samedi 6 février 2016

Flash - Capture du général Piquemal à Calais


BEAKING NEWS : General**** Christian Piquemal, French Foreign Legion ex-boss, has been arrested by French riot police in Calais today among protesters against muslim invasion.


Ou comment le pouvoir peut-il perdre les pédales à ce point contre une manifestation pacifique même non autorisée !











lundi 1 février 2016

En France, le roi peut mourir


On dit partout que SAR le prince Sixte-Henri de Bourbon Parme aurait claqué la porte de la messe de requiem pour Louis XVI à la basilique de Saint-Denis le 21 janvier dernier. Qu'a-t-il entendu qui le fasse sortir de ses gonds ? Une déclaration du prince Louis de Bourbon absent, lue par un diacre en préambule de l'homélie du Père Pic : dans la déclaration, le prince Louis s'annonce "duc d'Anjou" et "successeur légitime des Rois de France". Le régent de la Communion carliste qui lui dénie tout avenir, a failli faire une attaque et a quitté la nef par l'allée centrale (outrage pour les croyants). Le microcosme est aux cent coups ! On trouvera la relation de ce scandale dans le bulletin climatique du Conseil dans l'espérance du roi en date du 25.01.2016 sous la plume de Franz de Burgos.

Rappelons l'esclandre du prince au barbecue bourbonnien organisé l'an dernier par le prince Charles-Henri de Lobkowicz au château de Bostz, au motif de la présence de l'usurpateur isabélitain Luis-Alfonso de Borbon à l'ascendance de qui il impute les 400000 morts des guerres carlistes (faut jamais mollir). Sa déclaration incendiaire lui avait valu les remontrances acides des docteurs de la Loi.
Ce qu'il supportait jadis dans sa navigation du mouvement royaliste, lui apparaît-il aujourd'hui insupportable ? Ses préférences marquées pour la branche d'Orléans et le mouvement d'Action française s'accommodent-elles de la thèse interruptive qu'il promeut contre les Bourbons d'Espagne ?
Après tout, la Monarchie de Juillet n'a-t-elle pas sombré comme sa sœur aînée laissant la famille en déshérence si « le Roi ne meurt pas en France »?

Sixte-Henri de Bourbon Parme est le champion de la thèse interruptive, qui fonde sa conviction sur la devise percutante de la succession capétienne : « Le Mort saisit le Vif » : si la main du mort ne trouve que le vide, les compteurs sont remis à zéro. Dans un entretien donné il y a treize ans au Libre Journal de la France Courtoise (n°283 du 17.01.2003 - clic - merci Vexilla Regis), il développait cette rupture dynastique. Mais il y a deux ans, à Var Matin, le prince élaborait les conditions de ses propres prétentions à régner :

Il remonte le principe de non-interruptibilité aux rois carolingiens. On comprend bien qu'à sa mort, le décès sans héritier du roi carolingien permettait d'ouvrir le champ des possibles et qu'une lignée nouvelle était choisie sur des critères multiples de naissance, de position sur l'échelle féodale, de possessions foncières et de forces disponibles. L'écho le plus récent de cette coutume disruptive est l'élection d'Hugues Capet à Senlis en 987 à la couronne des Francs. Naîtront alors, au fil des questions dynastiques, les lois de dévolution de la couronne de France pour préserver la lignée capétienne tout en évitant les désordres successoraux. Ces lois formeront plus tard un corpus constitutionnel appelé "Lois Fondamentales du Royaume De France". Les amateurs pressés peuvent cliquer ici.

Mgr Sixte-Henri part du principe que le royaume de France a disparu corps et biens et qu'on efface l'ardoise. Il n'y a pas de rois souterrains. Mort, c'est mort. Prétend-il n'est pas sûr et certain, d'autant que célibataire sans enfants, il ne pourrait réparer une interruption que pour en créer une autre quelques temps plus tard. Mais quand on lui demande où se situe-t-il sur l'échiquier politique, il répond sans ambages : Les rois sous l'Ancien régime n'ont jamais été de droite ou de gauche.
Le prétendant pointe l'oreille, à moins que nous ne soyons dans la posture d'un vieux monsieur solitaire qui s'ennuie.

Ph.I des Francs
Dans le même entretien à Var Matin, il signale vivre dans son château de Lignières, à défaut de pouvoir vivre à Chambord (sic) après la captation de l'héritage des Parme organisée par l'Etat français. Je ne sais comment il aurait pu entretenir Chambord quand on sait l'état du château actuel, paumé au fin fond du Berry. Contrairement à ses concurrents, il proclame donc l'ancrage foncier des vieux féodaux, et les renforts de la Communion carliste.
Nous abordons là aux rivages du rêve éveillé, et sans doute n'y croit-il pas plus que ça. Mais en cas d'ouverture de la fenêtre d'opportunité, le principe de non-interruptibilité sera invoqué par le plus motivé des outsiders prétendant accéder : le Roi est mort de si longtemps, le Roi c'est moi ! Finalement, qui s'opposerait à Pharamond II de Lorraine-Habsbourg s'il apparaissait à Reims avec l'ADN des Troyens, puisqu'il est de la famille de Priam à la mode de Bretagne ? Un vieux prince de Parme irritable et malpoli ? Et pourquoi pas moi, se sont dit tant de cadres du mouvement royaliste un jour, au second armagnac du soir.

