L'Union royaliste Bretagne Vendée militaire diffuse de courtes vidéos de présentation du monarchisme.
La minute en fait trois ; et Royal-Artillerie la propose au passant.
mardi 27 mai 2014
Minute !
lundi 26 mai 2014
Rengainer !
Trois mille cinq cent quatre-vingt sept voix (source AR) se sont portées sur les listes du parti de l'Alliance Royale aux élections européennes 2014.
Il est oiseux, et doublement, de mesurer l'écart avec la fois précédente et de tirer un pourcentage, forcément fait de beaucoup de décimales.
Le pari est perdu. Comme le déclarait en 2007 Yves-Marie Adeline, fondateur de ce parti, les royalistes, que l'on espèrait quand même un peu plus nombreux, n'ont pas validé la démarche de notoriété entreprise. C'est aujourd'hui confirmé.
Ce parti sans moyens - mais pourquoi ? - riche de courage et de militants désintéressés, ne franchit pas le plafond de verre de la notoriété élémentaire. Son programme n'est pas adapté à la rhétorique démocratique et son mode de communication, indigent par manque d'argent. Même dans les provinces les plus travaillées, il ne perce pas.
Néanmoins il ne peut en aucune manière être montré du doigt par les autres chapelles royalistes qui ne remportent elles non plus aucune victoire, même minuscule, depuis soixante ans. Finalement, l'insuccès semble génétique à la Cause.
L'agitation des cadres royalistes les conforte sans doute dans une posture éthique et distinguée, mais la loi du résultat, comme on l'applique aujourd'hui de toute entreprise humaine, les détruirait. Ils se gardent bien que quérir le quitus de leurs militants. Les chapelains meurent sur la miséricorde des stalles. C'est un emploi en sacralité viagère où l'on ne se remet pas en cause, chacun étant l'oint du monseigneur d'obédience.
Cercles et cénacles, sociétés savantes ou de géographie, histoire, langues mortes, ont de tout temps fait le bonheur des longues journées d'hiver à remâcher la gnose d'une physique sociale ancienne. Il n'y faut voir aucun travers, ce n'est que distractions d'une vie lente. Mais c'est moins innocent quand on capte l'intérêt de la jeunesse et, sous l'autorité morale de la chose sue, on l'embrigade à des séances de "réinformation" et des soirées de propagande sur les heures d'études. Sachant le mouvement, s'il bouge, incapable de provoquer aucun assaut des positions retranchées de ses adversaires qui l'ignorent, projeter des lendemains fleurdelisés dans des cerveaux enchantés par l'ancienne chevalerie relève de l'escroquerie mentale. Cette révélation tarit normalement les effectifs dès avant la trentaine, mais la nostalgie d'une jeunesse agitée en recrée après cinquante. Il n'y a rien de très sérieux, bien moins que de jouer au bridge.
Messieurs les chapelains, réunissez-vous entre vous à quelques dates anniversaires ou cosmiques, mais libérez vos "ouailles" qui ont besoin d'acquérir des diplômes dans la compétition mondiale qu'ils affrontent. L'entre-soi a du bon dès qu'il ne sert à rien. Nous avons construit le catalogue de la politique raisonnée depuis l'avènement des Capétiens, avec beaucoup d'enluminures, feuilletons-le sous nos lampes à économie d'énergie pour le délassement et la fierté de nos certitudes. Cessons d'appeler à l'insurrection dans des rues vides !
Les princes ont-ils besoin de chapelles ?
Leur destin est d'abord entre leurs mains. En veulent-ils ?
Faut-il repartir d'une page blanche ?
vendredi 9 mai 2014
Jim Crow, Wazza ?
Ce texte a été publié par le site de La Faute à Rousseau, fin janvier, dans la rubrique La Patte à Catoneo. Il fait suite à un débat radiophonique sur l'esclavage qui avait captivé l'auteur de ce billet d'humeur. Humeur assumée. Il entre en archives Royal-Artillerie la veille du 10 mai pour faire et croire ce que de droit.
J'avais prévu quelque chose pour le 10 mai, journée officielle d'hommage aux victimes de la Traite atlantique, mais passablement agacé par les lices du penser-droit qui cantonnent toute réflexion, j'ai décidé d'en mettre un grande aux négriers tout de suite. Claque ou quenelle ad libitum.
C'est en fait l'audition d'une émission de France Culture, qui pendant une heure, lundi dernier 20 janvier, a laissé parler Eric Mesnard et Catherine Coquery-Vidrovitch au sujet de l'esclavage, qui m'a décidé à l'ouvrir. Ces gens connaissent leur sujet à fond. Ils ont réponse à tout. Ils n'appellent pas à faire pénitence. Ils expliquent¹. Merci, cela devenait rare !
