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dimanche 4 juin 2023

Futile résistance ?

étudiants studieux sur la place Tiananmen

Tian-An-Men 89, apogée moderne de la Connerie-en-bottes-de-fer, nous rappelle la nature profonde de l'Etat communiste qui est de "se maintenir". Le bon monsieur Deng avait jugé que deux cent mille morts seraient la limite à ne pas franchir pour éteindre la contestation libertaire de mai, avant que la conscience internationale ne lui fasse des reproches. Par chance, ils n'étaient pas organisés, passèrent sous les chenilles sans broncher et furent capturés sans combattre par tout le pays, puis disparurent. Il avait raison. A la fête nationale chinoise de 1989, le monde des affaires au complet se précipita à l'ambassade de Chine populaire à Paris porter ses félicitations au représentant du Parti communiste.
Ils avaient demandé la démocratie alors qu'ils rêvaient de libertés. Fatale confusion. Sur les secondes, ils auraient pu être entendus, le Premier secrétaire Zhao Ziyang les avait compris ; il lui en cuira.


fleur de chrysanthème
Qu'ils reposent dans la paix des illusions perdues !

jeudi 4 juin 2020

Juste comme ça !


Pékin le 5 juin 1989, les chars du Parti ont coupé les moteurs. Reste à laver les chenilles.

Pour son trente-et-unième anniversaire, Royal-Artillerie propose le déroulé du massacre de Tian An Men tel qu'il fut observé par Mlle Jan Wong (The Globe & Mail de Toronto) depuis les balcons du Beijing International Hotel situé à l'angle nord-est de la place. On comprend mieux ce qui suit quand on sait que la place Tian An Men était noire de monde, manifestants et badauds.


DIMANCHE 4

01:00 Un transport de troupe blindé (VTT), précédé d'un bruit de train de marchandises, roule droit sur une barricade faite d'une grille de fer

01:04 La foule arrête net le VTT sur ses chenilles

01:18 La foule incendie le VTT. Deux soldats à l'intérieur sont secourus par des manifestants étudiants

01:20 Premiers coups de feu quelque part au sud de la place

02:10 Des troupes sont visibles du côté est de la place

02:15 Coups dde feu beaucoup plus forts

02:16 Panique générale. Un autre VTT est incendié devant le siège du Comité Central (ndlr : du PCC)

02:20 Cinq ambulances arrivent en trombe

02:23 Des chars déboulent sur la place dans un bruit d'enfer. Un individu à vélo tente de se maintenir sur le côté de l'un d'eux. Des camions de troupe surgissent à grand bruit tirant sur la foule au hasard. C'est le chaos

02:35 Fusillade intense. Des soldats avançant en rang serré, environ cent vingt, traversent la place en tirant sur la foule. Des dizaines de milliers de gens courent en hurlant vers l'hôtel. Quelques-uns sautent la grille mais sont refoulés à l'entrée

02:48 Les soldats ont fauché de larges espaces sur la place

03:00 Un cyclopousse pédalent furieusement avec un blessé sur la banquette

03:07 Tir à droite de la place

03:12 Fusillade soutenue ; panique générale à nouveau. Plus de cyclopousses passent avec des blessés. D'autres cyclistes viennent en aide pour ouvrir un chemin

03:30 La foule tente de pousser des autobus en travers de l'Avenue Chang'An, celle de l'Eternelle Paix, pour dresser une barricade. Elle n'y arrive pas.

03:45 Fusillade soutenue au sud et à l'est. Panique générale à nouveau. Les gens courent dans tous les sens devant l'hôtel

04:00 Les lumières de la place s'éteignent brusquement. Les gens s'attendent à ce que les étudiants soient écrasés (ndlr : littéralement). Quelques lumières sont aperçues dans le Palais de l'Assemblée du Peuple. Les dirigeants chinois observent-ils ?

04:40 Les lumières reviennent sur la place. Des hauts-parleurs ordonnent aux étudiants de dégager de la place, sinon d'encourir les conséquences

05:00 L'aube commence. Fusillade sur la place. Tire-t-on sur les étudiants?

05:23 C'est l'aurore. Un grand convoi arrive par l'est. Les gens tentent désespérément de dresser une barricade avec des autobus. Ils n'ont pas assez de temps. Dix corps au sol. Des gens continuent de pédaler vers la place.

06:15 La foule en colère commence à chanter : "La grève, la grève !"

06:20 Onze VTT et quinze chars supplémentaires viennent démolir du côté ouest de l'hôtel. Quelques chars partent directement sur une barricade formée de trois pelleteuses

06:52 Les gens incendient un second autobus devant l'hôtel. Heureusement que le vent vient de droite. L'épaisse fumée noire s'éloigne de l'hôtel

07:00 Cinq corps portés sur des brancards défilent, une personne en tête porte un drapau de la Croix Rouge

08:15 Les soldats poursuivent les gens et tirent à l'arme automatique

09:15 Les gens mettent le feu à un troisième autobus

09:30 La foule grossit

09:46 Les gens paniquent et courent vers l'hôtel

10:09 Un coup de feu ; des milliers de gens fuient

10:22 Les soldats avancent vers l'est en direction de l'hôtel, en tirant dans le dos des gens qui fuient. Les balles sifflent au balcon de l'hôtel

10:25 Les tirs s'arrêtent. Vingt corps gisent sur le sol. Un cycliste est atteint adns le dos, juste devant l'hôtel. Il y a deux mares de sang sur le parking

10:55 Les gens approchent avec précaution pour tenter de sauver les blessés. Les soldats tirent à nouveau les faisant fuir. La foule est scandalisée

11:22 Les corps sont toujours là une heure plus tard. Aucune ambulance n'arrive.