Il me plairait bien ce Mérovingien caché qui réglerait une bonne fois pour toutes cette Querelle dynastique qui nous empoisonne tant.


Postscriptum du lundi soir : Communiqué Duc d'Anjou qui a mis le feu aux poudres à Saint-Denis :
« Monseigneur le duc d’Anjou, Chef de la Maison de Bourbon, successeur légitime des Rois de France, s’associe à la prière des membres de sa famille, du Président et des membres du Comité du Mémorial de France à Saint-Denys comme de tous ceux qui sont venus assister à cette messe célébrée à la Mémoire du Roi Louis XVI en ce jour anniversaire de sa mort. Puisse le Roi-Martyr intercéder pour la France ! »

Le début du texte me signale une fabrication, même si on se doute que le prince Louis ne rédige pas d'habitude ses communiqués lui-même. Celui-ci nous rappelle l'époque du secrétaire Bureau qui ne manquait pas une occasion de proclamer les droits imprescriptibles de son maître. Le prince arrivant à Paris le dimanche suivant pour la messe de la Chapelle Expiatoire organisée elle-aussi par l'IMB des Bauffremont, le communiqué du jeudi était inutile, surtout en ces termes grandiloquents. Quelqu'un avait-il intérêt à cette "provocation" après avoir invité le doyen de Parme au sang chaud, Mgr Sixte-Henri ? Le trouver expliquerait tout.


Taubira et sa Loi

Ainsi Christiane Taubira a quitté la Chancellerie. Elle s'inscrira dans la chronique des travaux et des jours comme le Garde des sceaux qui imposa le mariage homosexuel en France, et rien de plus, car il n'y eut rien de plus, à part quelques ajustement à la marge des procédures judiciaires. Il restera d'elle une inclination naturelle à manœuvrer les Chambres par un discours littéraire qui tranchait sur la morne plaine des récitations automatiques de députés godillots. Elle a apporté de la fraîcheur dans l'hémicycle. Quant aux grandes idées*, elles sont restées au stade de l'incantation obstinée, répétée, lassante, avec ce soupçon de mépris des Français qui a interdit le soutien, sinon l'empathie de citoyens en phase avec ses propositions, mais qui furent outrés par son combat maladroit pour la négritude contre eux.

Sa démission est la fenêtre d'opportunité pour les adversaires au mariage homosexuel qui remettent aujourd'hui du gasoil pour nous resservir la "destruction de la famille" et faire avancer leur modèle social en béton dans l'allée des prétendants à l'Elysée. Dans un entretien accordé à Atlantico, Guillaume de Prémare** relève que seulement 18000 mariages homosexuels ont été "célébrés" en deux ans en France, ce qui semble indiquer que la ressource minoritaire s'épuise. Un tableau complet de l'INSEE nous donne tous les chiffres et compte 250000 mariages en gros. Le mariage gay est un épiphénomène. Il n'en demeure pas moins que pour M. de Prémare la menace contre la famille traditionnelle persisterait. Il dit :

« L’idéologie issue des études sur le genre vise à imposer l’idée d’indifférenciation entre l’homme et la femme. Il y a un lien substantiel avec le mariage homosexuel : si deux hommes ou deux femmes peuvent se marier et adopter des enfants – au même titre qu’un homme et une femme -, c’est qu’il y a équivalence des situations et indifférenciation entre homme et femme. Il y a une dialectique qui vise à opposer nature et culture ; et même à nier l’existence d’une nature humaine. Cette opposition est trompeuse parce que l’homme est par nature un animal social et culturel ; et sa dimension biologique est articulée à sa dimension culturelle. La nature humaine englobe tout cela.»

Ce sont des conneries (dans une version papier, on écrit : on se paie de mots): la nature de l'homme est hétérosexuelle par construction et toutes les lois permissives du monde n'effaceront pas l'étonnement, la raillerie voire le mépris nés de la rencontre de couples homosexuels. En ce sens qu'il n'y aura pas indifférenciation des sexes, ni destruction de l'ADN humain par le poison de la culture décadente du Bas Empire. Il suffit de sortir "en ville" et de parler aux autres au lieu de rester coincé dans la phosphoration de ses idées. Les gens tout simplement s'en moquent dans les deux sens du terme ! N'ajoutons pas (mais un peu quand même) que les populations appelées en renfort de notre économie essoufflée sont unanimement contre les homosexuels pratiquants jusqu'à les lapider, les pendre ou les jeter des toits.

Nulle loi n'interdit maintenant à quiconque de se marier, y compris l'immense majorité de la population qui fait la noce comme au bon vieux temps, avec les blagues salaces de l'oncle de Chaminadour en fin de banquet ! Pour ma part, que deux êtres qui s'aiment veuillent solenniser leur union par un mariage ne m'enlève aucun point de retraite. Certes, la famille patriarcale est le creuset générique de l'éducation du petit d'homme ; ce dispositif cellulaire est éprouvé depuis Néandertal ; mais ça ne se passe pas non plus toujours très bien. Les royalistes sont aux premières loges pour constater les dégâts de la contrainte dans les familles princières et non princières. Parfois cela tourne au désastre. Oui, la cellule familiale est la brique naturelle élémentaire d'une société, n'en faisons pas un sacrement universel obligatoire.

