vendredi 25 juin 2010

Louis XX à New York

les ducs d'Anjou au baptèmeEn quelques lignes, j'ai compris Louis de Bourbon et m'en voilà rasséréné. Comme beaucoup de royalistes de France, je cachais mes doutes pour ne point affaiblir une cause pas si vaillante déjà. Si je n'en avais aucun quant à son intérêt pour les affaires françaises - même si j'avais conçu que ses activités prenantes puissent l'en distraire souvent - je me demandais si le "beau gosse", fan de polo et de régates, ne serait pas phagocyté par la jetset depuis qu'il avait épousé la fortune. Il n'aime pas le "jet", c'est un bon début.
Et puis il y avait cette lutte intime du timide ouvrant son coeur, serré dans la tunique rouge de bailli grand croix. Fini tout ça ! Fini les rédactions préventives. Les hésitations participaient d'un chantier personnel en cours de construction. Il semble achevé dans la maturité des convictions d'un prince à l'heure de son époque et bien dans sa peau, à l'insu des dresseurs de l'ancien temps.

les ducs d'Anjou complices à SotograndeAucun journal royaliste n'est allé chercher Louis de Bourbon, ce mois-ci. Peut-être s'en serait-il méfié à voir les carafes de fiel qui ont été versées sur sa position dynastique dès son mariage, mariage célébré sans le nihil obstat des penseurs officiels de la Cause. On l'oublie souvent, mais seul le président de Présence du Souvenir Bourbonien fit le voyage de La Romana et sauva l'honneur des légitimistes gaulois.
Il s'en souvient ! Et de la Querelle qui coule d'édition en édition, d'un bord ou l'autre, il entend parler aussi.
C'est donc Paris-Match qui a fait le voyage de New York.
L'entretien a été mis en ligne par le magazine qui l'a publié dans son numéro daté du 18 juin 2010. On peut le lire en cliquant ici.

Louis XX en quelques lignes

pleines armes de franceHomme de terrain, abonné au possible loin des fumées bitumineuses d'un pouvoir absolu hors du temps, il nous apporte une monarchie du Nord et la fonde d'instinct sur trois services à rendre au pays : autorité morale au-dessus des luttes partisanes inhérentes à un régime constitutionnel démocratique, ambassadeur de son pays à l’étranger, garant de l’unité du pays et preuve vivante de sa continuité historique. Dans un élan rassembleur, il ne récuse pas les républicains. Cherchera-t-il à les convaincre ? Apparemment il croit que c'est possible, comme son cousin y est parvenu en Espagne.

Ceux qui n'ont pas loué leur miséricorde dans les chapelles de la monarchie intégrale échouée rient aux exigences des docteurs de la loi. Loi que le prince connaît fort bien dans sa déclinaison plurielle des lois fondamentales du royaume de France, et qu'il rangerait sur l'étagère des utopies éventées si elles débordaient de la pointe de pyramide qu'elles règlent. Deux cents ans de désert, on passe le râteau sur la caisse à sable et je te redessine tout ça ! Il a son axe devant lui et comme un athlète, il le voit clairement. Dites-moi que quelqu'un dans le royalisme voit les choses clairement, ça finissait par manquer !
Moi, la praticabilité du projet me plaît beaucoup, même si j'eusse aimé qu'il prenne déjà ses pouvoirs régaliens, mais peut-être le fera-t-il au moment de classer les tenants et aboutissants d'une sortie de crise.

Luis-Alfonso

louis carnassierIl sait aussi expliquer très simplement d'où il vient. Il n'a pas de slogan pavlovien comme les cabris qui crient "Utrecht, Utrecht", il n'a pas non plus de tabous. Franco ? Oui, il a fait beaucoup pour l'Espagne et c'est dommage de défranquiser le pays espagnol.
Sa francité ? Elle fut brisée par l'accident (ndlr - nous disons le meurtre) de son père en 1989 à Beaver Creek. Orphelin et privé de son frère aîné, il fut recueilli par sa grand-mère maternelle à Madrid. On savait déjà qu'il en fut reconnaissant à l'Espagne en choisissant d'y faire son service militaire dans l'armée de l'air.
Quand la lampe royale s'est-elle allumée dans sa tête ? En suivant son père au Millénaire capétien de France, naturellement. Tout est dit simplement, mais le plus charmant est son évocation répétée de Marguerite, son épouse. Après le coup de foudre, il ont construit un pôle de soutien mutuel dans un pays compliqué et difficile à vivre par les positions de sa belle-famille. Son regard carnassier quand il lève un paparazzi sur le chemin de sa petite famille en dit long sur son sens de la protection rapprochée. Il compte sur elle :« Les grandes responsabilités ne me font pas peur. Marguerite, ma femme m’aide. Quand elle s’est mariée avec moi, elle savait qui elle épousait. Elle m’accompagnera là où j’irai ».

Les relations avec ses cousins sont cordiales, nous le savions, il le confirme et ceux-ci mettent en porte-à-faux les sectateurs dynastiques. La Querelle a été réglée par la Cour de Cassation en 2003, les pleines armes lui revenant, il est celui qui est sans prétendre, point barre.

Sera-t-il le dernier debout à Paris avant d'être le seul à venir à Reims ? Puisqu'il adore l'action, souhaitons-lui d'en avoir. S'il se dépêche un peu, nous serons là malgré une atroce sciatique.

le prince Alphonse et ses 2 fils
Postscriptum : L'entretien de Paris-Match est couvert par une belle photo de la famille à cinq qui sera, j'en suis sûr, agrandie dans bien des foyers de France. Archivez tout avant que l'accès n'en devienne payant. Pour finir, je remarque qu'il n'a pas fallu deux cents pages pour tout savoir de lui, parce qu'il n'y a rien à expliquer tant c'est évident.
PPS : Remerciement à Royauté News pour avoir signalé à ses lecteurs l'article de Paris-Match.


