lundi 9 mai 2016

A la rencontre de cette insurrection qui vient

 

Où l'on entrevoit une possible solution pour que la France retrouve son roi : faire abstraction de ce qui est, de ce qui fut, pour envisager ce qui pourrait advenir… Sans idée préconçue…

 

Avertissement : Ce billet a paru dans Le Lien légitimiste n°68 de mars-avril 2016. Un royaume décentralisé tel qu'il est ébauché ci-dessous aurait mieux résisté à la Révolution parisienne de 89. A force de tout ramener à Paris, on a pu tout commander à partir d'un seul bouton sous la main du roi. Il a suffi d'enlever cette main et d'en mettre une autre. La marche à la centralisation royale a ruiné la charpente féodale qui tenait tout. Si les grands féodaux avaient été respectés dans leur système "foi et hommage" jusqu'au plus petit des tenanciers (comme en Languedoc), des provinces entières auraient échappé aux calamités révolutionnaires.
Lors de la Révolution culturelle en Chine, qui fut un énorme désastre, certaines provinces (comme le Yunnan) restèrent à l'écart. Les Brigades de gardes rouges furent stoppées en frontière intérieure par le général commandant le gouvernorat sous peine d'être purement et simplement fusillés sur place. Certaines des provinces basses du Tibet impérial (rattaché) purent ainsi rester à l'écart des dévastations morales et matérielles.
Le jacobinisme centralisateur est utile pour changer de régime mais il faut l'abandonner immédiatement après. Ce billet entre en archives RA sous le libellé LLL.

 


La décrépitude de la vie politique française, le désert d'idées directrices hormis la remouture d'une République sixième, la méfiance généralisée de la nation à l'endroit des gouvernants qu'elle regrette d'avoir choisis, l'abus de disputes personnelles et de gesticulations médiatiques au plus haut niveau de l'Etat, et l'infâme dictature des communicants, convoquent plus que jamais dans le champ de nos réflexions un peu de ce que Charles Maurras nommait la "Physique sociale". Le salut dans la politique ?
Il n'est nul besoin d'être un observateur autorisé pour apercevoir autour de soi un début de sidération du peuple, abruti par des années de facilités à crédit, quand il découvre le champ de ruines : un pouvoir divisé sans soutien ni dans le pays ni dans les institutions, un parlement stérile transformé en syndicat de godillots repus, un chômage de masse maintenu par magie à dix pour cent de la force de travail, une dette publique sud-américaine et pour couronner le tout, le triple déficit : budgétaire, social et commercial, qui ronge notre société comme un cancer. Pendant ce temps notre cousin germain a clôturé l'exercice 2015 en positif dans tous les compartiments du jeu, tous ! Ici, le plus beau pays du monde est ruiné par ses propres habitants. Il est en négatif partout.

On peut soutenir que la banqueroute générale résulte d'un affaissement moral et mental des Français, incapables de s'arracher à la glaise du déclin, jouant aux élections comme au sweepstake, basculant la majorité du jour sur celle d'hier avant que d'en jeter les huiles au recyclage, avant quer de sortir de l'histoire. La disparition de notre identité serait darwinienne, la loi de l'Evolution étant d'abord celle de l'attrition des inadaptés. Auquel cas, il faudrait accepter la curatelle européenne qui se dessine puisque nous montrons à tous que nous sommes impuissants à nous gouverner par nous-mêmes. On peut en revanche jouer une autre hypothèse, à savoir que notre situation catastrophique est la conséquence logique d'institutions qui ne sont pas adaptées à notre être nation. C'est bien sûr à démontrer, mais en ce cas, nous, les monarchistes, aurions quelque chose à dire aux autres.

Nos ancêtres les Gaulois...

Le substrat gaulois du pays crée naturellement le désordre, chaque hutte au village devient un parti. Les royalistes d'ailleurs connaissent bien le syndrome gaulois : la vérité royaliste est tout entière dans sa chapelle, à la voisine est l'hérésie. Ce désordre était pourtant un champ de libertés autant qu'il fut combattu continûment par le pouvoir central qui finit un jour par généraliser ses propres lois d'application universelle bien plus faciles à gouverner depuis Paris, bien plus facile aussi à retourner contre lui que ne l'était le fourmillement des coutumes. Boiffils de Massanne (1824-1907) ne disait-il pas qu'aux jours de la Révolution, « la dynastie capétienne avait accompli l'œuvre de la destruction du Moyen Âge lentement, patiemment, quelquefois à regret. Sortie des entrailles de la Féodalité, un pressentiment secret lui disait que cette œuvre était un suicide. 1789 se chargea de le lui prouver. »

Après la centralisation royale, le jacobinisme révolutionnaire, le césarisme policier de l'Empire et jusqu'à l'Etat des Bureaux d'aujourd'hui , les pouvoirs ont toujours forcé nos différences dans un moule unique pour en faciliter l'administration et mettre le pays en coupe réglée au bénéfice des maîtres du moment. Mais sous le couvercle de l'Etat total la pression finit par devenir trop forte et périodiquement le couvercle a sauté : 1789, 1830, 1848, 1870, 1936, 1947, 1958, 1968 puis plus rien. Plus rien dès lors qu'on a pu acheter la paix sociale en débondant les foudres de l'assistanat généralisé : les trente glorieuses des cigales régulées par le socialisme fiscal jusqu'à l'emprunt international s'il n'y suffit plus. La classe dirigeante achète littéralement sa pérennisation quoiqu'il puisse en coûter à la nation jusqu'à la cachexie. Perpétuer un déficit de 20% des comptes budgétaires est du vampirisme qui devrait être passible du pieu couronné d'aulx.

