruxelles. L'Union ne "fabrique" pas la paix, désolé, Mister Président.




samedi 13 octobre 2012

Un prix indû

Le Nobel de la paix 2012 a surpris tout le monde. Un peu comme s'il n'y avait rien d'indépassable à désigner qu'on en soit réduit à consacrer un "Machin".
Et déjà les politiciens s'empoignent sur les mérites et les démérites d'une construction géopolitique qui leur échappe complètement et qu'ils devront subir jusqu'à leur mort. Bigre ! La paix par la technocratie, est-ce bien le message que veut faire passer le Comité norvégien du Nobel ? Même s'ils s'en défendent pour respecter le prêt-à-penser en tête de gondole de l'OCDE, leur choix signe le triomphe de l'adémocratie.

L'Europe s'est construite du début jusqu'à aujourd'hui à côté des peuples car c'est une problématique trop compliquée pour la faire débattre par les tribuns de préaux. C'est bien ce qui enrageait tout à l'heure M. Dupont-Aignan dans l'émission Europe 1-Soir : l'usurpation de souveraineté de cabinets opaques non élus ne pouvait être légitimée de cette façon, la politique suivie depuis 1986 étant tout à fait anti-démocratique. A quoi ses interlocuteurs, comme Olivier Duhamel en pleine transe, n'ont pas eu la présence d'esprit de lui répondre que la situation lamentable des comptes publics de bien des Etats européens était le résultat direct de la perversité démocratique de chaque pays, qui récompense les majorités d'un jour en les basculant sur celles d'hier : la crise européenne n'est pas due à la technocratie irresponsable qui passerait ses nuits et ses jours à détruire les peuples au bénéfice de la Banque et de la Forge comme sous la Monarchie de Juillet, mais à la gabegie des nations purement démocratiques, arrosant en permanence leur clientèle pour des prébendes politiciennes misérables au niveau de l'enjeu. Mais à quoi bon, M. Dupont est dé-mo-cra-te.

L'approbation dithyrambique de Javier Solana, super-maoïste bien plus fort que Cohn-Bendit puisqu'il parvint au poste de secrétaire général de l'OTAN, ne m'émeut pas, pas plus que celle d'un autre maoïste (décidément !), José Barroso, président de la Commission, qui parvint hier à tirer des larmes à Papy Rompoye. Ces gens ne comptent pas. Comme dans Matrix, c'est le système qui prévaut sur les individualités et se protège. D'ailleurs ne voit-on pas déjà la ruée aux estrades de ces "démocrates" que les gnomes aux manettes observent à la jumelle depuis le Berlaymont ? Le coup de peigne, où est la caméra ? Le Figaro nous signalait tantôt : La course pathétique aux micros et à Twitter à laquelle se sont livrés vendredi les chefs de la Commission, du Conseil et du Parlement n'a sûrement pas rehaussé l'estime du public pour les institutions européennes. Rivaliseront-ils aussi pour recevoir, à Oslo, la médaille, le diplôme et le chèque de 8 millions de couronnes qui viennent avec le prix Nobel ? Le dilemme de préséance ne semble pas résolu, plus de trente ans après que Henry Kissinger a moqué l'Europe en lui demandant de préciser son numéro de téléphone. Laissons-là cette dispute d'employés. Le Machin digère son prix Nobel mais l'Union européenne dans ses institutions ne mérite pas ce prix.

Berlaymont, siège de la Commission européenne

Si l'Europe intégrée est une oeuvre de longue haleine qui convoque à la manoeuvre la résilience du soutier ; elle est toujours prise au dépourvu par les évènements extérieurs. Elle n'a aucune réactivité au niveau de son exécutif, c'est à dire le Conseil européen et son adjudanat, la Commission, qui pour sa part est toujours en dehors de l'épure ; imagine-t-on Barroso avoir une idée ? Puisqu'il est question de "paix", nous ne citerons que trois dossiers, mais il y en a d'autres, et pour faire balance quelques petits succès aussi (Aceh, piraterie somalienne) très insuffisants à justifier un prix Nobel de la paix.

(1) La convergence des leaders n'a pas fonctionné lors de la guerre de Yougoslavie. Quatre pays étaient impliqués qui n'ont pu que transmettre le bon à tirer aux Etats-Unis : France, Allemagne, Autriche et Italie. Ils n'ont pas su non plus faire barrage à la sécession américaine du Kosovo, colonie abritant le camp Bonded Steel qui tient toute la sous-région (mais bloque les Russes).

(2) Le débondage de crédits en direction de l'Autorité palestinienne est fait sans vouloir peser dans la dispute diplomatique, pire même, Israël fait la loi sur le régime d'échanges commerciaux et nous envoie paître régulièrement. Pourquoi couver le sionisme et payer la revendication du Fatah ? Quel intérêt y avons-nous ? Nous ne tirons d'aucun bord aucune reconnaissance et nous ne contribuons pas plus à la paix locale. Qu'ils se dém... entre fils d'Abraham !

(3) Les peuples dans l'est du Congo belge vivent en enfer depuis des lustres. Le territoire est disputé âprement par les puissances régionales en frontières qui usent de toutes les faiblesses du Congo, ses milices, ses "armées" privées, sa corruption endémique. L'Europe a déployé des moyens humanitaires et d'observation sous la couverture onusienne alors qu'il s'agit de pacification lourde. Quelques compagnies de bandits font la loi qu'on laisse courir au profit de conférences qui s'emboîtent comme des poupées russes à la grande satisfaction de Mme Ashton. Quand mettra-t-on au tapis pour l'exemple le bataillon M23 qui sème la terreur ? C'est l'affaire d'une journée ! On a depuis longtemps dépassé les trois millions de morts dans ce quartier du monde. Trois millions, une paille.

L'Union européenne est à un tournant. Sacré tournant, me direz-vous, quand vous aurez compris que c'est d'Europe allemande qu'il va s'agir désormais. L'Allemagne a cinq ans, pas plus.. comme en 39 !
Et ils sont devenus pacifistes en plus, ces salauds !
Heureusement.

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