Mon sentiment est que les cadres de la Manif-Pour-Tous, forts du souvenir d'un million de marcheurs à Paris, cherchent à pérenniser un fonds de commerce valorisable auprès de structures politiques plus grandes, elles-mêmes dispensatrices de prébendes et de visibilité sociale. Ils inventent un péril là où il n'y a qu'abandon circonstancié et électoraliste à une mode sociétale qui risque bien de passer un jour comme passent les mœurs décalées. D'ailleurs, on sait peu que des gens impliqués comme Pierre Bergé s'étaient déclarés il y a longtemps contre le mariage mimétique des homosexuels, se satisfaisant de la protection patrimoniale du PACS et déconseillant cette pitrerie.

Par contre, il faut tenir bon contre l'adoption d'enfants-de-plaisance par des couples anti-nature - pourquoi lester les écoliers d'un pareil handicap ?*** - et demander sans relâche l'abolition de l'article 6-1 du Code civil**** : « Le mariage et la filiation adoptive emportent les mêmes effets, droits et obligations reconnus par les lois, à l'exclusion de ceux prévus au titre VII du livre Ier du présent code, que les époux ou les parents soient de sexe différent ou de même sexe », et surtout bloquer en frontière toute la gestation d'enfants pour autrui, sauf à laisser monter des usines à gosses partout dans le tiers-monde avec un marché des préférences, options et tarifs, même si...... ça existe déjà !



Les combats à mener en France sont d'un autre ordre.

La classe politique le sent aussi, qui ne reviendra pas sur la loi Taubira. Ce serait une perte de temps et d'énergie pour un épiphénomène. Les politiciens sont souvent inefficaces aux affaires mais gardent une sûreté de jugement quant à leurs chances personnelles. Ils peuvent prédire que l'électorat ne se déterminera pas en réaction contre la loi homosexuelle. C'est l'analyse de Nicolas Sarkozy.

En revanche, l'avortement et les privilèges consentis par le cabinet Valls à ce fléau démographique ; l'état calamiteux de nos finances publiques qui cachent dans leurs comptes la bombe atomique des pensions de fonctionnaires non provisionnées qui obligera un jour Bercy à piller les caisses des travailleurs du secteur marchand ; le coma de notre économie soviétisée engluée dans l'archéo-syndicalisme politique ; le drainage des cerveaux et le chômage de masse ; le lest de plomb d'une armée immense de parasites sociaux de plus en plus amalgamés aux étrangers visibles ; tous ces points sont le ferment d'une révolte sociale d'ampleur. Certains, dont je ne suis pas, parlent de guerre civile. Pour la faire, il faut être plus nombreux et plus enragés, jusqu'à passer l'Arc de Triomphe pour descendre les Champs Elysées jusqu'à la Grille du Coq. Il n'y a personne d'assez charismatique et riche pour lever l'étendard du Vaffanculo général et La-Manif-Pour-Tous n'amassera pas de barricades en poussettes. Inutile de s'exciter et d'appeler les cotisations. On fera avec la Loi taubiresque dont on purgera l'adoption d'enfants. Se concentrer sur une mesure unique et simple devrait aboutir. Bombarder, pour ce faire, son député pendant la prochaine campagne électorale législative de 2017 : Non à l'adoption gay !


Notes :
(*) pour comprendre la réflexion de Taubira il faut lire Surveiller & Punir de Michel Foucault. Bon courage, je l'ai fait :)
(**) patron du réseau d'influenceurs catholiques Ichtus.fr
(***) Avec bien d'autres, le docteur Lévy-Soussan conteste le soi-disant bien-être des enfants adoptés par des couples homosexuels : « Ils deviennent des sujets à haut risque de dépression, vivent l’échec scolaire, le manque d’estime de soi et des difficultés d’insertion sociale », explique Lévy-Soussan, autant de choses qui tombent sous le bon sens. Le psychiatre précise : « Comment ces couples-là peuvent assumer, par rapport à l’enfant, le fait qu’ils l’ont privé de père ou de mère ». Accusant l’honnêteté des études, il lâche : « Ils sont sommés d’aller bien pour des raisons idéologiques, politiques et militantes », et donc « ils ne vont pas admettre que c’est compliqué pour eux ». (source Grumberg c/o Dreuz.info)
(****) Loi 2013-404 du 17.03.2013 (clic)

 

lundi 25 janvier 2016

De la submersion de toute digue aux vanités souverainistes

Ce billet a paru à la rubrique Les Libres Propos de Catoneo dans le Lien légitimiste n°66 tombé dans les boîtes à la Noël (p.3 et 4), en même temps que se discutait à Bruxelles la création de gardes frontières sur le périmètre de l'Union européenne avec préemption de souveraineté de tout Etat défaillant. Le projet communautaire n'était pas suffisamment détaillé voire engagé au moment pour qu'on en fasse une critique sérieuse. Le titre fut raccourci pour ne pas nuire à l'audience, mais le texte est intégralement celui-ci. L'iconographie est spéciale à la version bloguée sur Royal-Artillerie. Il entre en archives RA sous le mot-clé LLL.

