mercredi 19 octobre 2005

Monarchie 21

"Qui inscrira le royalisme dans le XXI° siècle ?" dit un jour la tortue, lassée d'avancer à son pas vers la concrétisation de ses espérances qui à chaque mètre gagné reculait d'autant. Elle résume complètement mon angoisse métaphysique des années qui passent "en vain", et aussi mon exaspération tant le royalisme de témoignage occupe le maigre espace médiatique arraché aux barons de presse, cachant soigneusement comme mal honteux le royalisme doctrinal du combat politique. Mais pour répondre à la tortue faut-il encore apprécier le siècle nouveau pour ce qu'il est vraiment.
Sont-ce les Royalistes de coeur les mieux placés ? Je doute.

Ne faudrait-il pas commencer par étudier et deviner le marché politique réel des trois premières décennies de ce siècle ?
Beaucoup d'études et ouvrages traitent de mouvements structurants et déstructurants pour notre monde global, et des bienfaits et dommages collatéraux sur notre quotidien. Essayons les sérier en vrac sans délayer dans les généralités :


- Capitalisme boursier des pensions capitalisées et gouvernance des entreprises
- Globalisation irrépressible des échanges et marché mondialisé de l'emploi
- Entropie inévitable des niveaux de vie (déjà esquissé sur ce forum) et migrations
- Schémas du FMI, développement du SUD, et gestion des lests africain et sud-américain
- Apportionnement des ressources limitées de la planète

Certains diront qu'on est en pleins nuages et loin de notre question existentielle : "le roi, oui ou non ?"

Pas du tout ! Les effets de ces mouvements sur le quotidien économique et donc social de notre population, sont fulgurants dans leur propagation. En ce sens les soucis terre-à-terre de notre classe politique, la disqualifient comme sa propension à se vautrer dans la facilité du déficit budgétaire après en avoir dénoncé la perversité fatale. Reprenant les cinq choix ci-dessus, il s'agit d'inventorier les leviers qui restent entre nos mains (nationales et régionales), ceux qui ont été dévolus à, ou enlevés par, des instances supranationales, ou par des groupements d'intérêts transmondiaux. Et chercher comment accéder à ces enceintes de pouvoir !

- Capitalisme boursier des pensions capitalisées et gouvernance des entreprises :
Les pensionnés du Nord exigent des fonds de pension qui gèrent et servent leurs retraites, des dividendes supérieurs aux taux moyens des bénéfices des entreprises dans lesquelles ces fonds ont investi. Si le compte de pertes & profits dégage à sa dernière ligne 5 dollars de bénéfice rapportés à 100 dollars de fonds propres (ce qui n'est pas si mal), et si le fonds de pension du Kansas, de Suisse, de Prusse ou d'Australie, ou de Chine a besoin d'un retour de 8% (normalement c'est plus), les 3% seront demandés à la productivité d'abord et quand sa progression sera épuisée, on l'exigera du payroll: réduction d'effectifs.
Mais plus une entreprise dégage de bénéfices moins elle risque l'intervention du fonds de pension, et autrement dit dans un groupe transnational c'est l'établissement national le moins bénéficiaire qui sera sacrifié. L'environnement social et fiscal joue beaucoup sur ce bénéfice ultime. Le modèle social français est obsolète et perdant. Sachant que la rupture nécessaire entraînera la destruction de la sécu et du régime de pensions par répartition, comment jouer notre partition pour sauver nos emplois. En envahissant le plus possible le capital des sociétés pivots de l'économie par des Fonds que nous dénommerons d'Activité pour les opposer aux fonds de pensions. Etudions donc comment restructurer le capitalisme populaire pour drainer l'épargne vers l'investissement de commandement.

- Globalisation irrépressible des échanges et marché mondialisé de l'emploi :
Lutter contre la globalisation est aussi malin que de faire une digue de sable sur la plage de La Baule pour retenir le flot de jusant. Les communications instantanées et à bas prix entre tous les points du globe et l'élévation générale des compétences techniques et managériales ont mis en concurrence tous les acteurs économiques du monde, sauf les services de proximité comme les pompistes, les gendarmes ou les boulangers.
Le combat pour l'excellence est celui de chaque matin sur la planète (qui tourne distribuant ses matins selon les fuseaux du temps). Quand dans un combat politique on exalte l'enthousiasme et débine les tièdes, on a le même comportement que celui des responsables d'entreprises qui ne veulent que les meilleurs et les plus acharnés. Les autres resteront sur le banc de touche.
Mais une nation n'a pas que des surdoués, elle aussi une masse de gens moyens, médiocres et même nuls ou stupides. Comment traduire la compassion qu'on leur doit ? Je n'ai pas la réponse pour l'emploi des médiocres sauf à assécher les marais. Mais on me dit dans l'oreillette que les travaux d'utilité publique ne peuvent être que des punitions, et que pareil programme verra se dresser les collectifs de lutte écologique pour la préservation des espèces humides et des bécasses qui les écoutent. Que faire des imbéciles braillards de la CGT de Marseille dans le panorama productif de ce siècle ? C'est une vraie question, et à part d'accélérer le phénomène naturel d'attrition par le cholestérol, il n'y a pas de réponse. Ce point reste donc ouvert aux contributions des savants, de Marseille et d'ailleurs.

