jeudi 23 mars 2006

Mon prince descendra d'un vitrail ...

... à l'équinoxe de printemps quand le soleil renaissant percute de plein fouet les rosaces.
Croisés
C'est un sursaut moral dont le monde a besoin, au seuil d'une confrontation de plus en plus probable entre les empires renaissants, et piteusement, la France des Lumières et des Droits, arrive en tête de liste des chantiers à ouvrir, du moins si on l'aime encore.

Les ravages de la démagogie alliés à l'exacerbation institutionnelle des individualités, de l'égoïsme existentiel, ont quasiment détruit le tissu social de ce pays. Mais l'homme est un genre tribal, il ne survit qu'en groupe. Alors, après avoir aboli la lutte des classes comme la sublimation des intérêts particuliers dans le concept de nation, on parle sans cesse de communautés. On remarque sans piper mot que maintenant ces communautés défilent pour elles-mêmes, s'observent et refusent toute cohabitation temporaire comme l'a montré l'expulsion de Philippe de Villiers du carré VIP de la marche anti-barbares. Hier encore étudiants et lycéens défilaient sous les horions, non des CRS, mais des voyous du même âge qu'eux, venus de la banlieue, qui se sont exclus du système "mainstream" pour intégrer des tribus.

Feue la belle Nation doit devenir un patchwork d'intérêts concurrents qui se classeront les uns par rapport aux autres selon la vigueur de l'intimidation qu'ils déploieront à l'encontre des tiers, voire de la violence de leur affirmation, puisqu'on part du postulat que tous se valent en droit, et que toute hiérarchisation à froid serait "inégalitaire".
Ainsi, dès que le périmètre de ces intérêts "privés" est flou, on peut le préciser en définissant ce qui les opposent aux autres, tenus à l'extérieur.
  • Les Jeunes vont monter contre les Vieux, même si leur situation dans l'agenda vital est similaire et précaire, parce que les seconds ont tiré des traites sur l'avenir des premiers en leur ôtant les moyens et l'envie de les honorer.

  • Les Etudiants agissent involontairement sur des motifs bassement politiques contre les Apprentis, en détruisant quelques nouvelles chances de travail des seconds dans une querelle qui ne les concerne pas.

  • L'Economie marchande qui se revendique exemplaire en tout fourbit ses démonstrations comptables contre les Services publics réputés nids de fainéants ; et même s'ils sont indissociables, on est parvenu à y différencier les conditions respectives de travail et de sortie de la période active.

  • Les Pauvres contre les Riches, c'est le slogan le plus facile et racoleur en laminant l'entre-deux qui reçoit tous les coups, faisant croire aux premiers que la solution de leur misère passe par l'étranglement des seconds. Le seul inconvénient est que les agitateurs de cette fracture-là ne sont pas les moins aisés et deviennent schizophrènes.

  • Les Enfants contre les Parents par un appel général à une consommation effrénée de la jeunesse de tous milieux, en revanche de quoi on organise la pénalisation de cette rupture de générations en punissant les familles sans autorité.

  • La liste est sans fin. On en est venu déjà à faire s'opposer les religions !

Englué dans une dette trillionaire qu'il continue à creuser, gouverné aux sondages hebdomadaires par des couards qui instrumentalisent leur position pour favoriser leur carrière personnelle et dérisoire, le pays est stoppé sur place. Ce qui reste de sa puissance enfuie, rétrécit chaque jour. Sauve qui peut !
Alors se déchaînent les égoïsmes sur ce qui reste à prendre du bien commun. Les communautés se battent comme chacals en charogne. Le pays ignore son destin qu'on lui prédit dangereux, refuse son déclin qu'on lui assure inéluctable, et ne peut se raccrocher à aucun dessein : le Pouvoir au sens le plus large, n'a aucun dessein ! On attend les échéances démocratiques, sans vouloir comprendre que le régime politique est directement en cause, même s'il ne cumule pas toutes les responsabilités. Le désarroi peut laisser la place au désespoir.

