29 août 2016

Arès

« Très puissant Arès, fardeau des chars, au casque d'or, au grand cœur, porte-bouclier, sauveur de villes, armé d'airain, aux bras vigoureux, infatigable, puissant par ta lance, rempart de l'Olympe »

Juste avant l'ouverture du combat de coqs, ce billet est paru sous le titre Pour faire la guerre, il faut un chef... à la rubrique Les libres propos de Catoneo dans Le Lien Légitimiste n°70 tombé dans les boîtes aux lettres la veille de la Saint-Louis (p.3 et 4). Il se termine sur l'absence visible d'un chef capable de mener la reconquista, mais il appelle une suite au gré des révélations. Il entre en archives Royal-Artillerie sous le libellé LLL.

C'est le dieu de la guerre à outrance qu'invoque le vieil Homère. On serait bien en peine de trouver son avatar moderne dans notre classe politique française affairée aux prébendes. Et pourtant ! C'est de pugnacité autant que de stratégie dont nous avons besoin maintenant, pour vaincre l'ennemi intérieur sans verser dans une effroyable guerre civile. Car on sait depuis l'antiquité que montrer sa force et ôter tout doute de son application aveugle est le plus sûr moyen de maintenir la paix en période de turbulences. Lyautey en avait fait sa devise au Maroc.

Didier Tauzin, général en retraite et candidat à la présidentielle de l'an prochain, déclarait au lendemain du carnage de Nice : "Dans la situation qui est la nôtre, laisser en place certains responsables politiques devient presque criminel. Il faut des gens sérieux au pouvoir et ils ne le sont pas." Car si nous sommes en guerre comme le crient messieurs Fillon et Valls, nous devons nous armer en conséquence, sur le plan du commandement d'abord. C'est bien tout le problème d'une démocratie engoncée dans le calendrier électoral hors duquel toute réorganisation relèverait du coup d'Etat. Le président Hollande, dont les pouvoir excèdent ceux du Roi Soleil, n'a aucunement la carrure de l'emploi même si les opérations extérieures dans lesquelles il nous a engagés sont plus heureuses que moins, avec l'appui indéfectible de l'allié américain. Mais contre l'ennemi intérieur ouvertement déclaré, il est tétanisé par les effets collatéraux et peut-être électoraux des mesures indispensables que la nation attend de lui. On touche ici au défaut premier de la démocratie : la réélection ! Si banal pour les monarchistes qu'il est inutile de s'y étendre.

Le meilleur système de surveillance et de prévention des révoltes - et le nôtre a tous les moyens nécessaires sur le papier - ne tiendra pas plus longtemps que son plus faible maillon, le facteur humain de mise en œuvre. La vacuité des ministres, la logorrhée du président, la guérilla des administrations retranchées derrière la juridisation méticuleuse des procédures, l'essoufflement des unités de terrain engagées dans une agitation sécuritaire ne visant qu'à calmer le bon citoyen, tout cela augure mal d'une victoire à court terme. Et sur le long terme ?
Les indicateurs remontant des cités signalent que les adolescents arrivant à l'âge de faire des bêtises seraient encore plus remontés que leurs aînés contre la France. Qu'on ne s'en étonne pas, trente ans de reculades et de gros yeux ont définitivement émoussé l'autorité de l'Etat détenteur de la violence légale qui devait contenir leurs revendications. On voulait calmer les banlieues de la diversité en débondant les crédits d'accompagnement des politiques urbaines, en vain. La haine a gagné. La peur du gendarme a disparu. L'Etat est caillassé ! La situation peut donc encore empirer et ce, quelle que soit l'issue de la guerre syrienne contre l'Organisation de l'Etat islamique dont l'extinction signerait, dit-on, notre victoire. Notre victoire contre qui... contre quoi d'ailleurs ? l'islam sanglant dérivé du wahhabisme séoudien ? la dictature féroce du clan Assad ? la revanche des loups sunnites du désert irakien contre les moutons chiites ? la base invaincue du terrorisme mondial Al-Qaïda ? Personne ne peut démontrer, comme le proclament les communiqués du conseil de défense de l'Elysée, que l'éradication de Daech terminera également la subversion de notre société. Nous en serions heureux, mais le flambeau de la barbarie sera ramassé par quelqu'un d'autre ! Il faudra autre chose qu'un arsenal défensif de surveillance électronique pour retrouver l'insouciance bien française que le monde nous enviait. A moins que par un miracle inconnu, les musulmans extirpent eux-mêmes les fous de Dieu de leurs communautés et les traînent en justice pour atteinte à la sûreté de l'Etat, il faudra passer à l'attaque. A l'attaque des barbares sur notre sol, le plus souvent nés de notre sol. Derrière qui ? Nul n'imagine messieurs Hollande ou Cazeneuve aux Thermopyles et l'avertissement du général Tauzin est de pleine actualité, sauf à considérer l'impétuosité du Premier ministre comme la prémisse de velléités guerrières. Mais M. Valls les a tous contre lui et ne peut pas actionner les leviers du domaine réservé complètement chiraquisé par l'Elysée ! Alors nous sommes bloqués dans la rhétorique de préau jusqu'en mai 2017 et nous serons submergés de déclarations, postures avantageuses et promesses inoxydables par tout ce que le pays compte de politiciens avides de démonstrations définitives jusqu'à ce que nous nous rendions compte que le régime imposé a sélectionné le fond du panier et qu'il se trouve pris dans la mélasse de la médiocrité quand ce n'est pas de la lâcheté.