Depuis une quinzaine d'années, l'élite politique et morale de ce beau pays nous somme de nous repentir de la mise en esclavage du peuple noir loin de chez lui, à nous faire croire que nous avons bâti ce que nous possédons sur le Code noir de Colbert. D'autres répondent que le bois d'ébène a été acheté sur les stocks des comptoirs maritimes africains et revendu aux Caraïbes et Louisiane ; et qu'en plus, on occulte à dessein les chaînes de nègres qui remontaient l'Afrique à pied vers les paradis musulmans.
Cela ne me concerne pas.
Je n'ai à me repentir de rien et des millions de Français de souche non plus. La Traite n'est pas notre affaire. En affaires, nous n'étions pas conviés. Nos ancêtres étaient pour la plupart attachés à la glèbe, dans les deux sens du terme, et pas toujours par choix mais pour assurer l'ordinaire. Ils ne profitèrent jamais des plantations du Nouveau Monde, ne buvaient pas de rhum, que du marc de raisin ou au nord, de l'alcool de grain, ni du café mais de la chicorée, ignoraient les bananes et le sucre de canne. Ces gens qui formaient l'assiette de la dîme, de la taille, de la capitation, vivaient à l'horizon de leur bailliage, ou de leur province pour les meilleurs marcheurs, sans grandes économies, cultivant la terre et la morale dans la monotonie des travaux et des jours. Ils s'arrangeaient pour ne rien devoir à la fin quand ils rendaient le "cadeau" de leur vie au Créateur. La famille alors louait des fleurs comme à Chaminadour et un cercueil à fond-charnière pour les enterrer dignement derrière un mauvais cheval qui tirait les affligés vers le pré de l'église.
Coller la honte de la Traite sur tous les Français, sur tous ceux qui ont construit le royaume de France à la sueur de leur front, est une vaste saloperie.
Par contre, on a tous les noms !
Tous les cahiers.
Tous les plans.
Tous les registres.
Les minutes du Greffe.
On sait qui crût et embellit jadis dans le commerce triangulaire.
A Bordeaux et Nantes naquirent des fortunes mondiales. Bridées au XIX° siècle, elles furent réinvesties aux colonies, plus tard dans l'industrie, mais la gloire d'exportation s'afficha sur toutes les belles avenues de nos ports. Certaines familles existent encore. Les descendants se sont peut-être jetés maintenant dans la dénonciation des marchands d'esclaves ou des planteurs pour faire diversion, mais... je vous laisse réfléchir. Nous les gueux, manants et autres tiers, nous sommes innocents de ces crimes. Que la justice passe, ailleurs, à Bordeaux, Nantes, Lorient et j'en oublie ! Qu'on élève des piloris de mémoire en place publique financés sur la taxe foncière, sur lesquels seront gravés les noms des négriers, si ça les amuse. Même pas !
Mme Taubira a peut-être un problème avec les trafiquants nantais, les rois du Dahomey, les planteurs de Guyane, mais aucun problème qui me concerne en Rouergue ou dans mes Cévennes. Solidarité ? N'ayant pas une vocation de pleureuse universelle, je l'encourage respectueusement à retourner à ses racines. Moi, je ne me repens de rien !
Les nôtres ont payé cher déjà la "continuation" des équilibres sociaux au privilège de la Fortune triomphante dans les deux siècles passés, tant dans les guerres que dans les manufactures et les mines au bénéfice de la Banque et de la Forge.
Les négriers ? Ce qu'il en reste ? A la lanterne des ports et comptoirs incriminés. Dieu triera ! Qu'on les y pende l'hiver, ça sentira moins mauvais.
(1) Etre esclave. Afrique-Amériques, XVe-XIXe siècle, Edition La Découverte (2013)
jeudi 1 mai 2014
Vladimir force B
Ce billet, prévu sur La Faute à Rousseau dans la rubrique La Patte à Catoneo, a mis le feu à l'équipe de rédaction du blogue de la Restauration nationale ; il est rejeté¹. Il fait suite à la dernière réunion du G7 consacrée à la crise ukrainienne et cherche à décoder l'état d'esprit occidental à la table de négociations qui est souvent caricaturé par la presse d'opinion, surtout à droite. Il entre en archives Royal-Artillerie.
L'empire de la Force remplace-t-il au Kremlin l'empire de l'intelligence ? L'équation ukrainienne n'est pas soluble dans la géométrie primitive du pouvoir actuel qui n'a pas compris l'énoncé du théorème. Il ne s'agit plus entre les nations du monde de comparer les tonnages des flottes, le blindage des chars, la portée des canons, même s'il est prudent d'en garder l'essentiel ; la force brute d'antan est remisée aux magasins d'accessoires à défilé pour nourrir le rêve des chasseurs de décorations. Ce qui compte et classe les nations les unes par rapport aux autres c'est la richesse économique, l'innovation et les capacités financières. L'acier de Stalingrad est oxydé. C'est ce que leur dit l'ancien cadre du parti communiste allemand Merkel au téléphone chaque jour.
