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samedi 24 novembre 2012

Force restera à la loi


Les squatts ont été cassés hier. Le bétonnage du bocage se fera, ainsi l'a proclamé M. Normal du haut de ses hésitations définitives, au motif de la virilité bafouée du Premier ministre en charge et conjointement promoteur de cette connerie majuscule : l'aéroport Notre Dame des Landes. Notre distingué lectorat, rebuté sans doute par le détail des chicayas d'aménagement technocratique du territoire qui datent de cinquante ans déjà (1965), mérite une synthèse : Les 1650 hectares, condamnés à flatter l'orgueil de M. Ayrault pour les deux générations qui viennent, permettent d'abord de libérer 600 hectares de promotion immobilière en périphérie immédiate de la grande ville de Nantes, occupés par l'aéroport actuel sous-utilisé : Gatwick¹ trafique dix fois plus d'avions sur la même emprise au sol ! Mais qu'importe ! Les élus de terrain vont y gagner deux fois, sur les travaux du nouvel aéroport et ses accès, sur les travaux d'urbanisation. Dans "urbanisation" il y a "urba", un savoir-faire certain.

Le Grenelle de l'environnement avait décidé le gel de tous aéroports en France, ce qui se justifiait entre autres considérations écologiques par une anticipation de croissance faible dans un pays saigné à blanc par la mondialisation qu'il n'a jamais su affronter. Dont acte, à l'exception notable de la dérogation que M. Fillon, prédécesseur de M. Ayrault à Matignon, avait donné à ce dernier par solidarité régionale puisque le morne et le triste sont tous deux des Pays de Loire. Place dès lors aux bulldozers ! Et qu'on ne vienne pas dire que les crédits pour les infrastructures d'approche n'existent pas, et n'existeront sans doute pas si l'on compte sur un soutien européen à budget fixe, parce que ce n'est pas le sujet. Ne pas tout mélanger non plus !


Dans un pays très décrié pour sa politique sociale, on tire d'abord les routes, les trains et les bus vers le grand chantier de la ville nouvelle, après avoir enfoui les câbles d'énergie et de communications, ce qui en permet l'accès facile aux ouvriers, aux camions et tous engins pendant les travaux, puis aux habitants qui vont y venir ! C'est la Chine, beurk ! ND des Landes est un projet de 580 millions d'euros au départ (source Le Figaro). Les approches (voie rapide à grand débit, train-tram et/ou LGV vers Rennes) coûteraient dans les trois milliards en plus. Les génies de la Loire n'en ont pas la queue d'un.

Il est proprement sidérant de voir des infrastructures de développement lourd et pérenne comme le canal Seine-Nord et le port logistique au confluent de l'Oise (clic), annulées au profit d'un sursaut d'orgueil dans un cul-de-sac. L'avenir est sur l'eau, plus besoin de transporter la viande qui contient les idées comme avant, il y a maintenant Internet pour échanger intelligence et sympathie, même si la chaleur humaine n'est pas encore électronique. Le monde est en révolution et donc en désordre ; il faut privilégier la cohérence d'une politique nationale, et ce gouvernement à juste titre veut ré-industrialiser notre pays d'ingénieurs. Alors faisons-le avec les moyens disponibles et cessons les dépenses somptuaires à la gloire d'édiles sous-calibrés. Apparemment notre petit prof d'allemand n'est pas branché au bon voltage ; mais de ça nous n'avions plus de doutes au bout de six mois d'une besogne laborieuse et stérile à la fin.




(1) Que dire de Kai Tak, l'ancien aéroport de Hong Kong sur 350ha (mais avec la piste réclamée en plus sur la baie, d'accord) qui deux ans avant son transfert à Chek Lap Kok (6/7/98) passait 29,5 millions de passagers et 1,56 millions de tonnes de fret commercial. Certes, ce n'étaient pas des miquets dans la tour de contrôle et tout au sol s'évacuait à grand débit faute d'espace de stockage. Avec seulement 3246112 passagers (2011), Nantes-Atlantique a encore de la marge si on veut bien travailler plus.

jeudi 7 juin 2012

La cagnotte, déjà !


Il est un signe qui ne trompe pas. L'on se souvient de la bronca socialiste lors de l'abandon de la retraite à 60 ans par l'inquiétant M. Woerth. La promesse emblématique de la campagne de M. Hollande fut par la suite épurée à mesure que l'on s'approchait de la décision, pour finalement ne concerner que ceux qui avaient cotisé tous leurs trimestres et commencé à travailler tôt. Je n'entre pas dans le détail où se niche le diable.
Les calculs savants de la rue de Bercy, alors au main de l'ennemi, demandaient un financement de 5 milliards par an à tirer d'une hausse de la cotisation vieillesse des travailleurs, au motif de la solidarité intrinsèque à la Répartition. Les calculs non moins savants de la CNAV indiquent maintenant qu'on s'en sortira avec 2 milliards seulement. C'est tant mieux.
Mais au lieu d'encaisser l'économie de 3 milliards, voire de réduite la surcotisation vieillesse, les socialistes incorrigibles viennent de découvrir, vous savez quoi ? ... une cagnotte pardi ! À peine arrivés, le jackpot ! A qui, à quels clients va-t-on donner ces 3 milliards dûrement gagnés ? Ce fut la grand émoi de cette semaine.
Le pays est écrasé de dettes, les déficits sont carrément monstrueux pour une économie stagnante sans grand avenir - nous n'avons aucune rente exploitable à court terme - mais les socialistes restent addicts à la dépense publique. D'ailleurs cet argent n'est l'argent d'aucuns d'entre eux, c'est celui de la République, la marquise de jadis ! Ce comportement de proxénètes va durer jusqu'au coup de sifflet final des marchés de prêteurs qui commencent à entendre les mises en garde et autres désolations des experts de tous bords à notre endroit. La confiance c'est un peu comme l'honneur, lui-même à la merci d'une allumette, elle ne sert qu'une fois.