11:48 Les soldats tirent une nouvelle salve de trois minutes dans la foule. Combien sont touchés, ce n'est pas clair

13:57 La foule est revenue. Les soldats tirent à nouveau. On ne sait combien sont touchés. Les gens se dispersent.

15:30 La foule est revenue. Les soldats tirent à nouveau. Combien sont touchés ?

16:15 La pluie tombe, la foule disparaît

19:35 La foule est revenue. Les soldats tirent à nouveau. On ne sait combien sont touchés.

20:50 Les soldats tirent dan,s la foule pendant cinq minutes

22:35 Dix chars et dix VTT déboulent dans l'Avenue de l'Eternelle Paix, tirant à la mitrailleuse par moment. Ils font rugir les moteurs en allant et venant sur la piste principale comme un bande de motards le samedi soir, dans un but ignoré

LUNDI 5


01:00 Les rues sont désertes. Mais vraisemblablement plus à cause du violent orage que des chars. Un coup de tonnerre fait se précipiter des touristes sur leurs balcons. Le bruit est celui d'un tir de mortier



Voilà ! Le reportage complet de Miss Jan Wong peut se lire en cliquant ici. Pour bien enfoncer le clou, nous rappelons que Deng Xiaoping avait donné à Li Peng, le premier ministre, un budget de deux cent mille morts pour l'ensemble du territoire. Heureusement que la révolte s'éteignit partout sous l'effet de la terreur et de la chasse aux dissidents et leurs familles, car un parti communiste, dépositaire exclusif de la recette du Bonheur Total, n'a aucune limite quand il a les moyens de se perpétuer.



Qu'ils reposent en paix !

lundi 3 juin 2019

Un certain 35 mai


Chen Guang et son tableau "Blood Red Anxiety"


Pour commémorer les trente ans du massacre d'Etat sur la place Tian An Men, nous proposons une mise en peinture des photos prises par un soldat, proposée par le South China Morning Post de Hong Kong en cliquant ici !




Hong Kong Victoria Park on 6666 - courtoisie SCMP

No comments ! Juste une minute de silence méritée pour des gens qui ont payé de leur vie la volonté de ne plus subir l'oppression communiste. Qu'on en prenne de la graine.

dimanche 3 juin 2018

Les communistes à la lanterne !

Comme chaque année ou presque nous aurons demain une pensée pour les victimes du communisme à l’occasion du massacre de Tian-An-Men. Pour ce vingt-neuvième anniversaire, pas d’images de chairs en purée marquée à la chenille, mais celle d’une jeunesse instruite et épuisée d'avoir caressé l’espoir fou de l'intelligence revenue sur terre. En terre communiste ça n’existe pas !

Les brutes vampirisent l’abrutissement démocratique pour se prévaloir de leur légitimité comme les Chavistes du Venezuela. Et il y a chez nous des gens assez pervers pour les applaudir. Si par malheur venait en France l’heure du succès pour cette supercherie vieille comme le monde il faudrait tout de suite neutraliser l’accès aux micros de ses propagandistes. Astiquer les lanternes en attendant.

On pourrait aussi éditer des plaques en laiton portant le nom du « prévenu d'avance », que l’on fixerait sur le fût du lampadaire à hauteur d’homme sur l'Avenue ; ce n’est qu’une idée à la sauvette, dans la colère de l’anéantissement d’une espérance de liberté brisée une fois encore par un État retranché et fortifié dans son principe totalitaire et hégémonique de contrôle des pensées. Ce même État qui gomme chaque année un peu plus les souvenirs du 4 juin 1989 sur la place Tian-An-Men et chasse encore aujourd'hui ses dissidents, urbi et orbi, mais on en parle si peu, bizness first !
Pour les trente ans, on développera !


dimanche 4 juin 2017

Tian'anmen 89

 Les étudiants, employés et ouvriers de Tian'anmen ont aujourd'hui vingt-huit ans de plus, et ont gardé les mêmes convictions libertaires. Ils sont du gibier pour le pouvoir chinois, mais dispersés et réfugiés à l'étranger, ils ne peuvent être atteints facilement. La seule riposte à la modeste diffusion de leurs idées est de couper par tous les moyens les moyens de le faire. Alors s'organisent-ils sur les réseaux sociaux en se méfiant des intrus et autres agents provocateurs de la Crasse communiste ; ils entretiennent des cercles d'amis, fréquentent des gens intelligents, continuent à leur façon le combat pour les libertés publiques et politiques, douce utopie qui fit surgir les chars de la gérontocratie peureuse au petit matin du 4 juin. La guerre de l'intelligence est sans fin.
Salut aux morts !


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