Mais, à quelque chose malheur est bon, les guichets sociaux sont en passe de tarir, l'épargne placée, menacée de séquestre, devient peu sûre, les perspectives d'amélioration de son sort se ferment (de 24% à 31% de chômage chez les jeunes générations selon la filière scolaire), émigration soutenue des plus vaillants. Mécaniquement le couvercle doit sauter. Sauf à sauver l'essentiel, et c'est l'objet de ce billet, il faut vider l'abcès : que le couvercle saute donc, que la petite union soviétique française se liquéfie, que la Nomenklatura parte pour Coblence et que le peuple parle ! Sauver l'essentiel, de quoi s'agit-il ? des fonctions de gouvernement qui ensemble identifient un Etat.

La parole à la nation...

Saurons-nous vendre à l'immense cohorte des mécontents le découplage des domaines régalien et public ? Pourquoi ? Pour que la démocratie directe, dont on dit tant de bien avant de l'essayer, réorganise partout et librement l'Etat de proximité par le débat ouvert et l'arbitrage aux voix à la manière du cru ; mais après, et seulement après que l'on ait sorti de la dispute générale le domaine régalien qui signe encore la France : savoir, le Trésor public, les forces de l'ordre intérieur, les armées, la Justice haute, la diplomatie. Tout le reste au débat dans nos cent républiques !

Et quoi de mieux pour arracher ce domaine essentiel à la dispute démocratique que de le sanctuariser en le remettant à une monarchie héréditaire ? On élimine, ce faisant, la compétition sauvage pour le pouvoir suprême, c'est-à-dire l'hystérisation partisane des conflits d'intérêts. Nous retrouvons l'autorité naturelle en haut, aisément consentie dès lors qu'elle n'empiète plus sur les libertés publiques d'en bas. Ce pouvoir régalien disposant de l'Etat essentiel, sera relativement économique (c'est prouvé), fort par construction, arbitral par destination, indépendant des lobbies qui débordent rarement du cadre économique et social - lequel cadre ne sera plus de son ressort -, neutre dans ses conseils et soucieux de l'intérêt général dans la hiérarchisation des préférences publiques s'il est sollicité pour un choix. Souhaitons-lui d'éviter la dérive hégémonique d'une étatisation rampante à la manière de Louis XIV qui conduisit ses successeurs à en finir avec le vieux désordre libertaire gaulois. C'est dans ce mouvement de centralisation autocratique que nos ancêtres allaient progressivement subir l'uniformisation obligatoire des mœurs publiques, le casernement des âmes, le lavage de cerveau de la conscription militaire, jusqu'à la dictature actuelle du ministère de la Pensée conforme. Organiser depuis Paris l'étage subalterne à l'identique partout en France serait renouer avec le jacobinisme qui nous a abrutis. C'est dans l'anarchie localement contrôlée que gît notre salut, les pouvoirs se répondant petit à petit à mesure de leur renaissance jusqu'à un état d'équilibre. Chaque région atteindra le sien.

C'est donc aux étages subalternes que se passeront les choses intéressantes. L'anarchie convoque obligatoirement la participation de tous. Et c'est bien ainsi que fonctionnaient nos paroisses d'antan. Contrairement au roman républicain, on votait assez souvent en province sous l'Ancien régime, sur de nombreux sujets d'intérêt immédiat. En ville, nul édile ne se serait risqué à décréter de son propre chef quoique ce soit modifiant la coutume, des hordes de notaires y veillaient. Il est des relations très distrayantes du maquignonnage démocratique dans l'élection des milices par exemple, ou de négociations byzantines entre la ville et le château sur la propriété des chemins de ronde, le crénelage des tours, des disputes épiques avec le subdélégué local pour les ponts et chemins. Demain, de nombreuses assemblées locales (municipales, cantonales, départementales) ou régionales organiseront l'espace au niveau de compétence retenu pour chacune, ainsi que se tisseront les solidarités élémentaires des classes, familles et métiers.

Le Gaulois d'antan est devenu entre-temps ingénieur. Faisons-lui confiance. Il reconstruira son environnement économique et social, et il ne lui faudra pas longtemps pour apprécier la protection offerte par le détenteur de l'Etat essentiel qui l'aura libéré de La Politique comme souci. Quand on sait le nombre incalculable d'associations en tout genre qui prospèrent en France, on n'a aucune crainte à avoir pour que la nation entre en débat aux niveaux pertinents et aboutisse. Il est impossible ici d'en décrire les mille cheminements.

Reste une question qui préoccupe le politicien de métier : comment la nation sera-t-elle représentée à la fin de la révolution, pour savoir en fait s'il sauvera la prébende. Pour ne pas alourdir le sujet, nous laisserons à un prochain billet le plaisir de convoquer l'assemblée nationale qui votera l'impôt nécessaire au fonctionnement du domaine régalien.

Vers une restauration...

Au bout du compte, nous assisterons à la naissance de la pyramide maurrassienne : l'autorité en haut, les libertés en bas, que le Martégal comprimait dans un slogan : l'anarchie plus Un ! C'est là toute la force du pacte autorité/libertés : la revitalisation des territoires, la liberté de créer, d'entreprendre, de vivre comme on l'entend foisonneront à l'ombre tutélaire d'une monarchie essentielle, distante et sûre, cantonnée dans un domaine régalien précis dont elle ne débordera pas, apte à nous protéger, apte à gérer en toute expertise notre environnement géopolitique.