Les Allemands de mon bureau, qui sont philosophes dès qu'ils sont désarmés, me confiaient jadis que les caisses remplies par la CDU servaient aux décaissements du SPD, l'alternance jouant automatiquement par le souhait des gens d'encaisser un jour impôts et taxes toujours trop lourds, et s'inquiétant par la suite du mauvais état des comptes publics. La grosse différence avec chez nous est qu'un socialiste allemand - un Bas-saxon en plus - a triché. Ce loup solitaire de l'Internationale triomphante a bourré les caisses avec des ruses de sioux au lieu de les vider, sans même casser le moteur de l'alternance, la Saxe a passé le bâton à la Prusse. Nos cousins en sont assez contents, à contempler le désordre immense du camp de tipis autour de Fort Bismarck !

Pour la petite histoire, le syndrome de la cagnotte avait frappé le cabinet Jospin. Cette pantalonnade avait fait rire toute l'Europe des initiés, un pays en déficit distribuait des surplus fiscaux temporaires.

Pour le moment, le secret (mal gardé) de M. Ayrault est que les comptes seront améliorés par des hausses massives d'impôts, ciblés de préférence sur les mal-votants. M. Moscovi le confirme en creux, en déclarant que l'assainissement se fera sans austérité. Quand on sait les abysses financiers concernés, on comprend qu'il se fout du monde. Mais l'important c'est l'élection, toujours les élections, il sera bien temps de se rattraper ensuite. On peut être normal et pas sérieux, même en se composant une tête d'enterrement de circonstances comme l'affiche notre nouveau président pour avoir l'air pénétré.

Qui de sensé voterait pour ces gens-là ?





mercredi 4 mai 2011

De la curatelle des incapables

C'est une grave question que François Marcilhac soulève dans l'AF2000 du 21 avril sous un titre assez "soft" : Le budget soumis aux juges. Il ne s'agit pas moins que de la mise sous tutelle du pays pour gabegie avérée. Nos comptes publics parlent d'eux-mêmes, n'y revenons pas encore. Si nous partageons le constat, nous divergeons sur les conséquences anticipées et un peu également sur les motifs.
Par chance pour ceux qui ont loupé le n° 2815 de l'Action Française, une version très proche de cet article est accessible sur le site du CRAF. Nous vous engageons à lire d'abord ce billet en cliquant ici.


Vous revoilà ! Marcilhac explique donc très bien que la tutelle de la Commission européenne, exécutif du Conseil, va s'exercer à travers une lettre semestrielle de cadrage budétaire que l'on appelle déjà du terme abscons de "semestre européen". Le curateur en sera le Conseil constitutionnel, staffé jusqu'à présent par les gérontes de la dépense, qui cassera le budget s'il enfreint le pacte allemand de stabilité (permanent) et le cadrage européen (annuel).

Le dispositif en débat est humiliant pour le ministre du Budget qui écrasait déjà le parlement de ses choix préalables et surtout défaisait selon son bon plaisir les dispositions votées qui lui déplaisaient, par leur décret d'application ou par leur non-application, voire l'assèchement des crédits de paiement par transfert entre chapitres. Si ce pouvoir de caprice régalien demeurera, il n'en ira pas de même de ses propres cadrages et de la mise en musique de la politique présidentielle. Oui, il y aura tutelle. Il y a tutelle.
Quant aux parlementaires, déjà bloqués sur plus de 90% du budget par les "services votés", il leur restera à entériner un budget étranger pour justifier la prébende et à claquer des pupitres pour passer à la télévision. C'est fini. Tant mieux. Royal-Artillerie est contre les bavardages et l'obésité des rationnaires de la République. Economisons déjà le Sénat.

Pourquoi tout ça ?
Marcilhac accepte le retour à l'équilibre de nos finances publiques mais dénonce la pré-éminence des "juges", objectivement fondés de pouvoir d'instances supranationales. Comment faire autrement dans une république ravagée par la social-démocratie aggravée d'un clientélisme pagnolesque¹ ?
S'il est impossible de faire accepter les contraintes de l'intérieur, il faut bien les imposer de l'extérieur, car le péril de destruction d'un système social est plus menaçant pour la population que le faux concept d'indépendance et l'illusion de souveraineté nationale qui va avec.

Les pays actuellement contraints montrent bien que la condition de souffrance des peuples assujétis au FMI pour le redressement des comptes nationaux est bien plus draconienne que l'effacement de ce qui n'est au fond qu'une idée². Dans notre monde imbriqué, l'indépendance n'est même plus un voeu pieux mais la seule optimisation de nos dépendances. Par exemple dans le domaine énergétique, choisir une ressource domestique ou nationale libère une dépendance qui peut être recombinée ailleurs. Mais au final, en ce domaine aussi l'autarcie est impossible.

Dans un article paru dans Les Echos du 21 avril (Turgot clic), Jacques Delpla décrit et promeut la pénible guérison des pays-cigales sous tutelle du FMI, de l'ESM (European Stability Mechanism) et de la BCE, qui prendra vingt ans au moins, et il entre concrètement dans le débat crucial du Défaut sur dette souveraine. Il termine sur un doute quant à la France : c’est la France qui est la plus préoccupante : la plupart des hommes politiques, de gauche et de droite, n’ont toujours pas pris en compte dans leur analyse et dans leurs promesses la nécessité de revenir à l’équilibre budgétaire d’ici la fin de la décennie.
Il faut donc bien que quelqu'un les y force puisque le peuple aux bras coupés par l'Etat-providence ne sait pas les mettre à la lanterne ! Finalement, c'est la vertu cachée de l'euro que de nous contraindre au sérieux.


Il faut donc redresser ce pays dare dare avant que les agences de notation ne nous y obligent par des taux de refinancement hors d'atteinte, favorisés par le doute quant à notre volonté d'assainir les comptes publics.
Mais nous ne pourrons nous en contenter car il faudra assainir et relancer le pays en même temps. S'il faut choisir un axe d'effort national où mettre le paquet, nous privilégions toujours, jusqu'au rabâchage, la recherche de la puissance économique, par tous moyens, voies et détours, car elle dicte tout le reste jusque et y compris par exemple la vigueur de la francophonie dont on parle souvent chez les royalistes, et nos capacités de défense militaire dont nous risquons d'avoir un jour prochain grand besoin.
Aboutir exige un changement des mentalités (qui commence à pointer), et la libération des énergies créatives et d'investissement par la destruction inlassable de la bureaucratie léguée par le modèle en défaut.
Aboutir commence aussi par bien assimiler que les incitations étatiques peuvent aider certes mais en aucun cas tirer le char du renouveau, car les arbitrages budgétaires de Bercy ne sont jamais soumis au rendement économique qu'on en attendrait, mais obéissent aux mécanismes du marché politique.
Serait-il plus simple de tout raser ? ça s'étudie !
Pour une course de côte, on allège la voiture jusqu'aux pare-chocs et on gonfle le moteur. Réduire l'Etat a minima est incontournable pour libérer la création.
L'enthousiasme est à la base de tout progrès (Henry Ford). L'enthousiasme des Bureaux n'existe pas.
A mort la Norme !