 - Belle comme un soleil -
Du malheur naît le rêve qui emportera la résignation. On peut même cultiver le malheur dans ce but : dans les années vingt, une vieille institutrice un peu folle vivait avec ses deux enfants près de la ville de Sa Dec dans le delta du Mékong. Pour survivre, elle avait acheté une concession que les crues emportaient chaque année, anéantissant sa rizière et cultivant son malheur. La lutte était tant inégale qu'elle appelait cette crue annuelle, le Pacifique. Un barrage contre le Pacifique est un roman autobiographique de Marguerite Duras : prête à fuir, son héroïne, Suzanne, attend sur le pont le beau jeune homme dans une longue auto à qui elle plaira ; son frère, une fille fardée fumant des State Express. A quoi rêve-t-on de si loin quand on pense à nous-autres Français ? Faire les planches à Deauville en complet de lin blanc ? une blonde alanguie belle comme un soleil ? des souliers toile et cuir beige à semelle de crêpe ? une boîte en métal de cigarillos Café Crème ? un cabriolet Peugeot jaune pétard ? Pour beaucoup de gens c'est possible... là-bas... en Europe, le rêve d'un quart au moins des habitants de la planète.

En réponse aux malheureux rêveurs, l'Europe amasse des barrages contre le Pacifique, barrages qui ne tiennent pas plus longtemps que celui de Marie Donnadieu, l'institutrice coloniale. L'eau affouille les fondations des meilleurs obstacles et passe. Il n'empêche que plusieurs partis appellent à « rétablir les frontières » comme la panacée aux désordres allogènes du temps. Sauf à construire une ligne Challe¹ tout autour du pays, ligne qu'on peut moderniser en recopiant le modèle est-allemand, il est peu probable que l'on obtienne l'étanchéité en frontière garantie par les ténors de l'entre-soi, le mode opératoire des "passeurs" devenant juste plus compliqué, leur service plus cher* autant que sera augmenté le danger pour les clients ! Le commerce interdit, y compris celui des hommes, refleurira sur les sentiers séculaires de la contrebande et il y aura toujours la mer, ce sol inexistant qui ne se plante d'aucun poteau !

- le cab jaune pétard -
Quand nous en aurons fini avec la crue orientale, quand un jour le Proche et Moyen Orient seront devenus simplement vivables, il restera à canaliser la crue de l'Afrique rêveuse, celle de la Peugeot jaune. La différence de niveau de vie, à l'heure où tout se sait des conditions d'existence qui prévalent ailleurs, est telle que l'Afrique versera longtemps son trop-plein démographique en Europe et la vidange africaine ne cessera que lorsque l'écart entre eux et nous ne sera plus assez grand pour motiver l'arrachement à sa famille, sa patrie, sans parler des risques pris. Dans les enceintes internationales, on convient que la seule réponse à l'émigration sauvage est un développement économique décisif des pays d'origine ; on attend donc que l'Europe cesse de se lamenter sur l'indolence des autorités de départ et déclare cette guerre à la misère - facile - mais surtout qu'elle la gagne. D'accord ! Mais il faut prendre la chose à bras le corps. Gagner convoque bien des principes à piétiner dont celui de non-ingérence, celui d'abondement permanent au tonneau des corrompus dont les fuites finiront bien par irriguer les pauvres, celui de libre copulation irresponsable - n'en déplaise au Vatican – et bien d'autres. L'affaire appelle aussi de gros moyens humains et matériels, du nerf - l'argent - beaucoup de nerf ; mais d'excellentes idées sont déjà au travail comme l'électrification continentale portée par Jean-Louis Borloo² !

En attendant l'étincelle d'un improbable consensus sur cet axe de développement si peu désintéressé, la Commission de Bruxelles renforce son dispositif FRONTEX. Les peuples d'Europe se demandent bien pourquoi avoir attendu l'invasion des Balkans par les Arabes pour aller au rempart alors que l'Italie méridionale est envahie par l'Afrique noire et appelle à l'aide depuis déjà longtemps ; à moins que Frontex ne soit pas aussi performant que vendu ! Comment tenir les intervalles entre les postes-frontières sans obstacles matériels ? Et voilà que les pays de l'Est tirent entre eux des centaines de kilomètres de barbelé concertina comme des portes d'écluses brisant le mascaret migratoire. On sait d'expérience que les dispositifs contraignants bloquent d'abord les gens bien ou insignifiants, les criminels s'en accommodent et passent ailleurs, dessus, dessous. S'il est besoin de donner un exemple de frontière blindée et poreuse à la fois, il suffit d'observer le flux intarissable remontant du Mexique vers les Etats-Unis. Les pauvres qui ne franchissent pas le Rio Grande passent plus à l'ouest ou creusent des tunnels comme à Gaza !