Quant à la monarchie elle-même, allons au plus facile et prenons pour roi qui voudra bien mettre ses titres en jeu, qui voudra bien sortir de la rente perpétuelle d'espérances fuyantes, qui voudra bien entrer dans un statut nouveau pour lui et sa famille, statut exigeant, quasi-sacrificiel au sens où le décrivait Gabriel Privat dans ce journal : « le souverain est le seul véritable prisonnier de France, prisonnier du service de l'Etat, garant obligatoire de l'unité nationale, ainsi que toute sa famille. Il est la seule victime nécessaire au maintien de l'institution, c'est une sorte de sacrifié. » (cf. LLL n°65, p.18-19)

Au seul péril de réussir, nous devrons suspendre pour le temps de l'instauration les effets des lois de dévolution de la couronne au motif que le mort saisit le vif en France et que le dernier roi n'avait saisi que le vide ; lois fondamentales qui finirent par stériliser le modèle jusqu'à son évaporation. Messieurs, revenons à Senlis avec une seule question à poser aux impétrants : Qui veut se battre ?




Ndlr : « L'Insurrection qui vient » est le titre d'un brûlot anarchiste publié en 2007 aux Editions de La Fabrique et qui attira l'attention du public à l'occasion de l'affaire de Tarnac. Après cela il fut diffusé en espagnol, anglais et allemand partout en Europe.


lundi 2 mai 2016

Colloque en mai



« A l'heure où toute la classe politique et journalistique, de Zemmour à Mélenchon, fait le constat de la faillite du régime et quand les sondages se succèdent pour appeler au pouvoir un homme fort et un arbitre au-dessus des partis, on pourrait croire que la réforme de nos institutions et l’interrogation sur l’incarnation du pouvoir en la personne du Roi ont le vent en poupe et qu'un boulevard s'ouvre vers Reims. Pourtant, il n’en est rien et l'idée de recourir à l’alternative monarchique pour régler nos problèmes semble totalement absente dans les arcanes du pouvoir.
« Il nous apparaît important, avant la course au pouvoir de 2017, d’ouvrir des perspectives pour une politique durable. Que nous dit l’abstention record aux différentes élections sur le jeu des partis ? Pourquoi la question du régime de la VIème République à la Monarchie se pose aujourd’hui de manière cruciale ? Quel régime est le plus adapté à promouvoir et à défendre l’intérêt national ? Comment peut-on constater le désastre de cette république sans se poser la question du régime ? Comment, en 2016, ne pas être royaliste ?
« Notre force est d'avoir raison » disait le grand penseur de l’Action française, et nous souhaitons ouvrir le débat, confronter nos points de vue avec des adversaires que nous considérons comme des "républicains intelligents". Républicains versus royalistes, rassemblés autour d’un même amour de la France car c’est le Bien Commun qui doit triompher.
« Notre colloque – qui alternera discours, tables rondes, entretiens et débats – se veut ouvert à tous les courants de l’échiquier politique dans la mesure où ils acceptent le débat courtois et intelligent. Ce colloque pourra être suivi dans toute la France en streaming.»

« Dans un premier temps, nous établirons les constats et l’analyse des causes de la crise du système actuel. L'Homme révolté de 1789 a-t-il accouché d’un Homme libre ? La crise anthropologique est-elle irrémédiable ? Peut-on vivre la "fraternité" dans une société qui a tué le(s) père(s) ?
« Puis nous tenterons de définir les fameuses "valeurs républicaines" si souvent invoquées mais jamais expliquées. La République a-t-elle trahi les espoirs la Révolution française ? Devons-nous sauver la République ou la France ? Que reste-t-il des "droits de l’Homme" et de la devise républicaine ?
« Enfin, nous imaginerons comment restaurer la France. Le changement de régime est-il possible ? Est-il souhaitable ? Le réenchantement de la politique peut-il passer par le retour du Roi ? Un Roi pour quelle monarchie ? Finalement, la monarchie n’est-elle pas la meilleure des républiques ?
« Nos échanges se feront en dehors de toute préoccupation politicienne : nous souhaitons traiter du régime de la France non en fonction des idéologies, des modes ou des préjugés, mais au regard du seul critère de l’intérêt national, dans un double souci de paix et de justice sociale.» (mise en bouche du CRAF).

Samedi 7 mai à 14h au Forum de Grenelle
5, rue de la Croix-Nivert Paris XV°, M° Cambronne
Colloque d'Action française avec des acteurs de terrain et des pointures comme sur le trombinoscope :


...mais on pourra parler aussi avec Jean-Philippe Chauvin, Marion Sigaut, Pierre de Meuse, Reynald Secher, Pierre Muller, Benoît Dakin, Vincent Coussedière, Roland Hureaux, Geoffroy Lejeune, Dominique Jamet, Antoine de Crémiers, François Marcilhac...

Renseignements et inscriptions en s'adressant à :
contact@actionfrancaise.net et sur www.jesuisroyaliste.fr

La manifestation est clôturée par un banquet royaliste à 20 heures (option).
Le lendemain, c'est La Jeanne 2016 à 10H à l'Opéra.

Tarifs standard :
- Colloque simple : 10€
- Colloque + banquet : 30€





lundi 25 avril 2016

Quand les Français s'éveillent


Back home ! Beaucoup de roues, de tours de roue, rassembler et déconstruire les souvenirs de quatre générations, de cimetière en cimetière, revenir des Enfers, relire les Nourritures Terrestres à l'étape, loin encore des effluves médiatiques de la gangrène gazeuse du microcosme parisien. Surprise en posant le pied : ça pue toujours autant : Gayet nous coûte quatre cent mille euros sur le dos, Prince a pris froid sur l'overdose, Macron hait le Gros, Rama Yade... Plus sérieusement, les radios déversent les prémices de l'émeute mentale : les Français en ont soupé du gabarit présidentiel qu'on leur force à choisir depuis des lustres.