Note (1): un exemple entre cent, l'application territoriale du Livre Blanc de la Défense par Hervé Morin est un must dans le copinage.
Note (2): l'attribut va faire hurler mais j'attend un exemple concret actuel d'exercice de cette souveraineté qui traduise notre indépendance au sens strict.

samedi 8 mai 2010

Le temps venu des idées simples

Expliquer la condition d'honnête homme tient en dix lignes, comprendre la vocation d'un pédophile tient en dix pages. Ainsi des tonnes de livres keynésiens furent-elles nécessaires pour théoriser la perversité des déficits publics. De grands esprits s'y sont mis, de moins grands aussi, mais au bout du tuyau à confiture c'est le gogo citoyen qui choppe le diabète.

François Fillon
Que de fois nous entendîmes le "ça ne peut pas durer" des responsables offusqués par le service dévorant d'une dette abyssale, pour le lendemain voir les mêmes signer un nouvel apaisement des souffrances individuelles à compte public. Il aura fallu que les charognards de la Spéculation, les inquiets des "futures¹", fassent des cercles au-dessus des plus malades pour que nous nous rendions compte que dans ce désert de la soif budgétaire, nous marchions à la mort. Fillon a dit : trois pour cent, max !
Il en manque.

henri emmanuelliLes déficits publics doivent se balancer à zéro. Savez-vous qu'il y a des pays qui vivent sans déficit, parfois même avec de petits excédents budgétaires. Ce sont des pays bizarres où on n'applaudit pas à la "cagnotte" quand un imprévu diminue la perte au contraire d'ici. Ici, des gens cultivés comme le Groucho landais qui sert de lest à la Montgolfière du Nord, se déboutonnent sur les plateaux médiatiques en expliquant l'air avisé qu'il "faut du déficit" pour faire tourner un Etat social-démocrate. Nous le savions bien puisque c'est le régime des clientèles. Mais heureusement, d'autres que nous, éternels contempteurs de la République d'affrontement, viennent vous dire que tout ces billevesées socialistes ou socialisantes sont des conneries. Il était temps.

Alos que faut-il faire ? Ecoutons ces maudits libertariens qui agacent à force d'avoir raison :

Ne pas dépenser plus qu'on ne récolte !

Le taux de prélèvement fiscal des différents Etats qui administrent la France est à un niveau tel qu'on ne peut l'augmenter sans déclarer la soviétisation qui va faire monter les loyers à Coblence, et Fillon a tort de laisser dire que +2% seront nécessaires. Dans une enveloppe globale bloquée, il faut redistribuer l'assiette avec justice. La réforme fiscale tant promise doit être lancée avec des experts étrangers aux intérêts partisans ; mais on ne pourra pas attendre ses décisions, les vautours me semblent un peu plus nombreux déjà dans le ciel que quand j'ai commencé cet article.

La dépense publique doit être réduite, ce qui veut dire en clair que l'Etat doit sonner la retraite sur une ligne régalienne de résistance et rendre aux citoyens l'initiative de s'organiser. Ce ne se fera pas en un an, ni en deux, mais telle est bien la queue de trajectoire, même si beaucoup ne veulent pas croire à la fin de la social-démocratie à crédit et prévoient déjà de nombreuses rogations syndicales.

Toute réforme budgétaire doit commencer par la réduction de gaspillages qui sont toujours un prétexte pour différer les mesures de redressement par les catégories soumises à un audit fiscal. Si l'on veut s'en tenir aux rapports de la Cour des Comptes, on aura du travail pour la décennie.

hotel du département 13
Puis on tape dans la graisse institutionnelle, celle qui ne provient pas d'un affaissement de l'activité de services "payés au mois" mais qui résulte d'un empilage bureaucratique parfois involontaire. C'est de cette réforme institutionnelle qu'un gouvernement tirerait le plus de gloire, mais ses adversaires retranchés dans des emplois surfacturés au contribuable - je pense d'abord aux parlementaires et à l'armée de valets qui les sert - ne pourront être réduits par un assaut frontal, comprenez législatif. Il faudra les attaquer de flanc, en y revenant à plusieurs fois, comme la mer use la digue.

Vient ensuite la réduction du périmètre des prestations sociales, qui sera plus facile à resserrer si on a réussi le travail anti-gaspillage et le dégraissage institutionnel. Faire l'inverse n'a jamais marché. Les quinze dernières années en apportent la preuve tant la situation a empiré à proportion des proclamations de réformes.

les trois petits cochons rosesCommençons par la fraude. Les services contentieux des CAF, par exemple, ont les tiroirs bourrés de dossiers litigieux (polygamie, fraude à l'identité, faux ayant-droits, parfois double inscription, ...) sur lesquels l'ordre est tombé un jour des étages directoriaux de "payer !".
Rouvrons et soldons les dossiers sans mollir, publions-les si ça chouine. Le "pilori" n'est pas inconstitutionnel.

Cessons les allocations aux étrangers non-contribuables sans emploi, et perdons notre vocation universelle à relever la veuve, l'orphelin et les cousins au fond du camion. Tant pis pour notre prestige qui a depuis longtemps disparu. Le pays d'asile est bourré de la cave au grenier jusqu'à ne plus savoir combien nous sommes. Stop ! Travaillons sur l'émigration de départ en même temps que nous canalisons l'immigration d'arrivée. Et, sans rouvrir le chapitre offensif², il y a une guerre de développement à conduire dans les régions du monde les plus pauvres. Pas plus que "ça ne pouvait pas durer" pour la Dette, on ne peut pas les laisser comme ça !