Bien sûr, la société française produit toujours autant d'esprits brillants, de caractères affirmés, de gens formidables, mais plus aucun de ceux-là ne s'investit dans la politique tant l'image de cette forme d'action sociale a été dégradée par la classe aux affaires. Notre excellence est dans la recherche, les nouvelles technologies, les sciences exactes, l'aventure de l'entreprise et le courage de l'exploration. La politique salit !

Aussi, quand apparaît sur scène le vidangeur de la caste en défaut, peut-on faire autrement que de lui prêter main forte ? Surtout si son projet croise nos préférences institutionnelles et s'il déploie son raisonnement autour du domaine régalien, notre marotte. Bien sûr, monsieur Tauzin ! sauf que le Monk nouveau n'est pas encore arrivé. Il négocie, déjà ! Quand d'un côté il affirme à juste raison que l'islam est par essence conquérant et hégémonique, il prévient aussi dans la même journée que les musulmans sont innocents des crimes commis en son nom puisque la conquête par le sabre est ontologique à leur religion. C'est un peu tordu mais pas si rare dans le microcosme politique où la parole est réglée sur l'effet d'opinion. Ainsi en va-t-il par exemple du parti gaulliste de M. Dupont-Aignan et de ses accointances avec Fils de France, une agence électorale de l'UOIF exploitant le filon chevènementiste d'un Islam de France. Pour combien d'autres petits partis en mal de soutiens, l'islam francisé est-il la solution ? Le ministre des cultes Sarkozy leur avait montré la voie avec le CFCM. Et chacun de courir à la protection du crépis des mosquées, aux cantines sans porc, à la victimisation des dévots amalgamés aux assassins, au financement des associations culturelles halal, jusqu'aux baux emphytéotiques qui contournent la Loi de 1905, pour à la fin nous suggérer que Michel Houellebecq est moins un écrivain qu'un prophète dans son roman Soumission.

Le combat commence par un assaut du microcosme politique qu'il faut dégager des listes à l'occasion du renouvellement des Chambres. Il se continuera par la mise en œuvre de nos lois sans trembler, quelles que soient les injustices provoquées par l'annulation des nombreuses dérogations clientélistes qui les brident, jusqu'à l'exil ou l'expulsion des résidents nationaux ou étrangers menaçants, afin de retrouver un jour la paix civile. En l'utilisant dans sa globalité, notre Etat de droit suffit à nous défendre. Ne perdons pas de temps en propositions législatives et en amendements ; portons au pouvoir en 2017 ceux qui sauront combattre pour le vieux pays, car l'homme prime les moyens ; et gouvernons par ordonnances : "La guerre est un art simple et tout d'exécution", disait Bonaparte. En attendant le général pugnace et déterminé qui va nettoyer les écuries d'Augias, écoutons nos princes, quand ils nous parlent.

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Postcriptum du 25 août 2016 :
Au moment où paraissaient ces lignes, le prince Louis de Bourbon avait décidé de nous faire mentir en publiant un long communiqué ciblant l'ennemi intérieur et dénonçant notre affaissement moral. Extrait : le mal qui atteint la France me parait double. Il y a d’abord une guerre de civilisation, déclarée par un ennemi plus ou moins visible et insidieux, et que désormais les gouvernants semblent enfin désigner par son nom mais, surtout, une très profonde et grave crise morale ou d’identité, sorte de cancer de l’intérieur qui nous affaiblit tout autant, peut-être même davantage, que l’ennemi désigné... On peut en prendre connaissance dans son intégralité sur le site du Salon Beige en cliquant ici.