Jean-Gilles Malliarakis le dit si bien dans L'Insolent : « En réalité, c'est le présidentialisme qui ne fonctionne plus. L'idée bonapartiste par excellence, formulée par le futur Napoléon III quand il dit : "il est dans la nature de la démocratie de s'incarner en un homme", cette idée-là ne trouve plus son débouché. Il est vrai que le dégoût des Français porte sur la classe politique dans son ensemble plus encore que sur les institutions. Ils en ont assez, nous en avons tous plus qu'assez, de cette petite catégorie sociale qui semble avant tout cynique et préoccupée avant tout de ses prébendes et prérogatives, pourtant se rengorge des soi-disant valeurs jamais définies.»

Nous ne voulons plus que des gens que nous méprisons parlent en notre nom. Terminé les nomenklatouristes habiles à extraire les voix d'un corps électoral que par ailleurs on abrutit. Hollande, Sarkozy, Juppé, politicards usés, aux Hespérides ! Les "Français" veulent un homme dans la force de l'âge (la cinquantaine), ayant réussi dans les affaires et parlant anglais aussi bien que tous ses interlocuteurs dans le monde. Evidemment c'est terrible pour l'énarchie qui fait sous elle une diarrhée d'incompétence, comme pour les zébulons qui compensent une profession ratée en "parvenant" au pouvoir par tous moyens possibles et même légaux. Exit le régime diététique préélectoral, le contrat Email Diamant, la mesquinerie ordinaire du parvenu sans autre talent que l'esbroufe, la corruption du copinage de promo, le comportement de peigne-culs en représentation à l'étranger, le carrousel des putains de luxe. Les Français veulent... un "anglo-saxon" honnête, moral, digne et de son temps, capable de s'insérer dans le monde réel international en y pesant de tout son poids. Quel séisme !

Le Latin triste tel qu'on nous dépeint à l'étranger, en aurait sa claque de l'accent, des députés pizzaïoli, bouillabaisse et cassoulet, des nains montés en graine, des "serpents sans venin, créateurs du fadisme" (dixit Michel Onfray). Ils voudraient bien goûter au sérieux de la sobriété scandinave avec la compétence professionnelle et le sens de l'Etat. Le retour aux origines ? Aux Francs (pas la monnaie, cher lecteur) ! Aux Francs par la régermanisation de notre âme ancestrale épuisée de calembredaines, tambours et fifrelins désaccordés, tout ce battelage grotesque réputé démocratique pour tenir la route. Dehors les "connards" ! (c'est du Villepin) On veut du sérieux en haut et la liberté en bas, toute la liberté.
Comme dans les monarchies du Nord ? C'est un peu tôt.

Ras le bol des déficits impossibles à maîtriser, ras le bol de la protection sociale du secteur public et celle de la classe aisée avec dépassements, ras le bol des privilèges honteux des fat cats syndiqués sans risques, ras le bol des fonctionnaires à millions rongés par le syndrome de leur utilité. Quitte à payer cher, (1) payons tous et (2) pour quelque chose d'équitable. Malgré son État soviétisé et la ringardise de ses élites politiques, notre pays a des atouts en dehors d'elles. Alors que faire ? Réformer ? En dehors de tous ceux-là !

N'en déplaise à Edmund Burke, au plan institutionnel, tabula rasa ! Que faire de tous nos élus retranchés dans des prébendes inexpugnables, de nos élites auto-proclamées qui sont à l'Etat ce que la moule est au bouchot, de nos agents surnuméraires qu'il faut nourrir jusqu'à la mort, de nos profiteurs en tous genres et races qui plombent les comptes publics... On ne réparera pas une "société économiquement irréparable" car tous les corps sociaux protégés, toutes les classes privilégiées exigeront des compensations à leur rationalisation sous peine de tout casser, puisqu'on a toujours fait droit à leurs revendications, les laissant entrer partout. Alors je vous laisse deviner...

... forcément, ce sera moche.

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lundi 11 avril 2016

La porte du paradis ? next door !

Ce billet n'est pas un parangon de vertu et n'appelle pas au patriotisme comme il conviendrait. Mais notre petite Union soviétique qui a réussi (dixit Váçlav Havel) impose un taux de prélèvement obligatoire moyen de 71% des revenus (calcul du coin fiscalo-social), et comme ça ne lui suffit pas, emprunte à l'étranger. Comparée à celle de l'Allemagne, notre situation est indéfendable (clic). On ne peut évacuer ce pillage de la question de l'évasion fiscale, même si des pays prélevant moins en souffrent aussi. On ne voit nulle part le parti de la hache qui nous sauverait, les effectifs surnuméraires en cause de la fonction publique et parapublique étant importants et assidus aux urnes.

Grand émoi chez les ligues morales à la publication des noms des évadés fiscaux par L'Internationale du Trou de Serrure : des mecs futés garent leur blé à l'insu de leur plein gré sous les tropiques. C'est l'affaire des Panama Papers (clic). Première et dernière question : pourquoi sous les tropiques et pas à Ushuaïa ? Je pouffe : malgré son nom, le monokini est impossible en Terre de Feu. Cherche pas plus loin la cerise au fond du Martini Dry. Une piscine à Ushuaïa et quoi encore.
Finalement, c'est la presse d'investigation qui a sorti le scoop, les services fiscaux des Etats volés s'avérant particulièrement inaptes à combattre l'évasion fiscale s'ils en comprennent déjà la mécanique. Non ! Pas la mécanique d'avant-hier, celle de demain matin. Parce qu'il faut être suffisant comme un ministre des Finances français pour croire en la victoire finale dans le domaine de l'ingénierie financière avec des mecs payés au mois. Quand les besogneux de Bercy sur Seine auront terminé l'étude des voies et moyens de s'évader de l'enfer fiscal français, les gnomes des officines qui bossent 12 heures par jour avec des QI d'autistes auront, eux, remonté une mécanique nouvelle de sauvetage des peines et soins surtaxés, peut-être même sans argent en circulation ou sans argent du tout !

