samedi 15 novembre 2008

Collectivisme au G20

faucille et marteau d'orLe G20 succombera-t-il au nouveau collectivisme français ? La question vulgaire n'est posée qu'à Paris où les victoires médiatiques du petit reître sur les marchés financiers nous gonflent telle la grenouille du bon monsieur de La Fontaine. En clair, les fonds d'investissements à risques (hedge funds), les paradis fiscaux ou encore des produits financiers plus complexes qu'opaques seraient à l'avenir réglementés.
Bien que la crise financière n'ait au final de financière que le nom, si l'on veut bien considérer que c'est la décision politique d'apparatchiks inflationnistes comme Alan Greenspan d'atteler la construction immobilière à la locomotive de crédits NINJA¹ qui a créé la bulle explosive, les Français toujours mal à l'aise en finance internationale, veulent punir les "gnomes" en jetant en pâture à leur opinion les paradis fiscaux et les marchés de dérivés. Or ce sont bien les politiques sociales de consommation à outrance qui ont failli couler le modèle, et non pas la créativité boursière qui en fin de compte n'a cherché qu'à s'en prévenir. Mais c'est un tabou ; à preuve les décrets proposant aujourd'hui en France les maisons à 15€/j pour les plus démunis, entendez les économiquement faibles.

Qu'importe la raison, le gouvernement français s'engouffre dans le soutien public à l'économie au motif du meilleur rendement électoral finalement. C'est Frédéric Bastiat qui énonçait en 1850 cette évidence :
"Quand il s'agit d'impôts, messieurs, prouvez-en l'utilité par des raisons tirées du fond, mais non point par cette malencontreuse assertion: « Les dépenses publiques font vivre la classe ouvrière ». Elle a le tort de dissimuler un fait essentiel, à savoir que les dépenses publiques se substituent toujours aux dépenses des contribuables, et que, par conséquent, elles font bien vivre un ouvrier au lieu d'un autre, mais n'ajoutent rien au lot de la classe ouvrière prise en masse. Votre argumentation est fort de mode, mais elle est trop absurde pour que la raison n'en ait pas raison."

PQ USDNormalement les crises cycliques du régime capitaliste fonctionnement comme une purge du marché et chassent à l'égout les organismes malades. Les effets douloureux à en attendre sont la monnaie différée de la fausse pièce mise en circulation en l'absence de besoins fondamentaux de l'économie ; mais place est faite aux productions adaptées au nouveau marché. Sans être grand clerc, on devine que mobiliser des fortunes dans l'acharnement thérapeutique assèche les ressources destiné aux organismes sains fondés sur de réels besoins à satisfaire. Politiquement il est toujours plus rentable d'exhiber l'immédiat (ou sa femme) que le futur.

Parlons de la crise automobile qui est au moment la plus visible.
La reine des SUV General Motors est au seuil de la faillite. Il y a trois raisons à la mévente des voitures : la grosse partie de la production n'est plus adaptée aux conditions économiques d'utilisation ; les acheteurs (la plupart à crédit) n'ont pas de visibilité sur leur avenir professionnel ; les marques de GMC peuvent disparaître du jour au lendemain et dévaloriser un produit tout juste acheté. La première raison participe de la purge cyclique précitée. Mais la deuxième a été créée par le "gouvernement":
L'implication du Trésor dans le cautionnement des créances douteuses (les 700 milliards de Paulson) est sournoise et illisible par les marchés que les acteurs continuent de fuir après chaque rebond. On assiste même à une razzia des organismes financiers sur le Trésor à tel point que certains se transforment en banque commerciale pour atteindre l'auge publique tant qu'elle est accessible : American Express, GMAC de la General Motors, Allstate et l'assureur MetLife viennent de métamorphoser !

Pour combattre la purge, les lobbies se déchaînent ; les divisions automobiles exigent désormais qu'on aide les concessionnaires à maintenir leurs vitrines de façon à continuer leur fonction de distribution mais aussi de pompes aspirantes de crédits douteux à la consommation. Les chantiers navals de plaisance ont emboîté le pas pour ne pas être les derniers couillons. Résultat : le Trésor a déjà engagé 290 milliards de dollars sur la première enveloppe de 350 milliards votée le Congrès, dans une parfaite opacité : ainsi la situation économique ne cesse d'empirer car nul ne sait qui est le mort du lendemain puisqu'on ignore qui prend ses médicaments.
Aussi Paulson en caleçon a-t-il dû retourner ses lances en une nuit et décider sur les conseils avisés de Gordon Brown, de cesser le rachat d'actifs toxiques et d'entrer dans le capital des malades pour contrôler leur fièvre ou leur appétit ; mais le mal est fait. Un article révélateur du New York Times.