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| Le Csar est-il vraiment à l'heure ? |
Monsieur Poutine appelle à la confrontation de force qui valorisera son mandat et provoque sans relâche son cousin du sud qu'il sent mal affermi, mal allié. Il guette le faux-pas qui lui donnera le prétexte - la bombe du chemin de fer de Moukden - il sent la victoire facile, rapide, criméenne. Le chef des "coalisés" - car le nouveau Csar se croit cerné - est un nègre, élégant certes, prolixe au pupitre, mais de peu d'histoire en bagage et d'un tempérament non violent, finalement un démocrate américain à l'emblème de l'âne, un Carter. Lui Poutine, est dans la trace des empereurs de la Sainte Russie, qui voit l'opportunité d'une revanche à la liquéfaction de l'Union soviétique. Il prendra la pose pour la postérité sous les aigles décroisés. Les "occidentés" ne se battent pas ! Il en est averti par la retraite de Syrie. Les pleutres, les lâches brandissent des menaces virtuelles mais la VI° Flotte n'a pas passé les Détroits. Elle a peur, c'est sûr. Ils n'osent pas toiser la puissance nucléaire russe. La Tchétchénie, la Géorgie leur ont montré ce qu'est une Russie en guerre ! Hélas, Monsieur Poutine n'a rien compris au film, et ses thuriféraires français pas plus !
La force brute est périmée, Barack Obama le sait, Angela Merkel le sait, Xi Jinping le sait, Shinzō Abe va le comprendre, Poutine le saura trop tard (l'opinion des autres est sans importance). Dans notre globalisation, dans notre monde interconnecté en permanence à la vitesse de la lumière, la vie et la bonne santé des nations dépendent de tous les autres. Comme le dit de la Chine Qiu Xiaolong² in Cyber China, "le monde se transforme en un gigantesque réseau de relations où chaque maillon, étroit ou distendu, visible ou invisible, unique ou multiple, ne tient que grâce au tissage serré de l'ensemble". Les exemples sont nombreux. Les hypothèques pourries détenues par Freddie Mac et Fannie Mae aux USA ont mis le feu à la planète. Le tsunami japonais a arrêté les chaînes automobiles européennes. Un krach immobilier d'une mégapole chinoise entraînera immédiatement un bridage du crédit de la BPC qui se répercutera en quelques semaines partout. Alors, quand ça ne marche plus, quand l'espérance s'éteint, quand le futur est plus gris que le présent, les peuples d'aujourd'hui se lèvent, s'organisent et remplacent leur dirigeants, dans le sang s'il le faut. Les régimes les mieux affermis tombent ; et, à l'exception du pouvoir alaouite de Damas, la liste des "tyrans" balayés s'allonge. Le chantage russe est de déchirer le gigantesque réseau qui ne pense pas comme son président et fait mine de le menacer, la Russie dut-elle en périr ! Folie.
Vladimir Poutine est un homme des années cinquante, un brejnévien qui compte ses fusées, un fana du balcon stalinien. Il a d'ailleurs stoppé les négociations de réduction du nombre d'ogives, c'est le signe d'un décalage mental. Il ne veut pas assimiler l'hypothèse que les Occidentaux puissent plier l'économie mondialisée russe à relativement peu de frais, et que, si la "folie" dénoncée par Frank-Walter Steinmeier ne cesse pas, ils vont le faire. A quoi serviront les quarante mille pions de la Sainte Russie disposés en troupes d'occupation du Donbass quand les capitaux russes et étrangers se seront faits la malle ? Avec quel argent se développera une industrie de fabrication incapable de croître seule ? D'où viendront les ingénieurs étrangers indispensables à la modernisation de l'immense fédération perdue dans les classements internationaux si les garanties locales sont annulées parce que le droit international est violé ouvertement et plusieurs fois ? Avec quoi nourrira-t-on in fine les « masses laborieuses et démocratiques » si l'édition des factures de pétrole et de gaz est sévèrement empêchée ? Le stratège s'en moque, l'intendance suivra, comme aurait dit l'Autre ! Mais ce temps est fini. Les peuples ne savent plus souffrir comme avant.
La situation de crise prolongée aura certes un impact sur le commerce mondial des énergies fossiles mais le désastre annoncé en zone russe rémunérera la posture démodée d'un ancien agent du KGB, poussé au faite du pouvoir par un pacte de non-agression et de protection de la coterie sortante, ne l'oublions pas. Enfermé dans le mental d'un dresseur d'ours, le président autiste n'écoute plus que les conseils qui le rassurent dans la victoire annoncée, victoire à portée de rêve.
Entre-temps, l'économie s'effiloche, les coffres se vident, le chômage s'étend et le troisième acte pourrait bien être à terme, après la chute du Csar au pied petit, la transformation de cette économie de rente à l'africaine en une proie du capitalisme mondial ! Quel tombé de rideau pour une pièce créée par... l'acteur Ronald Reagan !