Le monde des Etats est le monde visible. Celui des génies est plus grand. Or ce sont les génies qui sont convoqués à l'évasion des enfers. Chacun a entendu parler du Deep Web, l'internet invisible des robots. Cette Toile opaque ferait, pense-t-on, 95% de toutes les ressources en ligne et il est faux de croire qu'elle ne serait qu'un nid de pédophiles. Il y a des raisons purement techniques qui repoussent l'intérêt des robots (sites à clés, métablocage de sites, sites ultra-lourds) et des raisons professionnelles où le secret est primordial. On a la même chose dans la finance internationale.

Selon « le Conseil de stabilité financière, le Shadow Banking (système bancaire parallèle), qui sert notamment de support à l’évasion fiscale, a globalement triplé dans le monde en une dizaine d’années et a été évalué à 67000 milliards de dollars en 2011 et probablement 74000 milliards en 2013. Il y circule aujourd’hui la moitié des actifs qui passent par le système bancaire traditionnel. C'est à dire que toutes les grandes banques dans le monde (environ 4000) sont concernées » (source Gilles Bridier in Slate).

Ce n'est pas demain la veille de la Tranparence internationale pour tous. La seule chose qui va changer après le nouveau scandale de Panama sont les conditions d'accès aux officines d'ingénierie financière. Inutile de soulever le heurtoir si vous êtes inconnu au bataillon et même, non parrainé. On va se méfier des testeurs et des affairistes aux nerfs fragiles. Pour sortir des griffes socialistes le blé gagné à la sueur de votre front, il faudra investir en séjours à Nassau (champagne, piscine) et à Gstaad (cognac, jacuzzi) et vous y faire des relations sûres avant de prendre le train pour les tropiques. Si vous êtes de condition relativement modeste, vous réinvestirez l'argent de la schnouff dans un bar à p... de Phuket. On parle déjà français (avec un inimitable accent de la Zone) dans bien des établissements ouverts aux touristes. Certains se procurent la convention fiscale franco-thaïlandaise, d'autres passent voir le commissariat de police en demandant où donner au temple.

Si beaucoup de contribuables estiment trop payer d'impôts, une première mesure permettrait de diminuer cet effectif : réduire la pression fiscale en réduisant les dépenses publiques. On peut rêver pour un pays devenu moyen comme la France donc incapable de déporter des charges sur d'autres, et qui semble avoir complètement assimilé sa soviétisation. Les manifestations d'assistés consentants, place de La République, laissent peu d'espoir au surgissement de guerriers capables de vaincre notre déclin. Reste à partir.

Bien des familles aisées ont fait ce choix, qui sont libres de revenir en France un ou deux mois par an pour visiter la parentèle et profiter de paysages exceptionnels et des atouts typiquement français. Mais leur carrière ou leurs affaires sont ailleurs, leurs enfants sont élevés ailleurs, leurs assurances sont prises ailleurs. J'en connais de plus en plus et au-delà de ma famille. Là, Bercy ne peut plus rien. La plus-value et les bénéfices ont disparu du Rôle de l'administration. La tendance à l'émigration est lourde¹. La porte du Paradis est à Roissy Charles-De-Gaulle.


(1) Selon Contrepoints (15.09.2014) : 1/3 des milliardaires français sont partis (clic)
Selon The Millionaire Migration Report for 2015 (©New World Wealth, mars 2016): dix mille millionnaires français se sont évadés en 2015 (clac).


Il y a encore du choix !

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lundi 4 avril 2016

Born 1949, still going strong !

5-4-3-2-1-fire ! and forget..... boum !
Anniversaire de l'Organisation du Traité de l'Atlantique nord : 4 avril 1949. Pour bien des éditocrates, 67 ans serait l'âge d'une retraite bien méritée, l'Alliance ayant fait son temps, du moins dans ses fonctions dissuasive et offensive. On pourrait conserver l'assemblée sous la forme d'un club océanique occidental pour faire des régates, ou pas. Mais les PECO ne sont pas d'accord. Les pays d'Europe orientale et centrale, heureusement coupés de l'empire russe par la liquéfaction de l'Union soviétique, n'entendent négocier aucune alternative au SHAPE¹ pour leur défense, et surtout pas un gloubi-boulga militaire franco-européen. Ils ont déjà donné ! Munich est dans toutes les mémoires de l'Est.

Pour remplacer l'OTAN, pourquoi feraient-ils confiance à M. Hollande ou à M. Sarkozy plus que nous ne le faisons nous-mêmes, c'est-à-dire pas du tout. Nous sommes partout en remorque de l'Alliance, nous l'étions même avant la réintégration. En Afrique, nous avons sauvé Bamako et Tombouctou sur les soutes américaines. En Syrie, le couple infernal Fabius-Hollande fut privé de bombardements par le retrait anglo-saxon, retrait motivé par le risque d'extermination des communautés non sunnites² par les bandes islamistes débarrassées d'une contre-attaque de Damas (source Gérard Chaliand).

A y regarder de plus près, il n'y a pas de solution de rechange, aucun pays européen ne pouvant se défendre seul, et aucun ne nous faisant confiance dans le domaine d'une défense européenne, sauf à jouer aux gendarmes et aux voleurs en ex-Yougoslavie ou à Chypre demain. Résignons-nous à notre taille réelle et optimisons nos dépendances, ce qui sera plus efficace que les déclamations de préaux sur la France seule et notre indépendance retrouvée ; c'est un leurre électoral.

