mercredi 17 mars 2010

Französisch Schweine

Mercedes BenzBrick and mortar ! Cette expression américaine inventée pour séparer les entreprises de fabrication des entreprises virtuelles de grand vent, la Deutschland AG se l'applique en réponse aux critiques des suceurs de roue qui pédalent dans la choucroute de l'euro. Dans la même veine que celle des récriminations occidentales à l'encontre de la Chine qui manipulerait son yuan pour avantager ses exportations, on prête aux Teutons d'écraser délibérément les salaires et donc le pouvoir d'achat populaire pour maintenir ses positions extérieures, privant ce faisant ses voisins d'un marché solvable.
A quoi le patronat germanique répond d'un coup de batte de baseball :
« Notre secret, ce n'est pas le prix. Nos principaux arguments de vente, ce sont la qualité et l'innovation. Avec le seul argument du prix nous ne pourrions concurrencer des pays à bas coûts comme la Chine.» Et vlan !

Le problème est que l'écart de compétitivité structurelle entre voisins ne peut être résolu par une énième réévaluation du deutschmark puisque toute la zone périphérique est passée en zone deutschmark ! Donc, au lieu de prendre le taureau par les cornes ici, on préfère critiquer le cousin germain d'en faire trop à son propre bénéfice. Ces enfoirés ne s'occupent que d'eux ? Mme Lagarde n'éprouve aucune honte à faire ces demandes¹, mais nous, si, car c'est l'aveu public de notre impéritie. Il en aura fallu du temps pour quêter à Berlin !


hambourg
Même ceux qui ne fabriquent rien comme les Anglais hurlent avec les caniches et critiquent le cavalier seul du uhlan qui les privent de vendre du vent aux Allemands. « Que devrions-nous acheter au Royaume-Uni ? Ceux-ci leur répondent-ils. Les services de courtiers en devises qui attaquent l'euro ? Des financiers de "private equity" qui désossent des entreprises traditionnelles locales ? Des spécialistes de dérivés de crédit qui parient sur le défaut de paiement de la Grèce ? » (Financial Times Deutschland)

La théorie des vases communicants soutenue par des arithméticiens primaires ne tient pas compte de l'environnement planétaire où circulent ces flux. Si demain l'Allemagne devait aller vers une balance commerciale zéro pour favoriser ses voisins incapables, le déficit énergétique global de la zone euro pèserait sur la devise unique et tout le monde s'appauvrirait.
La vraie question est surtout qu'il y a des pays qui n'auront jamais aucune possibilité de convergence dans le cadre du Pacte de stabilité, et qui devraient passer en zone sterling ou dollar. Les PIGS² en premier.

porscheQuand aux autres, ils n'ont d'autre choix que de suivre le modèle allemand (désolé, Marie-France) et de prendre la voie prioritaire d'une recherche de puissance à tout prix. Puisque nous prouvons depuis cinquante ans notre incapacité à réussir « seuls ou en réunion », profitons de l'émulation de nos vaincus. Je vais pétitionner de ce pas pour qu'on mette en décharge le soldat inconnu de l'Arc de Triomphe (qui pourrait bien être un schpountz) et qu'on le remplace par les ossements du maréchal Pétain ! La place reprenant son nom d'origine, l'Etoile, l'améliorant même en : Sept Etoiles. En l'état de décrépitude de ce beau pays où venaient vivre les dieux et les huns, mon résistant de père comprendrait qu'il faille un signal fort.

Puissance ? Nous avons déjà détaillé les mesures qui devraient être forcées pour y réussir dans plusieurs articles dont "Souverainisme". Nous ne donnons que la liste sans développer :

- Simplification drastique de l'Etat politique par suppression du bicamérisme, réduction de l'assemblée nationale à trois cents sièges, suppression d'une assemblée territoriale, limitation des cabinets ministériels, suppression des subventions aux partis politiques, aux agences périphériques, aux think tanks et à toutes associations à but politique, économique ou social.
- Simplification de l'Etat administratif par suppression de toutes redondances entre le gouvernement central et les collectivités territoriales, suppression des subventions aux conseils, commissions et agences périphériques spécialisées, suppression des chambres de commerce locales sous un certain seuil.
- Simplification de l'Etat social par suppression des subventions syndicales, rééquilibrage des comptes de la sécurité sociale en séparant complètement médecine publique et privée, réforme des retraites par abaissement des plafonds de la Caisse nationale vieillesse, contrôle strict des prestations aux étrangers, et justice sociale effective au marc le franc.
- Réduction des déploiements extérieurs en repliant la moitié de notre réseau diplomatique à l'exception des Alliances françaises, application exacte du Livre Blanc de la Défense, et cessation de la Coopération à fonds perdus.

Les fonds dégagés – si l'on n'accompagne pas tout de suite ce repli de l'Etat d'allègement fiscaux généralisés – pourront être mis en soutien de nos universités, dans la recherche et développement, dans la réhabilitation et la création d'industries de demain, et dans tout ce qui fera le futur de ce pays, à travers de structures sanctionnées par leurs résultats.