Force B, force Brute, force Bêtise ! Le vrai sport de combat c'est la philosophie (Bourdieu) ; sans doute ne l'enseignait-on pas à l'École de la Forêt³ !
Notes
(1) c'est la bande annonce du dimanche sur la semaine à venir qui a déclenché le tumulte. La voici :
= Jeudi, la patte à Catoneo proposera une critique de Poutine.
Catoneo prendra tous les poutinophiles à rebrousse-poil; et parmi eux, n'en doutons pas, plusieurs lecteurs de ce quotidien, qui ne manqueront probablement pas de lui répondre, et c'est très bien ainsi : le ronronnement douillet d'un politiquement correct à notre façon, une vérité unique et définitive, des certitudes qui nous maintiendraient dans un "entre nous" satisfait, peut-être confortable, mais intellectuellement ravageur, serait la pire des choses dans ces colonnes, où l'on veut réflechir, et affiner les positions par le débat, pourvu qu'il soit positif et courtois. Catoneo dira donc, sans mâcher ses mots, ce qu'il pense de Poutine... et ceux qui auront des objectionss à lui opposer feront crépiter les claviers !...
(2) Qiu Xiaolong est un auteur chinois de polars. Son Hercule Poirot s'appelle Chen Cao. Cyber China est édité par les Ed. Liana Levi, Paris
(3) L'Ecole de la Forêt est le nom donné à l'Académie des Renseignements extérieurs (AVR) comme on disait la Piscine pour jadis le SDEC. Elle est toujours dans un secteur boisé de la banlieue nord de Moscou.
mercredi 9 avril 2014
L'Esprit de l'horizon
Demain matin au Shangri-La Hotel de Paris se tiendra un symposium international sur l'Accord de partenariat transatlantique. Il est précédé ce soir d'un grand raout au Cercle interallié où les protagonistes viendront parler de leurs vacances de ski. L'événement a été annoncé sur LaFauteàRousseau dans la rubrique "La Patte à Catoneo" le 25 février. Il entre en archives Royal-Artillerie.
| [crédit Fine Art America] |
Qui se souviendrait de Hendrick van der Burch sans son tableau Les Joueurs de cartes qui récite déjà la mondialisation¹. On est en 1660. Le chapeau est en castor du Canada, le motif des carreaux de sol est chinois, le pichet en faïence de Delft imite la porcelaine de Canton, le tapis est turc, la carte marine invite à rêver, le jeune serviteur d'importation aux boucles dorées en livrée chamarrée regarde le jeu, surpris. La fillette repose son chien sur un coussin en brocart de soie italienne à l'insu de sa mère qui bluffe. Les fenêtres nous séparent de l'ailleurs qui est partout présent dans la pièce. L'officier regarde cet ailleurs d'où provient la lumière blanche de Hollande, au ras de la mer.
Nous sommes au faîte de la puissance de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Les Provinces-Unies débarrassées de la tutelle espagnole repoussent leur horizon. C'est leur Siècle d'or. Les Hollandais écriront après les Portugais une des plus belles pages d'histoire du commerce international. Les comptoirs ont disparu, l'esprit demeure.
L'horizon de l'ermite est un trait
Pour tous les autres, il bouge. Sauf à croître et embellir sur place dans un immense empire borné de montagnes et de mers comme le fit le Cathay, les nations dominantes bougent l'horizon. Irrépressible syndrome du découvreur, faim des espaces cachés, fantasmes d'immensité, richesses, épices, femmes adorables inconnues, eldorado, c'est la mondialisation annoncée. L'affaire est vieille comme la race humaine. L'homme marche, que voulez-vous.
Nos lecteurs les plus vieux se souviennent de la conquête chinoise franco-anglaise dans leurs livres d'histoire, les autres achèteront des ouvrages sur liseuse pour apprendre ce que fut la mise au joug de l'empire décadent des Grands Tsings par les barbares mécanisés que nous fûmes avant eux. On les battit au canon ; puis nous fîmes ouvrir de force leurs ports au commerce impérial jusqu'à pourrir sciemment leurs moeurs par la commercialisation de l'opium. La ratification d'accords sous la menace fut réunie sous le terme de "traités inégaux" ; et ça continue mais ici : à notre tour, nous sommes un peu les Grands Tsings du jour.
L'Europe proie
Nos empires jadis privaient de lit le soleil, l'Europe a fini de "bouger l'horizon". Elle sédimente sur place, elle vieillit et se dégrade lentement vers ce qui restera à la fin, un grand marché ouvert aux quatre vents. Sera-ce le terrain vague à tout le monde comme on le dit des filles publiques ? Non !