- toile & cuir -
C'est justement là que le doute s'installe quant à la pertinence de développer l'Afrique de force comme y tendent les grandes organisations internationales : l'Amérique du Nord a joué la carte d'un enrichissement économique des bases de départ au Mexique en établissant une zone de libre-échange continentale. Mais l'Alena³ ne créa pas suffisamment de maquiladoras (manufactures mexicaines en zone franche) pour retenir la démographie surnuméraire du pays et rien ne dit que nous y parvenions mieux sur le continent noir : le Mexique, c'est 120 millions d'habitants, l'Afrique a passé le milliard. Certes le cynisme du business plan libéral botte en touche la contrainte démographique puisque les gens ne sont pas inclus dans le concept, sauf comme consommateurs dociles ! De fait, la mondialisation heureuse du capitalisme vainqueur vise à abaisser les barrières tarifaires et normatives mais conserve les frontières statistiques pour mesurer les flux et noter les progrès de la dérégulation. Ces frontières qui comptent les camions servent aussi à contrôler les humains. Les conséquences migratoires ne sont pas de son fait. Mondialisation & frontières vont paradoxalement ensemble. Sans céder d'avance au découragement – rien n'est jamais parfait en ce monde - préparons-nous à accroître sensiblement le développement de l'Afrique pour faire décroître la pression migratoire, mais nous conserverons les sas d'accès pour la pression résiduelle. Où mettre alors le Mur ? Dans sa marche à la fédération, l'Union européenne calque l'organisation de son espace sur celui des Etats-Unis d'Amérique : ils ont donc aboli les frontières intérieures pour accélérer le passage des biens et laissé circuler les ressortissants pour celui des services. En contrepartie de quoi ils ont renforcé le périmètre communautaire avec FRONTEX.

- Café Crème -
L'organisation SCHENGEN n'avait été validée qu'avec le dispositif de contrôle du limes de l'Union. S'il ne joue pas son rôle (euphémisme), le bon sens voudrait que l'organisation Schengen soit invalidée, et qu'une douane complète soit déployée à nouveau sur les frontières nationales le temps de construire autre chose. Hélas, ces vieilles frontières handicaperont les échanges au sein d'une Union qui tourne déjà au ralenti et qui cherche par tous moyens à accroître l'emploi en dynamisant la production. Remettre les octrois dans le marché commun est une bêtise au moment où émergent les vieux empires du monde ancien qui défient les nouveaux. Les géants économiques, même s'ils surveillent les mouvements de leurs travailleurs comme la Chine, ne sont pas bloqués tous les deux cents kilomètres par des postes de douane, ni handicapés par des formulaires d'import-export-transit-libre-pratique ou phytosanitaires... Ces géants tiennent leur périmètre qui est leur membrane osmotique avec le reste du monde, et c'est tout !

Aussi, plutôt que d'annuler Schengen et ses avantages indéniables procurés aux échanges intra-européens, serions-nous mieux inspirés de blinder notre frontière commune extérieure en y portant les ressources de tous les pays de l'Union, puisque les intervalles à tenir appartiennent à tous... sachant bien sûr que la barrière ne sera jamais hermétique, du moins jusqu'au moment où nous ne nous revendiquerons plus des valeurs chrétiennes qui nous privaient de tirer sur autrui pour défaut de papiers.

- le chic du lin blanc -
Sortons nos idées pour développer l'Afrique autant que nous pourrons l'y forcer afin de gérer les flux résiduels avec humanité ; déployons partout où c'est nécessaire une diplomatie de stabilité qui nous évitera les contre-chocs du désordre comme nous les subissons par la désintégration des dictatures arabes ; et sortons à la fin nos drapeaux. Les solutions ne sont jamais si simples qu'elles puissent se décider entre deux tournées au comptoir des partis populistes. Espérons que l'intelligence reconnue d'une nation menacée comme la France lui permettra d'inventer le paradigme salvateur au cœur d'une Europe plus ou moins défendue, se battant dans le camp des gagnants de la mondialisation. Nos princes ne sont pas que les héritiers d'un glorieux passé national mais citoyens du monde avec l'ouverture d'esprit qu'offrent leur éducation particulière, leurs alliances et leur position. Est-ce trop demander qu'ils nous inspirent !

1. Nom de son concepteur qui fut donné à la barrière infranchissable édifiée pendant la guerre d'Algérie à la frontière tunisienne

*. Assertion provenant du reportage d'Adéa Guillot paru dans Le Monde du 17.12.2015 (note ajoutée)

2. « Énergies pour l'Afrique » vise à électrifier tout le continent noir, 70% des habitants n'ont pas le courant. Les soutiens sont attendus sur « le site »

3. ALENA : Accord de libre-échange nord-américain - Marché commun entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique limité aux biens et services marchands. Voir la Hopperie qui suit dans le numéro 66 du Lien légitimiste

Clic !

Le Lien Légitimiste
2 Le Petit-Prix
37240 La Chapelle Blanche Saint Martin

(bimestriel exclusivement sur abonnement 30€, service électronique à 10€)

dimanche 24 janvier 2016

ND du Liban

Une grippe-surprise m'a privé de Chapelle expiatoire aujourd'hui. Je n'avais pas envie de piétiner dehors par ce temps. Bien m'en a pris. Le grand écran donnait une messe œcuménique à Notre-Dame du Liban à Paris V°. Belle célébration d'une pieuse diversité, des rites orientaux, des chœurs inédits, plusieurs homélies, une même "foi", à la réserve près du pasteur protestant exaltant la destruction du mur identitaire, l'accueil des différences, le vivre-ensemble, ce qui incita la régie à passer à l'écran la crispation manifeste des hiérarques maronites, chaldéens, syriaques, arméniens et j'en oublie. L'un d'eux avait parlé juste avant lui de la mort inéluctable des églises d'Orient sur le territoire historique de la chrétienté d'origine ; le rêveur au cœur sec, enfermé dans son amour immodéré du monde, passait les martyrs par pertes et profits - normal en quelque sorte : dépêchés étaient-ils, donc sauvés. Le programme de la matinée était sur le site de l'Œuvre d'Orient.