Certes, notre prestige sera fortement entamé, mais comme il se déployait sur une baudruche gonflée au souvenir de nos gloires enfuies, nous aurons les capacités de tenir notre rang, notre vrai rang, et ne nous épuiserons plus à courir dans des brodequins de 45 où mettre nos petits petons de 41.

machines textiles allemandes en batterie
Hélas ! Le régime démagogique actuel d'essence démocratique interdisant toute réforme de bons sens en France, nous devrons attendre la mise sous tutelle du Fonds monétaire international qui nous fera crever comme un pays du tiers monde. La crise grecque n'est que le prototype de ce qui attend les « pays cochons¹ » dont nous sommes le porte-grogne. Si par « bonheur » nous y échappions et pouvions continuer l'agonie présente indéfiniment, je suggèrerais que nous posions bientôt notre candidature à l'Union Africaine, où nous deviendrions - c'est certain par notre nouvelle composition démographique - le « primus inter pares » du grand siècle revenu.
Les lecteurs assidus de Royal-Artillerie savent que ça ne me gênerait pas tant que ça.

Et le roi dans tout ça, comme disait jadis de la mort Jacques Chancel à ses invités ? D'abord, je n'en ai entendu aucun sur le sujet. Quatrevingt-dix pour cent du discours sont un rapport à l'histoire qui ne va pas beaucoup servir pour la suite, car le pays et son environnement ont radicalement changé. Ce pays a conservé son ancien nom mais n'a plus rien à voir avec La France. Je le regrette plus que d'autres car plus enraciné que d'autres, la trompe de chasse en ré peut-être(?). Une exception quand même concernant Henri d'Orléans qui a essayé de sortir du registre compassé et a su explorer une « écologie divine » avec quelque talent. Royal-Artillerie en a fait un billet en son temps : Le Prince et la Gnose.
Pour ses concurrents, nous ne disposons pas d'éléments probants et les conseils qui sont censés pourvoir aux projets futurs ne m'apparaissent pas « futuribles ». Historiens et juristes forment tout le « shadow cabinet » qui s'occupe d'abord de dézinguer la concurrence en grignotant la paix d'Utrecht, le vice de pérégrinité et autres fadaises ! Donc pour moi, dans le pays où je peux vivre encore un peu, toute option est la bienvenue, même en dehors de la tradition qui m'apparaît de plus en plus comme un refuge incapacitant mais douillet.

excavatrice à lignite
On me dit dans l'oreillette qu'il serait temps de conclure car certains veulent rentrer se coucher. Soit ! Il ne fait aucun doute que l'état de délabrement matériel et moral de ce pays gavé d'atouts, trouve son origine dans la social-démocratie qui n'est que l'organisation des nuages de criquets. La capitalisation des richesses produites a toujours cédé devant l'urgence des cautères sociaux et la corruption des oligarques et de leurs fondés de pouvoir.
Le peuple est gravement intoxiqué à la redistribution forcée comme nous le montrent les troubles sociaux sans raisons graves, en oubliant qu'il n'y a plus de captifs fiscaux dans le monde moderne. Ou bien nous replions notre Etat, déployé aujourd'hui à la taille d'un empire mondial, et nous durcissons nos atouts en coupant tout le bois mort, atouts dont l'intelligence française n'est pas le moindre, ou bien nous subirons à terme le dictat des empires émergés qui feront la loi pour un siècle, avant de succomber eux-mêmes au désastre planétaire d'une terre surchargée. Sympa !
Vive le roi quand même.



Note (1): Mme Lagarde au Financial Times dimanche dernier :
"Il est clair que l'Allemagne a réalisé un travail remarquable dans les dix dernières années. Elle a amélioré sa compétitivité. Elle a fait durement pression pour abaisser le coût du travail. Quand on observe le coût de l'unité de travail en Allemagne, de ce point de vue, l'œuvre réalisée est admirable.
Je ne suis pas sûre cependant que ceci puisse constituer un modèle durable, ni une exemple généralisable à l'ensemble du groupe. Nous avons évidemment besoin de plus de convergence".
C'est vrai que les coûts salariaux sont maintenant similaires des deux côtés du Rhin.
A quoi répond le chancelier Merkel :
"Nous n'allons pas abandonner nos atouts au prétexte que nos produits sont peut-être plus demandés que ceux d'autres pays. Cela serait la mauvaise réponse à apporter à la question de la compétitivité de notre continent. Un gouvernement économique européen doit s'aligner sur les États membres les plus rapides et les meilleurs, pas sur les plus faibles". (signalé par l'Insolent)
Et toc !
Note (2) : Portugal, Irlande, Grèce et Espagne (Spain)

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3 commentaires:

  1. Un fil de discussion a été ouvert sur le forum Vive Le Roy :

    Lagarde à la crécelle.

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  2. Il est faux de dire que la Grande Bretagne ne fabrique rien.
    A preuve l'explosion de Caterham sur le marché européen depuis l'homogation globale des modèles.

    C'est chez Caradisiac !

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