La fille aînée de l'Europe entend capter l'héritage décadent dès à présent pour se nourrir des derniers sucs du pré-cadavre de sa mère et ne rien laisser à ses contempteurs aussi affamés qu'elle. Elle nous force à un traité inégal, mais librement consenti par ceux qui en espèrent des avantages personnels pour eux et leurs familles. On l'appelle Accord de libre-échange transatlantique, ou Transatlantic Trade and Investment Partnership² (TTIP). Des hallucinés chantaient l'Europe de l'Atlantique à l'Oural, les Américains vont réussir l'Atlantique de Hawaï à Brest(-Litovsk) ! Même pas peur !
On parle aussitôt chez nous de boeuf aux hormones, de maïs transgénique, d'obésité et d'abêtissement culturel. A cet égard, on fait mine d'oublier certains combats réactionnaires nés aux Etats-Unis qui foisonnent maintenant sur le vieux continent pour freiner la gangrène gazeuse de nos lois. Bref, les paramètres en analyse sont nombreux. Au-delà des tracts de promotion édités par les services gouvernementaux, il serait utile, avant de continuer à brailler, de toucher du doigt ces réalités promises. Justement ça tombe bien ! On passe maintenant en mode OACI :
The Future of Transatlantic Trade sous-titré (Building an integrated transatlantic marketplace: TTIP and Beyond) est un symposium³ qui se tiendra au Shangri-La Hotel de Paris le 10 avril 2014.
Je traduis la bande-annonce :
"Tandis que la croissance des marchés économiques émergents est en train de ralentir, l'Ouest recherche des accords commerciaux régionaux tels que le TTIP entre l'UE et les Etats-Unis pour stimuler la croissance économique globale. Ce partenariat, s'il est conclu, devrait accroître le PIB global et créer des opportunités pour de nouveaux emplois. Selon le Centre de Recherche en économie politique, un accord transatlantique d'ensemble devrait accroître le PIB de l'Europe de 70 à 120 milliards d'euros et celui des Etats-Unis de 50 à 95 milliards."
Suit la liste des intervenants : Speakers
Puis l'inscription à 1290€ + TVA récupérable, si vous réglez avant le 14 mars, et 1490€ après cette date (les abonnés au Washington Post ont 30% de remise).
Coordonnées :
Dii agency - European Voice - 164 boulevard Haussmann 75008 Paris
Tel : +33 1 43 12 85 55 - Fax : +33 1 40 06 95 26
adresse email : register@europeanvoice.com
D'après les organisateurs, les questions primordiales sont au nombre de quatre :
- Quel impact attendre des élections européennes et américaines de 2014 sur les négociations transatlantiques ?
- Quels sont les obstacles possibles à cet accord ?
- Comment le TTIP affectera-t-il les émergents et le commerce mondial ?
- Quel futur pour le commerce transatlantique si l’accord n’aboutit pas ?
Il ne s'agit rien moins que d'un marché commun intégral
Cette affaire est plus importante que toutes les dérives sociétales (réversibles) et tous les reniements doctrinaux du pouvoir parisien (révocable), sans parler des élections pour de rire dont beaucoup attendent tant et qui ne changeront rien car le Système est construit contre elles.
L'accès aux salles de la négociation officielle du TTIP nous étant toujours barré, à nous et à tous autres, je suis tenté de recommander aux responsables de tout mouvement souverainiste d'envoyer son "reporter" au symposium du Shangri-La pour connaître la vérité au coeur des attentes d'acteurs économiques globaux ; cent cinquante décideurs-clés sont annoncés. Car ce ne sont pas les textes qui priment, même en droit écrit, mais la lecture qu'en font ceux qui les appliqueront. Ne pas se contenter donc du truchement de MM. Chevènement, Védrine, Quatrepoint ou Philippot ; analyser par soi-même et commenter à la source.
On peut aussi assister au pré-programme de la veille 9 avril qui réunira les principaux protagonistes du symposium au Cercle de l'Union interalliée à Paris de 17h30 à 19h00 pour 250€ seulement, sur le thème "What’s going on in Washington ?" ; pour se faire des potes.
Repousser l'horizon ? Appel aux dons.
Notes :
(1) Dix ans plus tard, Pieter De Hooch qui fut son maître et dont la cote est bien supérieure, recomposera toute la scène mais sans la 'mondialisation' dans son Couple jouant aux cartes avec une servante (clic). Pour la petite histoire, le tableau de Van der Burch était au musée de Detroit, ville ayant déclaré sa banqueroute ; il n'y est plus.
(2) Le projet de TTIP de la Commission européenne tel qu'à l'origine est ici (v.2/07/2013).
(3) Le site de l'événement au Shangri-La : Transatlantic Trade.
(1) Dix ans plus tard, Pieter De Hooch qui fut son maître et dont la cote est bien supérieure, recomposera toute la scène mais sans la 'mondialisation' dans son Couple jouant aux cartes avec une servante (clic). Pour la petite histoire, le tableau de Van der Burch était au musée de Detroit, ville ayant déclaré sa banqueroute ; il n'y est plus.
