jeudi 5 janvier 2006

Voeux d'Inde

Nous continuons la publication des voeux de nos princes.


Français, Navarrais, Bourbonnais de si loin et d'ailleurs,

lac de BhopalLe soleil s'est levé dans le Capricorne et nous appelle à nouveau à vous souhaiter une bonne et heureuse année 2006 dans les grâces du très saint seigneur Jésus-Christ fils unique du Très-Haut, lui même Dieu de tous les dieux, qui vit et règne dans l'aeternité au-dessus de toute loi ou système cosmique.

Il est de nôtre coutume de nous enquérir de la santé et de la prospérité des nostres sujets tant il est dit par les lois divines immanentes que la charge de vous gouverner pourrait un jour s'abattre sur nos épaules ou celles de nos descendants comme un joug précipité par le Ciel, pour vous arracher au péché du monde et vous conduire sur la route des gloires enfuies.

Le vent d'occident nous rapporte par les voies prosaïques de notre abonnement incessamment renouvelé au Monde Diplomatique, que vos organismes trop richement nourris résistent désormais à tout antibiotique, ceci pour la santé ; et que vos nourrissons issus de votre sang ou apportés par le vent de sable qui souffle sans faiblir sur les Europe, sont grevés chacun de vingt mille dollars de dette exigible avant leur majorité, ceci pour votre ancienne prospérité. Hélas.

La disparition de ce beau pays de France dans les affaires du monde actif est durement ressentie par nous-mêmes à Bhopal en Madhya Pradesh où l'on n'en parle jamais plus, depuis la victoire acquise à domicile par l'équipe française de football sur le Brésil dans les années quatrevingt-dix. Le gouvernement central de l'Union a soumis aux autorités internationales une requête de substitution de la France au Conseil de Sécurité de New York, qui nous l'espérons n'aboutira pas; même si les chances réciproques sont tellement disproportionnées, que seule la Providence pourrait nous en préserver.

Feu le grand prince Salvador, me récitait au chevet du soir les vers de Joachim du Bellay que je murmure encore quand il pleut trop fort ici.
France, mère des arts, des armes et des lois,
Tu m'as nourri longtemps du lait de ta mamelle :
Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle,
Je remplis de ton nom les antres et les bois.



Croyez amis fidèles ou même indifférents, que la situation dans laquelle vous ont précipités des gouvernements de rencontre depuis que notre frère Louis a été séparé du destin de la nation, nous navre au plus profond de notre coeur. Nous retrouverons un jour la maternité des arts, des armes et des lois.

Nous prions pour vous chaque matin, et pour nous-aussi, afin que Dieu prenne pitié de vous et de nous-aussi, qui vivons dans l'effroi de sa possible et terrible décision, à moins qu'il n'insuffle à son nouveau lieutenant les forces surnaturelles qui à l'instant lui font défaut.

Mais à l'appel de Lui, nul de Bourbon dans ses droits ne saurait s'esquiver, et je viendrais à Reims endosser ce destin, quel qu'en soit le poids.

Montjoie Saint Denis.

Soyez tous assurés de ma profonde affection.
Que l'an neuf soit meilleur.



Balthazar-Napoléon Bourbon

(traduction "belle infidèle" de Steppique Hebdo)




lac supérieurNDLR : À Bhopal, au cœur de la péninsule indienne, vit une famille Bourbon descendant d'un fils du connétable Charles III de Bourbon, Jean-Philippe né en 1535 qui fut exilé au Portugal à la suite d'un duel. Capturé par des pirates en 1541 lors d'un voyage de Sicile vers la Provence, il fut vendu comme esclave en Égypte où il rendra de grands services au sultan qui le comblera d'honneurs. Fait prisonnier de guerre en Abyssinie, il s'évade sur un boutre marchand vers la côte de Malabar aux Indes, vers 1558. Présenté à l'empereur moghol Akbar à la cour de Delhi, il acquiert l'estime du souverain à la tête de l'artillerie moghole, qui lui octroie un titre princier et un jagir (fief). Ces Bourbon de l'Inde acquieront des positions importantes et parmi les plus remarquables, il faut citer Salvador III, général en chef de Bhopal vers 1830, puis son fils Balthazar (+1879) de la huitième génération qui sera ministre puis régent de Bhopal. Ils vivront princièrement dans leurs immenses palais. Fidèles à la religion catholique, ils bâtiront une église, centre de la communauté chrétienne. Un de leurs descendants, Salvador de Bourbon (1917-1978), dernier témoin de la destinée princière de la famille en Inde, a laissé une généalogie de sa famille "History of the Bourbons in India". Maître Balthazar-Napoléon de Bourbon, né le 29 juillet 1958, perpétue le souvenir de cette gloire méritée, encore rayonnante.

Epilogue

Charles III de B.Le connetable Charles III de Bourbon a laissé dans les livres d'histoire de France la trace d'un traître, victime de la vieille duchesse d'Agoulème, et partout ailleurs celle d'un redoutable capitaine de guerre qui gagna la bataille de Marignan en 1515 afin que les écoliers gardent au moins cette date unique en mémoire. Dépouillé de ses biens par un procès injuste, il s'était mis au service de Charles Quint avec des fortunes militaires diverses jusqu'à tuer le chevalier Bayard sur les bord de la Sésia, et vaincre et capturer le roi François Ier lui-même à Pavie en 1525. Il mourut sous l'armure en 1527 à l'assaut de Rome.
Le connétable de Bourbon mourut sans postérité lui survivant. Que le quatrième enfant du connétable ait été une légende, reste une belle histoire. Mais si l'on clame si haut "bon sang ne peut mentir", on remarquera que celui qui atteignit la cour moghole à Delhi avait un caractère trempé et des compétences d'artilleur, et que sa descendance poursuivit dans le chemin des honneurs militaires, juqu'à finir au poste de régent chrétien d'un nabab musulman régnant sur un peuple hindou.
Si la valeur du sang prime, les mérites héréditaires de Mgr Balthazar-Napoléon ne semblent pas moindres que ceux d'autres prétendants, même si bien sûr, il ne nous a jamais adressé ses bons voeux de nouvelle année. Qu'il nous pardonne, et accepte l'expression de notre affection sincère !

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