Plutôt que d'entraver nos défenses, l'OTAN a ceci de particulier que l'amalgame produit en opérations dans le creuset allié est plus puissant que la somme des capacités mises en commun. Ceci tient aux procédures éprouvées de veille et de combat, à l'environnement logistique puissant et à la modernisation continue des vecteurs d'armes, même en période de basses eaux budgétaires. La dissolution la plus probable, si elle échet, pourrait venir d'un nouveau pouvoir isolationniste américain lassé de payer pour défendre nos retraites par répartition et notre assurance maladie. On songe à une victoire de Donald Trump à la prochaine élection présidentielle. Il a déjà prévenu que nous étions trop chers !




Dissoudrait-on l'OTAN que les pays baltes seraient croqués dans la journée et la Pologne menacée de vitrification jusqu'à sa déclaration de neutralité (ça s'appelle autrement comme "de bon voisinage"); et les brigades blindées russes entreraient à Kiev juste après la préparation d'artillerie, façon Grozny. Les motifs en seraient toujours les mêmes qu'à l'époque de la capture de la Silésie germanophone : protéger les populations russophones écrasées d'avanies par les autochtones. On voit déjà se coucher des rangs entiers de politiciens français comme passés par les armes de la propagande russe. On pourrait citer des noms qui nous feraient mal d'entendre.


Le SHAPE dissous, il faudrait bien alors réarmer comme en 1939 et taper dans les crédits sociaux, le pays n'ayant plus le rond. Combien de temps les PECO tiendraient-ils seuls avant de passer des accords d'estime réciproque avec le Kremlin ? Dix jours. La frontière slave de l'Allemagne deviendrait notre frontière orientale et rien ne dit qu'elle se défendrait beaucoup si la Russie ouvrait la porte en grand aux investisseurs teutons. Les miquets, nuls aux échecs, que nous portons chaque fois au pavois connaîtraient alors les affres de la dissuasion nucléaire effective. Je n'ose pas même y penser !

Arrêtons de bomber le torse dans les salons stratégiques. Jusqu'ici nous faisons illusion, c'est notre meilleur atout. Tant que nous combattons des ennemis sans avions, sans navires, ni artillerie à longue portée, on fait les fiers. Mais nous glandons au Sahel-Sahara sans résultats probants ; et nos campagnes à moyenne portée donnent des résultats très modestes : la dernière sortie du Charles-De-Gaulle (125 jours de mer pour un groupe aéronaval³ de 7 navires et Awacs) a permis de frapper Da'ech cent deux fois. C'est moins que pas beaucoup, eu égard au potentiel engagé (100 coups par jour) (source Le Fauteuil de Colbert).


Manœuvre navale OTAN

Pour couper la doxa souverainiste à angle droit, je soutiens depuis longtemps notre participation active au SHAPE pour la seule raison que la nation a besoin d'être défendue en vrai, dans le concret et pas sur la caisse à sable, car le risque de guerre n'est pas éteint, et que le seul système efficace à disposition est l'alliance atlantique intégrée. Cet outil est performant, entraîné, mis à jour continûment, il oblige à s'améliorer en permanence, et cerise sur le gâteau, il fait peur à nos adversaires qui ne cessent de le dénoncer. Ça me suffit.


(1) SHAPE : Grand Quartier général des Puissances alliées en Europe.
(2) Essentiellement, les Chrétiens de toutes obédiences, les Druzes et les Alaouites plus quelques petites communautés hérétiques.
(3) Porte-avions, frégates, sous-marin atomique, ravitailleur et avion Atlantique2 pour l'acquisition de cibles.

Postscriptum : Royal-Artillerie a publié plusieurs billets sur l'OTAN, accessibles par le nuage de libellés proposé en bas de page. La montre est un chronomètre canadien de planche de bord Marathon Monte-Carlo ST194004 ; compter 4000$ca quand même !

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lundi 28 mars 2016

Où l'on reparle des frontières...

La série d'attentats islamistes en Europe occidentale renforce le parti du combat de tranchée. Quoi de plus naturel pour attraper les Freux d'Allah que de remettre partout les barrières douanières laissant ensuite à chaque pays la responsabilité de la chasse sur son territoire. C'est tellement évident que pointe au fond du cortex reptilien du Néanderthal Nouveau le doute métaphysique : Et si c'était trop simple ? Une fois les frontières blindées et le Mur de l'Atlantique relevé - comment, par qui et à quel prix? - nous nous sentirons à nouveau chez nous. Sauf que...



On apprenait jadis au collège que le territoire métropolitain faisait 550.000 km², soit mille kilomètres en hauteur, de Dunkerque à Tamanra au Perthus et autant de Brest à Strasbourg. Ce grand pays est troué partout de nids à rats* où s'avère gésir la menace la plus menaçante, auquel cas il ne faudra pas attendre longtemps pour que le principe de l'infranchissable relève aussi les octrois des villes et barrent les routes de postes de gendarmerie cantonale, et ailleurs de portiques capables de faire un fond d'œil des conducteurs à transmettre en temps réel au commandement central de la Vallstasi, enfoui dans les carrières de gypse de Taverny (Val d'Oise). C'est une amélioration sensible du dispositif de coercition que connut la France occupée par nos cousins germains.

(*) M. le Ministre de la Ville en compte une centaine en métropole.


Des voix s'élèvent du camp de la frilosité pacifiste pour annoncer un coût économique sensible pour la France et ses voisins et au-delà. Ce qui tombe mal pour un Etat en faillite incapable d'impulser aucune amélioration mais ayant tout fait pour gélifier l'emploi chez nous quand il croît partout ailleurs. Se sont penchés sur le problème le Commissariat français à la stratégie, mieux connu à l'enseigne de France Stratégie, et la Fondation allemande Bertelsmann qu'on ne présente plus.

