lundi 19 février 2018

Un service en chantier


Moralement je suis contre le service militaire. Faire combattre les laboureurs en lieu et place des hoplites heurte ma vision d'une société classique. Chaque chose à sa place ! La conscription militaire rejoint le concept si meurtrier du citoyen-soldat fournissant son budget de morts aux états-majors libérés du souci d'économies en hommes. Aussi pour plusieurs raisons, le projet présidentiel de service national évite-t-il la version militaire qui a prévalu depuis la "Levée en masse" de 1793 jusqu'aux années Chirac. Mais les difficultés de tous ordres apparaissant à mesure que l'on construit ce machin, le pronostic vital du truc est engagé : soit le projet amalgame plusieurs missions qui satisferont les opinions diverses et éclairées jusqu'à devenir l'usine à gaz habituelle, notre spécialité française ; soit il sera remisé sine die jusqu'au retour à bonne fortune, car en plus ça coûte un bras. Il y a pourtant un problème à résoudre dans notre société et particulièrement dans notre jeunesse : l'égoïsme et la parcellisation.

Contrairement à jadis, les différentes classes jeunes coexistent sans se traverser, les sas de décompression fonctionnant très mal. Au sein de chaque classe, l'ascenseur social est le plus souvent en panne. Nous avons une société jeune bloquée au sein de laquelle montent les antagonismes et qui en plus se territorialise. On peut laisser les choses ainsi, à l'américaine, et c'est le communautarisme général qui n'a pas que des inconvénients (on sait où taper) ; on peut aussi avoir l'ambition de précipiter la mosaïque ethnique en une "nation". Auquel cas le SNU est un bon outil. Qu'en faire alors ?

Gal de La Porte du Theil
D'expérience, la cohésion la plus probable est obtenue dans le "faire-ensemble" plus que dans les grands discours ou les ateliers d'expression citoyenne. Aussi devrait-on creuser les domaines civiques les plus utiles où la réunion de main d'œuvre et de compétences est possible en grand nombre. Le premier domaine qui me vient à l'esprit est le secourisme. On peut dépasser la position latérale de sécurité et le bouche-à-bouche pour former la jeunesse à secourir son prochain immédiatement, et le sauver parfois. Les gestes appris, les connaissances assimilées ne s'oublieront pas et fourniront la reconnaissance réciproque dans chaque classe d'âge.

L'autre champ d'exercice en commun est le chantier. On pense en premier lieu aux chantiers de restauration du patrimoine, mais on pourrait aller jusqu'aux fouilles archéologiques. On peut pousser jusqu'à l'absurde et faire le canal Seine-Nord. Il se crée une vraie camaraderie dans ces espaces. On peut aussi profiter de la période de service national pour faire des présentations en immersion dans nos armées à ceux que tenteraient un engagement militaire. Cette possibilité serait plus sûre pour tester la motivation de l'engagé et réduire le coefficient d'abandons qui oblige à une coûteuse remonte des TED. L'Etat y regagnerait largement le prix.

Bref ! Les idées ne manquent pas et le succès est à portée, si les organisateurs parviennent à éloigner la bureaucratie qui ne manquera pas de compliquer à l'extrême le fonctionnement du schmilblick afin de garder la main sur le nouveau domaine.

Cela va sans dire, mais mieux en le disant, ces chantiers sont créateurs d'emplois dans les compétences recherchées d'encadrement et transmission de savoirs non scolaires. Finalement, nous vivrons le retour des Chantiers de Jeunesse. Gag ! Terminons sur un hymne de saison provenant de cette armée d'Afrique avec laquelle nous finirons un billet d'avenir.




Durée de la période ?
Je lance le dé : c'est le "4" qui sort. Quatre mois donc !
Plus besoin de débats au parlement.


1 commentaire:

  1. https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/02/26/catoneo-de-royal-artillerie-souleve-le-kepi-du-futur-service-national-ou-autre-intitule/

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