J'entends ci et là invoquer "l'unité des chrétiens", la prière en commun, toussa. Sur zone, ces communautés se sentent complètement abandonnées puisque leurs tuteurs naturels ne les aident pas sinon en paroles. Les villes chrétiennes du nord de l'Irak n'ont pas été reprises, pas même attaquées par la "Koahlission" pour tenter d'en expulser le Dae'ch. Il y a aussi tous ces camps de réfugiés !

Ne faisons pas de géopolitique du dimanche mais ni les alliés sunnites, ni les alliés chiites, ni le calife Erdogan ne lèveront le petit doigt. La France n'en parlons pas : j'entends encore Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères de Sarkozy, déclarer à un journaliste qui s'inquiétait du sort des chrétiens de Syrie, que ceux-ci devaient d'abord bouger (c'est à dire se retourner contre la famille Assad) avant que l'on ne se préoccupe d'eux ici. Ce disant, il a perdu pour moi ce qui pouvait subsister d'intérêt dans sa nouvelle carrière politique.

Même si le camp orthodoxe n'en fait pas mention, il ne reste sur le terrain que la Russie. Le Kremlin s'investira-t-il dans une cause rationnellement perdue pour sauver son "âme" chétienne ? On ne peut qu'en douter.

Alors faisons individuellement bon accueil aux Chrétiens d'Orient qui sont parvenus jusqu'à nous, ce sera toujours plus pertinent que de prier pour le repos de l'âme du roi Louis XVI qui a gagné son paradis sur terre il y a 223 ans et ne risque plus rien.


Dans cette intention il faut se rapprocher de...


vendredi 22 janvier 2016

L'Anarchie plus Un


Sur un blogue royaliste provençal, un commentateur donna une belle définition du royalisme : « Le royalisme c'est la démocratie royale et celle-ci c'est l'échelle pour cueillir les cerises. D'un côté les barreaux en commençant par le plus large qui est la base, paroisse ou commune. Ensuite le barreau plus court qui est le canton. Ensuite plus court encore, la sous-préfecture ou bailliage, puis la province et enfin le plus petit, la Nation. Tous ces barreaux ou assemblées élémentaires liés les uns aux autres. En face la béquille ou chandelle qui tient l'échelle droite, c'est le Roi dont la fonction est héréditaire pour éliminer les courses à la présidence. Louis XVI avait parfaitement réussi à recomposer l'échelle par la création des Assemblées provinciales en 1787.»

Magnifique allégorie du cerisier que voilà. On pense aussi à l'échelle de Jacob, avec les anges de deuxième classe en bas et les séraphins en haut. Sinon c'est le roi-pylône vertical dont la pointe dépasse de la pyramide aryenne des prêtres, des soldats, des laboureurs et des gueux. Magnifique allégorie de l'Ancien régime déposé.

La verticalité des pouvoirs est devenu dans notre époque post-moderne le handicap le plus sérieux au nécessaire progrès de l'espèce humaine qui affronte en ce siècle le défi de sa continuation. D'autant que, dit en passant, le désordre moral entraîné par les dernières élections régionales en a vacciné beaucoup contre les strates politiques intermédiaires. Et que constatons-nous par ailleurs ? Tous les blocages des corps constitués, des ligues et jurandes, ordres et confréries, tout ce carnaval obscène de la vanité humaine qui aménage des positions retranchées inexpugnables partout où elle le peut.

Il faut capter le soleil rasant et pas le soleil plombant.

L'avenir est à l'horizontalité des pouvoirs qui améliore la porosité aux sollicitations venant de l'extérieur, chargées souvent d'innovation décisive. Il ne s'agit plus d'emboîter les étages constitutionnels qui sont autant d'écluses retenant l'innovation, la création, l'intelligence et les crédits mais d'organiser une anarchie libératrice des énergies individuelles. Le monde est désormais digital et neuronal. Faut-il détruire alors les enceintes de pouvoirs retranchés, inutiles et dépensières ? C'est une chose à voir pour la prochaine révolution française qui fera bon marché de l'Ancien régime reconstitué.

Si l'on va jusqu'à supprimer toutes les subventions publiques et les strates administratives redondantes ou inutiles pour revenir à l'Etat régalien stricto sensu, la société française au-dessous de lui devra apprendre enfin à se démerder par elle-même et elle enterrera ses "morts". En fait elle ne fera que recouvrer les libertés conquises par la révolution communale sous la monarchie (clic). Il y aura beaucoup de déchets parmi les prébendiers, de gens inemployables selon les nouveaux critères de demain ; il faudra les accompagner en justice et charité jusqu'au soir de leur vie, à mesure des moyens que l'on pourra distraire des programmes de rénovation du pays. A défaut nous appellerons le bon docteur Attali avec sa petite piqûre.