Djamel DebouzzeGénéraliser l'IRPP (impôt direct sur le revenu des personnes physiques) même pour les cotisations modestes, au titre d'impôt civique. Je fais le même aparté qu'il y a deux ans : Djamel Debouzze racontait que ses premiers succès de scène forcément déclarés avaient provoqué un avis d'imposition annuel. Cet avis, le premier jamais tombé dans la boîte à lettres à Trappes, fut fêté dans sa famille comme un ticket gagnant du Loto ; ils émergeaient tous au niveau des contribuables reconnus et quittaient le monde anonyme des zombies. Il ne faut pas avoir peur du civisme fiscal, ça existe.

Restera la Dette, les dettes.
Elle ne se paieront pas par les économies ci-dessus parce chacune d'elles règle un solde, et que l'excédent nécessaire à son remboursement ne sera peut-être jamais obtenu sauf en de rares compartiments budgétaires et pas chaque année.

arrêt-amazoneElles se paieront par un surcroît de travail des producteurs. La glandouille socialiste c'est fini - les condors qui planent - je me disais aussi qu'ils sont plus grands que tout à l'heure - nous font comprendre que nous risquons d'être en défaut sur la dette souveraine si notre environnement économique craque. Mais si nous montrons notre vitalité en affichant un retour aux valeurs du travail (40 heures et 65 ans), alors le message envoyé anticipera un rallye vers un pays enfin gagnant, le nôtre.
Avec plus de charbon en chaudière, nous obtiendrons une croissance durablement maîtrisée sous réserve que ce monde globalisé devienne équitable. Et cette équité est le point important à discuter au G20 ou dans tout autre cercle décisionnel de gouvernements responsables, ceux de pays gérés, par ceux de bouffons³.

En effet, on ne peut retrousser les manches, débarquer le lest du navire, et se faire avoir par plus malin. Il faut des compensations en frontières contre les imports de biens à prix asymétriques, originaires de pays où les producteurs trichent éhontément. Et ne faisons pas une fixation sur la Chine ou la Turquie, mais plutôt sur le staff bruxellois qui a bloqué ces protections à des motifs dogmatiques désuets. Barroso dehors !

chauffe du four sidérurgique

Et l'investissement ?
A la question des investissements publics, on peut répondre que l'Etat ayant réduit son périmètre et sa graisse institutionnelle, ils seront en conséquence moindres et ne devraient être décidés par un futur retour, le ROI. Quel est le ROI (Return On Investment) d'une extension d'un hôtel de ville ? Nul ! Il faut se priver des surnuméraires qui ne peuvent être logés dans les murs actuels. C'est tout un conditionnement mental.
Mais il est des investissements "rentables" même sur invisibles. Une crèche bien tenue libère du temps pour les parents, qui peut être mis à profit (littéralement) et donc taxé. Une digue en Camargue protègera un espace naturel de haute valeur ornithologique qui fera la joie de nombreux visiteurs-consommateurs-contributeurs à la TVA. Etc... et on n'est pas obligé de faire des ponts sans route pour épuiser des crédits annuels d'équipement.

voteuse irlandaiseDans deux ans ou dix ans. Le jour où la situation financière du pays sera rétablie, certes avec des imperfections dues aux complications d'un pays sophistiqué, mais supportables, on pourra faire évoluer le niveau de protection à la demande générale. La voie parlementaire ayant prouvé sa nocivité puisque les titulaires ne travaillent qu'à leur réélection et sont irresponsables des conséquences globales des facilités votées à leur clientèle, on saisira le pays par référendum sur un paquet social de nouvelles mesures qui, si elles accroissent la dépense totale, seront financées par une taxe spécifique inscrite dans le même texte mis au vote des citoyens :
« Il est juste et bon que telle catégorie moins favorisée par la naissance ou le sort soit aidée spécifiquement... La mesure coûtera au budget national tant de millions. Il vous en coûtera personnellement 1% d'augmentation de la CSG. Votez !»

Ainsi les "pourfendeurs de l'ultralibéralisme" peuvent comprendre maintenant à quoi sert la Spéculation internationale. Elle remplace la crainte du diable et ses marmites fumantes. Sans elle il n'y a pas de vertu. Au final, c'est assez terrible de devoir corriger les Etats comme des gamins polissons.

On fera son profit des études publiées sur les sites suivants :
. Cercle Frédéric Bastiat
. Institut Turgot
. Le Québécois Libre
. Taking Hayek Seriously
. Ludwig von Mises Institute



Note (1): les futures sont les contrats marchandises ou valeurs débouclés à terme qui anticipent un besoin ou un écart de prix. Les plus gros marchés de "futures" sont le NYMEX de New York, propriété du Chicago Mercantile Exchange, le London Metal Exchange et le TOCOM, Tokyo Mercantile Exchange.
Note (2): la TICAD, les EUA et "forcer l'Afrique". Plus en cliquant sur le tag "Afrique" en sidebar.
Note (3): que fait le 20ème, la Commission bruxelloise, dans le schmilblick ?

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jeudi 12 mars 2009

L'exode à défaut de réforme

cahucPour les économistes Pierre Cahuc de Polytechnique et André Zylberberg du CNRS, les réformes économiques et sociales du président Sarkozy ont échoué et placeront la France d'après-crise dans une position pire qu'auparavant. Erreurs d'axes, profusion de projets mal ficelés destinés d'abord à noyer l'opposition, projets retirés d'ailleurs au premier cran sauté de la cote de popularité, aucune réforme de fond qui ne soit compensée en sous-main pour acheter le silence des catégories touchées, lesquelles paradoxalement voient in fine s'améliorer leurs positions parasitaires, comme les syndicats et les cumulards. Quoi de neuf, docteur ?

Ces messieurs de l'intelligentzia universitaire iront-ils jusqu'à nous dire que le brouillard politique actuel participe de la crise systémique du régime démocratique qui par essence sert de marchepied aux plus malins des hommes de pouvoir, camelots de Noël et bateleurs de foire, avides de gloire, de parades motorisées comme le Béchir du Soudan, impatients de se voir à la une des journaux du matin, dans des reportages critiques ou louangeurs, ou des photos volées, n'importe quoi dès lors qu'on écrase ses pairs par le matraquage médiatique avec le faux espoir de laisser en prime une page d'Histoire.
De ses deux premières années de présidence ne resteront du petit reître que Carla Bruni à poil et le retour dans les commandements intégrés atlantiques !