France Stratégie chiffre à dix milliards d'euros par an (source FS) l'abandon du dispositif Schengen. La généralisation des contrôles permanents serait équivalente à une taxe de 3% sur le commerce entre les pays de la zone Schengen, qui diminuerait structurellement de 10 à 20%.
La Fondation Bertelsmann (épaulée par l'Institut Prognos) voit grand. Son travail couvre 42 pays qui représentent 90% du commerce mondial. On y apprend que le rétablissement des contrôles au sein de l'espace de libre circulation Schengen entraînerait dans l'Union européenne un surcoût des échanges commerciaux situé entre 470 et 1400 milliards d'euros en dix ans selon l'hypothèse dérivée (Source FB). La France en serait pour 80-244 Mds€ et l'Allemagne pour 77-237 Mds€ selon l'hypothèse dérivée. Mais c'est la Grande Bretagne qui douillerait le plus avec une fourchette de 87-264 Mds€ sans prendre en compte le Brexit. Tous les autres pays seraient touchés jusqu'aux Etats-Unis et en Chine.

On savait l'Union européenne première zone économique mondiale mais sans doute pas à ce point ! Le Big Bizness va-t-il laisser faire ? Inutile d'envisager une quelconque opposition musclée des miquets que nous nous sommes choisi comme gouvernants. Les "gros cigares" ne se laisseront pas impressionner par qui vous savez, sauf à laisser les démagogues s'agiter dans les lucarnes bleues, la main sur le cœur et le menton haut. Alors quoi ?


La menace est l'espèce humaine, pas les bocaux de Nutella

La libre circulation des marchandises doit être maintenue le plus possible afin de préserver nos atouts : import-export, investissements industriels et logistiques, agriculture commerciale sont les atouts européens. Notre compétitivité internationale n'est pas un slogan, elle induit l'emploi et par ricochet le financement de nos modèles sociaux ; elle est donc primordiale pour tous ceux qui n'émargent pas au payroll public. Dans le mensuel NPI, Nathaly Stey nous précise que les contrôles aux frontières intérieures de l'UE, en diminuant la fiabilité des délais de livraison, mettrait à mal les schémas de production décentralisée faisant appel à des produits semi-manufacturés en provenance de plusieurs pays européens. A terme, une telle évolution aurait des conséquences sur l'accueil d'investissements sur le territoire européen. L'abandon de Schengen aurait surtout un effet très lourd sur les travailleurs frontaliers (source NPI).

La logique voudrait donc que l'on sépare les flux - le fer d'un côté, le steak de l'autre - et que l'on privilégie pour y atteindre le fret massifié et le report modal. C'est bien la route ouverte à tout le monde qui crée le problème "Schengen". Deux vecteurs hors-route sont convoqués à cette spécialisation, la voie d'eau et la voie ferrée. Par chance elles participent à l'équation environnementale. Favoriser le report modal consiste à mettre côte-à-côte le navire de haute mer, la barge fluviale et le train-bloc au détriment du camionnage qui atomise le transport et suscite les contrôles (comme à Calais). L'Europe occidentale a tout le savoir-faire nécessaire pour améliorer son report modal et elle peut investir dans la séparation des flux routiers en approche des frontières si on en reste au schéma de frontières intérieures blindées. Les passagers seront, eux, bombardés de rayons dans les gares, aérogares, et postes douaniers jusqu'à la généralisation de la biométrie partout. Nous vivrons alors une époque formidable de flicage global comme ne pouvaient l'imaginer les polices communistes dans leurs rêves les plus fous. Non ? Alors quoi ?


Passer à l'offensive serait plus économique et moins liberticide

Effectivement, on pourrait moins se défendre et attaquer plus. En commençant par chez nous ! Quand un gouvernement, normalement monté, décidera-t-il de purger les "quartiers" de leur armement ? On sait faire parce que l'histoire nous a montré comment faire. On sait aussi spécialiser la procédure aux populations intéressées. Expliquer cela dans ce blogue contreviendrait aux lois, mais...

Priorité au renseignement : le renseignement offensif doit être ciblé par économie des moyens et commandé par des gens intelligents et non par des courtisans. Les résultats doivent être traités à part selon des procédures légales adaptées, supervisées par des parquets spécialisés. Ces résultats doivent être mis hors d'état de nuire et leur environnement neutralisé pour de bon tout en préservant les ratières utiles. Autant dire que le cadre légal pourrait mieux faire. Mais ceci serait un chapitre supplémentaire qui nous départirait de notre sérénité proverbiale.


En conclusion, pour mettre efficacement nos concitoyens en sûreté, nous avons le choix entre le flicage global qui a la faveur des esprits simples et l'attaque frontale de la menace. Pourrons-nous attendre treize mois ? Peut-être !

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lundi 21 mars 2016

Ces Algériens qui nous aimaient

Jeune royaliste, j'ai eu le privilège de serrer la main du Bachagha Boualem aux Baux de Provence, et en ces temps d'outrances médiatiques poussant à commémorer l'infâme, je fais mon billet hebdomadaire sur ces Algériens de souche qui étaient fiers d'être Français malgré le désastre de juin 40 et la liquéfaction de l'empire intenable. Mais ils avaient confiance en nous puisque l'Algérie n'était pas une colonie quelconque mais une province française constituée de trois départements maritimes et des Territoires du Sud, le Sahara.
Se laissèrent-ils abuser ? Sans doute par une foi aveugle en la République, un manque de perspective, associé à la trahison inattendue du plus grand général qu'ils avaient jamais vu en Algérie - Charles De Gaulle mesurait deux mètres.