Mais il peut être besoin quand même d'une vue d'ensemble pour guider les choix lourds de conséquence pour la nation aux étages pertinents. Aussi serons-nous contraints d'infuser une nouvelle verticalité dans nos organisations, la chaîne qui retendra la trame du tissu national. La meilleure circonscription de solidarité civique devrait être l'arrondissement (ou bailliage) et l'assemblage des circonscriptions se feraient projet par projet. Mais si l'on scrute la mentalité du citoyen sur sa conscience de sa position politique sur l'échelle du cerisier, on verra tout de suite qu'il ressortit à trois communautés : sa commune, son département d'origine et la nation. La région n'a jamais fait souche dans l'esprit des gens à l'exception de provinces très typées comme la Corse, l'Euzkadi ou l'Alsace. Et encore moins depuis le redécoupage créant d'immenses entités sans âme jetées aux gloutons. En dessous du département, la commune est trop exiguë pour un esprit français et la plupart d'entre elles sont en voie de fusion pour donner de nouvelles communautés administratives plus larges et plus manœuvrables ; au-dessus de la nation, l'Europe reste un concept éthéré qui ne s'est toujours pas incarné.

Il en ressort que l'Anarchie pourrait être "organisée" au niveau départemental bien que le bailliage soit conceptuellement plus attrayant. A l'intérieur du département et dans les circonscriptions subordonnées les arbitrages seraient tranchés en régime de démocratie directe comme au bon vieux temps des rois. Entre le département et les pouvoirs centraux, n'existerait plus que l'intérêt général, concrétisé dans des projets d'aménagement ou d'entretien du territoire. On va prendre trois exemples.

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Partant de l'hypothèse qu'après la II° Révolution il n'y a plus de régions artificielles dans le projet, les défis et contraintes qui dépassent le cadre départemental doivent être quand bien même gérés. Prenons l'exemple de l'aménagement du segment français du Range Nord de Cherbourg à Dunkerque. Il faut monter une agence de bassin qui coordonne tous les investissements portuaires et leurs conséquences de bout en bout. Sont impactés d'ouest en est les départements de la Manche, du Calvados, de la Basse Seine, de l'Eure, de la Somme, du Pas de Calais et du Nord. Si on décide une politique d'internationalisation du transport fluvial, seront impactés tous les départements en contact direct ou indirect avec les réseaux voisins : Eure, Yvelines, Hauts de Seine, Val d'Oise, Oise, Somme, Nord, Aisne, Ardennes, Meuse, Moselle et Bas-Rhin. Cette deuxième agence de bassin croisera les intérêts de la première mais ne les absorbera pas et réciproquement, car les champs d'activités sont trop différents même si l'on va de l'un à l'autre au fil des dossiers . On peut multiplier les exemples. Encore un : Le développement quel qu'il soit du Massif central dans un domaine donné agrégera des départements appartenant à quatre anciennes régions : Puy de Dôme, Cantal, Haute Loire, Loire, Lozère et Aveyron.

Donc la grille régionale telle qu'elle aurait survécue au grand nettoyage aurait été un handicap, typique de la verticalité des pouvoirs. L'arrondissement de Rodez, intéressé au développement géothermique du Massif central aurait dû faire des représentations à Toulouse, capitale tournée depuis toujours vers l'Espagne et l'aviation, pour obtenir le droit de négocier ses intérêts périmétriques et pleurer des crédits.

Les royalistes n'aiment pas le département parce qu'il fut créé sous la Révolution française mais la normalisation du royaume en départements étaient dans les tiroirs de Calonne et le critère de distance au chef-lieu retenu jadis tient encore la route puisqu'on peut de nos jours aller à la préfecture et en revenir dans la demie-journée, ce qui, avec la contraction de l'espace-temps moderne, reste pertinent et comparable à la journée de cheval de l'époque.

Dans cette belle utopie, les briques départementales sont assemblées entre elles de diverses façons eu égard au projet considéré et permettent une administration plastique de l'espace national, adaptée, pertinente. Les départements ont aussi l'avantage d'une longue habitude de gestion, ce que n'ont pas les sous-préfectures. La nation fait l'économie de prébendes figées dans des satrapies provinciales arc-boutées sur leur propre continuation et débitrices d'une fonction territoriale surnuméraire. Les grands projets et les projets moyens sont développés par des professionnels des métiers convoqués à leur succès. L'Etat central veille à l'essentiel, le roi étant l'aimant qui oriente toute la limaille anarchique. A la fin, c'est encore Charles Maurras qui aura eu raison :


« la monarchie c'est l'anarchie plus un !»

jeudi 21 janvier 2016

Requiems pour un Roi



Ce jeudi soir 21 janvier et demain soir vendredi seront donnés au Château de Versailles trois Requiem pour se souvenir de LLMM Louis XVI et Marie Antoinette, avec les chœurs et l'orchestre du Concert Spirituel sous la direction de Monsieur Hervé Niquet (annonce officielle ici).