100 eurosAinsi retarde-t-on jusqu'à l'extrême limite (onction) la banqueroute des usines automobiles qui assainirait les chaînes de productions et ferait place à des modèles de grande diffusion, sauf à tomber dans le travers markéting qui commande ce secteur. La preuve en Europe :
Les voitures européennes meilleures que les américaines se vendent mal ou plus. S'interroge-t-on sur l'adéquation produit/besoin ? Met-on en cause la bulle markéting qui a poussé à construire des voitures chargés d'inutilités coûteuses ? Les ingénieurs indépendants savent bien quel est le véhicule qui rend les meilleurs services au moindre coût, mais leurs théories sont combattues par les grandes marques friandes de marges et addictées au "forward look" qui aguiche les gogos. Dans les conditions de circulation européenne, LA voiture moyenne est une caisse 5P de 1000 kg à traction, dotée d'un moteur à essence de 1600cc disposant de couple à bas régime et atteignant le 140 km/h avant 4500 tours ; elle est équipée de 4 freins à disques, ABS, et confort intérieur de base (CD, GPS) avec climatisation. Point barre. Vous voulez plus ? Passez votre licence de pilote privé et laissez construire des voitures utiles bon marché !

souverain
Le G20 va-t-il succomber aux sirènes socialistes qui, on l'oublie trop souvent, chantent sur des récifs ? Par chance, si l'on peut dire, le meneur de la "Régulation intrnationale" est le plus mauvais élève d'Europe Occidentale, le plus endetté sans contreparties infrastructurelles, et le plus cumulard des trois déficits, budgétaire, commercial et de paiements ; qui pis est, son honorable correspondant local est un érotomane débiné par toute la bonne société wasp de Washington. Ils vont nous rire au nez. Les deux seuls grands pays européens convenablement gérés sont l'Allemagne et le Royaume Uni. Quand cessera dans 45 jours la présidence tonitruante de l'Union, les responsables de ces deux pays aujourd'hui agacés prendront la main du président tchèque et laisseront tomber les éructations pédagogiques au pupitre des conférences, doigt tendu de menaces. Il est fort probable qu'ils se rapprochent alors des recommandations de l'administration Bush exprimée hier par le président au banquet de Washington :
« L'intervention gouvernementale n'est pas un remède universel » et « cette crise n'est pas l'échec de l'économie du libre marché ». Il ne faut pas revoir en profondeur le système capitaliste. Et il ne faut certainement pas tenir les États-Unis comme seuls responsables de la crise financière qui est en train de déclencher actuellement une récession mondiale. A son avis, la vraie solution, ce n'est pas la réglementation, mais c'est plutôt d'augmenter encore la production : « Si les réformes s'imposent absolument dans le secteur financier, la solution à long terme aux problèmes actuels est une croissance économique soutenue. Et le chemin le plus sûr vers cette croissance, ce sont des marchés libres et des gens libres ».

Attendons ce soir. Le G20 pourrait en pratique limiter son ambition à réformer les missions du FMI et de la Banque mondiale, si tant est que la future administration Obama y consente. On suppute qu'elle soit interventionniste au dedans et très libérale au dehors. Vous pouvez donc acheter votre 3P et balcon à Georgetown (Grand Cayman) les yeux fermés, le "système" ne risque pas grand chose aussitôt qu'il aura fait la preuve qu'il est étranger au désastre.

2 paquebots aux Caymans
Question à poser par certains "paradis exotiques" sur le paradis fiscal domestique constitué par les Livrets A, bleus et Codevi rémunérés hors-taxes au taux d'inflation : 200 milliards€ confiés à la Caisse des Dépôts !

NINJA : No Income, No Job or Asset ... autrement dit crédits accordés à des consommateurs "sans revenu, sans salaire, sans biens" mais circulés sous assurance garantie par la hausse du mètre-carré.


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2 commentaires:

  1. La déclaration (commentée) de Washington est ici.

    RA

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  2. Le résultat de ce raout financier ressemble fort au groupe de convives sortant du restaurant et qui se disent devant le taxi : "Bon ! A un de ces jours. On se téléphone !" et qui s'oublient.

    Les efforts de NS à nous prouver que la réunion de Washington a été utile sont pathétiques.

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