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In Sir Winston we trust !

 

Winston Churchill dit un jour à son valet de chambre : « La démocratie est le pire des régimes, à l'exclusion de tout autre !» A quoi Norman aurait répondu : « Pour l'asservissement consenti des peuples, sans doute aucun, Sir Winston !». Et tous les deux avaient raison. Tout le génie politique est dans l'obtention de ce consentement. Le leurre démocratique est le plus efficace. Mais le régime démocratique ne peut fonctionner de manière satisfaisante que sur une qualité assez rare chez l'espèce humaine : la vertu ! Son absence évidente est palliée par la psychologie des foules.
L'article d'aujourd'hui se propose de creuser cet outil magique qui obtient si facilement l'obéissance des crétins et l'enrichissement de ceux qui les dirigent. Nul n'ignore que le sujet fut mis sur la table par un certain Gustave Le Bon (1841-1931) et qu'il sert encore de livre de chevet à tout apprenti-dictateur comme le Manuel de l'inquisiteur de Dom Bernardo au juge Tournaire. Nota bene : Le bouquin de Le Bon a sa page dans la Wikipedia et sa numérisation est offerte sur la Gallica.

Mais il ne s'agit pas d'humour puisque depuis que le monde est monde, les foules sont manipulées. Ça a commencé avec les sorciers, les pontifes, les prêcheurs, les grands orateurs jusqu'aux tribuns en préaux d'école. Peut-on le résumer dans le format d'un article de blogue ? Essayons. La psychologie des foules commence par l'indifférenciation des atomes en molécules : « La foule psychologique est un être provisoire, formé d'éléments hétérogènes qui pour un instant se sont soudés, absolument comme les cellules qui constituent un corps vivant forment par leur réunion un être nouveau manifestant des caractères fort différents de ceux que chacune de ces cellules possède ». Nous voyons que la foule se crée et bien que latente, n'est pas permanente. Nous allons vite comprendre qu'elle suppose parfois des créateurs. Démagogues, manipulateurs, habiles, tous battent le fouet de la mayonnaise qui, si elle tarde à prendre, mettra leurs desseins en péril. Ne nous attardons pas sur le naufrage de la conscience personnelle dans le phénomène de foule, c'est un chapitre clinique, puisque chacun de nous en a vu les effets lors de l'insurrection des gilets jaunes : les manifestants violents arrêtés étaient le plus souvent de gentils couillons de la société civile, les pros de l'émeute restant insaisissables. Non, nous allons chercher comment manipuler les foules, ce qui sera utile au futur premier ministre du roi, qui va passer une semaine au Château d'Ailly pour l'énième édition du Camp Maxime Real del Sarte (ndlr: août 2019). Pour entrer la question dans le domaine de prédilection de Charles Maurras, nous appellerons ce travail : Contrôle Social !

Le contrôle social a fait de grands progrès quand est venue la mode du socialisme européen. L'individu devenait descriptible dans ses moyens de subsistance, ses droits aux secours, et par la loyauté qu'il manifestait à l'égard des pourvoyeurs de biens et services à son endroit. Il a suffi dès lors de contrôler la rémunération des peines et soins qu'il apportait à la collectivité (facile) et on a fait des grilles pour tout le monde que l'on appela Conventions Collectives. L'activité ainsi matricée pouvant devenir triste, elle devait être compensée par des droits à survivre généreux : c'est la sécurité sociale (obligatoire). Mais toute la construction serait vaine pour les élites qui la produisent si les gens pensaient par eux-mêmes : le protocole de contrôle social demande donc que soit capturée la pensée. Inutile de chercher plus loin, c'est le rôle que se partagent l'Éducation nationale maçonnée et les médiats ploutocratiques : pensée formatée, camp du bien, bien-pensance etc... l'espace libre est finalement très étroit.

Atterrissons ! Bien que le socialisme lui soit bien antérieur, le schéma décrit ci-dessus a été testé dès le lendemain de la guerre de 14, c'était une revendication d'anciens combattants, pour être établi définitivement par le Conseil national de la Résistance en 1945. Il n'a cessé depuis de se resserrer autour de l'individu, la maille de la cotte étant chaque fois plus petite. La France est devenue la référence en soviétisation réussie et seul l'abêtissement des foules limite les effectifs de la diaspora, quoique les statistiques courantes donnent maintenant le vertige. C'est par dizaines de milliers que les jeunes Français partent tenter leur chance dans des pays libres. Et nous ne parlerons pas des millionnaires qui, pelote faite, vont grossir ailleurs, c'est un autre débat qui n'intéresse pas le contrôle social.

