lundi 7 décembre 2009

La guerre d'Obama

ObamaAprès dix conseils de guerre, le président Obama s'est décidé, depuis l'Académie militaire de West Point, à envoyer trente mille hommes supplémentaires en Afghanistan, réclamant aux alliés européens d'en rajouter cinq mille. Ce qui ne devrait pas poser de problèmes insurmontables dès lors que la mission irréaliste confiée au général McChrystal "Defeat the Taliban. Secure the Population" est abandonnée au profit d'une expédition punitive sur les repaires d'al-Qaïda et la capture définitive d'Oussama Ben Laden et de ses lieutenants dans les montagnes des FATAs pakistanaises. Mais le Pakistan qui n'est pas formellement consulté sur le renfort et le pivotement de l'axe d'effort occidental, a peur. Du terrorisme à grande échelle tout simplement !
Il leur faudrait débiter deux mille imams à la scie à ruban pour s'en prémunir !...

Autant dire que la révolution fondamentaliste emporterait tout et, sauf vitrification préalable - ce qui n'est pas exclu de la part du gentil voisin - elle installerait une dictature islamique à Islamabad d'un modèle plus dangereux encore que celui qui boit le sang du peuple iranien.

Hamid KarzaiUne des décisions ayant motivé et limité le renfort américain est la montée en puissance de l'Armée Nationale Afghane de façon à ce que la Coalition puisse lui passer progressivement la responsabilité des opérations de quadrillage des zones utiles jusqu'à, in fine, celle des opérations de chasse en rase campagne. A l'effet de faire prendre conscience au gouvernement de Kaboul que la queue de trajectoire sera l'afghanisation de la lutte, comme le général David Petraeus y a réussi en Irak, le président Obama a déclaré publiquement que les premiers retours d'effectif interviendraient dans dix-huit mois.
Même si l'intention à peine voilée est électoraliste et destinée à un peuple de plus en plus réticent, on ne peut s'empêcher de rapprocher cette "menace" du qualificatif que le même Petraeus donnait au gouvernement Karzaï lors de ces conseils : "The Syndicate Of Organized Crime" ! Comme aux temps oubliés de la prohibition à Chicago. La réaction à attendre de la clique Karzaï ne sera pas de hâter la "militarisation" de l'ANA qui peine à sortir de ses habits de bidasses humiliés par les comparaisons, mais plutôt de faire fortune précipitamment en dix-huit mois seulement.
Et cela ne peut être ignoré du Pentagone de Robert Gates, encore moins du Département d'Etat d'Hillary Clinton, sans parler du vice-président Joe Biden qui est ouvertement pour "se tirer de ce nid de frelons". Ce qui revient à se poser la question de la vraie stratégie non affichée par la Maison Blanche.

Wali Karzai
Georges W. Bush avait fait une affaire personnelle de la capture de Ben Laden dans la grande tradition des films de l'Ouest Sauvage. A tel point qu'il l'a loupé ; les ordres étant de ne "stopper" le malfaisant que sur ordre justement ; ceci s'appliquant à tous les chasseurs, y compris les forces spéciales françaises, les seules à avoir eu le blaireau dans l'alidade.

Compte tenu de l'impact hyper-dangereux sur la situation pakistanaise et de l'aveu même de Robert Gates qui dit tout ignorer de la localisation actuelle de Ben Laden et de son état-major, mon petit doigt me chuchote que la stratégie est ... russe. On part ! Tant pis pour les super-projets d'oléoducs de Dick Cheney !

un chasseur en communication locale
Si les services français rejoignent cette analyse, et s'ils sont suivis par notre va-t-en-guerre national qui a un compte d'ego à régler avec le Grand Brun, toujours à lui piquer la vedette, nous ne devrions envoyer aucun renfort au combat. Mais si les Italiens, qui nous ont bien plantés en Kapissa, envoient mille bersalliers, il faudra bien sortir nos chasseurs alpins pour ne pas faire petits joueurs.
C'est ça le problème de cette guerre de basse intensité : elle n'est pas assez meurtrière pour qu'on se prive de jouer avec dans les hautes sphères.

A signaler un article assez fouillé du Washington Post sur le déroulement de la prise de décision américaine d'envoyer 30000 GI's de plus.


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4 commentaires:

  1. Excusez-moi mais il y a quelque chose qui m'échappe dans le raisonnment officiel que vous avez pris la peine de déployer !

    J'avais crû comprendre qu'une partie des troupes américaines qui étaient en Irak avaient été - sauf erreur - envoyées en Afghanistan !

    Et maintenant on va rajouter 35 à 40 000 soldats suplémentaires au motif que le retrait de ces troupes d'Afghanistan va commencer dans 18 mois environ !

    Mais enfin n'avez-vous pas l'impression qu"on" nous prend pour des débiles mentaux ou au mieux pour des esprits totalement lobotomisés par la propagande des uns et des autres, depuis l'imposture des motifs qui ont justifié l'invasion de l'Irak ?

    Il est vrai qu'un Prix Nobel de la paix envoyant 40 000 soldats en Afghanistan pour préparer la confrontation avec l'Iran, cela pourrait chauffer les esprits !

    Et l'heure n'est-elle pas à la lutte contre le réchauffement climatique, Copenhague oblige ?

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  2. Le reflux d'Irak est en cours. Les effectifs rapatriés sont reconditionnés et certains éléments repartiront en Afghanistan où les Etats Unis déploient déjà 68000 hommes. Le renfort est immédiat (fin premier trimestre 2010) pour travailler dès la fin de l'hiver.
    Effectivement ce dispositif est menaçant pour l'Iran.
    A noter que les 100.000 hommes de ce dispositif commenceront leur retrait dans 18 mois, à ce que disent les services officiels américains.
    Je n'en dis ni sais pas plus.

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  3. Puis-je vous proposer un pari ( un verre d'eau contre une caisse de Champagne ) et un rendez-vous ?

    Si le Pape Benoît XVI ne fait pas ce que le Ciel attend de lui le 13 mai 2010 à Fatima, la confrontation de l'OTAN et de l'UE avec l'Iran pour le compte de l'un de ses membres sera inéluctable !

    Et Dieu Seul sait ce qu'il en sortira ...

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