C'est à Saint-Hippolyte du Fort en Cévennes que le jeune Saïd sortit à 13 ans du circuit scolaire commun pour entrer à l'Ecole des enfants de troupe. Appartenant à l'infanterie, comme celle de Montreuil-sur-Mer où il finira ce cycle en 1924, Saïd s'engagera au 1er Tirailleurs caserné à Blida. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le 1er RTA intégrera la 3è Division d'Infanterie Algérienne du général Juin qui se couvrira de gloire en Italie aux combats du Garigliano. Cette manœuvre osée à travers les escarpements infranchissables des Appenins fit sauter le verrou de Monte Cassino en le contournant par le Nord. Saïd Boualem survivra aux engagements meurtriers des tirailleurs dans les Vosges. Il quittera l'armée après vingt ans et plus de service actif, monté du rang jusqu'au grade de capitaine.

Le reste de son histoire et pendant les évènements d'Algérie est relaté sur cet excellent site : Le Bachagha Boualem. Il administrera un douar de montagne de 33000 hectares dans l'Ouarsenis, n'acceptera jamais la politique algérienne des gaullistes qui dissoudront en 1960 son Front Algérie Française, fort d'un million d'Algériens pro-français à contre-courant du sens de l'histoire. Après avoir perdu son frère, un fils et son beau-frère, assassinés tous les trois, il entrera en France métropolitaine le 18 mai 1962 au sein de la grande vague des rapatriés, avec quelques-uns de ses harkis qu'on lui permit d'emmener, quelques-uns qui ne subirent pas les tueries de Lamartine relatées ici (âmes sensibles s'abstenir). Merci M. Hollande d'avoir pensé à eux !



Ayant fait mon service militaire en compagnie d'anciens du 7è RTA, j'ai eu le temps d'écouter les récits de campagne de ces unités algériennes qui étaient considérées comme la crème de l'armée régulière, les tirailleurs manœuvraient en cravate et ne roulaient pas en marchant comme les parachutistes. Le 7 comme les autres avait dérivé une harka. Ma section disciplinaire était souvent affublée de ce nom, craché comme une insulte, mais on ne commande pas à des taulards comme à des gars de bonne famille. Sur le sort des supplétifs indigènes je n'ai jamais rien entendu dire parmi mes camarades, ce qui me fit comprendre plus tard le niveau d'horreur atteint par la vengeance des nouveaux maîtres. On sut bien après l'indépendance que beaucoup avaient été bouillis vivants. On sut aussi que toute leur famille et leurs descendants furent proscrits. On comprit mais un peu tard que ces damnés, barrés de tout emploi, avaient pris le maquis pour le compte du GIA et se vengeaient à leur tour. La clique au pouvoir à Alger ne sut jamais gouverner intelligemment, ça continue, la lecture des journaux algériens en ligne comme ChoufChouf ou Liberté (mais il y en a d'autres) révèle que des émeutes éclatent ci et là chaque semaine.

Et dans ces circonstances d'incurie d'un bord à l'autre de la Mer Méditerranée, M. le Président éphémère de la République française va faire une télé en extérieur pour meubler l'ennui de sa gouvernance un 19 mars, jour anniversaire des Accords d'Evian ! On n'avait pas fait pire, mais le plan "communication" de M. Gantzer exigeait sans doute l'ostention de Saint Flanby devant la foule officielle des otaries socialistes dans une semaine creuse. Connards !


Le 1er Tirailleurs a été recréé en 1994 à Epinal grâce à Philippe Séguin. C'est un régiment d’infanterie blindé appartenant à la 1re Brigade mécanisée de Châlons-sur-Marne. En attendant le conflit de haute intensité auquel il est préparé dans une guerre continentale, il est engagé en opération extérieure depuis 2002, partout, de l'Afghanistan à la Côte d'Ivoire. Son insigne de béret est le croissant de lune hilal, sa pucelle dit en arabe « Premier toujours premier ». D'où il nous observe, le Bachagha Boualem est heureux de voir perpétuer l'esprit tirailleur* dans une unité française au contact. Il est enterré dans la Crau à Mas-Thibert depuis le 8 février 1982. Il est Grand Officier de la Légion d'Honneur.

 


(*) L’esprit tirailleur constitue le ciment qui unit chefs et tirailleurs, anciens chibanis et jeunes boujadis. Cet «esprit tirailleur» repose sur un ensemble de valeurs qui imprègnent profondément le style de commandement et les liens de camaraderie entre turcos : le respect des coutumes d’autrui (la Caïda), la chance que l’on sait provoquer (la Baraka), la justice (la Chraa), l’esprit guerrier et le courage au combat (le Baroud) et sur tout cela, un soupçon de fatalité (le Mektoub ou l’acceptation de ce qui nous dépasse). Les traditions sont vécues à tous les échelons du régiment, puisque chacune des sept compagnies du régiment (et chacune des sections qui les composent) est jumelée avec un ancien régiment de tirailleurs, dont elle perpétue les traditions et entretient les liens avec les amicales d’anciens tirailleurs qui lui sont rattachées. A son arrivée au régiment, chaque tirailleur passe son baptême au cours duquel un jury évalue ses connaissances en matière d’histoire et de traditions, gage d’appropriation de l’esprit tirailleur jusqu’au niveau individuel.
C’est avec fierté que les tirailleurs perpétuent cet héritage, notamment incarné par sa Nouba, formation musicale portant la tenue traditionnelle des tirailleurs, et de son bélier-mascotte Messaoud. Ces traditions rayonnent chaque année avec un éclat particulier à l’occasion de la fête régimentaire du Garigliano
(source : Blog du 1er RTir).

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