Le maximum de contrôle social s'obtient lorsque les individus eux-mêmes en réclament l'augmentation. C'est la vraie perversité du modèle actuel : convaincre, en instaurant une pénurie, que la solution est dans l'implication plus invasive de l'Etat que l'on proclame distant, alors qu'il nous met sous surveillance du berceau à la tombe. Avec 57% de prélèvements sur le produit national, la doxa politique combat le libéralisme du gouvernement ! Certains très atteints parlent même d'ultra-libéralisme.
Les gilets jaunes (ceux des ronds-points) ont manifesté leur désarroi devant les difficultés quotidiennes d'une vie terne et bouchée en sollicitant les gens de l'Etat pour venir à leur secours. Ceux-là observèrent la question des rémunérations rapportées aux besoins élémentaires les plus justes et ne purent réhausser des droits à survivre qui, pour les catégories défavorisées, sont au maximum de la redistribution possible. Ils oublièrent aussi d'analyser les pensées subversives de démocratie directe frisant l'anarchie, qui reçurent au début le soutien de 84% de la population, selon les sondages aux ordres. Le contrôle social cette fois défectueux a déclenché les saturnales insurrectionnelles. Pouvait-il en être autrement ? Sauf à renverser la table et le régime, non ! Les collectifs communaux n'étaient pas outillés pour concurrencer l'Etat localement, et l'Elysée que l'on pensait habile à susciter l'imprévu s'est enferré dans une gestion émotionnelle et comptable de la crise. Peut-être fut-il compris en haut lieu que le modèle soviétique légué par les gaullistes et les communistes à la Libération n'est pas améliorable. Il suffit de suivre les courbes depuis 1975. Les tendances sont en pente et nous arrivons aujourd'hui aux portes de la banqueroute qui s'ouvriront si des événements extérieurs viennent contrarier les acrobates de nos finances publiques. On peut déjà prédire l'échec du parti des Républicains qui veut s'y coller. Comme de tout autre parti dans ce projet stérile de rénovation de la Cinquième. Mais qu'en est-il de la relève royaliste ? Que proposons-nous pour revivifier le plus beau pays du monde et le plus mal géré (après le Botswana) ?

D'améliorer le paradigme en subrogeant au président élu un souverain permanent ! C'est tout. Celui qui va le plus loin est un vieux royaliste de gauche qui ne jure que par le CNR de 1945, appelant de ses vœux à le ressusciter aujourd'hui dans la lettre et l'esprit. J'ai lu les déclarations du nouveau comte de Paris. Il est difficile d'être plus fade. La question reste pour lui institutionnelle et affective. S'il donne à juste raison la priorité à l'affect populaire à l'endroit de la maison royale, s'il promeut l'image d'un royaume apaisant et protecteur, il ne tranche pas sur la perversion du cocooning social qui nous tue. Personne ici ne fait confiance à l'homme libre, ni chez nous, ni autour de nous. La soviétisation des esprits est achevée tant est profonde son empreinte. "Libéral" est devenu une insulte. C'est pourquoi, en l'état, nous n'avons aucun avenir dans les pages d'histoire de demain. Le monde tournera sans nous, affairés à compter nos avantages acquis et désignant ceux qui les défendront contre les vilains jaloux qui nous oublient. Celui qui posera la vraie question du contrôle social et de l'anéantissement immoral des libertés individuelles aura sa chance s'il parvient à se faire comprendre de la foule. Le problème est que rien n'est prêt pour la harangue pendant que nous disparaissons. A Bruxelles, le président Macron avait refusé l'ouverture de négociations commerciales avec les Etats-Unis tant que ceux-ci ne revenaient pas dans les Accords de Paris de la COP21. Mais l'Allemagne en a besoin ! La Commission européenne a obtenu sans forcer l'appui des autres pays pour le faire : elle a donc ouvert les négociations avec Washington. Les vapeurs de monsieur Macron l'indiffère. C'est pareil dans tous les compartiments diplomatiques, prestige et autorité se liquéfient.

En résumé, l'idéal pour revigorer notre pays ne serait-il pas de le libérer ? Rapporter le contrôle social de la République sur le peuple, abolir l'égalitarisme et les lois de la trouille au principe de précautions, libérer les énergies créatrices et toutes les autres, ramener le périmètre de l'Etat au domaine régalien que l'on devrait arracher à la dispute gauloise ; en un certain sens, mais on ne le dira pas tout haut, revenir à l'anarchie de l'Ancien régime qui selon la formule de Boiffils de Massanne fourmillait d'abus et de contradictions ; rien n'y coïncidait, tout était disparate... mais ce royaume éparpillé était devenu le premier au monde ! Malgré tout, les Capétiens n'eurent de cesse de vouloir réguler le désordre du Moyen Âge, abattre la Féodalité qui tramait tout le pays dans la diversité, et centraliser autant que faire se pouvait, sans toutefois affronter le tigre fiscal et les privilèges indus qui étaient régulièrement dénoncés par de grands esprits comme Vauban, Turgot et d'autres. Le centralisme du roi-soleil signa la fin programmée du modèle. Il suffisait de capturer César et le reste s'effondrerait ! Il s'effondra. Dans notre projet, ne tombons pas dans le césarisme et l'autorité par ruissellement. Faisons vivre les provinces en inventant les espaces de liberté démocratique que le Saint-Empire a connu, lui, et qui lui permettent encore aujourd'hui de nous manger la soupe sur la tête. D'ailleurs les provinces qui s'en sortent mieux que les autres sont d'anciennes terres d'empire.