- Entropie inévitable des niveaux de vie et migrations :
L'accélération des échanges de biens et valeurs augmente les niveaux de vie du Sud plus vite qu'ils ne le font de ceux du Nord. Nous subissons un appauvrissement relatif. Quand les niveaux Nord-Sud seront comparables ou suffisamment proches, l'émigration à outrance cessera pour laisser la place à l'émigration de plaisance. Ce moment sera celui où la différence de bien-être sera perçue inférieure en valeur à l'effort et au coût affectif et pécuniaire nécessaires pour rejoindre la zone de meilleure vie. Pour nous, l'immigration misérable sera stoppée. Ce phénomène est naturel et conséquent de la libéralisation. Il peut difficilement être accéléré. Par contre une crise majeure entre les nations dominantes de la planète peut l'entraver, le stopper, l'inverser.
L'action souhaitable est donc celle qui dans toutes les enceintes mondiales de gestion des conflits, privilégie la paix pour le travail contre l'imposition de la justice par la force. C'est peu glorieux, mais nécessaire si l'on veut stopper les flux d'émigration à outrance qui déstabilisent les nations donneuses et réceptrices.

- Schémas du FMI, développement du SUD, et gestion des lests africain et sud-américain :
Les schémas de gouvernance du FMI appliqués au Sud privilégient ce que l'on appelle les fondamentaux et ne sont que le décalque des recettes de gouvernement des pays occidentaux, avec depuis peu la touche évangélique qui crispe le consentement des pays d'Orient. L'horrible Docteur Mahatir de Malaisie a fait la démonstration en vrai despote éclairé que le génie propre d'une nation pouvait réorganiser et surmonter un désastre économique et financier dans un pays entreprenant, et suppléer suffisamment aux remèdes internationaux, qu'au moment du krach asiatique, il refusait d'appliquer, en envoyant ch... les Juifs de Washington. Ce qui a démontré malgré le mitraillage de réserves de toutes théories de la part des experts mis en péril de retraite, que les canevas préfabriqués de gestion sont largement inférieurs en efficacité à la volonté des peuples de travailler, et par là seulement de s'enrichir. Le problème est donc plus moral et culturel que strictement économique. Les économistes de salon (y en-a-t'il d'autres ?) vont hurler de voir diminuer ici les effets de leur pseudoscience comme disait le regretté Bourbon-Busset.
Quel est l'acharnement au travail des deux continents cités dans l'énoncé ? A quoi servent les pilules, purges et autres clystères du FMI ? Si le continent noir ne décolle pas, ils nous envahiront. S'ils ne travaillent pas, ils nous envahiront. Il faut réinventer un knout culturel pour arracher les mentalités à la gangue de l'assistanat éternel et apprendre aux enfants la noblesse du travail et la joie de s'y enrichir. Accessoirement les environnements bureaucratique et tribal devront être suffisamment déconsidérés pour que leur destruction soit applaudie.

- Apportionnement des ressources limitées de la planète
C'est "the question".
Pour faire vivre 7 milliards d'hommes à un niveau approchant celui du Nord il faudrait de nombreuses planètes Terre afin de profiter de leurs richesses naturelles. En l'état, le développement du monde va bloquer sur les pénuries. Comment le prendront les nouveaux impétrants ? C'est une grande question stratégique. Nos prix vont flamber, l'inflation revenir (on en parle déjà) et notre appauvrissement s'accélèrera. Le dernier G20 de Pékin n'a parlé que de ça.
Comme il est impossible de comprimer l'émergence des empires du Sud, il faut avec eux mettre le paquet sur les énergies durables de substitution à défaut de quoi nous risquons bien de refabriquer des vélos dans un futur pas si loin. Ces choses ne se décident pas au niveau des états aussi puissants soient-ils. Il faut dans les instances dédiées oeuvrer d'abord au consensus du Nord, inlassablement. Le ranchero Bush n'est pas roi. Il va partir. Mais s'il était roi, que ferions-nous ? On me dit "Ravaillac" dans l'oreillette.

Et nous, et nous, et nous ?
On voit bien que les pays qui disent régler ces questions seuls dans leur coin, n'existent pas. Même la Suisse veut accéder à l'open world et se dépouiller de son statut de neutralité qui ne lui attirent plus que les mouches drosophiles porteuses de germes.
Alors le souverainisme prôné en France par les tenants de la restauration monarchique me semble un peu faible comme arme de survie, à tout le moins ses chances de succès obligeraient à être plutôt fort dans les étages de décision. Et ce n'est pas en débinant du soir au matin ceux qui s'y déplacent que nous y accèderont plus facilement ou en plus grand nombre. En passant, les "couloirs" de Bruxelles ont été investis pas les Anglais. Les effets vont se faire sentir.

La doctrine politique qui synthétisera ces analyses devra aider in fine à ce que notre population sorte au milieu du peloton des gagnants dans vingt-cinq ans, par l'acceptation d'une offre politique nouvelle. Cette offre doit commencer par présenter un schéma institutionnel nouveau et éprouvé tout à la fois qui redonne à la France la voix et les bras qu'elle a perdus dans l'indignité de ses ruptures d'alliance, dans la gabegie générale institutionnalisée et promue comme Le Modèle Social pour tous, qu'elle a perdu aussi par l'arrivée aux manettes de concussionnaires illustres dont les noms font pouffer dans les soirées mondaines chez nos voisins.
Dernière indication : celui qui sort l'ouvrage doctrinal Monarchie XXI sera le Mazarin du futur roi ! Ambitieux, à vos Maxiton !

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