SupermarioNotre démocratie d'images est devenu un jeu vidéo et notre maître à sauter le Super Mario de la Galaxie. Ou le barbier de Séville, figaro-ci, figaro-là ! Les résultats apparaissant catastrophiques aussitôt que les stations de ski se seront vidées, les prochaines élections (européennes cette fois, mais ce pourraient être n'importe lesquelles) seront la soupape périodique des humeurs d'un électorat en pleine errance idéologique ; ce même peuple qui accorde aujourd'hui 71% d'opinions favorables à Jacques Chirac, président inutile de l'Immobilité et du Salon de l'agriculture ! Seraient-ils bons les résultats qu'ils ne le seraient pas été assez, et le zapping fonctionnerait de même, pour changer d'écran. Au suivant, au suivant ! Le peuple des veaux clique !

La crise mondiale nous convoque à la piqure de penthotal. Le château de sable de nos retraites, l'impéritie de nos banquiers, le mélanome syndical, l'intoxication de l'industrie par l'énarchie, la flibuste politique qui campe dans les allées parlementaires - ces fameux connards de M. Villepin - la bureaucratie universelle qui ronge libertés et ressources rétreintes, et les faux-semblants de solidarité gagés sur la banqueroute promise, tout cela peut s'écrouler demain si d'aventure les payeurs de dernier ressort, nos enfants et leurs enfants, s'en vont !

QinghuaLa mondialisation qui sert de bouc émissaire au désert de nos projets, ouvre un champ inédit aux générations montantes, celui de l'exode facile. Grâce à la démobilisation douanière et la dérégulation générale, il suffit de parler la langue du pays cible pour s'y rendre et y faire son trou. Si les pays francophones ne sont pas dans le top-50 en dehors du Canada et de quelques pays d'Afrique, avec l'anglais ou l'espagnol on couvre presque tout le spectre.
Le mouvement a commencé. Dans la dernière décennie, c'est l'entreprise qui expatriait ses collaborateurs pour développer ses marchés étrangers. Ainsi croisait-on en Chine des "expat" anglicisants qui couraient d'un hôtel à l'autre engoncés dans l'uniforme réglementaire bleu et gris. Puis vinrent les "Chung Kuo-thru"¹, souvent juifs d'ailleurs, qui traçaient leur route en polo et caterpillars, parlaient mandarin ou cantonais et vivaient seuls à la chinoise, dans la grande tradition des Missions de Paris. Leurs sous dépendaient des succès de leur intermédiation entre les usines chinoises et occidentales, activité désignée par le "trading". La plupart en fin de carrière s'établissent "consultants" dans un appartement de la côte chinoise et deviennent des "moins de 6 mois"²

boucherie francaise PekinMais le phénomène récent est l'immigration "vulgaire", celle des commerçants ou artisans un peu gonflés qui apprennent le chinois pour ouvrir boutiques ou ateliers ou restaurants au coeur même de la capitale nationale ou provinciale, et ... risquent d'y faire fortune. Leurs enfants arrivent déjà dans les écoles françaises ou occidentales des grandes villes avant que, dans peu de temps, ils ne les mettent à l'école chinoise parce que son niveau monte. Leurs cursus universitaires se dessinent au sein de la compétition internationale. La Chine a aujourd'hui des facs de premier choix comme celle, entre autres de Zuhai où professe un des lecteurs américains de ce blogue. Le top évidemment est d'intégrer l'Université Qinghua de Pékin ou l'Université de Hong Kong, mais l'examen d'entrée est assez difficile. Les Français se cosmopolitisent plus rapidement qu'à l'époque de l'empire.

Incrustés ailleurs, ils sont déjà nombreux puisqu'ils font vivre 667 agents du Quai d'Orsay en France et 2000 agents consulaires expatriés. L'usine à papier traite 6 500 copies d’état civil et délivre 800 passeports par jour ouvrable. Combien sont-ils nos compatriotes ?
Au 31 décembre 2007 : 1.326.087 inscrits sur les registres du Quai. Les non-inscrits sont estimés à 900.000, ce qui ferait donc 2.200.000 ; le chiffre progressait de 4% par an jusqu'ici. Malgré ou à cause de la Crise, il s'accélère, et les non-inscrits progresseront plus vite que les autres, du moins dans les activités économiques individuelles ou familiales, pour des raisons fiscales et de police aussi.

Tous ces gens proviennent des forces vives de la Nation, ils en sont même la crème pour réussir comme ils le font sans diplômes souvent. Jusqu'ici on parlait de la fuite des cerveaux pour se flatter un peu, mais les populations de "savants" n'étaient pas énormes. Le drainage actuel de M. Toutlemonde-un-peu-courageux posera les mêmes problèmes bientôt que ceux provoqués par l'immigration choisie sarkozienne dans les pays d'émigration où les meilleurs partent.

Pour nourrir la Bête qui ne crèvera pas tant qu'il restera l'épargne des ménages à dévorer, resteront les poissons d'eau douce, les entrepreneurs de beau temps, les petits miquets de la Haute et ces couillons d'épargnants qui auront tout mis dans la Rente et le Livret A.

ZylbermachinQuand donc ce pays sera-t-il gouverné par des gestionnaires instruits et intègres ? Quand saurons-nous dire stop ! Halte aux malins, aux coquins, aux copains, aux cuistres, aux incompétents ! Quand lancerons-nous les Exodus par douzaine pour conduire aux Kerguelens les morpions de la république ?
Ceux qui sont partis savaient que le pays ne se réformerait pas sauf cataclysme mondial. Même pas ! La crise financière et économique d'aujourd'hui leur donne plus que raison si ces messieurs de la haute intelligentzia ne se sont pas trompés dans leur diagnostic professionnel. Et j'ai bien peur que non !

Réfléchissez pour vos enfants, ouvrez vos yeux dans votre sphère de conscience sociale, et achetez un atlas. Vous reviendrez en touriste riche "faire" nos réserves d'indiens, nos bantoustans et visiter nos caves blindées et nos mosquées neuves.

Le bouquin "Les réformes ratées du président Sarkozy" de Cahuc et Zylberberg sort chez Flammarion. Présentation ici.