* Messe des morts en ré mineur pour chœur et orchestre (1823)
de Charles-Henri Plantade
* Méditation religieuse pour chœur et orchestre (1851)
d'Hector Berlioz
* Requiem en ut mineur pour chœur et orchestre (1817)
de Luigi Cherubini

Messes partout en France en cliquant sur le bouquet


Cette triste journée est l'occasion de parler du roi Louis XVI. Cette année, Le Lien Légitimiste dans sa livraison de Noël, a publié une notice d'Aurore Chéry, docteur en histoire moderne de l'Université Lyon III, intitulée Histoire d’un non-objet historiographique : le cas Louis XVI (clic). L'auteur n'est pas royaliste (heureusement peut-être) car elle sort des sentiers battus et rebattus dans le microcosme pour finalement nous apprendre beaucoup de choses sur le roi en son temps, un personnage bien plus complexe que ne le disent les livres d'histoire les plus vendus.






En modeste hommage, Royal-Artillerie s'associe à ces commémorations en offrant à ses lecteurs le Pange Lingua Gloriosi qui redonne du courage et que le Piéton du roi connaît par cœur pour l'avoir tant chanté aux Vêpres de son enfance :




samedi 16 janvier 2016

Aymeric Chauprade, Français libre


(cf. entretien à Valeurs Actuelles - clic)
Comme par un fait exprès les conclusions de la réflexion politique d'Aymeric Chauprade s'emboîtent dans les préconisations gratuites de Royal-Artillerie, au roi près.

Il articule son projet sur trois axes :
(1) Désislamisation de la France en repoussant la loi factieuse islamique ;
(2) Désétatisation de la France ;
(3) Reconstruction de la puissance géopolitique, militaire, maritime et énergétique.



La désislamisation est un enjeu de civilisation bien plus que politique ou sociétal. C'est le socle même de la nation qui est attaqué, et les prêcheurs haineux à qui l'on fait bon genre dans notre classe politique, ne s'en cachent nullement. Il n'est pas besoin d'épiloguer. Les accommodements de cohabitation ne doivent pas déborder les dispositions de la Loi de 1905 - rien n'est jamais parfait.

La désétatisation est primordiale. Rien ne sera accompli pour la résurrection du pays en laissant tout l'espace économique et particulier dans les mains des agents de l'Etat. Le pays doit être libéré du marxisme-léninisme du XX° siècle, une bonne fois pour toutes. Les voies pour y atteindre restent encore un mystère dans le projet des Français Libres, mais vu la bunkérisation énorme de l'establishment (fonctionnarisé à 90%, donc disposant des doubles commandes), on peut comprendre qu'il faille ruser.

La reconstruction géopolitique est une utopie. Mais elle est belle. Pareille reconstruction est subordonnée à la résurrection économique du pays (énergie comprise) afin de dégager par la suite les débours exigés par la mise à niveau de notre puissance maritime et militaire ; le rang géopolitique ultérieur n'étant que la conséquence ultime de cet immense travail de renaissance du pays.

Royal-Artillerie partage aussi deux analyses d'Aymeric Chauprade :

- le souverainisme est un tunnel car il ne tient pas compte des réalités. L'image du Diner's Club souveraniste est cruelle mais si vraie. On est dans l'entre-soi, on giberne, on s'énerve, on s'excite, avant de reprendre un doigt de brandy.

- le Front national rénové est face au mur de la compétence. Il en manque gravement. C'est un parti de préaux, de slogans. Le débat électoral en région Nord-Pas-de-Calais entre Xavier Bertrand et Marine Le Pen (le seul que j'aie suivi) l'a amplement montré. Même s'il m'agace passablement, Bertrand avait travaillé à fond son sujet, Marine Le Pen n'a jamais pu se départir des assertions populistes du plan national et ne connaissait pas "sa" région.




Lancer un parti du modèle gaulliste historique est un défi sérieux car le segment est occupé ou ciblé. Le parti de Bruno Mégret ou celui de Philippe de Villiers ont fait long feu. Celui de Carl Lang ne décolle pas. M. Dupont-Aignan est le supplétif attrayant et parfois décisif du RPR recomposé dans Les Républicains. Le parti de Jean-Pierre Chevènement est issu du CERES stalinien (bonjour la soviétisation) mais n'existe pratiquement plus. D'autres partis du Bon Sens n'arrivent pas à percer. Même si Aymeric Chauprade a des références personnelles impressionnantes, des soutiens de qualité et une bonne aisance au pupitre, il lui faudra une prouesse pédagogique pour intéresser l'électeur et avant lui les cotisants.

Au-delà des trois axes majeurs du programme, il lui faudra également traverser le champ de mines habituel de la politique intérieure française, et c'est là que tout peut se terminer :

- Alliance atlantique : degré d'intégration, partage des commandements
- TAFTA : la plus forte charge explosive
- Guerre de cent ans israélo-palestinienne
- Politique russe du Quai d'Orsay et de la Commission européenne
- Politique arabe du Quai d'Orsay (AC connaît bien)
- Union européenne : définition des cercles de subsidiarité
- Défense européenne : enterrement de première ou deuxième classe
- Eurogroupe : intégration des politiques économiques et eurobonds


Laissons-lui le dernier mot :

« La voie de la sagesse et du redressement passe par premièrement par davantage de souveraineté dans la construction européenne et deuxièmement par un vigoureux programme de réformes pour libérer notre pays de ses contraintes intérieures.»

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