(2) Le projet de TTIP de la Commission européenne tel qu'à l'origine est ici (v.2/07/2013).
(3) Le site de l'événement au Shangri-La : Transatlantic Trade.
PS : certains sont très contre. Ils s'appellent Les moutons enragés (clic).
PPS : une réaction d'ATTAC en voirie devant le Shangri-La :
samedi 29 mars 2014
Libérer les communes d'abord !
Billet paru hier sur La Faute à Rousseau dans la rubrique La Patte à Catoneo (n°8). Archivé !
| Plage de Mancinu à Propriano |
« Propriano a quenellé » le Conseil Constitutionnel, dit-on à la paillote U Mancinu de la plage. Qu'on se souvienne de Madame Bartoli le mois dernier sur FR3-Corse, ânonnant trois mots écrits par son mari empêché pour comptes de campagne, qui fit le buzz sur la toile. C'était à se tordre¹.
Elle est élue maire dès le premier tour avec un score de 69,49% par la grâce d'une participation de 91% de ses concitoyens ! Elue pour deux mois : « En acceptant de conduire la liste qu'aurait dû diriger mon époux, je n'ai qu'une seule ambition : permettre la poursuite d'une politique menée depuis douze ans au service exclusif de l'intérêt général. Les Proprianais ont bien compris qu'en raison des circonstances, j'assumerai un intérim qui n'excédera pas deux mois ».
Le mari-maire, rad-soc tentaculaire - il s'appelle Paul comme le poulpe - président de l'Office des Transports insulaires, président de l'intercommunalité du Sartenais-Valinco, membre du Conseil exécutif de la Corse, ancien conseiller général, inéligible pour un an, emporta la mairie en 2008 sur un score balkanique de 96% ! Même le cimetière en était tout retourné, c'est dire s'il est aimé, et si les juges parisiens sont méchants.
Justement, les Français aiment bien faire la nique au Système qu'ils considèrent intrusif dans leurs affaires municipales, se sachant capables d'y mettre de l'ordre par eux-mêmes en prenant la voie démocratique, sans qu'il soit nécessaire de clouer l'indélicat à la porte de la grange. Les piloris ont été démontés partout, l'urne les remplace.
Il suffit de voir la masse de condamnés remis en selle par le peuple agacé : André Santini (2 ans sous appel) est réélu à Issy-les-Moulineaux ; Patrick Balkany qu'on ne présente plus, est réélu à Levallois-Perret ; Manuel Aeschliman (18 mois avec sursis) est en ballotage favorable à Asnières ; et Eric Woerth, non condamné mais malmené par la Justice et les médias collaborants, est réélu triomphalement à Chantilly (75%). Il y en a bien d'autres, mais l'inventaire des crapules avérées ou désignées n'est pas le but de ce petit billet trop court. C'est de la fronde gauloise qu'il s'agit.
Même si l'on explique que le Midi réélit facilement ses "parrains" pour tout le "bien" qu'ils font autour d'eux et qu'il les enterre sous des tonnes de fleurs comme Lucky Luciano à Naples ou Georges Frêche à Montpellier, on perçoit quand même, du nord au sud, le mauvais esprit d'un peuple amusé à jouer des tours pendables à la puissance publique. Leçon bien apprise par leurs édiles. Combien de fois a-t-on entendu un politicien condamné sortir du tribunal tout faraud annonçant l'appel prochain au corps électoral : "mon seul juge est le peuple !" ; à croire qu'il ne suffit pas d'être intègre, si on a de l'allure et du bagout, on s'en sortira toujours en pays de connaissances. C'est la démocratie après tout.
Envisage-t-on un jour de réformer nos institutions qu'il sera indispensable de conserver nos trente six mille républiques de proximité quand on voudra faire accepter le démembrement du "mille-feuille" territorial, parce que le pays est construit comme ça, fondé sur l'anarchie gauloise de ses origines. C'est un trait de caractère comme le fromage au lait cru ou le gavage des oies.
Aux royalistes, qui d'ailleurs prônent une monarchie catholique et française toujours, on ne saurait trop conseiller de la cantonner au régalien, de ne pas convoquer trop souvent la prélature et de ne pas s'immiscer ni dans les mœurs, ni dans les affaires locales. Laisser vivre la foire d'empoigne des municipalités en accroissant dans la foulée leur autonomie par une sage déréglementation ; en allant même jusqu'aux fueros consulaires s'il y a de la demande. La France c'est, outre le pinard et l'opinel, le café du commerce, le bar-tabac-loto. La démocratie directe locale est le meilleur abcès de fixation du prurit conceptuel qui refait le monde zinc par zinc, tournée après tournée. Le pouvoir serait avisé de favoriser la dispute démocratique locale dans la grande tradition de la pissotière de Clochemerle.