Si le lecteur veut lustrer son vernis démocratique par des citations bien apprises pour les dîners en ville, il doit lire Tocqueville dont la réputation est meilleure en préfecture que celle de Royal-Artillerie. Vous reprendrez bien un peu de homard ? Une pince peut-être ?


Trois blogues intéressants pour continuer, si vous trouvez l'article trop court : SITI   Legissa   SlideShare


Augmentation du vendredi 16 :

Ma navigation sur les liens prémium que je recommande des fois m'a fait croiser un commentaire sur l'imposture démocratique (E. Chouard) laissé par Mlle Étirév Anwen sur le site des Moutons Enragés. Je crois utile de le reposter ici, ne serait-ce qu'en archives, mais il mérite sa minute de lecture :

Il n’y a pas de « vraie » démocratie.
Il ne doit y avoir qu’une « élite » intègre et savante, véritable guide de l’humanité.
Rappelons rapidement les principe de la démocratie pour comprendre pourquoi, sous ce régime, les masses et l’opinion sont plus facilement manipulables.
La démocratie avilit en abaissant les bons, c’est une tyrannie qui s’exerce par un mouvement de traction morale, de bas en haut ; elle fait descendre, elle empêche les meilleurs de s’élever, elle abat les têtes qui dépassent le niveau des médiocres, empêchant ainsi l’éclosion des types supérieurs, elle supprime le respect et rend les petits insolents.
À propos de la démocratie, René Guénon écrivait : « il nous faut encore insister sur une conséquence immédiate de l’idée « démocratique » qui est la négation de l’élite entendue dans sa seule acception légitime ; ce n’est pas pour rien que « démocratie » s’oppose à « aristocratie », ce dernier mot désignant précisément, du moins lorsqu’il est pris dans son sens étymologique, le pouvoir de l’élite. Celle-ci, par définition en quelque sorte, ne peut être que le petit nombre, et son pouvoir, son autorité plutôt, qui ne vient que de sa supériorité intellectuelle, n’a rien de commun avec la force numérique sur laquelle repose la « démocratie », dont le caractère essentiel est de sacrifier la minorité à la majorité, et aussi, par là même, comme nous le disions plus haut, la qualité à la quantité, donc l’élite à la masse. Ainsi, le rôle directeur d’une véritable élite et son existence même, car elle joue forcément ce rôle dès lors qu’elle existe, sont radicalement incompatibles avec la « démocratie », qui est intimement liée à la conception « égalitaire », c’est-à-dire à la négation de toute hiérarchie : le fond même de l’idée « démocratique » c’est qu’un individu quelconque en vaut un autre, parce qu’ils sont égaux numériquement, et bien qu’ils ne puissent jamais l’être que numériquement. Une élite véritable, nous l’avons déjà dit, ne peut être qu’intellectuelle ; c’est pourquoi la « démocratie » ne peut s’instaurer que là où la pure intellectualité n’existe plus, ce qui est effectivement le cas du monde moderne. Seulement, comme l’égalité est impossible en fait, et comme on ne peut supprimer pratiquement toute différence entre les hommes, en dépit de tous les efforts de nivellement, on en arrive, par un curieux illogisme, à inventer de fausses élites, d’ailleurs multiples, qui prétendent se substituer à la seule élite réelle ; et ces fausses élites sont basées sur la considération de supériorités quelconques, éminemment relatives et contingentes, et toujours d’ordre purement matériel. On peut s’en apercevoir aisément en remarquant que la distinction sociale qui compte le plus, dans le présent état de choses, est celle qui se fonde sur la fortune, c’est-à-dire sur une supériorité tout extérieure et d’ordre exclusivement quantitatif, la seule en somme qui soit conciliable avec la « démocratie », parce qu’elle procède du même point de vue. » (La crise du monde moderne).
L’égalité c’est la fin d’une race, « tous dégénérés », « tous fous », tous égaux dans la bêtise ou dans la bassesse.
Envisageons un instant l’histoire des Cathares dont on peut facilement faire un parallèle avec les Gilets Jaunes.
Alors que la persécution, se déchaîna contre eux, certains furent arrêtés à Vézelay. Le représentant du ministère public, l’abbé Guillaume, se tournant vers le peuple, lui demanda ce qu’on devait faire d’eux : « Qu’on les brûle ! », répondit en chœur cette foule stupide. Après cela, qu’on nous parle de la « vox populi, vox Dei », à moins que ce ne soit du bien et du mal qu’il s’agisse !