Le jeu démocratique a fait le lit de la dictature d'une majorité prétendue, fabriquée souvent par une coalition disparate, sur des minorités souvent divisées entre elles, et donc incapables de résister. On en voit la caricature en Palestine ou en Irak, c'est l'essence même du système. Mais chez nous, le fameux "vous avez politiquement tort car vous êtes minoritaires" résume assez bien ce défi à l'intelligence. En politique donc, l'agrégé ne vaut rien contre deux maçons, qui n'auront de cesse de vouloir lui faire payer son autorité intellectuelle. La quantité prime. Elle s'affirme en contraignant les autres, légalement. Elle les pille, les déconsidère, les muselle. Ces choses-là ne durent pas éternellement.

Le régime français est en train d'agoniser en pourrissant tout l'espace sur lequel il est vautré. Même incinérée, les taches de la baleine morte sur le tissu de la Nation seront indélébiles. Il faudra que les successeurs fassent avec, si tant est qu'il s'en déclare, par ambition, amour du pays ou inconscience. Comme le fit lEmpire quand il reprit les affaires publiques au sortir d'une révolution dévastatrice, attendons-nous à devoir trier le bon, l'inutile, le néfaste et l'inclassable dans les décombres de la république qui aura émietté tout le pays en catégories et sous-catégories. Quand tout aura été éparpillé comme grains de fer dans la tasse de rouille, il faudra appliquer un flux magnétique pour leur donner un axe commun.
L'axe sera le dessein d'une Nation nouvelle : il est à créer ex nihilo tant sont corrompus l'Etat et la Nation !

C'est bien l'ouvrage d'un roi au dessus des partis, des factions, des intérêts privés.
Certes des recettes, des propositions visant à rénover les espaces économiques, politiques et sociaux, pourront être avancées par des esprits éclairés, mais leur interaction obligera à rechercher constamment l'arbitrage supérieur. On peut présager qu'à défaut de redevenir une grande puissance dans le monde d'aujourd'hui, la France s'ingénie à devenir un exemple rayonnant dans l'administration de son espace et dans la gestion des domaines non-marchands comme l'éducation, la morale publique, la cohabitation des religions, la solidarité des générations, la préférence nationale et la générosité tout à la fois, et enfin la justice.
France, pays des Lois !
Les domaines marchands, ceux de la recherche, de la sécurité, pourront être assainis et développés dans le cadre de coopérations étroites à la mesure des enjeux planétaires qui ricochent en permanence sur le pays. La France, impeccable dans sa gouvernance, allié attentif et sûr, aura regagné dès lors une autorité à la mesure de son histoire qui débordera largement de son classement au PIB.

On peut craindre que la tâche ne soit surhumaine. On peut aussi croire que Quelqu'un y aidera.

le roi de vitrailAbîmés par des rivalités d'un autre âge, les héritiers actuels de la tradition monarchique s'opposent à somme nulle, exacerbant au sein de leurs propres soutiens des divisions nombreuses. S'il n'y avait que le drapeau ! On ne compte pas moins de cinq "écoles", traversées souvent par des applications politiques antagonistes. L'union des royalistes sera-t'elle convoquée au débat final ? Rien n'est moins sûr. L'évidence d'un renouveau national peut très bien être partagée largement par l'Opinion sans qu'il soit nécessaire de demander leur avis aux chapelles royalistes. N'est-ce point un prince de France qui a renié toute attache avec le mouvement militant ? L'union, si elle est recherchée, ne coagulera sans doute qu'à partir d'un Catalyseur extérieur. Mais celui-ci pourrait agir aussi directement sur la Nation, sans passer par l'adoubement des chapelles, unies ou pas.

L'ardeur des convictions morales et politiques nécessaire à ce "grand oeuvre" ouvre la porte à un prince de vitrail, au sens que Jean Raspail lui donne dans « Le roi au-delà de la mer ».

Il reviendra !

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