mardi 18 septembre 2007

Histoires stratégiques

globe terrestre la nuit
Dans son blogue royaliste d'analyses et commentaires de l'actualité, le professeur Chauvin dénonce une nouvelle fois à l'occasion de la rentrée, cette fable quasi-institutionnelle colportée par les programmes d'histoire de l'Education nationale, qui veut que la démocratie dans laquelle nous vivons [soit] l’achèvement d’un processus entamé il y a 2500 ans, processus inexorable menant à une véritable « fin de l’Histoire » (selon Fukuyama - ndlr) dont nous serions les contemporains ? En somme, de démontrer qu’il n’y a qu’un sens à l’Histoire, un « sens unique » dont celui qui s’écarterait serait un ingrat ou un dangereux « antidémocrate ».

N'ayant pas d'élèves, mais un seul élève au lycée, mon fils, je mesure cet "évolutionnisme" congénital des maîtres qui rédigent les programmes. Lui faisant remarquer à propos des déclarations un peu fumeuses de l'attelage Fillon-Kouchner sur la guerre iranienne annoncée, qu'il fallait dépasser les mots et les postures et aller au fond des choses pour comprendre que les centrifugeuses d'enrichissement d'uranium doivent impérativement s'arrêter de tourner en Iran à peine d'ouvrir la porte de l'enfer atomique ; et donc qu'il était normal de rallier les américains même si nous n'aimions pas du tout l'administration en place, car ils étaient notre seul allié de référence. Il me fut répondu que le monde évoluait, les situations internationales avec ! Que les choses étaient plus compliquées qu'au sortir de la Seconde guerre mondiale - ça me ravit - et qu'on devait d'abord négocier des compensations, la guerre étant la plus mauvaise des solutions ...
Dacia trading
De quoi s'agit-il ? Un état réputé pour son instrumentalisation de la mouvance terroriste, état que je distingue de la nation persane, déclare par la voix de ses deux chefs, le référent suprême et le pantin démocratique, qu'Israël doit être éradiqué de la géographie du Moyen-Orient. Au même moment il acquiert à grand frais des milliers de centrifugeuses pour enrichir du combustible nucléaire au niveau nécessaire à la production d'une bombe atomique, et parallèlement développe des fusées balistiques capables d'atteindre toutes les cibles de sa zone d'effort. Si ce n'est pas un programme de guerre, qu'est-ce donc ?

Comme le métal de l'alchimiste se transmute quoiqu'il fasse en plomb mort, l'évolution des moeurs internationales devrait aboutir à une pacification générale des nations adultes, et l'on doit apprendre aux autres le chemin à suivre pour rejoindre ce new age « démocratique et consumériste » sur le manège enchanté de la Mondialisation.

Bien sûr l'occupation américaine de l'Irak plaide contre l'envahissement d'autrui, mais pas vraiment contre la guerre qui fut gagnée en un éclair. Saddam Hussein, capable de produire des armes de destruction massive menaçant les monarchies pétrolières et Israël, avait dit beaucoup de mal de ses ennemis, les provoquant sans retenue, ignorant peut-être que ses généraux avaient mangé les crédits d'armements en allant aux p... filles. Il a été retiré de la table des nations adultes, et cette menace a disparu.

La coexistence des nations, pacifique si possible, n'est pas l'aboutissement d'une évolution naturelle des moeurs internationales mais le résultat d'échanges permanents dans des structures adéquates de "trading" d'intérêts réciproques. La France participe à la plupart d'entre elles. Elle n'a plus eu à se battre depuis la fin de la décolonisation, sauf à régler des questions ponctuelles ci et là, qui aucune ne la menaçait.
D'ailleurs les temps qui ont précédé le nôtre ont connu des périodes de paix organisée se défiant de tout progrès de la morale civique, mais bâtissant quelque sorte de maisons communes où chacun venait dire sa vérité et actualiser le rapport de force. N'eut été l'impérialisme des Huns de Prusse, le Congrès de Vienne (1815) garantissait pour longtemps la pax europa pour une Belle Epoque qui aurait duré. Aujourd'hui le Conseil de l'Europe et dans un autre but l'OSCE tendent à border une longue paix européenne. Hélas les nationalismes balkaniques et caucasiens n'ont pas adhéré au concept, et les Etats-Unis usent de leur avantage momentané sur l'ancienne Union soviétique pour débander son glacis stratégique, ce qui est une grave erreur.

Il n'y a pas évolution irrémédiable, mais adaptation permanente. Le régime politique occidental au sein duquel se débattent ces questions n'est pas plus immunisé contre les "adaptations" que l'échiquier international. La démocratie n'est pas la panacée, même si elle est un bien à protéger aux étages de conscience politique où elle est la meilleure formule de paix civile.

Si les prises de positions françaises frisent la rodomontade au vu des moyens que nous ne pourrons jamais aligner et de l'état piteux de nos finances publiques - il manque beaucoup de nerfs pour tresser le knout -, il faut saluer la surprise du dessillement, inédit depuis Munich (1938), qui nous change tant de la diplomatie de camaraderie globale et vaine du prédécesseur.

L'Histoire n'a pas de sens. Comme le dit Monsieur Chauvin, la Liberté inscrite aux frontons de la République doit s'exercer dans la curiosité et profiter des connaissances mises à disposition sur les rayons des bibliothèques et sur la Toile. Le curieux y comprendra le jeu des rapports de force inter-nations et l'exigence ardente d'une vraie souveraineté réclamée par les défis du temps. A lui aussi de chercher les vecteurs de la vraie souveraineté sans avaler le prêt-à-penser souverainiste.

Les jeunes monarchistes de l’Action Française avaient, l’an dernier, collé de multiples affiches dénonçant la « matrice républicaine » : les programmes d’histoire en sont l’un des plus parfaits exemples. (JP Chauvin - 16.09.07) On peut aussi les contourner et apprendre par devers soi.


Quelques ressources disponibles en ligne, en français :

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