Polytechnique Hong Kong


Note (1): terme anglo-chinois de Hong Kong signifiant littéralement "traverseurs de la Chine".
Note (2): expression désignant les ressortissants français établis à l'étranger pendant six mois et un jour par an, le passeport faisant foi, et dont les revenus extérieurs ne sont pas imposables en France comme le veut le Code des impôts. Johnny Halliday est le cas-type, mais ils sont des centaines de milliers.




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vendredi 6 mars 2009

Paradis fiscaux

moulins de la Mancha
Les gouvernements paralytiques des démocraties occidentales, agacés de ne pouvoir faire aux yeux de leur opinion publique rien de plus spectaculaire que d'afficher des milliards en masse, se méfient de l'obscénité de leur posture au travers des verres grossissants que portent les soutiers dessillés de leurs économies en péril. Cette posture vaniteuse à compte d'autrui, nourrit l'insurrection qui vient, et ils s'en rendent compte. Aussi partent-ils en guerre pour distraire le benêt et noyer le poisson.
Les moulins de cette Mancha moderne qu'est la nouvelle mondialisation s'appellent "paradis fiscaux". Haro sur les moulins ! Le duumvirat constitué de l'Allemagne et de la France forme le nouvel Axe (hache au rosbifland). Et ça va chier aux Iles Vierges britanniques !...

merkel et sarkozyIl ne fait pas de doute que le couple infernal Merkel-Sarkozy va s'exciter terriblement à taper sur les petits pays sans défense au G20 de Londres le 2 avril prochain, l'Angleterre mesurant une fois encore le bonheur promis par le Grand Large. En ligne de mire les trois paradis alpins : Autriche, Liechtenstein et Suisse. Mais les intérêts en jeu sont d'une taille telle que leur réduction ne peut pas être appréhendée par les politiciens de rencontre impécunieux (en CDD) qui les affrontent. Après les moulinets médiatiques, après les résolutions d'entreprendre un jour quelque chose quelque part, les mêmes rentreront dans leur palais chauffé au gaz russe chercher un nouveau sujet qui tienne en haleine leur auditoire, l'oeil rivé à la cote de popularité.

Miss BVIVoudriez-vous définir les paradis fiscaux¹ que vous ne pourriez que le faire en creux, par rapport à l'orgie fiscale des ogres bureaucratiques qui tirent inlassablement le sang des pierres au profit premier de leur accroissement sans fin. Même si tous les paradis fiscaux n'ont pas le soleil - surtout les meilleurs -, y pénétrer laisse couler sur le visage l'inimitable brise de la liberté. Je les reconnais au premier coup d'oeil sans lire leur règlement douanier : il suffit de demander cent mille dollars au guichet de la banque qui tient son compte. Si l'employée, sans un sourire, vous demande d'abord "en quelle coupure (elle essaie toujours de refiler les 100 et plus)", vous êtes au bon endroit. Essayez en euros ... à Bordeaux, Besançon ou Brive pour ne citer que les "B" ... vous aurez le sourire d'impuissance avant les explications filandreuses du comptoir sans le sou ; un pays de gitans.

Les docteurs de la loi qui ont écrit cent tonnes de rapports accablants depuis quinze ans, me rétorqueront que l'évasion fiscale met en péril le fonctionnement démocratique des nations, fondé sur la contribution universelle des citoyens aux débours de l'Etat ; leur consentement étant de droit. A quoi je réponds que d'une part, les débours ne me semblent limités par rien de plus qu'un vote typiquement politicien du parlement une fois par an ; que leur contrôle, s'il est conduit souvent avec rigueur, n'exige pas de réparations sous contrainte judiciaire. La gabegie democratique ne trouvant sa sanction que dans la fuite en avant et le creusement des déficits que l'on déplace d'un secteur à l'autre, l'évasion illégale n'est pas moins légitime que celle qui vous fait sauter le barbelé d'un camp clos.
Réaction d'anarchiste de droite !

îlot caribéen
Et si le paradis fiscal obéissait tout simplement comme un organisme humain à l'urticaire de l'anarchiste, allergique aux pollens règlementaires ? Et à la redistribution impérative du travailleur débiteur de devoirs, en minorité, au travaillé créancier de droits, majoritaire, tout simplement !

La City de Londres vient de publier son Global Financial Centres Index N°5. Tout ce que vous vouliez savoir sans jamais oser le demander à l'employé de banque de peur de l'humilier.

Il n'y aurait qu'une mesure à prendre qui respecterait la souveraineté essentielle des nations libres : interdire aux établissements financiers de mettre un pied dans un paradis fiscal et l'autre dans un purgatoire fiscal car la loi d'amorçage des pompes à phynances assèche le mauvais. Ainsi les Etats-Unis n'ont-ils pas tort de dire à UBS (l'Union des banques suisses de Zurich) que le secret bancaire derrière lequel ils s'abritent n'est pas fairplay s'ils conservent en même temps des succursales d'amorçage en Amérique.
Mais l'effet secondaire serait le renforcement des flux parallèles entre zones favorisées, s'amorçant dans des pays bon chic bon genre mal contrôlés ou corrompus.
Pas simple.

Les paradis se vengent toujours à la fin car ils sont sympathiques aux peuples qui voyagent. Pour les autres, scotchés sur place, il reste le Livret A.


Note (1): L'OCDE vous dit tout (clic)



île fushia
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vendredi 3 octobre 2008

Canards sans tête

GontranQuand vos ministres creusent le déficit budgétaire ; quand la banque centrale européenne lutte contre l'inflation en maintenant son taux de base sans vous entendre ; quand l'Allemagne débine tous vos projets semestriels européens ; quand vous avez perdu les municipales et perdrez sans doute les régionales si vous ne ramenez pas le mode de scrutin à un seul tour ; quand enfin la pauvreté mesurée par l'Insee s'étend en même temps que les riches prennent Easyjet parce que la récession s’annonce et les menace dans leurs avoirs – pas d’argent, tous en Suisse - ;
... comment exister encore dans cette fonction putassière qu'est devenue la présidence de la République ?
Dévolue à des psychodwarfs ainsi que le crache Beppe Grillo dans sa croisade chlorhydrique du Vaffanculo Day, vous vous berlusconisez et parlez avec les mains ; vous vous consacrez à l'inutile en réglant la force du vent médiatique dérivé des sondages ; jamais pris de court, vous noyez vos contempteurs sous les discours et vos médias revendent aux gogos la magie du Verbe !...