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22 août 2016

La banqueroute planquée sous le beurkini

« Mettez deux électrodes dans une poche de gélatine de veau ça ne fera jamais une batterie de voiture ». C'est ce que me disait ce vendredi matin mon coiffeur à vingt euros - finition rasoir, à la lecture des extraits de la somme éphémère de François Padebol parue chez Albin Michel sous le titre accrocheur : "Conversations privées avec le président". Accrocheur mais décevant parce qu'à la fin il n'est pas félixfaurisé par la Pompe funèbre ! « Quel con, ce type !» conclua l'artisan payé au clic, ne sachant pas pour qui j'avais voté jadis.
Et tandis que je repliais le Midi Libre, j'aperçois l'entrefilet signalant que Benoît Hamon - mais si, il est connu jusqu'à Palavas-les-Flots - monte dans le manège aux connards*. L'élite, la vraie, ayant déserté la politique, les médiocres se ruent !

On ne parle aujourd'hui que du sac à bain de Shéhérazade et de tout ce qui est islamique jusqu'à la nausée. En ce dernier jour de sérénité estivale, laissons tomber les sectateurs du prophète et revenons aux fondamentaux : nous entrerons demain dans la période électorale de tous les dangers pour les finances publiques - s'il en reste : les programmes des candidats ne brandissent que des dépenses à découvert sauf à enfumer parfois l'électeur de projets de recettes impopulaires impossibles à décréter, qui le feront fuir. Or Les caisses sont vides et le pays n’est en rien réformé dans les sources de l'hémorragie financière qui draine toute son énergie, à commencer par l'Etat tétraplégique hérité de l'Empire, baleine échouée en soins palliatifs éternels dont on ne sait qui la débranchera. La croissance de remploi de l'expansion démographique est nulle ou epsilonique, à la limite de la fabrication statistique. La Dette soutenue par des taux d'intérêts bas ou nuls doit quand même être servie en principal et nous coûte horriblement cher ; et au-delà de nos déficits structurels, nous importons abrutis** et crevards par palanquées complètes derrière l'Allemagne ! Qu'importe à la fin ! Le cirque des primaires amusera le peuple et lui cachera la misère du régime. Pendant ce temps, se glissent discrètement vers un ailleurs meilleur nos chances pour des lendemains qui chantent : ceux qui ont réussi partent, ceux qui réussiront partent plus vite encore (clic).

Reste le Veau national, qui persévère dans une épargne soutenue de ses disponibilités ne consommant que le nécessaire. Le taux d’épargne est presque un record mondial. Ce qui peut s’expliquer d’une bien curieuse façon ; du moins commence-t’on à l’expliquer ainsi dans les couloirs des ministères où circule l'épouvantable idée d'un amalgame de la nation et de l'Etat, la première devant assurer la survie du second quoiqu'il en coûte. Ouvrez vos oreilles :

Les Français ont une capacité d’épargne plus importante parce qu’ils bénéficient de prestations sociales de tous ordres bien plus élevées que les autres. Les prélèvements sur la richesse nationale que l’on dit rédhibitoires pour la santé économique du pays seraient donc compensés par des bas de laine énormes. Plus simplement, les déficits budgétaires et sociaux alimenteraient certes la consommation mais surtout l’épargne privée en bout de tuyau. Il faut être demeuré pour ne pas comprendre qu’il faudra inverser le flux pour sauver le pays et surtout le régime socialiste, et que l’épargne privée sera confisquée d’une manière ou l’autre pour boucher les trous. Comme en Argentine jadis ? Le FMI est déjà d'accord***, nous dit son directeur général français, Christine Lagarde : on commencera à taxer l'épargne des ménages à dix pour cent. Qu'en disent les candidats au pompon ?
Salut les c… !

* Sobriquet donné par Dominique de Villepin aux députés français qui lui reprochaient de ne pas être des leurs.
** Qualificatif utilisé par le ministre de l'Intérieur du land de Berlin pour les "réfugiés" de Mme Merkel.
*** cf. Business Bourse (clic) d'il y a un an.

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