Cela donnera de l'air aux grands projets, aux grandes réformes. Et en plus, cette liberté retrouvée, confisquée par les étatistes, pourrait être échangée contre la pérennisation de l'espace essentiel d'une gouvernance en toiture, indépendante des lobbies et calculs partisans. Nous en avons déjà parlé ici.
Réinventer, creuser, réfléchir, innover. Le projet avancera plus vite en construction neuve qu'en ressassant les plans oubliés d'un modèle ruiné par le temps et la nostalgie. Malgré ses mérites intellectuels, l'empirisme organisateur a peut-être montré ses limites, du moins n'a-t-il produit jusqu'ici rien à vendre sur le marché politique.
Pensons, pour bientôt faire une offre lisible par tous qui coiffera la concurrence ! Soixante-deux ans après la mort de Charles Maurras, il serait temps d'y réussir.
(1) la vidéo de FR3-Corse en prime (5 minutes) :
vendredi 21 mars 2014
Staatssicherheit Ersatz
Ce billet a-normal était destiné au Crapouillot mais on me dit dans l'oreillette que ce canard de combat a de longtemps fondu les plombs et que je devrais demander une mise à jour des lobes temporaux. Il entre donc frais et moulu en archives Royal-Artillerie dans la catégorie des astrakans.
| - la vie passionnante des autres - |
On n'imagine pas les successeurs du grand florentin s'en priver, pas même le Petit Reître qui balance avec quelque talent son pamphlet dans Le Figaro de ce matin, dont la meilleure critique au moment est celle inattendue de Bernard Tapie. Qu'un roi de la combinazione comme François Normal de Tulle s'en tienne loin, personne n'y croit. La facilité est carrément irrésistible : « Sarkozy, je le surveille, je sais tout ce qu'il fait » (FH, Elysée - 17.2.14). D'ailleurs je conseillerais amicalement au Crétin de Solférino de passer son bureau au magnétomètre pour chasser le bip ; son portable, lui, est déjà plombé.
Dans notre jour de bonté, nous conseillons également à ceux qui admirent dans le miroir de leur salle de bains le reflet d'une position nationale au sein du gouvernement remanié d'apprendre le langage des fanions de marine dont nous reproduisons ci-dessous la table alphabétique afin de communiquer sans bruit. Inutile bien sûr pour qui connaît le langage des sourds.
Sans minorer le "coup d'Etat verbal" de M. Sapin (faut oser!), Staatssicherheit Ersatz il y a quand même un peu :
- Quand les Compagnons républicains de la sécurité sociale bloquent les manifestants du Jour de Colère au moment de la dispersion pour en rafler 250, c'est de la Staatssicherheit Ersatz ;
- Quand la police politique (antenne de Viroflay) met le marché en main taupe-passeport à une étudiante russe requérant sa naturalisation, c'est de la Staatssicherheit Ersatz ;
- Quand La DGSE a table ouverte chez France-Télécom-Orange pour pénétrer jusqu'à point d'heure les armoires de stockages des données téléphoniques de tous les abonnés, c'est de la Staatssicherheit Ersatz ;
- Et quand pour finir, ne parvenant pas à saisir ou salir suffisamment l'ancien président de la République (qui n'est pas ma tasse de thé, loin s'en faut) on met à la mer un système de chalutage des soupçons comme à l'époque de François Mitterrand, on se dit que la boucle est bouclée et que c'est bien là de la Staatssicherheit Ersatz.
Alors les cris de pucelles de la Gauche morale ressemblent de plus en plus aux crécelles des lépreux.
vendredi 7 mars 2014
Abrégé de gouvernance, très abrégé
Paraît ce matin sur le site de La Faute à Rousseau dans la rubrique La Patte à Catoneo ce billet sur la corruption publique. Il n'est pas différé sur Royal-Artillerie comme d'habitude car l'actualité commande ! Il entre en archives RA.
L'approche des élections municipales déterre des affaires qui visent à discréditer, souvent à raison, des candidats venus blanchir leur CV par un succès démocratique. On en trouve dans tous les partis, bien que la République ait été proclamée le régime de l'indispensable Vertu à défaut de quoi elle tourne en satrapies confédérées pour l'établissement de quelques-uns. L'affaire emblématique qui fait rage aujourd'hui mine le premier syndicat parlementaire. Voler des millions d'euros de cotisations par sur-facturation de services ne vient à l'idée de personne au Sentier tant elle est facile à débusquer. A gruger le souverain peuple, faudrait-il avoir du talent, il s'en faut de beaucoup. L'amateurisme règne en maître par construction puisque nous subissons le pouvoir des médiocres partout. Consolons-nous. Plutôt que de dispenser un cours supérieur de bonneteau qui me sera reproché par M. Cazeneuve, faisons le saut d'un demi-monde :
| Wang Qishan |
C'est le Livre Bleu de l'Etat de droit, dans sa 14ème édition publiée par l'Académie chinoise des sciences sociales (CASS), qui a promu cette méthode de tir instinctif. La présentation du Livre Bleu est un énorme raout chaque année à Pékin¹ où il est utile de se montrer pour être prévenu du genre d'armes utilisées.