M. Sarkozy se lance dans la refondation du capitalisme continental ! Un peu démesuré comme challenge, mais bon, il n'a plus que 90 jours pour faire Grand. La Deutschland AG et son kanzler prussien ont assez de patience pour tenir jusqu'à Noël. Après, le couple présidentiel le plus mauve de l'Ouest fera la noce aux Bahamas ! Et les affaires sérieuses reprendront ici sous les auspices de la meilleure colonie allemande : la Tchéquie, qui prend le manche de l’UE au premier janvier. Chamberlain était extra-lucide !

L'affaire sera donc réglée demain dans la réunion à Paris du "G7 à quatre", plus le patron de la BCE, le président de l'Euroland et l'ineffable président portugais de la Commission qui n'en rate aucune car il est en campagne. Ça fait 7 ! Le réflexe étatique français, « mettons 330 milliards dans une corbeille où viendront puiser les amis du pouvoir défaits par les subprimes ! » n'est pas du goût des pays du Nord. Ceux-ci font de réels efforts de management sur leurs comptes publics, persuadés que cet argent dont la gestion leur est confiée à bail, ne leur appartient pas. Saine persuasion à cent lieues de la conscience professionnelle des dirigeants français qui claquent nos impôts sous l'impulsion de leurs caprices, à tel point que nos partenaires européens commencent à avoir peur de nous, et qu’il est fort probable qu’ils se rangent derrière l’Allemagne et son orthodoxie rigide (c’est un pléonasme).
L’Europe sérieuse va-t-elle finir en IV° Reich ? On verra bien !

PicsouAvant clôture, et après 400 millions de largesses à un homme d'affaires méritant victime des banques socialistes, l'Etat achète pour un milliard des actions Dexia parce que ses filiales spéculatives ont fondu les plombs et y enfourne la Caisse des Dépôts pour deux fois plus ; l'Etat rachète derrière ses investisseurs institutionnels 30000 logements sur plan aux amis promoteurs du pouvoir pour les revendre aux pauvres, lesquels seront peut-être pris à la gorge rapidement pour assurer les mensualités si le temps se couvre ; auquel cas la Poste, les caisses d'épargne, et au sens large la « mutualité », se substitueront aux malheureux pour joindre leurs deux bouts. C'est le schéma américain ... : "signez, nous nous chargeons du reste !". On connaît la fin du film !
Le libéral mal assumé Sarkozy, ancien chef de la police un peu juste en substrat culturel, s'essaie à la social-démocratie, et tous comptes faits – ils sont vides -, lâche la "gouvernance" promue par nous en Afrique et en Papouasie, pour verser dans la redistribution marxiste à crédit, qu'il y ait encore quelque chose à distribuer ou point. Le jour-même où l’Insee prédit la récession, ces messieurs les locataires du pouvoir déploient sur les PME (qui n’ont encore rien demandé) 22 milliards confisqués sur les Codevi et livrets d’épargne populaire (détails dans la Pravda). On trouvera aussi les fonds indispensables à la rénovation des colonnes-pissoires de Buren (5 millions) que je croyais benoîtement financées sur la Prime de Noël des sans-travail déclaré ! Tout est possible dès que le tabou de l’Epargne inviolable est violé !

colonnes de B.
La compulsion répartitive est telle que la région Ile-de-France déboutée par le secrétaire d’Etat Blanc de son projet pariphérique, vient d'accorder la gratuité des transports publics aux "bénéficiaires" de certains minima sociaux, soit 60000 personnes de plus que les 400000 Rmistes déjà transportés à l'œil : 460000 voyageurs susceptibles d'encombrer les rames juste pour la ballade ou la manche !

Il y a comme une fin de règne dans l'air.
Les canards sans tête qui ne s'envoleront plus, faute de crédits, courent dans les palais dorés et réclament à la fois de la morale et des bouées. L'Etat voulant tout faire, il sera le premier dénoncé pour incompétence sinon même bidouillages inéthiques si la situation économique se détériore encore. Et le Français n'aime rien tant que la lanterne quand ça va mal ! Ce n'est jamais la faute de l'individu citoyen, égalisé, libre et fraternel, mais celle du régime, de la marquise, des accaparateurs, fourriers et munitionnaires qui grèvent la Bête. La faute de l'autre en face ! Changez les institutions, le neuf sera plus beau et nous serons tous riches, et mon salaud de voisin de fonctionnaire devra me vendre sa maison pour rien.

Ce peuple, dont la fine fleur fut alignée au cordeau sous des croix blanches par deux fois il y a 70 et 90 ans, n'est tout simplement pas mature pour accepter d'être baladé de telle manière et mis en coupe réglée si bas, sans autre forme de rouspétance que les blogues d'humeur, les caricatures de zinc et les éructations parlementaires des jours à questions.

Demain sera une autre annonce pour l'effet produit, une autre largesse aux corporations, une autre menace sur les corporatismes, une autre reculade précipitée (les RG du Rhône qui compte les fonctionnaires à risque, sont désavoués aussitôt découverts) ; une autre caresse, une autre gifle ; l'important est qu'il se passe toujours quelque chose aux Galeries élyséennes car une nouvelle chasse l'autre. Le président qui s'occupe de tout et des "copains d'abord" lance maintenant les Etats Généraux de la Presse. Le Grenelle de la propagande ? Comment faire lire la Pravda au citoyen en lui faisant payer la désinformation quotidienne, parce qu’il n'y croit pas s'il ne sort pas ses sous !

DonaldEt le couillon de base de broder sans comprendre qu'il n'y a ni agenda ni complot derrière toute cette agitation. Comme le dirait mieux que moi Alain Souchon : « Et si les greniers du pouvoir étaient vides ? », vides d'idées et de projections à long terme, vides de programme tout simplement, à l'insu des promesses électorales de plein gré. Le réflexe répété souvent cette année : "à idée nouvelle, taxe nouvelle", laisse croire qu'il n'y a aucun plan directeur dans les cabinets ; savoir que tous les clignotants sont rouges leur suffit déjà bien. On gère boutique, 9h-midi/14h-19h. A fonction éphémère, politique de l'instant, et quand ça tourne mal, précipitation des happy few à s'établir socialement, jouir vite et bien (surtout à 80 ans face au palais du Luxembourg !), laisser à la dernière minute un nom dans l'Histoire, même dans la petite, en se hissant sur la pointe des pieds pour faire la toise, sur des chaussures ressemelées. C'est si court cinq ans, qu'on voit déjà la fin de l'épisode !
Le régime nous fait la démonstration de son incapacité à régler les tempêtes, c’est un système de beau temps. Il existe autre chose …

Au suivant ! ... au suivant ! ... au suivant !