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15 commentaires:

  1. " Sa francité ? Elle fut brisée par l'accident (ndlr - nous disons le meurtre) de son père en 1989 à Beaver Creek."

    SVP, comment pouvez-vous affirmer qu'il y a eu meurtre ?

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  2. Les investigations menées par des journalistes espagnols ont conclu à une forte présomption de meurtre.
    Je n'ai pas ce dossier sous la main, mais je me rappelle deux faits, (1) que l'agent de piste qui a détendu le câble ne fut jamais retrouvé par les enquêteurs américains, (2) que la qualification de meurtre, et non pas d'accident fortuit, initialement retenue dans le dossier, fut abandonnée sans raison avant toute conclusion positive ou négative.
    Et les détails s'enfilent comme des perles.
    Vous allez me demander qui avait intérêt à faire tuer le prince Alphonse, à quoi je vous réponds d'avance que je n'en sais rien.
    :)

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  3. Mais ce n'est pas le sujet de ce billet. :) OK ?

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  4. Les Lois F. s'appliquent à la succession à la couronne. Elles ne régissent pas le régime politique quotidien, même si on le présume.

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  5. Un fil a été ouvert ce matin sur le forum Vive Le Roy pour creuser la question, mais comme vous je ne vois pas d'impact à partir des textes, stricto sensu.

    >> http://forum.royaliste.org/viewtopic.php?f=9&t=4651

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  6. Les officines royalistes n'ont pas réagi, même du coté légitimiste, à la déclaration que vous avez relevée dans l'interview de Paris Match.
    Ce roi sera constitutionnel !
    Révisions déchirantes en vue !

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  7. Merci pour votre réponse ( au sujet de la question du meurtre du très regretté duc d'Anjou et de Cadix ) qui ouvre un débat aux enjeux considérables ... Mais ce n'est pas le sujet de cet article !

    Je prendrai donc la liberté d'y faire référence, sur le site du " CRIL17-google " , dès que je pourrais y accéder, ce qui m'est actuellement impossible, pour une raison technique incompréhensible a priori ! ...

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  8. El Marsupilami28 juin 2010 à 15:08

    Je ne crois pas à la thèse du meurtre bien que certaines questions soient sans réponse.
    La disparition du pisteur peut être due à la panique ou à la lâcheté en apprenant après-coup qui était la victime de cette erreur tragique.

    Comme on le dit sur l'autre fil de ce blog (de l'autorité etc...) que je découvre depuis mon Maroc natal, le prince prétendant a jeté les dés de la faisabilité.
    Une monarchie constitutionnelle est partout possible et ses jumeaux affermissent sa position dynastique en accord avec les lois fondamentales françaises.
    Cela veut tout simplement dire que les royalistes français sont dorénavant au pied du mur.

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  9. Bonjour

    je vous informe d'une déclaration de sa Majesté Ottokar VI concernant la réduction du déficit de l'Etat, ainsi que l'annulation des cérémonies de la fête de l'Ordre du Pelican noir.
    à consulter en exclusivité ici :
    http://zyldavprezs.blogspot.com/

    Bien à vous

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  10. C'est ma meilleure nouvelle du mois, et pourtant nous sommes le 30.

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  11. LENGRAND BERNARD DE TRACY17 mars 2011 à 23:02

    A QUAND SON GRAND RETOUR?

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  12. Le couple est installé à Madrid où Eugénie a fait sa rentrée scolaire à l'automne dernier.

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  13. Je ne sais pas si son père a été assassiné.
    Je sais, en revanche, qu'il n'était pas très français.
    Je passe sur son épouvantable accent espagnol, mais j'ai un peu de difficultés avec son acharnement à faire campagne pour Barcelone contre ... Paris quand il faisait partie du comité olympique!
    Il est vrai qu'il avait de quoi en perdre son latin (pardon, son français): son père avait renoncé 4 fois au trône d'Espagne et au trône de France (alternativement, cela va sans dire).
    La république ne s'y était pas trompée qui avait frappé les seuls Bourbon-Orléans de la loi d'Exil.
    Elle a moins de compétence pour affirmer que telle ou telle branche a légitimement droit aux armes "pleines".
    Depuis quand, d'ailleurs, les gueux se mêlent-il de droit de titre et d'armes?
    Permettez-moi de vous rappeler que le chef de race est l'aîné des Bourbons-Busset qui ont, c'est vrai, renoncé à leurs droits dynastiques.
    Comme quoi, le renoncement, ce n'est pas si simple.
    Maurras n'a pas hésité a s'adresser au comte de Paris, et les Camelots du Roi non plus . certains de mes aïeux, militants actifs et fidèles de l'AF, riraient bien à vous entendre... Moi, vous m'ennuyez seulement.

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    1. Je ne sais en quoi un accent serait "épouvantable". Henri IV peut-être ? Mais bon, la réalité d'aujourd'hui veut que le mouvement légitimiste recrute plus que l'orléaniste. Vos arguments ne pourraient les convaincre et il y a matière à s'interroger. Non ?
      Quant aux relations entre la maison d'Orléans et l'Action française, je vous poserais une seule question : qui d'Orléans fut vu aux obsèques de Charles Maurras ?
      Pour ce qui est de la légitimité des uns et des autres, je me permets de préciser qu'Orléans est héritier direct de la monarchie de Juillet et du roi Louis-Philippe Ier, mais qu'ils ne peuvent remonter le fil au delà. Il a été cassé par Philippe-Egalité de la plus brutale des façons.

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