La compilation des affaires classées a fait comprendre au nouveau pouvoir qu'environ huit cents milliards de RMB (= 95Mds€) avaient été volés par 18000 fonctionnaires en voyage entre 1995 et 2008 et déportés à l'étranger hors des griffes du Fisc chinois. Rien que pour l'année 2011, l'Etat central a arrêté 1631 fugitifs chargés de huit milliards de RMB (1Mds€) qu'il a récupérés. C'est beaucoup.
Tous les enfants de parvenus chinois, qu'ils soient issus du monde de l'entreprise ou de la bureaucratie, terminent leurs études à l'étranger dans un pays de l'OCDE. Les transferts assurant leur subsistance sont normaux, il suffit de régler l'alarme, assez haut quand même car ils dépensent beaucoup, jusqu'à s'acheter l'appartement d'étudiant et tout l'immeuble qui va autour. Mais l'intelligence génétique de la race perce tous les dispositifs de surveillance et l'effort de collimation des services est fait sur les pays étrangers exempts pour le moment de traité d'extradition ou d'entraide fiscale qui sont autant de miroirs aux alouettes. L'évasion pourtant s'aggrave aux dires des "experts".
C'est Wang Qishan (en photo) le chef de la traque. Appointé secrétaire du Comité central pour l'Inspection disciplinaire du Parti communiste chinois afin de le nettoyer de ses éléments les plus corrompus, normal, il est le septième pilier de la sagesse à Zhongnanhaï, un des hommes-dieu de l'empire. Crédité de compétences avérées en finances et en gestion de crise, son air affable et accessible dissimule une poigne de fer et une énorme capacité de travail, parfaitement nécessaire dans ce métier très réactif². Il a aussi un parler franc qui dénote, surtout pour ceux qui ont connu Hu Jintao playmobil, son précédent maître ; un trait de caractère rare : le "prince rouge" sait s'excuser publiquement si ça foire ! Ne faisons pas de comparaisons déloyales avec ceux qui passent et repassent dans nos lucarnes bleues à user de ridicule une confiance depuis longtemps évaporée. Nos foutriquets ne jouent pas dans la même cour. Mais ce sont les autres qui le savent.
La seule limite de ce combat anti-corruption, de l'aveu même des rédacteurs du Livre Bleu, est la crainte d'une déstabilisation de la société dont on arracherait les racines ! Car la corruption est endémique en Asie. On ne conçoit pas la vie quotidienne sans huile de facilitation, sans le petit présent innocent donné par courtoisie pour que les choses du lendemain n'en soient que meilleures. La maîtresse d'école, le policier qui fait traverser les enfants, le facteur s'il monte l'escalier, le guichet d'assistance publique, tous ont leurs étrennes, multipliées. La coutume grimpe l'échelle sociale, à tel point qu'il est des sociétés spécialisées qui font fortune dans les gratifications ; à tel point-bis que l'administration a mis le hola et de manière brutale pour ce qui concerne les fonctionnaires, soumis désormais à une grille de frais très surveillée ; à tel point-ter que l'industrie du luxe dit en pâtir.
Mais l'appétit peut devenir boulimique, et des fois, l'ogre pète la sous-ventrière et dégorge, jusqu'à finir d'une balle dans la nuque sur la place du marché à onze heures, face au soleil.
Alors Wang Qishan met une croix sur un nom de la grande pyramide, essuie ses lunettes, et la vie continue.
Essayons !
Notes :
PS du 18.12.2014 :
En relais du South China Morning Post de Hong Kong, Bill Bishop sur Sinocism ce matin à propos du contrôle des capitaux chinois vers Macao :
I seem to remember when the crackdown started that some analysts said look to Macau as a barometer of how real this crackdown is. It sure looks real, and I am quite convinced it is a mistake to call the corruption crackdown under Xi a "campaign", as I argued here back in July. Much more attention should be paid to the CCDI structural reforms Wang Qishan is pushing. I would call it a "new normal", structural shift towards anti-corruption work. Yes I know the narrative, no free press, no independent judiciary so doomed to fail, and no princelings (yet) so a sham. But I think people have been far too dismissive of some of the changes Wang is making within CCDI system, and the no princelings bit is premature. First, find a princeling who thinks it is business as usual. Second, Xi and Wang are less than 24 months into this and can't hit everything at once, especially as Xi is still consolidating power. It may fail, but the crackdown is already much deeper and longer than almost anyone expected, and the signs are that it is intensifying, not slowing, and looks to be still in its early days inside the PLA.
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