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vendredi 25 juillet 2008

Le frisson des morts-vivants

pancarte municipale vers l'école des Grèves
Faisant siennes les récriminations du public excédé par le je-m'en-foutisme des planqués de la république, le parlement a adopté hier une loi de garderie municipale pour les jours de grève des cultivateurs éponymes. Intitulée "service minimum d'accueil", elle dispose que les enseignants grévistes devront se déclarer au plus tard 48 heures avant l'arrêt de travail et impose aux communes de mettre en place l'accueil des écoliers quand le taux de grévistes est supérieur à 25%. Du bon sens qui, notons-le, renforce le droit de grève en adoucissant l'impact sur les activités des parents et en permettant au corps de fonctionnaires impliqué de s'arrêter pour un oui ou pour un non sans emmerder personne.

Tricher n'est pas jouer ! Si vous n'emmerdiez personne, où serait le plaisir ?

sénateur socialisteBattus à la Chambre et au Sénat, les peine-à-jouir syndicalisant nés sous le Front populaire déposent ce matin un recours à l'enseigne du Sphinx dans l'espoir secret que l'ennemi juré de Sarkozy, président du suprême jury dont le père se coiffait d'un entonnoir, fasse des difficultés au gouvernement Fillon. Ainsi prouvera-t-on que si le bien public passe par la porte de devant, on peut toujours entraver sa progression en surgissant de la porte de derrière !

Pas facile quand même ! Lorsqu'on veut enfiler les mouches à cet âge, il faut surdoser le viagra casuistique. Je vous livre l'essentiel du communiqué historique et vous allez devenir adeptes de l'euthanasie :
Emmenés par les gérontes de la Chicane, ces messieurs du Sénat qui pensent dénoncent « les entraves au droit de grève, dont la valeur constitutionnelle est affirmée par le Préambule de 1946, sans qu'aucun motif de continuité du service public ne justifie cette atteinte » ... et affirment que la «loi ne respecte pas le principe constitutionnel de compensation par l'Etat d'une charge créée pour une collectivité, affirmé par l'article 72-2 de la Constitution ».

Dans le préavis de 48h je ne vois pas l'entrave sauf à revendiquer officiellement la prise d'otages impromptue obligatoire. Quant à la compensation de charges je ne vois pas non plus comment la déterminer de manière comptable - il s'agit de sous - puisque les employés municipaux sont payés au mois.
A quoi servent-ils donc ces politiciens en fin de vie abandonnés-là à péter dans le velours cramoisi de l'hémicycle ou vautrés dans les méridiennes des salons dorés, à guetter les funérailles nationales. Qu'on ferme ce cirque et récupère le sable de la piste pour Paris-plage !

baigneuse à paris
Au fait, sans en parler à personne, ils se renouvellent pour un tiers le 21 septembre dans des mandats de neuf ans ! [correctif : par tiers pour 9 ans c'était l'ancien temps ; j'ai oublié la réforme passionnante de 2003 qui réduit le mandat à 6 ans en compensation de la création indispensable de 27 sièges supplémentaires, l'hémicycle étant renouvelé par moitié tous les 3 ans].
L'empilage des fromages parlementaires depuis le conseil municipal de base jusqu'au parlement européen est sidérant : Conseil général (département), conseil régional, assemblée nationale, conseil économique et social, sénat, et je laisse de côté une foultitude d'assemblées pour rire comme les chambres de commerce ou de métiers...
Il y a mieux à faire du Palais de Luxembourg. Les royalistes ont leur idée.

On me dit dans l'oreillette que c'est de l'antiparlementarisme primaire ! Si l'on suit les débats parlementaires, on acquiert vite l'assurance qu'il ne peut y en avoir d'autres !


La justice pour les nuls


michel bonPour me mettre de bonne humeur, la Gazette du Palais m'informe qu'après avoir laissé derrière lui 21 milliards* d'euros de pertes et 70 milliards* de dettes en quittant France Télécom en 2002, Michel Bon (wiki) vient d'être durement condamné par la Cour de Discipline Budgétaire et Financière à dix mille euros d'amende pour gestion opaque. C'est terminé pour lui ! Non, non, on ne vous prend pas pour ce que vous pensez. C'est de votre faute :
Vous, souverain peuple, à travers l'Etat qui vous représente, avez omis de donner des instructions fermes lors des conseils d'administration où M. Bon a presque toujours recueilli sur ses résolutions l'unanimité des dormeurs.
* Renvoi : pour mesurer la profondeur du trou sachez que le déficit budgétaire de la même année fut de 49 Mds€


Parfois content le soldat


dragon du 13Dans un autre domaine, j'ai noté que le chambardement stratégique dans notre dispositif militaire restait un conflit social classique de basse intensité. D'une part l'épure de M. Morin tient debout - il faut reconnaître que c'est du grand art puisque tous les paramètres sont fondés avec précision bien qu'on puisse refuser ce fondement -, d'autre part, les militaires eux-mêmes, sauf peut-être les étoiles, ne semblent pas si mécontents de partir de certains trous perdus où ils étaient confinés depuis les années 20. D'aucuns ont même lâché aux caméras : « les militaires, on les aime quand ils partent ! ».
Reste à savoir si le lego de la défense sarkozienne tiendra ses promesses. Croix de bois, croix de fer, je jure sur la tête de François Bayrou que le plan ira à terme. On craignait bêtement qu'une fois les économies encaissées, on ne les distraie ailleurs selon l'urgence du moment.

Au fait, pour terminez dans un grand éclat de rire, apprenez que M. Bon serait conseil en management, et en vivrait !

PS : je signale aux oisifs un article du Québécois Libre sur le colbertisme canadien pas piqué des hannetons dont la saison approche. Cliquez donc ici !

pancarte québécoise


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